CHAPITRE 19 : TOI ET MOI...


Les jours au Seattle Grace défilèrent et le moment fatidique de l'opération programmée pour le lendemain approchait à grand pas. La veille au soir, Cal raccompagna House et Patrick au bord d'un trottoir pour attendre un taxi qui ne tarderait pas à venir. En patientant, le mentaliste jeta un regard à son ami et dit d'une voix posée:
— C'est une belle nuit tu ne trouves pas ?
— Heu… oui c'est vrai que le ciel est particulièrement dégagé ce soir, dit l'expert en mensonge, la tête levée en direction du ciel étoilé. Jane l'imita et récita:
— Doutez que les étoiles ne soient de flamme, doutez que le soleil n'accomplisse son tour que la vérité soit menteuse infâme, mais ne doutez jamais de mon amour…
— Shakespeare…, cita Cal, en échangeant un regard souriant avec Patrick. Celui-ci posa une main sur son épaule et ajouta avec sincérité: — Dit lui…
Le taxi arriva. Sans un mot de plus, Patrick rejoignit House dans le véhicule qui s'éloigna dans la nuit sous l'air songeur de Cal.

Quelques minutes plus tard, il était revenu dans la chambre de Gillian et s'était occupé l'esprit avec un livre emprunté à son amie, intitulé "Mort Brulante de Richard Castle". Au cinquième chapitre, il arrêta sa lecture lorsque Gillian s'exclama en pointant du doigt l'extérieur: — Regarde Cal, il neige !
Son livre mis de côté, Cal tourna sa tête en direction de la fenêtre pour contempler une fine pluie de flocons enneigés tombant du ciel. Un majestueux spectacle qui avait élargit le sourire de la psychologue en émoi.
— Les premiers flocons… C'est toujours un spectacle magnifique...
— Ouais…, confirma t-il avec le même sourire.
À vrai dire, Cal souriait plus pour la joie qu'il lisait sur le visage de son amie que pour ce qu'il se passait à l'extérieur. Rare était ces instants où elle ne pensait pas à ce que demain serait...
— Ça me rappelle un souvenir d'enfance... Quand mon père nous emmenait dans son chalet les premiers jour d'hiver, on se mettait tous les trois vers la cheminé avec une tasse de chocolat chaud et on contemplait la neige tombée… Il me disait que les flocons étaient les larmes de diamant du ciel…
Cal prit silencieusement la main de son amie et l'écouta dire avec un air légèrement triste, rivé sur l'extérieur:
— J'aurais bien aimé les sentir une dernière fois…
Un silence s'en suivit. Tout d'un coup, une idée traversa l'esprit de Cal. Sans un mot, il se leva d'un bond pour rassembler avec rapidité: couverture, vestes et fauteuil roulant qu'il déplaça jusqu'au lit de la jeune femme. Perturbée par ses drôles agissements, Gillian l'interrogea:
— Qu'est-ce que tu fais ?
— J'écoute Shakespeare ! Aller viens ! On va faire un petit tour !
— Cal, ce n'est pas sérieux on ne peut pas sortir de l'hôpital comme ça…, répondit-elle légèrement amusée par son impulsivité.
— Qui a dit qu'on allait sortir de l'hôpital ?
Elle regarda avec curiosité son visage jovial mais n'obtint aucune précision quant à ses intentions. Que lui cachait-il ? Une lueur dans son regard lui permis de savoir qu'elle apprécierait surement sa surprise. Chaudement habillés, Cal emmena, avec l'accord de Derek, Gillian sur le toit de l'hôpital.

(Let her go - Tyler Ward)

En hauteur, on entendait au loin la circulation et les sirènes d'urgences des véhicules sur les routes glissantes. Des milliers de flocons distincts tombaient sans discontinuer du ciel étoilé parfaitement dégagé pour s'étaler et s'effacer avec douceur sur le sol froid. Cal poussa le fauteuil roulant un peu plus au centre pour que son amie puisse au mieux profité du tableau hivernal.
— Cal…, souffla t-elle émerveillée. Elle plongea son regard dans le sien et dit:— Merci…
Il lui présenta sa main. Elle fronça ses sourcils d'incompréhension.
— Une danse ?
Avec son aide, Gillian se leva en entourant son cou avec ses bras. Il posa ses mains sur ses hanches pour la bercer avec lenteur comme pour un slow.
— Tu sais qu'il n'y a pas de musique ? lui fit-elle joyeusement remarqué.
— Pas besoin… Tu as juste à l'imaginer.
Elle esquissa un sourire et reposa sa tête contre son cou. Il continua à les faire tous les deux pivoter sur place. Le temps semblait s'être arrêté. Les flocons tombèrent sur leurs corps et s'évaporèrent ensuite en un seul pas de danse. Un instant éphémère dont les deux experts profitèrent pour danser sous cette toile enneigée.
— Je ne veux pas te perdre…
Aux mots murmurés, Gillian serra un peu plus son ami contre son corps frêle.
— Je sais…
Il ne pouvait pas s'arrêter de danser, sinon cela signifierait revenir à la douloureuse réalité. Il désirait étendre cet instant le plus longtemps possible. Ils partageaient peut-être leur dernier moment ensemble. Une pensée qui terrifia Cal au plus profond de lui-même. En dansant, il se décala légèrement de sa partenaire pour la contempler. Elle lui souriait mais ses yeux larmoyant trahissait sa tristesse que son destin était désormais scellé. Ils se regardèrent de manière très intense comme si plus rien n'avait d'importance.
— Je…
— Ne dis rien…, le coupa t-elle en posant son front contre le sien. Elle ferma ses yeux et plaça délicatement ses deux mains de chaque côté de son visage. — Ne dis rien…, répéta t-elle. Des larmes coulèrent sur ses joues. Cal obtempéra et ferma simplement ses yeux comme pour graver chaque sensation de ses mains et de son souffle sur sa peau devenue glacée. Le vent froid frappait parfois les deux danseurs mais ils s'en fichaient. Cela prouvait simplement qu'ils étaient bien là. Ils restèrent encore quelques minutes à danser sur le toit lorsqu'ils décidèrent avec regret qu'il était temps de revenir dans la chambre de la patiente. Elle reprit place dans son lit avec l'aide de Cal qui s'installa sur le rebord du matelas. Il caressa tendrement son doux visage, s'apprêta à retrouver son propre lit mais Gillian l'en empêcha en le rentant par sa main:
— Reste…
— Gill'…
— Reste s'il te plait…, répéta t-elle d'une voix suppliante.
Cal sourit et accepta finalement la requête de son amie. Elle se déplaça dans son lit pour lui faire de la place et il s'allongea auprès d'elle en passant un bras autour de ses épaules. Elle en profita pour nicher sa tête au creux de son cou et poser sa main près de son coeur. Sous ses doigts fins, elle sentit celui-ci battre à vive allure. Elle se demanda si c'était la pensée de l'opération ou si c'était simplement elle qui lui faisait ce effet. Elle baya cette idée lorsqu'il l'embrassa dans les cheveux avant de lui dire:
— Je suis là… Tout va bien se passer…
Sans qu'il ne s'en aperçoit, elle pleura silencieusement en serrant sans le vouloir sa chemise comme si la peur qu'il puisse tout d'un coup partir l'avait submergé. Peu de temps après, s'est épuisés qu'ils s'endormirent dans les bras de l'un de l'autre.

L'aube pointa le bout de son nez. Caressé par l'un des rayons du soleil, Cal ouvrit lentement ses yeux et soupira d'aise en fixant apaisé le soleil rougissant qui était en train de se lever.
— J'ai toujours aimé les levés de soleil…
Cal comprit que Gillian venait de se réveiller. Il caressa distraitement l'un de ses bras dénudés de son pouce et dit d'une voix douce: — Patrick dit souvent qu'il préfère voir le soleil se coucher… Car pour lui, il peut mettre fin à une journée qui peut être la pire qu'il est vécu, mais lorsqu'il reviendra le lendemain matin il pourra aussi lui offrir la plus belle de sa vie.
— Il a raison…
— Mmh, je l'espère…
— Elle est déjà la plus belle de ma vie…, dit-elle, en élevant légèrement sa tête pour rencontrer le regard souriant de Cal. Leur visage s'approchant l'un de l'autre, ils n'étaient plus qu'a quelques centimètres d'une limite qu'ils n'avaient encore jamais franchie lorsqu'une jeune interne rousse, nommée April Kepner, sépara les deux amis en entrant dans la chambre pour un examen matinal.
— Oh ! Excusez moi !
— Vous savez frapper avant d'entrer ?! vociféra Cal en comprenant par la couleur de son uniforme qu'il s'agissait d'une interne.
— Cal…, soupira Gillian.
— Heu…Je…, bredouilla Kepner, gênée et incapable de faire face à une quelconque autorité.
— Vous ?! s'impatienta Cal, plus frustrée qu'autre chose.
L'interne baissa son regard au sol et bafouilla avant de partir:
— Je… Je reviendrais plus tard !
La porte close. Cal lâcha un long soupir de frustration.
— C'est pas vrai…, s'exaspéra t-il. — J'ai l'impression de voir Loker…
— C'est parce qu'il te manque ! gloussa t-elle.
— Mouais… Bah j'espère surtout qu'il n'a pas fait exploser le Lightman Group pendant notre absence…
Gillian ria et s'installa à nouveau contre son ami.

À SUIVRE...

MUHAHA XD je sens que des personnes on envie de me frapper nope ? lol


TorriGilly: Ahaha je sens que tu vas vouloir me tuer lol Le pauvre Cal... Il maudit autant Loker que les internes ! Maudis internes ! XD

Veronicka: Tu craques ? XD Je ne savais pas que l'histoire te procurais autant d'enthousiasme lol Je suis sûre que tu vas aussi vouloir me frapper comme tout ceux qui lise cette histoire d'ailleurs muhaha