Un petit jour de retard pour cause d'internet lâcheur U.U. J'ai bien demandé à Manny, mais ce crétin des Alpes -je veux dire, de la Lune- ne répond pas. Pfff, j'vous jure, quand on est tout puissant, on se croit tout permis...
Révélations qui peuvent être choquantes dans ce chapitre ! :D Et du combat, bien évidemment. Ainsi que des retournements de situation. Bon, comme je suis bizarre, c'est normal, ne vous affolez pas XD Et les évènements se précipitent, aussi. :P
The-Zia : Des harpies ? Emma aussi les appelle comme ça XD Jack torse nu = fangirls à ses pieds lol ! Bah attends, même les filles fantasment sur des garçons qu'elles ne pourront pas avoir (dans le cas, présent, non, Emma n'est pas amoureuse de Jack vu que c'est son frère !) alors pourquoi pas ? :P Encore merci !
Lucile Q : J'adore martyriser mes persos :3 Merci de reviewter et merci tout court ! :D
Sabiinou Valdez DiAngelo : Merci encore ! :D Eh oui, je me suis lâchée, là-dessus XD
Il ne vous reste plus qu'à lire ! ;)
Chapitre 22 : Le maître
Jack poussa un grognement et plaqua son autre main contre son coeur, respirant péniblement. La douleur n'était presque plus supportable. Un degré de plus et il tournait de l'oeil. C'était exactement comme quand Pitch lui avait brisé son bâton... mais en cent fois pire.
Son bâton.
Il l'avait laissé au Pôle, ne lui servant plus à rien à part multiplier les crises. Mais il lui manquait. Il l'avait tenu pendant plus de trois cent ans entre ses mains, sans jamais le lâcher. Mais à présent, il l'avait volontairement oublié au Pôle.
Il observa Emma, devant lui. Ses longs cheveux noirs voletant derrière son dos alors qu'elle courait vers Fée et Perséphone, sa frange qui lui tombait devant les yeux, ses grands yeux sombres animés d'une flamme - le renouveau -, elle était belle. Il sourit péniblement en pensant qu'il avait de la chance d'avoir une soeur comme ça. Puis, son sourire se transforma en rictus, et un flot de bile lui remplit la bouche, l'obligeant à cracher par terre. Il hoqueta en observant son rejet d'une couleur anormale. Rouge sang.
Un cri le fit tourner la tête. Emma. Une sorte d'énorme rapace à tête humaine se tenait devant elle, menaçante. Jack tenta de se relever, mais un spasme puissant le plaqua au sol. Il ne put que murmurer un juron entre deux hoquets de souffrance.
Il vit Emma viser la créature mi-humaine mi-oiseau, et lui parler. Quelques secondes plus tard de panique totale pour Jack, Perséphone poussait un autre cri alors que Fée lui donnait un méchant coup de pied dans le ventre, et la chose se tourna vers la Gardienne de la Violence, puis fonca sur Fée.
Jack tenta de pousser un cri pour avertir son amie, mais seul un gargouillis franchit sa gorge, et il cracha de nouveau. Fée s'écrasa quelques mètres plus loin et resta au sol, apparemment sonnée. Il vit ensuite la créature relever Perséphone qui lui murmura quelques mots. Aussitôt, la chose se tourna vers Emma, un sourire meurtrier au visage. Il ne pouvait pas bien voir sa tête de cette distance, mais il était sûr que ce qu'elle préparait n'envisageait rien de bon. Et il eut raison.
La créature fondit sur sa soeur.
Puis, sa vision flancha.
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– Oh la v-
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que la Stryge était sur elle, serres pointées vers son ventre avec la ferme intention de l'éventrer. Emma l'évita d'un agile coup de bassin.
– Ah ah, raté ! beugla-t-elle en tirant la langue à une Lilith mécontente.
Une griffe lui coupa net sa frange, effleurant le front de peu.
– Remarque, c'est vrai que j'aurais besoin d'une bonne coupe de cheveux, commenta Emma. À mon tour.
Elle avait abaissé son pistolet pour éviter les attaques de la Stryge, aussi ne le releva-t-elle pas. Elle ne fit que plonger en avant, et effectua un rouler-bouler au sol en passant entre les jambes plumées avant de se relever derrière son ennemie. Sans plus tarder, elle leva son arme mais Lilith se retourna et envoya loin son pistolet. Emma jura mais n'eut pas plus le temps de se morfondre que elle dut éviter de nouveau des serres en se plaquant à terre.
– Mano a mano, hein ? dit-elle entre ses dents.
– Tu vas périr, jeune Esprit ! prévint Lilith.
– Après toi, l'emplumée ! riposta l'adolescente.
Elle claqua des doigts et une flammèche apparut sur son index, prenant de l'ampleur jusqu'à dévorer toute sa main. La Stryge recula subitement, apeurée.
– Feu mauvais* ? ricana Emma en s'approchant d'elle.
Lilith s'envola alors. Le courant d'air qu'elle produisit éteignit net la flamme dans la main de l'adolescente. Elle poussa un autre juron et, du coin de l'oeil, aperçut son pistolet à dix mètres de là. Elle releva les yeux vers la Stryge, vit que elle aussi regardait son arme, puis, sans crier gare, fonça. Lilith poussa un hurlement strident et fondit également sur le pistolet, ailes déployées.
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Fée se releva lentement en se tenant les côtes, un peu sonnée par le choc, et regarda autour d'elle. Elle vit Emma et la Stryge face à face, et Jack beaucoup plus derrière elles, allongé à terre. Elle n'eut pas plus le temps de s'interroger sur son état qu'elle fit un vol plané et s'écrasa plus loin.
Elle se releva d'un bond, furieuse, et évita rapidement une épée pour faire ensuite face à Perséphone. Toujours en sous-vêtements roses. Mais elle avait l'air beaucoup moins faible, tout d'un coup, avec l'épée sombre à la main, le nez en sang, des plaies sur le visage et les yeux emplis d'une colère difficilement contenue.
- Moi aussi, j'ai fait une erreur, articula-t-elle, et Fée remarqua que, lorsqu'elle parlait, du sang s'écoulait de sa bouche et gouttait doucement à terre. J'ai cru que nous pourrions vivre côte à côte jusqu'à la fin des temps. Mais il paraît que tu n'es pas tout à fait prête, Fifi.
- Prête pour quoi ? demanda Fée en se mettant en garde, flottant agressivement dans les airs.
- Pour rejoindre les Ténèbres, voyons !
La Gardienne des Souvenirs n'attendit pas plus de révélations et attaqua. Mais Perséphone s'y attendait et évita la charge tête baissée de Fée et, au même moment, abattit Clarisse, son épée. Du plat de la lame. Fée ne vit pas le coup venir et s'effondra sur le ventre, le derrière des genoux criant grâce. Elle ne comprenait pas pourquoi Perséphone ne lui avait pas tranché les jambes. Mais pas le temps de se poser plus de questions.
Ses ailes s'agitèrent d'elles-mêmes et la décollèrent du sol, et elle jeta son poing fermé vers sa sœur. Mais Pers' leva sa lame et la main crispée de Fée l'heurta brutalement. Ses jointures déjà saignantes explosèrent littéralement, et elle ouvrit la bouche de stupeur et de douleur mêlés. Aucun son ne sortit de sa gorge.
Fée plaqua sa main blessée contre sa poitrine. Des larmes se mirent à ruisseler le long de ses joues roses, et elle s'abattit à genoux contre terre, les ailes incapables de la porter plus longtemps. Elle gémit doucement, ravagée par la souffrance qui l'irradiait entièrement. Le bout de la lame de Perséphone lui piqua alors le cou et elle releva la tête, les yeux mi-clos et débordants de pleurs silencieux.
- Je vais te révéler quelque chose, ma chère Fifi, dit Perséphone, le sang toujours gouttant de sa bouche. Une devinette, ça te dirait ? Je commence : il n'y a qu'un maître qui nous dirige tous. Un maître pervers et sans façons, sans âme et sans traditions. Un maître souvent chiant et muet. Mais un seul. Pour les Ténèbres et les Gardiens, c'est le même. Qui est-ce ?
Fée ne parvenait plus à réfléchir. Son esprit était entouré d'un épais brouillard, empêchant les paroles de Perséphone d'atteindre ses oreilles. Elle n'entendait plus que les battements précipités de son cœur, ses gémissements de douleur et –Pitié, faites que ça s'arrête, par l'Homme de la Lune, pitié, arrêtez tout, la douleur, tuez-moi, faites que ça s'arrête, tout, ça s'arrête- le sang battant dans ses veines.
- Tu ne trouves pas ? fit doucement Pers'. Je vais t'aider un peu.
Elle s'accroupit près de sa sœur maintenant recroquevillée sur elle-même et serrant la main contre son cœur, puis elle retira la lame sur sa gorge et lui murmura à l'oreille :
- Vous le surnommez Manny.
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Emma plongea vers son arme et le récupéra avec un cri de victoire. Elle n'eut pas le temps de plus s'enthousiasmer.
Des serres l'attrapèrent à la taille, creusant dans sa chair tendre, et la décollèrent du sol. Le cri d'Emma se transforma en hurlement de peur. Elle avait toujours autant le vertige.
– Repose-moi par terre, la harpie !
Bien évidemment, la « harpie » en question n'obéit pas et ne fit que s'élever encore plus haut dans les airs.
– Ma maîtresse m'a ordonné de me charger de toi, dit-elle d'une voix aussi morne que celle d'un robot.
– Parce que tu es obligée de lui obéir à présent ?! hurla Emma, désespérée.
Lilith baissa ses yeux jaunes vers le corps de l'adolescente qui agitait vainement ses jambes dans les airs.
– Notre maître m'a dit qu'elle serait ma nouvelle maîtresse. J'obéis au maître. J'obéis à ma maîtresse.
Si Emma avait eu l'usage de ses mains, elle se serait claqué sa paume contre son front. Son pistolet glissait entre ses doigts et elle raffermit sa prise fermement. Pas question de perdre sa seule chance de survie.
L'Esprit de Feu regarda alors vers le bas. Et hoqueta. Elles étaient à présent à plus de cent mètres de hauteur. Une telle chute ne pourrait pas la tuer vu qu'elle était immortelle, mais serait énormément douloureuse.
– Je te souhaite bonne chance, dit alors la Stryge.
– On ne pourrait pas retourner par terre ? supplia Emma, la respiration haletante tellement elle avait peur. Histoire de continuer notre combat, c'était plus cool et Aaaaaaah !
Lilith la lâcha. Emma prit une longue inspiration. Puis hurla de toute la puissance de ses poumons. « La chute promet d'être rude » se dit-elle. Le vent l'obligeait à fermer les yeux mais elle eut le temps de voir le sol se rapprocher à grande vitesse, puis ses doigts glissèrent. Elle lâcha son pistolet.
– Non !
En un éclair, elle se retourna et fit de grands gestes des bras pour tenter d'attraper son arme. Le pistolet voltigeait à ses côtés, semblait la narguer tandis qu'il ne restait plus que cinquante mètres avant la collision.
– Va. Te. Faire. Foutre ! martela-t-elle à avec chacun de ses gestes précipités.
Elle l'attrapa. Et laissa échapper un soupir de soulagement.
Dix mètres.
Leva le pistolet à sa tempe.
Cinq.
Appuya.
Un.
Disparut.
.
Jack ne voyait plus rien. Sa vision était floue et des papillons noirs et rouges dansaient devant ses yeux. Il essaya de les chasser de la main mais n'y parvint pas. Main trop lourde. Papillons trop forts. Un instant, il se demanda s'il allait mourir. « Je ne veux pas mourir ! » articula-t-il. Mais seul un filet de sang sortit de sa bouche, et il le cracha de bon coeur.
Son coeur, justement.
C'était comme si il n'en avait plus. Déchiré, en miettes. il battait toujours, plus follement que d'habitude, chaque pulsion plus douloureuse que la précédente. Le sable noir remplissait son devoir.
Il sentait le poison, c'était sûr. Il savait qu'il parcourait ses jambes, à présent. Il ferma les yeux. Voir était inutile. De toute façon, il sentait le sable s'attaquer à son menton, ça chatouillait comme des milliers de fourmis enragées, des guêpes affolées le piquant et laissant sa peau déjà endommagée à vif, puis l'assombrir et enfin, mourir. C'était ce qui l'attendait. La mort. Il ne pourrait bientôt plus cracher. Plus voir. Plus rire. Rire une dernière fois... Plus respirer, le sable s'introduisant dans ses narines et dans sa bouche pour l'empêcher de vivre.
Vivre. Cela lui manquait horriblement. Les jours où il patinait allégrement sur son lac gelé, se faisait porter par le vent en hurlant de rire, jouait avec Jamie et ses copains paraissaient bien éloignés, à présent. Ils faisaient partie d'un autre monde. D'un autre univers. D'une autre personne, qui se prénommait Jack Frost, Gardien de l'Amusement. Ce n'était pas un jeu. C'était la réalité. La réalité : il allait crever ici. Personne ne le regrettera. Jamie peut-être, mais ce petit garçon allait grandir et l'oublier, même si Jack survivait. Les Gardiens, peut-être. Fée, la si sensible Fée, allergique aux caries et fanatique de dents de lait. Nord, le Père Noël barbu mais très affectueux. Sab, le petit bonhomme doré et muet qui pouvait l'écouter durant des heures entières sans jamais l'interrompre. Bunny, le kangourou casse-pieds qui lui lancait ses oeufs à la figure lorsque Jack lui jetait un flocon sur le bout de son nez. Jack Frost is nipping at your nose...
Emma. La fille de dix-sept ans aussi solitaire que lui, intrépide et casse-cou, possédant également un vocabulaire très riche en jurons. Sa petite soeur. Elle avait vécu trois cent ans sans lui, il avait vécu trois cent ans sans elle. Emma pouvait très bien continuer sa vie d'immortelle sans son frère. N'est-ce pas ?
Puis, de la lumière, rouge et orangée, éclatante de beauté traversa ses paupières. Une déflagration le secoua. Et un cri. Encore un.
« Emma » pensa-t-il.
.
Elle respira longuement et évacua la peur de la chute. L'odeur de pain grillé et de soufre s'estompa rapidement et elle entendit le cri de rage de Lilith, haute dans le ciel. Puis, elle ouvrit les yeux.
Elle s'était matérialisée exactement là où elle voulait. Près de Jack.
Il était bel et bien là, et en piteux état. Son sweat-shirt était toujours posé à côté de lui et elle vit que le poison avait gagné du terrain sur son corps. Sa bouche commencait à noircir, et un affreux sentiment de dégoût s'empara de l'adolescente. Les yeux de son frère étaient mi-clos, et il respirait difficilement.
Emma attrapa la main de Jack et la serra. Il réagit.
- 'mma… ? hoqueta-t-il alors qu'un autre filet de sang trempait son menton.
Elle lui sourit et passa une main tremblante sur sa joue, essuyant la sueur et le sang collant sur le visage de son frère.
- Jack, répondit-elle d'une voix peu assurée. Tout va bien aller, je te le jure.
Il donna l'impression de sourire.
- On va trouver une solution, Jack, promit-elle. Tout va redevenir comme avant…
Le voir ainsi était au-delà de ses forces. Et elle se rendit alors compte qu'il allait mourir, là, devant ses yeux. Son beau visage déjà pâle était à présent dénué de toute couleur, ses cheveux blancs étaient trempés de sueur et –Oh, mon dieu- cette hideuse tache noire qui lui recouvrait le corps était insupportable à voir. Elle n'osa pas imaginer ce que ce devait être pour lui.
Sous ses yeux, Jack ferma les paupières et un souffle anormalement tiède s'échappa de ses lèvres.
Elle se pencha alors et déposa un baiser sur le front de son frère, promesse vaine.
Tu es, tu es, revenu vers moi,
Mon grand frère adoré, nous irons au bois.
Cueillir des glaces et des mûres !
Seulement Jack et Emma
Je le sais, je le sens, nous irons au bois.
- Je t'aime, lui souffla-t-elle.
Un sourire flotta sur les lèvres de Jack. Ou peut-être n'était-ce qu'une illusion. Il ne bougeait plus. Alors, Emma abaissa sa tête contre la poitrine de son frère et se laissa aller. Pleura.
Pleurer était rare, chez elle. C'était quelque chose qui montrait ta faiblesse. Mais Emma était faible. Emma n'était pas une grande fille. Emma n'était même pas une femme, elle n'avait que dix-sept ans. Son frère aîné était mort bien trop tôt. Emma était encore une enfant. Emma était faible.
Non, Emma n'était pas faible.
Elle releva la tête du corps de son frère et essuya rageusement ses larmes qui séchèrent aussitôt. Elle se retourna du corps, mais garda l'empreinte du visage rieur de Jack sur ses iris sombres. Elle ne devait pas l'oublier ! Elle allait le venger! Elle-
Elle perdit le contrôle.
*Celui/celle qui trouve la référence gagne un cookie ! XD
Bien sûr, Emma a dit à Jack "Je t'aime" par amour fraternel ! Ne vous trompez pas U.U M'enfin, moi en tout cas, je dis "Je t'aime" à mon frère...
J'espère que vous avez aimé ce chapitre, le prochain promet d'être chaud (sens propre :D) Allez, see ya around...
