Auteur : Shiakän
Disclaimer : Hélas, tout ce petit monde ne m'appartient pas ! A part Marina, Allen, et quelques autres qui feront leur apparition au fur et à mesure de l'histoire ! Tout le reste est à J.K. Rowling.
Genre : Alors… il y aura de la romance, de l'humour, mais aussi des passages tristes, voir violents pour certains. Je vous préviendrais.
Rating : M ! Donc prudes et homophobes : dehors.
Couples : Oulah ! Une sacrée tripotée ! Bon, alors, commençons par les principaux : HPDM, SBRL, HGRW… Les autres, vous verrez bien au fur et à mesure :P
Spoilers : Tous les tomes, même si je ne prends pas en compte quelques morts dans le tome 7 et que j'en modifie une d'une tome 5, et ce pour des raisons évidentes, lol.
Petite remarque : - débarque, l'air honteuse - Je saiiiiiiiiiiiiiis ! Allez-y, frappez-moi ! J'ai un énorme retard impardonnable :s Mais j'ai quelques excuses, des raisons personnelles qui m'ont totalement empêchée d'écrire ces derniers mois… Désolée, vraiment - se met à genoux -.
Pour me faire pardonner, ce chapitre est plutôt long, le dixième arrive bientôt ET si je le finis avant six mois, un petit OS devrait vite débarquer.
Pas de réponses aux reviews cette fois, désolée, j'ai un peu la flemme - s'enfuit en courant - mais franchement merci pour votre soutien et vos commentaires ! CONTINUEZ ! :p
Enormes bisous et… bonne lecture ! :D
OooOooOooO
IX - Besoin de Toi.
POV Draco.
A vrai dire, les Sorciers sont comme les moldus. Lorsqu'ils ne vont pas bien, ils ont tendance à se traîner dans des lieux de débauche, afin de tout oublier dans l'alcool et les produits illicites. Et plus c'est riche, plus ça se défonce. J'ai fait partie de la Haute de Londres, parmi les Sorciers. On me regardait, me respectait. On essayait à tout prix de se faire bien voir de moi. Parce que j'étais Draco Lucius Malfoy, le bel héritier, le parti idéal. Le blondinet parfait pour féconder une fille de bonne famille toute aussi blonde afin d'engendrer une ribambelle de gosses qui reproduiraient le même schéma. J'étais beau et riche. Mais j'étais surtout un sacré connard. Oh oui, j'ai connu ces soirées mondaines sorcières, « entre jeunes », durant lesquelles tous ces garçons et toutes ces filles habitués à ce qu'on tienne même leur baguette à leur place se défonçaient aux PIM (Produits Illicites Magiques), afin d'oublier la douleur que l'on ressentait lorsqu'on était habitué à recevoir une poignée de Gallions avant d'aller au lit plutôt qu'un baiser. J'ai fait partie de ces gosses paumés.
Aujourd'hui, j'ai l'impression de toujours être un de ces gosses paumés. Mais je suis « pauvre » à présent, alors quand je vais mal, je me réfugie chez mon meilleur ami, je bois un café ou un verre de whisky et j'enchaîne les clopes. C'est triste, mais c'est plus sain. Et mon meilleur ami m'apporte bien plus de réconfort que toutes ces poudres magiques avec lesquelles je me défonçais pendant les grandes vacances.
« Pourquoi es-tu là, Dray ? » me demande alors Blaise, un sourcil levé.
« Je n'ai pas le droit de venir voir mon meilleur ami sans raison précise ? » je demande, un brin sarcastique.
« Tu viens rarement me voir sans raison, Draco. Pour ne pas dire jamais. »
L'enflure. Et je commets l'ânerie de le considérer comme mon meilleur ami. Je me suis bien fait avoir sur le coup là, je veux être remboursé ! N'empêche, ce type est vraiment fort lorsqu'il s'agit de me tirer les vers du nez. Je soupire et prends un air renfrogné avant de m'enfoncer dans le canapé.
« Bien vu, Blaise, je marmonne d'un air sombre. C'est juste que… eh bien, tu sais. Potter. »
« Encore ? Soupire-t-il avec un air qui me donne l'impression de le désespérer au plus haut point. Cela m'agace. Qu'a-t-il fait encore ? »
« Rien, c'est ça le pire. Je veux dire, il est et sera toujours Potter, l'abruti Gryffondor sauveur de l'humanité sorcière. En dix-sept ans, j'ai eu le temps de comprendre qu'il ne changera pas là-dessus. Mais je… Je sais pas. Je pense que je me fais trop vieux pour ces disputes d'ados, mais que lui en redemande. Je suis passé au-dessus de tout ça, moi. Pas lui. Je le sens complètement perdu par mon changement de comportement. Il est déstabilisé et il déteste ça. Je pense qu'il essaye de se calmer lui aussi, parce que ce n'est pas un connard. Et j'ai bien peur que trop de bonnes intentions de sa part ne me fassent replonger. Sauf que cette fois, je risque de me noyer pour de bon. »
Je me tais, la gorge sèche. Blaise ne dit rien, il prend le temps d'enregistrer ce que je viens de lui dire. C'est un homme calculateur qui prend le temps d'analyser chaque situation avant de s'engager. Je suis pareil et c'est pourquoi j'aime cette stabilité chez lui. Il ne prend jamais aucune décision à la légère et est loin d'être aussi impétueux que ces fichus Gryffondors, comme moi.
« Tu aimes quand Potter te parle de manière civilisée, amicale. Mais d'un côté, tu préfèrerais qu'il agisse comme le dernier des enfoirés car sa gentillesse te rend encore plus dingue de lui. Et histoire d'en rajouter, tu as peur qu'il te repousse plus que ce qu'il t'ignore. Fichue fierté, n'est-ce pas. »
Ce mec est trop fort. Je hais le fait qu'il sache lire en moi aussi facilement, mais j'aime le fait que cela lui permette de m'aider.
« Tu sais, je me suis retrouvé dans une situation à peu près similaire, à la différence que Seamus et moi ne nous sommes jamais détesté comme Potter et toi. Dans ce cas là, deux solutions se sont offertes à moi, et elles font de même pour toi. Soit tu fais en sorte que Potter te haïsse, pour qu'il s'éloigne de toi ou devienne invivable, ce qui te permettra peut-être de passer à autre chose, comme tu l'as toujours fait - sans succès. Soit tu le fais tomber raide dingue de toi. Deux attitudes sont disponibles ici : celle du valeureux Gryffondor qui avoue ses sentiments de manière enflammée et fait tomber n'importe qui, et celle du Serpentard peureux qui préfère fuir ses sentiments, car un échec porterait un trop gros coup à son ego. Sache que ces deux attitudes te sont parfaitement accessibles. Tu n'es plus un couard, Drake. »
Je crois que ma lèvre est entaillée tant je me la suis mordue. Un couard, hein ? Peut-être ai-je pris l'habitude de ne plus agir comme tel pendant la Guerre, mais aujourd'hui… Ma vie et mes idées ne sont plus en jeu.
« Je ne sais pas, Blaise. »
« Si ça peut t'aider, tu as le choix entre essayer d'atteindre le bonheur éternel ou vivre malheureux comme les pierres jusqu'à la fin de tes jours. »
« C'est vrai qu'un peu de bonheur ne me ferait pas de mal, » dis-je avec un triste sourire.
« Alors tu n'as qu'à attraper Potter. »
« L'Attrapeur attrapé, quelle ironie. »
OooOooOooO
Quand Draco sortit de chez Blaise, il faillit tomber en trébuchant dans la neige. Elle tombait sans relâche sur Londres depuis maintenant deux jours. Noël approchait à grands pas et l'ancien Serpentard adorait cette fête. La neige, le pudding, les cadeaux, les retrouvailles entre amis ou en famille… Il avait toujours fait Noël chez lui et en général, cette fête rassemblait toute la famille Malfoy-Black encore en vie ou en liberté. Il n'avait fait Noël que très rarement avec ses amis, à Poudlard. Une fois en sixième année seulement, mais à cette époque il avait d'autres choses à penser… Pansy Parkinson et sa famille avaient souvent fait Noël dans le Manoir Malfoy, car leurs parents souhaitaient les marier à cette époque. Avoir sa meilleure amie chez lui à cette période l'avait toujours ravi au plus haut point.
Mais depuis cinq ans, il fêtait Noël absolument seul. Blaise lui avait annoncé trois ans plus tôt que sa chère mère avait été internée à Ste Mangouste. On ignorait si elle était devenue folle après la défaite de Voldemort, ou si c'était la disparition de son fils qui lui avait fait perdre la raison. Draco n'avait pas envie de savoir. Quant à son père, il ne savait même pas ce qu'il était devenu. Le fait est qu'il n'avait jamais visité son épouse à Ste Mangouste et que personne ne savait où il était ni ce qu'il faisait. L'Empire Malfoy avait coulé, il ne restait plus un centime. A part sur le compte de Draco, qui se faisait vider chaque année pour payer les soins de Psychomagie de sa mère. Tous pensaient qu'il avait disparu définitivement, ou qu'il était mort, alors l'hôpital n'hésitait pas à piller ce compte abandonné. Le blond s'en fichait totalement, il avait à présent son propre argent, gagné à la sueur de son front. L'argent Moldu lui convenaient parfaitement.
Depuis cinq ans, il disait à Marina et Allen qu'il fêtait Noël en Écosse, où il aurait soi-disant de la famille reculée. Il ne voulait pas qu'ils s'inquiètent pour lui. Et inversement, il racontait à Blaise qu'il préférait faire Noël avec ses amis Moldus, afin que son meilleur ami n'ait aucun scrupules à le laisser seul tandis qu'il faisait la fête en Irlande dans la famille de Seamus, ou en Italie, dans sa propre famille.
Perdu dans ses pensées, le jeune Malfoy ne fit pas attention en traversant la route afin de rejoindre sa demeure. Le hurlement d'un klaxon le ramena à la réalité. Il s'écarta brusquement, mais trop tard, déjà la voiture cognait brutalement contre sa jambe. Le Serpentard grogna de douleur et tomba sur ses genoux, dans la neige glaciale. Le conducteur sortit de sa voiture, furibond.
« T'peux pas regarder devant toi, connard ? » s'écria-t-il en s'approchant vivement, apparemment plus préoccupé par son phare cassé et l'éraflure sur sa carrosserie que d'avoir rentré dans un piéton.
Draco vit rouge et se releva.
« Très délicat de ta part. Je suis aveugle, pauvre con ! »
Encore plus enragé que le Moldu, il oublia la douleur de sa jambe droite et donna un violent coup de pied dans la voiture, achevant par là le phare brisé. Il parcourut la distance qui le séparait de sa maison, n'écoutant même plus le conducteur s'égosiller. Une fois entré, il claqua la porte derrière lui et retira rageusement son trois quart noir puis ses Converses et se dirigea vers le salon.
« Où étais-tu ? » fit alors une voix qu'il aurait été capable de reconnaître parmi une foule de mille personnes. Aussitôt, les battements de son cœurs enragés devinrent effrénés, mais il se calma.
« Chez Blaise. »
Le Gryffondor fut néanmoins surpris par le ton morne de Draco. Il remarqua alors le jean du Serpentard humide au niveau des genoux et déchiré à la cuisse droite, s'ouvrant sur une plaie sanguinolente.
« Et tu t'as battu avec lui ou quoi ? »
« Non, avec une voiture. »
L'Auror ne put s'empêcher de sourire. Il soupira et secoua la tête, d'un air presque désespéré.
« T'en rates pas une, Malfoy. »
« La ferme. »
« Assieds-toi et enlève ce pantalon, j'reviens. »
Draco fronça les sourcils, puis comprit où Potter voulait en venir lorsqu'il l'entendit monter les escaliers. Il alla vers le fauteuil le plus proche et retira son jean. Il grimaça légèrement, la douleur commençant sérieusement à s'emparer de sa jambe droite. Saloperie d'engin Moldu. Il lui aurait bien fait bouffer, à l'autre connard. Il s'assit sur le fauteuil, fermant ses jambes, légèrement recroquevillé. Il détestait exposer son corps maigre et couvert de balafres. C'est pourquoi il n'allait jamais en vacances au soleil lorsque Marina et Allen l'invitaient, prétextant une allergie quelconque aux UV. C'était stupide, mais ça marchait. Allen qui l'avait déjà vu torse nu, par mégarde, n'en avait jamais fait part à Marina, mais lui avait demandé de ne plus inviter leur ami aveugle. Elle avait compris et n'avait plus jamais proposé ce genre de chose à Draco, qui lui en était reconnaissant.
Un sifflement de Potter le tira de sa rêverie.
« Eh ben, elle t'a pas loupé, cette fichue bagnole. »
Il s'accroupit devant le Serpentard et s'empara de la compresse et du désinfectant qu'il était allé chercher. Il versa un peu de produit sur la compresse et commença à nettoyer le sang sur la cuisse de Draco, puis il tamponna doucement la plaie, surpris de voir que le blond ne sourcillait même pas. Ça devait piquer horriblement, mais le Serpentard ne bougeait pas du tout, son visage restait un masque de neutralité parfait. Où était passé le sale gosse douillet et chochotte qui hurlait pour une simple éraflure provoquée par un hippogriffe ?
« Je commence à croire que tu es aussi doué que moi pour te mettre dans de sales draps, Malfoy. Je savais bien que j'aurais dû t'accompagner. Sirius va me tuer. »
Draco esquissa un mince sourire.
« J'ai manqué de me faire renverser plus d'une fois dans ma vie, Potter, et tu n'étais jamais là pour me protéger, ça n'a pas de raison de changer aujourd'hui, Même si j'aimerais bien, songea-t-il intérieurement. Et tu as tué Voldemort en personne mais tu as peur de Black, ce chien gâteux ? »
Harry sursauta, et un silence étrange suivit la question du Serpentard qui fronça les sourcils.
« Quoi ? »
« Je… rien. Enfin, je suis juste surpris que tu prononces son nom, » avoua le Gryffondor.
« Ce Mage Noir abruti par l'eau de javel ne m'effraie plus maintenant qu'il est mort. »
« L'eau de javel ? » pouffa le brun.
« Je vis dans le monde Moldu depuis cinq ans, heureusement que je connais l'eau de javel, Potter. »
« Tu m'étonneras toujours Malfoy. »
« J'espère bien. Je m'en voudrais énormément si tu savais déjà tout sur moi. Je peux récupérer mon pantalon ? »
« Bien sûr. »
Le Survivant s'empara du jean que Draco avait posé sur la petite table et lança un discret « Reparo » dessus afin de réparer le trou au niveau de la cuisse. Discret, mais pas assez pour échapper à l'oreille fine du Serpentard.
« J'ai entendu, Potter. Va rôtir en enfer, avec ta foutue magie. »
Il lui prit le jean des mains et bouscula un peu le brun afin de se relever et de l'enfiler. Il zippa la fermeture éclair et ferma le bouton en un instant.
« Merci quand même. »
« De rien. Il se fait tard, ça te dirait d'aller manger un morceau ? »
« C'est un rancart, Potter ? » plaisanta l'ancien Serpentard avant de sentir une vive douleur dans son mollet gauche qui lui fit pousser un cri guère viril.
« Oh, merde, » fit Potter d'un air embarrassé « Je suis désolé, Malfoy. J'ai oublié de te le dire, mais Hermione m'a ramené mon chat dans la journée. »
« Ton chat ? Grinça le Serpentard avant de se pencher, cherchant une boule de poil à ses pieds. Il rencontra un museau humide et des moustaches. Il s'empara de la bestiole et la souleva, l'air mécontent. Tu veux crever, saloperie ? »
« Hé, je ne t'ai pas demandé de l'effrayer, non plus ! s'exclama le Gryffondor avant de reprendre son chat des mains de Draco. Snape n'est pas méchant, il a juste une drôle de façon de montrer son affection. »
« Je hais les chats, grogna le jeune Malfoy avant d'écarquiller les yeux. Attends… Tu as appelé ton foutu chat SNAPE ? »
« Tu peux parler avec tes clebs. »
« Et je peux savoir ce que ta boule de poil fait chez moi ? » continua le Serpentard sans faire attention à la remarque de Potter.
« Eh bien… Je l'avais envoyé chez Hermione, mais apparemment son fils, Daniel, passe son temps à lui tirer la queue, ce qui amuse moyennement Snape, si tu vois ce que je veux dire. Alors elle a préféré me le renvoyer. Il peut rester, hein ? »
« Pas ques… »
« Tes chiens l'adorent déjà ! » le coupa Harry.
« Tu déconnes ? Grogna le blond. Mes foutus chiens attardés aiment cette boule de poil surexcitée ? Quelle bande de traîtres. Bah, de toute façon, ils peuvent le bouffer, j'en ai rien à cirer. »
Le Survivant sourit et déposa son chat sur le sol qui s'empressa d'aller faire ses griffes sur le bar de la cuisine. Harry grimaça et nota que la cécité du jeune Malfoy avait des côtés positifs…
« Bon, allons manger, lança soudainement le blond. Et c'est toi qui invites, Monsieur l'Auror Super Friqué. »
Sur ce, il tourna les talons et se dirigea vers le hall d'entrée. Il remit ses chaussures et sa veste, attendant que l'Auror le rejoigne. Celui-ci ne tarda pas et lui ouvrit la porte. Draco sortit, boitillant très légèrement, ne souhaitant pas montrer à sa Némésis qu'il avait mal à sa jambe. C'était une question de fierté. Mal placée, certes. Mais néanmoins présente. Il se tourna vers le Gryffondor avec un sourire en coin.
« En tout cas, t'as pas intérêt à m'em… »
« POUSSE-TOI ! »
Draco ne comprit pas comment, mais il se retrouva allongé de tout son long dans la neige. Potter poussa un cri de douleur qui glaça le Serpentard d'effroi.
« Expelliarmus ! »
« Va te faire foutre, Potter ! » fit la voix de l'homme qui avait attaqué le jeune Malfoy quelques jours plus tôt.
Le blond entendit le bruit d'une chute à côté de lui. Terrifié, il n'osa pas bouger. Par Merlin, ne pouvait-on pas le laisser en paix ? Sa vie n'avait-elle donc pas été assez compliquée aux yeux de tout le monde ? De toute évidence non. Tous ces gens le répugnaient.
Draco grimaça de douleur en sentant une poigne ferme s'emparer de ses cheveux avec violence afin de lui tirer la tête en arrière. Puis, le contact froid d'une baguette contre son cou lui tira un hoquet de stupeur. Cette baguette, 31,8 centimètres en bois de hêtre, contenant un crin de Licorne, il ne comptait plus le nombre de fois qu'il l'avait sentie ainsi plaquée contre sa nuque ou son cou. Et cette manière de s'en prendre à lui n'appartenait qu'à un seul homme.
« Flint ? » croassa-t-il, incapable de s'empêcher de trembler.
Il pu presque deviner le sourire goguenard qui devait étirer les lèvres de celui qui l'avait torturé tant de fois.
« Je suis déçu que tu ne me reconnaisses que maintenant, Petit Dragon. »
Le blond serra les dents sous l'appellation humiliante. Il aurait dû se taire, rester impassible, mais il ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche :
« Comment va ton bras gauche ? »
La main de Flint quitta ses cheveux et Draco sentit qu'il faisait le tour afin de se mettre face à lui.
« Comment vont tes yeux, Malfoy ? » susurra-t-il au creux de son oreille avant de le frapper au visage avec violence.
C'est un coup puissant, mais horriblement métallique qui l'atteint de plein fouet. Le Serpentard retint un gémissement de douleur, tandis que son nez, sa joue et sa bouche se mettaient à saigner avec abondance.
« La Magie fait des miracles. Je suis surpris que tu n'aies toujours pas recouvré la vue. Je suis sûr qu'il existe un antidote, pourtant. Dommage que je ne puisses pas te laisser l'occasion de le trouver. »
Draco serra les dents. Il était terrifié, mais que pouvait-il faire ? Il sentit alors un contact froid lui effleurer la main et ne tarda pas à comprendre que c'était celle du Gryffondor. Ce dernier, faiblement, tentait de lui donner sa baguette. Le Serpentard la saisit, les doigts tremblants. Il sentit comme un coup de jus remonter le long de son bras et il frissonna. Merlin, cela faisait cinq ans qu'il n'avait pas tenu une baguette magique ! Que pouvait-il faire ? Cinq ans qu'il n'avait pas pratiqué de magie, ni même pensé à le faire. Ses sorts allaient être pitoyables ! Et qu'en était-il de la promesse qu'il s'était faite ? Non… pas question que sa décision coûte la vie de Potter. Il ne mourrait pas à cause de lui, c'était certain. Draco resserra sa prise sur la baguette si fortement que ses phalanges blanchirent.
« Je m'amuserai volontiers avec ton petit corps décharné, Malfoy, mais je n'ai pas que ça à faire. Tu te rappelles, tout ce que l'on a pu faire tous les deux ? Susurra Flint à l'oreille de Draco qui tressaillit violemment. Oui, je suis sûr que tu te rappelles… J'entends encore tes cris de douleurs, ceux qui me suppliaient de m'en prendre à toi et non pas à cette petite vipère de Pansy… »
Draco se sentit misérable, atrocement faible. Il n'avait pas su protéger Pansy… il n'avait pas réussis à la sauver de ces tortures ignobles infligées aux « traîtres ». Pansy… Sa douce Pansy, sa meilleure amie… Une colère terrible monta en lui. Il sortit son autre bras de derrière son dos et brandit la baguette d'Harry sur l'ignominie présente en face de lui.
« AVADA KEDAVRA ! » hurla-t-il à pleins poumons, hors de lui.
Le trait vert s'échappa de la baguette qui trembla légèrement entre les doigts du Serpentard avant d'aller frapper le sol de plein fouet. Flint n'avait eu qu'à faire un pas sur le côté pour éviter le sort. Draco cru qu'il allait en pleurer. Un violent coup de pied au visage le propulsa par terre dans un craquement sinistre. Cette fois-ci, le sang sembla gicler hors de ses narines. Par terre, face contre neige, le jeune homme eut l'impression d'étouffer. Il émit un gargouillis immonde et rampa, afin de s'écarter de la mare de sang.
« Vermine ! Tu as cru pouvoir me tuer ? Mais tu ne peux pas voir, Malfoy ! Tu es aveugle et handicapé, pauvre petite créature ! » s'exclama Flint sur un ton hystérique et jubilatoire. « Tu vas crever, seul, comme toujours ! »
Par pur réflexe, Draco ferma les yeux alors qu'il ne voyait déjà rien. Que pouvait-il faire ? Il avait lâché la baguette et faisait la moitié du poids de Flint. Il était faible et inefficace. Alors c'était la fin ? Il allait mourir ainsi, incapable de sauver sa propre peau ? Et Potter ? Non, Harry ne méritait pas de périr ainsi… Des larmes de rage perlèrent aux coins des yeux aveugles de Draco. Allez, qu'il en finisse vite.
L'incantation interdite ne vint pas, à la place, le Serpentard entendit un bruit de course, un grognement puis un hurlement de douleur. Un de ses chiens s'était échappé de la maison et venait, une fois de plus, de lui sauver la vie. L'animal s'était jeté sur Flint, le mordant à l'épaule. Le Mangemort se traîna lamentablement sur le sol et réussit à transplaner juste avant que le berger allemand ne l'achève, impitoyable.
« C-Crabbe ? » murmura Draco d'une voix tremblante.
Le chien se jeta sur son maître, comme pour s'assurer qu'il allait bien. Mais Draco ne pensait pas à lui en cet instant.
« Potter… »
Un faible gémissement lui répondit. Le blond était incapable de savoir où il se trouvait par rapport au Gryffondor. Heureusement, son chien le mena jusqu'à lui. Il voulut essuyer le sang qui maculait son visage mais son nez saignait toujours autant. Tant pis, il n'avait pas que ça à faire. Il s'approcha de Potter et posa une main sur son bras.
« Potter, tu m'entends ? Réponds, je t'en prie. Où es-tu blessé ? Que t'a-t-il fait ? »
Un autre grognement incompréhensible lui répondit si bien qu'il du se pencher afin d'entendre ce que lui disait l'Auror. Il ne comprenait rien, alors Harry s'empara faiblement de la main de Draco afin de la guider jusqu'à son ventre. Il y rencontra un tissu humide, poisseux. Il s'avança doucement, sans appuyer sur l'abdomen de son protecteur et sentit un contact froid. Il parcourut l'objet avant de réaliser qu'il s'agissait d'un poignard qui était planté dans le ventre d'Harry Potter. Le blond écarquilla les yeux, horrifié. Merlin, qu'est-ce que Flint avait fait ? Il détailla le poignard du bout des doigts et se pétrifia en la reconnaissant. Ce manque en forme de serpent, cette lame si fine, si aiguisée… Il la connaissait par cœur pour avoir joué avec en étant enfant avant de se faire disputer par son propriétaire - Lucius Malfoy.
« Harry… Harry, reste éveillé, s'il te plaît. La lame, y a-t-il autre chose que ton sang, dessus ? Y a-t-il un liquide noir ? Harry, s'il te plaît ! » s'exclama-t-il d'une voix étouffée.
« O… ui. »
La Goutte du Malfoy. La lame était enduit de la Goutte Malfoy, un poison créé par ses ancêtres dont la recette et l'antidote se transmettaient de pères en fils depuis des générations. Un poison que seul un Malfoy pouvait créer. Un poison dont seul un Malfoy pouvait fabriquer l'antidote. Draco serra les dents, essayant d'ignorer la douleur qui lui vrillait la tête et chacun de ses membres. Il devait sauver Harry. Dans une heure, il serait totalement paralysé et frigorifié, comme si son sang s'était gelé. Il serait alors incapable de respirer et ses poumons, pris dans une glace imaginaire et soumis à une pression intense, éclateraient en tuant le Gryffondor d'une manière atrocement douloureuse.
Le Serpentard s'empara de la main de son comparse. Elle était déjà glacée, que pouvait-il faire, bon sang ? Il ne pouvait pas emmener Potter à Ste Mangouste, il ne pouvait pas réapparaître…
« Finnigan, » dit-il à voix haute.
Oui, il devait l'emmener là-bas. Mais comment ? Draco se mordit la lèvre inférieure. Transplaner ? C'était la seule solution, mais en serait-il capable ? Par Merlin, il s'agissait de la vie d'Harry, il devait réussir.
« Accio baguette, » dit-il de manière mal assurée avant de sentir le contact rigide de la baguette du Gryffondor dans sa main.
Il serra la main du jeune homme dans la sienne et se concentra. Le salon de Blaise… Il ne l'avait jamais vu, mais c'était tout comme. On le lui avait décrit, il l'avait touché, parcouru en long, en large et en travers… Il pouvait le faire ! Au diable sa promesse de ne plus faire de Magie, s'il ne sauvait pas Potter, il n'aurait plus qu'à disparaître de la surface de la terre !
Une force invisible le tira alors par le nombril. Il ne lâcha pas la main du Gryffondor, la serrant encore plus dans la sienne avant qu'un contact chaud mais brusque avec le sol ne l'oblige à détacher sa prise. Harry gémit de douleur et Draco toucha le sol. Il reconnut le tapis du salon de Blaise - il s'était pris les pieds dedans un nombre incalculable de fois.
« Blaise ! BLAISE ! Hurla-t-il d'une voix stridente, hystérique. SEAMUS ! »
Un bruit de pas précipités l'avertit qu'il avait été entendu. Il comprit que quelqu'un descendait les escaliers, puis plus rien, preuve que la personne s'était arrêtée net, stupéfaite par un tel spectacle.
« Par Merlin, Malfoy ! Que… » fit la voix enrouée de Seamus Finnigan.
« Un lit… haleta Draco, une chambre, vite ! »
Le Gryffondor pointa sa baguette sur Harry et lui lança un sort de lévitation afin de ne pas aggraver ses blessures et le mena dans la chambre d'amis. Il l'allongea sur le lit avant de se tourner vers Malfoy.
« Que s'est-il passé ? »
« On a été attaqués. Il est empoisonné, un poison connu par les membres de ma famille uniquement. Je suis le seul à pouvoir le guérir. »
« Je dois te soigner toi au… »
« Non ! S'exclama Draco d'une voix rauque. Il agita la baguette de l'Auror et fit apparaître une feuille de parchemin sur laquelle il fit se dessiner des lettres qui formèrent une recette. Il la tendit à Seamus. J'ai besoin de ça. Tout de suite. »
Le Gryffondor s'empara de la feuille fébrilement, ébahi de voir le Serpentard réutiliser la magie. Il examina les ingrédients nécessaires, puis acquiesça.
« Je reviens. »
Il s'éclipsa et Draco se dirigea vers le lit sur lequel Harry était allongé. Il tâtonna un peu maladroitement avant de trouver sa tête. Il passa une main dans ses cheveux trempés par la neige et la sueur froide puis la posa sur son front glacé.
« Je suis désolé de t'avoir impliqué là-dedans, Potter, dit-il d'une voix étranglée. Je te sauverai, tu m'entends ? Je te le promets. »
Finnigan revint quelques secondes plus tard avec un nécessaire à Potions auquel il redonna sa taille normale avant d'installer les ingrédients face à Draco sur le bureau, dans l'ordre où ils étaient notés sur le parchemin. Il se dirigea ensuite vers Harry.
« Occupe-toi de sa blessure, je prépare l'antidote. »
A nouveau, Seamus acquiesça. Il fit boire une fiole de potion à l'Auror afin qu'il ne ressente aucune douleur et attendit quelques secondes avant de retirer le poignard qu'il posa sur une serviette de bain en prenant garde à ne pas se couper au risque de s'empoisonner lui aussi. Il nettoya copieusement la plaie à l'aide d'un onguent puissant et la referma. La magie était vraiment utile mais elle risquait de ne pas l'être cette fois-ci si Draco ne réussissait pas l'antidote. Le Serpentard savait pertinemment bien qu'une énorme responsabilité pesait sur ses épaules. Il était épuisé, à peine remis du choc qu'il avait ressentit en réalisant qui était son mystérieux agresseur, saignait toujours dangereusement, mais il refusait de laisser tomber Harry.
Il se concentra à nouveau, se remémorant les paroles de son père à propos de cet antidote. La préparation était courte, mais atrocement compliquée. La moindre erreur entraînait la mort immédiate de la personne empoisonnée. Il ne pouvait pas se tromper. Seamus le laissa faire, l'observant sans un mot, fasciné de pouvoir revoir Malfoy fabriquer une potion. Ce diable était tellement bon dans cette matière ! Le Serpentard était certes aveugle, mais il manipulait les ingrédients comme s'il était capable de les voir réellement. Lorsqu'il avait un doute, il les sentait, se remémorant les odeurs de son enfance et de son adolescence et bientôt, une odeur délicatement sucrée s'éleva dans la pièce. Le blond cessa tout mouvement et se recula légèrement.
« Une odeur caramélisée, c'est parfait, murmura-t-il tandis qu'un plis soucieux barrait son front. Finnigan, le contenu de cette fiole est-il aussi transparent que de l'eau ? »
Il tendit l'objet au Gryffondor qui s'avança afin de l'observer minutieusement.
« Oui. »
Le blond soupira, comme si toute la tension qui pesait sur ses épaules venait de s'envoler.
« Il doit en boire trois. »
L'était du Gryffondor avait atrocement empiré. Il éprouvait d'énormes difficultés à respirer et gémissait de douleur. Seamus s'avança tandis que Draco essuyait son front humide de la chaleur produite par la concoction qui fumait dans le chaudron. Le Médicomage aida son ami à boire l'antidote, ce qui se révéla être une opération difficile. Une fois les trois fioles vides, il reposa délicatement la tête de l'Auror sur l'oreiller. Du bruit à l'extérieur de la pièce tira Draco hors de ses pensées.
« C'est Blaise, dit doucement Seamus, je vais le prévenir de la situation. Je reviens. »
Le blond acquiesça d'un signe de tête puis se laissa tomber sur une chaise près du lit d'Harry, ses jambes tremblantes ne pouvant plus le porter. Il était épuisé. Il avait au moins laissé Seamus essuyé le sang qui maculait son visage, mais n'avait laissé personne le soigner ainsi son nez formait une étrange bosse et sa lèvre inférieure était entaillée et étrangement enflée. C'était sans parler de l'énorme hématome qui couvrait le côté droit de son visage.
La respiration d'Harry était faible mais régulière, preuve qu'il s'était endormis. Le Serpentard approcha une main de lui et la glissa tendrement dans sa tignasse emmêlée. Harry… son Gryffondor… Une fois de plus, il avait échappé de près à la mort et était en sursis. Il n'était pas sûr d'avoir administré la potion à temps. Et si ce n'était pas le cas ? Harry mourrait. Il n'en avait pas le droit.
« Je te jure que ce fils de pute paiera pour ce qu'il t'a fait, murmura-t-il d'une voix rauque. Tiens le coup, s'il te plaît. »
Il se releva doucement et se pencha au-dessus du Gryffondor. L'odeur caramélisée de l'antidote flottait encore sur les lèvres d'Harry, se mêlant à son haleine habituellement caféinée. Le Serpentard sembla hésiter un instant, puis pressa délicatement ses lèvres au coin de celles d'Harry. Il murmura alors d'une voix presque inaudible, contre la bouche froide de l'Auror :
« Je t'aime, » songea-t-il.
« J'ai besoin de toi. »
C'est alors que la porte de la chambre s'ouvrit et Draco se redressa brusquement. Blaise entra dans la pièce et s'avança vers son meilleur ami avant de glisser un bras autour de sa taille afin de le serrer dans ses bras.
« T'es épuisé, va te reposer, Seamus veillera sur Harry. »
« Je peux pas. J'attends qu'il se réveille. »
« Drake, tu tiens à peine debout, tu lui es inutile pour le moment. Laisse-toi soigner et va te reposer, je te promets que Seam' viendra te chercher dès qu'il y aura du nouveau. »
Draco se mordit la lèvre inférieure, ignorant la douleur que cela produisit. Il semblait sur le point de pleurer. Blaise resserra son étreinte.
« Drake ? »
« Ma faute… c'est ma faute, Blaise. S'il est là, mourant, c'est entièrement ma faute. »
« Il va s'en sortir. Drake, il a échappé à Voldemort pendant 17 ans, je pense qu'il peut survivre à ça. »
Le Serpentard passa une main dans les cheveux blonds de son ami d'enfance.
« Allez, suis-moi. »
Il obéit, l'air absent, lui emboîtant le pas comme si ce n'était pas vraiment lui qui le faisait. Ils sortirent de la pièce et Blaise le fit s'asseoir sur le canapé tandis que Seamus s'avançait afin de le soigner. Il remit son nez en place et soigna ses dents cassées avant de lui dire qu'il ne pouvait rien faire pour l'hématome, que seul le temps le ferait disparaître. Draco haussa les épaules, l'écoutant à moitié. Le Médicomage déposa un baiser sur les lèvres de son amant puis alla veiller sur Harry. Blaise s'empara de la cafetière posée sur la petite table et versa du café dans une tasse pour Draco avant d'y mettre l'équivalent de deux sucres. Il lui donna la tasse et se plaça à ses côtés. Le jeune homme en but une gorgée.
« On devrait contacter Black, dit-il alors. Ou tout du moins la belette et son épouse le castor. » ajouta-t-il en insultant les meilleurs amis de Harry plus par habitude que par réelle envie de les affubler de tels quolibets.
« Toujours aussi inventif, » fit alors la voix de Ron Weasley.
Le Serpentard sursauta.
« Je viens de les prévenir… » murmura Blaise avec un air désolé. Le couple Weasley s'avança, Hermione portant leur jeune fils Daniel dans ses bras. Elle arborait un air grave.
« Comment va-t-il ? » demanda-t-elle d'une voix étrange.
« Draco lui a préparé l'antidote et lui a donné. Seamus veille sur lui en attendant qu'il se réveille, résuma Blaise tandis que le petit Daniel se débattait un peu dans les bras de sa mère afin d'aller sur les genoux du Serpentard qui lui sourit tendrement. Salut mini Weasley. »
« Je vais aller le voir dit Hermione, tu gardes un œil sur Dan ? »
« Bien sûr. »
Le couple se dirigea vers la pièce dans laquelle leur ami se trouvait. Blaise ébouriffa les cheveux de leur fils qui regardait Draco avec des yeux ronds, fasciné par ce jeune homme aux cheveux si blonds qu'ils paraissaient blancs et sa peau marmoréenne. Le Serpentard tourna alors la tête vers lui et le petit Daniel se perdit dans son regard acier, ébahi. Ces yeux dépourvus de pupille, entièrement gris, faisaient peur à beaucoup de personnes mais étrangement, le jeune Weasley n'était absolument pas effrayé. Il ressemblait beaucoup à sa mère et voulait toujours savoir comment les choses fonctionnaient, c'est pourquoi il était particulièrement intéressé par les yeux du jeune Malfoy. Il n'en avait jamais vu de semblables auparavant. Le petit garçon se blottit contre Blaise, impressionné. Cette peau si blanche, ces cheveux blonds et ce regard étrange… il avait l'impression que Draco n'était pas humain. Alors il se pencha vers l'Italien avec un air curieux.
« C'est qui ? Murmura-t-il comme s'il souhaitait que le blond ne l'entende pas. Un ange ? »
Le blond se tourna vers l'enfant, l'air ahuri. Lui, un Ange ? Ce gosse était vraiment le rejeton de la belette, on ne pouvait pas être aussi stupide… Bon, fallait avouer, c'était plutôt attendrissant qu'il… Oh, stop ! Une belette était tout sauf attendrissante !
« Pas vraiment, non. Je suis Draco Malfoy. »
L'enfant haussa les épaules.
« Connais pas, » répondit Dan en fronçant les sourcils parce que ce nom lui disait quand même quelque chose. Oncle Harry en avait peut-être déjà parlé. Un bruit de porte qui se referme attira l'attention des trois garçons. Hermione entra dans le salon et caressa les cheveux de son fils avant de poser sa main sur l'épaule de Draco qui se crispa légèrement.
« Merci, Malfoy. Je me fiche de ce que tu peux en penser mais sache que désormais, j'ai de l'estime pour toi. Du moins depuis que je connais la vérité. »
Elle voulu retirer sa main mais Draco l'en empêcha en posant la sienne dessus, chose qu'il n'aurait jamais faite quelques années plus tôt.
« Je t'ai toujours estimée, Granger - enfin, Weasley. J'espère pouvoir un jour te prouver que ma méchanceté n'était qu'une preuve de ma jalousie maladive. »
Hermione sourit et se pencha à son oreille :
« Je le savais. J'étais juste trop fine pour te le faire remarquer. »
Le Serpentard rit légèrement.
« Et je t'en remercie. »
« Harry a raison. Ton changement est une bénédiction. »
Draco sentit son cœur se serrer en entendant le prénom du Gryffondor. Merlin, faites qu'il sorte de ce sommeil assassin.
« Seamus dit que son état est stable. Son corps a juste besoin de tout éliminer et ça semble prendre du temps. »
« Si je… » commença Draco avant d'être interrompu par un « pop » retentissant. Sirius Black venait de transplaner dans le salon de Blaise.
« J'ai reçu le message de Ron. Que s'est-il passé ? » dit-il d'u air angoissé.
« Harry et Draco se sont fait attaquer. Le Mangemort a poignardé Harry avec une lame empoisonnée mais Drake lui a donné l'antidote. »
« Qui ? Qui vous a attaqués ? »
Tous se tournèrent vers Draco qui pâlit - si c'était encore possible - brusquement. Trop occupé par l'état critique d'Harry, il en avait oublié Flint.
« Drake ? »
Il ouvrit la bouche mais resta incapable de prononcer son nom. Flint. Quatre consonnes et une voyelle qui formaient un nom aussi court que pitoyable. Flint. Un nom qui rimait avec tortures, humiliation, déchirement et cécité, pour Draco. Un nom synonymes d'ignominies et d'enfermement.
« Draco ? » fit la voix lointaine de Black. On le secoua, sans résultat. Il se mit à trembler de manière incontrôlable tandis que des souvenirs atroces circulaient dans sa tête.
« Blaise… » gémit-il pitoyablement. Peu de temps après, il sentit la chaleur réconfortante des bras de son meilleur ami l'entourer. Il nicha son visage dans son cou et agrippa sa chemise. « Blaise… c'était… c'était Lui… »
Blaise écarquilla les yeux puis reprit un air sérieux avant de regarder Sirius Black, un air dégoûté dans le regard.
« Marcus Flint. C'était ce chien de Marcus Flint. »
Aussitôt, le poids de Draco se fit plus lourd entre ses bras. Le Serpentard avait sombré dans l'inconscience.
OooOooOooO
POV Harry.
Les ténèbres entouraient Harry. Immenses et étouffantes, elles l'empêchaient de retrouver la lumière. Il marchait dans le noir, incapable de voir où il allait. Un instant, il songea à Malfoy. C'était à cela que son monde ressemblait depuis cinq ans ? Merlin, c'était si déprimant. Le Gryffondor voulait sortir de là, se réveiller. La douleur avait enfin disparu, remplacée par une douce chaleur. Il ne tremblait plus alors pourquoi ne réussissait-il pas à se réveiller ? Serait-il mort ?
« J'ai besoin de toi. »
Cette voix… Harry la connaissait. Cependant, cette supplique semblait irréelle. Cette voix rauque ne pouvait l'avoir murmurée. Pourquoi son propriétaire aurait-il besoin de lui ? C'était ridicule, il l'avait forcément imaginé. A croire que son esprit se détraquait. Soudainement, la chaleur le quitta. Il écarquilla les yeux et se remit à trembler. Qu'elle revienne… Merlin, il voulait que cette chaleur l'enveloppe à nouveau ! Il en avait tellement besoin. Il était seul… Désespérément seul. Harry ne voulait pas mourir ainsi. Agité de sanglots, il sombra dans ses ténèbres.
OooOooOooO
Draco ouvrit difficilement les yeux. Une vive douleur lui vrilla aussitôt le crâne. Comme à l'accoutumé, tout était noir autour de lui. Il sentit une main caresser ses cheveux et reconnu le geste familier et affectueux de Blaise.
« Comment tu te sens ? »
« A moitié mort, » murmura-t-il d'une voix rauque.
« Tu as perdu beaucoup de sang, grand nigaud. La prudence, tu connais ? T'es vraiment désespérant. »
« J'ai dormi combien de temps ? »
« Douze heures. »
« Quoi ? S'écria Draco en se redressant brusquement. T'aurais pu me réveiller ! Comment va Potter ? »
« T'avais besoin de repos. Et Harry est toujours inconscient. Hermione et Daniel sont rentrés, Ron s'est endormi sur l'autre canapé avec Seamus. Black et Lupin veillent sur Harry, résuma Blaise. Tu veux manger un morceau ? »
« Non. Je vais voir Potter. »
Draco se leva et prit la direction de la chambre d'ami dans laquelle il entra doucement. Il entendit deux respirations sourdes, lentes, et une troisième plus rapide.
« Oh, Draco, tu es réveillé, » fit la voix douce de Remus Lupin. Le Serpentard comprit que Black était le second endormi. « Tu te sens mieux ? »
« Oui. Et Ha - Potter ? »
« Toujours inconscient. Seamus dit que son organisme a besoin de purger totalement le poison. J'ai confiance en lui. Il se réveillera. Draco, merci pour l'antidote. »
« Cessez tous de me remercier. Je n'allais pas le laisser mourir alors qu'il m'a sauvé la vie. »
Remus hocha silencieusement la tête.
« Je peux veiller sur lui, Black et vous semblez épuisés. »
« C'est gentil mais je préfère rester ici. Tu peux en faire de même. »
Le lycanthrope fit apparaître une chaise à l'air confortable afin que Draco puisse s'asseoir. Le blond approcha le siège du lit et se mit assis dessus avec un soupir.
« Blaise a fait du café, tu en veux ? »
Draco acquiesça doucement et Remus lui servit une tasse de café avant de lui donner. Ils restèrent silencieux un moment puis le professeur soupira longuement.
« Je suis désolé de te dire cela mais il faudra que tu racontes à Sirius ce qui s'est passé avec Flint pendant la guerre. En tant qu'Auror il se doit de tout savoir. »
Le Serpentard s'était crispé. Il s'en était douté mais cela n'empêchait pas le fait qu'il aurait préféré s'en passer. Il voulait rayer cet épisode de sa vie mais hélas, c'était impossible, il en était parfaitement conscient.
« Je le ferai, » murmura-t-il d'une voix à peine audible.
« Merci. »
A nouveau, ils se plongèrent dans un silence étrange, jusqu'à ce que Lupin se lève, surprenant légèrement le blond.
« J'ai laissé Artemis chez Neville et j'ai promis d'aller le chercher pas trop tard, je ne serai pas très long. »
« D'accord. »
Draco ignorait qui était Artemis mais il ne s'en préoccupa pas vraiment. Remus caressa les cheveux d'Harry et transplana.
Le Serpentard se leva aussitôt et alla se placer près du Survivant. Il s'agenouilla à côté du lit et chercha sa main. Un soupir soulagé franchit la barrière de ses lèvres en sentant que la peau du Gryffondor était chaude. Il caressa le dos de sa main avec son pouce, distraitement.
« Tu vas te réveiller, hein ? Rappelle-toi de ce que je t'ai dit. Je refuse de te voir disparaître, Potter, murmura-t-il avant de porter sa main à ses lèvres afin d'y déposer un baiser. Reviens-moi. »
Il continua ses caresses silencieusement puis redressa la tête en direction de Sirius Black.
« Vous pouvez arrêter de me fixer, ça devient gênant. »
L'Auror sursauta.
« Comment… »
« … je sais que vous êtes réveillé ? Votre respiration a repris un rythme normal. Vous avez aussi cessé de ronfler à moitié et de vous agiter dans votre sommeil. »
Sirius regarda le jeune homme d'un air mi-surpris, mi-respectueux. Il passa une main dans ses longs cheveux noirs.
« Je suis fort, je sais. »
« Malfoy, arrête de te vanter, » fit la voix rauque et faible d'Harry Potter.
OooOooOooO
Et voilà, c'est fini ! Je vous juuuuuure que le chapitre suivant arrivera très prochainement ! Il est déjà commencé, bien entamé voire pas loin d'être fini, et je m'excuse encore pour cet ENORME retard.
A la prochaine, énormes bisouuus !
