Emma : Allez, vas-y ! Qu'est-ce que t'attends ?

Eya : J'ose pas...

Emma : Tu verras jamais sa réaction si tu ne vas pas droit au but.

Eya : Bon, OK... Je me lance, alors.

JOYEUX ANNIVERSAIRE EMILIE DUBOIS ! Et c'est pour toi que, aujourd'hui, j'envoie ce chapitre ! Allez, tout le monde, en choeur !

Joyeux anniversaire... ! Joyeux anniversaire... ! Joyeux anniversaire, Emilie ! Joyeux anniversaire ! Ton cadeau est servi !

Dreamworks ne veut toujours pas m'accorder Rise Of The Guardians ! Qui est avec moi pour signer une pétition ?

Ce chapitre m'a fait pleurer toute seule. Oui, il est très dramatique. Mais bon, comme c'est moi qui écrit et que c'est vous qui lisez, je suppose que les sentiments sont différents !

The-zia : Non, désolée, tu n'es pas la première à commenter ce chapitre, c'est HicharuMichaels ! C'est pas vers moi qu'il faut se tourner ! :) Ouaip, Fée et Bunny n'arrêtent pas de tomber, à croire qu'ils en font exprès. C'est peut être ça, d'ailleurs... ! Je ne dis pas plus sur la relation Jack/Emma, tu vas bien tout découvrir plus tard ! Et ouais, ils sont vachement mal polis, surtout quand Emma est dans les parages ! C'est elle qui les influence ! Merci de rester fidèle ! ^^

Sur ce : Enjoy !


Chapitre 7 : Les deux soeurs

La fille était allongée dans le lit blanc, qui contrastait violemment avec la couleur de ses cheveux. Jack la regardait en fronçant les sourcils. Il espérait ne pas avoir trop dosé. Il leva alors la main à son visage, et regarda sa paume. Les cloques avaient rapidement disparu, et seule une petite tache rose s'étirait au creu de sa main. Jack grogna et se passa la main dans ses cheveux décolorés. Cela faisait maintenant deux heures que la fille était évanouie et elle ne donnait toujours pas l'impression de vouloir se réveiller.

Il se souvint du savon que lui avaient passé Nord et Sab. Enfin, plutôt le Père Noël, car le Marchand de Sable ne s'était apparemment pas rendu compte de sa fuite et dormait toujours à poings fermés. Phil s'était joint à Nord pour bombarder Jack de reproches, et le yéti s'était juré de ne plus accepter l'excuse des toilettes. À présent, à chaque fois que Phil et Jack se rencontraient, le yéti fronçait ses sourcils drus et sa moustache tout aussi touffue frémissait tandis qu'il menaçait Jack en mimant le geste de frapper quelqu'un. L'Esprit s'était bien amusé, et Nord avait rapidement arrêté ses réprimandes pour retourner travailler dans son bureau, grommelant dans sa barbe blanche des mots russes incompréhensibles.

Jack se leva alors, mit une main dans sa poche de sweat-shirt et tenta d'attraper son bâton. Mais sa main ne fit qu'effleurer l'air et il grogna de nouveau avant de plonger son autre main dans sa poche. Il sortit à pas traînant de la pièce silencieuse, et referma la porte sans bruit. Lentement, il s'approcha du trou qu'il y avait au milieu de la salle où travaillaient bruyamment les yétis ainsi que les elfes qui mettaient plus le désordre qu'autre chose, et s'appuya sur la rambarde. L'air éteint, il regarda, sans vraiment les voir, les avions en carton voler paresseusement autour de lui. L'un d'eux faillit lui rentrer dedans, mais il ne bougea pas.

Il sentit soudainement une présence à ses côtés et se retourna. Fée se tenait à deux mètres de lui, ses grands yeux rivés sur le bazar ambiant. Il laissa échapper un soupir puis lui tourna le dos.

- Jack... fit Fée d'un ton suppliant.

- Laisse-moi tranquille, Fée, répondit sèchement Jack. Je veux juste être seul.

La Fée des Dents soupira elle-aussi. Mais qu'il était têtu parfois ! Elle posa alors une main sur son épaule, qu'il n'enleva pas.

- Jack, je veux te parler, continua Fée. Je voulais d'abord te remercier pour nous avoir sauvés.

Un silence s'installa. L'Esprit de l'Amusement le brisa au bout de quelques secondes.

- Je suis désolé de m'être énervé, Fée. Je... je ne pensais pas...

- Tout va bien, Jack. C'est passé. Tu avais mal, tu étais épuisé et énervé. Je te comprends. Mais ce n'est pas de cela dont je voulais te parler.

Jack se retourna alors. Ses yeux bleus se tournèrent vers les iris violets et tentèrent de les déchiffrer.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.

- En vérité, je voulais me confier.

Il en resta bouche bée.

- Te confier ? Mais... mais pourquoi ? Sur quoi ?

- Sur mon passé. Sur le passé de Perséphone.

Jack sembla se renfrogner, mais, en vérité, il était tendu.

- Vous vous connaissez, c'est ça ? lâcha-t-il.

Fée se crispa.

- Oui, souffla-t-elle. Laisse-moi te raconter. Et ne m'interrompe pas, s'il te plaît.

Jack hocha la tête affirmativement et Fée commença à raconter son histoire.

La petite fille dormait paisiblement. Ses cheveux blonds mi-longs étincelaient à la lumière du soleil qui ne la réveillait pas. Dans son sommeil, elle souriait. Une traînée dorée filait au-dessus de sa tête, signe que le Marchand de Sable était passé.

La pièce où elle se reposait était de taille moyenne, et composée de peu de mobilier. Une autre silhouette se tenait dans un coin de la chambre, allongée elle-aussi sur un lit brun. Ses cheveux dorés chatoyaient et elle dormait, elle-aussi.

Soudain, la première fille s'éveilla en se frottant les paupières. Elle bâilla en s'étirant, puis sourit de plus belle en attrapant délicatement un petit objet blanc dans sa main. Une dent. Elle la contempla un instant, jouant avec comme une petite fille aurait joué avec une poupée, puis se leva et remua l'autre enfant.

- Réveille-toi, Pers' ! Servi va bientôt amener le petit déjeuner !

Sa soeur grogna et se leva en ronchonnant.

- Ouais, j'arrive, Fifi, attends juste que je me réveille.

- Mais regarde un peu ! s'écria Fifi en la secouant de plus belle. Ma première dent ! Que j'ai perdue hier soir ! Il y a même un peu de sang collé dessus et Oh ! Regarde ! Un bout de gencive !

- Berk, Fifi, t'es vraiment dégueulasse.

Pers' traversa la chambre en traînant les pieds et passa à travers l'ouverture qui symbolisait la porte.

Fifi soupira. Sa soeur l'ignorait tout le temps. Avec un sourire, elle serra fort sa première dent dans la paume de sa main droite et partit la rejoindre.

.

- Eh ! Enlève tes doigts !

La petite blonde se retira alors et rit joyeusement.

- Pers' ! Tu devrais les regarder ! Elles sont tellement belles !

- M'en fous ! Enlève juste tes doigts sales de ma bouche.

Le sourire de la blonde se fâna.

- Tu ne m'en veux pas, hein ?

Sa soeur lui jeta un regard énervé.

- Nan, ça va, mais arrête ça, c'est tout.

Fifi lui sauta dessus et la serra dans ses bras. Son aînée la repoussa durement.

- Fifi, qu'est-ce que j'ai dit à propos de ses effusions de joie ?

La blonde se crispa.

- Ne pas trop montrer ses sentiments, répondit-elle, comme forcée. Désolée...

.

- Fifi ! FIFI !

- Qu'est-ce qu'il y a ?

Pers' avait bien grandi et était beaucoup plus grande que Fifi, qui n'avait pas bien poussé.

- T'aurais dû voir la tronche de la fille que j'ai claquée, tout à l'heure ! fit-elle en s'esclaffant.

- Allons donc, qu'est-ce qu'elle t'a encore fait ?

- Elle m'a traitée d'écervelée. J'ai décidé de me venger.

- En la claquant ?

- Bah quoi, ça te gêne ?

Fifi rougit et se retourna. Elle marcha loin de sa soeur, qui resta plantée là sans réagir.

La blonde avait un peu peur de sa grande soeur. Elle se montrait colérique, insatiable et toujours avide de pouvoir, alors que elle, Fifi junior, respirait le calme, la bonté et la douceur. Elle était tout l'opposé de Perséphone.

En soupirant, elle retourna chez elle, tout en fixant d'un air mi-figue mi-raisin sa paume entrouverte. Trois dents de lait reposaient à l'intérieur. Elles appartenaient à des voisins, elle leur avaient prise en échange d'un petit serterce.

Fifi se souvenait très bien comment ses voisins avaient perdu leurs dents. Le petit Clo était tombé sur le gravier, la mâchoire dans la poussière. Il avait eu mal, tout d'abord, puis il avait hurlé de joie en voyant sa petite quenotte tomber par terre.

"Quel joli nom, Quenotte !" pensa Fifi.

Le deuxième enfant, une petite fille brune de sept ans qui se prénommait Flo, s'était tout bonnement donné un coup de marteau au visage. Elle avait perdu sa canine et son incisive latérale droite d'un coup. Fifi s'était esclaffée en apprenant l'histoire, et avait profité du fait que l'enfant riait également pour vérifier si son incisive latérale gauche bougeait.

.

- Pers' ! Mais qu'est-ce que tu fais ?!

La blonde courait vers elle, effrayée. Perséphone se tenait en face d'un jeune homme et levait la main vers son visage.

L'homme se protégea mais pas assez vite. Le poing de Pers' le frappa en pleine bouche, lui enlevant plusieurs dents au passage. Fifi stoppa juste derrière sa soeur et lui attrapa les bras pour la retenir.

- LÂCHE-MOI, ESPÈCE D'IDIOTE ! hurla l'aînée, en proie à une crise de démence.

Le jeune homme était tombé par terre et se tenait la mâchoire, l'air stupéfait.

- Arrête, Pers' ! Tu n'es pas toi-même ! cria la blonde, désespérée.

Sa soeur se retourna soudainement, et Fifi put voir toute la haine du monde s'écouler dans ses yeux sombres. Sa bouche était tordue de fureur et elle levait une nouvelle fois la main pour frapper.

Sauf que la victime avait changé.

La blonde reçut le coup en plein dans la trachée, et s'écroula en hoquetant de douleur.

- Pers'... murmura-t-elle en se tenant la gorge.

- VA TE FAIRE FOUTRE !

- S'il te plaît...

Un coup de pied lui fut distribué et elle se recroquevilla en sanglotant. Elle leva les mains à son visage et tenta de se protéger de l'avalanche de coups qui pleuvaient sur elle.

- Pers'... répéta-t-elle.

Mais sa soeur avait disparu sous le monstre qui se tenait devant elle. Elle se vengeait. De toutes ses années passées dans l'ombre de sa petite soeur parfaite, première de classe, fan de dents de lait. Elle, n'était que la ménagère de service, la Cendrillon avant l'heure. Mais Cendrillon croyait dur comme fer qu'un jour, elle trouverait son prince charmant. Un jour, elle aurait une belle robe avec des diamants chatoyants et un palais en or. Un jour, sa soeur aurait disparu derrière la belle fée qui serait apparu à la place de Perséphone. Un jour. Et elle y croyait. Dur comme fer.

Fifi poussa un autre cri et sentit le sol bourbeux se dérober sous elle. Ses yeux s'agrandirent et elle cessa de se protéger le visage pour lever les bras vers sa soeur. Pers' écarquilla les yeux en voyant Fifi s'enfoncer dans la masse bourbeuse. Elle hurla.

Fifi tomba.

D'un bond, Pers' sauta dans le trou qui s'ouvrait sous leurs pieds, tendant les mains vers sa soeur, ces mêmes qui avaient frappé le corps fragile. Fifi hurla. Pers' cria. La blonde sanglota. L'aînée pleura.

Fifi avait toujours su que sa soeur l'aimait. Elle y croyait. Elle y croyait même plus qu'au Lapin de Pâques. Durant sa chute, elle se rappela de toutes ces années d'insouciance, de naïveté, d'espoir, d'émerveillement aussi. Fifi avait toujours aimé Pers'. Mais, contrairement à elle, elle le lui montrait. Elle la câlinait lorsque tout allait mal, prenait sa défense devant des garçons trop machos, partageait avec elle des moments de bonheur. Mais sa soeur ne lui rendait pas cet amour. Pire, elle ne le montrait pas. Elle la repoussait sauvagement, lui répondait mal, la secouait, surtout mentalement. Mais, ce soir, elle l'avait frappée. Physiquement. Violemment. Avec rage, douleur, peine et désespoir.

Elle l'aimait.

Un choc. Décisif.

Dix mètres sous la terre, deux soeurs se regardaient, main dans la main. Yeux bleus contre yeux bruns. Cheveux blonds et crinière dorée. Sourcils froncés et traits tirés.

La main de la plus jeune s'ouvrit et de sa paume s'échappèrent deux petites dents cariées qui s'enfoncèrent dans la terre marécageuse. Emportant avec elles leurs souvenirs.

Les paupières des deux soeurs clignèrent et leurs yeux se fermèrent.

À jamais.

Fée pleurait. Ses mains cachaient ses yeux violets et tremblaient. Jack ne savait pas quoi faire et la prit donc dans ses bras, lui tapotant le dos avec maladresse.

- Ça va aller, Fée. Tout va bien, murmurait-il à son oreille. Tout va s'arranger, tu verras. C'est passé. Tout va bien. Ne t'inquiètes pas. On est là, maintenant. Tu as une famille. Tu as Bunny, Nord, Sab, tu as tes petites fées, tu as Quenotte ! Tu m'as moi. Tu as une maison. Un chez-toi. Tu n'es plus seule, désormais.

Fée leva alors les yeux vers Jack.

- Merci, murmura-t-elle en reniflant.

L'Esprit de l'Amusement lui sourit.

- Mais je n'ai pas fini mon histoire, finit-elle.

Jack se morfondit.

- Tu es sûre de vouloir continuer ? Si tu ne le sens pas, tu peux toujours

- J'ai besoin de parler, Jack. Après toutes ces années, j'en ai vraiment besoin.

Vaincu, Jack hocha la tête. Et l'écouta.

Deux jours. Deux jours qu'elles reposaient au fond d'un trou terreux. Deux jours que les silhouettes n'avaient pas bougé. Deux jours que la lune attendait. Impassible.

Des rayons lunaires vinrent se poser sur la plus petite silhouette, et l'entourèrent d'un halo bleuté. Lentement, la fille se décrocha du sol, et sous le choc, une larme salée coula sur sa joue droite. Doucement, elle sortit du trou, et la métamorphose commenca. Ses vêtements disparurent et elle se retrouva nue, mais son corps se couvrit rapidement d'écailles dorées, vertes et bleues, épargant les mains et le visage, moulant son corps féminin à la perfection. Ses cheveux blonds se transformèrent en plumes bleues et vertes, se dressant sur son crâne pour former une crête royale. De grandes ailes de libellule apparurent alors sur son dos et battirent. Une liasse de plumes colorées se formèrent au bas de son dos et s'écoulèrent jusqu'à ses petits pieds, comme une traîne de princesse.

La fille ouvrit des yeux violets et hoqueta. Sa première vision fut la lune. Grande, blanche, cristalline. Elle lui murmurait à l'oreille des mots doux, des mots qui inspiraient la joie, l'arrêt de la souffrance.

"Toothiana, Fée des Dents" murmurait la lune.

Fifi hoqueta et ses pieds se posèrent doucement sur le sol embourbé. Elle leva les mains à son visage, regarda d'un air ébahi son étrange vêtement, se passa timidement la main dans ses plumes et observa encore la lune qui semblait lui sourire.

- Pourquoi... ? demanda la jeune fée.

"Tu es une Gardienne désormais, Fée. La Gardienne de la Mémoire. Tu veilles sur les enfants du monde entier."

- Je... je ne comprends pas.

"Tu comprendras bien assez tôt."

- Ma... ma soeur, Pers'...

La lune ne lui répondit pas et un nuage la cacha. Fifi jeta un regard vers le trou. Une silhouette se tenait dans l'oscurité. Immobile.

Sans un regard en arrière, elle s'envola en un éclat de rire.

Libre.

- Perséphone a toujours été mauvaise. Je ne m'en suis aperçue que trop tard...

Jack releva les yeux vers elle. Les larmes brillaient toujours dans ses magnifiques prunelles et son corps était tendu.

- Ta... ta soeur t'as... t'as tuée ? hoqueta Jack, mortifié.

- Ce n'était pas vraiment elle qui m'a tuée, mais ses coups ont déclenché ma mort.

- Elle est morte dans ce trou, elle-aussi ?

- Oui. L'Homme de la Lune l'a choisie juste après mon envol. Elle est mon exact opposé, nous nous complétons l'une et l'autre.

- Je comprends mieux maintenant... Pourquoi... pourquoi elle est comme ça.

- Elle est jalouse. Jalouse de sa petite soeur...

Fée le regarda et sembla sur le point de fondre en larmes de nouveau. Jack lui tapota doucement l'épaule, ne sachant comment la consoler.

Fée se recroquevilla sur elle-même et crispa ses doigts parfaits contre son visage où coulaient des millions de larmes salées.

Chaque larme contenait un souvenir. Dans l'une, son premier baiser avec son premier petit-ami, dans l'autre, la fureur de sa soeur qui l'avait apprit par mégarde. Et tout s'écoulait sur le vêtement bleu de Jack.

L'eau salée se mêla au givre de son sweat-shirt et gela doucement.

Et avec elle, toute l'enfance des deux soeurs.


Que pensez-vous de ce chapitre ? Fée avait vraiment une soeur détestable, n'est-ce pas ? Et pourtant, elle l'aimait... Allez, racontez tout ce qui vous passe par la tête, tout à Tata 'ya !

ENCORE BON ANNIVERSAIRE EMILIE DUBOIS ! ^^