Auteur : Bellatrix18

Bêta reader : memelyne

Titre : En quête d'acceptation

Disclamer : Tout appartient à la grande Stephenie Meyer (sauf l'intrigue et les membres de la famille de Rosalie). Je ne fais que m'amuser avec ses personnages pour mon plus grand plaisir et le votre j'espère :-)

Couple : Emmett/Rosalie

Coucou tout le monde :) Je sais, vous n'espériez plus et pourtant voilà le nouveau chapitre. Je tiens à m'excuser de ma longue absence. J'ais eus de gros soucis avec mon ordi et des problèmes personnels. Mais maintenant je m'y remets sérieusement.

Bonne lecture à tous.


Chapitre 2 : première rencontre


Mon frère se fit une joie de leur avouer que j'étais célibataire, peu d'amis et que je me complaisais dans la solitude. J'oubliais le passage où il disait que j'étais aussi complètement cinglé d'après lui. J'allais lui répondre avec une réplique bien sentie quand je les aperçus, me faisant oublier tout le reste…

Ils étaient cinq, trois garçons et deux filles qui se dirigeaient vers la table la plus isolée de la cantine. Si les gens avaient tendance à louer ma beauté, celle-ci me parue soudain bien fade face à la leur. Ils étaient si magnifiques, d'une beauté presque inhumaine, tels des dieux grecs qui se seraient par mégarde égarer sur terre et essayant sans grand succès de se fondre dans la masse des badeaux qui peuplaient cette bourgade appelée Forks.

Les lycéens de Forks ne faisaient pas attention à eux, comme si ce n'était que des éléments du décor. Pourtant à les voir, comment on pouvait ne pas être subjugué par eux ? En tous les cas moi, je l'étais. Comment aurait-il pu en être autrement ?

L'une des filles, petite et brune aux cheveux courts, avait des airs de lutin malicieux. Le genre de personne qui croquait la vie à pleine dent. La seconde, plus grande et possédant de long cheveux brun, semblait plus sérieuse mais me paraissais aussi soucieuse. Ensuite, parmi les garçons, celui qui semblait le plus jeune, arborait de magnifique cheveux couleur cuivré et des yeux qui avaient tendance à vous transpercer lorsqu'ils se tournaient dans votre direction, allant jusqu'à vous donner l'impression qu'ils étaient capable de lire au plus profond de votre âme.

Le second, plus grand avec des cheveux blond lui tombant sur le visage, avait une expression de perpétuelle souffrance. Quand au troisième, les cheveux noirs et légèrement bouclés, il était un peu moins grand que le blond mais avait une stature digne des plus grands athlètes.

Ce fut d'ailleurs lui qui attira surtout mon regard. Ses pommettes d'enfant sur son visage d'homme ne le rendaient que plus attirant. Mais aux vues de l'âge que leur conféraient leurs traits, je les aurais plus pris pour des étudiants plutôt que de simples lycéens. Je ressentis soudain comme une pointe de jalousie s'insinuer en moi en les voyants, peut être parce que leur beauté surpassait la mienne et que je n'étais pas habituée à cela. J'étais tellement plongées dans mes réflexions que je ne m'aperçu pas immédiatement que je continuais à les fixer à la limite de l'impolitesse jusqu'à ce qu'on me le fasse remarquer.

- Laisse tomber, me lança Jessica. Ils ne traînent avec personne qui ne soit pas eux.

- Personne n'ait assez bien pour les Cullen, renchérit Lauren.

- Le blond et la grande brune se sont Jasper et Bella Whitlock, m'expliqua Marie. Les autres se sont Alice, Edward et Emmett Cullen. Le docteur et sa femme sont venus d'Alaska il y a un an avec les enfants qu'ils ont adoptés et les neveux de cette dernière.

- Oui, cracha Lauren. Mais tous le monde sait que c'est uniquement parce qu'elle ne peut pas en avoir à elle. C'est pour ça qu'ils les ont recueillis quand ils avaient une dizaine d'année.

- Mais le pire, c'est qu'ils sortent ensemble entre eux, renchérit Jessica. Alice avec Jasper et Bella avec Edward. C'est trop bizarre… et trop dégoûtant si tu veux mon avis ! Quant à Emmett, les filles de Forks ne sont pas assez bien pour lui vu qu'il les rejette toutes les unes après les autres.

- Et puis cette famille n'est pas normale, continua Lauren. Rien que le fait qu'ils s'encombrent de gamins qui ne soient pas à eux. Faux être soit stupide, soit complètement désespéré.

- Ou bien très généreuses, répondis- je du tac o tac. Je n'appréciais pas trop ses remarques mesquines, ni elle d'ailleurs.

- Ils auraient pus recueillir un enfant en bas âge, repris-je, mais au lieu de ça, ils ont pris des enfants plus âgés qui auraient pu être à problème. C'est vraiment très gentil de sa part. Et pour le fait qu'ils soient du genre solitaire, je ne vois pas trop où est le problème. Beaucoup de personnes le sont, comme des écrivains ou des peintres par exemple. Ca n'en fait pas des dingues pour autant, ils sont parfois même reconnus pour leur caractère. Par contre, je ne peux pas nier que le fait qu'ils sortent ensembles et vivent sous le même toit est tout de même assez étrange, je l'avoue.

Vu la tête qu'ils faisaient, ma petite plaidoirie n'eut pas l'air de leur plaire, à moins que ce soit le fait que je parlais pour la première fois depuis le début du déjeuner. Ils me regardaient avec des yeux interrogateurs, se demandant pour certains si j'étais sérieuse ou non.

- Rosalie sait de quoi elle parle, étant une grande solitaire elle-même ! Lança mesquinement Colin, mettant fin au silence pesant qui s'était installé autour de la tablée. En tous cas, dommage qu'Alice Cullen soit maquée parce que je serais bien sortie avec elle moi, ajouta t'il.

- Je ne suis pas sure que ça aurait marché, répondis-je. La taille vous aurait posé problème.

- Alice c'est la petite, argumenta t'il.

- Je sais mais, t'es encore plus petit qu'elle, lui dis-je. Mon petit poussin.

Ne sachant pas quoi répondre, il me laissa tranquille pour tout le reste du repas non sans me fusiller de temps à autre du regard.

Ayant enfin réussie à avoir la paix, je pus en toute quiétude me remettre à contempler les Cullen. De manière un peu plus discrète cette fois, bien entendu. Je remarquais enfin leur air de famille. Ils possédaient tous une peau d'une blancheur extrême. Leurs yeux étaient aussi semblables : couleur ambre entourés de cernes violacés, sûrement dût au manque de sommeil.

Pourtant, cela n'enlevait rien à leur charme, bien au contraire. Tout comme cette impression tenace qui ne cessait de me souffler qu'ils ne fussent pas aussi inoffensifs qu'ils voulaient bien le faire paraître. Ce qui ne m'empêchait pas pour autant de balayer rapidement cette information de mon cerveau, comme s'il ne s'agissait que d'un détail sans importance. C'est alors qu'Edward se mit à me fixer de nouveau avec une insistance non dissimulé, une expression de profonde perplexité imprimée sur son visage. Autant dire que je ne mis pas longtemps à me retourner… Et pour de bon cette fois-ci.

Une fois ayant tous terminé notre repas nous débarrassâmes nos plateaux et partîmes en direction de nos cours respectifs. Pour ma part, je suivais Marie et Adam jusqu'au gymnase ou avait lieu mon prochain « rendez-vous » avec un certain monsieur Clapp.

N'ayant pas mes affaires, je fus exempté de cours : du basket, à mon plus grand soulagement. Je pus ainsi en profiter pour regarder les autres jouer à partir des gradins.

Alors que mon regards survolait l'ensemble des élèves, je fus surprise de trouver parmi eux nul autres que Jasper et Emmett qui visiblement partageaient le même cours que moi.

Finalement, ce fut sur eux deux que je décidais de fixer mon attention durant les deux heures que durait le cours. Monsieur Clapp avait décidé de faire jouer les élèves par groupe de deux. Groupe composé soit de filles soit de garçons mais jamais mixte, une façon un peu misogyne de voir les choses… Il avait ainsi organisé une sorte de petit tournoi opposant les garçons entre eux d'un côté et les filles de l'autre. L'équipe gagnante des deux tournois jouerait l'une contre l'autre. Pour moi, il ne faisait aucun doute que Jasper et Emmett gagneraient celui des garçons.

Tous les deux me paraissaient fascinants. Si les voir simplement assis au réfectoire était une chose, les regarder en cours de sport en était une autre. Malgré leur taille, et corpulence pour Emmett, ils faisaient preuve d'une grande agilité et d'une vitesse hors du commun. Une sorte de puissance émanait d'eux. Mais se qui me marqua ce fut leur posture. Elle possédait un petit quelques choses de félin, comme lorsque l'on regarde un documentaire sur les prédateurs. Ce fut cette impression qui me marqua le plus. Mais bizarrement, cela avait plus tendance à me fasciner qu'à m'effrayer. D'ailleurs j'étais tellement focalisée sur eux que ne vis pas du tout le temps passer.

Aussi, quand monsieur Clapp nous annonça que le cours était à présent terminé, je fus plus que surprise. Ce qui ne m'empêcha nullement de décamper rapidement, désirant le moins possible avoir la compagnie de mes « nouveaux amis ».

Arrivée sur le parking, je m'isolais dans la voiture, attendant que mon idiot de frère daigne pointer son nez, quand je vis une voiture passer à côté de moi. Cette fois encore, la petite pointe de jalousie que j'avais ressentie précédemment au réfectoire se rappela à mon bon souvenir. La voiture était une Volvo 360 grise conduite par nul autre qu'Edward Cullen. Elle valait une véritable fortune et à cet instant je mourrais d'envie de la conduire. Ce devait être un véritable bijou à manier. Mais plus que tout, je voulais voir ce qu'elle avait sous le capot, histoire de disséquer le moteur et pourquoi pas, peut être l'améliorer. Pas grave, je me contenterais de ma voiture. Mon frère arriva enfin et je me dépêchais de rentrer une fois que sa majesté eut installé son royal fessier sur le siège passager.

Une fois arrivé à destination, je filais dans ma chambre sans même jeter un œil à Andrews et ma mère. Comme à chaque fois que j'entrais dans ma chambre, le froid du mois d'octobre me transperça. Je quittais néanmoins mes chaussures et mon manteau, puis m'installais à mon bureau afin de commencer à faire mes devoirs.

Comme toujours, se furent les maths qui me prirent le plus de temps. Je jetais un regard meurtrier à mes problèmes de vecteurs et d'équations une fois celles-ci résolues au prix de nombres efforts. Mes devoirs terminés, je pus enfin me détendre en jouant un peu de guitare. J'étais sûre que ma mère aurait préféré que je joue un instrument tel que le piano mais c'était carrément moins cool que la guitare et je trouvais le piano un peu vieillot. Et puis, de toute façon vu la taille de ma chambre, faire rentrer un piano dans celle-ci relevait de l'impossible.

De toute façon, je jouais uniquement pour me vider la tête. Ayant perdue la notion du temps, je fus surprise lorsque l'on frappa à ma porte. Il s'agissait d'Andrews qui venait pour me prévenir que le dîner était prêt. A table, comme d'habitude, je me contentais de manger sans participer aux conversations futiles qui se déroulaient autour de moi. Au bout d'un certains moment, mes parents me surprirent en s'adressant à moi. Fait exceptionnel quand on sait qu'ils mettaient d'habitude autant de soin que moi à ignorer l'autre.

- La voiture te plaît-elle ? me demanda mon père.

- Heu…Oui…Elle est géniale, bafouillais-je.

- Pourquoi c'est Rosalie qui a une voiture ? Questionna Colin. Moi aussi j'en veux une. Je suis en âge de l'avoir.

- Pour l'instant, tu vas devoir attendre, répondit mon père.

- Et pourquoi ça ? Continua t'il

- De un, ils font pas de siège enfant pour les conducteurs, répondis-je, et de deux, j'ais eus mon permis et mon code du premier coup ce qui n'est certes pas ton cas puisque tu en es à la deuxième voire troisième tentative. D'autres questions ?

- Rosalie Lilian Hale ! Gronda ma mère. Combien de fois vais-je devoir te le dire : je ne supporte pas que tu te serves de la taille de ton frère comme argument pour le ridiculiser de la sorte.

- De toute façon, repris mon père, même si on aurait voulu, nous ne pouvons pas te prendre de voiture car on doit prendre des billets d'avion pour Rochester. Nous irons le week-end du sept décembre afin d'y fêter l'anniversaire de Rosalie.

- Il n'en est pas question ! Rétorquais-je paniqué à l'idée de retourner là-bas.

- Pardon ? Fis mon père en se tournant vers moi les sourcils froncés.

- J'ai dit qu'il n'en était pas question, répétais-je. Je n'irais pas là bas !

- Que cela te plaise ou non tu iras tout de même là bas avec le reste de la famille, me dit il sur un ton ou perçait une colère difficilement contenue. Jusqu'à preuve du contraire, Catherine et moi sommes tes parents et tant que tu vivras sous notre toit tu feras ce que l'on te dit de faire !

- Et moi je dis que je ne veux pas retourner à Rochester, continuais-je.

- Réfléchis un peu, on ne va tout de même pas te laisser seule dans une ville que l'on connaît à peine, gronda mon père. C'est uniquement pour ton bien.

- C'est nouveau ça ! Et depuis quand notre sécurité et notre bien être passe avant votre confort personnel à maman et à toi ? le questionnais je sur un ton de défi.

La réponse de mon père ne se fit pas attendre, il me gifla fortement sous les yeux horrifiés de ma mère et d'Andrews et celui amusé de Colin. Choquée par son geste et ne trouvant pas les mots adéquat pour exprimer le bouleversement qui m'envahissais à cet instant, je me contentais de lui lancer un regard plein de reproche, pris mes clés de voiture dans ma poche et les déposais devant de lui, avant de sortir de la maison en claquant la porte sans un regard arrière. Je pris mes jambes à mon cou et mettais le plus de distance possible entre la maison et moi. Je devais m'éloigner de ma famille sous peine de faire quelque chose que j'aurais pu regretter plus tard. Quoi que vu les circonstances, je n'en étais même pas sûre.

J'avançais droit devant moi sans vraiment savoir où mes pas me conduisaient, trop aveuglée par les diverses émotions qui déferlaient en moi suite à ce qui s'était passé il y a quelques minutes à peine. Littéralement… Je fuyais. Encore une chose pour laquelle j'étais douée : la fuite. J'en étais parfaitement consciente maintenant, le travail de mon père me permettait de fuir mon passé et surtout Rochester. Lorsque je fus à bout de souffle, je m'arrêtais sur le parking du supermarché de Forks.

Je m'asseyais sur un banc situé en dessous d'un lampadaire mais assez éloigné du magasin, où il n'y avait pas grand monde vu que les portes de celui-ci se fermeraient dans une heure tout au plus. Je tentais difficilement de reprendre mon souffle, quand je sentis des larmes me monter aux yeux. Il ne manquait plus que ça, que je me mette à pleurer comme une petite fille au milieu du parking d'une petite ville paumé des Etats-Unis ! J'étais décidément tombée bien bas !

Je tentais de les retenir pour ne pas faillir à la promesse que je me suis faite il y a de cela six mois : retenir mes larmes quelques soit la situation, pleurer était une faiblesse que je m'évertuais à éradiquer, je me devais d'être forte. Je savais que cela pouvait paraître stupide mais c'était là le seul moyen que j'avais trouvé pour conserver le semblant de fierté qu'il me restait à ce moment là. Courir m'avait fait du bien mais je savais que ma dispute avec mes parents me rattraperait vite… Trop vite à mon goût.

J'aurais put leur expliquer mon comportement, pourquoi je ne voulais plus rentrer à Rochester, mais j'avais peur de les répugner. Eux qui avaient déjà tant de mal à m'accepter telle que je me montrais à eux aujourd'hui…

C'est sur ces entre faits que j'aperçue la voiture d'Edward Cullen. Du moins je le supposais, car à chaque fois que je la voyais c'était lui qui était au volant. La voiture passa devant moi et se gara un peu plus loin.

Comme toujours, ils étaient tous les cinq présents et comme toujours, aussi affreusement beaux. Alice et Bella partirent chercher des caddies tandis que les garçons attendaient près de la voiture. Mon regard capta celui d'Emmett et je fus comme hypnotisée. Si Jasper ne lui avait pas tapé sur l'épaule, il ne fait aucun doute je me serais définitivement perdue dans ses magnifiques yeux dorés. Son regard était bizarre. On n'aurait pas dit le regard de quelqu'un de jeune. Il possédait celui d'une personne ayant vécut longtemps, un peu comme celui de ma grand mère quand elle me parlait de sa jeunesse.

Ils entrèrent dans le magasin au moment précis ou il se mit à pleuvoir. Je me demandais si je devais ou non rentrer chez moi. La deuxième solution me convenait plus même si le fait d'être trempée me donnait une bonne raison de fléchir.

Ma grand-mère Lilian n'aurait sûrement pas été fière de moi en me voyant fuir ainsi comme une lâche. Mais elle se trouvait à Rochester et comme toute les personnes proches de moi qui y vivais, j'avais pris le parti de la rayer de ma vie. Je me levais et marchais un peu pour me réchauffer quand la voiture de mon père s'arrêta à côté de moi. Il ouvrit la portière et après un instant d'hésitation, je me décidais à monter tout de même.

Durant le trajet, qui me sembla durer une éternité, un silence pesant régnait en maître dans l'habitacle. Mon père ne parlait pas parce qu'il avait sa fierté et moi car j'en avais également hérité. Une fois à la maison, alors que j'avais dans l'idée d'aller directement dans ma chambre sans passer par la case parent, ma mère m'intercepta avant que je ne puisse atteindre les escalier.

- Rosalie ! s'exclama t'elle. Tu vas me faire le plaisir de quitter ses vêtements et de filer rapidement sous une bonne douche chaude.

Colin et Andrews émergèrent du salon et quand je vis le petit sourire triomphal du premier, une soudaine envie de le frapper commença à s'insinuer en moi.

- On peut savoir ce qui t'a pris ? Gronda mon père qui venait de passer la porte. On était mort d'inquiétude !

- Qu'est ce que vous voulez que je dise. Que je suis désolé ? Je peux pas, se serait un mensonge. Quand à savoir ce qui s'est passé dans ma tête, juste la solution pour ne pas retourner dans cette ville, répondis-je.

- Bien, dit mon père. Tu ne veux pas y aller et ben reste ici puisqu'à l'évidence quoi qu'on puisse te dire, on ne te fera pas revenir sur ta décision, mais sache que je n'aime pas du tout tes manières jeune fille ! Maintenant hors de ma vue avant que je m'énerve pour de bon et que je t'en remette une.

Il semblait tout aussi furieux que moi, donc je me retenais de lui dire que la violence était la réponse des simples d'esprits comme disait je ne sais plus qui. J'exécutais son ordre et me rendais dans la salle de bain où je prenais une douche presque brûlante avant de m'enfermer dans ma chambre, à double tour. Je m'allongeais sur mon lit et mis mon mp3 à fond sur mes oreilles.

J'entendis néanmoins que l'on frappa à ma porte mais je fis semblant de rien. Il me sembla aussi entendre des murmures mais je devais me tromper. Je préférais détourner le regard et faire semblant de rien. Les choses étaient tellement plus faciles comme ça.

Vers minuit, je me couchais enfin et finissais par m'endormir. Je quittais ma vie cauchemardesque pour entrer dans ceux de mes rêves.

Je me trouvais dans les rues de Rochester entouré de Véra et de quelques autres amis avec qui je discutais. Je rigolais avec eux et participais aux conversations.

Soudain tous se figèrent autour de moi, le regard vitreux, sans que j'en comprenne la raison. J'essayais de les faire sortir de leur torpeur du mieux que je pouvais, sans grand succès. Et puis tout à coup, sans que je m'y attende, ils se remirent en mouvements, partant chacun en des directions différentes. Je tentais de les retenir mais mes actions s'avérèrent inutiles, c'était comme si je n'existais pas.

Paniquée, j'essayais de les rattraper. Grossière erreur car je les perdis rapidement de vue et me retrouvais bien vite toute seule. Ne sachant pas quoi faire, je décidais de ne pas rester plantée là et me mis en marche lorsque des bruits de pas inquiétants commencèrent à se faire entendre derrière moi.

Je me retournais dans tous les sens pour trouver leurs provenances mais peine perdue, aucune trace de mon poursuivant. La peur commença à me gagner sérieusement. J'étais même totalement terrorisée.

Je décidais donc de m'en éloigner le plus possible et continuais à avancer d'un pas beaucoup plus rapide, cette fois-ci. Mais plus j'avançais et plus les rues s'assombrissaient sans que je n'en comprenne la raison. Pire même, plus j'accélérais la cadence de mes pas, plus ceux de mon poursuivant en faisaient de même. Plus terrifiée que jamais, je me mis cette fois à courir. Je me fichais de l'endroit où je me rendais, trop occupée à regarder derrière moi. Malheur m'en pris quand je me rendis compte trop tard, que j'étais arrivée dans une impasse.

Les rues se mirent soudainement à bouger de leur propre chef et l'impasse se transforma en une sorte d'arène dont j'étais la prisonnière. L'ombre de mon poursuivant mystérieux se manifesta pour laisser place à un homme se trouva coincé avec moi. Celui-ci était plus grand que moi et était tout de noir vêtu, affublé d'un masque couvrant l'intégralité de son visage et de ses cheveux, m'empêchant ainsi de l'identifier.

Mortifié, j'étais incapable de faire le moindre mouvement pour lui échapper, même si je l'aurais voulue. Et puis même si j'avais put fuir je ne voyais pas trop où j'aurais put allé puisque j'étais enfermée avec lui dans cette arène de l'enfer. Il prenait un plaisir à contempler la peur déformer mon visage et s'avançait lentement dans ma direction, très lentement. Histoire de faire durer le moment et se délecter encore plus de ma terreur.

Au bout d'un moment qui me sembla une éternité, il se planta devant moi, son corps frôlant le mien, provoquant en moi une vague de dégoût. Sa main caressa une de mes joues, avant qu'il ne m'attrape le bras et le serre durement. Puis il avança son visage jusqu'à mon oreille et me souffla d'une voix qui me semblait sortir d'outre tombe « Tu es à moi… Tu auras beau fuir jusqu'au bout du monde, je te retrouverais à chaque fois. ». Sa phrase provoqua une sorte de gémissement terrifié qu'il savoura en arborant un rire qui me glaça le sang.

Puis il ajouta « Je contrôle chacun de tes faits et gestes... Quoique tu dises… Quoique tu fasses… Tu seras éternellement à moi… Corps et âme ! ».

C'était à ce moment là que je me réveillai, comme toujours. Sans que je ne le veuille, des larmes se mirent à inonder mes joues et un cri de ma gorge m'échappa. Repoussant ma couette, je jetais un œil à mon réveil qui indiquait trois heures trente du matin et me rendais dans la salle de bain où je m'aspergeais le visage à grand renfort d'eau fraîche, puis retournais dans ma chambre. Là, je fus surprise d'y trouver ma mère, assise sur mon lit, le visage inquiet. Elle m'observa un moment avant de prendre une profonde inspiration.

- Encore un cauchemar ? Il s'agissait là plus d'une constatation que d'une simple question.

Encore ? Moi qui pensais qu'elle venait juste de s'en apercevoir, parfois ma mère m'étonnait.

- Tu sais, je me suis renseigné, ajouta t'elle hésitante. Et ils ont un bon psychologue à Port Angeles. Si tu veux, avec ton père on peut te prendre rendez-vous pour toi ? Je suis sûre que quelque part cela te soulagera d'une façon ou d'une autre.

- Sûrement pas ! Lâchais je d'un ton brusque, presque méchant. Ce n'est pas parce que je fais un cauchemar de temps en temps que je dois allez voir un charlatan !

- De temps en temps ? Lança ma mère d'un ton ironique. Tu crois que lors du déménagement, quand on dormait à l'hôtel, je n'ai pas remarqué que tu en faisais déjà ? Tu penses que je n'ai pas remarqué la lumière sous ta porte jusque tard la nuit, preuve que tu repousses autant que tu peux l'heure de dormir ? Hé bien détrompes toi. Je l'ai effectivement remarqué et ton père aussi. Nous ne sommes pas aussi stupide que tu as l'air de le croire.

- J'n'irais pas voir de psy, répondis-je. Je me gère toute seule et je n'ais pas besoin d'aide.

- Et moi, je n'ais pas envi que ma fille s'écroule de fatigue ! Rétorqua t'elle.

- Je ne m'écroulerais pas de fatigue comme tu dis, lançais-je. Et puis je suis assez grande pour savoir ce que j'ai à faire. Et voir un psy n'en fait certainement pas parti.

- Retourner à Rochester également je suppose ?

- Rochester aussi. Confirmais-je déterminée.

- Bien. Tu n'iras pas à Rochester, me dit elle. Je tenterais de m'arranger avec ton père. Mais si jamais tu refais des cauchemars, je te prends rendez-vous avec un psychologue. Et cela, même si je dois t'y emmener pieds et poings liés. Suis-je bien assez clair ?

- Très.

Après un dernier regard insistant, ma mère consentie à quitter ma chambre et je retournais me coucher à moitié furieuse. Furieuse d'avoir été aussi négligente. Mais j'étais aussi soulagée de ne pas avoir besoin de retourner à Rochester pour mon anniversaire. Comme d'habitude, il me fut impossible de retrouver le sommeil cette nuit là. Heureusement, j'avais assez de temps pour être en mesure de camoufler tous signes de fatigue à mon entourage.

Le lendemain, je quittais la maison, direction le lycée. Voyant mon expression, Colin me ficha la paix durant tout le voyage, craignant sans doute de faire le chemin à pied, si par mégarde il s'aventurerait à une quelconque provocation à mon encontre, ce qui était sage de sa part car vu mon taux de fatigue actuel, il était clair qu'il n'y aurait pas coupé.

Les cours se déroulèrent d'une lenteur effarante et j'en venais à me demander si je n'allais pas mourir d'ennui. Je me permettais donc de ne pas écouter ce que disaient les professeurs. De toutes façons, j'étais dans un état d'énervement et de stress ne me permettant pas d'être attentive à quoi que ce soit, demandant un minimum de concentration.

Quand l'heure du repas arriva, je pus cette fois ci assouvir mon besoin de solitude. Je voyais bien que les autres auraient bien aimé venir me rejoindre mais mon attitude dût les en empêcher. De plus, je ne me sentais vraiment pas à l'aise avec Mike, Eric et Tyler. Quand à Lauren, elle ne valait même pas la peine que j'en parle.

Puis enfin le cours d'espagnol arriva, annonçant mes deux dernières heures de calvaire avant ma libération journalière. Comme la veille et ce matin, je choisissais la place la plus éloignée près de la fenêtre. Une fois assise, je me replongeais dans mes pensées, me demandant comment échapper au psychologue que ma mère voulait que je consulte. Je sortis de ma rêverie lorsque le prof appela les élèves de la table voisine à la mienne : Emmett Cullen et sa sœur Alice…


J'espère que cela vous a plut. Merci de me laisser une petite review si vous le souhaitez.. Réponse assurée de ma part.

Biz et rendez vous pour le prochain chapitre. :)