PDV SungMin (écris par Shaniti)
J'aurais voulu prier à cet instant. Prier pour un non retour, pour une fin rapide et indolore. Quelque chose de simple. Mais depuis que j'étais arrivé ici, je ne croyais plus en rien. C'était impossible même si je l'aurais voulu. A la place, je passais mes longues minutes de répit à pleurer en silence. La seule chose dont j'étais persuadé était qu'en une semaine, j'avais versé plus de larmes que de ma propre semence en un mois. Ma vie d'avant me manquait plus ou moins. Plus parce que je n'avais même plus la force de me satisfaire seul, j'étais clairement en manque, ce qui n'arrivait jamais auparavant même si je me forçais à ne pas sauter sur l'un des autres hommes dans la même galère que moi et moins parce que j'avais toujours cette impression que son regard était rivé sur moi. Ce qui était en temps normal, plus que plaisant mais depuis quelques jours, je n'avais que trop de mal à le supporter. C'était … Etrange. Pourquoi me forcer ainsi ? Moi-même je ne le savais pas vraiment.
En une semaine j'avais découvert de nouvelles facettes de la vie, auxquelles je n'aurais sans doute jamais pensé. Pourquoi apprendre à me battre alors que d'autres s'entretuaient presque pour m'avoir, même l'espace d'une nuit ? Pourquoi avoir besoin de chaleur quand je me faisais chauffer par les plus méritants ? Pourquoi et encore pourquoi …
Je relevais alors la tête pour le voir. Assis contre le mur d'en face, ses yeux sombres ne me perdaient de vue que lorsque ses paupières se rabattaient rapidement dessus. Il me faisait ainsi frissonner quelques secondes et ce depuis le premier jour. Je laissais mes jambes retomber sur le sol grisâtre de la pièce où nous n'étions que tous les deux et soupirais un peu. Je me souvins alors de sa voix, un peu grave mais sensuelle lorsqu'il avait prononcé son prénom. Kyuhyun. C'était tout ce que je savais de lui. Pourtant, j'avais comme l'impression de le connaître. Lui, un jeune homme peut-être un peu plus jeune que moi vu les traits de son visage à peine tirés, aux cheveux clairs où se reflétait la faible lueur de l'ampoule accrochée au plafond. Ses yeux noirs devaient avoir été peint par Lucifer lui-même tant ils étaient envoutants. Comment tenir un regard aussi parfait plus d'une minute ? Je n'avais pas cette réponse et pourtant je tentais de le faire le plus souvent possible sans rester innocent. Ayant face à moi un enfant du désir, je ne pouvais que me surpasser pour me retrouver à sa hauteur. Même avec le peu de force qui m'animait, ma main droite remonta doucement sur ma nuque pour y redescendre à la même allure. J'allais mettre en pratique ce que je faisais chaque soir depuis plus de trois ans : La séduction ou plutôt la provocation, chose que je m'étais presque interdite depuis mon réveil en ces lieux mais quand la pression et la tentation deviennent trop imposante, je ne vois pas comment continuer …
J'étais le premier sur la liste de chaque personnage important de la société qui aimait se faire plaisir. J'étais connu pour mes aptitudes à séduire n'importe quel homme, à enrôler n'importe quel personnage dans le monde du sexe et je devais être par-dessus tout le meilleur entre les draps, si j'ose dire. Vivre de sexe, de faux amours et de vice, voilà comment je voyais les choses. Certains vous diront que je ne suis qu'une catin que l'on trouve dans une ruelle assombri, guettant le moindre passant friqué. Mais non, j'étais bine plus que ça. Je le savais et j'en étais fier. Vingt-deux ans, renié par mon père, dirigeant d'une entreprise internationale à Tokyo, je trainais les rues - quelle jolie façon de voir les choses - sans rien chercher de précis, ne sachant que faire de mieux. Et je l'ai rencontré. « Bonsoir, jeune homme, je suis monsieur Kim, directeur du « Lost soul », que diriez vous d'un emploi … » Je me souvenais encore de ses yeux jetés sur tout le long de mon corps. « … A plein temps ? ». Toute personne sérieuse aurait refusé une telle proposition, surtout qu'il faisait nuit noire et que nous étions dans un des quartiers chauds de la capitale. Et pourtant, je l'ai suivi avec hâte. Je ne savais pas où j'allais être emmené ni même ce que j'allais faire, mais je m'en fichais. Nous sommes donc passés par la sortie de secours, enfin à supposer qu'il s'agissait bien de cela et à peine la porte fut elle fermé qu'un grand homme, au visage angélique m'avait pris par le bras et jeté dans une grande pièce dont je n'aurait pas soupçonné l'existence vu le couloir par lequel nous étions entrés. Et c'est cette nuit là que j'ai baisé pour la première fois de ma vie avec un homme. Je ne pourrais dire « faire l'amour », cette expression n'a jamais fait pas parti de mon vocabulaire et n'en fera jamais parti. Je ne connais pas les bienfaits ou les méfaits de l'amour prodigué par quelqu'un. Si on advenait à me parler d'amour du sadisme, je répondrais que j'en suis amoureux. Éperdument amoureux. Une vie sans sexe et sans perversité, n'est qu'une vie monotone et inutile. Je gémis en pensant à tout cela sans m'en rendre compte. Je gémissais du plaisir de MA vie. Un léger sourire vint s'éprendre de mes lèvres lorsque je le vis se lever lentement. Mes doigts caressaient mon intimité depuis quelques minutes déjà mais me faire plaisir seul ne valait rien face au plaisir que l'on peut procurer ou faire subir à un autre. Je m'imaginais déjà sentir ses lèvres sur les miennes et son corps contre le mien, mais il n'en fut rien même après quelques instants supplémentaires. Il s'était juste mit debout tout en continuant de me regarder mais rien d'autre. Frustré mais excité en même temps, un râle m'échappa alors que mon propre sperme venait de colorer mon sous-vêtement dans une teinte plus foncée. Rien ne parut le faire réagir.
« - Rien ne t'excite, c'est ça ? »
Il leva un sourcil avant de sourire un peu. J'enlevais donc ma main de mon boxer et me remit à la verticale aussi. Je détestais qu'on me regarde de haut, j'étais toujours celui au dessus, dans toutes les circonstances …
« - Tu préfères peut-être autre chose, alors ? »
Je parcourus les quelques mètres qui nous séparaient et vins admirer se prunelles sombres et aguicheuses. Il était un peu plus grand que moi, chose à laquelle je n'avais jamais fait attention, mais ça ne posait aucun problème. Je manquais de force certes mais devant un tel homme, la vague d'excitation qui me prenait -retenue pendant sept jours - allait déferler.
« - Kyuhyun, tu sais ce dont j'ai envie là ? »
Soudainement, la porte s'ouvrit et il défit le contact visuel que nous avions. Je suivis son regard et reconnus l'un des deux autres « prisonniers ». C'était Yesung, celui aux cheveux noirs, celui qui parlait le plus. Description assez pauvre certes mais c'était tout ce que j'avais trouvé sur le moment. Il n'était pas le genre de personne avec qui j'aurais voulu passer un soir, mais c'était celui que je connaissais le mieux, ici du moins. Nous n'avions pas une relation très poussée côté sexe mais nous discutions souvent lorsque l'aube venait à renaître et que je retrouvais la boîte où nous travaillions, complètement vide. Enfin même si ce n'était que provisoire … Je pus voir ses yeux rougis par les larmes mais ce qui était sans doute le plus choquant était la colère marquée sur son visage. Il hurlait encore et encore. L'homme aux épaules trop carrées ressortit après lui avoir infligé un coup de pied en plein abdomen. La dessus, Yesung gémit de douleur et se recroquevilla sur lui-même. Sans savoir exactement pourquoi, j'accourus jusqu'à lui et m'agenouillais à ses côtés. Je ne prends jamais pitié d'un autre, mais là c'était plus fort que moi, nous étions dans une même galère alors autant avoir un minimum d'humanité. Chose que je découvrais en ce moment même.
« - Yesung, Yesung ? Ca va ? »
Ce qui me surprenais un peu fut ma propre interrogation. Je savais qu'il n'allait pas bien, c'était tout le contraire. Et je lui répétais la même chose pendant une minute jusqu'à ce qu'il en se relève à moitié pour attraper mes épaules avec force.
« - Tues moi, Sungmin. Tues moi ! »
Il se mit à me secouer un peu avant de retomber au sol.
« - Yesung, qu'est-ce … Qu'est-ce qu'il y a ?
- Il … Il me la prit …
- Qui t'a pris quoi ?
- Ryeowook est mort. »
Je me retournais vers Kyuhyun qui se tenait près de nous. Comment pouvait-il dire ça ? Même moi, étant sensible uniquement lorsqu'on me touchait, j'aurais dis ça avec un soupçon d'émotion. Mais pas lui. Il avait deviné qu'un d'entre nous était décédé et ça avait l'air d'être normal.
« - Ce n'est … C'est pas vrai !
- Sungmin … »
La main de Yesung attrapa mon avant bras dénudé et je plongeais mon regard dans le sien, attristé comme jamais je ne l'avais vu avant.
« - Il est mort. »
Je ravalais difficilement ma salive et récupérais mon bras avec violence. J'avais du mal à y croire. Je me relevais et fis quelques pas à reculons. Yesung sanglotait encore et Kyuhyun regardait en l'air, les paupières closes. Une envie de hurler me prit brusquement mais elle se perdit dans ma gorge lorsque j'entendis cet horrible bruit, devenu presque quotidien. C'était comme si Il allumait un micro apparemment mais là, cela importait peu. Figé sur place, je braquais mes yeux vers les deux autres hommes présents dans la pièce. Ils n'avaient pratiquement pas bougés. Je posais mes deux mains sur mon cœur dont les battements cœur avaient décuplés entre deux respirations et fixais le sol sale et terne de la chambre.
« Amusez-vous, il n'y en aura pas pour tout le monde … »
Le silence retomba automatiquement après cette courte phrase. Cette voix ensorcelante me perturbait de part sa sensualité marquante. Je n'arrivais pas à coller un visage à cette magnifique voix. Ce malade m'excitait à sa manière et qui sait, peut-être le savait-il … La large porte s'ouvrit à nouveau et trois personnes firent leur entrée parmi nous. Trois personnes très différentes de celles que nous avions « l'habitude » de voir. Mes bras retombèrent le long de ma taille et je vis rapidement Yesung se relever. Sans prévenir, des hurlements stridents se firent entendre et les trois inconnues, oui inconnues parce qu'il s'agissait de femmes, nous sautèrent dessus. J'ai tout d'abord pensé à une plaisanterie mais lorsque la plus grande des trois m'assigna un coup de poing en plein sur le visage, je changeais directement d'avis. Les coups et les esquives s'enchaînèrent. Je pouvais rarement apercevoir Kyuhyun plus de deux secondes mais il devait sûrement s'en sortir mieux que moi. Je ne savais pas ce qu'il en était de Yesung mais sur le coup, je pensais plutôt à éviter que les mains et les jambes de la jeune femme ne viennent me toucher. Moi qui trouvais les femmes exécrables, je devais bien admettre qu'elles n'étaient peut-être pas aussi pleines de défauts et aussi nulle que je le pensais. Celle que j'avais face à moi se déplaçait avec une rapidité impressionnante et même si on ne pouvait pas réellement distinguer ses muscles, je pouvais très facilement dire qu'elle faisait mal. Le souffle me manquait de plus en plus et je la touchais de moins en moins. Comme quoi ma souplesse au lit ne me servait pas forcément. Brusquement, elle me frappa convenablement si j'ose dire et j'en tombais intensément à terre, gémissant comme si on m'avait mordu la peau à sang. Les deux mains jointes sur mon entre-jambe, je l'entendis rire un peu avant qu'elle ne relève mon menton d'un doigt. Je ne voyais que ses yeux verts, le reste de son corps était couvert de noir. Elle s'agenouilla devant moi et je ne vis que son poing se fermer avant de m'évanouir. Ce ne serait pas le coup de grâce mais je n'avais plus de forces pour l'heure et elle aurait largement le temps d'en finir avec moi sans même que je ne le sente vraiment. J'entendis un gémissement puis une espèce de sonnerie, elle aussi devenue habituelle. C'était la fin du combat, c'est tout ce dont j'étais persuadé.
~
J'ouvris lentement les yeux, mes paupières étant aussi lourdes que du plomb. J'eus du mal à m'adapter à la lumière de la salle et ce n'est qu'au bout de deux minutes au moins que je découvris l'endroit où j'étais à présent. La pièce était plus petite que la précédente et j'étais seul en plus de ça.
« Vouloir quelque chose implique le mérite. As-tu déjà mérité quelque chose Sungmin ? »
Un frisson courut le long de mon dos. Je ramenais lentement mes jambes vers moi et constatais que j'avais les poignets attachés à la tête d'un lit drapé de noir. Je soupirais et ne tentais même pas de défaire les liens, après tout je n'étais pas l'acteur principal d'un film de sciences fictions où comme par miracle je pourrais m'échapper. A peine deux mètres devant moi, se dressait un long rideau blanc recouvrant tout ce que je pensais être un mur mais il s'ouvrit bien vite laissant place à une baie vitrée. J'écarquillais les yeux en reconnaissant, plus ou moins, la pièce de tout à l'heure. Je cherchais des yeux les deux autres ne trouvant que l'objet de mes récents fantasmes inaccomplis. Kyuhyun était devant moi, assis sur une simple chaise en bois. Il ne maintenait pas sa tête droite, j'en conclus rapidement qu'il devait être en train de dormir. Je ravalais ma salive lorsque une porte sur ma gauche s'ouvrit pour se refermer aussitôt. Je ne focalisais pas pour autant sur l'homme qui vint s'assoir sur le lit à son tour. De l'autre côté de la vitre, une femme avait rejoint Kyuhyun, j'aurais voulu hurler pour qu'il se réveille mais j'étais à bout de force. Je me sentais lourd et à la limite de l'inerte, seules mes paupières s'ouvraient et se fermaient. L'inconnue réveilla Kyuhyun d'un coup de poing dans le ventre avant de repartir aussitôt. Je me mordis la lèvre inférieure en espérant qu'il me regarde.
« - Regardes-moi, je t'en pris.
- Ne t'en fais pas Sungmin, il va te regarder. Je te le promet. »
Mon cœur rata un battement. Je faillis m'étouffer avec ma propre salive. L'homme, à la voix suave et enivrante à la fois, se tenait assis à quelques centimètres de mon corps. Je déglutis faiblement, lui arrachant un sourire hautain alors qu'il caressait mes cheveux avec douceur. Je pouvais distinguer chaque trait de son visage, sa peau était claire et belle en même temps. Une sorte de masque recouvrait une partie de son visage, juste le haut mais je pouvais voir ses yeux brillants et rassurants malgré les circonstances. On pourrait penser au chevalier masquer, sauveur des jouvencelles en détresse et ennemi des malfrats, un Zorro incroyablement sexy cela dit.
« - Tu ne préfères pas mon regard posé sur toi, Sungmin ? »
Sa main caressa ma joue avant qu'il n'y dépose ses lèvres, y laissant un simple papillon. Un râle de mécontentement m'échappa. Je détestais ce genre de situation, je n'avais pas droit au rôle que je savais si bien tenir et cela m'enrageais plus qu'autre chose.
« - Ne sois pas si déplaisant, ça rendrait Kyuhyun malheureux … »
Je me revoyais vivement quelques heures plus tôt, tentant de déstabiliser Kyuhyun, mais là encore je n'étais à ma place. La main de mon hôte vint taquiner la peau de mon torse musclé par les combats.
« - Laisses moi tranquille.
- Ce n'est pas ce que tu désirais, tout à l'heure ?
- Laisses-moi … »
Promptement et avec une force inouïe, il saisit ma virilité et la compressa violemment me faisant hurler de souffrance. Je ne l'avais même pas vu passer sa main dans mon pantalon, je sentais la douleur mais je n'arrivais pas à bouger pour autant. Il me relâcha et descendit du lit. Je repris mon souffle et repliais mes jambes pour atténuer un minimum le mal que j'éprouvais. Je le suivis malgré tout des yeux. Il appuya sur un bouton près de la porte par laquelle il était entré et lança un sourire à Kyuhyun qui avait enfin fini par nous regarder.
« - Bonsoir Kyuhyun. Je ne te demande pas comment tu vas, je m'en fiche complètement. A vrai dire, ce qui va m'intéresser c'est plutôt ce que tu v-
- Fermes la, enfoiré ! »
Il s'était mit debout et venait de frapper la vitre de son poing. Notre bourreau se mit à rire calmement. Kyuhyun était si proche de lui à cet instant. Ils n'étaient séparés que par l'épaisseur de la baie et pourtant j'étais sûr que leur esprit se mélangeaient, ils s'entretuaient implicitement.
« - Ce que tu es drôle, petit diablotin. Je sais déjà que tu es vulgaire. Je te connais déjà assez. Jeune homme sans cœur et sans émotions, voué à passer sa vie dans une noirceur totale d'où jaillissent sexe et impureté. Voilà ce que tu es, Kyuhyun. C'est tout. Mais tu n'as jamais réellement su calmer cette partie obscène de ta personnalité. Tu n'as jamais connu le bonheur parfait, l'extase complète, la jouissance suprême. Tu n'es rien pour le moment. Rien, tu m'entends ? »
L'intéressé ne répondait plus. Je naviguais entre deux mondes, celui de Kyuhyun que je ne connaissais pas et celui de ce psychopathe. Ils me semblaient être similaires après les paroles de l'Inconnu. Je suis même allé jusqu'à me demander si je n'étais pas de trop. Ni Kyuhyun, ni Lui ne me regardait, s'en était presque frustrant mais je me taisais et attendais la suite.
« - N'essaies pas me prendre de haut, ce serait bien trop bête et inutile. Tu le sais mieux que moi. Tu as toujours su te démarquer des autres, tu restais seul mais tu étais puissant à ta façon. Du moins c'est ce qu'ils pensaient de toi mais je ne fais pas parti de ce groupe, mon cher. Je suis tout ce qu'il y a de plus sincère en ce monde. Tu aurais dû en faire de même. Ca ne t'aurait peut-être pas mené ici.
- Pourquoi suis-je là alors ? »
L'entendre parler de lui ainsi me fendis un peu le cœur, je ne me connaissais pas aussi sensible et aussi faible. Les paroles d'un autre me déplaisaient, me blessaient. Ce sentiment est étrange. Écœurant même. Je me secouais un peu la tête et reluquais à nouveau les deux créatures du Diable face à moi.
« - Vous comprendrez lorsque le moment sera venu, ce n'est que le début. N'est-ce pas Sungmin ? »
Le bel homme se tourna vers moi et me rejoignit à nouveau sur le matelas. Il se mit à parler mais j'étais bien trop absorbé par son regard pour comprendre ce qu'il me murmurait. La lumière de la pièce où se trouvait Kyuhyun, s'atténua d'un coup. Il me semblait encore distinguer sa silhouette mais je n'étais sûr de rien, hormis du fait que celui qui nous avait fait vivre l'enfer en quelques jours, venait d'arracher mon polo d'un coup. La lame glacée de son couteau frôla bientôt la peau de mon torse alors que ses lèvres baisaient ma nuque avec lenteur. Je tremblais sous la fraîcheur du métal et sous la douceur de sa langue sur ma peau.
« - Ne trembles pas, écoutes le plutôt. »
Je m'exécutais sans rien dire tout en regardant l'objet métallisé descendre le long de mon maillot. J'entendais de fins gémissements. J'en étais persuadé, or il ne s'agissait pas de Lui, ni même de moi. Kyuhyun … J'aurais voulu me débattre un minimum mais je n'y arrivais même pas.
« - Kyu …
- Je t'ai légèrement drogué. J'ai peut-être un peu forcé sur la dose mais je ne voulais pas que tu fasses le réticent, petite princesse. Tu n'es pas aussi docile qu'on peut le croire à première vue. Tu es bien plus compliqué que ça. Et il l'a bien compris …
- De … De qui tu parles ?
- De ton obsession, bien sûr. Tu sais, cet homme qui te regarde en ce moment même, de l'autre côté de cette pièce, est sûrement en train de mourir sur place. Je ne parle pas d'une véritable mort mais d'autre chose …Tu sais pourquoi ? …
- Non …
- Parce qu'il veut te la mettre. En ce moment même, hier aussi, comme avant-hier, depuis votre arrivée, depuis le premier jour.
- … C'est .. C'est faux … Il ne-
- Il te rejetait en ne t'adressant aucun signe particulier, tu n'as que rarement entendu le son de sa voix et tu sais pourquoi ? Parce qu'il se force, il se martyrise seul, il s'oblige à se soumettre à l'abstinence parce que ça l'excite encore plus. Il te regarde inlassablement pour que tu sois le premier à céder à la tentation, il veut prendre le dessus sur ta raison et sur ton corps, il aime par-dessus attirer l'attention des autres sur lui. En fait, vous êtes pareils mais vous ne tenez pas les mêmes fils. »
Je tressaillis avant de crier sans ménagement. Je serrais les dents et rouvris les yeux avec difficulté. Une ligne rougeâtre longeait mon ventre, salissant la lame de son arme. Sans plus rien dire, il ouvrit le bouton puis la fermeture de mon pantalon et vint caresser mon sexe durci par cette douleur excitante. Lentement, il fit glisser ce dernier pour l'amener au sol. Je reprenais à peine ma respiration que j'hurlais de plus belle. Les larmes me montèrent aux yeux. Cette peine poignante et contre laquelle je ne pouvais rien faire me rendais fou. Il venait de ma taillader la cuisse sans même la regarder.
« - Ca te fais mal, Sungmin ? Pourtant, tu aimes avoir mal. »
Son couteau passa sous ma gorge y laissant sûrement un légère trace.
« - Ce n'est peut-être pas la même souffrance, c'est ça ? … Tu sais, si tu te serais contrôler, quelques heures avant, tu n'aurais pas à être attaché ici et tu serais peut-être en train de dormir qui sait ? … Le manque rallié au désir est synonyme de souffrance, Sungmin. J'espère que tu t'en souviendras.
- AAAAAAAHHHHHH ! »
Il m'infligea deux nouveaux coups. Mes jambes me brûlaient au fil des minutes, alors que les doigts de sa main gauche se baladait sur la plaie de mon ventre. Le mal de plus en plus et je manquais bientôt de souffle.
« - Ce n'est pas fini, Sungmin ne t'endors pas. Se serait bête de devoir touché à un si joli visage tu ne crois pas ?
- Arrêtez …
- La seule chose que je pourrais arrêter serait de respirer, Sungmin. Je fais ce qui me fait plaisir, je suis comme toi. Estimes-toi heureux que je ne te la mette pas de suite … »
Son souffle caressa ma joue et je gémis une fois de plus en sentant sa main sur mon bas-ventre.
« - LÂCHES LE ! »
Mon dos se cambra dans la seconde qui suivit l'entente de ses mots. Kyuhyun. Je me retrouvais à gémir en pensant à lui. J'aurais voulu qu'il soit là, sur ce lit, qu'il soit en train de me toucher, de me faire jouir. La torture s'amplifiait en même temps que mes plaintes érotiques.
« - Veux-tu que je te lâches ? »
J'écartais les jambes d'un coup lorsqu'il mordit la peau de mon épaule. Assis sur ma gauche, il me regardait souriant doucement. Je lui fis non de la tête. A nouveau, Kyuhyun se fit entendre, il hurlait de mécontentement.
« - Tu veux la sentir ?
- Aahhh … Oui, vas-y …
- Ce que tu es bandant alors. »
Il vint baiser la peau de ma cuisse teintée de rouge et vint prendre d'assaut mes lèvres entrouvertes. Je goûtais à mon propre sang pour la première fois de ma vie. Sa langue jouait sauvagement avec la mienne, ses dents arrachaient presque mes lèvres mais j'en voulais encore. Je me retrouvais à râler lorsqu'il se détacha de moi. Je pleurais mais non plus de peine. C'était bien plus abstrait que ça. Il me retira mon sous-vêtement et je tressaillis en voyant la lame de son couteau, complètement oublié, juste au dessus de ma sensibilité.
« - Combien de fois as-tu jouis depuis que je suis près de toi, Sungmin ? Regardes-toi, tu es dégoûtant … »
Je ne répondis pas à son interrogation. J'étais terrifié à l'idée d'un tourment avenir qui allait être bien plus intense. Je me mordis la lèvre en déglutissant.
« - SUNGMIN ! ANNNNNHHHHH …
- Tu entends ? Ce pervers voudrait tant être à ma place. »
Il effleura mon gland du bout de son doigt provoquant un léger spasme en moi.
« - Si je lui offrait mon arme, sois sûr qu'il lècherait ton sang et se tuerait juste après en sachant que jamais il ne touchera ta peau … Vous formeriez un couple si parfait.
- AAHHH ! »
Je pleurais réellement cette fois. Il venait de retracer une longue courbe de mon bassin d'une traite avec son jouet.
« - Ce que tu es faible, Sungmin. Tu me décevrais presque. »
Il rapprocha son visage du mien, je le voyais à peine sous le flot de larmes qui s'était épris de mes yeux fatigués. Il me semble qu'il souriait.
« - Passes une bonne journée, Sungmin. »
Je sentis ses lèvres se pressaient contre mon front avant qu'il ne se lève du lit. Il dénoua les liens autour de mes poignets et quitta la pièce après s'être adressé à Kyuhyun.
« - N'oublies pas les règles, Cho. »
Je me redressais lentement et tirais le drap noir sur moi. J'étais affaiblie comme jamais et tous mes membres me faisaient souffrir. Je vis rapidement le long rideau blanc se refermer. J'en avais complètement oublié Kyuhyun de l'autre côté. La porte par laquelle était passé notre gardien se rouvrit à nouveau, avait-il oublié quelque chose ?
« - Sung … Sungmin … »
Mes yeux s'écarquillèrent au maximum, Kyuhyun se tenait là, à quelques mètres de moi.
« - Kyu'nah … Qu'est-ce que tu fais ? »
Il s'approcha du matelas où j'étais toujours assis. Son regard me fit trembler de peur. Je n'y retrouvais pas la même lueur de désir qu'il avait depuis que je le « connaissais », c'était bien plus effrayant. Instinctivement, je me mis à creuser les draps et l'oreiller qui m'entouraient, je ne savais pas quoi faire de mieux. Un détail, plutôt notable, et qui m'avait pourtant presque échappé était qu'il était complètement nu. Nu et excité. Sa virilité était assez imposante et durci, elle était encore plus … Difficile à décrire. Il grimpa à son tour près de moi et ne prononça aucune parole. Il était si troublant que j'en avais oublié mes blessures. Il caressa ma jambe couverte par le drap et le retira. Je protestais mais il y m'y plus de force que je ne l'aurais cru. Mis à nu devant ses yeux, j'eus du mal à déplacer mes membres, encore trop lourds et épuisés.
« - Tu es si parfait, Sungmin. Pourquoi ne t'ais je pas touché avant tout ça ?
- Kyuhyun … Je t'en supplies …
- C'est beaucoup trop pour moi …
- Kyu… »
Il s'empara de mes lèvres d'une simple avancée que je ne pus contrer. Je sentais son corps se fondre sur le mien, appuyant sur mes plaies encore saignantes, encore douloureuses. Mes gémissements passèrent de ma gorge à la sienne. Il mit fin à cet échange et s'attaqua à mes jambes meurtries.
« - Kyuhyun ! A-Arrêtes ! Tu m'fais mal … »
Il plaqua ses deux longues mains de part et d'autre de ma taille et me fit valser sur le lit. Je hurlais encore une fois, la taillade de mon bassin touchant les draps. Mon visage se crispa lorsqu'il introduisit son membre en moi sans la moindre délicatesse. Ma tête frappa sur la tête de lit à cette entrée. Il me maintenait de force à rester à quatre pattes alors qu'il jubilait de plaisir. Mes cuisses et mon ventre me piquaient inlassablement et mes larmes ne cessaient de couler. Son sexe prit encore plus d'ampleur en moi, a se demander comment s'était possible. J'en avais marre, je voulais que tout s'arrête.
J'avais toujours pris plaisir à faire de mes nuits, un univers réduit au sexe, au vice mais je ne faisais pas ce que je voulais à cet instant. Mes dernières forces s'envolèrent dans un dernier cri, Kyuhyun venait de jouir en moi. Il n'avait pas arrêté de se plaindre, de gémir depuis ces dernières minutes. Je retombais littéralement sur l'oreiller que je n'avais pas encore agrippé et laissais mes dernières larmes sécher en silence.
« - J'avais déjà goûté à l'enfer mais là c'est come si je venais de baiser avec le Diable en personne. Merci Sungmin. »
Je n'eus pas le force d'ouvrir la bouche. Je ne sentais plus mon corps, mon cœur battait encore malgré ça. Les caresses de Kyuhyun ne me firent même pas réagir. Il avait eus ce qu'il voulait et je m'en fichais. J'étais fini.
« Les règles sont tellement faciles à enfreindre, n'est-ce pas Kyuhyun ? Chaque bêtise mérite punition. »
J'avais à peine entendu la voix du malade mais les cris de Kyuhyun me percèrent les tympans. Je sentis une main attraper mon épaule. En deux temps, trois mouvements, j'étais dos à la tête du lit sur lequel j'avais vécu les pires heures de ma vie et Kyuhyun venait d'être rejeté dans la pièce en face. Le rideau joua encore une fois. Les yeux se jetèrent sur l'homme, objet de mes fantasmes, qui venait de me violer puis dans la minute qui suivit, mon attention se perdit sur l'homme aux cheveux noirs qui passa la porte par laquelle tous étaient venus me voir, prendre leur plaisir et repartir …
« - Yesung … »
Il tenait une petit poignard dans sa main droite. C'était la seule chose qui brillait en plus de ses yeux. J'entendis Kyuhyun frapper contre la baie vitrée mais Yesung me perturbait encore plus.
« - Tout est de ta faute ! »
Il se jeta sur moi tout en pointant son poignard vers mes jambes, repliées sur le matelas. Je tombais à terre afin d'esquiver le coup. Il tomba à son tour face à moi, avec un regard aussi noir que son cœur. Blotti contre le lit, je ne savais que faire. Mon dos touché le mur sale et grisâtre de la pièce et mes fesses nues avaient violemment frappées le sol.
« - C'est terminé.
- Yesung, pourquoi ?
- Parce que tu le mérites ! »
La notion de mérite est plus compliquée qu'elle n'y paraît. Désirer quelque chose parce qu'on le mérite est parfois si difficile. Ais-je appris quelque chose ici ? Je ne sais pas vraiment mais jamais je n'oublierais ces regards. Leurs regards posés sur moi. Sadique. Vicieux. Pervers. Ce que j'avais souhaité hier venait ne se réaliser. Je voulais une fin à tout, je l'avais eus. Aucun regret ne se cachait sous le « Merci » que j'offris à Yesung avant de souffler une dernière fois.
