CHAPITRE 9 : L'EXAMEN


Une fois servit, House et Wilson s'installèrent à une table libre de la cafétéria et profitèrent de l'absence de leur amis, hésitant encore sur leurs choix de leurs menus, afin de discuter en toute confidentialité. Gregory guetta au loin Cal et Gillian riant à une bêtise de Patrick et demanda:
— Elle a déjà eu quoi comme symptômes ?
Wilson avala la nourriture qu'il avait dans sa bouche et relata:
— Trouble de la vision, céphalée, maux de tête…
— Elle est tombée inconsciente ?
— Deux fois d'après ce qu'elle m'a dit.
— Tu étais le premier à être au courant ?
— Oui…, affirma James en croisant ses bras sur la table. — Elle avait déjà eu un rendez-vous avec un autre médecin mais dès qu'elle a su ce que qu'elle avait, elle m'a contacté...
— Et Cal, quand l'a t-il apprit ?
— Hier…
House laissa quelques secondes s'écouler puis demanda de manière détachée:
— Il le gère comment ?
— Je ne sais pas... Tu le connais, il intériorise beaucoup. Il n'aime pas parler de ce qu'il ressent…
— Il préfère analyser les émotions chez les autres plutôt que sur lui même...
— Comme toi avec tes diagnostiques, pointa Wilson, en buvant une gorgée de son eau. House esquissa un rictus de mépris et l'écouta ajouter: — Le problème de Cal c'est qu'à force d'intérioriser…
— Il va exploser, termina House pour son ami.
— Oui, et à ce moment là, il faudra le canaliser car s'il lui montre ça, elle va commencer à perdre confiance…
— Mouais…
À la venue de leurs amis, les deux hommes arrêtèrent toute discussion et s'intéressent à celle que venait d'entamer les trois experts en mensonge. Jane posa son plateau repas à côté de celui de House et s'installa en demandant:
— Non sérieusement Gill' ! Entre l'accent anglais et américain lequel préfères-tu?
— Bien…, hésita Gillian en prenant place entre James et Cal. — Je ne sais pas trop…
— Fais gaffe à ce que tu vas dire Gill…, la prévint Cal, en la pointant avec sa fourchette où une frite était restée planter dans les dents de celle-ci. — Tu pourrais le regretter.
— Hey ! Ne l'influence pas toi ! riposta Patrick faussement vexé.
— À vrai dire, je crois que j'ai un petit penchant pour l'accent anglais…, affirma t-elle, d'un sourire timide. Heureux de cette réponse, un large sourire se dessina sur le visage de Cal qui enfourna triomphalement sa fourchette dans sa bouche en déclarant:
— Ah ! Et bah voilà ! 1 - 0 !
— Hmm de toute façon, c'était déjà perdu d'avance…, grommela Jane. N'ayant pas saisis un traitre mot du mentaliste, Gillian le sollicita sans obtenir de réponse concrète.
— Mmh ! Ce soir il y a une rediff' d'un show de Monster Trucks qui passe à la télé ! Ça vous dit qu'on regarde ça tous ensemble ?!
— Rhoo tu ne veux pas nous lâcher avec ça, riposta Cal en avalant sa frite.
— Ooh aller Cal tu me dois bien ça!
— Déjà, je ne te dois rien du tout ! Et puis… ce soir il passe Reservoir Dogs...
— Ah non ! Tu l'as déjà vu plus de cinq fois!
— 7 ! rectifia t-il avec un malin plaisir. Patrick s'apprêta à répliquer mais Wilson le coupa pour demander:
— Au fait vous dormez où ?
— À l'hôtel, répondit Gillian.
— Pour une nuit ? Ça ne vaut pas le coup, contra James.
En découpant sa viande, Cal déclara toujours avec ironie: — Ouais mais dormir dehors par ce temps, ce n'est pas que cela ne nous enchante pas trop mais presque…
— Je pensais que si vous le souhaitiez, vous pouviez dormir chez moi ou chez House.
Ce dernier, interloqué par cette invitation donnée non autorisée, s'offusqua:
— Et depuis quand tu te proclames aubergiste de ma maison ?
— Depuis que tu ne cesses de me dire que tu voudrais avoir d'autres conversations que celle de bébé ou de bonne femme, riposta James, en référence à Cuddy et à sa fille qui venaient parfois chez lui. House mima une grimace de réflexion et approuva:
— Pas faux…
Vivement intéressé par ces dernières révélations, Patrick s'exclama avec un grand sourire digne d'une groupie en face de son groupe de boys band préféré:
— Attends ! On a loupé un épisode là ! Depuis quand toi et Lisa vous êtes ensemble ?!
— Je n'ai pas à te répondre monsieur People.
— Hmm si tu veux une bonne référence en tabloïde je te conseille The National Enquirer !
— Même moi je ne comprends pas comment cette chose puisse exister, rétorqua House acerbe alors qu'il piqua rageusement une innocente frite dans son assiette.
— Cela doit faire du bien aux gens de savoir qu'une autre vie peut être pire que la leur…, dit Jane en haussant ses épaules.
— Et tu t'ai abonné au magasine mensuellement ou annuellement ?
— Ha-ha… très drôle Greg...
Devant l'air blasé du mentaliste, toute la tablée commença à éclater de rire par le désarrois de leur ami.

OoO

Le repas terminé, le groupe se rendit comme prévu à la salle des IRM. Dans l'impossibilité de les accompagner, Cal et Patrick patientèrent dans le couloir juxtaposé. On prépara Gillian à l'examen puis on l'allongea dans une imposante machine qui avait la faculté de prendre des clichés de son cerveau. Derrière la vitre d'une petite salle d'observation adjacente, James et House veillèrent au bon déroulement de la séance. Avant que la machine ne démarre, Wilson donna à son amie les derniers conseils de sécurité à l'aide d'un micro:
— Tu essayes de ne pas bouger ok ? Si jamais tu as le moindre problème tu nous le dis.
— Ok…, souffla t-elle avec un léger stress.
James le capta et s'empressa de la rassurer: — Ne t'inquiète pas tout va bien se passer. House se pencha à son tour sur le micro et plaisanta:
— Hey Honey ! Si tu as envie d'aller aux toilettes c'est maintenant ou jamais ! Gillian ria intérieurement, contrairement à Wilson jetant un regard réprobateur au médecin infernal qui ignora royalement sa désapprobation.
— Arrête Greg sinon je vais rire ! le sermonna gentiment la psychologue avec un grand sourire. Le micro coupé, la machine démarra et effectua ses premiers clichés sous un bruit assourdissant pour la patiente immobile. Dans la pièce d'analyse, House mangea une sucrerie chocolatée, piochée dans son paquet qu'il venait de dérobé, au distributeur des condamnés. Écoeuré, par cette dégustation inappropriée, Wilson s'offensa:
— Comment peux-tu manger des bonbons alors qu'une de tes amies passe un scanner pour savoir où se trouve sa tumeur ?
— Le scanner, c'est comme lorsqu'on va voir un film au cinéma, il y a du suspense ! Et moi, le suspense ça me donne faim ! expliqua t-il en gobant un autre chocolat. — T'en veux ? C'est Patrick qui me les a donné, mentit-il en présentant son paquet. — En plus d'être bon c'est gratuit.
Une expression de dégout passa sur le visage de l'oncologue qui refusa l'offre par un signe négatif de la tête.
— Comme tu veux, dit House, en étalant ses jambes sur le bureau à côté d'un ordinateur qui allait bientôt donner les résultats désirés. James posa ses yeux sur l'écran alors que son coeur se serra de plus en plus à cette longue attente.
— J'espère que ce n'est pas un gliome…, soupira t-il.
— De toute façon, il n'existe que deux types de tumeur cérébrale alors…, dit House en avalant un bonbon. — T'as une chance sur deux et ça on le saura qu'à la biopsie !
— Oui mais à choisir je préférais qu'elle ne soit pas cancéreuse…
— Tel le chat de Schrödinger, il nous faudra ouvrir la boîte pour connaitre la réponse ! Enfin là, c'est la boîte crânienne mais le résultat est le même…
Wilson secoua sa tête d'indignation et jasa: — Tu sais que t'es vraiment horrible parfois !
— Ouaip ! C'est ce qui fait mon charme ! Il jeta un bonbon en l'air et l'avala.
— Ton charme ?! Comment un homme aussi exécrable avec une canne peut avoir du charme ?!
— Comme ça ! dit-il, en faisant une grimace enfantine.
— Ok j'abandonne… Toi, Cal et Patrick vous êtes irrécupérables.
— Merci ! C'est un très bon compliment !
Les résultats de l'IRM s'affichèrent. House ôta ses jambes du bureau pour focaliser son regard sur les images noires et blancs diffusée à l'écran. L'analyse faite, le visage de Wilson se décomposa.
— Oh bon sang…
Dites lui que c'était un cauchemar et qu'il allait se réveiller.
— Je crois que même le chat de Schrödinger a plus de chance…, renchérit House sans décoller son regard de l'écran.

À SUIVRE...

J'espère que l'histoire vous plaît toujours ^^


TorriGilly : Merci de ta patience :D