CHAPITRE 3 : MOMENT DE DÉTENTE
Le lendemain matin, Cal s'était rendu au Lightman Group au pied levé, au contraire de Gillian tardant encore à arriver… Dans la salle de restauration, il se prépara un inhabituel café pour survivre à cette journée qui s'annonçait déjà longue et harassante. Prêt à le déguster, c'est à ce moment là que sa collègue entra pour l'imiter. Le lieu était désert, ils étaient seuls. Au comptoir, il l'observa du coin de l'oeil en buvant une gorgée de son liquide noirâtre. Aucun bonjour n'avait été encore prononcé. Un indice qui démontrait qu'une tension régnait toujours. Pour démarrer une discussion et ne pas rester dans une sorte d'ignorance puéril, Cal lui fit constater:
— Tu arrives bien tard dis moi...
— Oui, j'avais quelque chose d'important à… faire. Elle récupéra une tasse non loin d'elle.
— Plus important que de venir au bureau pour je reprends tes mots "sauver la société en péril".
— Je n'ai pas vraiment de conseil à recevoir de toi, car si on comptait le nombre de fois ou tu es arrivé en retard, on aurait pu faire un bénéfice de 10% ! répliqua t-elle non sans cynisme, en versant du liquide noir dans le récipient.
— Mouais n'empêche que tu ne m'as même pas dit ce que tu as fais de si important… Si ça ce n'est pas de l'évitement…
— Ce n'est pas de l'évitement ! C'est ma vie privé ! Et si tu veux tout savoir… Elle s'arrêta dans sa tâche et affirma:
— Je suis allée voir une amie !
— Une amie…, répéta t-il pas vraiment convaincu.
— Oui ! Ziva avait besoin de moi pour une affaire donc je suis allée la voir !
— Ziva ? Donc tu es passée au Ncis ?
— Heu... Oui c'est ça !
— Tu as dû rencontrer Patrick, car il m'a dit qu'il devait y passer pour une affaire d'un marines mort.
Après une seconde de flottement, elle lui répondit en poursuivant son action:
— Ah ? Et bien je ne l'ai pas vu…, puis elle reposa la cafetière sur le comptoir.
— Tu l'as peut-être croisé sans le voir...
— Possible… Elle ne le regarda toujours pas alors qu'elle plongea un sucre dans son café pour le remuer. Cal comprit qu'il n'obtiendrait rien de plus et décida de changer de conversation:
— Hmm... Et ça tient toujours pour le resto ?
— Heu oui… normalement c'est bon !
— Bien.
— Au fait, on va où ?
— J'sais pas, Patrick m'a dit que c'était une surprise.
— Oh...
— Mouais faut juste prier pour qu'il ne nous emmène pas dans un fast food comme l'autre fois...
— J'espère aussi parce que j'ai été malade pendant 3 jours !
— C'est vrai que la viande des hamburgers avait un sale goût !
— Ah oui je m'en souviens ! ria t-elle légèrement.
— Et tu te rappelles quand Patrick nous a dit…
— Un bon fast food c'est être malade le lendemain ! proclamèrent en même temps les deux amis. Une réponse simultanée qui provoqua un rire général. À la remémoration de ce souvenir commun, la tension qui régnait jusqu'à présent s'apaisa. Ils se regardèrent comme hypnotisés avec un léger sourire en coin. Durant cet échange innocent, Cal sentit une étrange sensation se produire en lui. Un souffle, une chaleur… Il ne pu réfléchir bien longtemps à la précision de sa définition que son portable vibra dans sa poche. Il fronça machinalement ses sourcils et récupéra l'objet en question.
— Quand on parle du loup ! Cal accepta l'appel téléphonique: — Patrick ?... ...Hmm Ok! Dans combien de temps ?... ...On y sera !... ...Yep à toute suite !
Il raccrocha et résuma pour son amie: — Patrick vient de sortir du Ncis. Il veut qu'on le rejoigne à un resto "chez Johnny". Enfin, je n'ai pas trop compris… il m'a envoyé l'adresse sur mon téléphone.
— En tout cas le nom ne fait pas fast food, c'est déjà ça !
— Ouais ! ria t-il légèrement. — Bon on devrait y aller, tu connais Patrick ! Si on n'arrive pas à l'heure… il va manger sans nous !
— Tu as raison, approuva t-elle avec un grand sourire. Les deux amis terminèrent leur café puis quittèrent ensemble les lieux pour se rendre à la voiture de Cal restée sur le parking.
OoO
Une fois arrivé à destination, ils entrèrent dans le restaurant et constatèrent avec surprise qu'il possédait un certain charme. Ce n'était pas un trois étoiles mais une ambiance chaleureuse et familiale se dégageait de l'endroit. Un homme d'une cinquantaine d'année, portant une chemise au nom du restaurant, était venu les accueillir à l'entrée:
— M'sieur, dame ! Je m'appelle Keith ! Vous avez réservé ?
— Heu nope ! répondit Lightman. — Par contre nous sommes invités !
— Très bien à quel nom ?
— Jane Patrick ! Enfin son nom c'est Jane et son prénom c'est Patrick ! tenta de s'expliquer maladroitement Cal avec gestes de ses mains qui n'aida pas plus à la compréhension du pauvre serveur. Ce dernier pris quand même connaissance du registre et s'excusa au bout d'un instant:
— Désolé monsieur, mais je ne vois aucune réservation à ce nom...
— Vous êtes sûr ?
— Oui m'sieur ! Regardez ! Keith présenta une page de son registre avec une liste de noms comme preuve pour son client. Cal analysa rapidement la fiche lorsqu'un "nom" attira son attention.
— Quel abruti !
— J'vous demande pardon ?! s'exclama le serveur interloqué par les propos osées de son client. Face au malentendu, l'expert en mensonge s'empressa de s'expliquer:
— Excusez moi ! Je ne parlais pas de vous mais de cet imbécile qui me sert d'ami ! Il a mit sa réservation au nom de Darkman !
Gillian gloussa de la mésaventure de son ami roulant ses yeux d'exaspération. Ce petit blond en costume trois pièces n'en ratait jamais une…
— Ah oui je me souviens ! Un blond avec un grand sourire ! Il a fait tout un numéro de magie pour impressionner une de mes serveuses avec un jeu de carte !
— Patrick…, souffla Cal désespéré.
Le serveur pivota sur lui-même afin d'indiquer un espace contre la vitrine:
— Il est là bas, au fond de la salle sur une banquette !
— Merci monsieur ! le remercia Gillian avec un sourire.
— De rien M'dame ! Je passerais vous voir pour prendre vos commandes ! Oh et faites gaffe, il est capable de vous faire son tour de passe passe à vous aussi !
— S'il fait ça, je lui ferai avaler ses hamburgers immangeables !
— Mais c'est qu'on serait jaloux ! plaisanta la psychologue en frôlant son ami et s'avancer dans le cœur du restaurant. Les mains dans les poches, Cal pencha sa tête sur le côté pour fixer son amie s'éloigner et murmurer: — Plus que tu ne le crois…
Il la rattrapa et cibla un homme, assit à une table, avec une masse de cheveux blonds dépassant du menu qu'il tenait entre ses mains. Les deux amis s'avancèrent jusqu'à lui et Cal proclama ahuri:
— Darkman ? Sérieusement ?!
— Tu as su rejoindre le côté obscure de la force ! s'amusa le client caché derrière son menu.
— J'y crois pas... tu ne changeras jamais !
— Nope et c'est pour ça que tu m'aimes !
Lightman leva ses yeux au ciel lorsque Jane abaissa enfin sa carte pour découvrir l'air désabusé de son ami.
— Quoi ?! Tu ne l'as pas breveté cette phrase à ce que je sache !
Patrick Jane était un homme au sourire charmeur, aux cheveux blonds des surfeurs d'Australie et au costume trois pièce parfaitement taillé des dandys chevronnés. Habitant de la côte west, son art dans la manipulation et la recherche d'indice était sans pareille. Bien que pour lui, le meilleur restait son ami, Adrian Monk. Célèbre détective hors pair de San Francisco.
Ancien médium, il avait su arnaquer, des années auparavant, de nombreuses de personnes grâce à sa persuasion et son efficacité dans l'art du mensonge. Plus grand comédien qu'un acteur d'Hollywood, il pouvait faire croire à n'importe quel esprit qu'un dragon volait au dessus de votre tête ou vous faire avouer un meurtre commis la veille. Un talent que le CBI de Californie ne pouvait plus se passer et surtout l'agent Teresa Lisbon qui partageait une alchimie toute particulière avec l'homme. Un lien que Lightman s'amusait toujours à relever pour taquiner le mentaliste. Les deux amis s'étaient connus dans leur tumultueuse adolescence. Ils avaient fait les 400 coups et avaient ensemble traversés des épreuves les plus difficiles pour des gamins au passé marqué de cicatrices, au propre comme au figuré. D'un simple regard, ils pouvaient savoir ce que l'autre pensait à l'instantané. Chacun veillait sur l'autre en partageant une passion pour la vérité. Sans jamais se le dire, ils se considéraient plus comme des frères que comme de simples amis de longue date que rien ne pouvaient séparer.
Dans les yeux bleus du consultant transparaissaient une grande malice mais si on s'en approchait un peu plus près, on pouvait distinguer une pointe de douleur extrême. Comme tout comique, une histoire tragique se cachait derrière cet éblouissant sourire. Le meurtre de sa femme et de sa petite fille par la main d'un psychopathe l'obligeait chaque jour à rester en vie pour venger ses disparues. En somme, Jane était une contradiction que peu de personnes pouvaient cernés et cela devait le rester.
Sans un mot de plus, l'expert en mensonge s'installa sur la seconde banquette en face du mentaliste pendant que Gillian embrassa celui-ci en salutation. Ceci fait, elle prit place à côté de Cal.
— Alors comment vont mes deux experts en mensonges préféré ?! demanda Patrick tout sourire.
— Pour le moment ça va, vu que je n'ai pas encore vomis…, railla Cal avec un sourire hypocrite. Comprenant l'allusion, Jane rétorqua:
— Haha très drôle Cal ! De toute façon ce fast food n'était même pas mon idée ! C'était celle de House, il m'a dit que la prochaine fois que je passerais à Washington je devrais aller manger là bas…
— Et tu as cru le médecin le plus irresponsable de tous les État-unis ?!
— Chacun à droit à sa chance ! réfuta t-il avant de dévier son attention sur la psychologue quelque peu silencieuse. — Et toi Gill' ça va ? Tu me semble un peu fatiguée…
— Non ! Ça va ! affirma t-elle, en déplaçant une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Patrick ne sembla pas être satisfait de cette réponse et l'interrogea avec suspicion:
— Tu es sûr ?
— Je suis juste un peu épuisée par ce qu'il se passe à l'agence mais sinon ça va... Et toi Patrick ? Rien de nouveau depuis la dernière fois qu'on s'est vu ?
Jane ne savait pas s'il s'agissait d'une digression ou une simple manière d'en savoir plus sur lui mais il répondit:
— Hmm... Pas vraiment, tu sais c'est toujours la même chose ! Un cadavre, une enquête, des gens qui mentent, je me fais cogner et l'affaire est classée ! Enfin comme Cal quoi!
— Mouais… Sauf que moi je sais répliquer !
— Oui mais moi c'est juste que je réfléchis avant d'agir !
— Pff le temps que tu réfléchisses on t'aura déjà mis à terre !
— Quoi ?! N'im…
— Stop ! les tempéra Gillian, en voyant que les chamailleries entre les deux hommes allaient reprendre. — J'aimerais pour une fois qu'on puisse manger dans le calme…
Cal se rembrunit alors que Patrick marmonna un:
— Toute façon, un jour tu finiras à l'hôpital…
Sous la table, l'expert en mensonge s'empressa de riposter par un léger coup de pied dans le tibia du blond protestant sa douleur: — Ouch ! Ça va pas non !
— Si ! Maintenant ça va nettement mieux !
Cal afficha un grand sourire victorieux alors que Gillian soupira une nouvelle fois de leurs bêtises. De vrais gamins… Heureusement pour elle, leur serveur se présenta à eux pour prendre leur commande.
— B'jour M'sieur Dame !
— Aaah ! Keith ! s'exclama l'ex-médium accompagnée de son habituel sourire charmeur. — Alors, où est passé vôtre chère Alexandra ?
— Elle a fini son service. Elle est rentrée chez elle pour rejoindre son mari ! répondit le serveur, en sortant un bloc note ainsi qu'un stylo de la poche avant de son uniforme.
— Oh…, fit légèrement déçu Patrick. Une réponse inattendue qui eu pour conséquence de bien faire rire Cal.
— Alors, vous avez choisi ?
Jane rendit son menu et affirma:
— Je prendrais le plat du jour !
— Bien m'sieur. Et vous ?
— Donnez nous la même chose ! certifia Gillian alors que Cal hocha positivement sa tête pour confirmer ce choix. Les commandes notées, Keith s'exclama:
— Ok ! C'est parti !
Le serveur s'éclipsa une nouvelle fois pour se rendre aux cuisines et crier leurs commandes aux cuisinés. Une fois seuls, Jane débuta une tout autre discussion avec ses deux amis expert en mensonge:
— Ah au fait, merci Cal pour ton analyse de la vidéo ! J'ai pu approfondir mes observations grâce à toi !
— De rien ! Vous avez réussi à coincer le coupable ?
— Non pas encore mais ça ne devrait plus tarder ! Comme je te l'ai dit ce matin, je suis passer au Ncis pour avoir quelques renseignements sur notre marines Mister Freeze !
— Mister Freeze ? répéta Cal perplexe par ce nom peu commun.
— Bah ouais ! Si tu l'avais vu on aurait dit un vrai bâtonnet de glaçon dans ce congélateur !
Cal et Gillian restèrent circonspects face aux dires risibles de leur ami. Patrick savait que son humour n'était pas à partager avec tout le monde mais ne s'en formalisa pas et continua:
— Bref, tout ça pour dire que j'attends les résultats de recherche de la Navi !
— Il n'y a pas un bureau du NCIS en Californie ?
— Si mais... je crois qu'ils ne m'apprécient plus trop depuis que j'ai mis leur patron en prison... Et vu les renseignements dont j'avais besoin, bah je me suis dit que Gibbs serait probablement plus enclin à m'aider !
— Je vois…
— Excusez moi je reviens, je vais aux toilettes…, les interrompit Gillian en se levant lentement de sa place avec une légère douleur sur le visage. Elle s'éloigna de leur table, sous le regard perplexe de Cal qui demanda: — En parlant du Ncis... Gillian y est allée ce matin, tu ne l'aurais pas croisé par hasard ?
— Heu… Non ! Je n'ai vu que Gibbs et son équipe, mais peut-être qu'on s'est manqué de peu.
— Ouais peut-être... Ce qui est étrange c'est qu'elle m'a dit qu'elle était passée voir Ziva pour une enquête…
— Étrange qu'elle t'ai dit ça… Ziva et Tony sont restés que quelques minutes sur place. Ils devaient se rendre sur le lieu d'un crime.
Surpris par cette révélation, Cal fixa un point invisible sur la table: — Pourquoi elle m'aurait menti…, souffla t-il
— Tu sais, tout le monde à le droit à ses petits secrets ! Et peut-être que Gillian n'a pas vraiment envie de te dire ce qui la tracasse, même si tu es "son ami", rétorqua le blond en employant des guillemets sur les derniers mots. L'expert en mensonge occulta sciemment ces propos et s'inquiéta: — Mouais n'empêche qu'elle se comporte étrangement ces derniers temps avec moi…
Le mentaliste pris la carafe, mis à disposition sur la table, pour étancher sa soif en proposant amusé:
— Peut-être qu'elle a trouvé un autre Jules !
Cal lui jeta un regard noir.
— Bah quoi ?! Elle a bien le droit de profiter de la vie ! Vu que tu ne te bouges pas vraiment les fess…
Jane ne termina pas sa phrase que Gillian était déjà revenue à leur table:
— Excusez moi de vous avoir abandonné.
— Pas de problème ! la rassura Patrick avec un sourire. Captant la mine épuisée de son amie, Cal l'interrogea avec préoccupation:
— Ça va ? Tu sembles plus pale que tout à l'heure…
Elle repris sa place initiale et allégua: — Ne t'inquiètes pas Cal... Je dois surement couvrir quelque chose. Avec le temps qui fait en ce moment, la fatigue et nos problèmes au Lightman Group…
— Hmm…, marmonna son collègue à moitié convaincu par ces explications. Jane but une gorgée de son eau puis leur demanda soucieux:
— Vous avez des problèmes au boulot ?
— Ouais…, soupira Cal un peu blasé.
— On subit une crise financière et nos principaux actionnaires menacent de partir…, expliqua la psychologue sur le même ton.
— Oh…, fit Jane désolé.
— C'est aussi ce que j'ai dit ! renchérit Lightman.
— Vous savez… si vous avez des problèmes d'argent, on peut toujours vous aider... Vous avez beaucoup d'amis et je pense qu'on pourrait tous se cotiser pour…
— Non ! le coupa rapidement Cal d'un geste de la main. — On va se débrouiller ! Ce sont nos problèmes pas les vôtres et les histoires d'argent entre amis c'est vraiment une très mauvaise idée.
— Je suis d'accord avec Cal, l'approuva Gillian.
En ce moment, la seule chose sur laquelle les deux experts en mensonge étaient d'accord, c'était que leur entourage ne devait jamais pâtir de leur problème.
— Comme vous voulez, mais si vous changez d'avis, vous savez où me trouver…
Trouvant la discussion un peu trop anxiogène à son goût, Gillian proposa joyeusement: — Bon et si on changeait de sujet ! Et pas de boulot !
— D'accord ! accepta Jane souriant. — Alors comment va Em'? Elle fait toujours un peu de journalisme ?
— Yep ! confirma Cal. — Tout se passe bien, elle aime ce qu'elle fait !
— Elle va suivre le même chemin que son père ! La réussite est au bout du chemin !
— Mouais… enfin j'espère qu'elle restera dans le journalisme !
— Mmh pourquoi ? Elle pourrait très bien faire ce que vous faites!
— Oh j'en suis sûr ! C'est bien pour ça que ça m'inquiète !
— Je ne vois pas où est le problème…
— Ce n'est pas si simple de faire notre travail, Patrick. Tu es bien placé pour le savoir. Être confronté tous les jours à des mensonges... peut nous changer jusqu'à dans notre vie privé…
Sans s'en rendre compte, Gillian venait de croiser ses bras sur la table.
— Et parfois, c'est plus une malédiction qu'un dont.
— Je comprends... N'empêche que cela doit très pratique pour savoir si elle fait ses devoirs ou si elle sort avec un nouveau copain ! rétorqua t-il rieur.
— Détrompe toi, elle sait très bien mentir...
— Comme son père, sourit Patrick.
Cal approuva par un soupir rieur.
— Oh ! En parlant de mensonge ! Quand je suis allé au Ncis, j'ai vu Ziva et Tony se chamailler pour la 100ème fois et…
— Tiens ça me rappelle quelqu'un…, souffla Gillian moqueuse. En effet, la relation entre l'agent du FBI et le consultant n'était pas en reste. Aux nouvelles fréquentes données par son amie Teresa, les multiples frasques de Jane faisaient toujours autant tourner la tête de la jeune femme.
— J'en ai profité pour leur dire qu'ils formaient un joli petit couple de retraité !
— N'importe quoi ! ria Cal.
— Si ! Puis ils ont commencé à bafouiller qu'ils étaient juste amis et blabla…, balaya t-il d'un geste de la main. — Et ce que j'ai vu était juste inoubliable ! Je crois que je n'ai jamais vu des visages devenir rouge aussi rapidement !
Les trois amis rirent de bon coeur puis s'enthousiasmèrent de leur prochaine dégustation lorsque le serveur apporta leurs plats à la fois simple et riche en saveurs. La suite du repas se déroula entre discussions, anecdotes et rires. Le repas terminé, Jane se cala au fond de la banquette en s'extasiant:
— Mmh j'en peux plus, c'était excellent !
— Pour une fois, je suis d'accord avec toi ! confirma Cal. — Le repas était délicieux!
— C'est vrai, dit Gillian en vérifiant sa montre. — Il faudrait peut-être qu'on parte. On a encore pas mal de boulot qui nous attend.
— Ouais…, approuva son collègue pas vraiment enchanté à l'idée de retourner travailler.
— Moi aussi, je vais devoir partir, informa Jane. — Je dois passer voir Seeley. Je lui ai promis d'aller le voir si je venais à Washington.
— Tu lui passeras le bonjour de notre part ! signala Gillian.
— Je n'y manquerais pas ! Bon je vais payer la note !
Jane sortit sa carte de crédit mais Cal s'interposa rapidement avec la sienne:
— Attend, je vais payer notre part !
— Ah non ! L'autre fois c'était vous et bien maintenant c'est à mon tour ! Et puis je me sentirais moins coupable en payant cette note avec vos problèmes d'argent…
— Aaah c'est sûr que cela va tout changer, répliqua t-il ironiquement.
— Tu ne crois pas si bien dire ! s'amusa t-il. Le mentaliste régla la note au bar puis quitta le restaurant avec ses deux amis. Au bord du trottoir, Jane discuta avec ces derniers le temps qu'un taxi vienne s'arrêter à sa hauteur. L'heure venue de se quitter, Jane enlaça Gillian et déclara avec sincérité:
— Ça m'a fait plaisir de vous revoir !
— De même Patrick ! lui retourna la psychologue. Le froid vigoureux de l'hiver soufflant fortement, Cal plaça ses mains dans les poches de son jean en demandant:
— Tu restes combien de temps à DC ?
— Hmm… Je ne sais pas une semaine tout au plus… Ça dépend si mon équipe arrive à se débrouiller sans moi !
— Je pense que depuis que tu es parti, ils ont dû bien avancer, plaisanta l'expert en mensonge.
— Ha-ha… ça vaut le coup de faire 8H de vol pour que tu m'envoies une blague toutes les trente secondes ! Et sinon, vous êtes libre dans la semaine ? Parce qu'on pourrait se revoir.
— J'pense que oui, dit Cal en posant son regard sur Gillian dans l'attente d'une confirmation. Celle-ci arbora un sourire timide et répondit:
— Heu… Je ne sais pas pour moi... Je te donnerais ma réponse dans la semaine.
— Ok, on garde contact alors !
— Yep !
Jane entra dans le taxi. La vitre abaissée, il ajouta: — Ah et Cal… N'oublie pas... le chocolat !
Le concerné leva une nouvelle fois ses yeux au ciel provoquant un rire chez son ami. Jane donna l'adresse au chauffeur qui démarra. En fixant la voiture s'éloigner, Gillian demanda intriguée à son ami resté à ses côtés:
— De quoi il parlait ?
— De rien... Une blague stupide entre nous.
— Comme toujours !
Ils marchèrent en direction du véhicule de Cal qui se défendit: — Hey ! C'est lui qui fait toujours des blagues stupides! Moi je… je suis juste le mouvement !
— De vrais gamins...
Lightman ouvrit sa voiture à distance et ajouta: — Et encore, tu nous as pas vu quand on était jeune...
Il prit place derrière le volant. Gillian l'imita du côté passager et souffla:
— Ouais et bien heureusement...
Elle plaça une main discrète sur son front pendant qu'il activa le contact de son hybride pour s'engager sur la route et se rendre au Lightman Group.
À suivre...
J'espère que l'histoire vous plaît, car le suspense ne va pas tarder... ^^
