« Je suis cette demeure hanté par un cri.
La nuit, ça claque des ailes
Et part, toutes griffes dehors, chercher de quoi aimer.
Je suis terrorisée par cette chose obscure
Qui sommeille en moi
Tout le jour je devine son manège, je sens sa douceur maligne. » - Sylvia Plath, La voix dans l'orme
Chapitre 32 Cicatrices
Je sors du bain, l'eau chaude coulant de sur mon corps et goutant sur le carrelage froid.
Je reste debout, me saisissant rapidement d'une serviette accrochée au mur, me séchant aussi vite que je le peux.
Il sera bientôt là. Je dois me dépêcher.
Je ne voulais pas être si en retard. Je suis si fatiguée ce soir. J'ai travaillé toute la journée, et je n'ai fini mes corvées qu'i peine une demie heure.
Mais ça ne change pas le fait qu'il sera bientôt là. Je le sais. Il ne met jamais longtemps à me rejoindre depuis ces derniers jours.
Je retourne dans ma chambre, m'arrêtant en face de ma garde robe, ouvrant la porte. Je fouille parmi les nombreuses robes. Ce sont toutes des robes ternes et ordinaires. Des robes de servante. Des robes en rapport avec mon statut, il m'a dit une fois.
Salaud.
Noire, noire, marron, bleue, noire, verte, bleue, marron, grise, noire, noire,…
Attendez une seconde…
Il y en a… il y en a une que je n'avais pas remarqué avant. Juste au bout là, se cachant derrière cette grise…
Elle… elle n'est ni grise ni noire, ni sobre. Elle est… elle est rose. D'un rose très pale.
Je ne sais pas pourquoi je ne l'avais pas vue avant. Mais bon, ce n'est pas étonnant puisque fouiller dans ma garde-robe n'a jamais été ma priorité.
Je tire la robe de l'armoire. Malgré sa couleur, elle reste néanmoins assez simple.
Je n'ai jamais vraiment aimé le rose. Ca me rappelle toujours la robe rose bonbon que portait Pansy Parkinson au bal de Noël.
Mais… Mais c'est tellement agréable de porter un vêtement avec un minimum de vie.
J'enfile ma robe sur mon corps humide. Elle colle un peu à ma peau, mais j'espère que ça ne sera plus le cas lorsque je serais sèche.
Je me dirige vers ma table de chevet et me saisit du peigne, le passant dans ma chevelure mouillée.
Je ne me suis pas regardée souvent dans le miroir ces derniers jours. Je déteste me voir et voir ce que je suis devenue.
Mais alors que je me peigne les cheveux, je tombe accidentellement sur mon reflet.
Mon Dieu, je suis tellement maigre. Je ne savais pas que j'avais perdu autant de poids.
Mais je suppose que ce n'est pas surprenant. Je ne reçois généralement qu'un seule et unique repas par jour, peut être deux si je suis chanceuse.
Je déteste ça. Je pourrais probablement compter mes cotes si je le voulais.
Je soupire et repose le peigne sur ma table de chevet, au moment même où la porte s'ouvre. Lucius entre dans la pièce et referme la porte derrière lui.
Ses yeux scintillent un instant, et lorsque son regard se pose sur moi, il est légèrement plus sombre qu'il ne l'était juste avant.
« Vous allez venir dans ma chambre ce soir » dit-il tranquillement.
Je cligne des yeux. « Pourquoi ? » je demande.
Il regarde autour de la chambre, un léger ricanement arquant ses traits. « Cette chambre… est une chambre de domestique. Je n'aime pas passer trop de temps dans ce genre d'endroit. »
Ah oui. Parce que cette petite chambre délabrée lui rappelle mon statut. Ca lui rappelle que je suis au dessous de lui, tellement en dessous qu'il… qu'il peut… puis-je utiliser le mot baiser pour décrire cela ?
« Venez. » Il sort un large tissu chatoyant que je reconnais tout de suite comme étant une cape d'invisibilité. « Mettez ça. Si quelqu'un vient dans le couloir, on ne peut pas se permettre qu'il vous voie. »
« N'est-ce pas un peu trop risqué d'ailleurs ? » je demande en tremblant. « Quelqu'un ne risque-t-il pas de rentrer dans votre chambre ? »
« C'est un risque que nous prenons tous les soirs lorsque je viens ici. Nous ne serons pas plus en danger dans mes propres quartiers. »
Les secousses familières de la peur se font de nouveau ressentir. Peut importe ce que je ressens, je n'arrive pas à m'habituer à elle.
Il me tend la cape d'invisibilité que je saisis à contre cœur. Je la passe au dessus de ma tête, faisant bien attention à ce qu'aucune partie de mon corps ne dépasse.
Il dirige son regard sur moi et hoche la tête.
« Bien » il murmure. « Maintenant, suivez-moi de près. Et ne pensez pas essayer de vous échapper en sortant d'ici. Le couloir est verrouillé. »
Mais il n'a pas besoin de me dire ça. Je sais que je ne pourrais pas m'échapper, et même si je le pouvais… je n'y arriverais pas.
Il se tourne et presse un instant son oreille contre la porte, écoutant attentivement, avant qu'il ne l'ouvre et passe le seuil. Je le suis, frôlant légèrement ses vêtements pour lui montrer que je suis sortie de la pièce.
Sans même un regard vers moi, il verrouille la porte et se retourne pour marcher lentement vers sa propre chambre.
Une autre porte grince derrière nous.
« Lucius ? »
Nous nous retournons tous les deux, moi heureusement invisible.
Bellatrix se tient au bout du couloir, et marche vers nous.
« Qu'est-ce que tu veux ? » demande froidement Lucius.
Ses lèvres s'étirent dans un sourire languissant alors qu'elle ondule vers lui.
« Tu sais ce que je veux » elle marmonne alors qu'elle l'atteint. « Tu as toujours su ce que je veux. Il n'y a pas si longtemps encore, tu ne le savais que trop bien. »
Je ressens un horrible coup au creux de mon estomac. Je ne veux pas qu'elle lui parle, je ne veux même pas qu'elle le regarde…
Mais bon, ça doit exactement être ce qu'elle ressent pour moi.
Non. Non. Je ne vais pas me sentir mal pour elle. Je peux me sentir mal pour sa femme, mais certainement pas pour la femme qui a tenté d'obliger Ron à coucher avec sa petite sœur.
Je m'y refuse.
« Tu es ivre » dit froidement Lucius. « Et il est tard. Va te coucher. »
Elle respire un rire et tend la main pour faire courir son doigt sur la boutonnière de sa veste.
Je sens que je vais être malade.
« Je vais aller me coucher, Lucius » elle murmure les yeux brumeux. « Mais n'aimerais-tu pas venir avec moi ? »
Je ressens un vertige de soulagement alors qu'il écarte vivement sa main.
« Va-t-en Bella » il marmonne. « Tu te ridiculises toi même. »
Son visage se crispe légèrement, et elle s'éloigne un peu de lui.
« Pourquoi y as-tu mis fin, Lucius ? » elle demande doucement. « Nous étions si bien ensemble. » Elle sourit pensivement. « Je me rappelle lorsque tu pouvais tout obtenir de moi- »
« C'est incroyable, n'est-ce pas ? » Lucius l'interrompt cruellement. « C'est incroyable comme tu peux transformer des éléments qui n'ont jamais eu lieu, en une réalité sordide. »
Son visage devient soudain pale, tandis que ses yeux se rétrécissent et ses lèvres s'amincissent.
« Tu n'étais qu'une distraction, Bella » il murmure froidement. « Une distraction agréable, mais tout de même une distraction. Et c'est fini maintenant. » Il se tourne vers la porte de sa chambre. « Je te souhaite une bonne nuit. »
Elle saisit furieusement son épaule de sa main, l'obligeant à se retourner pour lui faire face.
Je trébuche légèrement vers l'arrière, mais Dieu merci, la cape reste sur mon corps.
« Tu es méprisable ! » elle lui siffle. « Comment peux-tu me quitter pour une sale petite- »
« Nous avons trop de fois abordé ce sujet » il l'interrompt d'une voix d'acier. « Il n'y a rien entre moi et la Sang-de-Bourbe. Pour être franc, j'ai arrêté ce qu'il se passait entre nous uniquement parce que tu m'irritais. Tu m'as toujours irrité, et tu m'irriteras toujours. »
Pendant quelques instants, elle se contente de bafouiller et de cracher, avant qu'elle ne retrouve ses mots.
« Et elle, tu ne la trouves pas irritante ? » elle siffle avec colère. « Avec son insupportable satisfaction de soi et son attitude je-sais-tout ? »
Elle s'arrête, essoufflée, avant de lui sourire à nouveau.
« Comment pourrait-elle être comparée à moi ? » elle murmure. « Ma beauté est célèbre. Je pourrais te faire des choses qu'elle ne soupçonnerait même pas en rêve- »
« Mon rôle dans cette conversation est fini » dit-il, sa voix pleine de colère. « Rassemble toute la dignité qu'il te reste, et va te coucher. Peut être que tu pourras rendre visite à ton mari demain. » Il sourit malicieusement. « Je suis persuadé que Rodulphus sera ravi de voir sa chère petite femme. »
Son visage se crispe d'une rage désespérée. « Ne mentionne pas cet ingrat devant moi ! » elle siffle. « Il est en dessous de moi. Je l'ai épousé pour les mêmes raisons que tu as épousé ma sœur : pour une position politique et sociale, rien de plus ! »
Elle se saisit du pan de sa veste. « Ne comprends-tu pas, Lucius ? Nous sommes pareils, toi et moi. Tous les deux gouvernés par notre fierté et nos convictions. Nous avons rejoint les forces du Seigneur des Ténèbres car nous sommes sans scrupule, tellement supérieurs à tous les autres disciples- »
Il écarte sa main loin de lui, le visage dur comme la pierre. « Ne me compare pas à toi, s'il te plait » dit-il glacial. « Il y a un monde de différences entre nous. »
Il m'a dit ça une fois, il y a longtemps maintenant : il y a un monde de différences entre nous, Sang-de-Bourbe…
« Sais-tu comment m'appelle la Sang-de-Bourbe ? » dit-il d'une voix trainante.
Mon sang se glace alors que j'attends sa réponse.
« Elle dit que je suis diabolique » il murmure. « Et qui sait, elle a peut être raison. Peut être que la dureté et le manque de scrupules pourraient bien être définis comme le mal à l'état pur. »
Bellatrix relève son menton d'un air hautain. « Nous ne sommes pas diaboliques, Lucius- »
« Peut être que si, Bella » il l'interrompt sans douceur. « Peut être que si. Mais je dois avouer que ça ne me dérange pas d'être perçu comme tel. Au moins, je suis sain d'esprit, ce qu'on ne peut pas vraiment dire de toi. J'ai pris la décision de suivre cette voix, en ayant pleine possession de mon esprit. Toi, tu ne pourrais pas clamer cela. »
Mais… Mais cela ne rend-il pas les choses encore pires ? Au moins, elle a une excuse pour son comportement.
Elle blêmit à ses paroles, ses lèvres tremblant furieusement avant qu'elle ne lui réponde. « Tu as un cœur de pierre » elle chuchote.
Il sourit en secouant la tête. « Ca ne t'es jamais venu à l'esprit Bellatrix, que nous nous punissions peut être l'un l'autre lorsque nous étions ensemble ? Mais je n'ai aucune envie de poursuivre cette punition plus longtemps. »
Elle se met à ricaner. « Bon Dieu, » elle murmure, « que cherche la Sang-de-Bourbe, la championne irritante de la bonté Gryffondor, avec un monstre sans cœur comme toi ? »
Il prend une profonde inspiration. Mon cœur cogne durement dans ma poitrine, si fort que ça me fait mal, parce que je pense que même moi ne peux répondre à cette question.
« Je vais te le dire une nouvelle fois : il n'y a rien avec cette fille. »
Elle éclate soudain d'un rire hystérique. « Continue de le dire, si ça peut te faire du bien » elle crie à perdre haleine. « Je peux attendre. J'attends bien depuis plusieurs mois, alors attendre un peu plus longtemps ne me tuera pas. »
« De quoi es-tu en train de parler, bon sang ? » demande Lucius d'une voix irritée.
Elle laisse apparaître un petit sourire horrible. « Elle va mourir, Lucius » dit-elle joyeusement. « Elle ne quittera pas ce lieu vivante. Tu as toujours su que lorsque Potter mourra, elle mourra également. Ca sera à toi de le faire. Je peux donc attendre. Et lorsqu'elle sera morte de tes mains, je saurais que ça ne sera plus qu'une question de temps avant que tu ne reviennes vers moi- »
Il la gifle violemment au visage, si fort qu'elle tombe au sol, criant de douleur.
Mais ses paroles résonnent encore dans ma tête. Lucius, Lucius va devoir me tuer à la fin. Je vais mourir de ses mains, il devra me tuer…
Quelle fin tragique n'est-ce pas ? Digne d'une bonne tragédie grecque…
Je peux voir l'horreur et le dégout dans les yeux de Lucius alors qu'il fixe Bellatrix assise au sol. Il paraît aussi horrifié que je ne le suis.
« Même si je couchais avec la Sang-de-Bourbe » dit-il calmement, furieusement, « rien, pas même sa mort, ne me ferais revenir vers une vieille harpie comme toi. »
Son visage se tord de rage, mais avant qu'elle ne puisse dire quelque chose, il l'attrape par les cheveux et l'éloigne de lui.
« Dégage » dit-il venimeux.
Elle le fixe d'un regard meurtrier durant quelques instants, le souffle court de halètements furieux.
Mon cœur bat rapidement sous la peur, mais elle ne décide pas de le combattre. Elle se contente de se redresser et de le regarder droit dans les yeux, le visage animé par la haine.
« Traitre à ton sang. »
Elle lui crache ces mots au visage avant de se retourner et de traverser vivement le couloir, claquant la porte derrière elle avant de la verrouiller.
Quelques instants passent tandis qu'il regarde le couloir vide. Il pense à ses paroles, je le sais. Elles ont dû le frapper comme un couteau dans son âme. Le blesser de la pire des manières possibles. Traitre à ton sang, traitre à ton sang, traitre à ton sang…
Il m'a dit tant de fois que devenir un traitre à son sang était aussi immonde que d'être un Sang-de-Bourbe, peut être même pire. Au moins, les Sang-de-Bourbe n'ont pas eu le luxe de choisir le statut de leur sang.
Les traitres à leur sang par contre…
Peut être qu'il va juste me trainer jusqu'à ma chambre. Peut être qu'il va me gifler.
Peut être qu'il va vraiment mettre fin à ce qu'il se passe entre nous, cette fois.
Il se retourne, et je reste tendue, terrifiée par ce qu'il pourrait faire, mais il se contente d'ouvrir la porte de sa chambre.
« Vous feriez mieux de rentrer » il marmonne, si doucement que je peux à peine l'entendre.
Je le suis rapidement dans la pièce, frôlant sa main de ma cape pour lui faire signe que je suis bien rentrée.
Il ferme la porte derrière nous et la verrouille, nous isolant dans une douce sécurité.
Il regarde quelques instants la porte fermée, les sourcils froncés.
« Laissez-moi vous voir » il murmure, sans se tourner pour me faire face.
J'enlève la cape d'invisibilité de sur mes épaules. Elle glisse sur mon corps, allant se rassembler autour de mes pieds.
Il se tourne vers moi après quelques secondes de silence, balayant son regard sur mon corps. Il tend sa main, et vient caresser une mèche de mes cheveux pour la glisser derrière mon oreille.
« Valez-vous vraiment la peine de tous ces ennuis ? » il demande calmement.
Je ne lui réponds pas. Je ne sais pas quoi lui dire.
Je me contente de le dévisager, croisant son regard avec autant de fierté que j'en suis capable.
Il soupire, et laisse tomber sa main de mes cheveux et son regard de mon visage.
« Traitre à ton sang, elle m'a appelé » il marmonne sombrement. « Je n'aurai jamais pensé vivre le jour où un Malefoy serait catalogué comme… »
Je commence à trembler légèrement. Elle l'a profondément blessé par ces petits mots. Je ne le connais que trop bien.
« Est-ce si important comment elle vous a appelé ? » je murmure, la peur me forçant à parler.
Il fronce les sourcils vers moi. « Vous ne pouvez pas comprendre ce que représente une telle insulte. »
« Est-ce une insulte aussi forte que le mot Sang-de-Bourbe ? » je demande d'une voix dure.
Il ouvre la bouche comme s'il allait répondre, mais il semble changer d'avis quelques secondes après. Il prend une profonde inspiration avant de me répondre.
« Je ne vais pas perdre mon temps à vous l'expliquer » il marmonne. « Vous ne serez jamais capable de comprendre. »
Je soupire d'exaspération, mais il se détourne encore une fois de moi, ne me prêtant aucune attention.
Pourquoi est-il autant blessé ? Est-ce juste l'insulte, ou est-ce parce que ça vient d'elle ?
« Est-ce que vous vous souciez encore d'elle ? » je demande calmement, sans être vraiment sure de vouloir connaître la réponse. « Est-ce son opinion qui vous importe autant ? »
Sa bouche se tord en un sourire amer mais il ne se tourne pas vers moi. « Je ne me suis jamais soucié, et je ne me soucierai jamais, de Bellatrix Lestrange » dit-il sans ménagement. « Elle n'a jamais rien fait pour mériter que quelqu'un se soucie d'elle. »
Je me sens si soulagée que je ne peux plus parler. Parce que… même si je n'aime pas l'avouer, ce qu'elle a dit tout à l'heure m'a fait très mal. Comment pourrais-je jamais être comparé à une sorcière aussi belle, et qui a autant d'expériences ?
Je n'ai jamais vraiment su pourquoi il me voulait moi, alors qu'il peut l'avoir elle.
« Non, c'est ce qu'elle a dit qui me dérange » dit-il, concentré uniquement sur ses propres pensées. « Et elle a dit la vérité, n'est-ce pas ? »
Il marque une pause, prenant une profonde inspiration.
« Je suis un traitre à mon sang » il marmonne.
Je ne dis rien. Que pourrais-je dire, alors que je l'ai transformé en quelque chose qu'il méprise totalement ?
Il déplace son regard pour rencontrer le mien.
« Mais pourquoi je vous parle de ça ? Comment pourriez-vous comprendre ce dont je parle ? » il demande amèrement. « Vous ne comprenez déjà pas ce que vous êtes et ce que vous avez fait de moi. »
Je secoue la tête, incrédule.
« Parce que ce sont des mensonges, Lucius ! » je murmure. « Votre logique tordue de sang pur, tout ça n'a jamais été vrai. »
De la colère fuse dans ses yeux, de la colère dure et implacable.
« Ce ne sont pas des mensonges ! » il marmonne furieusement. « Vous êtes une Sang-de-Bourbe. Ce n'est pas un mensonge. Vous ne pouvez pas le nier. Et en me permettant de vous toucher, j'ai fais de moi un traitre à mon sang. »
Bien sur que je ne peux pas nier cela. Je ne peux pas nier que je suis née de Moldus, et je ne peux pas nier que, conformément à sa logique, j'ai fait de lui un traitre à son sang.
Je garde donc le silence.
« Vous avez tout compliqué » il marmonne venimeux, me regardant avec tant de haine que ça me fait mal de le regarder. « J'ai trahi tout ce en quoi je croyais, et tout ça pour quoi ? Une insignifiante Sang-de-Bourbe. »
Je continue à respirer. Je me force à continuer.
« Si vous avez renoncé à tout pour moi » dis-je en tremblant, « c'est que je ne dois pas être si insignifiante, n'est-ce pas ? »
Il me gifle au visage, si vite que je n'ai pas le temps de voir venir. Je me saisis de ma joue, les larmes me montant aux yeux. Je ne peux m'en empêcher. Il ne m'avait pas frappé depuis longtemps.
Il prend de fortes respirations, essayant de se calmer.
« Petite salope » il marmonne haineux. « Vous n'avez aucune idée de comment vous me faites souffrir. »
« Vous me faites souffrir aussi ! » je dis, ma voix se fissurant parce qu'il n'a toujours aucune idée de comment il m'a blessé de façon irréparable. « Vous m'avez blessé beaucoup plus que je ne vous ai blessé, et vous l'avez fait délibérément ! Vous m'avez enlevé mes parents, pour l'amour de Dieu- »
« Réfléchissez, juste un instant » dit-il, sa voix augmentant de volume alors qu'il m'interrompt. « Pensez à ce que vous ressentez pour vos parents. Prenez un instant pour bien vous en souvenir. »
Je fais ce qu'il me dit, et des larmes me montent aux yeux lorsque je pense à eux. Je me souviens de la douceur de ma mère, et du sourire de mon père.
Je lève les yeux vers Lucius, fixant son visage pâle et haineux. L'homme qui a tué mes parents, qui a pris la place de ma mère et de mon père lorsqu'il m'a enlevé.
« Vous auriez été heureuse de mourir à leur place, n'est-ce pas ? » il demande.
« Oui » je murmure. « J'aurai fait n'importe quoi pour eux. »
Il hoche la tête, les lèvres minces d'un contentement sinistre. « C'est ce que je ressens pour mes convictions » dit-il sans ménagement. « Vous voyez, vous pourriez prétendre que nous ne ressentons pas les mêmes sentiments, mais c'est pourtant le cas. Nous nous soucions tous les deux de quelque chose, si bien que nous serions heureux de mourir pour eux. Tout ce qui diffère, c'est que vous êtes assez folle pour vous soucier et vous reposer sur un autre être humain, tandis que j'ai appris il y a plusieurs années que la seule personne sur qui on peut réellement compter dans ce monde, c'est soi même. »
Je me contente de le dévisager, bouche bée.
« Vous mentez » je murmure. « Vous ne pouvez pas décemment comparer ce que je ressens pour mes parents et ce que vous ressentez pour vos convictions et votre croyance. »
« Pouvez-vous me prouver que je suis un menteur, Sang-de-Bourbe ? » dit-il d'une voix trainante. « Pouvez-vous prouver que vous vous souciez plus de ces sales Moldus qui vous ont mis au monde, que ce que je ressens pour mes valeurs qui ont façonné mon être ? »
« Ils ne sont pas de sales Moldus ! » je crie, le haïssant de nouveau de tout mon être à cet instant.
« Si, ils le sont » dit-il en douceur. « D'ailleurs, ce n'est pas une réponse à la question que j'ai posé. Je vous demandais si vous pouviez prouver que je suis un menteur. »
Je le regarde longuement et durement, fixant ses yeux froids et insensibles, souhaitant plus que tout pouvoir percer son esprit, juste une fois.
Mais même si je le pouvais, est-ce que ça me montrerait qu'il ment ? Peut être que ce n'est pas un mensonge pour lui.
Mais comment peut-il ressentir un genre d'amour aussi profond, intense et dévorant pour une simple croyance ?
Il me regarde comme s'il n'arrivait pas à me comprendre.
« J'ai toujours appris que les Moldus étaient la pire des racailles » il murmure. « Toute ma vie, ça a été une des seules choses à laquelle j'ai cru. Même lorsque j'étais à Azkaban et que le monde semblait me tourner le dos, je pouvais encore m'accrocher à cette conviction, et me consoler en me disant que j'aurai ma revanche jusqu'au dernier d'entre eux lorsque je me serai échappé. »
Des morceaux de glace me serrent les veines. Peut être que ça y est. Peut être que c'est le moment où il va finalement –
« Inutile, de la saleté inutile » dit-il doucement, menaçant. « Chacun d'entre eux. »
Il s'arrête, ses yeux s'adoucissant un instant lorsqu'ils croisent mon regard. Il me fixe comme s'il me regardait pour la première fois.
« A part peut être… » il hésite, et lorsqu'il parle à nouveau, sa voix n'est plus qu'un doux murmure. « A part peut être vous. »
Tout mon souffle quitte mon corps alors que mon cœur bat durement à mes oreilles.
Il tend la main et déplace une mèche de cheveux derrière mon oreille.
« Vous êtes… différente en quelque sorte. Je ne pourrais pas dire pourquoi, mais… »
Il s'arrête, me regardant comme si j'étais un puzzle qu'il cherche désespérément à résoudre. Tout ce que je ressens dans mon cœur qui bat la chamade, va exploser maintenant.
« Je n'ai rien de spécial, Lucius » je murmure. « Je ne l'ai jamais été. Je ne le serai jamais. »
Il laisse apparaître un léger sourire amer.
« Oh ma petite Sang-de-Bourbe » il murmure. « Si seulement vous saviez… »
Il baisse les yeux, les faisant courir sur moi lentement avant de les faire revenir sur mon visage.
Il s'approche de moi. Trop proche. Bien au delà de la limite convenable, mais c'est toujours comme ça avec lui, non ?
« Je n'ai qu'un souhait » il marmonne les yeux très sombres. « Et ce souhait est que votre sang soit pur. Dieu seul sait où ça nous aurait mené s'il l'avait été. »
Il tend lentement sa main, et vient repousser ma robe de sur mes épaules. Il me rapproche plus près de lui et je ressens un feu d'artifice au creux de mon estomac.
« Ca résoudrait tout » il marmonne en se rapprochant plus près de moi, de plus en plus près, jusqu'à ce que je ne puisse plus voir son visage, mais seulement ressentir son souffle chaud contre mon cou. « La situation entière aurait été tellement plus… douce. »
Et ses lèvres frôlent sensuellement mon cou, juste en dessous de la mâchoire, alors qu'il me saisit durement par la taille. Je ferme les yeux, et alors que ma bouche s'ouvre légèrement dans un soupir involontaire, ses lèvres serpentent jusqu'à la base de mon cou.
Ca ne peut pas durer plus longtemps. Impossible.
Le temps est compté pour nous. Je le sais. Mais pour l'instant, tout ce que je peux faire est de le retenir. Je ne peux pas me soucier du danger en ce moment, alors qu'il me tient si avidement, faisant glisser ses merveilleux baisers sur ma gorge, déplaçant lentement ma robe vers le bas, jusqu'à ce qu'elle repose autour de mes pieds, me laissant comme toujours, totalement vulnérable face à lui.
Je glisse mes propres mains dans l'intérieur de ses luxueux vêtements. Il se dégage légèrement de moi, me regardant bizarrement un instant, avant qu'il ne commence à enlever ses vêtements, me permettant de l'aider.
Je réalise que c'est la première fois que je fais ça. Je suis en train de l'aider, de le motiver à me toucher.
Mais comment ça pourrait en être autrement, alors que j'ai tellement envie de lui que ça me fait mal ?
Ses vêtements viennent rejoindre les miens sur le sol dans un amas inextricable, le noir tourbillonnant et le rose pale.
Sa peau est si pale. Je ne pourrais jamais oublier à quel point sa peau est sans couleur. C'est comme de la glace. La toucher pourrait vous geler jusqu'à la mort, mais ce n'est pas le cas. Elle est chaude, si chaude. C'est comme si elle était de marbre, un marbre chaud et vivant. Parfait…
Excepté la marque. La marque permanente et immonde, gravée à l'intérieur de son avant bras.
Il me déplace jusqu'au lit, me poussant doucement sur le matelas lorsque nous l'atteignons. Je tombe vers l'arrière, venant reposer sur ce qui doit être le lit le plus doux et luxueux que je n'ai jamais connu.
Il se déplace au dessus de moi, m'écrasant. Mon souffle s'arrête dans ma poitrine, comme il le fait toujours, parce que je ne pourrais jamais me débarrasser de la peur qu'un jour il pourrait m'étouffer, me tuer pour ce que je lui ai fait devenir…
Mais pas ce soir, je ne pense pas… Il y a un trop grand désir dans ses yeux ce soir. Une sorte de faim désespérée.
Il me regarde intensément tandis qu'il repousse à nouveau une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.
Et je peux la voir à nouveau : cette marque noire à l'intérieur de son avant-bras, détruisant la belle illusion que je pourrais me faire de lui si je ne le connaissais pas. La preuve évidente de ce qu'il est, encrée dans sa peau pour toujours.
Je me redresse légèrement, et nous restons tous deux gelés pendant quelques instants.
Je prends une grande inspiration avant de tendre la main vers son poignet, faisant courir mon doigt sur l'horrible marque sur sa peau.
Il retient son souffle.
Pourquoi une personne si élégante voudrait se faire tatouer cette horrible chose sur son bras ?
« Qu'avez-vous fait ce soir ? » je demande calmement, sans vraiment me rendre compte de ce que je demande.
Je lève les yeux vers lui pour le voir me regarder avec un froncement de sourcils. « Que voulez-vous dire ? » il demande, ses lèvres bougeant à peine.
« Quelles choses horribles avez-vous fait ce soir au nom de Voldemort ? » je murmure. « Que faisiez-vous ce soir avant de venir ici ? »
Il se contente de me regarder, ce petit froncement toujours visible sur son front. Il ne comprend pas pourquoi je lui demande ça, bien sur. Il ne pourra jamais comprendre.
Il enlève sa main de mon visage. « Voulez-vous vraiment le savoir ? » demande-t-il froidement.
Je le regarde dans les yeux, essayant de regarder au delà de la couche d'acier qui recouvre les horreurs qui se trouvent en dessous.
Ais-je vraiment envie de savoir ce que ces yeux ont vu ?
Je ne sais pas. Parfois, je pense que nous sommes si différents que je pourrais devenir folle d'horreur en découvrant les choses qu'il a vu.
Mais je sais déjà ce dont il est capable, non ?
Je soupire et regarde mes propres mains, jointes sur mes cuisses nues. Mes poignets sont marqués eux aussi : des cicatrices verticales que Lucius m'a fait, sont recouvertes par les cicatrices horizontales de Bellatrix. Des rappels permanents de ce que son monde dans lequel il vit peut faire à un être humain.
Il a ses cicatrices, et j'ai les miennes.
Il pose ses doigts sous mon menton, levant mon visage pour que je le regarde dans les yeux. Ils ne contiennent aucun remord.
« Si vous voulez vraiment savoir ce que j'ai fait ce soir, alors il suffit de me le redemander » il murmure.
Je mords ma lèvre sous l'incertitude. Je veux savoir mais dans le même temps, je préfère presque vivre dans l'ignorance, quelque chose que l'ancienne Hermione n'aurait même pas envisagé, mais ça montre peut être à quel point il m'a transformé.
Je baisse mon regard, laissant mes yeux errer sur son épaule. Il a une cicatrice là aussi. C'est une cicatrice que j'ai fais. Un coup de couteau qui a cicatrisé depuis le temps.
Ma main se dirige inconsciemment sur mon épaule nue, caressant de mes doigts ma cicatrice presque identique, qui repose presque exactement au même endroit que la sienne. La cicatrice qu'il a faite.
Ses yeux suivent mes doigts, se rétrécissant une seconde lorsqu'il voit ce que je touche.
Un long silence s'installe avant qu'il ne reprenne la parole.
« Les cicatrices ne peuvent pas facilement être cachées » il murmure. « J'ai les miennes, et vous avez les vôtres. »
« Je n'ai pas choisi d'avoir les miennes » je dis amèrement, indignée. « Vous avez… C'est par choix que vous avez marqué votre poignet par cette marque. »
Il respire un petit rire sans gaieté. « J'ai fait mon choix depuis bien longtemps » il murmure, tendant la main pour faire glisser ses doigts sur ma joue. « Et de petites cicatrices sont bien peu payées face à l'honneur de servir le Seigneur des ténèbres. »
Je le regarde longuement et durement, les larmes me brulant la gorge. Je ne peux pas le supporter. Je ne peux pas supporter ce que je ressens pour un tel monstre. Bellatrix a raison sur un point : qu'est-ce que j'attends de quelqu'un comme lui ?
« N'avez-vous jamais voulu quitter cette vie ? » je dis calmement, me demandant comment je peux oser lui demander une telle chose.
Mais je n'aperçois pas la colère à laquelle je m'attendais. Tout ce que je peux voir est de l'incompréhension.
« Pourquoi Diable voudrais-je cela ? » il murmure, me regardant comme si je venais juste de lui demander si ce ne serait pas une bonne idée de couper son propre bras.
J'ouvre la bouche, avant de la refermer. Quelque soit la réponse que je veux donner, je ne peux pas la dire.
Un sourire sans joie apparaît sur son visage.
« Pour vous ? » il demande. « Vous me demandez si je serais capable d'abandonner cette vie pour vous ? »
Mon visage brule d'humiliation, parce que je sais ce qu'il va se passer maintenant. Un monologue sur le fait que je ne représente rien pour lui, que je ne suis pour lui qu'un morceau de crasse, parce que au cas où je l'aurai oublié, je ne suis qu'une Moldue…
« Vous voudriez que je renonce à mon devoir, à mes croyances, pour une simple Sang-de-Bourbe ? » il demande calmement, ses deux derniers mots me faisant l'effet d'un coup du lapin.
« N'avez-vous pas déjà renoncé à eux ? » je marmonne.
« Je n'ai renoncé à rien » il murmure venimeux. « Si je l'avais vraiment fait, j'aurais renoncé à toutes mes croyances, mais elles sont toujours vraies dans mon esprit. Vous… » il s'arrête, prenant une profonde inspiration. « Vous êtes une faiblesse, je l'admets. Je n'ai jamais pensé que je serais… »
Ses yeux se rétrécissent.
« Est-ce que ça vous plait de savoir que vous m'avez pris tout ce que ma vie m'a appris ? »
Je suis piquée au vif par sa phrase. Comment ose-t-il !
« Vous m'avez tout pris à moi aussi ! » je murmure en larmes. « Vous m'avez laissé sans rien. Je ne peux même plus me reposer sur Ron, plus maintenant que je l'ai trahi de la pire des manières possibles. »
Il sourit sans aucune joie, secouant la tête.
« Nous avons donc ruiné nos deux propres existences » il marmonne, la voix lassée de ressentiment. « Nous avons laissé l'autre totalement démuni, sans rien lui laisser. »
« Mais ça n'a pas à être comme ça ! » je murmure passionnément.
Il me regarde, un sourcil levé.
Je l'atteins, caressant sa joue de ma main, apportant mon visage plus près du sien. Il ferme ses yeux un instant, avant qu'il ne les rouvre pour me regarder à nouveau.
« Vous pouvez laisser ce monde derrière vous » je murmure. « Vous le pouvez. »
Il respire un petit rire avant de repousser ma main.
« Vous ne savez pas ce que vous demandez » il murmure, ses yeux brillant d'un noir différent maintenant. « Seriez-vous prête à devenir un Mangemort pour moi ? »
Ma réponse automatique meurt dans ma gorge, et je me contente de rester assise où je suis, mon esprit travaillant furieusement.
Pourrais-je faire cela pour lui ? Serais-je prête à m'engager dans une vie de peine, de douleur et de mort pour lui ?
Non, je ne pourrais pas. Vraiment pas.
Pas même pour le sauver ? Pas même si ton refus reviendrait à le condamner à mort ?
Mais… Mais ça ne pourrait jamais se passer comme ça ! Ce que je lui demande est parfaitement possible, alors qu'ils n'accepteraient jamais une Sang-de-Bourbe comme Mangemort de toute façon…
Non, je ne pourrais tout simplement pas faire ça.
Il laisse apparaître un léger sourire. « Vous voyez, il y a des choses pires que la mort dans ce monde » il murmure. « Je sais cela. C'est précisément pourquoi je suis rentré dans cette vie au début. Je n'ai pas peur de mourir. Mais renoncer à mes idéaux, à mes convictions, aux choses qui ont donné un sens à ma vie… je ne le ferai pas. Même pour tout l'or du monde. »
Mon cœur s'écrase sur lui même. Si ce n'est même pas pour tout l'or du monde, alors il ne le fera pas non plus pour moi.
Mais… mais il l'a déjà dit. Il les a déjà abandonné dans une certaine mesure, lorsqu'il a pour la première fois cédé à ce qu'il ressentait pour moi.
Il est donc allé au delà de la mort pour moi. Et s'il ressent la même chose que moi, il ferait alors n'importe quoi lorsque je suis dans ses bras. Parce que Dieu seul sait à quel point je pourrais faire n'importe quoi pour qu'il me tienne tout contre lui.
Et j'ai déjà fait beaucoup de choses pour lui. Il y a un monde entier que je ne connaissais pas avant qu'il ne me l'apprenne.
« Alors dites-moi » dit-il d'une voix très calme, « voulez-vous toujours savoir ce que j'ai fait ce soir ? »
Je mords ma lèvre et je regarde à nouveau mes mains. Je ne veux pas savoir. L'ignorance est une bénédiction, et l'ancienne Hermione n'aurait jamais été d'accord avec cette affirmation, mais je ne suis plus cette fille, donc qu'importe ?
Je ne veux pas rendre cette situation plus difficile qu'elle ne l'est déjà.
Il respire un rire alors qu'il m'oblige de ses doigts à lever la tête vers ses yeux impitoyables.
« Je ne pense pas. »
Ses lèvres viennent toucher les miennes, doucement d'abord, avant qu'il ne cajole mes lèvres ouvertes avec les siennes, approfondissant et durcissant son baiser.
Ses mains parcourent mon corps, glissant de mes cuisses jusqu'à ma taille, et mon Dieu, qui sait ce que ces mains ont fait ce soir ? Elles ont torturé, mutilé, peut être tué…
Lorsque vous tuez, quelle part de vous même abandonnez-vous ? Harry m'a dit que Dumbledore lui avait expliqué que ça déchirait son âme en deux.
Mais a-t-il une âme à détruire ?
Ses doigts massent ma poitrine, et son pouce et son index viennent titiller un de mes mamelons, provoquant un choc électrique au creux de mon estomac, et plus loin encore, et il étouffe mon halètement de sa bouche alors qu'il mord ma lèvre inférieure, la suçant doucement.
Combien de temps cela peut-il encore durer ? Même si je venais à m'évader, même s'il finissait par abandonner cette vie pour partir avec moi, cela pourrait-il vraiment continuer ? Pourrais-je un jour être avec lui dans la lumière du monde réel, par opposition aux ténèbres de ce monde dans lequel nous vivons ?
Après tout, l'obscurité est tellement plus habile à cacher les péchés.
Il me repousse et je m'affale sur le matelas, et il se place au dessus de moi, appuyant sa main sur ma hanche alors qu'il m'embrasse durement, et je m'accroche à son cou avec un désespoir absolu, souhaitant l'approcher plus encore de moi afin qu'il devienne une partie de moi.
Il rompt finalement le baiser et descend sur mon corps, déposant de lents baisers le long de ma poitrine, continuant de descendre lentement, très lentement, et je sais ce qu'il va faire. Il l'a fait déjà tant de fois.
Je ne sais pas pourquoi il fait cela. Je veux dire… Je ne sais pas pourquoi il veut faire ça à … à une Sang-de-Bourbe…
Mais alors qu'il déplace ses lèvres entre mes jambes, je sais que je ne m'en soucie plus. Parce que plus rien n'a d'importance, rien alors qu'il lèche, suce et… mord, et c'est la plus étrange des sensations au monde, et c'est presque suffisant pour me faire croire en Dieu à nouveau, et ma respiration s'accélère, et j'ouvre inconsciemment plus largement mes jambes alors qu'une tension presque insupportable m'envahi le creux de mon estomac…
Mais il remonte alors, pesant à nouveau tout son corps sur le mien, me laissant à bout de souffle, observant mon visage.
Ses joues sont teintées de couleur. Une teinte rose traverse sa peau albâtre. Un autre signe de faiblesse venant de lui.
Il écarte plus encore mes jambes, tellement que ça me fait un peu mal, et je pousse un petit cri tandis qu'il pousse en moi, laissant son souffle s'échapper dans un grognement sourd.
Je m'accroche à lui alors qu'il se déplace en moi, le tenant si fort que je dois faire des marques sur sa peau si parfaite.
Il roule sur le matelas, de sorte que je me retrouve sur lui, à califourchon. Je m'allonge sur lui, mes seins reposant sur son torse, pour que je puisse l'embrasser.
Il bouge toujours à l'intérieur de moi, mais je peux coordonner et diriger ses mouvements bien plus que d'habitude. Je fais rouler mes hanches pour suivre son rythme.
Il m'a appris tant de choses.
Il rompt le baiser pour me regarder, les yeux assombris et ses joues colorées, et je n'arrive plus à respirer face à ce spectacle, et je ne me lasse pas de le regarder, et si je roule mes hanches de cette façon… il a l'air d'apprécier…
Il gémit, jetant sa tête vers l'arrière, et j'embrasse son cou exposé, voulant le gouter alors que je sens le désir se propager de plus en plus, me donnant l'envie de défaillir, de crier, de pleurer…
Je gémis avec lui alors qu'il m'appuie sur les hanches avec une telle force qu'il me brise les os, mais un feu d'artifice éclate au creux de mon estomac, estompant la douleur de mes hanches, et de l'électricité me traverse tout le corps, et je me sens alors enchantée, sereine.
Il grogne, me tenant les hanches contre les siennes, et j'attrape ses lèvres en un baiser, un baiser délicat et passionné…
Nous nous sentons alors paisibles, reposant ensemble, à proximité l'un de l'autre, haletant, jusqu'à ce que je finisse par rouler sur le côté, sans dire un mot.
Nous nous tenons allongés côte à côte, nos corps ne se touchant pas. J'observe le ciel de lit émeraude au dessus de ma tête.
Après quelques instants, il tire la couverture de lit, la drapant au dessus de nos corps. Le matériau est tellement luxueux par rapport à ce que je suis habituée. Il tombe doucement au niveau de ma taille.
Je tourne légèrement la tête contre l'oreiller moelleux. Peut être que je pourrais… que je pourrais reposer mes yeux juste un instant. Je suis si fatiguée, et si confortablement enveloppée dans ce cocon de chaleur, mais je ne vais pas m'endormir, seulement faire une petite pause… juste un petit moment…
Les ténèbres me quittent.
Mes yeux s'ouvrent en clignant.
Je tourne distraitement la tête, regardant dans la pièce.
Le feu dans la cheminée s'est éteint. Il n'y a plus que des braises parmi l'amas de cendres.
J'ai dû m'endormir. Même si je ne le voulais pas. Je voulais seulement fermer mes yeux pendant quelques instants.
Oh mon Dieu. Oh mon Dieu, il va me punir pour ça. S'endormir dans son lit, c'est juste… c'est juste trop… trop intime.
Et alors ? Votre situation n'est-elle pas déjà devenue intime de toute façon ?
Ce n'est pas le problème. Il n'aime pas ça. Il le voit comme… il le voit en quelque sorte comme une invasion. Il ne voudrait pas me rappeler qu'il pourrait y avoir une sorte de lien émotionnel avec moi…
Mais… Mais… Attendez un instant…
Il y a… il y a un poids chaud autour de ma taille. Un poids lourd et chaud, si chaud.
J'écoute attentivement. Ca ne peut pas être ce que je pense, ce n'est pas possible.
Mais je peux entendre une douce respiration régulière. Une respiration qui n'est pas la mienne.
Je tourne ma tête. Il est couché sur le côté, les yeux fermés alors qu'il respire régulièrement.
Il dort. Il est endormi à côté de moi…
Avec son bras autour de ma taille.
Un soupir s'échappe de mes lèvres tandis que je le dévisage. Il semble si parfait, même lorsqu'il dort. Son visage ne montre aucune expression.
Quelle facilité cela serait de le tuer ? Il s'est mis totalement à ma merci. Je pourrais juste prendre mon oreiller, le mettre sur son visage, et…
Et déchirer ton âme en deux en même temps.
Je ne peux pas le tuer. Même si je le voulais vraiment, je… je ne pourrais pas.
L'ironie de la chose me fait monter les larmes aux yeux. Il n'y a pas si longtemps, j'aurai tout donné pour avoir l'opportunité de le blesser, de lui faire payer pour tout ce qu'il m'a fait subir.
Mais maintenant…
Doucement, très doucement, je roule sur le côté, tournant mon corps pour faire face au sien. Je m'approche de lui et je me blottis dans sa chaleur. Je presse mon front contre son torse, sentant sa peau chaude pressée contre la mienne. Je respire profondément, me nourrissant de son odeur. Son odeur secrète. Musquée. Animale. Dangereuse.
Les larmes coulent sur mes joues. Je ne sais pas pourquoi. C'est juste qu'il y a tant d'émotions qui bouillonnent dans ma poitrine que j'ai l'impression que je vais mourir si elles ne se transforment pas en larmes.
La respiration régulière s'arrête.
Je ne bouge pas. Je ne peux pas bouger. Il ne veut pas que je m'approche si près de lui, je le sais…
Mais… Mais non. Il ne va pas faire ce que j'espère.
Son bras se resserre autour de moi, m'attirant plus près de lui, me tenant si près que je peux à peine respirer. Il ne dit rien, je ne dis rien non plus…
Mais il est éveillé. Je le sais. Et dans ce merveilleux moment, il se retient à moi. Il s'accroche à moi comme je m'accroche à lui. Parce qu'il a besoin de moi autant que j'ai besoin de lui.
Oui, il est réveillé. Je sens son bras droit autour de moi, remontant dans mon dos, ses doigts s'emmêlant dans mes cheveux.
Je ne dis rien. Je n'ouvre même pas les yeux. Je ne veux rien dire qui puisse briser ce moment merveilleux. Parce que c'est dans ces moments qu'il est le plus honnête avec moi.
Le plus petit des sourires se glisse sur mes lèvres.
Et pour la première fois, je me retrouve à m'endormir dans ses bras.
Je me réveille, abandonnant une fois de plus l'inconscience.
Son bras n'est plus autour de moi.
J'ouvre les yeux, mais il n'y a personne à côté de moi dans le lit.
Je m'assois rapidement, observant la pièce. Que faire s'il est parti, s'il m'a laissée seule ici… ?
Mais… non.
Je respire de nouveau lorsque je le vois, debout devant une armoire ouverte. Il y a un bruit sourd alors qu'il dépose quelque chose à l'intérieur, avant qu'il ne referme la porte sur l'objet.
Il s'arrête lorsqu'il me voit.
Il ressemble à un homme différent de celui qu'il était hier soir. Entièrement vêtu, l'expression réservée, les yeux froids.
Il ouvre la bouche, comme s'il s'apprêtait à dire quelque chose, mais il finit par la refermer.
J'enfoui volontairement une mèche de cheveux derrière mon oreille, ne sachant pas vraiment quoi dire.
Il rompt finalement le silence.
« Vous ne comptez pas vous habiller ? » il demande d'une voix hachée.
Je serre les lèvres, sautant du lit et courant à la hâte dans la pièce pour récupérer ma robe aussi vite que possible, écarlate sous l'humiliation.
Mais il se contente de me regarder, un sourcil légèrement relevé, alors que je me précipite sur ma robe, la passant au dessus de ma tête, l'arrangeant rapidement afin que je sois de nouveau totalement vêtue.
Je me tiens alors où je suis, et nous nous regardons longuement l'un l'autre.
Je ne sais pas quoi dire. Après ce qu'il s'est passé la nuit dernière, j'ai juste… je ne sais tout simplement pas quoi dire.
Un coup est frappé à la porte, me faisant sursauter.
« Lucius ? »
Oh mon Dieu, oh mon Dieu, je ne peux plus respirer.
C'est Avery.
Lucius me regarde, les yeux écarquillés par la peur.
« Lucius, j'ai besoin de te parler. C'est urgent. »
« Merde » chuchote Lucius alors qu'il marche vivement à travers la pièce, ramassant la cape d'invisibilité du sol avant de me la jeter sans ménagement. Il vérifie que je sois totalement couverte avant de se retourner et de se diriger vers la porte, l'ouvrant.
Avery se tient devant la porte ouverte, son visage comme toujours sans aucune expression.
« Le Seigneur des Ténèbres veut nous voir » dit-il brusquement. « Tous les deux. Immédiatement. »
Lucius marque une pause avant de répondre. Je ne peux pas voir son expression. Tout ce que je peux voir est l'arrière de son crane.
« Bien sur » dit-il sèchement. « Bien sur. »
Il se retourne vers la pièce, et regarde droit vers moi, dos à Avery. Sans que personne ne le voit, excepté moi, ses yeux se rétrécissent légèrement, avant qu'il ne se tourne et ne suive Avery hors de la chambre, fermant et verrouillant la porte derrière lui.
Je reste debout, la respiration lourde.
Que… que veut-il que je fasse ?
Il veut certainement que je reste ici. S'il a verrouillé la porte, c'est qu'il ne souhaite pas que je parte d'ici…
La situation serait risible si elle n'était pas si désespérée.
Je glisse vers le sol, m'asseyant sur les talons, en m'assurant que chaque centimètre carré de mon corps soit caché par la cape d'invisibilité, et j'attends.
Oh mon Dieu.
Oh non !
Il y a des gens derrière la porte. Je les entends, il y a des gens !
« Alohomora ! »
La porte s'ouvre dans un grincement, et je pleure presque de terreur lorsque je vois Drago entrer dans la chambre.
Il balaie du regard la chambre de son père, les yeux plissés.
Son expression se détend lorsqu'il voit que la pièce est vide, mais se durcit à nouveau lorsqu'il aperçoit le lit et ses couvertures sans dessus dessous.
Je ne peux plus respirer.
Il regarde le lit défait pendant de longs instants, un froncement de sourcils minuscule sur son visage, avant qu'il ne secoue la tête sous l'exaspération apparente.
Il se tourne, sortant de la chambre et fermant la porte derrière lui.
Dieu merci.
Mais… mais il est toujours là. Je peux entendre sa voix –
« Qu'est-ce que tu fous ici ? »
« On m'a envoyé ici pour nettoyer le sol. » C'est la voix de Ron. « Mais si tu veux rendre le travail plus facile, je t'en prie… »
« Ne déconne pas avec moi, Weasley ! » siffle Drago. « Continue de faire ce pourquoi tu es là. »
Il y a une courte pause, puis –
« Tu as bien apprécié de fouiller dans la chambre de ton père ? » demande Ron avant d'éclater de rire. « Tu es pathétique. »
« Ta gueule ! Et ne t'avise pas de dire à mon père ce que tu viens de voir, où je te ferai regretter. »
J'entends ses pas disparaître dans le couloir, puis le bruit d'une porte se refermant.
Il y a un long silence.
Attendez une seconde… Oh mon Dieu !
Drago… Drago n'a pas verrouillé la… Oh, le furet stupide !
Je me relève lentement, silencieusement, regardant la porte. Espérons que Ron n'ai rien remarqué. Espérons qu'il va simplement se contenter de continuer son travail, et tout ira bien.
Mais bien sur, Dieu me déteste.
Lentement, la poignée de la porte s'enclenche et la porte s'ouvre dans un léger grincement.
Je retiens mon souffle.
Ron passe le seuil de la porte. Ses yeux sont larges alors qu'il rentre dans la chambre. Il paraît terrifié, mais il a cette lueur familière dans ses yeux. L'éclat de l'audace. C'est un trait de la famille Weasley.
Que vais-je faire ?
Tout ce que je peux faire est de rester immobile, et d'espérer qu'il ne réalise pas que je me trouve ici.
Que peut-il faire ici, de toute façon ?
Il marche autour de la pièce, regardant tout avec une concentration intense, comme s'il cherchait quelque chose.
Je ne sais pas ce qu'il cherche… Une arme peut être ? Peut être un moyen de sortir d'ici ?
Je ne sais pas. Je retiens juste mon souffle. Si je ne fais aucun bruit, il quittera certainement la pièce avant de s'apercevoir que je suis ici.
Oh mon Dieu, s'il vous plait, faites qu'il ne s'aperçoive pas de ma présence ici !
Il se déplace dans la pièce, venant finalement se tenir devant l'armoire que Lucius venait de fermer lorsque je me suis réveillée. Il l'ouvre, très lentement, et s'arrête en apercevant ce qu'i l'intérieur.
Oh Dieu tout puissant, non !
Devant lui se tient la Pensine de Lucius. Elle repose sur l'étagère, semblant si innocente…
Mais je ne connais que trop bien le genre de souvenirs qu'elle contient.
Et… et Ron se penche vers elle, s'apprêtant à toucher sa surface de sa main, et oh mon Dieu, s'il vous plait arrêtez ! Il ne peut pas regarder là dedans, il ne peut pas !
Et je ne peux pas l'en empêcher. Je ne sais pas ce que je peux faire pour l'arrêter, mais je dois l'empêcher, il ne doit pas –
« Ron, arrête ! » je crie, arrachant de mon corps la cape d'invisibilité.
Il sursaute et se retourne, le visage livide de peur.
« Hermione ! » dit-il, souriant de soulagement avant que son visage ne se plie sous l'étonnement. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Je bafouille, ne sachant pas quoi dire.
« Je… je viens de nettoyer la chambre » je dis rapidement.
Il fronce les sourcils vers moi. « Malefoy t'a demandé de nettoyer sa chambre ? »
Je hoche la tête nerveusement.
Il me regarde, les yeux plissés. « Alors pourquoi portais-tu une cape d'invisibilité ? » il demande calmement.
Idiote. IDIOTE.
« Je… je… » je commence, avant de continuer. « Tu ne peux pas regarder dans cette Pensine ! »
Il fronce encore plus durement les sourcils. « Et pourquoi pas ? » il demande. « Il n'est pas là, si ? » Il se tourne vers la Pensine. « Il ne le saura jamais- »
« S'il te plait Ron, non ! » je dis désespérément.
Il se détourne de la Pensine. « Qu'est-ce qui t'importe que je regarde dans cette Pensine ? » il dit lentement. « Ca ne te blessera pas, si ? »
Oh, mais si. Et ça va le blesser lui aussi. Plus qu'il ne le pense.
Mais il soupçonne quelque chose maintenant. Je peux le voir par la façon dont il me regarde.
« Je… » je marmonne. « C'est… on ne peut pas… on ne peut pas, Ron ! Et s'il revenait ? Il va te tuer ! »
« Il ne reviendra pas » il répond en se tournant à nouveau vers la Pensine. « Il ne sera pas de retour avant des heures, pas s'il est parti voir Tu-Sais-Qui. »
« Mais nous ne pourrons pas en sortir, si ? » j'essaye désespérément. « Je ne sais pas comment sortir d'une Pensine- »
« Et bien moi, si » dit-il tranquillement. « Je te montrerai comment lorsque nous en aurons fini. Nous serons en mesure d'en sortir très facilement. »
Il se penche vers l'avant, allant toucher du bout des doigts le liquide argenté.
« Ron, NON ! »
Je me précipite et lui saisit la main, et nous sommes aspirés en avant, et nous flottons main dans la main à travers la fumée et les nuages, et mon Dieu, qu'allons-nous faire ? Que vais-je faire ?
Nous atterrissons dans la salle à manger de la maison et tandis que la fumée se dissipe, je peux voir que Bellatrix, Lucius et – mon sang se rigidifie sous l'horreur – Dolohov sont en train de diner tous ensemble, buvant du vin et engagés dans une conversation animée teintée de rires.
Ils étaient de très bons amis, avant que je ne vienne tout ternir.
« S'il te plait Ron, pouvons-nous juste sortir d'ici ? »
« Attends une minute » répond-il. « Nous allons partir dans une minute, c'est promis. »
Je mords ma lèvre. Je ne peux pas dire grand chose, sinon il sera suspicieux…
Mais je ne peux pas nous permettre de rester ici, si ?
« Alors Lucius » dit fortement Bellatrix, « Où étais-tu ce soir ? Est-ce que le Seigneur des Ténèbres t'as appelé ? »
« Non » dit Lucius, en prenant une gorgée de vin, « non, non, j'avais juste quelques affaires à régler. »
Dolohov rit grossièrement. Son visage est très rouge, et ses mots sont mal articulés lorsqu'il parle.
« Avec ta jolie petite Sang-de-Bourbe, c'est ça ? » il demande.
Le visage de Bellatrix se renfrogne légèrement, mais Lucius se contente de lever ses yeux en l'air.
« Oui, j'étais avec elle » il dit d'une voix trainante.
« Pourquoi ? » demande Bellatrix d'une voix un peu raide. « Tu as terminé son interrogatoire avant que nous n'arrivions ici. De quoi as-tu besoin d'autre venant d'elle ? »
Lucius la regarde, les yeux légèrement plissés.
« Son arrogance m'énerve et je veux lui apprendre sa place » dit-il très calmement. « D'ailleurs, c'est très utile d'avoir quelqu'un pour pratiquer mes sortilèges. »
Bellatrix sourit d'un soulagement apparent, mais Dolohov commence à rire de nouveau.
« Je sais ce que j'aimerais pratiquer avec elle ! » dit-il en riant bruyamment. « Mon Dieu, que je souhaiterais qu'elle soit ma prisonnière. Tu as bien de la chance, Lucius. »
J'avale durement en regardant Ron. Il regarde Dolohov avec révulsion.
« Par Merlin, il est répugnant ! » il murmure.
Lucius ricane. « Je ne pratique pas de telles choses » dit-il de sa voix trainante. « La fille est irritante au delà de l'imaginable. »
« Une irritante bien jolie, en tout cas » marmonne Dolohov.
Bellatrix rit. « Quoi, avec sa crinière immonde ? Tu devrais faire corriger ta vue, Antonin. »
Je me sens indignée. Espèce de grosse vache.
« Sérieusement Lucius, n'y as-tu vraiment jamais pensé ? Tu pourrais faire tout ce que tu veux avec elle. Moi en tout cas, je ne me gênerai pas. »
« Assez » dit fortement Lucius. « C'est une Sang-de-Bourbe, Antonin. Tu sais ce que ça signifie. »
Dolohov laisse apparaître un sourire asymétrique. « Ca signifie qu'elle serait certainement une putain bien agréable après une leçon ou deux. Tu sais comment sont les Moldus : ce sont des vrais lapins. Elle te laisserait probablement faire tout ce que tu veux, et elle gémirait comme une petite pute pendant que tu la- »
« J'ai dis assez ! » dit Lucius, la voix vrillant de colère.
Bellatrix et Dolohov le regarde tous deux un petit moment, un froncement de sourcils sur leurs visages, avant qu'ils ne retournent à leur repas dans un silence gêné.
La fumée tourbillonne autour de moi et Ron, nous engloutissant, et nous commençons à flotter de nouveau.
Je prends une grande inspiration.
« Hermione ? » dit calmement Ron. « Est-ce que tu vas bien ? »
Je hoche la tête, trop vigoureusement. « Bien sur. Pourquoi ça n'irai pas ? »
« Et bien, on pourrait faire cuire un œuf sur ton visage, pour commencer. »
« Ouais, et bien… Ce ne sont pas des choses très agréables à entendre, tu ne trouves pas ? »
« Mais… je ne comprends pas tout » dit Ron, perplexe. « Pourquoi a-t-il stocké ce genre de souvenir ? »
« Je ne sais pas. Je m'en fous, en fait. » Je prends sa main. « S'il te plait, est-ce qu'on pourrait sortir d'ici ? »
Il fronce durement les sourcils vers moi. « Tu n'es pas curieuse ? Pas même un petit peu ? »
« Non. Maintenant, viens ! »
Il arrache sa main de la mienne et me regarde longuement et durement. « Pourquoi es-tu si pressée de partir ? » il murmure.
J'ouvre la bouche, avant de la refermer. Il n'y a rien que je puisse dire.
Un long silence s'installe.
« Qu'est-ce que tu ne veux pas que je voie ? » il murmure, une réelle crainte s'insinuant dans ses yeux.
Cette question me dérange tellement que je me retrouve soulagée lorsque nous atterrissons finalement dans ma chambre. Il fait sombre et la pièce est seulement éclairée par une unique et minuscule bougie enveloppée dans une main ratatinée posée sur ma table de chevet.
Mon estomac se recroqueville sous l'horreur face à ce que nous pouvons actuellement voir sur mon lit.
Je suis couchée sur le dos, dans une robe couverte de sang, avec Lucius assis à côté de moi, penché au dessus de moi.
Je n'aperçois plus maintenant que son visage. Je ne le pouvais pas à ce moment là, mais je peux maintenant. C'est la mémoire de Lucius après tout, et la main de la Gloire lui procurait un peu de lumière à l'époque.
Je suis couchée là, coincée sous lui, ma robe relevée juste au dessus de mes cuisses, mes jambes nues écrasées au niveau de ses hanches.
J'entends Ron respirer durement.
« En valiez-vous vraiment la peine ? » murmure Lucius. « Après tout, vous êtes à proprement parler, moins qu'un être humain. » Ses mains descendent vers mes seins, mais je ne peux pas détacher mes yeux de son visage. Il me regarde avec des yeux vitreux.
Il semble que ce n'était pas seulement une question de pouvoir, après tout.
« Pourquoi me suis-je donné tant de mal pour vous ? »
J'ose un regard vers Ron.
Il regarde la scène comme s'il était sur le point d'exploser de rage.
Je ne sais pas quoi dire. Que pourrais-je dire ?
Peut-être… peut-être que s'il ne voit que ce souvenir, je pourrais lui faire croire que ce n'était que Lucius qui… serait-ce techniquement un mensonge ?
Le Lucius du souvenir fait glisser ma robe, exposant mes seins dans l'obscurité.
Je me hérisse. Ron ne m'a jamais vue nue avant, et je sais que ce n'est qu'un souvenir, mais quand même…
Les yeux de Lucius sont énormes et sombres, alors qu'ils courent avidement sur mon corps, et il rit alors que je lutte contre lui.
Dieu merci, j'ai lutté. C'est préférable pour Ron si je me suis débattue, non ?
« Il n'y a pas de place pour la modestie aujourd'hui, Sang-de-Bourbe. »
« Espèce de salaud » chuchote Ron. « Vous… Vous… »
Lucius soupire. « Peut être que vous en valez la peine, après tout. »
Ron regarde comme s'il venait de voir la chose la plus répugnante au monde. Je ne l'ai jamais vu aussi révolté.
« Espèce de sale baiseur » il murmure, la voix remplie d'une haine absolue.
Il se tourne vers moi. « Pourquoi… pourquoi n'as-tu pas essayé de l'arrêter ? » il me demande calmement.
« Penses-tu que je voulais qu'il fasse ça ? » je demande désespérément, ma voix montant dans les aigus. « Je n'avais pas le choix. » Je pointe le souvenir du doigt. « Regarde ce qu'il se passe ensuite. Regarde ! »
Et bien sur, Lucius rapproche son visage du mien, de plus en plus près, et même si je sais déjà ce qu'il va se passer, mon estomac se contracte par la peur.
Mais il s'arrête, tout comme je m'y attendais, et il me regarde.
Il se contente juste de me regarder.
Mes yeux sont fermés.
Et puis le dégout et la haine déforment alors ses traits, et il se redresse légèrement.
« Ha ! Je ne pense pas. Vous avez presque atteint votre but, n'est-ce pas, petite putain de Moldue ? »
Et il me gifle, encore et encore, et la Hermione du souvenir crie alors qu'il siffle.
« Taisez-vous, sale Sang-de-Bourbe ! Vous me dégoûtez ! »
Et il me jette à travers la pièce, accompagné par les cris de rage venant de Ron. Je me fracasse contre la table de toilettes, puis le souvenir s'estompe…
Ron se tourne vers moi alors que nous flottons au milieu de la fumée, glissant sa main dans la mienne.
« Qu'a-t-il fait de toi, Hermione ? » il murmure. « Qu'a-t-il fait exactement ? Je vais le tuer, je le jure, je vais le tuer ce gros malade. »
Mais je me contente de hocher négativement la tête, parce que je n'ai aucune idée de ce qui s'apprête à venir.
Je ne dois rien dire.
Nous émergeons une fois de plus dans ma chambre, mais c'est un moment tout à fait différent. Les bougies sur mon mur sont à nouveau allumées.
Et je suis là, gisant au sol, secouée de sanglots.
Mais je porte la même robe que je portais dans la précédente scène.
Je pense savoir quand ça s'est passé. Je me rappelle de Lucius trainant Ron hors de la pièce, fou de rage après nous avoir vu tous les deux ensemble, serrés l'un contre l'autre dans un moment de réconfort.
Oh mon Dieu, s'il vous plait, ce n'est pas juste !
« Mon Dieu Hermione, qu'est-ce qu'il a fait de toi ? » demande Ron d'une voix tremblante.
Bonne question.
Je me rappelle de ce moment. Ca a probablement été l'un des moments les plus déprimants de ma vie. Je ne savais pas quoi ressentir, ni quoi penser. Lucius avait tout changé, et je ne comprenais pas pourquoi.
Je peux voir Ron me regarder du coin de l'œil, mais je me contente de secouer la tête, mes yeux fixés au sol.
Soudain le souvenir de Lucius se précipite dans la pièce, claquant la porte.
« Je pensais vous avoir dit de vous relever avant que je ne revienne ! »
Le Lucius du souvenir lève sa baguette, et le souvenir d'Hermione crie de douleur, et trébuche sur ses pieds, avant qu'il ne la traine par les cheveux à travers la pièce, l'épinglant au mur.
Ron se tourne vers moi, le vrai moi, le visage rouge de colère.
« Comment peux-tu le laisser te faire ça ? » Il me saisit la main durement. « Pourquoi n'essayes-tu pas de te battre ? »
Je retire ma main de son emprise.
« Qu'est-ce que je peux faire ? » je demande, entendant les voix du souvenir continuer devant nous, mais je n'y fait pas attention. « As-tu jamais été en mesure de lutter contre Bellatrix, ou Avery ? Ils ont des baguettes, pour l'amour de Dieu ! Et puis, même s'il n'avait pas de baguette, Lucius est beaucoup plus fort que je ne le serai- »
« Non, il ne l'est pas ! » il siffle. « Il ne l'est pas ! C'est ridicule ! Regarde-toi ! Tu le laisses faire ce qu'il veut de toi ! »
« Je n'ai pas le choix ! » je dis, ma voix se fissurant. « Je n'ai jamais eu le choix, jamais ! Il ne m'a pas donné le choix. Il ne me l'a jamais- »
Je m'arrête avant d'en dire plus. Je dois me forcer à garder le silence lorsque je suis sur un terrain glissant. Si j'arrive à fermer ma bouche, espérons que nous sortirons d'ici avant d'avoir vu des choses pires que ce que nous venons de voir.
« Vous voyez, Sang-de-Bourbe, vous êtes à moi » dit doucement le souvenir de Lucius. Ron et moi nous tournons pour voir le pouce de Lucius caresser les lèvres de la Hermione du souvenir. Son visage est trop près du mien. Bien trop près. « Et vous le savez. Je vois cette vérité dans ces yeux sans défense qui me fixent. »
J'avale difficilement. « Ron, je- »
« Chut » dit-il, fixant attentivement la scène, un froncement de sourcils sur son visage.
Pleurant presque de désespoir, je me retourne pour faire face à la scène.
Le souvenir de Lucius écarte ses doigts de mon visage, et les descends jusqu'à ma main, la bloquant contre le mur de pierres. « Vous savez que je ne vous ai pas soutiré ce contrôle sur vous – vous me l'avez vous même remis, me donnant un totale contrôle sur vous de votre plein gré. »
Et le souvenir de moi halète de douleur alors qu'une marque écarlate apparaît sur mon bras après que Lucius ai donné un petit coup de baguette. Ron souffle brusquement, mais je regarde ma blessure, impassible. J'ai vu tout cela avant. Je connais par cœur chaque blessure que Lucius m'a faite, comme celle sur le dos de ma main.
« Les… charmes de Weasley ne sont rien comparé à l'emprise que j'ai sur vous. Et vous le savez. C'est pathétique, risible même, dans la façon dont vous m'avez volontairement permis de contrôler votre vie entière. »
Je prends une profonde inspiration. Ces mots doivent avoir blessé Ron. Plus que je n'ose l'imaginer.
J'ose un regard vers lui. Son visage paraît étrangement pincé. Comme s'il avait mordu dans un citron.
Je tends la main vers lui, la déposant doucement sur son bras.
« N'écoute pas Ron » je murmure. « Il essayait juste de m'atteindre, c'est tout. Rien de tout ça n'est vrai. »
La fumée tourbillonne une fois de plus autour de nous, me cachant son expression, et je me demande soudain dans un instant de pur espoir si nous sommes enfin sorti de la Pensine.
Mais non. Aucun espoir n'est permit. Nous atterrissons dans la chambre de Lucius, mais toujours dans le souvenir.
Lucius est là, debout dans un coin de la chambre, regardant fixement le grand miroir accroché au mur en face de lui.
Il reste là pendant une éternité, à contempler son reflet. Son visage reflète un monde de révulsion et de haine.
« Que fait-il ? » demande Ron calmement.
Mais un instant plus tard, sa question obtient une réponse.
Lucius se saisit vivement et violemment d'un chandelier reposant sur une table voisine, et le fracasse contre le miroir.
Ce dernier se brise en mille morceaux. Des fragments de verre volent à travers la pièce, se répandant sur le sol.
Ron s'exclame sous le choc, mais je peux difficilement l'entendre. Je continue de fixer Lucius, qui observe les éclats de verre éparpillés à ses pieds.
Et puis la fumée sort de nul part, nous cachant le reste de la scène.
« Qu'est-ce que tout ça veut dire ? » j'entends Ron demander à travers la fumée.
Mais je sais exactement ce que ça voulait dire. Parce que toute la haine de Lucius ne m'était pas entièrement dédiée.
« Je ne sais pas » je dis dans la fumée. « Mais… S'il te plait Ron, est-ce qu'on pourrait partir d'ici ? S'il te plait ! »
Mais il ne me répond pas, et lorsque nous sortons de la fumée, je sais que ma vie est finie. Tout est fini.
Tout ce que j'ai jamais partagé avec Ron est fini.
Nous sommes encore dans la chambre de Lucius. Mais il n'est pas seul cette fois.
Je suis là avec lui, mon visage baigné de larmes alors que je m'approche vers lui, lentement, lui chuchotant des paroles.
« Nous ne sommes pas si différents vous et moi. Vous ne vous êtes jamais lassé de répéter ce fait. »
Oh mon Dieu, oh mon Dieu, s'il vous plait, non ! Ron ne peut pas voir cela, il ne peut pas !
Je me tourne et je saisis le bras de mon ami, mon meilleur ami. « S'il te plait Ron, laisse-nous sortir d'ici » je dis rapidement, désespérément. « Viens, je t'en supplie, fais-nous sortir maintenant, s'il te plait, tu ne peux pas voir- »
Mais il m'ignore. Il se contente de regarder la scène en face de nous, fixant la Hermione du souvenir marcher vers Lucius.
Je ne peux pas supporter le regard de son visage. Il donne l'impression que son monde s'écroule. Son expression me rappelle celle qu'il avait la nuit où Avery lui a dit qu'il guérirait Ginny si Ron couchait avec elle.
Et je ne peux pas lui mentir. Plus maintenant.
« Je ne vais pas- » grommelle Lucius, avant que le souvenir de moi ne dépose sa main sur son visage.
Oh mon Dieu, s'il vous plait, faites cesser cela, s'il vous plait !
« Je suis un être humain, Lucius. Tout comme vous. »
Je secoue le bras de Ron en désespoir de cause.
« Ron, s'il te plait ! »
Mais il est totalement sourd. Il se contente de regarder avec horreur et incompréhension alors que la Hermione du souvenir se penche vers Lucius et l'embrasse sur les lèvres. Et Lucius se détache soudain, me regardant durant une seconde avant de m'embrasser à nouveau furieusement, me soulevant et me portant vers son lit.
Je sais à ce moment là, alors que je regarde Ron, à quoi ressemble quelqu'un lorsque son cœur se brise.
J'ai le souffle coupé par un sanglot d'horreur, et j'apporte mes mains pour couvrir ma bouche. Je n'ai jamais vu ce regard sur son visage auparavant.
Je ne peux pas le regarder davantage. Mais je ne peux pas non plus regarder le souvenir. Oh mon Dieu, oh mon Dieu, Ron, je suis si désolée !
Je me détourne, loin de tout, sans même m'apercevoir que mes jambes se dérobent sous moi, et je tombe au sol, atterrissant sur les genoux.
Tout ce que je peux faire est de sangloter en silence, me tenant les cheveux, alors que Ron me regarde le trahir de la pire des manières possibles. Qu'ais-je fait ? Qu'ais-je fait ?
Mais… Mais je ne peux pas me débarrasser des bruits. Des halètements, des gémissements, des cris venant de la bouche de Lucius, de ma bouche. Le son de la trahison.
Je ne peux pas le supporter. Je couvre mes oreilles de mes mains, étouffant les bruits. Je ne peux pas, je ne veux pas entendre ce que Ron entend. Rien que d'y penser me brise mon cœur en deux. Des larmes jaillissent de mes yeux et coulent sur mes joues. inarrêtables, indomptables…
Mais ce n'est pas encore fini.
De la brume apparaît de nul part, me submergeant, et je lève la tête avec précaution, abaissant mes mains de sur mes oreilles.
Il n'y a plus aucun bruit. Seulement un silence de mort.
Mais ce silence est le plus lourd que je n'ai jamais entendu. Le silence, horrible et insupportable de la trahison.
Le brouillard se dissipe finalement.
Lentement, très lentement, je me tourne. Je ne peux pas regarder Ron, mais même si je l'avais fait, je n'aurai vu que l'arrière de son crâne. Je regarde devant lui le souvenir qui se joue face à nous.
Nous sommes encore dans la chambre de Lucius, mais à un moment totalement différent. Je pense au début que la pièce est vide, mais je vois alors la robe rose pale sur le sol, enchevêtrée avec des vêtements noirs.
Et puis je vois le lit.
J'y suis couchée sur le dos, un bras courbé au dessus de ma tête. Mes yeux sont fermés, et ma poitrine monte et descend régulièrement au rythme de ma douce respiration. Et Lucius est couché à côté de moi. Il me regarde, les yeux embués.
Il tend la main et fait courir un doigt sur ma joue. Je bouge légèrement dans mon sommeil, poussant un minuscule soupir.
Ses yeux s'enflamment une seconde, avant qu'il ne glisse lentement, timidement son bras autour de ma taille, avant de s'allonger sur le matelas tout près de moi, s'endormant avec moi dans ses bras.
J'entends un léger reniflement, mais il ne vient pas du souvenir qui se passe en face de nous.
Ron se retourne, et c'est seulement alors que je peux apercevoir son visage.
Il ne me regarde pas. Il garde les yeux rivés au sol.
Son visage est mouillé de larmes.
Il renifle à nouveau, et il lève les yeux du sol. Il paraît désespéré. Comme si tout ce qu'il voulait était de sortir d'ici, loin de l'horrible connaissance qu'il vient de voir.
« Faites-moi revenir » il murmure d'une voix rauque.
Il y a alors un bruit de bruissement, et je le voie disparaître vers le plafond, de plus en plus haut, de plus en plus vite…
Et puis il est parti.
Les larmes coulent sur mes joues. Des larmes chaudes d'agonie totale.
Qu'ais-je fait ? Je ne suis qu'une salope, une salope. Comment ais-je pu lui faire ça ?
Comment ais-je pu penser pouvoir lui cacher ça ? Quelque chose de si horrible ne pouvait pas rester caché pour toujours.
Je me tiens toujours debout, les yeux fermés, les larmes devenant plus épaisses et plus rapides.
Je ne peux pas retourner là bas, je ne peux pas. Comment pourrais-je à nouveau faire face à Ron ?
Mais… mais je peux difficilement rester ici pour toujours, si ?
Mon Dieu, j'aimerais si je le pouvais.
J'aimerais seulement pouvoir mourir.
Peut être que les choses seraient mieux pour tout le monde si je mourrais.
Je dois retourner là bas. Je le dois.
Je prends une grande bouffée d'air, avant de lever les yeux vers le plafond inexistant.
« Faites-moi revenir » je chuchote, ma voix prête à s'effondrer.
Et je me sens tirée vers le haut, l'air rugissant à mes oreilles alors que je sors de la Pensine et que j'atterris une fois de plus dans l'horrible réalité de la vie réelle.
