Voilà. Le dernier chapitre. Enfin, le dernier VRAI chapitre, puisqu'il reste encore un épilogue, je vous rassure. Et l'épilogue viendra bientôt, je vais voir en fonction de mes disponibilités.

Donc, du combat, de l'action, de la douleur, du traumatisme, de l'amour, bref, vous n'avez qu'à lire pour savoir ! :)

Non non, il n'y a aucun rapport entre le titre du chapitre et la comédie musicale sur Dracula. XD

The-Zia : Hé hé, merci ! :) Sadiquomaniaque, that's what I am ! XD Ah oui, il y a toujours une vanne cachée dans mes chapitres. Enfin, celui-là, je ne sais pas trop... À toi de juger. Moi aussi j'aime bien ce couple X) Mais je n'irai pas loin, désolée.

Guest : Voilà le chapitre ! Bonne lecture ! :D

Disclaimer : L'univers de ROTG belongs to DreamWorks, les OC sont à moi, Pandore est à CHOD17 !

J'ai bien galéré pour rendre ce chapitre bien, mais je sais que, moi-même, je n'ai pas envie de finir cette fanfiction... C'est très dur pour moi, disons. Donc, j'ai bien essayé de rendre la fin de ce chapitre pas trop bizarre, alors j'attends vos reviews avec impatience et peur... (PITCH, HORS DE MON CHEMIN !)

Enjoy !


Chapitre 26 : L'amour est plus fort que la mort

Tout se passa très vite.

La première onde se dirigeait à toute vitesse vers Nord. Le Père Noël avait fait un bond de côté pour l'éviter, se séparant de ses compagnons, et elle l'avait raté de peu. Il brandit ses sabres inutiles en la situation, et s'aplatit au sol pour éviter de nouveau l'onde qui se conduisait comme le boomerang du Gardien de l'Espoir.

La deuxième arriva droit sur Sab. Ses fouets dorés claquèrent et tentèrent de la saisir : contre quelque chose d'immatériel, cela ne servait à rien. Il essaya également de créer un énorme bouclier mais elle passa au travers comme si la barrière n'existait pas. Sab monta alors rapidement dans les airs sur son nuage couleur or, et créa de ses petites mains potelées des doubles de lui-même avec son sable jaune. Pas très finaude, l'onde fonça vers l'un de ses clones et la poursuivit alors que Sab, content de lui, fabriquait un petit avion doré au cas où.

La troisième fonça droit sur Bunny qui fit des bonds gigantesques pour l'éviter. Heureusement, il était un poil plus rapide que son assaillante, et parvenait à chaque fois de justesse à ne pas se faire toucher. Il savait quelle douleur lui cousait un simple frôlement de cette chose, et il fuyait aussi vite que ses longues pattes lui permettaient. Le Lapin lança un de ses œufs explosifs dans l'onde qui le poursuivait. L'œuf explosa en plein milieu de la vague aérienne avec pour seul effet de la grossir un peu plus. Bunny jura rapidement dans sa langue natale et eut juste le temps de faire un énorme saut et passer par-dessus. Lorsqu'il toucha terre, un trou se forma sous ses pattes et il plongea dedans avec vigueur, espérant semer son adversaire inhumain. Malheureusement, l'onde eut le temps de passer avant que le trou ne se referme et Bunny s'empressa de galoper à toute vitesse, de reformer un trou et de s'élancer à l'air libre.

La quatrième se précipita sur Jack qui la gela vivement d'un coup de bâton. Mais la glace passa au travers sans effet et il se dépêcha de s'envoler et de foncer vers les nuages en espérant la semer. Le vent rabattit ses cheveux décolorés vers l'arrière, et il fonça tête la première vers les nuages de coton. Un coup d'œil vers l'arrière lui fit comprendre que l'onde se trouvait juste derr– il la toucha.

Sa peau était en feu. C'était comme si tous les pores de sa peau s'étaient soudainement déchirés, déversant des litres de sang, ses yeux s'étaient enflammés. Il entendit quelqu'un crier alors que ses oreilles semblaient s'être détachées de son corps, mais en vérité, c'était lui qui poussait ce hurlement. Durant une seconde, il se rappela cette douleur : il l'avait déjà sentie. Lorsqu'il était tombé dans le lac gelé, il y a trois cent dix-huit ans. L'eau était glacée, gelée, en feu. Il était glacé, gelé, en feu. Il en était mort.

Un réflexe ultime lui fit serrer la main contre son bâton pour l'empêcher de partir et il se sentit tomber. Vite. Très vite. Trop vite. C'est à ce moment qu'il comprit que l'onde ne rentrait pas dans le corps des gens, non, elle ne faisait que toucher. Et Jack allait trop vite pour l'onde. Elle se détacha alors de lui, et c'était comme… il se sentit renaître. La douleur avait disparue. Il ré-ouvrit alors les paupières qu'il avait fermé à s'en faire mal et aperçut le sol qui se rapprochait rapidement. D'un coup brusque, il stoppa sa chute et vit du coin de l'œil l'onde qui le poursuivait se jeter au sol. Elle n'avait pas eu le temps d'arrêter sa descente et s'écrasa sur la terre sans poussière. Jack guetta sa réapparition, mais elle ne revint pas et il poussa un soupir de soulagement. Apparemment, ces trucs se détruisaient lorsqu'ils s'écrasaient violemment.

- C'était pas si compliqué, dit-il avec un sourire meurtri.

Un lapin géant, hurlant et bondissant passa soudain à côté de lui, poursuivi par une onde agressive, et Jack s'élança au secours de Bunny sans même réfléchir à un éventuel plan.

De l'autre côté, Emma avait habilement évité la cinquième onde qui lui voulait la peau.

- Hors de ma vue ! lui hurla-t-elle.

Évidemment, l'onde ne lui répondit pas mais la poursuivit sans relâche. Emma lui tira bien quelques balles mais elles passèrent au travers de la chose sans dommages. L'adolescente passa à côté d'un Nord qui se transformait en gymnaste vu comment il esquivait les attaques de son onde, d'un Sab occupé à s'envoler haut dans le ciel grâce à un petit avion et observait minutieusement un autre Sab qui se faisait poursuivre par une onde furieuse, d'un Jack pressé qui poursuivait l'attaquante de Bunny qui poursuivait Bunny qui n'arrêtait pas de bondir partout et d'une Fée qui ne savait qui aider au milieu de ce capharnaüm ambulant.

Lorsque Emma faillit se prendre un arbre parce qu'elle était occupée à regarder l'onde qui la suivait, elle se dit que c'était bien beau tout ça, mais que ça devenait pénible. Elle était plutôt douée pour la course à pieds, mais elle commençait à être fatiguée. Alors, tout en continuant de sprinter comme une malade, elle repéra Perséphone qui se délectait du spectacle, saisit son pistolet, porta le canon à sa tempe, et appuya fébrilement sur la gâchette.

L'onde qui la poursuivait fut très déçue de voir sa proie préférée disparaître dans un nuage de fumée et le début d'un incendie, et, complètement démoralisée, alla se réconforter auprès de sa maîtresse qui la congédia aussi sec, persuadée qu'elle avait réussi à atteindre l'adolescente.

Ce fut à ce moment qu'Emma se matérialisa. Exactement là où elle le voulait. Au-dessus de Perséphone. Elle tomba à pic et se reçut en plein sur la tête de la blonde qui ne s'y attendait pas et tomba à plat ventre. Emma porta immédiatement son pistolet à la tempe de son adversaire et dit :

- Voyons si tu réussiras à éviter celle-là.

Perséphone eut un hoquet de stupeur.

- Maiiiiis heuuuu, fit-elle, c'est pas du jeuuuuu !

- Tu n'avais pas énoncé les règles, répliqua l'Esprit de Feu. Maintenant, tu dis à tes saloperies de trucs douloureux de se casser et tu arrêtes de nous faire chier, c'est clair ?

- C'est pas du jeuuuuu !

- C'est clair ?!

- Mais-

- Encore un « c'est pas du jeu » et je te colle une balle dans le popotin.

Perséphone lui jeta un regard noir, ou plutôt, LE regard qui tue, et, brutalement, donna un violent coup de tête au pistolet d'Emma qui s'envola plus loin. L'adolescente, désarmée, se fit elle-aussi projetée en plein sur un arbre. Elle heurta la plante de plein fouet et s'abattit au sol dans un nuage de feuilles qui, lorsqu'elles la touchèrent, retrouvèrent leur couleur d'été.

- Ma pauvre enfant, fit Perséphone qui s'approchait à grands pas de l'Esprit en train de cracher ses poumons sur le sol, tu devrais savoir que je suis la plus douée en combat à mains nues.

- Et t'es complètement narcissique, ouais, hoqueta l'adolescente en se redressant faiblement tout en se tenant le dos.

La blonde lui fit un petit sourire. Emma la détestait. Ou plutôt, le détestait. Ce sourire. Vicieux, pervers, qui prenait plaisir à la souffrance de l'autre. Elle le haïssait de tout son cœur. Le sourire de Perséphone s'élargit encore, ses yeux scintillèrent d'un éclat mauvais. Emma se raidit. Ce sourire. Celui-là. Encore. Plus grand. Plus fort. Horrible. Détestable. Tout, tout faire pour le lui faire enlever, arrêter ce sourire qui lui donnait la nausée, le balancer dans les gouffres de l'enfer, tout, tout faire pour l'enlever, le saboter, le tordre, le malmener, le couper, le déchirer, le poignarder, l'ensanglanter, le TUER !

- ARRÊTE DE SOURIRE ! hurla Emma.

Perséphone continuait. Et ça la rendait folle. N'y tenant plus, l'Esprit de Feu se jeta sur son adversaire en ignorant la douleur de son dos. Elle avait oublié qu'elle était désarmée, son pistolet se trouvant à quelques mètres de sa position. Elle ne voulait qu'une chose : détruire ce sourire ignoble.

Perséphone la cueillit d'une magnifique droite qui l'envoya manger la terre. La blonde rejoignit la brune et lui écrasa sauvagement la tête sous son pied nu et couvert de saleté.

- Souris et vois, ma jolie, lui indiqua la Gardienne de la Violence avec un rictus effroyable.

Emma fut obligée de tourner la tête vers les Gardiens qui se faisaient toujours poursuivre par les ondes de douleur. Elle vit Jack, haut dans le ciel, se faire agresser en plein vol et tomber en piqué, Bunny rentrer dans ses terriers mais en ressortir aussitôt en hurlant des jurons, Nord qui se faisait gymnaste et qui empoignait ses sabres sans aucune utilité, Sab qui s'était créé un sosie de lui-même et qui gardait sa concentration sur sa création sans voir une sixième onde s'approcher de lui par derrière, et Fée qui… Fée. Où était Fée ?

L'adolescente sentit soudain le pied de son adversaire se décoller de sa tête et... elle ne put rien faire. Une violente masse lui écrasa la poitrine.

Lorsque son frère était mort pour la première fois, quand il avait encore ses cheveux bruns, elle s'était rendue compte de la faiblesse que lui donnait son corps féminin. Les femmes n'étaient pas bâties pour la force mais pour donner la vie. Et pour donner la vie, il fallait de la poitrine. Quand sa puberté était arrivée, Emma en avait bien souffert. Le monde n'offrait rien et gâchait tout, était sans pitié. Est sans pitié. Et les garçons de son âge, et même ceux plus vieux qu'elle en avaient profité. Il savait que la jeune fille devenait grande, et avait quelques problèmes.

Et cela fait très mal lorsqu'on écrase la poitrine.

Emma en eut d'abord le souffle coupé, tout son air s'échappant de ses poumons comme une bouteille de gaz percée, puis un violent élancement lui poignarda le haut du corps et elle étouffa un cri de douleur.

Au-dessus d'elle, Perséphone jouissait de sa douleur. Et elle souriait toujours.

Le pied de la blonde lui broyait toujours la poitrine, manquant de lui casser une côte qui pouvait perforer ses organes. Emma eut les larmes aux yeux et, soudain, se dégagea comme mue d'une force nouvelle et parvint à retirer ce qui lui broyait la poitrine. Elle ne chercha pas à reprendre sa respiration, l'air lui manquait, elle était essoufflée, mais elle recula précipitamment de son ennemie, baignant dans la terre et toujours sur le dos. Perséphone était dangereuse. Dangereuse et folle. Mauvaise combinaison, malheureusement.

Emma se releva, la main sur le coeur en tentant de calmer son organe qui pulsait comme un beau diable, et se releva en manquant de tomber à nouveau. Elle n'eut pas le temps de faire quelques pas qu'un poing la cueillit et elle se fit de nouveau précipiter vers l'arbre de tout à l'heure qui gémit sous la violence de l'impact.

Emma retomba à terre, un voile noir obscur lui recouvrant la vision. Elle secoua la tête pour tenter de le dissiper mais une écharde de douleur l'assaillit et elle resta à terre, les yeux à demi-clos et la respiration sifflante. Ses poumons criaient grâce, ses jambes ne la portaient plus et elle sentait un filet chaud sortir de sa narine et s'infiltrer dans son nez. Elle leva une main tremblante vers son visage et essuya le liquide. Sa main autrefois rose était devenue rouge. Elle sentit plus qu'elle ne vit une petite silhouette de femme blonde s'approcher d'elle et elle se recroquevilla. Passa en mode fœtus, protégée par le ventre de sa mère. Sauf qu'elle n'avait pas de mère. Et qu'elle n'était pas un fœtus. Elle n'était rien qu'une pauvre orpheline dans son trou à rat, tentant vainement de se protéger contre le méchant chat. Le félin voulait s'amuser, comme avec les souris grises. Oui, d'abord jouer, leur tirer la queue, les faire saigner, leur découper un peu les oreilles, pourquoi pas leur ouvrir le ventre, puis, d'un coup de dents aiguisées, couper, trancher le cou de la souris. Un spasme, une éclaboussure définitive, puis la mort.

- Tu as mal ? lui demanda la voix de Perséphone.

Emma ne lui répondit pas, mais pensa très fort : « À ton avis, connasse ?! »

- Je peux la sentir, continua-t-elle, imperturbable. Ta souffrance. Sur ce plan-là, j'admets être comme Pandore, la Gardienne de la Douleur. On a toujours été très amies.

- Qu'est 'que t'vas faire, 'ordel ?! fit Emma d'une voix cassée, tout comme son dos.

- T-t-t, c'est impoli de couper la parole à quelqu'un ! Tu as dû l'apprendre de ta mère... Oh ! J'oubliais ! Tu n'as pas de mère. Mais je vais te répondre, dans toute ma clémence : je vais te faire souffrir, ma jolie. Tout comme la mignonne petite peluche australienne, tout à l'heure. Je crois même qu'elle a pleuré ! On va voir comment tu vas réagir.

- N-non… fait p'ça, murmura Emma, soudainement terrorisée.

- Pourquoi pas ? Cela rajoute du spectacle. Allez, ouvrons le rideau.

- N-non, fait p'ça, s'te-

- Un deux trois, nous irons au bois !

- Ta g-gueule, ferme-l-la…

- Quatre cinq six, cueillir des cerises !

- 'spèce de s-salope…

- Sept huit neuf, dans mon panier neuf !

- A-arrête 'e s-sourire, 'ordel… !

- Dix onze douze, elles seront toutes rouges !

- FAIT PAS Ç-

.

Jack s'arrêta brutalement. Un hurlement déchirait l'air, un hurlement strident, empli de souffrance et de terreur. Il le connaissait.

Emma.

Il fit brusquement demi-tour et vit, à cent mètres d'ici, sous un arbre dont il manquait la moitié des feuilles, sa sœur et Perséphone. Emma était recroquevillée à terre, la tête cachée entre ses mains, ses cheveux longs et noirs étalés comme un ruisseau sombre. Son coupe-vent était déchiré au niveau de son dos et laissait entrevoir la peau nue qui était striée de fines coupures rouges, et Oh ! Par MIM, elle était agitée de spasmes violents et incontrôlables tandis qu'elle hurlait de toute la force de ses poumons.

Jack n'eut pas le temps de crier à son tour et de saisir son bâton qu'une forme multicolore surgissait derrière Perséphone et lui filait une raclée.

C'était Fée et elle semblait assez mécontente. Non, mécontente n'était pas un mot suffisamment solide. Disons qu'elle était hors d'elle.

- On ne s'attaque pas à ma FAMILLE ! hurla Fée tandis que Perséphone battait en retraite.

Emma avait arrêté de hurler. Mais les ondes qui poursuivaient les autres Gardiens ne s'arrêtaient pas, elles. Jack délaissa alors Bunny qui semblait complètement s'en ficher de son aide absolument inefficace et fonça vers elle. Il lui repoussa ses cheveux d'ébène qui lui tombaient devant le visage, hoqueta devant son nez cassé et le filet de sang qui s'échappait de ses narines et qu'elle avalait sans le vouloir, et posa sa main froide sur sa joue rouge bien trop chaude. Il y eut un léger grésillement, si léger qu'ils ne l'entendirent pas. Une volute de fumée blanche s'échappa de leurs peaux et fila avec le vent.

- Ça va, Emma ? demanda-t-il fiévreusement en tentant de la décoller du sol.

- J'ai les jambes en 'ompote, répondit-elle en essayant de faire bonne impression, la 'orge à moi'ié 'émolie, et 'e vais b'entôt crever d'une hémorra'ie int'rne, si'on, 'ou' est au 'oil.

- C'est pas drôle, 'mma, dit Jack en fronçant les sourcils.

- 'e sais...

- Elle a failli te tuer, tu t'en rends compte ?!

- Oui, je sais… 'ais-

- Qu'est-ce qui t'a pris, tu as cru pouvoir lui régler son compte toute seule ?! On travaille en équipe, Emma, on compte les uns sur les autres, alors on attaque tous en même temps.

L'adolescente aux cheveux d'ébène baissa la tête en se soutenant à son frère, le dos douloureux.

- J-je voulais juste… aider.

Jack lui releva le menton d'un doigt, et elle releva la tête pour regarder dans ses iris aux multiples reflets bleutés.

- On va finir ça, ensemble, dit-il en esquissant un sourire doux. Tu te sens d'attaque ?

Emma scruta encore durant quelques secondes les yeux de son frère. Elle ne les avait jamais vus d'aussi près, mais elle savait que son regard glacé était en vérité chaud comme les siens.

- En fai'... je... je sais pas.

- Tu vas y arriver, on va s'en sortir tous les deux, d'accord ?

Il y eut une pause durant laquelle tous deux se regardaient. Jack sentait la Peur monter en lui. La Peur. Il la détestait. Cela lui rappelait beaucoup trop Pitch Black. Un court instant, il se demanda ce qui était arrivé à ce vieux bougre, mais ces pensées revinrent vers sa soeur blessée.

- Tout va bien aller, lui promit-il, tu n'as que te lever, et on va botter l'arrière-train de cette mégère, d'accord ?

Derrière eux, Fée se battait contre sa propre sœur qui essuyait ses attaques avec plus ou moins de difficulté. La Gardienne de la Mémoire tenta de gifler Perséphone mais l'aînée arrêta son poignet et le tordit violemment. Fée dégagea sa main avant qu'elle ne casse comme une brindille et s'éleva dans les airs pour se reposer quelques secondes.

- Descends, espèce d'idiote ! s'écria Perséphone, poing brandi. Descends avant que je ne t'attrape, Fifi, reviens à la maison !

- Alors arrête de faire du mal à ma famille ! répondit Fée en hurlant presque.

- Désolée, Fifi, c'est une requête à laquelle je ne peux pas acc-

Elle fut interrompue par un rugissement prononcé par une voix grave avec un accent identifiable comme étant russe.

- CHARGEZ ! s'exclama Nord en fonçant vers Perséphone, toujours poursuivi par son onde.

La blonde évita le guerrier cosaque de justesse et Nord continua sa course, bien obligé par l'onde qui le poursuivait sans relâche, faillit s'encastrer dans un arbre mais roula au sol et parvint à l'esquiver. Sab débarqua alors. Il venait de remarquer les deux combattantes et avait entendu le hurlement de douleur d'Emma. Son double étant toujours dans le ciel, il était hors de danger jusqu'à que le clone disparaisse. Et il comptait bien en profiter.

Ses fouets de sable se détendirent vers leur cible et saisirent les chevilles de la blonde qui tomba nez contre terre.

- Lâchez-moi, bande de morveux ! hurla Perséphone en tentant de retirer le sable de ses chevilles.

- Lâche-NOUS ! corrigea soudain Bunny en fonçant vers elle, son onde toujours à ses trousses.

Le Lapin lui marcha sur le dos de bon coeur, Perséphone se crispa et il continua de courir pour échapper à la Douleur.

- Jack, vas-y, fit Emma à son frère.

Elle n'arrivait pas à se remettre debout. Elle savait qu'elle ne pouvait pas mourir, elle n'avait plus qu'à attendre que son dos guérisse, que sa poitrine arrête de l'élancer et que son nez se remette d'aplomb. Pour l'instant, elle était hors jeu.

- Vas-y, répéta-t-elle alors que Jack hésitait. Dépêche-toi, tu peux 'ou' arrê'er !

- Je... fit Jack. D'accord...

Il se releva, regarda une dernière fois l'adolescente allongée au sol qui lui sourit – enfin, tenta de sourire en faisant une grimace – et se tourna vers les combattants.

Perséphone était toujours maintenue à terre avec les liens de Sab et Fée la regardait avec satisfaction. Jack s'approcha d'elles.

- Perséphone, fait disparaître tes ondes, ordonna-t-il d'une voix sans appel, MAINTENANT.

- Parce que tu crois que je vais obéir, joli garçon ? roucoula la blonde. Un deux trois, nous irons au b-

Au-dessus, Sab resserra les liens et elle gémit de douleur. Heureusement pour Jack, elle n'eut pas le temps de continuer sa comptine donc de faire apparaitre une onde. Fée voleta lentement et s'arrêta juste au-dessus de la blonde.

- Tu vas faire ce que Jack a dit, tout de suite, fit-elle d'une voix douce pourtant tranchante comme un rasoir.

- Et sinon ?

- Sinon je ne te suivrai pas et ne deviendrai pas comme toi, répondit Fée. Si tu acceptes, je te suivrais dans ton antre et serai ta soeur. Ta vraie soeur.

- Fée, ne fait pas ça ! dit Jack, alarmé.

- C'est un marché équitable, répondit Perséphone. Mais qui me dit que tu tiendras parole ? Lorsque j'aurais fait disparaître mes ondes, es-tu sûre que tu ne repartiras pas avec tes petits amis ?

- Fée, non...

- Oh et puis, la vache, J'EN AI MARRE !

C'était un Bunny en pleine crise de nerfs et de rage qui venait de hurler et de débouler comme un démon pour donner un énorme coup de patte à la tête de Perséphone. Cette dernière, immobilisée, ne put pas bouger et se prit le coup en pleine tempe et retomba, assommée.

L'onde qui poursuivit Bunny se dissipa comme un mauvais rêve comme celle de Nord et de Sab. Le clone du petit bonhomme jaune disparut également, désormais inutile, et tout le monde poussa un soupir de satisfaction.

- Merci 'ien, murmura Emma qui sentait son nez arrêter de couler.

Jack revint vers elle, bien conscient que le fait de l'avoir quittée était absolument inefficace, et passa un bras autour de ses épaules pour l'aider à se relever. L'adolescente avait toujours les jambes tremblantes mais parvint à se tenir debout.

- Ouh, j'ai les muscles tout en charpie ! se plaignit Nord en approchant.

- Tu parles, mec, fit Bunny à côté de Pers'. J'ai eu pire que toi. Et MAINTENANT…

Il s'approcha à pas vifs de Perséphone qui se réveillait lentement en papillonnant de ses yeux noirs.

- Tu vas nous dire, vieille bourrique, pourquoi MiM t'as dit de nous tuer !

- Réponses ! surenchérit Nord.

- Comme la fille dans le conte de fées ? dit Jack en soutenant Emma qui, de sa main libre, se tenait le nez et se le replaçait d'un coup sec, provoquant un CRAC assez dégoûtant.

- Frost, arrête avec tes blagues débiles, répliqua Bunny. Hé, la harpie, je te parlais !

Il agita devant le nez de Perséphone un de ses boomerangs, partagé entre la curiosité et l'envie de tout défoncer.

- Et si tu recommences ta foutue comptine...

- Bunny, ton langage ! coupa Fée en haussant un sourcil. On dirait Emma !

- Hé !

- ... on te réassomme, c'est clair ?! poursuivit le Lapin sans tenir compte de son amie.

- Il m'a parlé, répondit enfin la « harpie » dénommée. Dans un rêve… Il m'a dit que je devais réunir la fille de feu et le garçon d'hiver. Il m'a dit ensuite que je devais tous vous regrouper et vous descendre.

- T'as dû mal 'omprendre ses ordres, a'ors, dit Emma.

- Non. C'est sûr, affirma-t-elle.

Il y eut un moment durant lequel Perséphone réfléchissait, Bunny s'énervait et les autres se regardaient.

- Je peux vous tuer ? implora alors la méchante n°1.

- Je ne crois pas, non, répondit Jack, blasé.

- Maiiis il me l'a dit !

- Tu sais quoi ? Tu me rappelles Jeanne d'Arc.

- Que voulaient dire les lumières sur le globe dans ton antre, Perséphone ? demanda alors Nord, dont la question trottinait dans sa tête depuis un bout de temps déjà.

- Oh, ça ? dit Pers'. C'est juste tous les enfants qui croient en moi. Tous les enfants persécutés. Tous les enfants victimes de violence quotidienne ou simplement en cours de récréation. Et il y en a pas mal, je peux vous l'assurer !

Les Gardiens se regardèrent. Ils avaient du boulot sur les bras. Fée réfléchit quelques instants, puis s'avança timidement vers sa soe- non, pas sa sœur. La créature pitoyable allongée devant elle.

- Pers'… murmura-t-elle. Pourquoi… ?

- Il me l'a dit, répéta la blonde. Il me l'a dit, je devais le faire. Il me l'a dit. Je n'ai pas cherché à comprendre. Depuis combien de temps étais-je seule dans l'obscurité à chercher une solution pour me sortir de cette folie ? Il me l'a dit : c'est sans espoir. J'ai bien cherché à te parler, tu m'as ignorée. Tu ne m'as même pas regardée. J'étais invisible, tout comme les autres humains qui passaient à travers moi, heureux, vivants. Il me l'a dit : c'est sans issue. Puis, il est apparu, comme un rayon bleu traversant le ciel et venant se déposer sur la terre, une fleur blanche éclot. Et alors, il me l'a dit. De retrouver le frère et la sœur, de les réunir. J'ai essayé, j'ai réussi à attraper la fille, j'ai échoué pour le garçon. Il me l'a dit : il n'y a plus de place pour toi ici. Je n'essayais pas de leur faire du mal, j'essayais juste d'aider. Bon d'accord, je voulais aussi un peu martyriser les gens mais il n'y a rien de mieux qu'un petit coup de fouet ! Il me l'a dit : tu n'existes pas. Puis, j'ai voulu réunir les Gardiens, j'ai réussi. J'ai voulu les tuer, j'ai échoué. Il me l'a dit : tu es déjà morte, Perséphone. Et il m'a dit que mes erreurs causeront ma perte.

- Pers'…

- C'est maintenant que tu me parles que je comprends… Je comprends. Il n'a voulu que m'attirer dans un mensonge éhonté. Il ne voulait que réunir le frère et la sœur et non m'aider à retrouver un semblant de famille. Il ne voulait pas tuer les Gardiens : il ne voulait que ma perte. Il me le dit : j'ai eu tort de te donner une deuxième chance. Il me le dit. Tout était planifié. Enficelé, préparé. Nous ne sommes qu'un jambon cuisant au four en attendant d'être dévoré. Car c'est ce que nous sommes, Fifi : de la nourriture destinée à un ogre affamé.

Perséphone se tut alors et continua de fixer le visage livide de sa soe- de Fée.

- C'est pas du jeu, conclut enfin la blonde.

- Je ne peux rien faire pour changer les règles de l'Homme de la Lune, dit alors doucement Fée. Peut-être vivons-nous sur un échiquier. Il dirige les blancs, et il dirige les noirs. La reine a bougé, le fou est tombé. Je ne peux rien y faire, Pers', juste l'assumer !

- La partie est terminée ?

- Je crois… je crois qu'elle ne fait que commencer…

Perséphone lâcha un long gémissement de douleur.

- Je suis désolée, Perséphone, dit Fée.

Lorsqu'elle se releva, elle pleurait.

- Pleure pas, ordonna Pers' ordinairement sans pitié. Je n'en vaux pas la peine, tu sais !

Fée lui jeta un dernier regard et lui tourna le dos pour faire face à ses amis qui la regardaient, l'air abasourdi. Ils avaient tout entendu, bien évidemment.

- Alors… qu'est-ce qu'on fait ? demanda Nord qui, pour une fois, ne savait plus quoi décider.

- On peut peut-être l'enfermer au cachot ? proposa Emma qui se tenait à présent sans l'aide de Jack mais toujours un peu bossue. Vous savez, là où vous m'avez enfermée la dernière fois. Lors de ma « crise ».

- Hin hin, non, j'crois pas, ricana Bunny. Moi, je propose qu'on lui donne la fessée de sa vie !

- Non, Bunny, contra fermement Fée. Tout s'achève ici, et maintenant.

- Et comment on peut la tuer alors qu'elle est immortelle, comme nous, tu peux m'expliquer, hein ?!

- Les sentiments… murmura Jack qui se souvenait de son dialogue avec l'Homme de la Lune.

Emma se tourna vers lui, un sourcil levé en signe d'interrogation. Jack lui dit alors à l'oreille :

- Seuls les sentiments peuvent la tuer, mais le problème, c'est qu'on ne sait pas ce qu'on doit faire ni qui doit le faire.

- Fée, répondit Emma.

La Gardienne de la Mémoire avait entendu son nom et se retourna vers l'adolescente.

- Je... commença-t-elle.

- Oh non, c'est reparti, coupa Perséphone, pas très patiente. On va discuter, et blablabla et blablabla, puis ça va pleurer, une petite crise de nerfs, et ça ne va jamais finir.

- Je propose qu'on fasse ce qu'elle insinue, s'exclama Bunny qui en avait assez. On la propulse dans les étoiles avec un bon coup de pied au derrière, qui est avec moi ?!

- Je vais le faire, décida soudain Fée.

- Enfin quelqu'un qui a un cerveau, ici, merci Fée.

- Non, Bunny. Pas ce que tu penses !

- Et pourquoi ?!

- Queue de coton, tais-toi un peu, réagit Jack. Laisse-la faire.

Bunny s'apprêta à répliquer mais il referma soudain le museau. Jack lui lança un regard entendu et Fée lui sourit tristement.

- Je serai la reine des Noirs, s'exprima Perséphone qui ne paraissait pas comprendre la situation. Mes amis joueront les pions, puisque mon fou, mon cavalier, ma tour et mon roi sont déjà tombés. Une reine contre une reine, ça te dit, Fifi ?

Fée esquissa un semblant de sourire. Personne n'eut le temps de réagir. De toute façon, elle était immobilisée. Mais tous surent alors que la Gardienne avait longuement réfléchi à son amour pour sa sœur. S'il était réel, si elle devait l'éradiquer. Tous surent qu'elle avait fait un choix, un choix peut-être difficile, un choix sûrement douloureux. Mais un choix essentiel.

Perséphone n'avait pas pu bouger non plus. Elle n'avait même pas essayé de se débattre. Elle avait vu l'action, c'était sûr. Peut-être avait-elle compris le choix de Fée, peut-être l'ignorait-elle.

Lorsque la poussière se releva, tous purent voir Pers' immobile, ses cheveux blonds cachant le visage, la saleté recouvrant son corps. Un son sortit de sa bouche invisible derrière sa chevelure. Un mot. Une interrogation. Curiosité. Simple.

- Pourquoi ?

- Parce que je t'aime, murmura Fée comme lorsqu'on souffle sur un pissenlit pour en faire voler les pétales blanches aussi légères que l'air.

- Moi aussi.

Un jour, quelqu'un a dit : l'amour est plus fort que la mort. Parfois, c'est la vérité. Parfois, les deux se combinent. Mais parfois, la mort l'emporte. Fée avait décidé, c'était son choix et Perséphone le comprenait. Elles savaient toutes deux qu'elles s'aimaient, au plus profond de leur être. C'était pour ça que la blonde avait voulu garder sa soeur vivante et bien cachée dans son antre. Parce qu'elle l'aimait. C'était pour ça que la soeur avait battu la blonde de toutes ses forces pour lui faire enfin comprendre. Parce qu'elle l'aimait.

Il n'y avait plus aucun bruit à l'orée de la forêt. Fée s'était tue. Les Gardiens baissaient la tête. Emma avait le regard fixé sur le corps de leur ennemie. Celui de Perséphone était fixé dans le vide.

« Elle est morte » pensa l'Esprit de Feu. Curieusement, elle ne ressentait aucune joie, aucune gaieté ni envie de fête. Elle était morte. Morte par une phrase de sa sœur ou par le coup mortel de Fée ? Elle ne le savait pas. Elle ne le saurait peut-être jamais.

Le corps de Perséphone sembla alors s'effacer comme une gomme invisible. En quelques secondes, elle avait disparu de ce monde. Mais cette fois, il n'y avait pas de retour possible. C'était fini. L'Homme de la Lune ne revenait jamais sur sa décision.

« C'est fini »

Alors, lentement, Fée vacilla, la vérité et son choix retombant sur ses frêles épaules. Elle vacilla, manqua de tomber à genoux. Bunny la rattrapa vivement et vit que des larmes, des vraies larmes, se mettaient à goutter sur les pommettes gracieuses de la Fée. Il ne dit rien, mais comprit.

Alors, les oiseaux du soir se mirent à gazouiller. Mais ils étaient bien les seuls à s'enthousiasmer.

Un jour, quelqu'un a dit : l'amour est plus fort que la mort.


Si vous n'avez pas compris ce que Fée a fait à Pers', c'est normal. Je l'ai fait exprès, ne vous inquiétez pas. Je vous laisse le libre-arbitre là-dessus, imaginez ce que vous voulez ! Et si vous n'avez pas trop compris d'autres trucs, c'est aussi un peu normal. J'adore garder un peu de flou ! ;) Sinon, je vous expliquerai par PM ou, pour les Guests, je vais voir dans les Remerciements de fin.

Et si vous vous dites que je n'aime pas trop l'Homme de la Lune, c'est la vérité. Je ne sais pas pourquoi, je ne l'aime pas beaucoup, c'est tout ! ^^

Je vous laisse méditer (et j'attends votre review avec le plus grand stress qui soit !)