Bonjour, bonjour..

Je tiens à m'excuser du temps que j'ai mis à publier ce chapitre, je suis vraiment désolée mais j'ai eu pas mal de complications du côté de ma vie privée & j'ai donc eu du mal à me concentrer. Milles excuses & je comprendrais votre colère envers moi..

Bonne lecture en tout cas les Bibis !


Chapitre 5

12 Juin 1996 - Poudlard

Lundi 12 Juin 1996 et accessoirement, le jour le plus redouté pour la jeune Gryffondor, Hermione Granger. Elle avait fait part à ses amis, directement après sa convocation dans le bureau du Directeur Dumbledore, de son nouveau rôle de Préfète en Chef, qui, soyons honnêtes, la rendait très fière, et de son futur colocataire pour l'année à venir, à savoir Drago Malefoy. Ils avaient tenté de monter différents plans pour que l'autre Préfet soit n'importe qui, même par cet « attardé d'Anthony » avait proposé Ron, mais cela ne lui avait valu qu'un simple regard glacial de son amie. Et d'horribles images en tête pendant pas loin de trente minutes. Non, c'était sûr, elle devrait passer toute une année entière aux côtés de l'affreux blond glacial. Mais pour le moment, elle n'y pensait pas plus que ça car pire encore se préparait... l'heure de colle délicatement proposée par Professeur Rogue. Elle ne pouvait s'imaginer passer une heure, enfermée dans la même pièce que lui, sous l'œil narquois et sadique de ce professeur qui la détestait.

Hermione attrapa ses livres et des parchemins voyant que son heure de potence approchait et fila vers les cachots pour éviter de donner une nouvelle excuse au professeur pour enlever des points à sa maison. Elle était déjà assez honteuse de leur avoir fait perdre dix points vendredi dernier. Lorsqu'elle arriva devant la porte, elle ralentit sa cadence et se posa nonchalamment contre un mur, croisant les doigts pour que l'autre invité d'honneur se soit cassé une jambe dans les escaliers.

Drago arriva quelques instants après Granger et émit un petit rictus en passant à côté d'elle. Il ne lui jeta aucun coup d'œil mais se positionna sur le mur perpendiculaire à elle, de sorte qu'ils soient proches mais pas trop. Il aimait l'attiser, la rendre folle, être à la fois proche et loin d'elle. Il savait qu'il avait un charme désarmant et comme disait toujours son père « il n'y a qu'un pas de la haine à l'amour ». Certes Père. Mais il savait qu'aucun d'entre eux ne pouvait s'aimer tant leur haine les consumait de l'intérieur. Il avait besoin d'elle uniquement pour se raccrocher à la réalité, pour se sentit humain et vivant. Et elle adorait concocter des tirades sanguinolentes et tenter de désarmer le Prince de Serpentard. Rien de plus.

Le Professeur Rogue ouvrit la porte de son cachot et toisa les deux adolescents. Il leur fit signe d'entrer et alla se planter derrière son bureau.

- J'ai une excellente nouvelle, dit-il tout en observant attentivement les deux sorciers.

Hermione se raidit tandis que Drago se cramponna à la table. Que pouvait-il leur arriver de pire de toute manière? Ils allaient déjà se supporter pendant une année entière, rien ne pouvait alourdir leurs malheurs. Voyant que Rogue ne continuait pas, Drago se gratta la gorge en le fixant de biais. Cela eut l'effet escompté.

- Le Professeur Dumbledore pense que, pour votre bien, il serait préférable que vous partagiez dès maintenant vos appartements afin qu'à la rentrée, en Septembre, vous ayez déjà... brisé la glace, finit-il en se délectant de l'expression d'horreur qui était apparue sur le visage de ses interlocuteurs.

On aurait pu entendre une mouche voler tant le silence qui suivit fut profond. Ni Hermione, ni Drago ne bougea. Rogue resta derrière son bureau, s'amusant de la situation que le Directeur était en train de provoquer. Certes, il fallait, pour le bien de Drago, qu'ils soient réunis le plus tôt possible, et également pour la santé mentale d'Hermione. Il le fallait aussi car, de la sorte, le Directeur pouvait le mieux qu'il pouvait honorer sa promesse auprès de Narcissa Malefoy.

Après un long moment, Hermione se laissa glisser sur une chaise, Drago l'imitant quelques secondes plus tard. Ils étaient tous deux à la même table et n'y avaient même pas prêté attention tant l'annonce de ces dernières nouvelles les avait assommés.

- Bien. Maintenant que les festivités sont finies, je vous prie de m'excuser mais je dois m'absenter. Votre travail sera uniquement de ranger ces quelques livres dans le placard, dit-il de sa voix glaciale avant de partir et de claquer gracieusement la porte derrière lui.

Hermione soupira. Ce soupir tentait d'extirper de son corps toute la déprime et le désespoir, mais cela n'eut pas l'effet attendu. Elle se leva et se tourna vers la pile de livres qui n'était pas une pile mais plutôt une montagne, un mont culminant. Elle se tourna vers Drago, incrédule, mais celui-ci était toujours plongé dans ses pensées. Hermione leva les yeux au ciel et commença à ranger les livres par un sort enfantin, mais le Professeur avait été d'un sadisme pur. Il avait lancé un sort qui contrait tous ceux du genre. La jeune sorcière se sentit blêmir mais elle préféra ne pas craquer ici, pas avec lui à côté. Elle se concentra sur son travail et laissa Drago dans ses pensées.

- Pourquoi ils m'infligent ça ? Dit alors pour lui-même le jeune Serpentard.

Le silence avait duré plus de dix bonnes minutes durant lesquelles la Gryffondor avait commencé à ranger les livres et avait d'ailleurs bien avancé, mais cette dernière phrase la stoppa net. Elle se tourna face à Drago et le toisa. Il n'y prêta pas attention. Pourquoi lui prêterait-il attention de toute manière ?

- Pardon ? Qu'est-ce que tu viens de dire ? Demanda-t-elle, incrédule.

Drago ne répondit pas, il s'enfonça dans sa chaise et fit taper ses doigts sur le bois abîmé du bureau. Il sentait la Gryffondor bouillir et cela l'amusait. Il esquissa un sourire de victoire mais ne lui lança pas un regard. La sorcière se rapprocha de lui et ne voyant aucun mouvement de sa part, elle bouillonna un peu plus. Elle se plaça devant le bureau et posa ses mains sur celui-ci tout en se penchant pour fixer cet insupportable Serpentard qui se délectait de son animosité.

- Tu crois que ça m'amuse de devoir être enfermée avec toi ? De devoir supporter tes enfantillages, tes méchancetés, ton égo surdimensionné, ton sourire moqueur...

Elle se retint de continuer, mordant sa lèvre inférieur pour réduire son débit de parole. Drago leva enfin les yeux vers elle. Elle était marrante lorsqu'elle s'énervait, elle avait cette manie de se mordre la lèvre inférieure ce qui lui donnait un air sauvage. Ses sales boucles folles semblaient s'animer et cela lui donnait un air de folle. Dommage qu'elle soit Granger car sinon, il aurait été heureux de la compter dans son tableau de chasse car elle semblait être une redoutable prédatrice. Au moins un aurait peut-être le privilège de la voir à l'oeuvre. Il leva les yeux au ciel. A quoi pensait-il ?

- Du calme, Granger. Il nous reste encore quarante minutes, autant garder ça pour la fin. Ça t'évitera de devoir te cacher pour pleurer, ajouta-t-il avec un sourire carnassier.

La jeune Gryffondor le fixa, porta une main à sa bouche tout en serrant le poing et se retint de faire un acte qu'elle allait sûrement regretter. Elle fit un pas en arrière. Son sang bouillonnait, elle ne savait pas quoi faire. Lui en mettre une, l'engueuler, l'ignorer... Non, elle ne pouvait pas le laisser comme ça, dans sa propre victoire.

- Tu es plus méchant et plus arrogant uniquement pour cacher ta peine, Malefoy, dit-elle en le pointant du doigt. Tu n'es qu'un petit garçon apeuré qui tente de se raccrocher à n'importe quoi pour se sentir en vie. Tu sais quoi ? Dit-elle en reprenant sa place initiale sur la table, tout en rapprochant son visage de celui du Serpentard. T'es juste minable. Et tu me fais de la peine.

Elle se retira de la table tout doucement, se sentant une seconde puissante et une autre morte de honte pour avoir dit une telle chose. Elle savait qu'elle devait le remettre à sa place mais n'était pas fière de ce qu'elle venait de faire pour autant. Quant à Drago, il était vert de rage. Ses yeux gris foncés ne se détachaient pas de ceux, marron caramel, de la jeune femme. Ses mains tremblaient sous les propos de la Gryffondor et il savait qu'elle avait vu juste. Elle était bien des choses, mais perspicace était son plus mauvais défaut. Il se leva d'un bond et contourna le bureau avec une rapidité qui paraissait surhumaine. Il se planta face à la Gryffondor, laissant seulement quelques centimètres entre leurs corps. Il la surplombait d'au moins une tête et demie et la dévisageait de haut, mâchoires crispées.

- Qu'est-ce que tu sais de la vie, hein, Granger ? Tu sais quoi des trucs qui traînent réellement dehors et de toutes les choses qui se trament dans ton dos ? Tu sais quoi du fait de perdre quelqu'un de sa famille ? Tu sais quoi du fait de se faire arracher quelqu'un, souligna-t-il, par tu-sais-qui ? C'est pas toi qui as vécu tout ça, Granger, c'est Potter. (silence) Alors reste à ta place et ne crois pas comprendre ce qui est plus fort que toi, siffla-t-il.

Il resta encore quelques instants à la fixer. Son cœur battait à tout rompre dans sa cage. Il sentait l'amertume lui brûler chaque partie de son être et avait l'impression de perdre pied. Il fit un pas en arrière tout en dévisageant la jeune femme, puis partit en direction de la porte. Il la claqua derrière lui, laissant une Hermione Granger totalement médusée.


Il avait eu raison, elle avait pleuré pendant tout le reste de son heure de colle, rangeant les livres entre deux reniflements. Qu'elle avait pu être stupide. Elle n'arrivait pas à savoir si elle était fière ou non, si elle s'en voulait ou non. D'ordinaire, elle aurait été fière et aurait simplement gagné une bataille de plus, mais là c'était différent. Elle avait le sentiment d'avoir été une horrible personne, d'avoir dit des choses affreuses et de devoir pourrir en enfer. Oui, parfois elle était extrême. Lorsqu'elle eut fini, elle partit en fermant la porte et se glaça devant quelques mèches blondes qui dépassaient du mur d'en face. Son sang fit un tour complet et son cœur s'arrêta de battre. Qu'est-ce qu'il voulait encore ? Lui lancer le pire sort du monde peut-être ? Il avait raison, elle l'aurait peut-être mérité. Mais lorsque le corps bougea, ce n'était pas à Drago qu'appartenaient ces quelques mèches mais à Anthony, son copain. Qu'elle avait plutôt laissé de côté. Il s'approcha d'elle en souriant chaleureusement.

- Salut toi ! Je me suis dit que ça te ferait plaisir de voir un visage familier après une heure pareille, dit-il en passant ses bras autour de sa taille.

Possible, pensa-t-elle. Mais elle se sentait tellement mal qu'elle aurait préféré aller se cacher dans un petit trou de souris et n'en ressortir que...

- C'est bientôt les vacances alors je voulais en profiter pour te voir encore un peu, rajouta-t-il en appuyant un peu plus son étreinte.

- Les vacances ? Oh oui, tu as raison... Elle se ressaisit et lui sourit. C'est gentil de ta part d'être venu.

Content de l'effet obtenu, il lui vola un baiser et la prit par la main pour la faire marcher. Elle semblait totalement dans les nuages, ne prêtait pas attention à lui. Il savait qu'en sortant avec Hermione Granger, il se mettait lui même des bâtons dans les roues. Il avait choisi la fille la plus compliquée, la plus occupée, la plus sérieuse, la plus étrange et la plus Potter de tout le château. Et également, la moins « marrante » dans tous les sens du termes. Mais ça lui était égal car il la trouvait tout de même beaucoup plus envoûtante que toutes les autres filles réunies.

- Peut-être qu'on pourrait aller se promener dans le parc, proposa-t-il en souriant avec ce toujours trop plein d'amour.

Hermione s'arrêta de marcher et se tourna vers lui.

- Je suis désolée mais je suis vraiment fatiguée. Ça m'a épuisé cette journée et j'ai...
- ...des devoirs à faire, je sais. Je pensais simplement que tu voudrais, toi aussi, passer du temps avec moi
, ajouta-t-il penaud.

Il n'était pas amoureux, mais il aimait bien cette fille qui semblait intouchable. Et, intérieurement, il avait également un petit défi envers lui-même. Il haussa les épaules et soupira.

- Ce n'est pas Malefoy qui t'a trop perturbée j'espère ?

Devant le regard d'Hermione, le jeune homme ne put s'empêcher de se poser des questions. Elle semblait différente depuis qu'elle avait du passer cette soirée avec lui en tant que préfète et, désormais, elle l'évitait comme la peste, passant de plus en plus de temps avec ce Serpentard.

- Tu me le dirais si il y avait quelque chose entre vous deux, continua-t-il.
- Malefoy ? Tu te rends compte de ce que tu dis, dit-elle, mitigée entre la confusion et le rire. C'est, c'est n'importe quoi... Du grand n'importe quoi. Lui ? Tu rêves !

Elle rigolait nerveusement, ne sachant pas si elle s'en sortait ou si elle s'embourbait. Anthony haussa les épaules et acquiesça.

- Ok, je te laisse alors. On se voit demain ? Demanda-t-il avec un peu moins d'espoir que d'ordinaire.
- Bien sûr, répondit-elle avec un petit sourire qui cachait une profonde tristesse.

Sans savoir pourquoi, elle venait de faire du mal à un garçon des plus gentils et des plus mignons à cause de ce crétin de Malefoy. Elle s'en voulait mais, en même temps, c'était simplement de la tristesse. Tristesse car elle lui avait fait de la peine, comme un ami, pas comme un amant. Il lui déposa un baiser sur le front et la laissa plongée dans ses pensées au beau milieu du couloir.


J'espère que ce chapitre vous aura plu & que vous m'en voulez pas trop ? Encore milles excuses

A très vite les loulous !