'C'est la veille de la Saint-Georges. Ignorez-vous que cette nuit, aux douze coups de minuit, tous les maléfices régneront en maîtres sur la terre ! Ignorez-vous où vous allez, et au-devant de quoi vous allez ?' – Bram Stoker, Dracula
Chapitre 28 Famille
Et les choses reviennent donc à la normale.
Enfin, aussi 'normales' qu'elles devraient l'être.
Chaque jour est la même routine. Je me lève. Je me lave. Je m'habille.
Et puis, j'attends que Lucius vienne me chercher, pour qu'il m'amène en bas faire mes corvées.
Mais il y a cependant quelques différences dans les choses habituelles. Il ne m'a plus touché ces jours-ci. Il se contente d'utiliser sa baguette comme une menace pour m'obliger à faire ce qu'il dit.
Et il me parle à peine également, à part lorsque c'est absolument nécessaire.
Et lorsque je fais mes corvées, je les fais toute seule. Pour une raison quelconque, je n'ai pas été autorisée à revoir Ron depuis cette nuit où nous nous sommes embrassés tous les deux.
Je suis presque contente. La culpabilité me ronge dès que je pense au fait que à peine vingt-quatre heures après avoir embrasser Ron, je couchais avec Lucius. Il est la meilleure chose que j'ai dans la vie, et je l'ai trahi de la pire des manières.
Mais à côté de ça, je m'inquiète pour lui. Ca fait des jours que je ne l'ai pas vu. J'ai essayé de demander à Lucius où il était, s'il allait bien, mais je n'ai eu qu'une réponse froide.
« Il va bien, Sang-de-Bourbe. Ne vous préoccupez pas de lui. »
Et lorsque je lui ai demandé à nouveau, j'ai essayé de le pousser à me dire pourquoi je n'avais pas le droit de voir Ron, et je n'ai reçu qu'une simple punition en retour : un jour sans nourriture.
Je ne sais pas pourquoi il ne me laisse pas voir Ron. Je ne peux que deviner.
Lorsqu'il s'agit de Lucius et de ses motivations, je ne peux faire que des suppositions.
Je suis une fois de plus étendue sur mon lit au plein cœur de la nuit, fixant le plafond que je ne peux voir.
Je n'arrive pas à dormir, mais ce n'est pas nouveau depuis ces derniers jours.
Je peux encore le sentir dans mes draps.
La pire chose à rester éveillée sur ce lit nuit après nuit, c'est qu'après un certain temps, je commence à me demander pourquoi il n'est pas encore revenu me voir.
Peut être qu'il a juste eu ce qu'il voulait, et qu'il en a fini avec moi maintenant. Peut être que c'est fini. Peut être qu'il en a fini avec moi et que je ne suis plus qu'un inconvénient pour lui, que je suis redevenue cette irritante Sang-de-Bourbe qu'il a eu le malheur de devoir s'occuper…
Un léger bruit.
Je bouge le regard vers le coin de la chambre, mon cœur battant dans mes oreilles. Peut être que ça y est. Peut être qu'il a finalement décidé de revenir cette nuit…
Finalement, Hermione ?
J'attends, et j'attends. Je garde les yeux ouverts dans l'obscurité, retenant mon souffle, essayant de tendre l'oreille aussi fort que je peux.
Rien.
Après ce qui semble être une éternité, je finis par abandonner et fermer les yeux, renonçant à tout ce que je venais d'entendre.
J'ai besoin de dormir.
Je frotte durement le chandelier d'argent, mes jambes engourdies d'avoir été trop longtemps croisées en tailleur.
C'est ma corvée du jour. Polir tous les ustensiles en argent du salon. J'ai vu toutes sortes d'objets étranges : des boites à musique, des bibelots, des couverts de table. L'ancienne Hermione aurait été intéressée de leur jeter un coup d'œil, mais à présent ils ne représentent rien d'autre que quelque chose que je dois faire. S'en est tellement monotone. Les ramasser, les nettoyer, les remettre à leur place.
Mes doigts sont endoloris.
Je fais une pause un instant, fermant les yeux, et laissant sortir mon souffle dans un soupir.
C'est quoi le problème maintenant, hein ?
Je balaye cette pensée. Je ne dois pas y penser.
J'ouvre à nouveau les yeux et je frotte durement le chandelier.
Je me sens si seule.
Je me refuse de croire que Lucius me manque. Non, c'est seulement que… c'est seulement la compagnie humaine qui me manque. Rien de plus.
Mais je me sens si seule. J'ai l'impression que je pourrais mourir de cette solitude.
Et s'il en avait… fini avec moi ? Je sais que je devrais en être heureuse si tel était le cas, mais… je ne pourrais pas le supporter. Je ne pourrais supporter qu'il continue à être le centre de mon monde alors qu'il m'a oublié.
Je soupire, reposant le chandelier sur le sol un petit moment tandis que je m'étire les bras, essayant d'apaiser la tension dans mon dos.
Je me gèle sur place. La porte… je pensais que la porte était fermée.
Lucius se tient là. Il se contente de… de me regarder, et il ne détourne pas le regard lorsqu'il voit que je l'ai remarqué.
Je baisse ma tête à la hâte et commence à astiquer de nouveau, essayant désespérément de l'ignorer.
Mais il ne peut jamais être ignoré.
Je voudrais qu'il s'en aille.
« Vous pouvez arrêter ça, maintenant » dit-il froidement. « Votre travail est fini pour aujourd'hui. »
Je m'immobilise, et sans lever les yeux vers lui, je pose lentement le chandelier sur le sol.
Il fait quelques pas vers moi.
« Levez-vous » dit-il sèchement.
Je fais rapidement ce qu'il dit, tirant nerveusement sur le pan de ma robe. Je me force à regarder son visage.
Il n'a aucune expression.
« Vous devez venir avec moi, maintenant » dit-il rapidement. « Il y a quelque chose que je veux que vous voyiez. »
Je me contente de le dévisager, ma respiration devenant plus rapide.
« Pourquoi ? » j'ose demander.
Un de ses sourcils se soulève. « Vous comprendrez bientôt » dit-il tranquillement.
Il tend la main, mais s'arrête avant qu'elle n'atteigne la mienne. Nous restons immobiles quelques instants, sa main suspendue dans les airs, comme s'il avait du mal à supporter l'idée de réduire l'espace entre nous pour me toucher.
Un muscle se contracte dans sa mâchoire et il se force à atteindre mon poignet, ses doigts se serrant autour de lui.
Il sort une petite clé familière de sa poche, et parle d'une voix forte et claire.
« La cave. »
Nous sommes alors aspirés dans l'espace sombre et sans air, mais je ne peux penser qu'à une seule chose : non, pas cette cave, n'importe où mais pas cette cave…
Nous émergeons dans une petite pièce entièrement faite de pierres, et remplie d'une lumière rouge foncée. Je me souviens de cette pièce horrible. Comment pourrais-je jamais l'oublier ?
Sa main lâche brusquement la mienne. Il m'a dit une fois qu'il ne voulait pas me toucher plus que nécessaire. Et il semble qu'il soit finalement revenu à ses anciennes règles.
Il me faut un moment pour m'apercevoir que nous ne sommes pas seuls.
Drago est appuyé contre le mur près de nous. Il me fusille du regard, ses yeux gris remplis de suspicion et de haine, et soudain, je me rend compte que Lucius était peut être un peu trop optimiste en permettant à son fils de se rappeler de ce qu'il s'était passé la nuit où Bellatrix m'a ouvert les poignets.
« Et bien, n'est-ce pas un joyeux petit rassemblement ? » dit Lucius d'une voix trainante. Je me tourne rapidement pour m'apercevoir qu'il n'est pas en train de parler à son fils. Il parle à Avery, qui arbore un petit sourire froid sur les lèvres. Et juste à côté de Avery se tient… se tient…
Ron me sourit en tremblant. C'est un timide sourire qui se veut rassurant, me disant de ne pas m'inquiéter, que tant que nous sommes ensemble, tout ira bien, qu'importe ce qu'ils prévoient de nous faire…
C'est un sourire que je ne peux pas rendre en retour. J'essaye de mon mieux, j'essaye vraiment, mais comment pourrais-je redonner un sourire si beau et si innocent ?
Ron fronce les sourcils et se dirige vers moi, tendant sa main.
« Hermione, tu vas bien ? »
Il va me toucher, essayer de me réconforter, mais je ne peux pas… comment puis-je le laisser faire, après ce que j'ai fait ?
Comment le pourrais-je ?
Je recule involontairement. Le regard blessé dans ses yeux me transperce le cœur, me faisant ressentir de la culpabilité, de la douleur et de l'amour d'une telle force que je n'aurai jamais cru possible.
« Qu'est-ce qui se passe ? » il murmure.
« « Elle va bien, Weasley » dit froidement Lucius.
« Tu l'as amené pour voir le spectacle, Lucius ? » demande Avery, sa voix haute et musicale m'envoyant des frissons dans le dos.
Le visage rouge de Ron disparaît alors qu'il se retourne vers Lucius et Avery.
« Quel spectacle ? » il demande sous l'exaspération. « De quoi parlez-vous ? »
Un sourire apparaît sur les lèvres des trois Mangemorts.
« Est-ce que tu veux vraiment le savoir ? » ricane Drago.
« Oui, je veux vraiment le savoir ! » répond Ron.
Lucius soulève un sourcil. « Je suppose que vous savez pourquoi vous êtes gardé prisonnier ? » il demande calmement. « Vous connaissez la raison pour laquelle nous ne vous avons pas tué après que vous nous ayez donné tous les renseignements que nous vous demandions ? »
Ron souffle durement, alors que je ne peux même pas respirer. Oh mon Dieu, s'il vous plait, dites-moi que les Weasley n'ont pas trahi les Mangemorts ! S'ils l'ont fait, alors… Ron ne peut pas mourir, non ! J'ai besoin de lui.
Je glisse ma main dans celle de Ron, la serrant. Il me serre si fort la main en retour que je sens le sang se couper de mes doigts.
Le regard de Lucius glisse un instant sur nos mains liées, avant qu'il se repose sur le visage de Ron.
« Je vois que vous vous souvenez, mais il semble que vos parents ne partagent pas votre excellente mémoire » dit-il, la méchanceté se glissant dans ses paroles. « Nous ne leur avions pas demandé grand chose jusqu'ici. Une petite information par ci, un petit geste par là. Mais hier, nous leur avons demandé une chose qu'ils ne semblent pas enclins à vouloir faire. En fait, ils nous ont même supplié de ne pas le faire. »
Un long silence se répand. La respiration de Ron est profonde près de moi.
« Que leur avez-vous demandé ? » il murmure.
« Ca ne vous concerne en rien » dit froidement Lucius. « Ce qui importe, c'est qu'ils ont refusé nos ordres, bien qu'ils sachent ce qui pourrait arriver s'ils refusent. N'est-ce pas touchant comme amour parental ? »
Je ferme les yeux, sentant la douleur de Ron. Je serre plus fort sa main avant que je ne me force à ouvrir de nouveau les yeux.
Je regarde Ron. Son visage a perdu toute couleur.
« Ca ne signifie pas qu'ils ne t'aiment pas, Ron » je murmure. « Il n'a pas vraiment dit qu'ils refusaient de le faire. Ils sont seulement un peu réticents à le faire. »
« Qu'est-ce que ça peut te faire, Granger ? » dit hargneusement Drago.
Je ferme ma bouche. Ron me regarde et hoche la tête, ses lèvres tirées en une fine ligne.
« Nous pensons qu'il est nécessaire de montrer à vos parents ce que peut couter leur réticence sur leur plus jeune fils » conclut Lucius. « Malheureusement, ce n'est pas à moi de décider comment vous punir. La décision revient à vos surveillants, mais je suis heureux de dire que je leur fais confiance pour arriver à quelque chose de convenable. »
Je lève les yeux pour voir le visage de Ron se figer de peur alors que Lucius se tourne vers Avery.
« Il est tout à toi » dit sèchement Lucius avant qu'il ne se dirige vers moi. Mon estomac se remplit de glace, mais il se contente de me contourner, venant se tenir derrière moi. Je ne sais pas à quelle distance il se trouve, s'il est proche ou non.
Je serre plus fort la main de Ron.
« Ne t'inquiète pas pour moi » murmure Ron. « Tout ira bien. »
Le visage d'Avery se tord par un petit sourire froid. Il se dirige vers la porte, qui s'ouvre doucement lorsqu'il la pointe de sa baguette.
« Nous sommes prêt maintenant » dit-il calmement, et lorsqu'il revient dans la pièce, il est accompagné par deux silhouettes. L'une est Bellatrix, le visage illuminé, appréciant la scène alors qu'elle traine l'autre personne dans la pièce. La personne qu'elle traine est petite.
L'emprise de Ron se resserre tellement sur ma main, que j'ai l'impression qu'il va briser mes doigts.
Bellatrix jette la fille sur le sol, avant de se tourner et de marcher vers la porte, la fermant et la verrouillant de sa baguette.
La fille soulève lentement la tête, les yeux ardents de haine sous sa chevelure flamboyante.
« Ginny ! » Ron hurle d'une voix brisée alors qu'il lâche ma main.
Ses yeux se remplissent de larmes alors qu'elle se tourne vers son frère. Elle se remet sur pieds alors qu'il se dirige rapidement vers elle, et il se jettent l'un l'autre dans une forte étreinte. Je peux les entendre pleurer sur les épaules de l'autre.
« Je pensais ne jamais te revoir ! » dit Ginny d'une voix cassée et étouffée.
Ron la serre plus fortement contre lui, la soulevant presque du sol. « Tu m'as tellement manqué, Gin ! »
Aucun de nous ne devrait être ici. C'est un moment privé, eux seuls devraient être présents.
Et Ginny… oh mon Dieu, comment puis-je lui faire face ? C'est ma faute si elle est ici, tout comme Ron. C'est ma faute si sa famille doit servir Voldemort. Je l'ai trahi de la même façon que j'ai trahi son frère…
Enfin non, pas autant que j'ai trahi son frère.
Chaque poil de mon dos se hérisse. Lucius est… tout proche maintenant, je pense. Il a dit qu'il voulait que je voie quelque chose… pourquoi veut-il que je voie ça ?
« Comment Diable avez-vous réussi à mettre la main sur elle ? » demande Lucius.
Ginny met fin à l'accolade avec son frère, les yeux durs et flamboyants en se retournant vers Bellatrix.
« Je suis venu parce que vous avez menacé de tuer Neville et Luna si je n'acceptais pas, c'est pour ça que ça a été si facile pour vous de m'amener ici ! » elle siffle. « Si vous aviez eu le courage de vous battre, ça n'aurait pas été si facile pour vous ! »
Bellatrix rit joyeusement. « Quoi, penses-tu qu'une petite fille comme toi aurait pu me vaincre ? Moi ? »
Avery et Drago se mettent à rire, mais je n'entends pas Lucius faire la même chose. Et irrationnellement, je me souviens de la colère qu'il a eu lorsque Bellatrix a ouvert mes poignets. Elle peut l'avoir oublié, mais lui semble ne jamais pouvoir l'oublier.
« Vous ne m'auriez jamais donné cette opportunité, n'est-ce pas ? » hurle Ginny le visage rouge. « Mais que pourrais-je attendre de gens comme vous ? Vous êtes tous des lâches. Des salopards de lâches de Serpentards ! »
Je retiens mon souffle.
Le rire meurt sur leurs visages.
« Des lâches, vous dites ? » dit Avery en s'approchant de Ginny. Il domine son corps minuscule et elle se recroqueville plus encore. « Est-ce que les Gryffondors sont toujours aussi hypocrites que lorsque j'étais à l'école ? C'est drôle de voir à quel point ils aiment parler de bravoure, mais lorsqu'il s'agit d'en avoir vraiment, ils se révèlent tout aussi lâches que nous sommes supposés l'être. »
Une main se pose et serpente sur mon épaule. Je sursaute presque. La main de Lucius.
Que fait-il ?
Avery se rapproche plus encore de Ginny. Pendant un instant, je me demande s'il va toucher son visage, comme l'aurait fait Lucius.
Ou plutôt devrais-je dire, comme Lucius le faisait avant.
Mais au lieu de cela, Avery se contente de se tourner pour la regarder.
« Voyez-vous votre amie là-bas ? » il murmure.
Ginny se tourne vers moi. Je la regarde désespérément, désireuse qu'elle ne me blâme pas, voulant qu'elle sache que je n'ai jamais voulu faire ça, tout ça…
Elle garde le visage dur lorsqu'elle me regarde, et je ne peux donc pas savoir ce qu'elle pense. Mais bon, elle a toujours été comme ça concernant ses émotions : après tout, c'était moi et pas elle qui pleurait aux funérailles de Dumbledore.
J'aimerais pouvoir être comme elle. J'aurais peut être été moins faible, moins pitoyable, si j'avais été comme elle.
« Savez-vous combien de temps il lui a fallu pour craquer ? » murmure Avery.
Non. Non. Ne lui dites pas. S'il vous plait, ne lui dites pas.
« Il lui a fallu une demi-heure pour qu'elle me dise que vous entreteniez une relation amoureuse avec Potter » dit Lucius d'une voix trainante. « En moins d'une semaine, elle nous avait dit tout ce qu'on voulait savoir sur lui, ou l'Ordre. En moins de sept jours, elle a été brisée. »
Je ferme les yeux, me protégeant des sourires jubilants de Bellatrix et de Drago, du regard froid d'Avery, et de l'éclat accusateur que j'imagine dans les yeux de Ginny.
Mais la voix de Lucius continue impitoyablement.
« C'est de sa faute si votre maison a été attaquée, Ginevra. C'est de sa faute si votre frère a été capturé. Elle ne voulait pas le faire. Croyez-moi, elle a vraiment essayé de résister à ma… à notre volonté, mais elle a finalement prouvé que les nobles valeurs des Gryffondors sont en fait dénuées de sens lorsqu'elles sont réellement testées. »
Ces paroles me cause une douleur au delà de l'imagination, et un mot qu'il a utilisé en particulier brule mon âme.
Ginevra.
Il peut l'appeler par son prénom, une fille qu'il connaît à peine, mais moi il ne peut pas.
Les choses auraient-elles été différentes si Ginny avait été capturée à ma place ? Est-ce qu'elle aurait craqué aussi facilement que moi ? Ou aurait-elle été plus forte ?
Si Lucius avait été le gardien de Ginny, l'aurait-il détesté autant qu'il ne me déteste ? Ou est-ce que son statut de Sang Pur l'aurait en quelque sorte protégée ?
S'il l'avait voulu, est-ce qu'il aurait pris ce qu'il voulait tout de suite, sans aucun scrupule, aucune émotion, aucune pensée ? Après tout, ce n'est pas comme si elle lui était interdite.
« Vous ne me faites pas peur. » La voix de Ginny me sort de mes rêveries. « Je sais ce que vous lui avez fait pour la faire parler. »
J'ouvre les yeux. Ginny me lance un regard dur et rassurant avant qu'elle ne lève les yeux vers Lucius.
« J'ai passé la plupart de mon enfance à avoir peur de vous, Lucius Malefoy » dit-elle. « Vous m'avez presque tué. Est-ce que ça vous rend fier ? Vous avez presque tué une fillette de onze ans, simplement pour essayer de discréditer son père. Dites-moi, quel genre d'homme êtes-vous ? »
Je retiens mon souffle. Ginny a une histoire avec Lucius. Bien plus que je n'avais avant d'être capturée. Elle m'a dit une fois qu'elle faisait encore des cauchemars à propos de Tom Jedusor et de la Chambre des Secrets.
Lucius soupire d'irritation. « J'en ai déjà discuté avec votre amie Sang-de-Bourbe » dit-il. « Je n'ai aucune envie d'en rediscuter avec vous. »
Et pour une raison quelconque, une raison que je ne peux pas comprendre, je suis contente qu'il mette fin à leur conversation. Je ne veux pas en comprendre la raison, mais…
« Qu'est-ce que c'est supposé vouloir dire ? » dit Ginny.
« Je veux dire que les Weasley peuvent bien être de Sang Pur, ils sont tellement stupides que le fait d'entretenir une conversation avec eux est certainement la tâche la plus ennuyeuse qui soit. »
Ginny et Ron virent tous les deux au rouge brique, mais le visage de Bellatrix se crispe dans un froncement de sourcils. Je pense qu'elle a deviné l'entière implication de ce que Lucius vient de dire : le fait qu'il a eu des conversations bien plus intelligentes avec moi.
Le visage d'Avery demeure impassible mais j'ai l'horrible impression qu'il vient de retenir ce petit brin d'information : le fait que Lucius et moi sommes liés sur le plan mental.
Pourquoi Voldemort l'a-t-il envoyé ici ?
Après un moment, le fantôme d'un sourire traverse ses lèvres. « Alors tu n'accepterais pas une Weasley comme belle-fille, Lucius ? » dit-il avec un petit soupçon d'amusement dans sa voix. « Quel dommage. Il semblerait que Drago soit pourtant très intéressé par cette idée. »
Les yeux de Drago se lèvent instantanément, abandonnant le regard affamé qu'il lançait sur Ginny.
Ginny ricane alors que Ron serre les poings.
« Faudra me passer sur le corps » il grogne.
« Mon fils ne voudrait jamais toucher une traitre à son sang » dit froidement Lucius, souhaitant apparemment clore cette discussion au plus vite.
Le visage de Drago se crispe un instant aux paroles de son père.
« Dans ce cas, pourquoi- »
Mais ses mots s'arrêtent lorsqu'il capte le regard que lui lance son père. Je ne vois pas à quoi ressemble ce regard, mais je peux l'imaginer.
J'en suis reconnaissante. Pendant une seconde, je ne pouvais plus respirer face à la terreur de ce qu'il s'apprêtait à dire.
Bellatrix lâche un coup d'œil immonde à Lucius au dessus de ma tête, avant qu'elle ne se tourne vers Ginny.
« Ne paraît pas si dégoutée, petite morveuse » dit-elle violemment à Ginny, dont la lèvre est recroquevillée face au regard que lui lance Drago. « Tu devrais être fière qu'un Sang Pur comme Drago daigne seulement te regarder. »
Drago lance un sourire reconnaissant à sa tante, alors qu'elle marche lentement vers Ginny.
« Peut être as-tu besoin d'apprendre les bonnes manières, Miss Weasley » murmure Bellatrix. « Après tout, les bonnes manières doivent parfaitement convenir au statut de ton sang, n'est-ce pas ? »
Elle se rapproche rapidement jusqu'au niveau de sa hanche et il y a soudain un flash argenté et un cri d'avertissement s'échappe de mes lèvres juste avant que la main de Bellatrix atteigne l'estomac de Ginny.
J'observe avec horreur les hurlements de Ginny qui s'étreint fortement le ventre, alors que du sang, du sang, beaucoup de sang déborde de ses mains serrées.
Je commence à m'avancer, mais une main de fer se referme sur mon épaule, les doigts s'enfonçant à travers ma robe, m'obligeant à rester où je suis, mais oh mon Dieu, mon Dieu, Ginny…
« NON ! » hurle Ron, tombant à genoux à côté de sa sœur. Il essaie désespérément d'appuyer sur la plaie de son ventre, mais elle sanglote encore plus de douleur lorsqu'il la touche. Du sang couleur vermeil coule d'entre leurs mains.
« Oh mon Dieu ! » sanglote Ginny. « Aide-moi, s'il te plait ! »
« J'essaye Gin, j'essaye ! »
Bellatrix fait disparaître d'un mouvement de baguette le couteau qu'elle tenait dans sa main, avant qu'elle ne commence à glousser en admirant son œuvre.
La tête de Ron s'élève pour lui faire face, le visage rouge de colère.
« Vous… Vous êtes immonde- »
Il bondit soudainement sur ses pieds et coure vers Bellatrix, le poing levé dans une rage aveugle.
« VOUS ALLEZ LA GUERIR MAINTENANT, OU JE VOUS JURE- »
Mais Avery lève sa baguette derrière lui.
« Endoloris ! »
Ron tombe au sol, hurlant de douleur. Je m'avance automatiquement, mais les doigts de Lucius s'enroulent autour de mon poignet, me tenant là où je suis, m'interdisant de bouger.
Ron s'agite sur le sol alors que Ginny se traine vers lui, s'accrochant à son estomac de toutes ses forces. Elle essaye de lâcher son estomac blessé pour s'accroupir près de son frère, mais elle crie alors de douleur, et tombe à côté de lui.
Chaque hurlement est comme un couteau en plein cœur. Je commence de nouveau à lutter, mais l'emprise de Lucius se contente de se resserrer sur mon poignet, se resserrer, jusqu'à me couper la circulation sanguine…
Et puis les cris de Ron s'estompent alors que le sortilège quitte son corps. Il se recroqueville sur le sol, tremblant de tous ses membres.
Avery baisse le regard vers Ron, et pour la première fois depuis que je l'ai rencontré, je peux voir autre chose que du froid dans ses yeux. Une lumière sombre danse maintenant dans son regard. C'est faible, très faible, mais elle est là.
« Je vais faire un marché avec vous, Weasley » dit-il à Ron, ce dernier le regardant avec des yeux injectés de sang. « Je vais guérir votre sœur. Je vais lui permettre de vivre. Mais d'abord… »
Il s'arrête, et les yeux de Bellatrix scintillent d'excitation.
L'emprise se Lucius sur mon poignet se resserre.
« Mais d'abord… » murmure Avery, « vous allez devoir la baiser. »
Bellatrix laisse échapper un horrible ricanement dément.
Oh…oh, c'est… c'est malsain ! C'est inhumain, c'est dégoutant, c'est…
C'est exactement ce qu'est leur façon de vivre, Hermione.
Mais ils ne peuvent pas… Ils ne peuvent tout simplement pas !
Je regarde autour de moi, cherchant quelqu'un prêt à dire quelque chose pour mettre fin à cette situation. Avery et Bellatrix semblent trouver cela amusant : ils ont tous les deux un large sourire.
Mais les deux Malefoy réagissent différemment. Drago semble effrayé. Il ressemble à un petit lapin pris au piège dans une aventure bien trop dangereuse pour son si jeune âge.
Et Lucius… Lorsque j'ose un regard vers lui, il baisse les yeux vers moi, son expression calculatrice. Il ne semble pas s'intéresser vraiment à la situation, simplement à l'effet qu'elle a sur moi.
Est-ce la raison du pourquoi il m'a amené ici ?
Qu'est-ce qui ne va pas avec lui ?
« Vous ne pouvez pas- » je murmure.
Lucius semble être la seule personne qui m'entend.
« Ce n'est pas ma décision » il murmure en retour, sans me quitter des yeux. « C'est aux gardiens de Weasley de décider de la façon dont il doit être puni. Je ne peux intervenir que s'ils me donnent l'autorisation de le faire. »
Je reste bouche bée d'horreur devant lui, avant de me retourner pour regarder Ron à nouveau.
Ron dévisage Avery, le corps tremblant alors qu'il se redresse sur ses talons. C'est comme s'il n'avait absolument pas compris ce qu'Avery venait de lui dire.
« Vous… Qu'est-ce que vous avez dit ? » il demande d'une voix calme et tremblante.
Bellatrix rit horriblement.
« Tu as très bien entendu ce qu'il a dit » dit Bellatrix, sa voix chargée de pure malice. « Nous allons épargner la vie de ta sœur, mais avant cela tu dois la baiser. »
Ron devient si pale que sa peau en est presque verte.
Je jette un œil à Ginny. Elle s'agrippe l'estomac, le sang continuant de couler entre ses doigts. Elle regarde Bellatrix et Avery avec la même expression que Ron.
« Vous êtes des gros malades ! » elle murmure, son visage se crispant de douleur. « Vous tous, vous êtes complètement… »
Elle s'arrête en haletant, se cramponnant l'estomac en se pliant en deux.
Je ne… je ne peux pas comprendre. Je ne peux tout simplement pas comprendre comment des personnes peuvent même envisager de leur demander une telle chose.
Je me retourne, regardant Lucius, souhaitant qu'il fasse quelque chose. Mais il se contente de me regarder d'un visage de marbre.
Il ne s'en soucie absolument pas. Il s'en fout.
Peut être que j'espère beaucoup trop. Après tout, la seule fois où je l'ai vu afficher de l'humanité, ça a été envers moi. Il n'a jamais, jamais montré une quelconque humanité avec Ron.
Et maintenant, je sais pourquoi, non ?
Je me retourne pour regarder Ron. Il se contente de secouer la tête en signe d'incrédulité.
« Qu'est-ce que c'est, une blague pourrie ? » Il se déplace vers Ginny, appuyant sa main sur la plaie béante de son ventre. « Vous êtes vraiment tordus, espèces de- »
Mais avant qu'il ne puisse finir sa phrase, Avery se déplace rapidement et lui saisit l'épaule, l'amenant en arrière et le claquant sur le sol. Ginny hurle et essaye de bouger pour l'aider, mais Bellatrix la saisit comme un éclair, la maintenant sur le sol par les poignets.
Non. Non, ça ne peut pas continuer. Ce n'est pas juste !
Mais avant même que je n'avance, un bras de fer vient m'entourer la taille, me reculant, venant me coller à la personne qui me retient.
« Ne tentez rien. » Son murmure se glisse dans mon oreille. Une baguette se creuse dans mes cotes. « Je suis sérieux, ne tentez rien. »
« Ce n'est pas une blague » dit Avery d'une voix trainante. « C'est une négociation. Nous la guérirons dès que vous aurez couché avec elle. »
« C'EST QUOI VOTRE PROBLEME, ESPECE DE MALADE ? » Ron lui crie au visage. « C'est ma sœur- »
« Dans ce cas, tu devrais être prêt à faire n'importe quoi pour l'aider, non ? » Bellatrix rit, ses yeux illuminés de malice. Ses jointures blanchissent alors qu'elle resserre son emprise sur Ginny. « Quel genre de frère n'essaye même pas de sauver la vie de sa sœur ? »
Ginny se débat de toutes ses forces, le visage déformé par la rage. « Lâchez-moi, dégagez de là ! »
Bellatrix libère ses poignets, mais la seconde d'après elle donne un petit coup de baguette et le corps de Ginny devient soudain mou et immobile. Seuls ses yeux peuvent encore bouger. Ils regardent désespérément autour de la salle. Une mare de sang se répand autour de son corps frêle.
« Ta sœur n'en n'a plus pour très longtemps, Weasley » dit Bellatrix alors qu'elle se lève. « Tu ferais mieux de passer aux choses sérieuses, tu ne penses pas ? »
Avery se moque soudainement, son rire musical se répercutant dans la pièce alors qu'il commence à entamer une lutte contre Ron.
« Allons, allons, Weasley » il murmure. « Après tout, ce n'est pas comme si elle était vierge, hein ? Nul doute que Potter a déjà- »
« TAISEZ-VOUS ! » Ron braille, semblant presque dérangé. « Comment pouvez-vous… C'est ma sœur, pour l'amour de Dieu ! »
Avery pointe sa baguette sur le visage de Ron, son expression arborant un calme mortel. « Vous ne pouvez pas nous en vouloir » il marmonne. « Vos parents ont refusé de faire ce que nous leur demandions, même s'ils savaient pertinemment que les conséquences seraient désastreuses. En retour, nous allons donc obliger leur plus jeune fils à baiser leur fille unique. Ca devrait leur refaire reprendre raison, hmm ? »
C'est juste… Oh mon Dieu, c'est tellement…
L'emprise de Lucius se resserre autour de ma taille.
Ron secoue la tête sur le sol. « S'il vous plait » dit-il en tremblant, la voix vacillante. « S'il vous plait, ne me faites pas faire cela, s'il vous plait ! »
« Tata ? »
Ma tête pivote rapidement. J'avais presque oublié que Drago était présent.
Il regarde la Ginny immobile, le visage encore plus blanc que d'habitude, avec ce qui ressemble définitivement à de la peur.
« Ne penses-tu pas que… N'est-ce pas un peu trop- »
« Drago » la voix de Lucius se fait entendre juste derrière moi. « Tu ne dois pas interférer. Ca ne te concerne pas. »
Drago se tourne vers le visage de son père, son expression se tordant de fureur alors que ses yeux se baissent pour apercevoir le bras de son père autour de ma taille, mais il ne dit rien. Il se contente de fermer sa bouche comme un piège, et son visage revient vers Ginny, légèrement vert.
Ni Bellatrix ni Avery n'entendent cependant. Bellatrix s'accroupit près de lui et sourit à Ron de toutes ses dents.
« Tu sais ce que tu as à faire, Weasley » elle murmure. « Baises-la. »
Mon cœur se brise pour Ron alors que des larmes réelles commencent à couler sur ses joues. J'essaie de lutter à nouveau, pour l'aider, mais Lucius maintient sa poigne.
« Ecoutez-moi » il murmure dans mon oreille, « vous ne pouvez rien faire pour le sauver. Ils vous assommeront en un battement de cœur dès que vous l'aurez atteint. »
« S'il vous plait, vous ne pouvez pas dire ça ! » gémit Ron.
Bellatrix sort un horrible rire aigu. « Oh, mais as-tu des problèmes, petit garçon ? » Elle et Avery le force à s'asseoir, lui enlevant sa chemise avant de le forcer à se recoucher à nouveau. Tandis qu'Avery le maintient fermement, la main de Bellatrix dérive vers la boucle de sa ceinture. « Peut être qu'on devrait t'aider un peu. »
Je me tors et me débat sous les mains de Lucius, essayant de me libérer. « S'il vous plait, arrêtez ça, vous ne pouvez pas- »
La main de Lucius se referme sur ma bouche, étouffant mes mots. Son bras m'écrase la taille.
« Attendez » il murmure dans mon oreille. « Attendez. »
Attendre ? Mais de quoi est-ce qu'il parle ? Attendre quoi ?
Pourquoi veut-il que je voie ça ?
Ron commence réellement à sangloter alors que Bellatrix défait sa ceinture.
« S'il vous plait, je ne peux pas » il sanglote. « Ecoutez-moi, je vous en supplie, s'il vous plait- »
Avery lève une main pour interrompre Bellatrix, qui enlève lentement ses mains de la ceinture de Ron.
« Qu'avez-vous dit ? » demande Avery.
« J'ai dit je vous en supplie, s'il vous plait, ne me faites pas faire ça- »
« Bien » dit Avery d'une voix moqueuse. « Si vous allez jusqu'à nous supplier, alors ça change tout. J'ai toujours pensé que le respect était un trait des plus digne. »
Avery et Bellatrix se mettent tous deux à rire alors qu'ils libèrent Ron, se redressent et s'éloignent de lui. Il lève les yeux vers eux, comme s'il osait à peine y croire.
« Nous allons vous laisser pour cette fois, Weasley » dit Avery, « mais croyez-nous, si vos parents nous défient à nouveau, vous ne serez pas aussi chanceux la prochaine fois. »
Je peux à peine respirer face au soulagement qui se propage en moi. Oh Dieu merci, Dieu merci.
Le bras de Lucius se desserre de ma taille.
Avery se dirige vers Ginny, dont le visage est humide et brillant de larmes.
Il dirige sa baguette sur son estomac, et une lumière dorée s'étale sur sa blessure, scellant la plaie…
Il s'accroupit à côté d'elle et se saisit de son poignet.
« Finite Incantatem ! »
Elle remue lentement au sol. Son emprise sur son poignet ne la quitte pas alors qu'elle se redresse, le regardant dans un silence terrifié, le visage pale et épuisé.
Il pose sa baguette sur la tempe de Ginny, retirant un long filet argenté de son crâne. La substance s'enroule autour de la baguette tandis que Ginny le regarde avec des yeux étrangement flous.
Je déplace mon regard vers Avery, qui place la mémoire dans une petite bouteille de verre qu'il sort de ses vêtements, la refermant avec son bouchon lorsqu'il a fini. Ginny regarde tourbillonner la substance dans la petite bouteille, ses yeux comme deux grands trous sombres sans fond.
Peut être qu'elle n'aurait pas été aussi forte que je ne le pensais, après tout.
Avery la regarde, le visage dépourvu d'expression.
« Nous allons maintenant vous ramener chez vous. Nous n'avons plus besoin de vous. Lorsque vous verrez vos parents, vous leur donnerez ceci » dit-il en lui tendant la petite fiole. « Et assurez-vous qu'ils voient ce qu'il s'est passé, est-ce que c'est clair ? »
Elle le regarde tout en prenant la petite bouteille dans sa main, et sa lèvre inférieure tremble alors qu'elle hoche positivement la tête, glissant la petite bouteille dans la poche de sa robe.
Avery la contourne et vise sa poitrine de sa baguette.
« Et dites à vos stupides parents de ne plus défier les Mangemorts. Pas s'ils veulent que leurs enfants soient saufs. »
Il exécute un petit mouvement de baguette.
« Stupefix ! »
Ginny s'effondre lorsque la lumière rouge la frappe, ses cheveux roux enveloppant son visage.
Ron étouffe un sanglot et tombe près du corps inconscient de sa sœur, la tirant vers lui dans une étreinte féroce.
J'avale lourdement, mon souffle me revenant en courtes rafales alors que des larmes me montent à nouveau aux yeux.
Sans que personne ne s'en aperçoive, et si légère que je peux à peine la sentir, la main libre de Lucius vient brièvement caresser la mienne, dans le pli de nos vêtements, à l'abri de tous les regards.
