Auteur : Shiakän

Disclaimer : Hélas, tout ce petit monde ne m'appartient pas ! A part Marina, Allen, et quelques autres qui feront leur apparition au fur et à mesure de l'histoire ! Tout le reste est à J.K. Rowling.

Genre : Alors… il y aura de la romance, de l'humour, mais aussi des passages tristes, voir violents pour certains. Je vous préviendrais.

Rating : M ! Donc prudes et homophobes : dehors.

Couples : Oulah ! Une sacrée tripotée ! Bon, alors, commençons par les principaux : HPDM, SBRL, HGRW… Les autres, vous verrez bien au fur et à mesure :P

Spoilers : Tous les tomes, même si je ne prends pas en compte quelques morts dans le tome 7 et que j'en modifie une d'une tome 5, et ce pour des raisons évidentes, lol.

Petite remarque : J'ai écrit ce chapitre dans la foulée, et je ne saurais pas dire si j'en suis fière ou si une fois de plus j'ai l'impression de l'avoir bâclé… Bah, à vous de me le dire, n'est-ce pas ? Lol.

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RAR du Chapitre 6 :

onarluca :Yosh ! Merci de laisser des reviews souvent, ça fait vraiment plaisir ! J'espère que la suite te plait ;)

Lovedray : Ah ça pour être con… =P Bah on lui en veut pas, c'est Potty après tout ! Pour ce qui est de la Pensine, c'est fait dans le chapitre 6 n.n

Aurelie Malfoy : Merci !

DeadPsycho-MP : Ouais, Harry est un Gryffondor têtu comme une mule ;) Mais il va aller en s'améliorant xD D'ailleurs je suis désolée, mais Draco est encore très abattu dans ce chapitre… Loin de moi l'envie de te faire mal au cœur, mais bon… Ok ok, j'avoue, c'est fait exprès :P

Lynshan : Ouah, que de compliments… Pour ton manque de patience, je pense qu'il a été rudement mis à l'épreuve… J'suis désolée, je manque à tous mes devoirs ! Mais j'avais vraiment perdu mon inspiration, heureusement, comme par miracle, elle est revenue, puisque j'ai écrit le chapitre 7 et le 8 d'une traite, et que le 9 risque de subir le même sort xD

Encore mille fois merci !

sati-san : Draco est un petit connard frigide dans les bouquins, et même si on sait bien qu'il n'agit ainsi que pour cacher sa faiblesse, justement, à moi, ça me manquait de ne pas pouvoir lire plus de choses au sujet de notre Malfoy International. J'aime explorer les facettes de sa personnalité, prouver qu'il éprouve toutes sortes de sentiments humains. C'est pourquoi j'ai décidé de le montrer sous cet angle. J'suis heureuse que ça te plaise !

Flore Jade : Merci !

Neko-Nansu : Merci beaucoup !

Yep' : Merveilleux, rien que ça ? J'suis flattée, merciii ! (l)

RAR du Chapitre 7 :

3lle : C'est vrai que la vie n'est pas clémente avec Draco, à moins que ce soit moi qui suis vraiment méchante avec lui… (a)

Je ne te le dirai pas, mais tu as très bien deviné l'attitude d'Harry (comment ça je me contredis ? -ZBAAAFF-) Comme il le dit plusieurs fois, il ne veut pas que son « monde » soit bouleversé.

Merci ! Bisouuus.

Eleonore-dem : L'écriture est une véritable passion pour moi (j'aimerais en faire mon métier, mais bon ça c'est une autre affaire lol) ainsi, je suis ravie de savoir que mes écrits plaisent. Ca me fait vraiment plaisir ! Merci pour ton envois massif de courage, je le prends avec joie xD On en a toujours besoin après tout.

Ekopea : Et ouais, Potter est devenu un véritable bougon rancunier… Bah heureusement, il va finir par ouvrir les yeux, il faut bien, sinon l'histoire n'avance pas xD

Aurelie Malfoy : Merci de me suivre, je suis toujours aussi contente que ça te plaise ! Bisous.

zelnazoo : Un amer connard ? Oui, c'est une excellente définition, bravo, dix points pour (… remplace par le nom de ta Maison XD…) ! Mais bon, il n'y a que les véritables imbéciles qui ne changent pas d'avis, et comme Potter n'est pas aussi con qu'il n'en a l'air… =P

Hermoni : Bonjour bonjour ! (Tiens, voilà l'Elfe… -ZBAAAFF- Ok, faut que j'arrête d'écouter le Donjon de Naheulbeuk. Hum, bref). Merci mille fois !

Et oui, ce chapitre prouve qu'il faut toujours avoir un Loup-Garou dans sa poche. Ou parmi ses amis, si on ne maîtrise pas encore le sort Reducto xD

Encore merci pour ta review et tes compliments ! Doux baisers =P

Ichy-chan : Merci merci !

yaoi94 : Arigato gozaimasu =P

Lynshan : Comme on se retrouve ! Je pense ne pas t'avoir trop fait attendre pour celui-ci =P J'suis vraiment irrégulière lorsqu'il s'agit d'écrire, ahem. Contente de m'être plus ou moins rattrapée avec la qualité du chapitre ! Le coup de l'appât m'est tout de suite venu à l'esprit xD J'imaginais vraiment Harry en mode « Auror très professionnel qui agit un peu sans réfléchir tant que le boulot est fait et que les Mangemorts crèvent, on peut bien sacrifier quelques Connards Prétentieux comme Malfoy » en train de toiser Draco, et lui balancer ça xD.

Bisous bisous !

Ucelai : Arf, quand tu me dis ça, je comprends pourquoi les écrivains grimacent presque quand on leur avoue qu'on a lu leur livre en quelques heures, ou quelques jours à peine : il leur a fallut beaucoup plus de temps pour l'écrire XDDD.

Non, je suis vraiment contente que ma Fic t'aie plu au point que tu la dévores ! A la prochaine, je l'espère. ;)

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VIII- Garde Rapprochée.

Draco lâcha la main d'Harry comme si le contact de sa peau contre la sienne l'avait brûlé. Il regrettait amèrement de ne pas pouvoir lui jeter un regard méprisant et plein de haine.

« Tu transplanes comme un pied, Potter. »

Sur ces paroles, il donna un coup de pied dans la porte de la barrière du jardin, afin qu'elle s'ouvre. Il s'avança vers sa maison, et aussitôt, ses deux chiens se précipitèrent vers lui en aboyant.

« Crabbe, Goyle ! » s'exclama Draco, un immense sourire aux lèvres en s'agenouillant sur le sol afin de caresser les bergers allemands. Il nicha son visage dans leur pelage long et doux, heureux de les retrouver. Il grimaça tout de même lorsque Crabbe lui donna un grand coup de langue sur la joue. « Beurk. T'es presque aussi crade que l'original. »

L'ex-Serpentard se redressa, attrapant le collier de ses chiens dans chaque main, pour qu'ils le guident jusqu'à la porte. Potter était resté un peu en retrait, portant une valise dans une main, sa baguette dans l'autre, au cas ou. Il avait observé cette scène, un peu mal à l'aise. Malfoy avait vraiment appelé ses chiens Crabbe et Goyle ? Harry réalisait seulement l'horrible solitude qui avait dû peser sur l'héritier Malfoy.

Il suivit le jeune maître et ses chiens en silence, et entra dans la maison après qu'il ait ouvert la porte. Il vit alors Malfoy, étrangement figé, un air d'incompréhension totale sur le visage.

« Malfoy, un problème ? »

« Ils sont tarés… murmura le blond d'une voix chevrotante. Complètement tarés ! »

Harry fronça les sourcils.

« Malfoy, qu'est-ce que tu as ? »

Draco ne lui répondit pas. Il se précipita dans le salon, manquant de tomber, ayant perdu quelques repères. Harry le suivit, laissant sa valise dans le hall d'entrée. Il écarquilla les yeux en voyant deux personnes, de leur âge, apparemment, allongées sur les canapés, encore habillés, la télé allumée.

« Qui sont-ils ? »

« Des amis… » Balbutia Draco avant de s'approcher d'eux.

« Mais comment… »

« Je les reconnais ? Cela fait cinq ans que je les fréquente. J'ignore totalement à quoi ils ressemblent, mais je connais le rythme de leur respiration, je parviens à reconnaître le bruit de leurs pas sur le sol, je sens leur présence, aussi. Marina est sur le canapé de gauche, et Allen sur celui de droite, n'est-ce pas ? »

Harry observa la jeune fille et le jeune homme, et acquiesça.

« Oui. C'est ça. »

« Merci, je n'en étais pas sûr, » dit-il avec un sourire en coin.

Doucement, il s'approcha de ses deux amis. Il sembla hésiter, puis décida de commencer par Marina. Autant subir son courroux dévastateur tout de suite. Il s'agenouilla à ses côtés, puis avança sa main, tâtonnant maladroitement jusqu'à trouver son crâne. Là, il caressa ses cheveux, timidement.

« Marina ? » l'appela-t-il d'une voix douce.

La jeune fille grogna dans son sommeil, puis elle s'agita, avant d'enfin ouvrir les yeux. Elle sursauta en voyant Draco, et bondit afin de se mettre assise.

« Harry ! » s'écria-t-elle, à la fois surprise et en colère.

Potter fronça les sourcils, perdu.

« Quoi ? »

« Harry, pauvre con ! Continua-t-elle, n'ayant pas entendu l'autre Sorcier. T'étais passé où ? Allen et moi, on s'est fait un sang d'encre ! Réponds-moi, Ordered, ou je te jure que je te fais la peau ! »

Draco prit un air penaud, et la jeune fille sembla seulement remarquer la présence de l'autre jeune homme. Elle écarquilla les yeux.

« C'est quoi ce bordel ? T'étais parti passer un peu de bon temps avec ce type, sans nous prévenir ? » gronda-t-elle.

Cette fois, ce fut à Harry d'écarquiller les yeux. Ses joues et celles de Draco prirent une teinte rouge absolument adorable, qui énerva encore plus la jeune Moldue.

« C'EST CA ? »

« Non ! Non, bien sûr que non ! Je, euh… Il s'agit de… »

« Si Harry a disparu si soudainement, c'est parce qu'il a eu quelques problèmes de santé, mademoiselle. Vous le connaissez, il a refusé de vous en parler car il ne voulait pas vous inquiéter, alors il a préféré faire croire qu'il avait encore disparu. Je suis son Infirmier, » répondit Potter avec un sourire charmant.

« Problèmes de santé ? Qu'est-ce que tu as ? S'inquiéta la demoiselle, perdant sa férocité. Puis elle reprit, à nouveau en colère : Pauvre con ! Je te l'ai déjà dit : si tu as un problème, tu nous préviens ! T'es inconscient ! J'ai failli appeler la police. T'as de la chance que je me rappelle de tes étranges escapades, sinon j'aurais ameuté le FBI pour rien ! »

« Le FBI ? » murmura Draco sans comprendre, car malgré ses cinq ans passés dans le Monde Moldu, il restait encore quelques petites choses qu'il ne saisissait pas.

« Oui, le FBI ! »

Elle se redressa et le prit dans ses bras, les larmes aux yeux.

« Excuse-moi, t'es dans un état déplorable, tu sembles complètement crevé, et je te crie dessus. Mais tu sais, c'est plus fort que moi, quand j'm'inquiète, j'hurle. »

« J'suis désolé de t'avoir inquiété. »

Il resserra ses bras autour de la jeune fille, heureux de pouvoir à nouveau être avec elle. Allen choisit cet instant pour se réveiller. Il se redressa, passant une main dans ses cheveux châtain mi-longs, et frotta ses yeux bleus, à moitié endormis. Puis il posa son regard sur Marina et Draco. Un sourire orna ses fines lèvres.

« Tu vois. J't'avais dit qu'il reviendrait quand on aurait perdu tout espoir, » dit-il afin de railler la jeune fille.

« La ferme, Tarlouze. T'arrêtais pas de gémir qu'il te manquait. »

« J't'avais dit de ne pas le lui dire ! »

Les trois amis éclatèrent de rire, et Harry ne put s'empêcher de se sentir de trop. Néanmoins, il se rapprocha, et Allen remarqua ainsi sa présence.

« Oh, c'est gentil d'avoir pensé à me ramener un cadeau, » dit-il avec un air espiègle.

Draco fronça les sourcils, et donna une claque à l'arrière du crâne de son ami.

« Laisse mon infirmier tranquille, Queue-sur-pattes. »

« Infirmier ? »

« Oui, Allen. Harry a quelques problèmes de santé, apparemment. Je suppose que tu ne nous diras pas ce que c'est, intervient Marina avec un sourire tranquille. Bien, tu sembles épuisé. On va te laisser. Mais compte sur nous pour te cuisiner demain. »

Marina et Allen se redressèrent. Ils déposèrent chacun un baiser sur la joue de Draco, puis prirent la direction de la sortie. La jeune fille s'arrêta en face d'Harry.

« Prenez soin de lui, monsieur…? » dit-elle en lui tendant la main.

« Draco Klein, » répondit-il avec un sourire carnassier, avant de serrer la main de Marina avec fermeté.

« Draco ? C'est… original. »

« Mes parents sont un peu tarés. Que voulez-vous, on ne choisit pas ses géniteurs. »

Le véritable Draco prit un air outré, tandis que ses amis ne pouvaient pas le voir. Il attendit qu'ils s'en aillent, et se jeta presque sur Harry.

« C'est quoi ce bordel ? Pourquoi tu leur as dit que tu t'appelais Draco, Potter ? Et j'te permets pas de te foutre de mes parents ! »

« Oh, excuse-moi, je croyais qu'on s'amusait à échanger nos prénoms, aujourd'hui. Après tout, ils ont l'air de te connaître en tant qu'Harry depuis cinq ans… »

Draco s'empourpra légèrement, affreusement mal à l'aise.

« J'avais besoin d'un prénom Moldu répandu. M'emmerde pas avec ça, Potter. »

Il se détourna, les bras croisés.

« Et puis c'est quoi cette histoire d'Infirmier ? Tu comptes leur faire gober ça longtemps ? » marmonna Draco, l'air mauvais.

« C'est la première chose qui me soit venue à l'esprit. J'suis désolé, mais t'aurais peut-être du me prévenir un peu plus tôt que t'avais des potes Moldus qui avaient l'habitude de squatter chez toi quand tu t'absentes. »

« Je ne pensais pas qu'ils seraient là. Au moins, t'es bon menteur. »

« Merci. »

Ils restèrent silencieux un moment, puis Draco étouffa un bâillement contre sa main. Il se tourna à nouveau vers l'Auror.

« Je vais te montrer ta chambre. Suis-moi. »

Harry alla chercher sa valise, puis rejoint le jeune homme. Ils gravirent les escaliers, Draco se tenant étrangement à la rampe. Il paraissait épuisé et très faible depuis que ses amis étaient partis. Ainsi il jouait totalement la comédie devant eux mais se permettait de se relâcher un peu face à Harry ? Cela l'étonna.

Ils arrivèrent à l'étage, et Draco lui montra rapidement la salle de bain, les toilettes, lui montra du doigt où se trouvait sa chambre, et enfin s'avança vers la porte du fond. Il l'ouvrit.

« Ça, c'est la tienne. Elle a rarement été occupée, donc il doit y avoir un peu de poussière, mais je pense que tu es capable de régler cela rapidement. »

C'était une pièce spacieuse, aux murs aussi verts que les arbres d'une forêt tropicale. Cette couleur faisait sans peine penser à celle qui ornait le blason et les uniformes Serpentards. Il y avait un grand lit à baldaquin au centre de la pièce, mais il n'était pas fait. Une armoire se trouvait en face du lit, et il y avait un bureau sur le côté. La pièce était sobre, mais tout en elle apportait le calme et le repos.

« Ici tu peux faire ce que tu veux. Mais je refuse que tu utilises la magie ailleurs dans la maison pour tout et n'importe quoi. »

« Tu m'étonneras toujours, Malfoy. Que t'as fait la Magie pour que tu la renies ainsi ? Toi qui la chérissais tant. »

Draco eut un sourire amer.

« Elle m'a permis de commettre des horreurs et m'a abandonné lorsque j'avais le plus besoin d'elle, répondit-il, énigmatique. Je te laisse te mettre à l'aise, si t'as faim, tu n'auras qu'à descendre dans la cuisine dans une demi-heure. »

Le blond sortit de la pièce, et referma la porte, avant de s'appuyer contre elle et de fermer ses yeux morts. Son cœur battait la chamade. Il devait absolument se calmer. Mais avoir Potter si près de lui, après toutes ces années…

« Ne replonge pas. Ne replonge pas. », songea-t-il presque suppliant.

Il descendit dans la cuisine, et s'empara de la télécommande de sa chaîne-hifi et appuya sur « Play ». Aussitôt, la magnifique chanson Ever Dream de Nightwish résonna dans toute la maison. Il se moquait pas mal de déranger Potter.

« Ever felt away with me

Just once that all I need

Entwined in finding you one day

Ever felt away without me

My love, it lies so deep

Ever dream of me… » [1]

Draco chantait en même temps que la belle Tarja, certes pas aussi bien qu'elle, mais il ne chantait pas faux. Il avait toujours eu une jolie voix. Il ouvrit le frigo, et commença à faire la cuisine. Comme toujours, chaque aliment était disposé à sa place, ainsi, il savait parfaitement bien ce qu'il prenait. Il avait appris à faire la cuisine, et si au début ça avait été plutôt catastrophique, à présent il s'en sortait plutôt bien. Après tout, Allen qui était très difficile, lui avait avoué une fois qu'il adorait sa cuisine.

Ainsi, tout en chantant, il prépara une viande en sauce, avec des patates rôties. Cuisiner le détendait, lui permettait de penser à autre chose qu'à l'épuisement qui le gagnait. Il ne voulait pas dormir. Car il ne l'avouerait jamais, mais il était terrifié. Terrifié à l'idée qu'on s'en prenne encore à lui.

Lorsque Potter descendit, il n'avait pas encore fini. Le Sorcier parut plus que surpris de voir Draco faire la cuisine, mais il ne fit aucun commentaire. Il l'observa un instant, puis s'avança.

« Je, euh… Besoin d'un coup de main ? »

« Eh bien, j'ai cru que tu allais rester les bras ballants toute la soirée, lança Draco avec un sourire en coin. Mets la table. Les couverts sont dans le tiroir à ma droite, les assiettes dans le placard juste en haut, et les verres aussi. Tu trouveras une cruche près de l'évier que tu pourras remplir au frigo américain. Mets des glaçons, sinon l'eau n'est pas assez fraîche. »

Le CD de Nightwish était fini et revenait à la première chanson que Draco avait écoutée en arrivant, Ever Dream. Sans savoir pourquoi, le fait que Potter soit si proche alors que cette chanson tournait le perturba, alors il s'empara de la télécommande et changea pour un CD de Metallica. La chanson Hero of the day résonna dans le salon et la cuisine.

Harry quant à lui s'était glissé à la droite du blond, afin de sortir deux couteaux, deux fourchettes et deux petites cuillères, qu'il avait disposées sur la table. Il retourna ensuite vers Draco, qui était occupé à préparer une salade en attendant que les patates finissent de cuire. L'ex-Serpentard se décala un peu, afin que le Survivant puisse accéder au placard qui se situait juste au-dessus de lui, et en sortir les assiettes et les verres. Il s'occupa ensuite de la cruche, comme Draco le lui avait demandé.

Sans un mot, le jeune homme lui tendit le saladier et Harry alla le mettre sur la table. Draco coupa le gaz, et apporta la viande et les patates. Ils se mirent assis et se servirent dans un silence pesant. Ni l'un ni l'autre n'avait envie d'engager la conversation. Pour se dire quoi ? Ils s'étaient connus et haïs pendant sept années, cela n'allait pas changer maintenant, n'est-ce pas ? Ils ne s'étaient jamais adressés la parole autrement que pour se lancer des piques. Ils ne pouvaient de toute évidence pas réinventer un langage entre eux. Pas tout de suite. Potter était là pour veiller sur Draco parce qu'on lui en avait donné l'ordre. C'était entièrement professionnel, il n'y avait rien de plus. Alors dans ces conditions, ils ne pouvaient rien réparer. Et sept ans d'adversité ne pouvaient pas disparaître en une soirée.

Lorsqu'ils eurent fini de manger, Harry aida Draco à débarrasser la table, puis l'ex-Serpentard se dirigea vers les escaliers.

« Malfoy, reviens ici. » lança soudainement l'Auror.

« Ne me donne pas d'ordres, Potter. Et qu'est-ce que tu veux ? »

« Ne fais pas semblant d'avoir oublié les prescriptions de Seamus. »

Draco jura tout bas, et redescendit. Il alla s'asseoir sur le divan.

« Qu'est-ce qu'il m'a refilé ? »

« Tu dois prendre une potion tous les soirs, et appliquer de l'onguent où tu as été blessé. Bon, je vais t'aider, apparemment il y a plusieurs zones à soigner. »

« Je peux me débrouiller. » marmonna Draco.

« Écoute, je ne fais pas ça parce que je veux prendre soin de toi, mais si tu n'es pas impeccable, je risque de perdre mon poste. Alors tu la fermes, et tu me laisses étaler ce foutu truc là où Seamus m'a demandé de le faire. »

« C'est-à-dire ? »

« Ton bras, ta jambe, et ton dos. »

« Mais je ne… »

« Apparemment tu as de grosses douleurs au niveau du dos depuis des années, et elles ne sont pas guéries car seul la Magie peut le faire. Oui, tu peux dire merci à Seamus, c'est grâce à lui que je sais cela. D'après lui ce sera long à guérir, et l'idéal serait de pratiquer une Intervention Magique, mais comme tu refuses toute forme de Sorcellerie maintenant… »

Draco soupira.

« Bon, ferme là, et fais ce que t'as à faire. »

Harry eut un sourire en coin, et s'empara de la fiole de potion, qu'il tendit à Draco. L'ex-Serpentard grimaça, mais la but tout de même. Il sembla hésiter pour la suite.

« Tu ne veux vraiment pas me laisser me débrouiller ? »

« Parce que t'arrives à atteindre toute la surface de ton dos, toi ? » répliqua l'Auror, acide.

Draco se mordit la lèvre inférieure, visiblement mal à l'aise. Il commença par retrousser son pantalon noir, et Harry s'agenouilla devant lui pour étaler le produit sur la zone qui avait été brisée. Le blond sentit automatiquement la pommade pénétrer sa peau, et une chaleur bienfaisante entoura sa jambe. Il commença ensuite à faire de même pour la manche gauche de sa chemise, dévoilant un avant-bras pâle et maigre, à moitié mangé par la Marque des Ténèbres. Potter se crispa en la voyant.

« Si tu ne la supportes pas, laisse-moi faire, » gronda Malfoy, déjà assez mal à l'aise comme ça.

« Non, c'est bon. »

Harry répéta le même schéma que pour la jambe du blond, puis se recula.

« Ton dos, Malfoy. »

Ce dernier hésita longuement, en silence, puis se releva, mal assuré. Il déboutonna sa chemise, et la laissa tomber sur le sol. Son torse était extrêmement pâle, et on voyant sans mal ses côtes. Ses abdos étaient maigres, signe qu'il n'avait pas encore repris assez de poids. Mais ce qui choqua Harry fut les nombreuses cicatrices qui ornaient son corps. Être espion n'était pas un poste agréable. Il se souvenait que Severus aussi avait hérité de quelques balafres du genre. Draco lui tourna le dos, et l'ancien Gryffondor écarquilla les yeux. Une longue cicatrice rosée barrait son dos, partant de sa hanche droite pour atteindre son omoplate gauche.

« Qu'est-ce que… Comment ? » balbutia-t-il.

« T'occupes, Potter. » répliqua l'héritier Malfoy d'une voix menaçante.

Harry ne dit plus rien, même si la curiosité et un autre sentiment qu'il ne connaissait pas le dévoraient. Il soigna Draco, et rangea la fiole de potion et la boîte de pommade.

« Merci, Saint Potter, » lança le blond avant de disparaître à l'étage, ses chiens sur les talons.

OooOooO

POV DRACO.

Pourquoi maintenant ? Pourquoi faut-il que Potter soit obligé d'être proche de moi alors que je suis plus faible que jamais ? Ils ne se rendent pas compte qu'ils ne punissent pas que Potter en l'obligeant à assurer ma protection ?

Je sombre, lentement.

Aussi improbable que cela puisse sembler, à Poudlard, j'avais finit par comprendre les sentiments que j'avais pour Potter. Cette obsession qui me rendait fou n'était pas de la Haine, mais bien de l'Amour. Oui, moi, Draco Malfoy, j'étais tombé amoureux de Potter. Je m'en étais voulu à l'époque. A un tel point que je n'hésitais pas à me faire du mal physiquement, espérant ainsi égaler la douleur morale qui me torturait chaque jour. Nombreuses sont les cicatrices à mon poignet gauche qui prouvent ces égarements. Aujourd'hui j'en ai honte. J'étais stupide de faire cela, car ça n'a jamais rien arrangé.

Je crois que je me suis toujours fait du mal inutilement.

Après avoir perdu la vue, je me suis retrouvé dans le monde des Moldus, et je ne pouvais définitivement pas me faire appeler par mon véritable nom. Alors le sien est le premier qui m'est venu à l'esprit. Combiné à un nom de famille qui avait dû être celui d'un élève à Poudlard, je m'étais senti protégé. C'était stupide, mais sous prétexte que l'on m'appelait « Harry » j'avais l'impression qu'il était là, avec moi.

Et il avait disparu, lentement.

J'avais rencontré Marina et Allen, voyais Blaise de temps en temps. Et cela me suffisait. Je ne pensais plus du tout à Potter, à cette amourette d'adolescent.

A présent, elle ressurgit et me ronge.

Je veux le voir. Je veux voir s'il a changé, à quoi ressemble son visage. Car je n'ai plus que des souvenirs, et je réalise qu'ils ne me suffisent plus. Pourquoi faut-il que je replonge ainsi ? Il me hait. Il m'a toujours détesté. Et au combien même on venait à se rapprocher, je sais pertinemment que Potter ne m'aimera jamais.

Et pourtant Merlin sait à quel point je le veux. Entendre à nouveau sa voix, le bruit de sa respiration, sentir sa présence dans ma maison, ses doigts qui touchaient ma peau, quelques minutes plus tôt… Tout cela me consume.

Je suffoque. Car il est si proche et à la fois si loin. Je n'ai jamais ressentis cela auparavant, et à Poudlard déjà, ça m'avait effrayé. Je me souviens parfaitement de cette après-midi de mai, dans le parc. Il était allongé dans l'herbe, seul, un livre de Défenses Contre les Forces du Mal ouvert, appuyé sur ses yeux. Ses lèvres rouges étaient entrouvertes, et il respirait doucement. Sa cravate rouge et or était desserrée, et sa chemise blanche un peu déboutonnée.

J'avais alors eu envie de sauter sur lui et de dévorer ses lèvres, à la vue et au su de tout le monde. Je m'en moquais alors éperdument. Mais ma raison m'avait rattrapé, et je m'étais enfuis, les joues en feu, horriblement mal à l'aise.

Aujourd'hui, je n'ai pas besoin de le voir pour ressentir cette envie troublante.

OooOooO

Draco se déshabilla fébrilement, ne restant qu'en boxer, et se glissa dans son lit. Crabbe alla s'allonger devant la porte de la chambre, comme s'il montait la garde, tandis que Goyle montait sur le lit, et allait s'allonger sur les pieds de Draco, le rassurant de sa présence.

Draco ne sortirait pas de sa chambre avant le lendemain, Potter était assez grand pour se débrouiller.

OooOooOooO

La sonnerie de la porte d'entrée tira Harry de son sommeil. Il grogna, et constata qu'il s'était endormi sur le canapé, devant la télé. Se frottant les yeux, il alla ouvrir, par pur réflexe. En voyant Marina et Allen, il se rappela qu'il n'était pas chez lui.

« Merde, marmonna-t-il en voyant la mine surprise des deux Moldus. Euh, entrez, je suis désolé. J'me suis endormis hier soir et… voilà quoi. »

« Où est Harry ? » demanda Marina avec un sourire compréhensif.

Le Sorcier se rappela à temps qu'elle parlait de Malfoy.

« Je pense qu'il dort encore. Il n'a pas bougé. Je vais aller le réveiller. »

Harry passa une main dans ses cheveux et monta à l'étage, encore un peu endormi. Il s'arrêta devant la porte de la chambre de Malfoy et frappa deux fois.

« Malfoy, Marina et Allen sont en bas. »

Il n'obtint aucune réponse et hésita un instant. Il finit par ouvrir la porte. Le chien qui se trouvait juste derrière se recula en grognant mais se calma bien vite en reconnaissant l'Auror. Apparemment il ne voyait aucun danger en lui. Le Gryffondor s'avança. Malfoy était allongé sur le côté gauche, ses bras et ses jambes maigres enserraient sa couverture. Sa peau était particulièrement pâle, et le regard d'Harry se posa automatiquement sur l'avant-bras gauche de l'ancien espion. Il secoua la tête, afin de chasser ce tatouage de son champ de vision. Des mèches blondes masquaient le haut du visage de Malfoy, lui donnant un air particulièrement fragile. Cependant, ses traits étaient crispés, comme s'il faisait un mauvais rêve.

« Malfoy ? L'appela Harry. Oh oh, la fouine ! »

Il espérait que ce surnom le fasse réagir, car il n'aimait pas assister à cela. Il ne supportait plus de voir la fragilité du Serpentard. Il avait tellement eu l'habitude de le voir puissant et implacable, cruel et froid. Il se souvenait sans peine du grand trouble qui s'était emparé de lui lorsqu'en sixième année, il l'avait vu pleurer. Malfoy, faible et désemparé ? Non, cela bouleversait tout son monde.

Énervé, l'Auror se pencha vers le Serpentard, posa une main sur son épaule et le secoua sans aucune douceur.

« Malfoy, bouge ! »

Le blond sursauta et se redressa brusquement, cognant son front contre le menton du Gryffondor avec violence. Les deux jeunes hommes poussèrent une exclamation de douleur, chacun posant une main sur la zone touchée. Harry se recula de quelques pas, sonné.

« Putain, Potter, pauvre con ! » s'exclama Draco avant de se lever, oubliant qu'il ne portait qu'un boxer.

Il sortit de la pièce, furibond. Le brun resta dans la chambre, hébété, sa mâchoire atrocement douloureuse.

Draco dévala les escaliers, ses chiens sur les talons. Il débarqua dans le salon, où se trouvaient Allen et Marina, et fila à la cuisine pour s'emparer d'une serviette de table. Il fit tomber des glaçons à l'intérieur puis le referma avant de l'appuyer contre son front, en grognant de douleur.

« Hum, un problème, Harry ? »

Le Sorcier sursauta à nouveau, remarquant seulement la présence de ses deux amis. Il se sentit rougir, et attrapa une chemise qu'il se souvenait avoir laissée sur une chaise, afin de l'enfiler rapidement.

« Merde. Désolé. Je… »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? T'as tué ton infirmier, ou quoi ? » soupira Marina.

« Non. Il m'a réveillé. » grogna l'ex-Serpentard avec humeur.

« Désolée, je n'ai pas eu le temps de le prévenir que c'était une mauvaise idée. »

Draco ne parvint pas à sourire, trop préoccupé. Il n'osait plus bouger pour saluer ses amis ; il n'avait pas envie d'exposer ses jambes trop maigres. Mal à l'aise, il s'agita nerveusement, puis s'adressa à Allen :

« Tu peux trouver mon paquet de clopes, s'il te plaît ? »

Le Moldu ne répondit pas, mais Draco entendit qu'il s'exécutait, et cela le soulagea. Il n'avait pas fumé depuis plusieurs jours, et le manque se faisait clairement ressentir. Allen finit par trouver le paquet et le donna à Draco qui s'empressa d'en tirer une cigarette. Il la glissa entre ses lèvres et laissa son ami l'allumer, le remerciant. Il tira longuement dessus, laissant la fumée blanche envahir sa bouche, puis ses poumons. La sensation était particulièrement bienfaisante. Il se mit assis sur l'un des tabourets du bar.

« Ça va aller, Harry ? Demanda Marina avec douceur. Tu es encore plus pâle que d'habitude. Tu m'inquiètes. »

Elle s'approcha de lui, l'air visiblement soucieuse, et caressa sa joue du bout des doigts, faisant frissonner le jeune Sorcier.

« Mes vieux fantômes me hantent, répondit-il avec un sourire amer. Je suis désolé de vous inquiéter. Ça passera, j'vous le promets. »

La Moldue eut l'air guère convaincue. Elle soupira et se recula, un peu gênée par la fumée de cigarette. Draco savait que ni elle ni Allen ne lui en feraient part, mais tous deux étaient extrêmement frustrés de ne rien pouvoir faire, et surtout, de ne rien savoir. Mais en cinq ans, ils avaient appris que même en posant des questions, ils n'obtenaient rien de leur ami. Qu'ils devaient le laisser venir.

« Si tu ne vas pas bien on ne va pas rester plus longtemps. On ira boire un coup une autre fois. »

Draco grimaça. Il avait oublié. Toutes les semaines, ils se retrouvaient au bar dans lequel Allen travaillait, afin de discuter autour de quelques verres.

« Je suis désolé. »

« C'est rien. Ta santé passe avant nos commérages, dit Allen avec un sourire. On passait pour te dire qu'on comptait faire Nouvel An chez mon cousin Jake, à New-York. Évidemment, tu es invité. J'espère que d'ici là, tu iras mieux. »

« Merci. C'est dans un mois, j'ai dix fois le temps de retrouver la pêche. Je serai présent, c'est promis. »

« T'as intérêt. Ne t'enfuis plus sans nous prévenir, » lança Marina avec un air de reproches dans la voix.

Elle l'embrassa sur la joue, et Allen fit de même, puis ils quittèrent la maison après avoir caressé Crabbe et Goyle.

Draco prit son visage dans ses mains qui tremblaient légèrement. Ah, il détestait devoir leur cacher des choses ainsi. Mais comment pourrait-il tout partager avec eux ? Leur dire la vérité serait inclure sa nature de Sorcier, et son passé sombre et couvert du sang d'innocents. Non, il ne pouvait pas leur avouer la vérité.

Le Serpentard écrasa son mégot dans le cendrier, après avoir tâtonné le bar afin de le trouver. Il se leva, et tel un automate, monta à l'étage. Il n'entendait plus Harry, et se demandait où il était passé.

« Potter ? » l'appela-t-il d'une voix un peu rauque.

Il trébucha alors dans une marche qu'il avait oubliée, et incapable de se rattraper à cause de sa cécité, tomba douloureusement en avant, ses genoux cognant contre le bois de l'escalier. Il gémit de douleur, et se recroquevilla sur lui-même, en proie à une grande faiblesse.

Plus rien n'allait. On voulait sa mort, une fois de plus, Potter l'obsédait à nouveau, mais sa haine envers Draco était restée intacte, si elle n'avait pas augmenté, et son handicap lui pesait de plus en plus. Ne s'y était-il donc pas habitué, en cinq années ? Non, quoi qu'il fasse, il en souffrait chaque jour. Il ne pouvait voir les personnes à qui il parlait, n'avait plus admiré un coucher de soleil depuis cinq ans, son monde était devenu noir. Avant, même si les choses allaient mal pour lui, il pouvait toujours se consoler en admirant de beaux paysages, ou le visage de Potter. Maintenant, il n'avait plus rien. Tout n'était que ténèbres.

Un sanglot secoua les épaules du jeune homme, et il s'en voulut encore plus d'être aussi faible. Pourquoi ne pouvait-il pas rester maître de ses émotions, comme avant ? Il n'en pouvait plus.

Ainsi allongé dans les escaliers, Draco sanglota, désespérant presque de ne pas sentir de larmes couler le long de ses joues. Ô il maudissait ses yeux morts, il maudissait son existence. Ce jour-là, il aurait peut-être mieux fait d'échanger sa place avec Severus Rogue. Tout aurait été tellement plus simple.

Il sentit alors une présence, et reconnu Goyle. Ce dernier, alerté par l'attitude de son maître, était venu s'allonger à ses côtés, sa tête posée sur le bras de Draco. Crabbe les rejoint, et donna de légers coups de museaux à son maître, sous son ventre, comme pour l'inciter à se relever.

« Draco Malfoy qui se fait consoler par deux chiens, on aura tout vu, » dit-il pour lui-même, sarcastique.

Il se releva, et caressa ses chiens, qui se serrèrent contre lui.

Harry Potter, qui avait assisté à toute la scène depuis le haut de l'escalier, transplana brutalement, la gorge nouée.

OooOooO

POV HARRY.

C'était plus fort que moi. Je l'ai vu tomber, sans se relever. Je ne pouvais pas l'aider, ni intervenir. Je suis de trop, chez Malfoy. Je sais que je fais quelque chose de mal en le laissant seul, mais je ne pense pas qu'un Mangemort décidera de l'attaquer ce matin. Du moins je l'espère, sinon Sirius me tuera.

Je suis complètement perdu. Un flot d'émotions et de pensées contradictoires me secoue depuis que j'ai revu Malfoy. Sa faiblesse me rend dingue.

Perdu, je me dirige vers la salle de bain, afin de prendre une douche brûlante. Même cela ne parvient pas à me calmer. C'est insupportable. De rage, je lance un gel douche contre la paroi, sans penser une seule seconde au fait qu'il allait rebondir et me cogner en pleine figure.

« Pauvre con ! » je grogne en tenant mon nez meurtris.

Que Malfoy aille se pendre. Je sors de la douche et me sèche rapidement. Je n'ai pas envie de le voir, mais je dois assurer sa protection. Une fois propre et sec, je vais dans ma chambre afin de m'habiller. J'opte pour un boxer noir, un tee-shirt noir à l'effigie de Metallica, et un jean simple, ainsi que des Converses. Après tout, je suis condamné à rester dans le Monde Moldu un bon moment. Je redescends dans la cuisine, afin de petit-déjeuner.

Là, je regrette d'avoir confié Snape à Ron et Hermione, le temps d'assurer ma « mission ». Caresser cette boule de poils m'a toujours détendu.

« Tu devrais tirer un coup, mon vieux, ça détend encore plus. » m'a dit Ron quelques jours plus tôt.

Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Après ce que m'a fait Joey… J'avoue que je n'ai pas vraiment envie de me mettre « en chasse ». Et puis les aventures d'un soir… On finit vite par s'en lasser. Quelle idée d'être gay. Autour de moi, tout le monde est casé. Je suis le dernier pauvre con à rester célibataire. Même Neville est marié ! M'enfin, pas que Neville soit un attardé qui ne mérite pas une vie heureuse, mais voilà. Sans vouloir me vanter, je pense être plus séduisant que lui.

Je dois être invivable.

Je soupire, me demandant comment j'en suis venu à me lamenter au sujet de mon célibat alors que je devrais me concentrer sur la vie de Malfoy.

Je nettoie les vestiges de mon rapide petit-déjeuner, puis jette un regard à mon appartement, avant de transplaner en soupirant.

OooOooO

« Tu ne peux donc pas utiliser les portes, comme tout le monde ? » grogna Malfoy, faisant sursauter Harry.

L'ex-Prince des Serpentards était assis sur une chaise de la cuisine. Il venait de prendre une douche, car ses cheveux blonds étaient encore humides, et rejetés en arrière, comme à l'époque ou il se tartinait la tignasse de gel. Il portait une chemise blanche, quelque peu transparente, ainsi qu'un jean slim, qui mettait en valeur la longueur de ses jambes, mais qui exposait aussi leur maigreur. Il était pieds nus, les pieds posés sur la chaise en face. Il avait récupéré toute sa supériorité, et Harry savait que s'il le pouvait, il l'aurait toisé avec mépris. Mais malgré ses yeux totalement gris, mort, Draco Malfoy respirait la classe et l'élégance. Il cachait sa faiblesse au plus profond de lui. Il fumait une autre cigarette, l'air détendu.

Harry se demanda comment il faisait pour masquer ainsi ses sentiments. Lui qui était si impulsif, ne pouvait définitivement pas se contrôler comme Malfoy le faisait.

« Pardonnez-moi, votre Altesse, j'avais oublié que vous avez décidé de vivre comme un ignoble Moldu » répliqua Harry méchamment en faisant référence à l'époque ou le Serpentard traitait les Moldus comme des moins que rien.

« La façon dont je vis ne te regarde aucunement, Potter. Mais je te prierais néanmoins de respecter mes choix, et aussi, mes habitudes : pas de Magie dans cette maison. Tu peux transplaner dans le jardin si ça t'amuse. »

« Rabat-joie. » marmonna le Gryffondor.

« J'te demande pardon ? » gronda Draco.

« Nan, rien. »

Les deux jeunes hommes se turent, et Draco en profita pour finir sa cigarette. Il écrasa le mégot, puis se leva. Il alla enfiler une veste trois quart noire, puis enfila sa paire de Converses rouges. Harry ne put s'empêcher de grimacer en constatant qu'ils avaient les mêmes.

« Tu vas où, Malfoy ? »

« Ça t'regarde ? Marmonna le jeune homme en glissant son paquet de Lucky Strikes dans la poche de sa veste. Tu te tais et tu me suis, c'est ton boulot jusqu'à nouvel ordre, non ? »

Harry crispa la mâchoire. Ce connard était-il obligé de lui rappeler ça ? Il ne répliqua pas, n'ayant pas trop envie de devoir alimenter une joute verbale contre le Serpentard. Il alla chercher sa veste, glissant sa baguette dans la poche arrière de son jean, malgré les avertissements que Maugrey Fol Œil lui avait prodigués une fois. Les deux jeunes Sorciers sortirent de la maison, suivis de près par Crabbe et Goyle.

« Si vous sortez du jardin, je vous taille les oreilles en pointe, » dit-il à ses chiens avec un sourire.

Draco les caressa, puis passa la barrière. Dehors, il faisait sombre, et une maigre couche de neige recouvrait le sol. Il ne neigeait plus, mais le jeune homme sentait que demain, ils seraient tous sous une bonne couche de neige. Il grimaça. Il détestait ce temps, presque autant que la chaleur. Oui, Mr Malfoy était un difficile. L'hiver et l'été étaient ses saisons détestées. Peut-être parce qu'à cette époque il était obligé de rentrer chez lui, alors qu'il était encore à Poudlard. Malfoy préférait la pluie.

Le jeune homme ne faisait plus attention à Potter. Il marchait silencieusement, heureux de pouvoir prendre l'air. Le Gryffondor ne savait pas où ils allaient, et devait se contenter de suivre.

Draco tourna sur la gauche, empruntant ainsi une petite ruelle, et Harry comprit où il allait. Au cimetière. A cet instant seulement, il remarqua les roses noirs que le Serpentard tenait dans sa main, et écarquilla les yeux. Ainsi c'était Malfoy, la mystérieuse personne qui laissait ces roses noires sur les tombes des Sorciers morts pendant la guerre. Ils pénétrèrent dans le cimetière, et Draco s'arrêta, un peu hésitant. Il se mordit la lèvre inférieure, puis décida d'envoyer paître sa maudite fierté un instant.

« Rends-toi utile, Potty. Va jusqu'à la tombe de Pansy. »

Harry obéit, car il savait très bien ce que le jeune homme voulait faire. Et il ne savait pas pourquoi, mais depuis qu'il avait vu Malfoy dans les escaliers, il avait de moins en moins envie de le martyriser, contrairement à ce qu'il avait prévu de faire.

Draco l'écouta bouger, et le suivit, heureux de réussir à marcher avec assurance. Une fois devant la tombe de Pansy, il s'agenouilla, un mince sourire aux lèvres.

« Yo. Ça fait un bail, hein ? Désolé de ne pas être venu la semaine dernière, mais tu vois, je me rattrape. »

Harry s'éloigna, et alla s'asseoir près de la tombe d'Hagrid, souhaitant laisser le Serpentard seul.

« Au fait, ma belle, continua Draco en baissant le ton, content que le Gryffondor se soit éloigné. J'aurais jamais pensé que Potter dormirait chez moi un jour. Ouais, je sais, je suis pitoyable, j'ai toujours pas décroché. T'y as mis du tiens, pourtant. »

L'expression sur le visage du jeune homme était douce, mélancolique. Il prit l'une des roses, et la déposa sur la tombe.

« Je me souviens que tu adorais ces roses. J'ai jamais compris pourquoi. A la prochaine, Pans'. »

Il se releva, et se décala afin de se placer entre la tombe de Gregory et Vincent. Il déposa les roses sur leurs tombes.

« Mes chiens vont bien, les gars. J'espère toujours que vous ne m'en voulez pas d'avoir refilé vos noms de familles à des clebs. »

Un sourire en coin orna ses fines lèvres, puis Draco fit quelques pas pour rejoindre la tombe de Severus Rogue. Il s'agenouilla, passant sa main sur la pierre froide.

« Bonjour, Severus, dit-il respectueusement. Comment ça va ? Personnellement j'suis dans un sale état. Je sais que tu te fiches pas mal de ce que je fais, mais tu ne peux pas m'interrompre, alors je vais joyeusement continuer à déverser un flot de parole qui te ferait vomir. J'suis du genre têtu et tenace, même en cinq ans j'ai pas changé. Tu devineras jamais qui est obligé de me coller aux basques 24 heures sur 24. Potter ! Ouais, cet imbécile est devenu Auror, mais j'pense que ça ne t'étonne pas. Mais y a un de nos anciens collègues qui veut ma peau. Comme je ne vois plus rien, je ne sais pas qui c'était, et Blaise ne l'a pas reconnu. Ouais, je sais. J'ai vraiment pas de bol. »

Il déposa la rose noire sur la pierre tombale, puis se redressa en soupirant.

« C'est tellement plus facile de parler aux morts, hein. Bon, je vais y aller. J'vais essayer de repasser avant six mois la prochaine fois. »

Draco fit un léger signe de la main, comme si toutes ces personnes qu'il avait perdues se trouvaient devant lui puis il alla rejoindre Potter, qui rêvassait à côté de la tombe de l'ancien Garde Chasse de Poudlard.

« On y va, Potter ? »

Le Sorcier se leva et se plaça à côté de Draco, marchant les mains dans les poches de son jean.

« On se demandait tous qui c'était. »

« Pardon ? »

« La personne qui laissait ces roses noires. Maintenant, je sais pourquoi Blaise avait toujours un sourire en coin quand on abordait la question. »

« Et oui Potter. Même ce connard de Malfoy pleure ses amis décédés, » lança le blond avec une pointe de sarcasme dans la voix. Harry préféra ne pas relever.

Ils marchèrent sans dire un mot durant de longues minutes. Draco parce qu'il n'avait rien de plus à dire, et Harry parce qu'il cherchait quoi dire pour combler ce silence pesant sans que cela se finisse en dispute.

« Au fait, Malfoy ? »

« Mmmh ? »

« Tu as fait quoi, ces cinq dernières années ? Je veux dire, tu as bien du travailler, non ? »

Draco s'arrêta un instant, si bref que Potter eut seulement l'impression qu'il ralentissait. Il était surpris. Potter voulait-il vraiment savoir ce que le Serpentard avait fait avant aujourd'hui, ou est-ce qu'il cherchait juste un moyen de meubler le silence ? Ou encore, essayait-il d'enterrer un peu la hache de guerre ? Le blond n'en savait rien, mais au fond de lui, il était bêtement heureux que le Gryffondor lui adresse la parole cordialement.

« Comme tu peux t'en douter, après la guerre, je n'avais plus rien. Mes parents m'ont totalement déshérité. Ils pensent sûrement que je suis mort, à cette heure-ci, étant donné que mon « retour » n'a pas été ébruité. Je suis donc arrivé ici avec une poignée d'argent Moldu, que j'avais échangé contre ce qu'il me restait d'argent Sorcier. Je ne savais pas du tout ce que valait cet argent, d'ailleurs. A vrai dire, j'ai eu l'immense chance de faire la connaissance de deux personnes extraordinaires, qui n'ont pas hésité à me venir en aide. Il y a cinq ans, je n'étais plus qu'un fantôme. Un fantôme aveugle, de surcroît. Mais Marina et Allen m'ont aidé. Cette première m'a d'ailleurs donné le métier que j'exerce aujourd'hui. »

« C'est-à-dire ? »

« Ton parfum, il est Moldu, n'est-ce pas ? » demanda le blond avec un sourire en coin.

Harry sembla quelque peu destabilisé, ne comprenant pas ce que cela venait faire dans la conversation.

« Euh, oui, mais je… »

« Sunrise, je me trompe ? » ajouta-t-il en sachant très bien qu'il visait juste.

« Oui… »

« Mmmh, je sais. C'est moi qui ai créé ce parfum. Enfin, quelques experts, Marina, et moi. A vrai dire, je leur prête mon nez, et un peu de mes connaissances en Botanique et Potions, mais ça, ils ne le savent pas. »

Harry était vraiment surpris. En plus, il se sentait un peu bizarre d'apprendre qu'il portait quelque chose que Draco avait créé, depuis quatre ans ! Il regarda le Serpentard, et vit que son sourire ne l'avait pas quitté. Harry réalisa que c'était la première fois qu'il le voyait sourire ainsi, avec sincérité et légèreté. Ce n'était pas un sourire moqueur, ni même cruel. Il fut juste déçu de ne pas pouvoir lire la même chose dans les yeux du blond.

Le jeune Auror repensa alors à ce que Malfoy avait dit, et ce fut à son tour de sourire.

« Tu avais pourtant dit plus de Magie, non ? » lança-t-il un brin moqueur.

Draco grimaça, parfaitement conscient que Potter venait de l'avoir.

« C'est pas… »

« Taratata. Cette fois, c'est moi qui ai le dernier mot. »

Tous deux rirent légèrement, un court instant, mais cela suffit pour les étonner.

« Je crois que l'on peut marquer ce jour d'une pierre blanche. » lança Draco.

« Pardon ? »

« C'est sûrement la première fois qu'on se parle sans se foutre sur la gueule. »

« C'est pas faux, » répondit Harry avec un sourire.

OooOooOooO

[1] - Traduction :

As-tu déjà eu l'impression d'être parti très loin avec moi ?

Rien qu'une fois, c'est tout ce dont j'ai besoin

Je suis lié à l'idée de te retrouver, un jour

As-tu déjà eu l'impression d'être parti très loin sans moi ?

Mon amour est si profond

As-tu déjà rêvé de moi ?

Oui oui, je sais, ce chapitre n'est pas très mouvementé… Mais il fait 20 pages tout de même ! :P

J'suis tellement inspirée que j'me mets à la rédaction du neuvième chapitre illico presto. J'vous promets plus de rebondissements dans le chapitre qui va suivre ;)

Gros bisous, merci à vous tous de me suivre !

Et… REVIEWS ? -fait un sourire adorable-.