CHAPITRE 4 : L'INQUIÉTUDE


De retour à l'agence, Cal et Gillian marchèrent, côte à côte, dans les couloirs immaculés pour retrouver leur bureau respectif. Durant le trajet, Cal ressassa toute la conversation qu'il venait d'avoir avec Patrick et ses incohérences certifier par Gillian. Il se passait quelque chose, il en était sûr et il devait à tout prix éclaircir ses questionnements.
— Gillian ?
— Oui ?
— Pourquoi tu m'as menti ?
La question était directe mais il en avait assez de marcher sur des oeufs pour ne pas la brusquer. Une méthode qui n'avait montré jusqu'à présent aucun résultat probant ces derniers temps.
— De quoi tu parles ?
— Patrick m'a dit que Tony et Ziva n'étaient pas restés au Ncis à cause d'une enquête à régler…
Gillian sembla surprise par ces paroles mais remplaça bien vite son inquiétude par de la colère:
— Aah parce que maintenant tu cherches à savoir si je dis la vérité ou non?
— Non pas du tout ! C'est venu comme ça dans la conversation...
— Mais bien sûr et tu penses que je vais te croire…
Il soupira et se plaça devant la psychologue pour l'arrêter dans son parcours.
— Je m'inquiète pour toi Gill', c'est tout !
— Tu n'as pas à le faire ! Tu te rappelles...
— Oui je sais la limite, mais je suis ton ami ! Et j'aimerais savoir ce qui te tracasses…
— Rien ! Et arrêtes d'essayer de m'analyser ! Tu sais que j'ai horreur de ça.
Cal fixa son visage, mais n'arriva pas à distinguer la moindre émotion qui pouvait l'amener à résoudre ses doutes. Tout d'un coup, une possibilité à tous ses étranges agissements traversa son esprit. Il plissa ses yeux, comme s'il craignait la suite de la réponse, et demanda:
— T'as un nouvel petit-ami c'est ça ?
Cela en était trop pour Gillian. D'un regard réprobateur, elle lui asséna:
— Reste en dehors de ma vie privé Cal !
Rageuse, elle le contourna et s'éloigna. Resté sur place, Cal l'interrogea fortement:
— Tu ne veux pas que je le rencontre c'est ça ?!
Elle ne répondit pas.
— C'est un flic ?!
Il leva ses bras en l'air puis les laissa retomber sans obtenir de réponse.
— Bah voilà Cal… t'as tout gagné… Tu n'as aucune réponse et en plus de ça elle est encore plus en colère contre toi ! railla t-il pour lui-même en passant devant le bureau de sa réceptionniste. — Anna !
— Oui monsieur ?
— Achetez moi une tablette de chocolat, s'il vous plait !
— Heu… D'accord…
— Et le plus tôt possible ! C'est une question de vie ou de mort !
Il disparut derrière la porte de son bureau en abandonnant une Anna complètement stoïque par ces étranges propos.

OoO

(Fly - Ludovico Einaudi)

Le jour d'après, Cal soupira de fatigue alors qu'il venait de subir une nouvelle dispute avec Gillian sur les lignes à ne pas franchir entre vie privé et vie professionnelle, sans oublier le budget au plus bas du Lightman Group. Derrière son bureau, il essaya tant bien que mal de travailler sur un nouveau dossier en cours mais il était dans l'impossibilité de raisonner avec clairvoyance.

— J'en peux plus...

Il en avait marre de ne plus avoir cette complicité avec sa meilleure amie. Pourquoi il avait cette impression qu'elle mettait expressément de la distance entre eux ? Certes, ils avaient des problèmes avec la société mais ce n'était pas une raison pour qu'ils ne discutent plus comme ils en avaient l'habitude. Ils étaient amis non ?! Il tapota nerveusement son index contre ses lèvres puis se leva rageusement de sa chaise pour entreprendre une bonne fois pour toute cette discussion qui hantait ses pensées depuis plusieurs jours. Il marcha déterminé jusqu'au bureau de sa collègue, s'apprêta à faire une entrée fracassante mais s'arrêta à l'encadrement de sa porte grande ouverte. Perplexe, il ne trouva pas la psychologue à son bureau. Il baissa mécaniquement son regard au sol et resta pétrifié une seconde par la scène devant ses yeux. Dites lui que c'était un cauchemar ! Au sol, près du bureau, il trouva des jambes féminines et inanimées. Reprenant contact avec la réalité, il se précipita auprès de son amie inconsciente:
— Gillian ! Il la retourna et la pris dans ses bras. — Honey ! Tu m'entends ?! Il approcha sa tête contre son visage pour sentir son souffle. S'est soulagé qu'il constata qu'elle respirait toujours. Dans tous ses états, il hurla: — À L'AIDE! VENEZ M'AIDER ! Il caressa son visage endormi et souffla au creux de son oreille: — Ça va aller Gill'… Je suis là...
Toujours sans aide, il cria encore: — AIDEZ MOI !
Interpellée par les cris, Ria déboula dans la pièce pour demander:
— Qu'est-ce qui se pas…
Avant que sa question ne pût être totalement formulée, son patron ordonna sèchement:
— Appelez une ambulance ! Dépêchez vous !
La brune n'analysa pas tout de la situation mais discerna rapidement son extrême gravité. Elle s'exécuta sans tarder et composa le numéro d'urgence avec son téléphone portable.
— Allo ?! Il faut que vous veniez le plus rapidement possible. On vient de retrouver une femme inconsciente !... ...Je me trouve au Lightman Group…
Pendant que Ria donnait les renseignements aux secours, Cal caressa les cheveux de Gillian en répétant désespéré:
— Allez Gill' tiens le coup… J'suis là…

Peu après, les secours arrivèrent sur place et transportèrent la psychologue inconsciente sur une civière sous les yeux stupéfaits des employés présents. Une fois dans l'ambulance, Lightman avait grimpé dans celle-ci avec l'accord des soignants. Il n'avait pas dit un seul mot de tout le trajet. Arrivé à l'hôpital, les ambulanciers emmenèrent Gillian avec rapidité à l'intérieur du bâtiment avec Cal sur leurs traces. Le temps comptait. Des médecins en blouse blanche prirent en charge la patiente et ordonnèrent à l'expert en mensonge de rester dans le couloir. Complètement perdu, il s'immobilisa face aux grandes portes battantes se refermant sur elles-même suite au passage des médecins en qui il venait de placer toute sa confiance.

À SUIVRE...