CHAPITRE 7 : DEUX OU TROIS BILLETS ?
Le lendemain matin au domicile des Booth, tout le monde s'était levé au aurore pour conduire les deux amis à l'aéroport. Dans la cuisine, Seeley venait de préparer un somptueux petit déjeuner avant le départ de ses invités. Entre pancakes, thé, café, croissants… Jane ne s'était pas fait prié pour tout déguster. Au contraire de Gillian qui avait avalé que la moitié d'une biscotte sans beurre. À vrai dire, le stress du voyage venait de créer un noeud dans son estomac l'empêchant de manger quoique ce soit. Seeley s'inquiéta du peu d'appétit de son amie:
— Tu es sûre que tu ne veux rien manger Gillian ?
— Non je n'ai pas très faim…, réfuta t-elle avec un timide sourie. — Je me sens un peu barbouillée, mais merci quand même.
— Tu as tors Gill' ! répliqua Patrick la bouche pleine. — Ce gâteau au chocolat est juste à tomber par terre !
Il avala le morceau dans sa bouche et dicta: — Tiens regarde !
Le blond mangea une nouvelle bouchée de la pâtisserie puis, grâce à son talent théâtral, mima à terre sa mort shakespearienne. Une maigre parodie qui fit glousser la psychologue. Face au mentaliste, allongé au sol avec les bras en croix, Booth soupira de sa bêtise, l'enjamba et répliqua: — Au lieu de faire la serpillière, tu devrais te préparer, on ne va pas tarder à partir !
— Déjà fait ! riposta t-il, les yeux clos. — Tu sais Seeley, tu devrais donner ça à tes suspects ! Le chocolat permettrait de les détendre et de leur faire avouer tout leur plus noir secret ! Comme... qui a volé le stylo de Cal dans son bureau ?!
Gillian éclata de rire à ne plus s'en arrêter vite suivit de Temperance qui donnait à manger à sa fille dans ses bras. Booth leva ses yeux au ciel et dit:
— Je ne comprends même pas comment vous pouvez rire à son humour ou même le comprendre ! Il termina sa tasse de café et la reposa dans l'évier pour plus tard la nettoyer. Jane se releva en répondant:
— Pour une fois qu'on rit d'une blague d'un blond et pas le contraire ! Tu devrais être content pour moi !
— Mouais…, marmonna t-il avant de tourner son attention sur Gillian: — Tu es prêtes Gill' ?
— Oui ! J'ai mis ma valise devant la porte d'entrée.
— Ok, et toi Patrick ?
— Hmm… Dans la baignoire ! Je me suis dis qu'a force de voyager, elle méritait un petit bain, s'amusa t-il. L'agent du FBI commença à partir, pour mettre les valises dans sa voiture, en soupirant désespéré:
— T'es pire que Cal…
Patrick, le talonnant de près, répliqua:
— Oui mais lui, il a un humour à l'anglaise ! Alors que moi je suis un pure produit Californien ! Tel le jus d'orange pressé je peux te faire des blagues de ce genre sans m'arrêter!
— Bah j'espère qu'il n'y aura bientôt plus de pulpe parce que sinon, crois moi que je te transforme en tarte !
— Mmmh ça ne doit pas être mauvais !
— Et puis d'abord, t'es pas Australien toi ?
— Ce ne sont que des rumeurs…, rejeta t-il, d'un geste de la main. Les deux hommes continuèrent, un peu plus loin, leur discussion forte intéressante, pendant que Temperance en profita pour en entamer une autre plus sérieuse avec Gillian:
— En parlant de Cal... Il ne t'a toujours pas répondu ?
— Non…, souffla t-elle avec une petite moue. — Je le comprends... J'espère juste qu'il me reparlera.
— Il le fera. Il ne peut pas se séparer de toi plus d'un jour !
— Si tu le dis…
— Oh mais je le dis et je le proclame haut et fort ! Tu te souviens de la fois où tous les garçons étaient partis pour leur week-end en forêt ?
— Oui et ?
— Et bien d'après Booth, Cal n'arrêtait pas de parler de toi ou de vérifier son portable pour voir s'il n'avait pas reçu un appel ou un sms de ta part ! À l'époque, je crois que tu sortais avec un certain Jonathan…
Surprise par cette révélation, Gillian haussa ses sourcils de surprise alors que Bones continua son récit: — Le plus drôle, c'est que Patrick a attendu la fin du week-end pour lui dire qu'il n'y avait pas de réseau dans le coin !
La psychologue ria de cette anecdote et répondit: — C'est pour ça qu'il était revenu avec un bleu sur sa joue ! Maintenant je comprends mieux !
— Oui ! ria l'anthropologiste lorsque son compagnon les interpella à l'extérieur pour les rejoindre. Les deux femmes se préparèrent à sortir et retrouvèrent Seeley et Patrick devant la voiture prête à partir. Seeley confirma en tapant dans ses mains:
— Bon, vos valises sont dans le coffre ! On peut partir.
— Preum's pour être devant ! s'exclama Jane qui entra avec une rapidité extrême dans le véhicule pour se mettre à la place désirée. Booth leva ses yeux au ciel pour la cinquième fois, contourna son 4x4 et s'installa à la place du conducteur. Cela promettait d'être un long trajet…
Gillian, Temperance et Christine installées à l'arrière, Booth démarra sa voiture pour se rendre à l'aéroport. Durant le voyage, Patrick n'avait de cesse de parler de tout et de rien provoquant sans le vouloir un début de maux de tête chez l'agent du FBI au volant. Il mordit ses lèvres pour s'empêcher de dire à son ami de bien vouloir se taire, au risque de ne plus pouvoir répondre à aucun de ses actes, mais s'est soulagé qu'il constata qu'ils étaient enfin arrivés. Seeley se gara dans un parking puis aida ses amis à transporter leurs affaires jusqu'à l'aéroport. Serpentant entre le flot de voyageurs, ils s'informèrent de l'heure du décollage sur le panneau d'affichage indiquant encore trente minutes d'attente. Le groupe patienta sur les sièges à disposition. Dix minutes plus tard, Booth remarqua les regards incessants de Gillian entre les trois billets qu'elle tenaient entre ses mains et les portes principales de l'aéroport. L'agent du FBI se pencha vers sa compagne et murmura: — S'il ne vient pas, je le tue.
— Je comprends parfaitement ce qu'il ressent et je comprendrais qu'il ne veuille pas venir, déclara Temperance sur le même ton, en berçant sa fille dans ses bras.
— Quoi ?! C'est sa meilleure amie et même plus... M'enfin là n'est pas la question ! Il devrait être là avec elle ! Un point c'est tout!
— Cal est un homme qui se sent abandonné à chaque fois qu'on lui ment ou qu'on le trahit, parce qu'il a l'impression de revivre...
— La même chose qu'avec ses parents…, termina Booth un peu dépité pour sa conjointe.
— Il lui faut du temps. Je ne dit pas qu'il ne fera jamais un pas vers Gillian. Je dis juste qu'il faut qu'il prenne du recul.
— Hmm... Tu as sans doute raison, mais j'aimerais tellement qu'il soit là... Il est le seul à pouvoir lui redonner espoir en toute circonstance. Il est le seul à pouvoir faire briller ses yeux...
— Et vice versa, dit Brennan souriante.
— Ouais ! C'est même assez paradoxal ! Comment deux experts en mensonge ne peuvent pas voir qu'ils sont fou l'un de l'autre!
— Tu sais, à force de se répéter qu'on est seulement des amis, on commence à croire à son propre mensonge. On préfère vivre avec lui que de se dire qu'on pourrait être autre.
— Waah Bones tu m'impressionnes ! On aurait dit Sweets !
— En fait, c'est Angela qui m'avait dit ça en parlant de Tony et Ziva.
— Oh…
— Hey ! Regarder ce que j'ai trouvé !
Non loin, le mentaliste déboula de nulle part avec un sac remplie de bonbons pendu à son bras et deux gobelets fumants entre ses mains. Il s'installa à côté de Gillian face au regard blasé de Booth.
— Quoi ?! Moi, quand je prend l'avion j'ai faim ! Donc, il vaut mieux prendre ses précautions.
Il déposa son sac sur les genoux et tendit l'un des gobelet à la psychologue.
— Non merci Patrick, je n'ai pas très envie de...
— En fait, ce n'était pas une proposition !
Au sourire charmeur de son ami, Gillian accepta finalement la boisson avec un fin sourire.
— C'est du chocolat chaud ! Ça te réchauffe en quelques minutes en cette période de froid ! Et en plus de ça… c'est du chocolat ! s'exalta t-il en buvant une gorgée sous le gloussement de son amie. L'enthousiasme du mentaliste à toute épreuve était communicante.
— Ouch ! Un peu trop chaud même ! dit-il, alors qu'il venait de se brûler la langue.
Annonce: L'avion en partance de Washington pour Philadelphie est prêt pour le décollage. Tous les passagers sont attendus à la porte 2 !
— Argh… Je n'ai même pas eu le temps de commencer à boire mon chocolat qu'on doit déjà partir ! À croire que le monde a une dent contre le chocolat !
Jane se leva lorsqu'une voix bien connu de tous s'éleva: — Et tu ne t'ai jamais dit que le monde pouvait avoir une dent contre toi.
Le groupe se retourna et arbora un sourire, mélangeant soulagement et bonheur, en découvrant Cal avec un sac en bandoulière sur une épaule ainsi qu'un billet d'avion dans une main. Il était venu…
— Non, car le monde m'aime bien trop pour ça ! répondit le bond heureux, par la présence de son ami.
— Ben voyons…, soupira Cal en roulant des yeux. Seeley se rapprocha de lui pour lui offrir une tape amical dans son dos et souffler au creux de son oreille:
— Tu as fais le bon choix…
— Il n'y en avait qu'un.
— Bonjour Cal ! le salua à son tour Bones.
— Salut Temperance ! Vous avez emmené Christine, elle a bien grandit depuis un mois !
Heureux de revoir la petite fille, Cal chatouilla de son index la joue rose de l'enfant souriante.
— En effet ! Et ses facultés motrices et mentaux se développent à une vive allure! s'extasia la mère.
— C'est... Génial ! L'expert en mensonge afficha un étrange sourire tandis qu'il savait pas quoi dire d'autre face à ces propos.
— Si tu entends par facultés mentaux, manger à la petite cuillère en s'en mettant partout alors oui c'est... génial ! ajouta ironiquement Seeley. Temperance s'apprêta à répondre à son compagnon lorsque Patrick les arrêta net en déclarant: — Seeley, Temperance vous pouvez venir deux minutes, j'aimerais vous montrez quelque chose avant de partir.
— Bah montre le nous ici, contra Booth ne comprenant pas le petit manège du mentaliste.
— Noon, marmonna t-il la bouche à demi-fermée. Après coup, il tourna ses yeux de droite à gauche pour implicitement désigner Cal et Gillian se contemplant de manière très intense. — Ce que je dois vous montrer se trouve là bas, continua t-il de bredouiller avec un hochement de tête significatif.
— Quoi ?! Je ne comprends rien à ce que t...
L'agent du FBI s'arrêta bien vite dans ses paroles lorsqu'il reçut un léger coup de coude dans les côtes de la part de sa campagne. Il désira la sermonner de ce geste malvenu, mais celle-ci lui indiqua silencieusement leurs deux amis qui n'avaient toujours pas rompu leur contact visuel. La lumière jaillit enfin dans la tête de Booth qui s'exclama: — Oh… Ooh ! Je crois que j'ai compris ! Ce que tu as à nous montrer c'est par là bas donc !
Le mentaliste, marchant dans la direction énoncée, chuchota à son ami:
— Ouais mais n'en fait pas trop tout de même...
Suite aux événements passés, l'atmosphère entre les deux experts en mensonge était toujours un peu palpable. Cal sut qu'il était temps de faire table rase et déclara pour détendre l'ambiance: — Ils ne sont pas très discrets...
— Non, en effet, approuva la psychologue amusée. — Mais je crois qu'ils ne l'ont jamais été.
— C'est vrai, sourit-il.
Un ange passa puis Cal proclama avec franchise: — Je suis désolé... Je n'aurais jamais dû réagir comme ça. Je me suis laissé emporter par mes émotions, je…
— C'est moi qui suis désolée ! J'aurais dû te le dire dès que je l'avais su… je...
— Et si on oubliait tout ça, ok ? Il posa une main affectueuse contre sa joue. Elle plongea son regard dans le sien et accepta la proposition avec un léger sourire. Il l'imita et c'est tendrement qu'il la pris dans ses bras pour souffler une promesse au creux de son oreille qu'il serait toujours là. À ces mots, elle le serra instinctivement un plus dans ses bras. Ils profitèrent de cet instant tendre jusqu'au moment où Patrick arriva pour signaler: — Je suis désolé de vous interrompre dans ce moment plein de... tendresse dirons nous ! Mais notre avion ne vas pas tarder à décoller donc…
— On arrive Patrick…, soupira Cal, en entourant la taille de son amie pour la faire avancer.
— Oh tu sais, j'aurais bien aimé que cela dure plus longtemps ! Et peut-être même, que si on vous avez laissé, vous auriez fini par trouver cela super Hot ! Vous auriez fondu l'un sur l'autre comme un sucre plongeant dans du chocolat chaud. Et après vous…
— Patrick ! s'exaspéra Cal.
— Ok je me tais ! Ah vous les anglais… dès qu'on parle un peu de sex, il n'y a plus personne !
D'une rapidité non feinte, le mentaliste se dirigea vers le portique de sécurité pour échapper à son ami abasourdi et éviter de recevoir un coup de poing bien placé sur son visage angélique.
— Un des ces quatre je vais le transformer en jus de fruit ! marmonna Cal entre ses dents.
— Bah dépêche toi car Seeley a le même projet que toi.
— C'est fou mais… ça ne m'étonne même pas !
Gillian éclata de rire alors que son ami en profita pour l'embrasser sur sa tempe.
Quelques minutes plus tard, les trois amis dirent au revoir aux Booth pour rentrer dans l'avion. À la porte principale de l'appareil, une hôtesse les accueillis avec un éblouissant sourire: — Bonjour madame, messieurs, puis elle ajouta avec un geste de sa main pour présenter une direction précise: — C'est tout droit !
Par l'absurdité de l'indication, de la jeune femme en uniforme, Cal répliqua avec son habituel sens du sarcasme:
— Aaah c'est sûr qu'on ne va pas se jeter par le hublot !
Cal passa en coup de vent devant les yeux interloquées de l'hôtesse ce qui ne manqua pas de faire bien rire Patrick.
— Quand ce n'est pas l'un c'est l'autre…, soupira Gillian lasse, en suivant les pas de l'expert en mensonge. Jane fit de même mais prit soin d'enchérir au passage:
— Ah les anglais, ils nous font grincer des dents avec leur humour, mais il faut bien avouer que c'est super drôle !
L'hôtesse lança un regard perplexe au blond lui offrant un fin sourire charmeur avant de rejoindre ses deux amis installés dans leurs fauteuils sur la rangée de droite de l'appareil. Il vérifia le numéro sur son billet, cibla une place juste derrière contre un hublot et élargit un peu plus son sourire à ce réjouissant constat. Tous les passagers installés à bord, la tour de contrôle autorisa l'avion à décoller. Quelques secousses plus tard, l'appareil se retrouva à planer dans les airs à plusieurs milliers de pieds du sol. Émerveillé, par la beauté du paysage défilant sous ses yeux, Jane s'exclama joyeusement:
— Oh regardez, les gens semble tous petits par le hublot !
— Seigneur… le voyage promet d'être intéressant, soupira Lightman, d'une petite moue avec sa bouche. Gillian ria puis se concentra aux conseils de sécurité donné par l'hôtesse et le steward.
Après trente minutes de vol, Cal commença à somnoler sans difficulté dans son siège suite à la nuit difficile qu'il venait de passer. Un peu de repos avant l'atterrissage ne pouvait que lui faire du bien. C'était sans compter sur Patrick qui s'immisça entre les deux sièges avec son paquet de bonbons entre ses mains. Il mangea l'un d'entre deux en marmonnant:
— J'm'ennuie…
— Dors ! ordonna Cal, les yeux fermés.
— Pas sommeil, réfuta t-il, en gobant une nouvelle sucrerie.
— Lis !
— Pas mes lunettes ! Elles sont dans mon sac.
— Écoute de la musique !
— Pas envie.
— Étouffe toi avec tes bonbons ça nous fera des vacances.
— La flemme, rétorqua le mentaliste blasé. Les yeux toujours fermé, Cal serra un poing sur sa cuisse et fulmina:
— Si tu te tais pas tout de suite, crois moi que c'est moi qui vais faire le somnifère !
— Il y a trop de témoins, on pourrait t'embarquer chez les flics, contra le bond la bouche pleine. — En parlant de flic, je suis sûr que le type qui est en train de lire comment gérer son stress en est un, reprit-il, d'un hochement de tête en direction d'un passager à proximité.
— Tu sais, j'ai déjà frappé quelqu'un pour moins que ça...
— Ah ouais ? Un garçon aurait embrassé ta fille ? s'amusa Patrick. Cal ne répondit pas. Prenant son silence comme une affirmation, il s'étonna:
— Non sérieusement ?!
— Patrick, laisse moi dormir…
— Pfff… t'es pas drôle !
Jane occulta l'expert en mensonge et pencha sa tête en avant pour espionner sa voisine en pleine concentration de mots croisés. Il trouva l'un d'entre eux et dit: — Pour la colonne de gauche c'est prestidigitateur.
— Heu… merci Patrick. Mince, j'ai perdu mon stylo…, bredouilla t-elle, en tournant sa tête de droite à gauche. Perplexe par ce comportement, Patrick désigna avec une pointe d'inquiétude: — Gill', il est juste devant toi.
La psychologue focalisa son attention et retrouva effectivement l'objet entre la reliure des pages du magasine.
— Ah merci Patrick, je… je ne l'avais pas vu...
— Mmh. Il jeta un dernier regard suspicieux à la jeune femme et se recala silencieusement dans son siège. Le silence rétablit, Cal, les yeux toujours fermés, demanda:
— Depuis quand ta vision a changé ?
— Je… c'est rien… Cal...
— Gill', répliqua t-il de manière réprobatrice. Il se redressa et tourna sa tête dans sa direction dans l'optique d'entamer une sérieuse discussion.
— Ce n'est pas rien… alors s'il te plait, dis le moi. Tu te rappelles, plus de secret…
Elle pinça ses lèvres, en signe de réflexion, puis avoua, le regard figé sur ses pages de papiers glacées: — Ça fait… une semaine tout au plus...
— Tout au plus, répéta t-il incrédule. — Bon sang c'est…
Elle ferma son magasine pour regarder son ami, en le suppliant presque:
— Cal s'il te plaît, ne remue pas le couteau dans la plaie…
— Ok… Je m'excuse, mais comprends moi, je n'arrive pas à croire que tu es pu me mentir aussi longtemps sur un sujet aussi grave.
— Je… j'avais peur…
— De moi ? s'inquiéta t-il. Elle pris sa main et le rassura: — Non ! Bien sûr que non... J'avais peur de le dire... En le partageant avec quelqu'un c'est comme si je rendais cela plus réel, tu comprends…
— Gillian, souffla t-il, en tirant son amie contre lui. — J'suis là, tu verras tout va bien se passer. D'un baiser dans ses cheveux, il promis: — On a toujours su traverser les épreuves difficiles ensemble et celle-ci on va réussir à la passer haut la main, tu verras…
— Si tu le dis...
— J'en suis sûr.
— Hey vous saviez que 60% des femmes disent simuler pendant l'acte ! proclama soudainement Jane en mettant preuve à l'appuie le magasine qu'il lisait devant les yeux de ses amis. — Arh s'ils lisaient ton livre je suis sûr que les gens s'apercevraient que cela devrait dépasser les 70 !
— Bon sang... je croyais que tu n'avais pas tes lunettes ! s'exaspéra Cal alors qu'il sentit Gillian rire contre son torse.
— En fait si ! Je les avais laissé dans la poche intérieure de ma veste !
— Je suis maudis !
— En vérité le mentir est un maudit vice. Nous ne sommes hommes et nous tenons les uns aux autre que par la parole.
— J'peux savoir pourquoi tu cites Montaigne ?!
Jane s'engouffra à nouveau dans son siège et répondit:
— Mmmh je vois qu'à Oxford tu ne faisais pas que draguer les filles !
La tête posée contre le coeur de son ami, Gillian l'interrogea rieuse:
— Tu ne faisais pas qu'étudier la psychologie à Oxford ?
— Bah… Tu sais avec les exam', fallait trouver des "divertissements" pour décompresser.
— Des divertissements…, gloussa t-elle.
— Tu sais... oh et puis laisse tomber.
— Il dit ça car les filles avec qui il a "décompressé" doivent faire partie des 60%, marmonna Jane. À ces mots, le pauvre mentaliste reçut subitement un jet de stylo sur son visage.
— Hey !
— Tai toi, exigea Cal, ou sinon tu vas te demander qui a éteint la lumière !
— Depuis le temps que tu me dis ça, je ne devrais même plus payer ma facture d'électricité !
L'expert en mensonge leva ses yeux au ciel lorsqu'il senti un poids plus lourd peser contre lui. À cette étrange sensation, il baissa légèrement son regard pour voir son amie qui s'était profondément endormie. Il sourit à cet état de fait et ferma à son tour ses yeux de fatigue.
Trois heures plus tard, une main posée sur son épaule le secoua avec plus ou moins de légèreté. Comprenant qu'il ne pouvait s'agir que de lui, Cal ragea:
— Patrick, crois moi que si tu n'arrêtes pas tout de suite tu ne payeras plus jamais ta facture d'électricité!
— Ça serait génial mais... Si je te réveille c'est pour t'avertir qu'on ne pas tarder à atterrir.
— Hmm, geignit-il en se redressant péniblement dans son siège. Réveillé, il capta encore la respiration lente et régulière de la jeune femme toujours en plein rêve.
— Gill…, l'interpella t-il. — Honey réveille toi…, réitéra t-il, d'une caresse sur sa joue.
— Hmm chéri, je t'ai déjà dit que je n'aimais pas qu'on me réveille quand je fais une grasse mâtiné…, maronna la psychologue dans son sommeille.
— Chéri ?! répéta interloqué Patrick. — Et bien ! Je ne savais pas que vous saviez si bien nous mentir, en nous omettant le fait que vous vous soyez mariés en secret !
— Arrête de dire des bêtises ! Elle est juste en train de rêver !
— De toi !
— N'importe quoi ! réfuta Cal, un peu agacé par les propos de Jane.
— Cal… Je t'ai déjà dit de me laisser tranquille…, bredouilla Gillian pour la seconde fois. Patrick ria et jaspina en récupérant un magasine:
— Et les rêves traduisent nos désirs refoulées…
— La ferme Patrick ! s'exaspéra l'expert en mensonge. Il déplaça quelques mèches de cheveux de Gillian pour la réveiller en douceur: — Luv' réveille toi, on va bientôt atterrir.
À la douce voix de son ami, la psychologue ouvrit lentement ses yeux pour tomber sur le visage souriant de celui-ci.
— Hey, bien dormis ?
— Très bien… Et toi ?
— Pareil.
— Tu—m'étonnes…, railla le mentaliste avec son magasine devant son visage. Une fois de plus, Cal occulta les dires de son ami et continua: — Ça va, tu n'es pas trop fatiguée ? Parce qu'on peut toujours réserver une chambre dans un hôtel. Tu pourras t'y reposer et on ira voir James juste après…
— Non ça va… Je t'assure, le trajet m'a permis de bien me reposer.
— Ok…
Peu après, l'avion effectua sa descente pour atterrir en toute sécurité sur la piste de l'aéroport de Philadelphie. Les trois amis descendirent de l'appareil avec d'autre voyageurs et partirent récupérer leurs bagages. Devant le ballet incessant des valises sur le tapis roulant, Jane s'exclama sans raison apparente:
— C'est fou comme j'aimerais faire une bonne grasse mâtiné ! Allongé dans mon lit à ne rien faire... Je ne sais pas pourquoi... mais c'est une sorte d'envie soudaine ! Tu n'as jamais eu envie de ça Gill'?
— Heu bah... Oui, enfin je suppose, pourquoi cette question ?
— Oh, pour rien ! Pour rien…, dit-il avec un facétieux sourire en coin. Il récupéra son sac de voyage et s'éloigna des deux experts en mensonges pour se rendre à l'extérieur. Pour éviter tout effort inutile à la psychologue, Cal transporta les siens en plus de ceux de Gillian. Il passa un bras autour de sa taille et la poussa à avancer dans la même direction que leur ami.
— Dès fois, je me dis qu'il est le seul à se comprendre !
— Ouais…, approuva Cal.
À l'extérieur, un froid hivernal envahissait les rues de la ville. Il ne neigeait pas encore mais un léger vent polaire paralysait les passants qui attendaient leur moyen de transport. Patrick sautilla sur place pour retrouver un semblant de chaleur puis cibla un taxi à proximité qu'il siffla pour l'amener à leur position.
— Bon sang ! Il fait trop froid ! Et dire qu'en Californie, il fait soleil presque tous les jours…, râla Jane alors qu'un taxi s'arrêta à leur hauteur. — Je commence à sentir des gerçures à mes lèvres et à mes doigts.
Pour contrer le froid, il forma un boule avec ses mains et souffla de l'air chaud à l'intérieur. Les valises dans le coffre, Cal poussa Gillian à entrer dans le véhicule et rétorqua pour Patrick:
— J'te jure que t'es vraiment trop sensible !
— Excuse moi, mais ma peau est fragile ! Elle demande de la délicatesse en toute circonstance !
— Rentre dans la voiture au lieu de dire des conneries, jasa t-il en prenant place auprès de son amie. Sans attendre une seconde de plus, Patrick se précipita à la place à côté du chauffeur de taxi et répondit:
— Tu dis ça parce qu'avec ta peau on pourrait faire des sacs comme pour les crocodiles ! Un sac Lightman… je suis sûr que ça aurait du succès !
Les clients avec leurs ceintures de sécurité, le véhicule démarra et quitta l'aéroport.
À SUIVRE...
La nuit a porté conseille n'est-ce pas ? ^^
TorriGilly : Cal a entendu ton cri et il s'est dit qu'il n'avait que ce choix à faire XD
