Auteur : Shiakän
Disclaimer : Hélas, tout ce petit monde ne m'appartient pas ! A part Marina, Allen, et quelques autres qui feront leur apparition au fur et à mesure de l'histoire ! Tout le reste est à J.K. Rowling.
Genre : Alors… il y aura de la romance, de l'humour, mais aussi des passages tristes, voir violents pour certains.
Rating : M ! Donc prudes et homophobes : dehors.
Couples : Oulah ! Une sacrée tripotée ! Bon, alors, commençons par les principaux : HPDM, SBRL, HGRW… Les autres, vous verrez bien au fur et à mesure :P
Spoilers : Tous les tomes, même si je ne prends pas en compte quelques morts dans le tome 7 et que j'en modifie une d'une tome 5, et ce pour des raisons évidentes, lol.
Petite remarque : Voilà voilà, un nouveau chapitre ! Il fait 17 pages, alors amusez-vous bien ! Rendez-vous au prochain ! Je ferai les RAR au prochain chapitre.
XI- Joyeux Noël, Dray.
Les bras de Blaise se refermèrent autour de Draco qui nicha son visage dans son cou, afin de calmer ses tremblements. Les autres personnes présentes pour écouter le récit du Serpentard - Sirius, Rémus, Seamus et Ron - se regardèrent, incapables de dire quoi que ce soit. A vrai dire, ils n'en revenaient pas. Mais le plus choqué était sans nul doute Harry, qui lui avait les yeux braqués sur Malfoy, cette être tremblant qui sanglotait dans les bras de son meilleur ami. Il ne pouvait pas le croire. Il avait traité le Serpentard comme le pire des criminels depuis qu'il s'était remontré, alors que le blond avait vécu des choses atroces et avait été l'homme le plus courageux du Monde Sorcier ? Merlin, il s'en voulait tellement. Draco avait tellement enduré. Il avait été torturé pendant cinq mois, cinq longs mois, semblables à des siècles de douleur et d'attente, dans l'espoir de revoir la lumière du jour. Et il ne l'avait plus jamais revue.
Harry prit son visage entre ses mains. Un étrange sentiment compressait son cœur. Il ne savait pas ce que c'était, mais il était sûr d'une chose : il ne voulait plus voir Malfoy pleurer, ni même trembler comme il le faisait en cet instant. Il voulait le voir sourire, l'entendre rire et lui lancer des remarques sarcastiques comme il savait si bien le faire. Il voulait le voir debout, fier et fort, comme il l'avait toujours été. Il ne supportait plus l'homme brisé qu'il voyait en ce moment. Parce qu'étrangement, ça lui faisait mal.
Les sanglots de Draco finirent par se calmer pour enfin s'arrêter. Blaise se recula, gardant néanmoins une main dans le dos de son meilleur ami, y traçant des arabesques afin de le détendre.
« Il y a une chose que je ne comprends pas, commença Sirius d'une voix douce. Si Nott était au courant, comment se fait-il qu'il ne l'ai dit à personne ? »
« Voldemort l'a forcé à faire des choses atroces et il ne cessait de revoir cela. Ça le rendait fou, les Médicomages ont décidé qu'il devait tout oublier. Tout ce qui concernait son rôle d'espion, dit Remus. Tu ne te souviens pas, Ginny a du tout lui réapprendre. Il a oublié que Draco était innocent. »
Draco acquiesça en silence, Blaise lui avait déjà raconté cela, lorsqu'il avait demandé ce que Théodore Nott était devenu, quelques années plus tôt.
« Théo te doit la vie, murmura Harry d'une voix rauque. Nous te devons tous la vie. Si tu avais parlé, tout aurait été foutu. »
Cette fois-ci, tous les hommes présents autour du Serpentard approuvèrent. Des mains se posèrent sur ses épaules ou ses genoux, le serrant doucement pour lui faire comprendre que tous lui en étaient reconnaissant. L'émotion noua la gorge de Draco qui frissonna légèrement. Ils le croyaient. Tous le croyaient et le remerciaient. Même Potter. Il se leva sans un mot, fébrilement.
« Drake ? »
« Ça va, » répondit-il simplement, d'une voix rauque, avant de sortir du salon afin de monter à l'étage, laissant les autres seuls.
« Qu'est-ce que… » commença Sirius en voulant se lever, mais Remus posa une main sur son bras, lui intimant de se rasseoir.
« Non. C'est un Malfoy. Un Malfoy n'expose pas ses sentiments en public et il ne l'a que trop fait. Il a besoin de pleurer seul. »
Blaise acquiesça, surpris que le Lycan ait compris son ami aussi vite. Il avait toujours pensé que le professeur était fin psychologue, mais pas à ce point. Seamus soupira et se leva afin de servir une tasse de café à chacun, persuadé qu'ils en auraient bien besoin.
« On doit mettre la main sur Flint très rapidement. Cet enfoiré est libre depuis 5 ans alors qu'il a des crimes atroces sur la conscience. »
« N'oublie pas Lucius Malfoy, Sirius, » glissa Seamus. Tous les regards se posèrent sur lui, surpris, et il sortit la dague que Flint avait utilisé pour poignarder Harry. « Ça appartient à Malfoy. De même pour le poison utilisé. Draco m'a expliqué qu'il s'agissait d'un poison dont la recette se transmettait de pères en fils dans sa famille. »
Sirius fronça les sourcils et bu une gorgée de café.
« Lucius a disparu, on ignore où il se trouve et Flint l'aurait trouvé…? Les Malfoy étaient des tarés accros à la Magie Noire mais ils n'auraient jamais fait le moindre mal à leur fils. Lucius n'était pas le plus tendre des pères, mais il tenait à Draco. »
« Sirius a raison, ajouta Ron un peu malgré lui. Lucius a toujours tout fait pour que son fils soit… heureux. Même s'il ne s'y prenait pas très bien. »
Harry n'écoutait plus. Ses pensées n'étaient tournées que vers une seule personne. Les autres étaient plongés dans leur conversation, aussi personne ne remarqua qu'il se levait. Ses jambes tremblèrent un peu, il était encore faible, mais il tint debout. Blaise fut le seul à le voir monter les escaliers, mais il ne l'en empêcha pas, une douce lueur brillant dans ses yeux malins.
Harry s'agrippa à la rampe d'escalier afin de pouvoir gravir les marches. Il mit un certain temps mais finit par arriver en haut. Là, il chercha une trace de Draco. Il vit qu'une des portes était ouverte et se dirigea vers elle, sans faire de bruit. Il se retrouva dans la salle de bain et vit le Serpentard allongé sur le sol, un genou plié et un bras sur son visage. Il s'était couché ainsi afin de laisser libre court à sa peine, incapable de tenir debout plus longtemps. Le cœur d'Harry se serra et il se rapprocha, doucement, conscient que le blond l'avait déjà entendu. Il se mit assis près de sa tête et pris doucement son bras afin de le retirer. De nouvelles larmes avaient coulé sur les joues du Serpentard, traçant des sillons humides sur ses joues pâles. De ses pouces, Harry les assécha. Ses doigts s'égarèrent sur ses joues et il sentit Draco frissonner.
« Tu m'as embrassé, » murmura-t-il à l'intention du blond, qui sursauta légèrement.
« J-je… »
« Tu m'as demandé de me réveiller. Tu m'as dit que tu avais besoin de moi. Et tu m'as embrassé. »
Le Gryffondor vit les joues de sa Némésis rougir, lui donnant un air adorable. Le cœur d'Harry manqua un battement. Il avait l'impression de prendre conscience de la beauté du blond. Ses traits étaient fatigués, il avait d'immenses cernes, sa peau était plus pâle que d'habitude, trop pâle. Et pourtant, il le trouvait beau. Ou était-ce le fait de savoir enfin que Draco était un être bon, qui le rendait si beau aux yeux de Harry ?
« Pourquoi ? »
Malfoy se redressa et se retourna, afin de faire face à l'Auror. Il s'avança et posa timidement ses doigts sur une de ses joues. Harry ne bougea pas et Draco posa sa seconde main, avant de laisser ses doigts parcourir chaque trait de son visage, l'effleurant avec tendresse. Le Gryffondor ferma les yeux, incapable de retenir un frisson. Les doigts du Serpentard étaient chauds. Le souffle de Draco s'accéléra imperceptiblement lorsqu'il toucha les lèvres d'Harry. Il s'attarda dessus, essayant d'imaginer à quoi elles ressemblaient, s'appuyant sur ses souvenirs et ce qu'il touchait. Puis il s'arrêta et se leva.
« Tu as grandi, » dit-il doucement avant de sortir de la pièce, laissant Harry seul, les joues rouges et le cœur battant la chamade.
OooOooOooO
Draco s'étira longuement et se leva, quittant la chaleur des draps. Il attrapa le tee-shirt et le pantalon qu'il avait laissés sur la chaise à côté du lit et s'habilla, puis sortit de la chambre qu'il occupait chez Blaise et Seamus. Il se rendit dans la cuisine où Blaise se trouvait déjà, une tasse de café dans une main, la Gazette du Sorcier dans l'autre. Le joueur de Quidditch se tourna vers son meilleur ami, un sourire aux lèvres. Il lui semblait que Draco avait meilleure mine. Le fait d'avoir enfin vidé son sac et d'avoir dormi toute une nuit y était sûrement pour beaucoup. Blaise jeta le journal sur le plan de travail et s'avança vers son ami. Il lui ébouriffa les cheveux tendrement, comme l'aurait fait un frère aîné pour son cadet.
« Bien dormis ? »
« Ca faisait longtemps que je n'avais pas aussi bien dormis. »
« Parfait. Tu veux du café ? »
Draco acquiesça doucement et Blaise lui servit une tasse de café avant de la glisser dans sa main.
« Seamus… Seamus a dit qu'il pouvait essayer de trouver un remède. Pour ta cécité. »
Draco s'immobilisa. Retrouver la vue ? Il ne pu s'empêcher d'espérer. Pouvoir admirer un coucher de soleil, la pluie qui tombe, la neige qui recouvre le sol, lire un livre de Potions, regarder des photos, admirer le visage de Potter, le sourire de Potter, les yeux de Potter. Le corps de Potter. Le Serpentard secoua la tête pour se tirer ces pensées hors de l'esprit.
« Mmmh, marmonna-t-il guère convaincu. J'préfère pas espérer quoi que ce soit. »
Blaise soupira, comprenant parfaitement le Serpentard. Évidemment, si le blond se mettait à espérer, il risquait d'être affreusement déçu. Il finit son café et posa la tasse dans l'évier avant de jeter un sort afin qu'elle soit nettoyée et rangée.
« Ce soir on fête Noël chez les Weasley. Tu es invité. »
Draco paru surpris. Lui, invité à passer Noël chez les Weasley ? Même dans ses délires les plus extravagants il n'aurait jamais imaginé une chose pareille. Il se mordit la lèvre inférieure, hésitant.
« Viens. T'en as besoin. Arrête de te terrer dans le monde Moldu. »
« Mais je n'ai rien à offrir à personne avec tout ce qui s'est passé. »
« Il te reste une journée entière. »
« T'as intérêt à me filer un coup de main. »
Blaise sourit, heureux que Draco accepte. Il le laissa dans la cuisine afin d'aller se préparer dans sa chambre. Le Serpentard sirota son café en réfléchissant à ce qu'il allait bien pouvoir offrir. Noël chez les Weasley, ça signifiait… la Belette, sa femme, toutes les autres Belettes et leurs rejetons, la Belette Mère, Sirius, Remus, Seamus, Blaise, Harry et tous leurs camarades et amis de Poudlard encore de ce monde. Draco soupira. Il allait devoir trouver un cadeau pour chacun d'entre eux, parce qu'un Malfoy ne venait jamais les mains vides ou en ayant oublié quelqu'un à Noël. Blaise allait devoir lui donner la liste complète des invités, sinon il n'allait pas s'en sortir !
Un sourire aux lèvres, Draco alla prendre une douche et emprunta des vêtements à Blaise. Ils étaient seuls dans la maison, prêts à manigancer leur après-midi shopping. Seamus était parti travailler et Potter était rentré chez lui afin de se préparer pour le soir, ou pour faire des emplettes, lui aussi. Le Serpentard ne lui avait pas adressé la parole depuis l'épisode de la salle de bain. Enfin prêt, il descendit dans le hall d'entrée.
« Hum, Blaise… j'ai des idées bien précises pour… eh bien, certains cadeaux. Mais pour cela je dois aller sur… le Chemin de Traverse. »
Un grand sourire barra le visage de Blaise. Enfin ! Enfin Draco parlait d'un lieu magique, d'un lieu qui le reliait à son passé. Le Serpentard posa une main amicale sur son épaule.
« Ne t'inquiètes pas, personne ne te reconnaîtra là-bas. »
Blaise tendit son manteau à Draco qui l'enfila un peu fébrilement.
« Tu comptes réutiliser la Magie, Drake ? »
Le Serpentard s'immobilisa. La Magie… elle lui avait manqué, tellement manqué, plus qu'il ne l'avait imaginé, maintenant qu'il était à nouveau confronté à elle. Cinq ans sans la pratiquer, ça avait été pénible. Mais elle lui avait fait tellement mal, l'avait trahi. Il ne savait pas si il pouvait lui faire confiance. Et il avait surtout peur de réaliser qu'il n'était plus le sorcier qu'il avait été.
« Je ne sais pas. Elle me manque. Mais je… j'ai un peu peur. »
Blaise n'insista pas et prit la main de Draco afin de transplaner sur le Chemin de Traverse. Le blond agrippa le bras de son meilleur ami afin de ne pas se perdre dans la foule. Il avait le souffle coupé. La Magie, il la sentait partout autour de lui, puissante et bienfaisante, véhiculée par l'effervescence liée à la période de Noël.
« C'est magnifique, » murmura-t-il ému. Blaise sourit et s'avança, veillant à ne pas perdre son ami.
« Blaise, je fais comment pour acheter sans argent ? »
Le Serpentard rit, l'air subitement très fier de lui.
« Il y a cinq ans, j'ai vidé ton compte à Gringotts pour tout mettre sur celui d'un certain Harry Ordered. »
« Comment…? »
« C'était la pagaille après la guerre, personne n'a fait attention à ce type… »
Draco serra le bras de Blaise, doucement.
« Tes génial. »
Le joueur de Quidditch mena son meilleur ami vers la banque des Sorciers. Draco s'inquiéta un peu d'être reconnu. Avait-il tant changé en cinq ans que Blaise le pensait méconnaissable aux yeux des autres sorciers ?
« Mr Ordered aimerait retirer de l'argent pour ses achats de Noël, » annonça Blaise d'un ton égal, tranquille, au Gobelin présent en face de lui.
« Bien sûr. Notez ce montant sur ce parchemin. »
Le jeune homme s'empara de la plume et écrivit sans demander son avis à son ami avant de poser la clé sur le comptoir.
« Merci. Patientez quelques instants. »
Blaise se pencha vers le blond qui avait froncé les sourcils, l'air surpris.
« Le système de retirement a changé. Tu donnes ta clé, le montant, et les Gobelins vont chercher ton argent. Ça évite aux clients de se rendre dans les souterrains et on est sûrs qu'il n'y a que des Gobelins en bas. »
« Judicieux, en effet. »
Ils n'eurent pas à attendre longtemps, le Gobelin les rappelèrent et Draco reçu son argent dans une bourse.
« Merci, bonne journée. »
« De même, messieurs. »
Ils sortirent de la banque et Draco soupira de soulagement.
« Par quoi veux-tu commencer ? »
« Je veux la liste complète des gens qui y seront. »
« T'es sérieux ? » s'exclama Blaise, les yeux écarquillés.
« Je suis un Malfoy, soit un invité parfait. Et un invité parfait n'oublie personne à Noël. »
Blaise sourit, son meilleur ami était enfin définitivement de retour.
« Je t'aime, vieux frère. Et y aura tous les Weasley, déjà. »
« Putain, j'en ai pour toute la journée. »
Le Serpentard rit et Draco le rejoint rapidement, étrangement euphorique.
OooOooOooO
Draco hésita un instant devant la porte de la boutique. Il finit par soupirer en entrer, l'air déterminé. Blaise était parti acheter quelque chose pour Ron Weasley, le laissant seul après lui avoir demandé si ça ne le gênait pas. Non, bien au contraire. Il avait espéré avoir un moment seul.
« Bonjour, monsieur. »
Draco sursauta. Il ne pouvait plus faire demi-tour et sentit ses joues s'empourprer. Il s'avança lentement, de manière mal assurée.
« Je peux vous aider ? »
« Euh… justement, je n'en sais rien, bafouilla-t-il, maudissant sa bêtise. Je ne sais pas vraiment ce que je cherche. »
Le propriétaire de la boutique, un petit homme replet aux joues marqués par des fossettes creusées à force de sourire aux cheveux poivrés et aux yeux bleus étincelants de malice, sourit de toutes ses dents blanches et alignées.
« C'est embêtant, rit-il en se rapprochant. A qui voulez-vous offrir cette chose dont vous n'êtes pas sûr ? »
« Euh c'est pour… enfin non, ce n'est pas vraiment un ami, ni même… à moins que… s'embrouilla-t-il, de plus en plus rouge. Bon, disons que je l'apprécie beaucoup. On se connaît depuis très longtemps… et… eh bien je suis sûr de ce que je ressens, mais j'ignore ce qu'il en est pour lui alors je ne voudrais pas… enfin me vendre, quoi. »
Voilà, maintenant, il avait vraiment l'air stupide. Le vendeur eut un sourire tendre. Il était habitué à ce genre de situation, vu ce qu'il vendait. Beaucoup de jeunes gens étaient venus le voir, gênés et rougissants, à la recherche du cadeau idéal qui ne les « vendrait pas ».
« Comment est-il ? »
Magnifique, aurait voulu répondre Draco, mais il se ressaisit.
« Têtu et courageux. Stupide, en fait. Non, Gryffondor, ça résume parfaitement son tempérament. »
Le vendeur rit légèrement.
« Êtes-vous aveugle de naissance ? »
« Pourquoi ? »
« Pour savoir si vous savez à quoi ressemble un lion, jeune homme. »
Draco acquiesça d'un signe de tête et entendit le vendeur bouger, ouvrir quelque chose et fouiller un peu puis revenir vers lui. Il prit sa main et déposa une bague dans sa paume. Le blond la fit tourner entre ses doigts. Elle était plutôt épaisse et devait faire un centimètre de largeur.
« Elle est en argent, un lion montrant les crocs et de profil y est gravé. Une de mes plus grandes réussites. La taille est ajustable, grâce à un sort et elle est ensorcelée. Grâce à elle, la personne qui l'offre sait ce que son porteur ressent. Ce n'est pas une totale empathie, vous saurez juste si son porteur est heureux ou malheureux. »
Draco caressa le métal froid de l'anneau, hésitant. Puis il eut une idée.
« Vous vous y connaissez en braille ? »
OooOooOooO
Draco sortit de la bijouterie, un mince sourire aux lèvres, la main dans la poche de sa veste refermée autour de la petite boîte contenant la bague qu'il venait d'acheter. Blaise l'attendait devant, le regardant d'un air entendu, mais il ne posa aucune question.
« Heureusement qu'on a fait envoyer nos achats, avec tout ce qu'on a trouvé. »
« Tu m'étonnes, je suis crevé, » dit Draco en soupirant. Néanmoins, il était content de lui.
« On devrait rentrer pour se préparer. Je te ramène chez toi. »
Blaise prit la main de Draco et ils transplanèrent. Aussitôt, des aboiements retentirent dans la maison, le faisant sourire. Ses deux chiens se jetèrent sur lui et sur Blaise.
« Merci de les avoir nourris. »
« J'allais pas laisser ces braves bêtes crever de faim. Harry a récupéré son chat ce matin, je crois qu'ils étaient tristes, d'ailleurs. Je viens te chercher à 19h30 ? »
« Ok à plus tard. »
Blaise disparut dans un « pop » caractéristique du transplanage et Draco s'étira longuement. Merlin, ça faisait du bien d'être chez soi. Il s'avança vers le salon et s'empara du téléphone afin d'écouter son répondeur.
« Harry, ça fait deux jours que tu n'as pas donné de nouvelles. T'abuses ! T'es parti te faire sauter aux Bahamas par ton infirmier sexy ou quoi ? Rappelle-moi, ou je t'étripe. »
Draco ne put s'empêcher de sourire. Marina était infernale. Que devait-il faire ? Il en avait marre de leur mentir. Mais que penseraient-ils de la vérité ? Ils le penseraient fou, ou lui en voudraient de leur avoir menti pendant toutes ces années. Il soupira et composa le numéro de son amie.
« Allo ? »
« Marina ? C'est Dra-Harry ! » se rattrapa-t-il de justesse.
« Bon sang ! S'écria Marina sans faire attention à la grave erreur que le sorcier avait failli commettre. Il était temps ! Ça va ? »
« Désolé, j'ai été occupé. Je vais bien, et toi ? »
« Je suis soulagée de voir que tu es toujours de ce monde, » répliqua-t-elle, cassante.
« Il faut que… bon, j'ai des choses très importantes à te dire. Et à Allen aussi. Je n'ai pas le temps ce soir, je dois me préparer pour Noël mais… »
« Noël chez ta famille Écossaise ? »
« Non. Ça fait partie des choses que je dois t'avouer. »
« Mmmh… fit-elle, sceptique. Tu auras le temps avant Nouvel An ?
« Demain ?'
« Demain. Joyeux Noël Harry, tu me manques. »
« Joyeux Noël. »
Il raccrocha, passant une main dans ses cheveux, puis attrapa la télécommande de la chaîne hifi, toujours à la même place et lança un morceau de Muse. Puis il monta à l'étage et se dirigea vers la salle de bain, retirant ses vêtements en même temps. Il les jeta en boule dans un coin et se glissa sous la douche. Il en ressortit quelques minutes après et se sécha vigoureusement le corps et les cheveux avant d'aller dans sa chambre. Le Serpentard ouvrit son armoire et commença à hésiter. Que mettre ? Il n'avait aucune tenue de sorcier, alors c'était mort. M'enfin cela ne l'empêcherait pas de porter la tenue adéquat et d'être très classe. Il enfila un boxer noir pour commencer et tira un jean noir qualifiable de « slim » par les adeptes de la mode. Ce jean mettait parfaitement en valeur ses cuisses galbées et ses fesses musclées et, il fallait le dire, particulièrement appétissantes. Puis il opta pour une chemise blanche assez vaporeuse qu'il laissa ouverte sur le haut, dévoilant son torse finement musclé à la peau pâle et brillante. Il fouilla ensuite dans une boîte magnifiquement ouvragée, de toute évidence un héritage, et en tira une chaîne en argent au bout de laquelle pendaient les initiales DLM, gardées par un serpent aux yeux d'émeraude. Il la ferma autour de son cou avant d'enfiler une paire de chaussettes et de prendre ses chaussures italiennes en cuir noir. Il acheva de se parer en enfilant un blouson en cuir noir, superbement coupé. Marina avait dit le trouver incroyablement sexy dans cette tenue, il espérait alors qu'elle avait bons goûts.
Le Serpentard sortit de sa chambre, descendit les marches et se rendit dans la cuisine. Il attrapa le paquet de cigarettes posé sur le comptoir du bar et en tira une afin de la glisser entre ses lèvres. Deux jours sans fumer, il avait accompli un exploit ! Il ferait mieux d'en profiter pour arrêter, mais il n'en avait vraiment pas envie, à vrai dire. Il ferma les yeux, une légère inquiétude s'emparant de lui. Passer Noël avec les Weasley et tous leurs amis Gryffondors… Il les appréciait, il devait le reconnaître, mais était-ce réciproque ? N'allait-il pas plomber l'ambiance ? Noël était une fête de famille, d'amis très proches, alors il avait peur de faire tâche. Crabbe se pressa contre sa jambe afin de le réconforter et de lui apporter un peu de courage. Décidément, ses chiens étaient géniaux.
« Merci, vieux. Je vous emmène ? »
Comme pour lui répondre, les deux chiens aboyèrent joyeusement.
« Ça fera de la compagnie à Black, » dit-il avec un sourire.
« Ne dis pas de mal de mon parrain, » fit la voix de Potter dans son dos. Il sursauta et se tourna vers lui, manquant de se brûler avec sa cigarette.
« Que…? »
« Blaise n'est pas prêt, Seamus le retient… dit le Survivant avec un sourire en coin. Il m'a envoyé te chercher. »
« Oh, je vois… merci. »
Draco se leva, tira une dernière fois sur sa cigarette et l'écrasa dans un cendrier. Harry lui, posa ses yeux sur lui et le détailla. Hum. Ses vêtements lui allaient plutôt bien - il était carrément sexy. Ses cheveux clairs brillaient autour de son visage, tels une auréole. Elle était loin la tignasse gominée ! Le Gryffondor l'avait toujours détestée. Là, il était fasciné par la silhouette et le visage assuré, masculin de Draco Malfoy.
« On y va ? » demanda le Serpentard.
« Euh, oui, oui. N'oublie pas tes chiens. »
Harry prit Crabbe par le coller et Draco fit de même avec Goyle, puis il s'approcha du Rouge et Or. Il sembla hésiter un instant et avança sa main vers celle d'Harry. L'Auror glissa ses doigts sur sa paume, le faisait frissonner, et transplana.
Ils lâchèrent les chiens qui allèrent courir dans le jardin puis s'avancèrent vers la vaste demeure des Weasley. Une chose était sûre, Ronald Weasley avait des revenus plutôt élevés vu la taille de sa maison. Elle semblait loin, la pauvreté des rouquins. Harry sonna et entra la seconde d'après, un large sourire aux lèvres.
« Harry ! S'exclama Molly Weasley avant de le serrer contre elle. Je suis si heureuse de te voir ! »
Elle le relâcha puis se tourna vers Draco avec un sourire bienveillant. Le jeune homme se raidit, hésitant sur l'attitude à adopter.
« Draco, je suis désolée d'avoir douté de toi. »
Elle le prit dans ses bras comme elle venait de le faire pour Harry, le serrant tendrement contre elle. Draco ne répondit rien, trop surpris. Il avait les yeux écarquillés et retenait sa respiration. Cette femme qu'il avait insultée, regardée comme la dernière des incapables, le serrait dans ses bras, comme elle l'aurait fait pour un de ses fils. Pourquoi ? La gorge nouée, il se laissa faire, fermant doucement les yeux. C'était bon, chaleureux et réconfortant. Avait-il pourtant le droit d'en profiter ? Elle finit par se reculer et mena les deux jeunes hommes dans le salon où tout le monde se trouvait déjà. Des acclamations les accueillirent et Draco se sentit rougir. Il y avait un monde fou ici. Les gens s'approchèrent d'eux afin de les saluer et tout un tas de personnes lui serrèrent la main. Les femmes l'enlacèrent, brièvement ou avec une réelle tendresse qui le surprit. Alors c'était ça, le monde des Gryffondors ? La formalité des Serpentards lui paru soudainement triste et ridicule.
Suite à toutes ses salutations, Hermione en hôte parfaite, se racla la gorge et annonça qu'il était temps de commencer les festivités, puisque Blaise et Seamus venaient enfin d'arriver. Elle fit apparaître une flûte de champagne en face de chaque invité et Molly Weasley aida Draco à prendre la sienne, un doux sourire aux lèvres.
« J'aimerais porter un toast, fit la voix d'Harry, faisant taire les autres convives. Il se tourna vers le blond, A Draco Malfoy, cet homme dont j'ai trop longtemps douté alors qu'il oeuvrait pour le bien de tous. Merci, Draco. »
Le Serpentard sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine en entendant les mots du Gryffondor. Était-il capable d'imaginer à quel point ce qu'il disait lui faisait du bien ? Il avait enfin l'impression d'être devenu quelqu'un de bien, d'être celui qu'il avait toujours voulu être.
« A Draco ! » s'exclamèrent les autres invités d'une même voix.
Draco se noya dans sa flûte de Champagne, les joues brûlantes et la gorge nouée par l'émotion. Heureusement les gens autour de lui n'y prêtèrent pas attention et pour éviter de le gêner encore plus qu'il ne l'était, commencèrent à bavarder gaiement entre eux. Le blond se tourna vers Blaise.
« Je sens que j'ai beaucoup de choses à rattraper, murmura-t-il, j'ignore ce que sont devenus ces gens qui m'accueillent comme Merlin en personne, je… »
« Ne te tracasse pas, vieux. Profite de ton Noël en tant qu'homme libre et enfin apprécié à sa juste valeur. Sois le Draco que je connais, celui qu'ils veulent apprendre à connaître. »
Draco préféra se taire, il se savait désormais incapable de maîtriser les tremblements de sa voix. Blaise lui ébouriffa tendrement les cheveux et s'éloigna avec Seamus tandis que Molly Weasley se rapprochait de lui. Elle posa doucement sa main sur son bras.
« C'est Molly, dit-elle chaleureusement. Je sais que Weasley et Malfoy n'ont jamais été amis, mais après tout une nouvelle génération est en train d'apparaître, il serait peut-être temps d'enterrer la hache de guerre. Je suis heureuse de te voir ici. J'ai toujours su que tu ne marcherais pas sur les traces de tes parents. »
« Comment…? »
« Je t'ai observé plus d'une fois. Tu n'as jamais eu l'étoffe d'un larbin. »
En disant cela, Molly Weasley insultait ses parents, mais le Serpentard s'en fichait éperdument. Malgré le pseudo amour que ses parents lui avaient porté, ils ne l'avaient jamais protégé de Voldemort, ne s'étaient jamais dressés entre ce monstre et lui, contrairement aux parents de Potter et des Weasley. Il n'avait jamais été protégé de cet être infâme, ses parents n'avaient été que de vulgaires larbins, comme Molly l'avait si bien dit. Il ne pouvait pas haïr ses parents, surtout pas sa mère qui, il le savait, avait toujours été la plus forte entre Lucius et elle, mais il leur en voulait affreusement.
« Merci, murmura-t-il d'une voix rauque. Et je… »
« Pas la peine de t'excuser. Tu étais jeune et influencé par Lucius. Personne ne peut t'en vouloir. »
Draco passa beaucoup de temps à discuter avec Mme Weasley. C'était une femme intelligente et le Serpentard l'apprécia beaucoup. Lorsqu'elle le laissa pour aller parler enfants avec Fleur, elle fut vite remplacée par d'autres Weasley. Draco se dit qu'il avait été ridicule de se forcer à les détester. Il aimait ces personnes. Pareils à Allen et Marina, ils parlaient franchement, sans se cacher derrière le moindre masque made in Sang-Pur Serpentard. Draco s'amusait vraiment, c'était tellement différent des Noël auxquels il avait été habitué ! Puis Hermione annonça qu'il était temps de se mettre à table.
OooOooOooO
Tout le long du repas, Draco le passa assis entre Blaise et Ginny Weasley - future Nott, d'après ce qu'il avait compris. Théodore avait d'ailleurs passé de longues minutes à parler avec le Serpentard, afin de le remercier pour ce qu'il avait fait. Il ne se souvenait de rien, mais Black lui avait apparemment expliqué que Draco l'avait couvert. En entendant le rire de Ginny Weasley et constatant qu'elle avait beaucoup d'esprit, il s'était dit qu'il avait bien fait de ne rien dire à Voldemort.
Il était désormais assis sur un vaste fauteuil du salon, complètement repu. Le fils d'Hermione et Ronald était sur ses genoux. L'enfant semblait fasciné par le Serpentard et avait refusé de suivre sa mère à l'étage, pour qu'elle le couche. Draco lui avait assuré avec un sourire que ce n'était rien, qu'il allait s'occuper de lui. Il avait fini par s'assoupir, contre son torse, un petit sourire aux lèvres, ses doigts crispés autour d'une mèche de cheveux blonds et doux du jeune homme. Draco n'était pas habitué à cela mais sentir cet enfant contre lui avait quelque chose de reposant, d'apaisant.
« Tu veux que j'aille le coucher ? » demanda doucement Harry en s'approchant.
« Il ne me dérange pas. Et puis il est bientôt minuit, il voudra ouvrir ses cadeaux, » murmura le blond afin de ne pas réveiller l'enfant endormi.
« Tu as raison. »
« Ta blessure ne te fait plus mal ? » s'enquit-il, toujours inquiet à ce sujet.
« Non. C'est entièrement guérit, grâce à la magie. Mais surtout grâce à l'antidote. Merci, Draco, sans toi je n'aurais pas pu être ici aujourd'hui. »
« Continue, » murmura le Serpentard d'une voix rauque.
« Quoi ? »
« De m'appeler Draco. J'aime. »
« Je… »
« C'est l'heure, tout le monde ! » retentit la voix de Sirius, empêchant Harry de finir sa phrase. Cela arrangea Draco qui réveilla doucement Daniel. Le garçon ronchonna, mal réveillé.
« Il est minuit. »
« SUPER ! » s'écria l'enfant qui avait subitement retrouvé toute son énergie avant de se précipiter vers la grande salle à manger. Tout le monde était regroupé de l'immense sapin et du monticule de cadeaux, assis en demi-cercle à même le sol, sauf Fleur qui avait eu droit à une chaise.
« Sirius, Remus, c'est à votre tour cette année. »
Le couple s'avança, un immense sourire aux lèvres et commença à distribuer les cadeaux, formant des petits tas devant chaque convive. Draco réalisa avec surprise que son nom était cité de nombreuses fois. Discrètement, il tira une petite boîte de sa poche et la glissa dans le tas de Potter qui se trouvait juste à côté de lui. Une fois la distribution achevée, Sirius distribua une petite carte à chaque convive.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il à Harry.
« Un ordre de déballage. Celui qui a le numéro un déballe ses cadeaux en premier, et ainsi de suite. Ainsi chacun voit qui a reçu quoi, c'est plus convivial. »
« Oh, en effet. »
« Qui a le numéro un ? » demanda Remus avec un sourire dans la voix.
« Hum, c'est moi, » fit la voix de Blaise.
Draco l'entendit déballer ses premiers paquets et énoncer de quoi il s'agissait à chaque fois. Il lui en fut reconnaissant. Apparemment Blaise avait reçu pas mal de matériel de Quidditch dernier cri - normal pour un joueur professionnel - ainsi que d'autres babioles un peu moins utiles.
« Putain, Draco, t'abuses ! »
Le blond ne put s'empêcher d'éclater de rire tandis qu'il imaginait la tête de Finnigan. Oh ce devait être à mourir de rire.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Harry, faisant rire Draco de plus belle.
« Kama-Sutra pour Sorcier Gay… » lu Blaise en se retenant de rire lui aussi.
La plupart des convives explosèrent de rire en voyant les joues cramoisies de Seamus.
« Tu comptes l'utiliser, Blaise ? » demanda Draco.
« Evidemment. »
Seamus essaya de se cacher derrière ses cadeaux, mort de honte. Blaise, un immense sourire aux lèvres, posa le livre en face de lui et glissa une main derrière la nuque de son amant afin de l'embrasser tendrement, faisant pousser des cris d'horreur au jeune Artemis.
Chaque invité déballa ses cadeaux, annonçant ce qu'il avait reçu. Cela permettait au blond de ne pas être laissé de côté, puisqu'il ne pouvait rien voir. Chacun fut surpris de constater que l'ancien espion leur avait tous offert quelque chose - de très bon goût, qui plus est. Lupin se leva pour le serrer dans ses bras lorsqu'il vit ce qu'il lui avait offert : les recherches de Severus sur une potion qui diminuerait considérablement les effets de la Lycanthropie. Rogue lui avait confié ces recherches avant son exécution, persuadé que Draco saurait quoi en faire.
Puis vint le tour d'Harry. Le Gryffondor avait reçu du matériel de Quidditch, une cape protégée par des sorts puissants, une ceinture où l'on pouvait attacher sa baguette, un livre de la part d'Hermione, des sucreries, une écharpe émeraude de la part de Mrs Weasley et d'autres babioles magiques. Harry s'empara enfin du dernier cadeau, le plus petit paquet, et le déballa soigneusement. Une petite carte était glissée entre le papier et la boîte, il lu le mot à voix basse, pour lui-même.
« Pour un Lion,
Draco Malfoy. »
Son cœur manqua un battement. Il ouvrit la boîte, les doigts un peu tremblant et y trouva un magnifique anneau d'argent où un lion rugissant était gravé. Il sortit la bague de son écrin et la fit tourner entre ses doigts. Il remarqua alors une suite de petits points gravés de l'autre côté de l'anneau. Du Braille.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? » murmura-t-il à Draco.
Le Serpentard eut un sourire énigmatique.
« Tu le sauras bien assez tôt. »
Harry fronça les sourcils mais ne posa pas plus de question, il savait que l'ancien espion n'y répondrait pas. Il glissa la bague à son majeur droit. Draco sentit alors une bouffée de joie l'envahir, ainsi qu'une légère surprise et une incompréhension. Il se rappela des mots du vendeur. Que la joie ou le malheur, hein ? Il ressentait bien plus que cela ! Mais à vrai dire, ce n'était pas désagréable, il était parfaitement capable d'ignorer ces sentiments. Il rougit légèrement, pensant que c'était pénétrer dans l'intimité du Gryffondor que de faire cela. Mais bon… Potter était heureux, le reste importait peu.
« Numéro quatorze ? »
« C'est toi, Draco. »
« Oh. »
Il prit le premier paquet et le déballa. Il s'agissait d'un livre sur les potions écrit en braille, de la part d'Hermione. Il sourit et la remercia avant de passer au second. Une cape de Sorcier - bleue d'après Potter - faite dans une matière incroyablement fluide, de la part de Remus. Il continua à ouvrir ses paquets, flatté, ému et amusé par ce qu'on lui avait offert. Puis vint le dernier paquet. Il était long mais peu épais, Drake retira le papier et ouvrit la boîte. Ses doigts se posèrent sur du bois froid et son cœur manqua un battement avant de se mettre à cogner à toute vitesse. Une douce chaleur remonta le long de son bras, le faisant frissonner.
« C'est… »
« … ta baguette, acheva Harry. Je l'avais retrouvé au Manoir Malfoy quand on a attaqué. C'est d'ailleurs cette baguette qui a donné la mort à Voldemort. »
« Q-quoi ? »
« Il a détruit ma baguette, celle-ci se trouvait dans le tiroir du bureau de ton père, qu'il occupait. Je m'en suis emparée pour le tuer et même si j'ai appris qu'elle t'appartenait, je l'ai gardée, car elle a détruit Voldemort. Je pense qu'il est temps de te la rendre. »
Draco du faire un effort considérable pour ne pas se jeter au cou du Gryffondor afin de l'embrasser. Sa baguette… Il la pensait détruite, réduite en petits copeaux de bois dispersés par le vent. Mais non. Non seulement Potter s'en était servit pour détruire le fou qui avait pourri sa vie, mais en plus il l'avait gardée. Il prit la baguette entre ses doigts. Merlin, il réalisait seulement à quel point cela lui avait manqué. Il passa le reste du « déballage » à caresser le bois de sa précieuse baguette. Une douce chaleur s'en dégageait, faisant battre son cœur rapidement. Il ne redressa la tête que lorsque les gens autour de lui commencèrent à se lever. Il se mit debout lui aussi, un doux sourire aux lèvres. Il tira son paquet de cigarettes hors de sa poche et sortit de la maison afin d'aller fumer une cigarette, dehors.
Harry le suivit du regard un moment, puis le rejoint dehors, presque malgré lui. Une fois dehors, il s'arrêta, le souffle coupé en voyant l'ancien espion. Il avait remis sa veste en cuir noir pour sortir et une écharpe bleue tricotée par Mrs Weasley était nouée autour de son cou. Il s'était adossé contre le mur de la maison, ses jambes croisées au niveau des chevilles, et fumait une cigarette, sa tête tournée vers le ciel. Des flocons de neige se posaient sur lui et la demi lune l'illuminait, donnait l'impression que ses cheveux blonds irradiaient. En vérité, Draco Malfoy rayonnait. Le Gryffondor déglutit avec difficultés, comme hypnotisé par le Serpentard. C'était comme si, désormais lavé de tous ses pêchés aux yeux d'Harry, l'ancien espion se dévoilait réellement, exposait sa douceur et sa beauté, éblouissant l'Auror qui peinait à croire qu'il avait pu passer à côté de cela. Une douce assurance émanait du blond qui souriait paisiblement. Il semblait heureux, et cela gonfla le cœur du brun.
« Tu me le diras, un jour ? » demanda le Gryffondor.
« Pardon ? »
« Ce que signifie l'inscription sur cette bague. »
Draco se redressa, jetant son mégot sur le sol et s'approcha d'Harry. Il s'empara de sa main droite et toucha la bague du bout de ses doigts. Un frisson les parcouru tous les deux. Le cœur du Serpentard battait la chamade. Il sentait l'émerveillement de son vis-à-vis, et cela manqua de le faire rougir.
« A toi de le découvrir, Harry. »
Une de ses mains se glissa dans la nuque du Survivant, ses doigts se perdant dans ses cheveux en bataille. Il se dressa sur ses pieds et approcha son visage de celui du Rouge et Or. Désir. Ce dernier écarquilla les yeux, son cœur cognant durement contre sa poitrine. Envie. Le blond sourit doucement et pressa tendrement sa bouche à la commissure des lèvres d'Harry. Puis il se recula et retourna à l'intérieur, les joues brûlantes. Le Rouge ne le vit pas, trop occupé à essayer de calmer les battements de son cœur devenu fou. Une personne se glissa derrière lui, doucement. Il se retourna et vit qu'il s'agissait de Blaise qui le regardait durement.
« T'as compris, non ? » demanda-t-il, parfaitement sérieux.
Il le regarda, surpris.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Draco. Joue pas au con, Potter. Je t'aime bien, mais si tu fais le con, je te tue. »
Blaise esquissa un léger sourire et s'éclipsa à son tour, laissant Harry Potter seul, désemparé. Il sentait encore la douceur des lèvres de Draco si proche des siennes, l'odeur épicée du tabac qu'il fumait, ses cheveux blonds qui chatouillaient sa joue… Merlin, il en aurait voulu tellement plus…
OooOooOooO
Rendez-vous au chapitre 12, en espérant que ce chapitre vous a plu !!!
J'aime toujours autant les reviews !!! :P
