Salut ! Je reviens pour un chapitre plutôt court mais actif. Comme le suggère le titre.

Hé, au fait : IL Y A PLUS DE CENT REVIEWS ! Je vous aime, les copains *essuie une petite larme émue* ;') Oui, je sais, je n'ai pas remarqué avant, mais je sors cette phrase maintenant, et encore merci à tous ! :D

The-zia : Eh oui, j'ai pas mal écrit durant ton absence ! :P Jack va crever ? Tu vas voir ce chapitre ! Fée se rebelle et même plus que se rebeller, je peux te le dire... Mais bon, tu vas voir durant ce chapitre ! Encore thanks pour rester, Zia ! ;)

Sabiinou Black: Merci de me suivre ! :D

Lucile Q :Hé hé, c'est tout moi, énerver les gens ! :) Le plan de Jacky, c'était exactement ce que a fait Fée. Toucher Pers' au moment où elle se volatilisait. U.U Bon, ça a marché, mais pas exactement comme il aurait voulu.

Bonne lecture, guys !


Chapitre 21 : Hurlements

Jack lâcha soudain les plumes de Fée et s'écrasa à terre, entraînant Emma avec lui. Malheureusement pour l'Esprit de l'Hiver, il tomba sur son bras blessé et poussa un cri rauque, s'immobilisa. Emma reprit rapidement ses esprits et aperçut son frère prostré à terre, le visage livide et elle passa un bras autour de sa taille pour l'aider à le relever, en prenant garde à ne pas toucher sa peau. Il s'appuya sur elle, et elle le maintint droit, soucieuse de sa santé. Apparemment, les téléportations le rendaient malade.

Une fois sûre que Jack pouvait tenir debout seul, elle leva les yeux pour chercher Fée et Perséphone. Elle remarqua qu'ils se trouvaient à l'orée d'une forêt. Et elle vit alors le châle.

Déchiré. Lacéré. Réduit en poussière opaque.

Inutilisable.

Fée l'avait réduit en lambeaux avec ses ailes devenues tranchantes comme un rasoir, et elle observait à présent sa soeur agenouillée devant son vêtement avec un air satisfait. Elle voletait avec douceur à quelques centimètres au-dessus du sol, et avait croisé ses bras contre sa poitrine. Un sourire tordait sa bouche, si lointain de l'ancienne gaieté de la Fée des Dents. Ses yeux violets paraissaient animés d'une sauvagerie brute.

Jack la regardait. Et il avait peur. L'ancienne Fée avait disparue. Et il n'était pas sûr d'apprécier la nouvelle.

Puis, son regard ainsi que celui d'Emma tomba sur Perséphone. Elle tenait dans ses mains son châle noir, ses yeux tout aussi sombres étaient noyés de larme et elle pleurait, elle pleurait toutes les larmes de son corps presque nu, elle sanglotait, elle chialait pitoyablement, elle gémissait comme un nouveau-né, elle reniflait avec des bruits dégoûtants sa morve humide, elle émettait des sons désespérés, perdus, elle était perdue.

- Tu... tu l'as d-déchiré... balbutia-t-elle entre deux sanglots non-étouffés. M-mon châle... M-on s... seul présent... Il m-m'appartenait. À m-moi seule... Et tu l'as d-déchiré, immonde s-salope...

Et Fée la regardait. Sans qu'aucune nuance de chagrin ou de pitié ne vienne s'installer dans ses prunelles insondables. Alors, Jack prit sa soeur par la manche de son coupe-vent et la regarda droit dans les yeux.

- On s'en va, dit-il.

Elle lut sur son visage la plus grande peur.

- Mais... fit-elle en observant les deux soeurs, et Fée ?

- Elle va s'occuper d'elle. Crois-moi, tu n'aimerais pas voir ça.

Emma jeta un dernier regard à Perséphone dont les pleurs bruyants ruisselaient sur son étoffe lacérée, et à Fée qui se mettait à avancer vers sa soeur, un sourire toujours aussi hideux sur le visage. Mais Jack la tira par la manche et elle fut bien obligée de le suivre, tout en soutenant de son mieux son frère qui vacillait légèrement.

Alors retentirent les premiers hurlements.

.

Fée s'approcha de sa soeur et posa sa main douce sur la joue mouillée. Elle la caressa, presque tendrement. Elle écarta ensuite quelques mèches blondes trempées de sueur qui lui bouchaient la vue, et essuya le front autant dégoulinant. Perséphone leva les yeux vers sa soeur et hoqueta misérablement.

- T'es qu'une p'tite s-salope... murmura-t-elle d'une voix rauque, si lointaine de la belle prestance d'autrefois. Tu l'as d-déchiré... Sans pitié...

- Tu m'as déchirée lorsque nous étions mortelles, Perséphone, répondit Fée tout en continuant de lui écarter des mèches de cheveux. Tu as voulu me tuer. Je ne fais que rendre la monnaie de ta pièce.

- Tu ne comprends pas ! hurla soudain Pers' en se relevant à moitié. Je t-t'aimais... tellement fort... C'était pour ton bien, tout ce que je faisais. Le m-monde est injuste, c-cupide et cruel, et tu étais si f-fragile, si naïve et inno... innocente... Et tu l'as déchiré, à p-présent, mon seul présent, alors que je t'avais enf-fermée pour ta p-propre sauvegarde... Je te protégeais, Fifi !

- Tu m'as torturée.

- N-non... Je voulais juste... que tu sois comme moi. Comme ta g... grande s-soeur... Le monde est horrible, Fifi, il ne t'aidera jamais ! Jamais...

Perséphone cessa de parler, ses sanglots provoquant des spasmes incontrôlés. Fée continua de l'observer, sans qu'une seule once de remords ne traverse ses yeux violets.

- Tu sais, Perséphone... dit-elle alors en essuyant la sueur de sa soeur, je t'aimais également. Lorsque j'étais mortelle. Puis, j'ai réfléchi. Longtemps. Et j'ai enfin compris.

Elle se pencha, très près de l'oreille de Perséphone, et lui murmura :

- Tu n'es qu'une truie dans ce monde, une truie qui ne fait que s'accoupler et manger, puis qui est vouée à l'abattoir.

De son poing sanglant, Fée frappa. La joue déjà remplie d'hématomes rougit une nouvelle fois et la tête de Pers' partit violemment en arrière. Sous le choc, ses yeux se révulsèrent. Elle hurla.

.

Emma tressaillit et se boucha les oreilles. Jack grimaça et fit comme s'il n'avait rien entendu, mais personne ne pouvait ignorer ces hurlements-là. Déchirants, à vous glacer le sang.

- Où est-ce qu'on va ? cria Emma en tentant de recouvrir les sanglots qui retentissaient derrière eux.

- On doit retrouver Bunny, Nord et Sab, répondit Jack, puisque Fée s'occupe de Perséphone. Nous ne sommes plus d'aucune utili-Aââck...

Il s'effondra soudain à terre et plaqua brutalement ses deux mains contre sa poitrine. Emma s'accroupit près de lui.

- Jack ? murmura-t-elle, apeurée. Est-ce que ça va ?

La respiration sifflante, son frère avait les yeux mi-clos et paraissait souffrir le martyr.

- Fait voir, décida Emma. Montre-moi, Jack, et je te jure que tout va bien se passer, ne t'inquiètes pas, tout ira bien !

Elle retourna aussi doucement qu'elle le pouvait son frère qui était raide comme un piquet. Elle regarda d'abord son bras. Toujours aussi noirâtre. Puis, elle suivit la ligne de veines empoisonnées. Elles remontaient le long du cou, s'arrêtaient au bord du menton et étaient ensuite cachées par le sweat-shirt. Ignorant complètement la pudeur, Emma fit retirer son vêtement à Jack sans qu'il ne proteste, mais elle vit bien ses traits se crisper alors qu'elle était obligée d'effleurer son torse pour enlever le sweat.

Elle ferma alors les yeux. Les rouvrit. Et laissa alors échapper un sanglot désespéré.

Les veines noires circulaient à présent sur tout le torse de Jack, et s'arrêtaient juste à la fin du ventre. À la place du coeur, c'était une énorme tache sombre qui semblait pulser.

Vision d'horreur.

- Ce n'est pas beau à voir, hein ? fit Jack entre deux sifflements.

- T'as dû connaître des jours meilleurs, c'est sûr, dédramatisa Emma en tentant faiblement de sourire.

Jack tenta de se redressa mais Emma le plaqua d'une main ferme au sol, touchant la peau de l'Esprit de l'Hiver. Un peu de vapeur s'éleva. Un léger picotement. Ils n'y prêtèrent aucune attention. Les yeux bleu glace aperçurent le regard sombre chargé de détermination.

- Tu restes ici, et tu ne bouges pas, Frosty, c'est clair ? dit-elle fermement en tentant de masquer sa voix tremblante d'inquiétude.

- J'en profiterai pour faire bronzette, blagua-t-il en faisant mine de s'allonger confortablement alors que c'était tout l'inverse.

- C'est ça. Attrape pas de coups de soleil, non plus !

Elle se releva et forma un demi-sourire pour son frère qui avait fermé les yeux en tentant péniblement de paraître normal. Mais comment pouvait-il paraître normal en possédant des cheveux blancs et des veines noires et en ne portant aucun tee-shirt ? Le regard d'Emma coula sur le torse de Jack. "C'est vrai qu'il est bien foutu" se dit-elle en se retenant de glousser. La situation était grave. Si elle avait un petit-copain immortel un jour, elle pourrait le regarder à loisir. Mais pas son frère en train d'agoniser !

Alors, elle rebroussa chemin et fila vers les deux combattantes.

Jack la regarda partir en serrant un poing contre son coeur.

Emma stoppa net sa course. Une ombre énorme la recouvrait. Elle regarda alors dans les airs. Ouvrit la bouche. Aucun son n'en sortit.

L'ombre atterrit.

Au-début, l'adolescente pensa à un oiseau de la taille d'un homme. Puis, elle pensa le contraire en remarquant la merveilleuse tête de femme. La créature possédait des serres aiguisées, luisantes au soleil, son plumage d'un noir de jais était éclatant et donnait envie de le caresser, sa queue fourchue s'agitait. Ses cheveux longs aussi noirs que son plumage lui tombaient devant les yeux qu'elle avait jaunes, son nez était fin et ses lèvres rouges, pulpeuses. Elle était magnifique.

Magnifique. Dangereuse.

La femme-rapace ouvrit la bouche et passa une langue rose sur des crocs pointus comme ceux d'un vampire, cassant net la beauté du tableau.

- Oh putain... murmura Emma.

Elle saisit son pistolet et le pointa sur la créature.

- Tu ne peux pas me faire de mal, fit le monstre.

Sa voix était mélodieuse, aigüe et étrangement envoûtante. L'adolescente eut un mouvement de recul.

- Je suis la dernière des Stryges. Ma maîtresse m'a invoquée pour la défendre. Tous ceux qui lui veulent du mal doivent périr.

- Je ne lui ai rien fait à ta maman, madame la goule ! répondit Emma, un peu tremblante.

- Je me nourris du sang des humains, je les éviscère et m'abreuve de leur souffrance. La violence est mon quotidien.

Emma remarqua alors que les méchants adoraient monologuer. C'était un rituel, chez eux, ou quoi... ?

Derrière la Stryge, Perséphone hurla de nouveau. La créature se retourna. En un éclair, elle comprit que sa maîtresse se faisait martyriser, et elle poussa un cri percant, si aigu qu'il pouvait déchirer les tympans. Emma plaqua ses mains contre ses oreilles.

Loin derrière elle, Jack gémit.

La créature fondit brutalement sur Fée, ailes déployées, et la projeta loin de Perséphone.

- Tout va bien, maîtresse ? demanda la Stryge en enfouissant son petit nez dans le cou de Pers', là où pulsait son pouls.

- Merci, Lilith, répondit Perséphone en la repoussant brutalement.

- Cette Gardienne vous a blessée, maîtresse ? Laissez-moi lui régler son compte.

La Stryge passa de nouveau sa langue sur ses dents pointues, et Emma eut un haut-le-coeur.

- Je ne te laisserais pas faire du mal à Fée ! cria-t-elle en visant la créature.

La Stryge Lilith cligna des yeux et la regarda de ses yeux jaunes.

- Maîtresse ? demanda-t-elle alors qu'un sourire hideux naissait sur son magnifique visage.

- Vas-y, ordonna Perséphone. Je me charge de Fifi.

Aussitôt ces paroles prononcées, Lilith fondit sur Emma.


Non non, on ne me tue toujours pas. Car je suis IMMORTELLE ! :O

Comme vous l'avez sûrement vu, je m'inspire pas mal de la mythologie grecquo-romaine, que j'adule particulièrement. Lilith était la première femme avant Ève (bon, là, c'est pas du tout de la mythologie, OK) et les Stryges sont les premières sirènes, celles avec un corps d'oiseau et non de poisson. ;)

À je ne sais quand ! :D