Dean aurait du se sentir rassuré à l'annonce de l'élimination du dernier démon. Mais au contraire, il cauchemardait chaque nuit et était nerveux toute la journée. Il était constamment sur le nerfs et sa santé en subit les conséquences.
Un jour, tandis que Castiel et lui faisaient des courses au supermarché, il s'effondra. Il fut emmené, inconscient, à l'hôpital.
Quand il s'éveilla, son mari le regardait, inquiet,en lui tenant la main.
- Hey Cas'…Murmura le Winchester.
- Dean. Répondit simplement Castiel, la voix tremblante.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ?
- Ton cœur s'est emballé. Ils ont fait des tests, tu souffres d'hypertension.
Face au silence du blond, l'ancien ange poursuivit.
- Tout est terminé, Dean. Pourquoi t'inquiètes-tu ?
- Je revois l'enfer…Chaque nuit. Je…Je sais pas, j'ai peur. Et si ça recommençait ? Si on s'était planté quelque part ?
- Je suis là, Dean. Je suis ton protecteur et rien n'arrivera.
Dean sourit, si un démon débarquait dans la pièce, Castiel serait incapable de lui infliger une égratignure. Mais il serait là…
Ils restèrent quelques minutes en silence, main dans la main, avant que Lena et Andy n'entrent, paniqués.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ? S'écria leur fille.
- Rien de grave ma chérie. Juste un petit malaise… Mais Castiel était là.
Le lendemain soir, il rentra chez eux.

Les jours qui suivirent, il les passa avec Castiel. Coupés de tous, ils se retrouvaient ils discutèrent de leurs vies et de projets. Cette année scolaire était la dernière pour Castiel et celui-ci demanda à Dean s'il souhaitait prendre sa retraite également. Le Winchester y réfléchit beaucoup et l'envie de n'être que tout les deux, chaque instant, fut la plus forte.
Ils firent l'amour plusieurs fois,. loin de la fougue de leur début mais toujours avant passion et tendresse. Dans les bras l'un de l'autre, corps nus, ils savourèrent ces instants.
Quand Dean revient au garage, il propose à Cliff de reprendre l'affaire. Son ouvrier, gêné,lui avoua qu'il n'avait pas les moyens même s'il en mourait d'envie. Mais le Winchester ne souhaitait pas lui vendre. Quelques semaines plus tard, Cliff fut le nouveau propriétaire du garage mais Dean resta encore quelques temps avec lui, pour lui apprendre les dernières choses.

Les fêtes de fin d'année approchèrent Nina revenait passer les fêtes en leur compagnie. Ses pères, ainsi que Lena et son époux l'accueillirent à l'aéroport.
Les sœurs échangèrent une longue accolade et Dean remarqua que quelques choses avait changé chez sa fille. Quand il entendit son sourire, il comprit. Sa petite avait trouvé son bonheur.
- Il voulait pas nous voir ? Lui demanda-t-il.
Elle rougit puis sourit.
- Il passe Noël en Ecosse.
- Dommage…La prochaine fois, ramène le.
Les autres comprirent que Nina avait quelqu'un dans sa vie et Lena, vexée de ne pas être au courant, la bombarda de questions.
Comme tout les ans, ils passèrent Noël avec la famille de Sam,les K2 et leur fils,Garth et Charlie. Ce fut le moment des grandes annonces : Lisebeth et son petit ami annoncèrent leurs fiançailles.
Après les félicitations, Lena et Andy se levèrent. Ce dernier prit la parole.
- Comme vous avez sûrement remarqué, Lena n'entre plus dans ses jeans mais…
- Hey ! S'exclama celle-ci.
- Mais. Poursuivit son mari. C'est pour la plus belle raison du monde : pour l'été, nous aurons un enfant.

Nina était retournée à Londres depuis presque un mois quand son ainée annonça le prénom de son bébé. Elle jouait avec la patience de ses pères depuis des jours et ceux-ci la regardaient intensément.
- Alors…Vous serez papy de…Rober alias Bobby ! Annonça-t-elle, joyeuse.
Le couple se regarda, ébahi. Jamais ils n'avaient parlé de Bobby à leurs filles. Avec les autres, ils avaient décidé de ne rien dire de leur passé aux enfants.
- Bobby ? Demanda Castiel, qui fut le premier à reprendre contenance. D'où vient ce prénom ?
- De notre ami imaginaire.
- Votre ami imaginaire ?
- Quand on était petit, Olson et moi avions un ami imaginaire qui s'appelait Bobby. Un gros bougon avec une casquette mais qui nous aidait toujours et nous faisait rire.
Le cœur de Dean manqua un battement et ses yeux se remplirent de larmes.
- Et…Et les autres ? Demanda-t-il. Nina,Lise et Ed' ? Ils avaient pas Bobby ?
- Non,non. Ils en avaient d'autres. Nina avait Mary et Lise et Ed' avaient Alfi…Non !Ashy. Rho zut…
- Ash. Rectifia l'ancien chasseur.
- Ouiiii ! C'est ça ! Comment tu le sais ?
Dean ouvrit la bouche pour répondre mais aucun son ne sortit. Castiel détourna le sujet et ils parlèrent de la venue de leur petit fils.
Le soir, avant de se coucher, Dean leva les yeux au ciel et dit :
- T'as entendu ? Un gros bougon !
Et il partit dans un rire incontrôlable.

Le petit Bobby naquit en juin, ses grands pères en fut dingues dès le premier regard. Nina profita de la naissance pour leur présenter son compagnon, avec qui elle vivait désormais. John était également américain et ils pensaient tout deux rentrer au pays dans les prochaines années. Castiel prit le petit Bobby dans ses bras et sourit en entendant cette annonce.
Ce fut le dernier moment de joie intense pour Dean. Tout s'enchaina très vite, trop vite.

Jack mourut début septembre, de la même manière que son épouse avant lui. Lena en fut très affectée, elle avait adorée son parrain plus que tout. Le couple fut très triste également, Jack avait été présent à chaque moment important.
Dean était là, devant la tombe, avec Castiel quand celui-ci lui avoua une chose horrible.
- Je partirai le premier, Dean.
- Quoi ?
- Je partirai le premier.
- Pourquoi tu dis ça ? T'en sais rien, Cas' !
- Bobby…Bobby Singer me l'a promis.
- Bordel,c'est quoi cette connerie ?
Le ton du Winchester était monté mais son mari resta calme.
- Il y a longtemps, quand Sheila est morte, j'ai demandé à partir le premier. Malgré la fantastique famille que nous avons…Jamais je n'aurai la force de te survivre..
- Cas'…Implora l'ancien chasseur.
- Je voulais que tu le saches.
- Je ne veux pas que tu partes, pas sans moi.
- Je suis désolé, Dean.

Deux semaines plus tard, Castiel le quitta.
Dean dormait paisiblement quand son mari le secoua. Ce dernier jeta un œil au réveil : 2h00.
- Putain !.Cas' !
- Je t'aime, Dean Winchester.
Ce dernier ouvrit un peu plus les yeux. Il remarqua que son mari se tenait la poitrine et était étrangement pâle.
- Cas' ? Ca va pas ?
- Dis moi que tu m'aimes, Dean.
- J'appelle une ambulance.
- Dean…
- Bien sur que je t'aime, Cas'. Je t'aime, tu le sais !
L'ancien ange sourit.
- M'abandonne pas Cas',j'appelle le…
Les yeux bleus perdirent de leur éclat Castiel était déjà loin.
Dean le serra longuement dans ses bras. Il était presque 4h30 quand il téléphona à l'ambulance.

L'église était pleine à craquer : des amis,des anciens collègues ou étudiants,… Castiel avait été aimé car tous le pleuraient sincèrement.
Lena et Nina étaient effondrées ,leurs moitiés respectives les soutenaient du mieux possible dans cette épreuve. Dean, lui, restait de marbre car s'il tombait, personne ne le relèverait. Quelques discours s'enchainèrent, puis le Winchester se leva pour parler. Il y tenait même s'il n'avait rien préparé. Il ne savait pas pourquoi il s'avançait vers cette estrade mais sentait qu'il devait y aller.
- Cas' était…Cas 'était un ange. commença-t-il, d'une voix hésitante. Il m'a sauvé et puis…Il m'a rendu la vie plus belle, chaque jour. Chaque jour, me réveillait à ses cotés était encore mieux que n'importe quel paradis… Aimer et être aimer par un ange, c'est le sentiment le plus me ressemble pas de parler comme ça mais si je vous le dis pas aujourd'hui, je vous le dirai quand, hein ? Cas' m'a apprit la menuiserie, avant lui j'étais incapable de clouer une planche. Je penserai à lui chaque fois que je mettrai une étagère.
Il y eut un blanc puis Sam se leva.
- Je pense à lui quand je traduis un texte en latin, c'est lui qui m'a appris cette langue.
Les Winchester échangèrent un regard, lourd de sens quand Charlie se leva.
- J'ai installé une ruche dans le jardin. Pour lui. Je penserai à lui quand je mangerai le miel.
Plus loin, un homme d'une quarantaine d'années se leva :
- Je lui ai dédié mon livre…C'est lui qui m'a encouragé à écrire.
- Je parle toujours de lui à mes patients. Dit à son tour une jeune femme d'une trentaine d'années. J'utilise les mêmes mots qu'il a eut pour moi lorsque je voulais arrêter médecine.
Les témoignages, venant de proches et d'inconnus, se succédèrent pendant des dizaines de minutes et Dean les accueillit comme des cadeaux précieux.
Quand il alla se rasseoir, il laissa couler ses larmes. Car même si Castiel n'était plus là, il n'était pas seul.