'La femme répondit au serpent: « Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.

Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: 'Vous n'en mangerez point et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mouriez.' »

Alors le serpent dit à la femme: « Vous ne mourrez point. Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. »' - La Bible, La Génèse.


Chapitre 26 La chute

Si je pouvais au moins les atteindre – j'ai besoin de les voir, seulement revoir à nouveau leurs visages.

Je lèche mes lèvres. Sèches, si sèches. Comme si je léchais du papier.

La jeune fille rit, rit… Le garçon rit également mais pourquoi courent-ils si vite, je ne peux pas les voir…

Une forte poigne me serre la main. Les doigts mordent dans ma peau, la blessant…

Je peux presque les voir – Je peux voir la jeune fille, ses longs cheveux roux ondulant derrière elle, mais je ne peux pas voir les autres –

D'autres doigts me caressent le visage, repoussant quelques mèches de mes cheveux derrière mon oreille.

Aidez-moi. S'il vous plait, aidez-moi. Faites-moi revenir.

« Sang-de-Bourbe ? »

Sa voix. Elle s'enroule autour de moi comme une poigne de fer et me tire vers la surface. Je suis si proche de l'air frais de la conscience, si je pouvais juste m'accrocher à cette voix, peut être qu'elle me ferait…

L'emprise sur ma main se resserre.

« Vous êtes réveillée ? »

« Mmm » est tout ce que j'arrive à dire, et même cela est un effort.

Mes paupières clignent et la lumière s'infiltre dans les ténèbres dans lesquelles j'étais piégée. Une lumière dorée.

Mes yeux s'ouvrent lentement. Elles se posent sur le petit orbe doré. Je cligne. La petite flamme d'une bougie. La bougie de ma table de chevet.

« Sang-de-Bourbe ? »

Je bouge ma tête pour voir son visage, pale et pointu comme d'habitude, et pourtant si différent. Il est aussi dur et solide que le roc, tendu et rigide d'inquiétude.

Il pousse une profonde expiration tandis que ses yeux se verrouillent sur les miens.

Je soupire et bouge mes épaules. Je suis couchée sur quelque chose de chaud, et doux…

Mon lit. Et il est assis sur son bord, sa main enlacée dans la mienne, ses yeux refusant de quitter mon visage, même pour un instant.

Je bouge légèrement mes doigts dans les siens, mais il ne semble toujours pas prêt à les lâcher.

Je suis vivante. Dans un sens, je suis vivante. Même si je pensais avoir perdu la dernière goutte de mon sang, je suis pourtant allongée ici, regardant dans ses yeux, sentant sa main enroulée autour de la mienne.

« Comment vous sentez-vous ? » il demande, sa voix extrêmement calme, tout comme son expression.

Je lèche à nouveau mes lèvres. « Fatiguée » je dis, ma gorge tellement sèche qu'elle peut à peine sortir ce simple mot.

Il hoche la tête avec raideur. « Ce n'est pas étonnant » sa voix est pincée. « J'ai réussi à vous faire avaler quelques gouttes de potion de régénération sanguine après que vous vous soyez évanouie. Votre corps a été réticent à la prendre, mais j'y suis finalement arrivé. »

Mes entrailles se gèlent. Sa voix est si froide, si pragmatique, mais… mais je me souviens…

Il continue de me regarder pendant de longs instants, avant qu'il n'enlève sa main de la mienne et se lève rapidement.

« Je dois y aller » dit-il tranquillement. « J'ai des choses à régler. Mais d'abord… »

Il se saisit de quelque chose sur ma table de chevet. Je cligne des yeux pour apercevoir sa main refermée autour d'un grand gobelet au liquide bleu marine, que j'ai déjà vu une fois. Il me le tend, et je m'en saisis sans poser de question, le portant à mes lèvres et buvant tout son contenu d'une traite. L'horrible brume qui m'entourait, disparaît presque instantanément, alors que je sens ma force revenir petit à petit.

Il hoche la tête alors qu'il se saisit du verre vide. Son visage semble… bizarre ne serait pas forcement le mot le plus approprié. C'est l'expression la plus étrange que je ne l'ai jamais vu porter, je ne peux pas vraiment la décrire.

« Vous aurez besoin de boire quelques verres de plus pour vous rétablir complètement. Je veux que vous ayez fini la bouteille avant que je ne revienne. » Il me regarde encore quelques instants avec cet étrange et intense regard, avant qu'il ne se tourne, marchant rapidement vers la porte.

« Lucius » je murmure.

Il s'arrête, la main posée sur la poignée de la porte, puis il se tourne pour me faire face, cette étrange expression toujours présente sur son visage.

Que puis-je lui dire ? Comment puis-je mettre des mots sur le flot de pensées qui submergent mon esprit ? Comment puis-je exprimer tout ce que je pense de lui à cet instant précis ?

« Merci » est le seul mot que je dis. Je peux à peine murmurer ce mot, mais je le dis quand même.

Il se gèle sur place, son visage restant parfaitement immobile alors qu'il ne semble plus pouvoir bouger.

Il ouvre sa bouche une seconde, avant qu'il ne se ravise et qu'il la referme. Il se tourne pour partir, ouvrant rapidement la porte avant de la refermer doucement derrière lui.

Je regarde la porte fermée, avant de détourner le regard vers le plafond, battant des paupières face aux ombres provoquées par la bougie, mais ne voyant plus rien.

Il m'a sauvé. Encore une fois, il m'a sauvé.

L'ironie de la chose est écrasante : le fait que je dois tellement à l'homme qui a détruit ma vie.

J'ai pensé que j'allais mourir la nuit dernière. Alors que je restais piégée dans l'obscurité, nageant dans mon propre sang, j'ai vraiment, vraiment pensé que c'était la fin. Mais ensuite, il a répondu à mes prières et est venu pour moi, et m'a arraché de nouveau aux mains de la mort.

Et puis… il m'a serré dans ses bras. Il m'a serré dans ses bras alors qu'il pensait que j'allais mourir, me suppliant de tenir le coup, et lorsque je lui ai demandé pourquoi, pourquoi il voulait que je vive…

'Vous savez pourquoi, Sang-de-Bourbe.'

Et je le sais, n'est-ce pas ? C'était vraiment stupide de le lui demander.

Je me saisis de la bouteille sur ma table de nuit, et je bois une longue gorgée, sentant ma force revenir en même temps que le liquide glisse dans ma gorge.


Je suis assise sur le bord de mon lit, immobile, les jointures de mes mains blanches tandis que j'agrippe le matelas de chaque côté de mon corps.

Il est parti depuis des lustres. Depuis assez de temps pour me permettre de finir la bouteille et pour prendre un bain.

Au moins, ça m'a donné assez de temps pour me sentir beaucoup mieux. Je me sens encore un peu faible, mais au moins je ne suis plus étourdie et je peux marcher autour de la pièce sans avoir de vertiges.

Je souhaite juste qu'il revienne. J'ai besoin de le voir. J'ai besoin de savoir.

Mais est-ce que tu veux vraiment savoir ?

Je soupire, me levant et me dirigeant de l'autre côté de la salle. Je m'assois devant ma coiffeuse.

Le visage qui me regarde depuis le miroir m'est presque étranger. Mes cheveux sont plus longs, et mon regard est plus sauvage que jamais. Il est sombre, probablement dû à l'absence de soleil depuis des mois.

Et je suis pale. Bon, j'ai toujours été assez pale, mais mes joues étaient toujours rosées. Plus maintenant, cependant. Maintenant, ma peau est aussi incolore que la robe blanche que je porte. Je ressemble à un fantôme, le fantôme d'une fille congelée.

Je regarde vers mes poignets, vers les deux épaisses lignes blanches qui me strient ma peau presque translucide au dessus des veines. Elles seront là pour le reste de ma vie. Des rappels permanents de Lucius Malefoy et de ce qu'il m'a couté.

Je regarde de nouveau le miroir, étudiant le visage étranger qui me fixe.

Mes yeux… C'est là que réside le plus grand changement. Je ne leur ai jamais accordé beaucoup d'attention auparavant. Ils ont toujours été marrons. Quelconques. Mais après avoir eu Lucius comme compagnon, j'ai réalisé que les yeux d'une personne pouvaient en dire beaucoup sur elle même, et je peux maintenant m'en apercevoir sur mon visage. Mes yeux n'auront plus jamais le regard innocent. Ma vision a été polluée. Rien n'est plus ni tout noir ni tout blanc, il y a seulement différentes nuances de gris.

Gris. Comme ses yeux.

La porte s'ouvre dans un grincement.

Mes ongles s'enfoncent dans le bois de la table de toilette en face de moi.

Un 'clic' se fait entendre lorsque la porte se verrouille à nouveau.

Des pas légers se déplacent sur le sol, mais je ne regarde pas. Je garde obstinément les yeux fixés sur le miroir en face de moi, refusant de regarder mon propre reflet pour le voir derrière moi.

Parce que je sais que c'est lui. Qui d'autre ça serait ?

Une poigne se pose sur mon épaule. Mon reflet me montre des doigts pales y reposant. Peau contre peau.

J'essaie de garder ma respiration régulière. Je ne vais pas lui donner de réaction. C'est toujours une réaction qu'il veut.

Mais qui suis-je pour lui refuser ce qu'il veut, après tout ce qu'il a fait pour moi ?

Comme quoi ? Comme le meurtre de tes parents, comme te torturer jusqu'à l'article de la mort en essayant de te tuer ? Ressaisis-toi, Hermione.

Un énorme silence nous engloutis, alors que sa main se presse contre mon épaule. Le poids chaud de son toucher devrait être réconfortant, mais au lieu de cela, il me fait ressentir ce vieux sentiment inexplicable. Comme s'il y avait un énorme vide en moi. Une douleur terrible que je ne peux pas guérir.

Il parle finalement, rompant ce silence infini.

« Comment vous sentez-vous ? » demande-t-il doucement, la voix très calme.

« Mieux » je murmure en retour.

Ses jointures blanchissent une seconde alors que sa main s'enfonce dans ma peau, avant qu'il ne lâche mon épaule.

J'ai presque envie de chuter vers l'avant, mais j'arrive à m'en empêcher.

J'ose un regard, capturant un aperçu de son visage qui paraît plus pale que d'habitude, avant qu'il ne se tourne, marchant de l'autre côté de la chambre.

Je me tourne sur ma chaise pour lui faire face, serrant mes mains sur mes genoux.

Il se tient près de mon lit, baissant le regard vers le matelas, un froncement de sourcils sur son front.

Oh mon Dieu, que se passe-t-il maintenant ? Il ne peut quand même pas me reprocher l'état de mon lit ? Je l'ai fait après m'être levée.

Je me lève de ma chaise.

« Qu'est-il arrivé à Bellatrix ? » je demande doucement, essayant désespérément de remettre la situation sur un terrain plus sur.

Il lève les yeux vers moi, ce froncement ne quittant pas son visage.

« Elle est… sauve » il murmure.

« Sauve ? » je souffle.

Il hoche la tête. « Je me suis occupé d'elle » dit-il froidement. « Elle ne se souviendra pas de ces dernières vingt-quatre heures. Elle n'aura aucun souvenir de ce qu'elle a essayé de vous faire. »

Je soupire de soulagement. S'il lui a effacé les dernières vingt-quatre heures de sa mémoire, ça signifie surement qu'elle ne se souviendra pas non plus de moi devant la porte de la chambre de Lucius…

Mais… mais je ne suis toujours pas sauvée. Je ne pense pas être un jour en sécurité.

« Qu'en est-il de Drago ? » je demande calmement.

« Je l'ai laissé » il marmonne. « C'est seulement un garçon, après tout. Et je sais que mon propre fils n'agira jamais contre ma volonté sans l'influence de quelqu'un d'autre. Mais juste au cas où, je l'ai informé que s'il vous importune à nouveau, ou s'il choisi de rappeler son comportement à sa tante, il ne sera alors plus qualifié comme mon fils. »

Le regard froid sur son visage me glace le sang. « Mais, c'est votre fils » je murmure.

Ses yeux sont comme deux blocs de glace. « Et il le restera, aussi longtemps qu'il choisit de ne pas me défier. »

Je pense à Drago, à la façon dont il était si fier en parlant de son père, à la façon dont il a passé sa vie entière à essayer de l'imiter, pour qu'il soit fier de lui, mais ça n'a jamais été suffisant.

Je ressens alors un pincement de pitié pour Drago.

« Je suppose que votre tempérament exaspérant vous amène à vous sentir désolée pour lui » grommelle Lucius, un sourire amer tordant sa bouche.

Ce n'est pas une question. C'est une affirmation.

Il me connaît tellement bien.

J'ouvre la bouche bêtement devant lui.

Il respire un petit rire sans joie. Il s'approche plus près, marchant lentement vers moi à travers la pièce. « N'ayez pas pitié de lui. Il n'aurait pas dû faire ce qu'il a fait. » Il s'arrête un instant, son regard toujours verrouillé sur le mien.

C'est un regard horrible. Ce regard me viole, m'enlève toutes mes couches de protection, et je déteste, déteste, déteste ça.

Il recommence à marcher vers moi. « Cependant, c'est vous qui avez causé tout cela » il murmure, une lumière dangereuse vacillant dans ses yeux. « Drago ne m'aurait jamais désobéi avant que vous ne rentriez sur le terrain. Je n'ai jamais… »

Il s'arrête alors qu'il m'atteint, ses paroles s'évaporant dans le néant.

Il est trop près, faisant disparaître tout l'air autour de moi, me privant d'oxygène, m'obligeant à arrêter de penser et de respirer.

Il tend sa main vers moi, repoussant une mèche de cheveux derrière mon oreille. Je dois me forcer pour ne pas frissonner.

« Vous avez un effet étrange sur les gens, Sang-de-Bourbe » il murmure. « Qu'il y a-t-il de spécial en vous, je me le demande ? »

Il dépose sa main sur ma joue. Mes poumons se compressent tandis que le bout de ses doigts s'emmêle dans mes cheveux, sa paume chaude tout contre ma joue.

Je penche ma tête vers l'arrière. Je ne veux pas l'encourager. Mes yeux clignent lentement avant qu'ils ne se verrouillent à nouveau sur les siens. Son regard est terriblement intense.

Nous sommes beaucoup trop prêts. Nos deux corps se touchent presque. Pas tout à fait.

Sa respiration est trop lourde.

Il déplace son visage plus près du mien, ses yeux mi-clos, et une voix dans ma tête me hurle stop stop stop, mais je ne peux dire ça, je ne peux pas.

Il ferme les yeux, expirant vivement tandis que sa main descend de mon visage comme une pierre.

Il se détourne de moi, exécutant quelques pas en avant sans rien dire.

Je le regarde fixement, essayant de faire revenir ma respiration à la normale. Mes yeux se posent sur la fine broderie argentée cousue sur les ourlets de ses vêtements.

Typique. Il est toujours aussi désireux d'exposer sa richesse. Toujours aussi désireux de montrer à quiconque à quel point il est supérieur à eux.

Je ne sais pas s'il serait possible que nous soyons tous les deux plus différents l'un de l'autre. Je n'ai jamais rêvé d'exhiber ma richesse comme cela, tout comme je n'ai jamais eu l'idée de torturer des gens pour atteindre mon but, ou de tuer des gens innocents, ou de haïr certaines personnes simplement pour ce qu'elles sont.

Le Sang Pur fanatique et la Sang-de-Bourbe naïve. Comment avons-nous pu finir ensemble, d'une certaine façon ?

Mais nous avons été jetés ensemble en quelque sorte, et maintenant il est devenu une partie de moi, le salaud. Malgré toute la haine que je lui porte, il a creusé son chemin lentement mais surement comme une écharde dans mon âme.

Et je ne serais jamais plus libre de lui, jamais. Qu'importe comment j'essaye.

Je me dirige vers lui, lentement dans ma terreur, mais en même temps, je dois encore savoir…

J'arrive à sa portée et lève les yeux vers son visage. Il ne regarde pas vers moi. Son visage est un masque de marbre froid : immobile, inébranlable, parce qu'il ne veut pas se montrer réellement.

Hésitante, je lève une main tremblante vers son visage, désirant seulement le toucher, désirant briser ce bouclier de glace qu'il a bâti autour de lui.

Ma main se dépose sur sa joue, et ses yeux se ferment un instant à ce contact, mais seulement quelques secondes plus tard, sa main vient saisir mon poignet, éloignant ma main de son visage, tout en m'approchant près de lui. Il me regarde, les yeux brulant de haine, avant qu'il ne lève sa baguette.

« Combien de fois vous ais-je dit de ne pas me toucher ? » il siffle d'une voix rauque.

Mes lèvres tremblent alors que je parle. « De quoi avez-vous peur, Lucius ? »

Ses yeux flamboient de colère. « Vous ne m'amènerez pas à cela » il murmure. « Je ne le permettrais pas. » Il pointe sa baguette sur ma poitrine. « Endoloris ! »

La douleur traverse mon corps, brulant mes veines, mes os, mes muscles. Ca fait mal, comme rien d'autre sur terre, un démon de feu me déchire de l'intérieur, déchiquetant mes nerfs alors qu'il me regarde toujours, ses yeux gris me tirant à travers les murs de flammes et de poison –

Je m'effondre au sol, le sortilège me quittant enfin. Je frémis et tremble sur le sol, appuyant mon front sur le froid miséricordieux de la pierre.

Une poigne sur mon épaule me fait me retourner sur le dos avant qu'elle ne s'enroule autour de ma gorge, m'approchant à nouveau le visage plus près du sien. Je peux voir chaque détail de son visage pale et cruel. Ses yeux sont immenses et sombres alors qu'ils me fixent sans aucune pitié.

Son autre main vient de nouveau se reposer sur ma joue.

« Bon Dieu, comment est-ce arrivé ? » il murmure.

Il paraît dégouté, et son visage est si plein de haine qu'il semble à peine humain…

Mais qui peut dire avec certitude que toute cette haine et ce dégout soient uniquement dirigés vers moi ?

« Je ne voulais pas que ça se passe comme ça » je murmure désespérément. « Pensiez-vous que je voulais que les choses tournent de cette façon ? »

Ses yeux s'allument de dégout, sa bouche s'étirant en une fine ligne, et il me tient à proximité pendant quelques instants, avant qu'il ne libère ma gorge, me jetant au sol.

Il se lève, sa cape me frôlant.

« Levez-vous ! » il murmure durement.

Je fais ce qu'il dit, tremblante alors que je me remets sur pieds. Il me regarde avec une haine inflexible et sans limite.

« Vous êtes pathétique » il murmure de façon impitoyable. « Faible, ignorante, inutile. Vous êtes une abomination dans tous les sens du terme. »

Je serre les lèvres, mes yeux brulant de larmes. Parce que je me souviens de ce qu'il m'a dit hier soir. Ces mots qui signifiaient tout pour moi, et qui signifient encore tout, parce qu'ils étaient les seuls grains de vérité dans cet horrible monde de mensonges et de haine dans lequel je suis prisonnière.

Vous savez pourquoi, Sang-de-Bourbe.

J'enfonce mes dents dans ma lèvre inférieure et je me retourne avant que les larmes ne tombent, lui tournant le dos.

Un long silence nous englouti, nous aspirant dans ses profondeurs, et je suis presque reconnaissante quand il décide de le briser, jusqu'à ce que j'entende ce qu'il a à dire.

« Bellatrix avait raison, » il murmure vicieusement, « vous n'avez rien à m'offrir. »

Les larmes coulent de mes yeux à ses paroles.

Rien ne peut jamais avoir de sens avec lui, car c'est encore tellement compliqué et horrible, et mon Dieu, j'aimerai tellement qu'il se contente simplement de me haïr à nouveau. J'aimerai revenir au moment où il m'a capturé. Lorsqu'il me voyait simplement comme l'inutile et irritante Sang-de-Bourbe dont il a eu le malheur de devoir s'occuper. Lorsque nous ne ressentions l'un l'autre que du pur dégout. Je déteste devoir compter sur lui, et déteste le fait que son dédain et son mépris me fassent tellement mal, parce que ça ne me ferait pas souffrir si je le haïssais comme auparavant.

« Mais alors, » il murmure, ses paroles à peine audibles, « si vous n'avez rien à m'offrir, alors pourquoi ais-je tant fait pour vous ? J'ai tué, enduré la torture et perdu mes amis. Tout ça pour vous. »

Sa main serpente sous mes cheveux, glissant lentement le long de ma nuque et jusqu'à mon épaule.

Mon souffle se bloque dans ma poitrine, et je veux seulement qu'il… qu'il…

« J'aimerais ne jamais vous avoir rencontré » il murmure dans mon oreille, ses mains glissant vers ma taille, le poids chaud d'une d'entre elles s'y reposant un instant. « Je me souviens d'une époque, pas si lointaine, où lorsque j'entendais votre nom, il me fallait un certain temps avant de me rappeler qui vous étiez. Pour moi, vous étiez la complice de Potter. Rien de plus, rien de moins. »

Ses doigts patinent vers le bas de mes hanches. Mon corps se noue.

Il respire un petit rire sans joie.

« Parfois, je ne souhaite rien de plus que de revenir à cette époque là » il murmure à mon oreille.

Il me tire vers l'arrière, me plaquant contre lui. Ses doigts s'enfoncent dans mes hanches, sa respiration devenant lourde contre mon épaule. Ses doigts impitoyables me meurtrissent les hanches, me perforant presque la peau, me tenant proche de lui, bien trop proche de lui, et dans le bas de mon dos je peux sentir –

Non. Non. Je ne laisserai pas ça se passer.

Je ferme les yeux et viens me saisir de ses mains. Elles sont tendues sur mes hanches mais j'essaye désespérément de les éloigner de moi, de m'éloigner de lui.

Un long silence se répand, mais je ne me retourne pas pour lui faire face. Je ne peux pas le laisser voir mon visage, je ne peux pas, parce que s'il le voit, il saura. Son triomphe sera clairement détaillé par le rougissement que je peux sentir se répandre sur mon visage.

« Vous essayez de m'ignorer, Sang-de-Bourbe ? » il rit sombrement. « Quand avez-vous jamais été en mesure de m'ignorer ? »

J'avale difficilement. Il a raison, le salaud. Il ne peut jamais être ignoré. Je vendrais mon âme si ça me donnait la capacité de l'ignorer…

Mais comment pourrais-je jamais l'ignorer ? Il est toujours là, à l'origine de toute chose, toujours.

Il me contourne, ses vêtements me frôlant les jambes, et ses doigts impitoyables me saisissent le menton, levant ma tête de force pour lui faire face. Ses yeux sont plongés dans les miens. Son être entier est impitoyable, même ses yeux.

Surtout ses yeux. Ils sont la pire chose le concernant, parce que lorsque je regarde dans ses yeux, je peux voir chaque détail horrible de son âme.

« Me haïssez-vous ? » il murmure.

Je lève les yeux vers lui. Que pense-t-il que je vais répondre à ça ? N'importe quelle réponse pourrait me conduire droit dans un piège, n'est-ce pas ?

« Oui » je murmure.

Il sourit horriblement, mais sans aucune joie. « Je m'en doutais. Comment ne le pourriez-vous pas, après tout ce que je vous ai fait ? » Il se déplace plus près encore, si proche que nos visages sont maintenant à quelques centimètres l'un de l'autre. Ce petit sourire étrange ne quitte pas ses lèvres. « Je vous ai fait saigner, hurler, pleurer. Que pourriez-vous ressentir pour moi à part de la haine ? »

Mes yeux commencent à nouveau à se remplir de larmes, et ses propres yeux s'assombrissent, juste pour un instant.

Il lâche mon menton et se détourne de moi, me privant de l'occasion de lire l'expression de son visage.

Mais ce n'est pas réel. Ce n'est pas possible. S'il se souciait vraiment… s'il était réellement un être humain…

« Vous aviez le choix, vous savez » je chuchote avant de ne pouvoir m'en empêcher.

Il se retourne pour me faire face. « Quoi ? » il murmure vicieusement, dangereusement.

J'avale durement mais je me force à continuer. « Vous n'aviez pas à faire ce que vous m'avez fait » je dis d'une voix tremblante. « Vous auriez pu refuser lorsque Voldemort vous a demandé de me torturer. Et vous m'avez souvent fait souffrir sans avoir eu aucun ordre. Vous m'avez torturé pendant des heures seulement parce que vous vouliez m'apprendre que j'étais en dessous de vous. Est-ce si étonnant que je vous haïsse ? »

Son visage se durcit d'une colère froide, se transformant en une sculpture de glace. Il a la même expression que lorsque je l'avais poignardé à l'épaule. « Petite salope. Pensez-vous vraiment que j'avais d'autres choix que ce que j'ai fait ? Pensez-vous que… »

Il s'arrête, et en deux enjambées il se saisit de mon cou, ses doigts meurtrissant ma peau, appuyant imperturbablement contre ma chair, m'étouffant alors qu'il me pousse, me pousse, me claquant contre le mur derrière moi.

« Qu'avez-vous fait ? » il murmure. « Qu'avez-vous fait de moi ? »

Sa main se desserre.

Je frissonne sous sa poigne. Un de ses sourcils remonte légèrement.

Ses mains glissent, l'une venant caresser ma joue, l'autre m'agrippant la hanche, me tirant pour me rapprocher de lui. Je peux à peine respirer. Son genou pousse entre mes genoux.

Je frappe ses bras, les repoussant, essayant de l'éloigner de moi parce que je ne peux pas laisser ça se produire, je ne peux pas le laisser aller si loin. C'est contre ses principes, les principes qu'il m'a forcé à adopter.

Mais il garde son emprise sur moi, parce qu'il est trop fort, bien trop fort. Il l'a toujours été, n'est-ce pas ?

« Laissez-moi partir » je murmure, les mots ayant du mal à quitter ma gorge.

Il me tient encore plus proche de lui en retour, plus proche qu'il ne l'a jamais été. Je peux voir chaque détail minuscule de son visage, ce visage que je connais si bien. Froid, haineux, méchant, insensible…

« Cette nuit, j'ai cru que vous alliez mourir » il murmure, la voix très basse. « Et je me suis surpris à espérer le contraire. Parce que si vous mourriez, je n'aurais jamais pu… »

Il s'arrête. Mon souffle est bloqué dans ma poitrine, parce que personne n'a jamais été aussi près de moi, jamais. Je ne peux ni respirer, ni penser tellement il est proche.

Mon estomac se comprime alors qu'il m'approche plus près, me pressant dans le mur de pierres froides derrière moi. Mes mains sont pressées contre son torse et je sens les rayures de ses vêtements sous mes paumes.

Je tremble dans ses bras.

« Vous êtes responsable de tout cela, Hermione » il marmonne, mais il n'en dit pas plus. C'est suffisant. Mon prénom est suffisant. Deux petites syllabes feutrées, courant sur sa langue comme un murmure.

Mais… Responsable de tout cela ? Je n'ai rien fait !

Mais cette pensée est chassée lorsqu'il déplace son visage plus près, et je tombe, tombe à travers les étoiles et le ciel de la nuit et je suis en chute libre alors qu'il se rapproche de plus en plus près, et je vais toucher le sol, je vais m'écraser au sol, mourir…

Ses lèvres se posent sur les miennes, et tout tourne autour de moi, et je ne connais rien d'autre que Lucius Malefoy m'épinglant au mur, pressant ses lèvres contre les miennes, et je veux garder mes yeux ouverts, pour que ça ne devienne pas un vrai baiser, mais… une force irrésistible me pousse, alors je les ferme, et…

Ma bouche s'ouvre.

Ca y est.

C'est… différent de ce que c'était avec Victor, ou Cormack, ou Ron… oh mon Dieu, je ne peux pas faire ça à Ron !

Sa main se referme autour de mon poignet, et vient le bloquer contre le mur, près de ma tête, enlaçant ses doigts dans les miens. Son genou pousse entre mes cuisses et je sors un petit bruit dans sa bouche et son baiser s'approfondit, devient plus profond –

Dieu aidez-moi.

Un petit nœud se lie au creux de mon estomac, et je sais que tout cela n'est pas réel. Il me hait et je le hais, plus que n'importe quelle autre personne, et je devrais faire ça avec Ron, pas avec Lucius Malefoy, la seule personne que je déteste plus que tout et… Pourquoi je laisse ça se produire ? Pourquoi je ne me défends pas en criant et frappant, en détestant ça, parce que je suis sensée détester ça, n'est-ce pas ?

Le pire c'est que je n'arrive pas à détester ça.

Un rougissement apparaît sur mon visage alors qu'il accroche ses doigts dans le décolleté de ma robe. Il lâche ma main épinglée au mur pour rendre son travail plus facile, et il brise le baiser pour faire lentement glisser ma robe de sur mes épaules, tirant mes bras à travers les manches. Elle glisse jusqu'à mes hanches, reposant là, laissant mes seins totalement exposés à lui. Je rougis jusqu'à la racine de mes cheveux, et j'essaye de couvrir ma poitrine de mes bras, pour sauver ma modestie, mais il agrippe mes poignets et les plaquent sur la paroi de chaque côté de ma tête. Et tout ce que je peux faire est de rester là, à le laisser me regarder, laissant ses yeux gris voyager sur mon corps, emportant le peu de dignité dont j'étais encore pourvue.

Sa respiration devient alors plus rapide, et lorsque ses yeux remontent sur mon visage, ils sont immenses et sombres.

Je le regarde.

« Vous ne pouvez pas faire ça » je murmure.

« En effet » il marmonne, alors même qu'il déplace ses mains pour encercler ma taille à nouveau. Il me tire vers lui dans un nouveau baiser, cette fois plus dur, plus profond et il presse son corps contre le mien et mon dos s'enfonce dans le mur derrière moi, et Jesus, je ne peux pas le faire, je ne suis pas prête pour ça…

Il s'éloigne légèrement et je sens mes jambes céder. Je tombe du mur mais il me retiens, me soulevant dans ses bras et me transportant vers… oh mon Dieu, vers…

Il me pose sur le lit. Tout ce que je vois est alors son visage, à demi caché dans l'ombre, alors qu'il se penche sur moi, ses yeux errant sur mon visage, buvant toute mon énergie.

Sa main se déplace vers ma taille, et remonte jusqu'à ma poitrine. Il court doucement son pouce contre mon mamelon.

« S'il vous plait… » je murmure.

Il se penche vers moi. « Que voulez-vous ? » il chuchote.

Ce que je veux ? Jesus, je ne sais pas ce que je veux. Je ne l'ai jamais vraiment su, je pense. J'ai voulu le voir mourir, j'ai voulu le voir souffrir, j'ai voulu qu'il me sauve, j'ai voulu qu'il me touche…

Il caresse mon mamelon avec son pouce, me regardant intensément. « Je veux que vous répondiez à cela » il murmure.

« Je veux que vous arrêtiez » je dis désespérément, essayant plus que tout d'ignorer la douce tension qui grandit au creux de mon estomac.

Il ne rit pas, comme je m'y attendais. Il se contente de se rapprocher encore. « Si c'est ce que vous vouliez réellement, vous me l'auriez dit la première fois que ça a commencé » il murmure, avant qu'il ne m'embrasse à nouveau.

Et que Dieu me vienne en aide, je réponds à son baiser.

Non. Je dois arrêter, parce qu'une fois que c'est fait, il n'y a plus de marche arrière, n'est-ce pas ? »

Mais est-il encore possible de faire marche arrière, de toute façon ?

J'avale difficilement. « Je n'ai jamais, je veux dire… »

Mais il sait. Il sait le salaud. Je le lui ai déjà dit auparavant.

Sa bouche se tord et ses yeux s'assombrissent davantage, mais il ne me répond pas. Il accroche ma robe de ses doigts et la fait glisser complètement de mon corps, me laissant totalement nue. Je rougis d'embarras alors qu'il me regarde.

C'est alors qu'il se débarrasse rapidement de ses propres vêtements, et c'est maintenant… différent. Comme si nous étions au même niveau, en quelque sorte.

Mais je ne peux toujours pas laisser ça se produire.

J'essaye de rouler sur le côté mais il m'attrape par la taille et me tient immobile. Mon souffle est coupé par la peur.

« S'il vous plait » je gémis, « s'il vous plait, laissez-moi partir ! »

Il me regarde le visage dur, ses yeux comme deux piscines profondes.

« Je ne pense pas » il murmure, déplaçant à nouveau une de ses mains vers ma poitrine. « Je ne vais pas vous laisser partir, pas maintenant que je vous ai. »

Il m'embrasse à nouveau, tout en pinçant cruellement mon mamelon. Je laisse échapper un petit cri de protestation dans sa bouche et il gémit contre mes lèvres alors que son baiser devient plus vicieux. Il me mord la lèvre jusqu'à sentir le sang, mon sang sale sur mes lèvres, et sur les siennes.

J'essaye de rompre le baiser, mais il me tient fermement, et sa main quitte mon sein pour venir serpenter en dessous de mon estomac, entre nous, entre mes jambes…

Il rompt le baiser, baissant les yeux vers moi alors que ses doigts atteignent leur but.

« Tu as toujours affirmé que tu ne m'appartenais pas » dit-il, utilisant pour la première fois le tutoiement. « Tu as toujours affirmé ne pas être mienne. Je me suis souvent demandé ce qu'il faudrait faire pour te le faire croire. »

Et ses doigts commencent à bouger.

Je me tortille d'embarras et essaye de détourner les yeux de lui, mais il ne me laisse pas faire. Il me tient fermement par le menton pour m'obliger à lui faire face, m'obliger à fixer ses deux piscines gris foncé que sont ses yeux.

Ses doigts continuent de bouger, lentement, et i nouveau cette horrible et douce tension au creux de mon estomac, et je suis un morceau de corde qu'il a attaché en un nœud, et il tire sur ce nœud encore et encore, pour le rendre plus serré, et tout ce qui se trouve autour de moi se met à fredonner, tout – la pièce, l'air, la lumière. Et ses doigts tournent de plus en plus vite, continuant leur douce torture, et Jesus Christ, non, je ne veux pas cela… Mais ce nœud se resserre de plus en plus, et c'est comme si nous flottions dans le ciel de la nuit et je peux voir tout le monde, tout, parce qu'il me montre tout, et tout ce que je peux entendre hurle dans mes oreilles, ça ne peut pas se produire, pas à moi, ce n'est pas moi, ce n'est pas en train de se passer, non non…

Et soudain tout s'écrase autour de moi, et chaque cellule de mon corps explose et je fixe désespérément ses yeux avant que tout ne devienne blanc pendant un instant, puis le bourdonnement ralentit progressivement.

Il lâche mon visage, le laissant retomber sur les couvertures.

Je reste étendue pendant un moment, hors d'haleine, avant que son visage apparaisse au dessus du mien, un petit sourire sadique courbant ses lèvres.

« Tu ne voulais pas me croire, mais tu sais maintenant que ce que je t'ai dit auparavant est vrai, Sang-de-Bourbe : tu es à moi. »

Je ferme les yeux, laissant les larmes glisser lentement sur mes joues. Des larmes fraiches et salées de honte et de haine de soi, parce qu'il a gagné maintenant, n'est-ce pas ? J'ai finalement laissé ce salaud gagner.

Mais ce n'est pas encore fini.

Son pouce caresse mes joues, essuyant mes larmes.

J'ouvre les yeux. Il regarde furieusement mon visage. Et à cet instant, le masque froid derrière lequel il se cachait, se brise. Il paraît humain dans ce court instant de clarté. Tout se brise et durant cet instant de folie, tout ce qui émane de lui semble clair et réel.

Ses doigts s'enroulent dans mes cheveux.

« Qu'avez-vous fait ? » il murmure. « Comment m'avez-vous amené à cela ? »

Je le regarde, ma poitrine se gonflant et se vidant rapidement alors que je tente de respirer. Je ne l'ai amené à rien, rien, c'est lui et lui seul qui s'est permis de faire ça, non ?

Il me regarde furieusement pendant un long moment, et soudain, avant même que je réalise ce qu'il fait, il me saisit durement à la gorge. Il bloque mon souffle et je ne peux plus respirer face à sa poigne. Je commence à suffoquer tandis qu'il me regarde avec une haine et un mépris complet.

« Je devrais vous tuer » il murmure furieusement. « Petite salope de Sang-de-Bourbe, je devrais vous tuer plutôt que de céder à cette… cette… maladie. »

Je ne peux pas respirer, je ne peux plus, oh mon Dieu, il va me tuer pour ça. Il va me tuer pour lui avoir enlevé tout ce qui avait un sens dans sa vie. Je lui ai déchiré ses principes de Sang Pur, les déchiquetant en lambeaux, mais je n'ai jamais voulu ce qu'il s'est passé, jamais, oh mon Dieu, laissez-moi respirer…

Je fixe désespérément son visage, et alors que je le fais, il desserre son emprise, me permettant enfin de respirer, mais c'est alors qu'il rapproche son visage pour m'embrasser de nouveau et je me sens si étourdie par le manque d'air que je suis sur le point de m'évanouir, et je m'accroche donc à lui de toutes mes forces…

Sa main descend, venant caresser ma cuisse. Ses doigts se ferment derrière mon genou, écartant mes jambes, attirant mes hanches jusqu'à rencontrer les siennes. Je suis coincée sous lui, et j'essaye de bouger mais c'est trop tard maintenant, il n'y a plus de retour en arrière possible.

Sa main se déplace vers le bas de ma hanche, me tenant fermement en place. Ses doigts meurtrissent la peau de ma hanche alors qu'il rompt le baiser, fixant mon visage avec une intensité terrifiante.

« Tu es à moi » il murmure. « Tu le sera toujours. A personne d'autre qu'à moi. »

Il pousse en moi, et mon Dieu, il me déchire. La douleur me transperce alors qu'il pousse de plus en plus, et Jésus, sommes-nous vraiment destinés à ne faire qu'un ?

Je crie un peu, les larmes me montant aux yeux, mais il attrape mes lèvres dans un nouveau baiser et je m'accroche à lui, ne voulant pas qu'il me lâche, souhaitant qu'il me protège éternellement par son baiser, parce que lui seul peut me sauver, et je peux également le sauver, s'il me laisse faire.

Il commence à bouger à l'intérieur de moi, et je m'accroche à lui de toutes mes forces, alors qu'il m'enlève ma dernière petite part d'innocence, m'amenant dans un endroit à la fois loin du ciel, et loin de l'enfer.


Je me recroqueville sur le côté, le drap tiré par-dessus mon corps nu.

Je le regarde rattacher la dernière boucle de sa cape. Il est presque entièrement habillé maintenant, habillé, recoiffé, son apparence impeccable, comme si rien ne s'était passé…

Rien n'a changé…

Rien, rien, rien.

Mais je sais que rien ne sera jamais, jamais plus comme avant. C'est fait. Comment les choses pourront être les mêmes après avoir vu son regard alors qu'il… alors qu'il…

Il se dirige vers la porte après quelques secondes de silence. Il s'arrête à nouveau alors qu'il l'atteint.

Il se retourne et me regarde un instant, ses yeux assombris dans l'obscurité.

Il se contente de me regarder durant ce qui semble être une éternité. Je resserre plus fortement le drap autour de moi.

Je me sens comme si je devais dire quelque chose, mais que pourrais-je dire ? Que pourrais-je jamais lui dire maintenant ?

Ses lèvres s'amincissent alors qu'il se tourne, ouvrant la porte et quittant la chambre, verrouillant la porte derrière lui.

Je m'assois, lentement, et je regarde la porte fermée. Je la regarde d'un air absent, comme si elle pouvait apporter des réponses à mes questions.

Mais il n'y a aucune réponse.

Je me lève de mon lit, emportant mon drap avec moi, et me drapant dedans comme une couverture.

Je marche lentement vers la porte, et hésitante, je m'appuie tout contre elle, posant mon oreille contre le bois froid, essayant de voir si je peux l'entendre de l'autre côté.

Mais je ne peux rien entendre. Il a dû partir. Ou bien il est de l'autre côté, se tenant aussi immobile que je le suis.

Je ferme les yeux de désespoir, m'appuyant contre la porte et glissant lentement vers le sol, trainant ma main contre le bois frais et rigide.