Auteur : Shiakän

Disclaimer : Hélas, tout ce petit monde ne m'appartient pas ! A part Marina, Allen, et quelques autres qui feront leur apparition au fur et à mesure de l'histoire ! Tout le reste est à J.K. Rowling.

Genre : Alors… il y aura de la romance, de l'humour, mais aussi des passages tristes, voir violents pour certains.

Rating : M ! Donc prudes et homophobes : dehors.

Couples : Oulah ! Une sacrée tripotée ! Bon, alors, commençons par les principaux : HPDM, SBRL, HGRW… Les autres, vous verrez bien au fur et à mesure :P

Spoilers : Tous les tomes, même si je ne prends pas en compte quelques morts dans le tome 7 et que j'en modifie une d'une tome 5, et ce pour des raisons évidentes, lol.

Petite remarque : Bon j'vous ai fait attendre pour ce chapitre, mais j'ai longuement hésité sur les éléments que je devais y écrire… j'ai l'impression d'aller trop vite, dites-moi ce que vous en pensez.

Chapitre XII : Aveux & Retrouvailles.

Harry caressa tendrement les cheveux de Daniel et sortit discrètement de la chambre afin de le laisser dormir. Il regarda sa montre qui affichait trois heures trente du matin. Il passa une main dans ses cheveux en bâillant et descendit au salon. Il était fatigué, mais il ne parvenait pas à dormir, trop de pensées se bousculaient dans sa tête. Draco était parti se coucher, le laissant seul avec ses questions. Il entra dans la vaste pièce et y trouva Seamus, assis dans un fauteuil, un verre de vin rouge à la main.

« Tu ne dors pas ? »

« On avait l'habitude de boire un verre de rouge en cachette avec Dean chaque Noël, quand nos parents étaient au lit. C'est plus fort que moi, même s'il n'est plus là. »

Harry alla s'asseoir à côté de lui.

« Je peux me joindre à toi ? »

« Bien sûr. »

Il lui servit un verre et l'Auror but une gorgée de vin. Il resta silencieux un long moment, semblant hésiter, puis il posa ses yeux émeraude sur son ami.

« Dis, Seamus… »

« Mmh ? »

« Blaise et toi, avant… enfin, à Poudlard. Vous étiez loin d'être proches et je… ben, comment ça s'est fait, quoi ? »

Seamus le regarda à son tour, surpris qu'il lui demande cela. Le Gryffondor semblait très gêné de poser une telle question. Le Médicomage esquissa un léger sourire.

« Pourquoi me demandes-tu cela ? »

« Simple curiosité. »

Seamus ne le crut pas une seconde, mais il n'insista pas. Il se cala dans son fauteuil, son sourire se faisant plus tendre.

« Je ne l'aimais pas. C'était un Serpentard, le meilleur ami de Malfoy qui plus est. Mais plus que tout, je le trouvais affreusement prétentieux, trop sûr de lui et arrogant. Et puis il y a eu la guerre et il a rejoint l'Ordre. Je ne lui faisais pas confiance, tu sais ce que c'est. Je suis devenu un peu paranoïaque, je l'avoue. Le pire de tout ça, c'était qu'on me le collait à chaque fois comme partenaire pour nos missions ! J'avais l'impression que le canon d'un revolver était plaqué contre ma tempe à chaque instant. J'aurais voulu l'égorger, Merlin, ce qu'il m'insupportait ! Mais un jour, il m'a sauvé la vie en s'interposant entre un Sectumsempra et moi. Il se l'est pris de plein fouet et pendant qu'il agonisait, il m'a avoué que c'était lui qui demandait à chaque fois pour être mon partenaire de missions… »

Seamus marqua une pause et Harry nota qu'il secouait doucement la tête, les yeux clos. Il semblait se remémorer chaque instant et l'Auror sentit comme une pointe de jalousie pour le couple que Seamus et Blaise formaient.

« J'ai fini par réaliser que je ne le détestais pas. Et c'est aussi grâce à lui que j'ai découvert ma voie, la médecine magique. Ça n'a pas été facile, on a failli s'entretuer plus d'une fois, dit-il en rigolant. Mais je l'aime, et je sais qu'on reviendra toujours l'un vers l'autre. »

Harry se mordit la lèvre inférieure. Oui, il enviait Seamus. Il faisait le tour de ses anciennes relations et il réalisait avec un pincement au cœur que jamais il n'aurait pu parler de l'une d'elles en ces termes. De qui aurait-il bien pu parler en disant « je l'aime », aussi facilement que le Médicomage ? Cho Chang n'avait été qu'une amourette de jeunesse, il avait brièvement été attiré par Ginny avant de réalisé qu'il préférait la considérer comme une petite sœur, puis il avait découvert son penchant pour les autres garçons et l'avait d'abord très mal vécu. Puis il avait essayé quelques relations par-ci par-là, coups d'un soir, sortir avec un mec quelques mois… mais jamais il n'avait été capable de dire ces trois petits mots. Était-ce parce que son cœur avait toujours été occupé par une personne qu'il ne soupçonnait pas jusqu'à maintenant ?

« Tu me demandes ça à cause de Malfoy, n'est-ce pas ? »

Il sursauta et rougit brusquement, confirmant les dire de son ami qui le regarda de la même manière que Blaise, quelques heures auparavant. Cela l'embarrassa affreusement.

« Malfoy a besoin de toi, Harry, ça crève les yeux maintenant que je l'ai vu à tes côtés. Lorsque tu es avec lui et que tu n'agis pas comme un connard et que lui-même agit comme l'être qu'il est vraiment, il rayonne. Tu n'as pas pu ne pas le remarquer. Ses yeux ne reflètent plus rien, mais son sourire veut tout dire. »

Harry regarda ailleurs, gêné.

« Je… je ne comprends pas. Je veux dire… pourquoi moi ? Il n'est pas sensé ressentir ce genre de choses pour moi, tu vois ? »

« Parce que tu penses pouvoir comprendre un truc aussi compliqué que l'amour ? Ne sois pas stupide, Harry. Arrête de te poser ce genre de questions. C'est plus sensé de le haïr, selon toi ? Tu l'apprécies bien plus que ce que tu veux admettre. Remets-toi en question, mon vieux. »

Seamus finit son verre et se releva. Il posa une main sur l'épaule d'Harry et la pressa doucement.

« Bonne nuit. »

OooOooO

La lumière du soleil traversa les rideaux blancs mal refermés. Draco sentit la peau de son visage chauffer et soupira d'aise. Il repoussa les draps et s'étira comme un chat en bâillant bruyamment. Il était étrange qu'il fasse aussi bon en plein hiver, mais le vert et argent n'allait pas s'en plaindre. Il se leva et posa ses doigts sur la table de chevet qui se trouvait à côté du lit, hésitant. Il attrapa sa baguette et la caressa doucement, avant de prendre une grande inspiration et de la pointer sur le tas formé par ses vêtements au bout du lit. Sa main tremblait un peu et, du bout des lèvres, il murmura un sort afin de nettoyer ses habits. Une odeur fraîche s'éleva alors dans l'air et le blond poussa une exclamation de joie. Il avait réussi ! C'était un petit sort de rien du tout, mais il se sentait plus puissant que jamais. Il voulait réutiliser la magie. Lentement, afin de se réhabituer lentement, il ne comptait pas en refaire un élément majeur de son quotidien pour l'instant, mais il voulait la réutiliser.

D'excellente humeur, il entreprit de s'habiller et sortit de la chambre qu'Hermione Weasley lui avait prêtée pour la nuit. Une fois dans le salon, il s'immobilisa, mal à l'aise. Cette manière de respirer durant son sommeil, il la connaissant par cœur désormais. Pourquoi Potter avait-il dormis ici ? Était-ce de sa faute ? Il se rapprocha doucement et avança presque timidement sa main vers l'épaule du Gryffondor, pour le réveiller. Ce dernier ouvrit brusquement les yeux et l'agrippa par le bras afin de le tirer vers lui. Draco poussa un léger cri de surprise et trébucha, mais Harry le réceptionna sur ses genoux habilement.

« Q-que…? » balbutia-t-il en rougissant légèrement.

« Chut, » murmura le Gryffondor.

Draco entrouvrit les lèvres pour répliquer quelque chose, mais la main de l'Auror se glissa dans ses cheveux, le faisant frissonner. Son rythme cardiaque s'accéléra tandis qu'il sentait le souffle parfumé au vin rouge d'Harry balayer son visage, sa joue droite. Fébrile, tremblant, le blond ferma les yeux, et sa Némésis dévia subitement et ses lèvres se posèrent tendrement sur les siennes.

Draco étouffa un léger gémissement, stupéfait. Contre lui, Harry frémit mais sa langue, doucement, vint caresser les lèvres closes du Serpentard qui frissonna longuement, électrisé, avant de les entrouvrir. Les doigts du brun caressaient sa nuque et ses cheveux ; le jeune homme noua ses bras autour de son cou. Timides, leur langue se frôlèrent et Draco crut mourir. Un ballet sensuel et langoureux débuta alors, les plongeant tous deux dans un état second, faisant battre leur cœur à l'unisson. C'était divin. Harry n'aurait jamais pensé pouvoir avoir aussi chaud avec un baiser. Leur langue se caressaient, jouaient, se repoussaient avec une tendresse folle. Hélas, ils durent se séparer afin de reprendre leur souffle.

Les joues et les lèvres rougies, la respiration haletante, Draco se recula un peu. C'était la pagaille dans sa tête et dans son cœur. Ses doigts caressèrent la joue du Gryffondor.

« Ne me donne pas de faux espoir, Potter, » murmura-t-il d'une voix faible et rauque.

« Je te le promets, » souffla Harry avec douceur.

Draco se releva péniblement, ses jambes tremblaient affreusement. Il essaya de le cacher et se recomposa un air assuré et intouchable, étonnant presque le Survivant.

« Accompagne-moi chez moi, après le déjeuner. J'ai quelque chose d'important à faire et je risque d'avoir besoin de toi. »

« Euh, je… d'accord, » répondit-il un peu déstabilisé par ce changement de comportement et de ton.

« Merci, » murmura Draco avec un sourire qui l'éblouit.

OooOooO

« Ton chien m'a encore bavé sur la main, » grogna Harry en s'essuyant sur son jean avec une grimace.

« C'est une preuve d'amour, le taquina Draco avec un sourire amusé. Bon, ils ne devraient pas trop tarder. »

« Qui ? »

« Allen et Marina. C'est pour ça que j'ai besoin de toi, je veux leur raconter la vérité. J'en ai marre de leur mentir, et je leur fais confiance, ils n'iront pas dire à tout le monde que les Sorciers existent. »

Harry voulut dire quelque chose, mais la sonnette de la porte d'entrée retentit. Draco esquissa un sourire et alla ouvrir la porte. Marina s'avança, un large sourire aux lèvres et prit le blond dans ses bras.

« Salut, Harry ! S'exclama-t-elle. Comment vas-tu ? »

« Ça va, ça va, répondit le jeune homme en se reculant afin de laisser entrer Allen et Marina. Vous avez passé un bon Noël ? »

« Oui, et toi ? »

« Oui, vraiment. »

Draco mena ses amis au salon, et ils semblèrent surpris de voir qu'Harry était là, mais ils ne firent aucun commentaire. Ils le saluèrent et allèrent s'asseoir, braquant leur regard sur le blond, qui alla s'installer aux côtés de l'Auror.

« Alors, de quoi voulais-tu nous parler ? » demanda Allen.

« Vous devez me jurer de garder tout cela pour vous et de me croire, même si ce que je vous dit semble totalement invraisemblable. D'accord ? »

Les deux moldus se regardèrent et semblèrent hésiter un instant, mais ils finirent par acquiescer

« Bien… Bon, pour commencer, Harry Ordered n'a jamais existé. C'est un nom que j'ai inventé il y a cinq ans. Mon véritable nom est Draco Malfoy. Et mon pseudo infirmier s'appelle Harry Potter. »

Marina fronça les sourcils.

« Je peux savoir pourquoi vous avez échangé vos prénoms ? »

« Euh… ça, c'est un hasard, à vrai dire. J'avais besoin d'un prénom moldu très simple, banal, et j'ai choisis Harry. Et quand il est venu… il a cru que je me moquais de lui, alors il a choisit de m'emprunter mon prénom. »

« Vous êtes tordus… Draco, hein ? Je comprends mieux pourquoi tu ne réagissais pas toujours lorsque je t'appelais Harry. Et c'est tout ou tu vas nous annoncer que vous êtes les Men In Black ? »

Harry rit, mais Draco fronça les sourcils, l'air de ne pas comprendre. C'était qui, ces hommes en noir. Il haussa les épaules.

« Euh, non. Mais je… Bon, Potter et moi sommes des Sorciers. »

Un long silence accueillit ses paroles. Il déglutit difficilement.

« Je ris ou je te frappe, Ha-Draco ? » fit Marina.

« Ni l'un ni l'autre. C'est la vérité. Il existe deux mondes, celui des moldus - les fens qui n'ont pas de pouvoirs magiques - et celui des sorciers. Nous cohabitons depuis des siècles et très peu de moldus connaissent notre existence, dit-il avec l'air pédagogue d'un professeur qui s'adresse à ses élèves. Harry, je leur dis tout ? »

« Puisque tu es lancé. Je t'aiderai. »

Draco inspira longuement.

« Bien, c'est parti. Quand nos parents avaient 25 ans, un puissant Sorcier a pété les plombs. Il s'appelait Tom Jedusor, et il a vraiment mal tourné. Il est tombé dans le côté obscur de la Force, si tu veux, Allen, dit-il en citant le film préféré de son ami. Il a commencé à réunir un groupe de sbires appelés Mangemorts et s'est fait connaître sous le nom de Voldemort. Il a multiplié les meurtres, les enlèvements et les attentats, jusqu'au jour où une Prophétie lui a annoncé qu'un enfant mettrait fin à ses jours. Après de nombreuses recherches, il a découvert que cet enfant était Potter… »

« … il a tué mes parents et m'a jeté un sort mortel, poursuivit Harry. Hélas, ce sort n'a pas fonctionné, car ma mère avait placé un puissant sortilège sur moi, afin de me protéger. Je suis le seul à avoir survécu à ce sort, mais il m'a laissé une cicatrice. »

Il se tut et dégagea son front afin de montrer sa cicatrice en forme d'éclair. Allen et Marina écarquillèrent les yeux en s'avançant sur le canapé, afin de mieux voir.

« Le sort jeté par Lily Potter a détruit le corps de Voldemort et Harry est devenu le bambin le plus connu du Monde Sorcier. Une grande chasse aux Mangemorts a alors été lancée, on a arrêté et emprisonné ces criminels. Mes parents étaient des Mangemorts, mais comme les Malfoy sont une famille très connue et respectée, on a préféré croire qu'ils avaient été manipulés par le Lord Noir. »

Les deux Sorciers marquèrent une pause tandis qu'Harry allait remplir quatre verres afin que chacun puisse se désaltérer.

« J'ai été élevé loin du monde magique par mon oncle et ma tante moldus. A l'âge de onze ans, j'ai reçu une lettre de Poudlard, la plus grande école de sorcellerie, qui m'annonçait que j'étais accepté, et que je devais me présenter à la rentrée des classes, en septembre. »

« Poudlard est le lieu le plus sûr de toute la Grande Bretagne. Les élèves y sont séparés dans quatre Maisons : Gryffondor, pour les plus courageux, Poufsouffle pour les gentils travailleurs, Serdaigle pour les intellectuels et Serpentard pour les plus malins. A savoir que la plupart des Mangemorts et des puissants mages noirs étaient à Serpentard. »

« Gryffondors et Serpentards se sont toujours détestés. J'étais à Gryffondor, et Draco à Serpentard. »

« Les élèves de Poudlard passent sept ans à étudier la Magie. Harry et moi avons passé notre temps à nous détester, à trouver le meilleur moyen de faire péter un plomb à l'autre, dit Draco avec un petit sourire. J'étais un infâme connard, à l'époque, je ne vous le cache pas. Puis, Voldemort que l'on croyait mort, est revenu, et la guerre a commencé. Vous vous souvenez de ces vagues de terrorisme et d'enlèvements il y a cinq ans ? »

« Oui, dit Allen. J'ai perdu un ami dans une explosion à cette époque. »

Draco grimaça.

« Je suis désolé. Ces attaques étaient le fruit des Mangemorts. A cette époque, mes parents sont redevenus des partisans du Lord Noir. Et je n'ai pas eu le choix. »

Il retroussa sa manche gauche et montra la Marque des Ténèbres. Allen écarquilla les yeux.

« C'est ça, ton erreur de jeunesse ? »

« Oui. Mais ça ne me plaisait pas. J'ai du tuer et torturer des innocents. Cela me répugnait. Alors j'ai rejoint l'Ordre du Phénix. Une sorte d'Alliance Rebelle, Allen. Et je suis devenu un espion. Mais une seule personne était au courant, et lorsque cette personne est décédée, je me suis retrouvé tout seul. Voldemort a tout découvert. »

Draco trembla légèrement et Harry se rapprocha immédiatement de lui, pour passer un bras autour de ses épaules. Le Serpentard se serra contre lui, surprenant Allen et Marina.

« Voldemort était une pourriture, de la pire espèce. Il a fait subir des choses affreuses à Draco, se servant de lui comme cobaye pendant cinq mois. Il souhaitait créer de nouveaux sorts et de nouvelles potions, et c'est Draco qui les a testées. Il a fini par le rendre aveugle, un peu avant qu'on n'attaque. J'ai tué Voldemort, et la paix est revenue. »

Draco sembla se calmer et se redressa. Harry ne retira pas son bras.

« Pour les autres, j'étais un assassin. J'ai dû quitter le monde magique et devenir quelqu'un d'autre. Mais il y a quelques semaines, un ancien Mangemort, mon tortionnaire, a décidé de me tuer afin de se venger. J'ai dû reprendre contact avec le monde magique. »

« Alors, Blaise… » commença Marina.

« … est un Sorcier, oui. Le seul qui m'aie toujours cru. »

« Je dois être dingue. Mais je te crois. Tout ça est bien trop précis, bien trop fou, pour être faux, » murmura Allen, et Marina acquiesça.

« Merci. »

« Je comprends mieux, murmura le jeune fille d'une voix douce. Merci de nous faire confiance. »

« Sans vous, je serais devenu fou. »

Allen fronça brusquement les sourcils.

« Mais… et vous, vous n'étiez pas sensés vous détester ? »

Draco rougit brusquement.

« C'est compliqué. »

« Il va nous falloir un peu de temps pour assimiler tout ça. Mais je pense qu'on peut s'y faire… »

Draco leur sourit, le cœur gonflé de joie. Il se sentait beaucoup mieux, c'était comme si un poids avait été retiré de ses épaules. Il n'avait plus à mentir à ses deux amis, et c'était une chose qu'il avait toujours détestée. Devoir leur mentir. Les deux jeunes gens passèrent le reste de l'après-midi à raconter des anecdotes de Poudlard, leur expliquer comment la Magie fonctionnait, émerveillant les deux moldus. Vers huit heures, ils se décidèrent à partir.

« Potter, qu'est-ce que tu fais à Nouvel An ? » demanda alors Allen.

« Euh, rien, pourquoi ? »

« Maintenant si. Tu n'auras qu'à suivre Draco. »

« Mais je… »

« C'est un ordre ! »

Ils se serrèrent vigoureusement la main, et Harry eut l'impression que les deux moldus l'appréciaient vraiment. Cela lui fit plaisir, car étrangement, il se sentait bien auprès de ces personnes qui avaient partagé leur quotidien avec Draco pendant cinq ans. Allen et Marina leur dirent au revoir, puis repartirent chez eux. Le blond soupira longuement et referma la porte d'entrée, tandis qu'Harry se glissait derrière lui.

« Ça va ? »

« Oui. Oui, c'est parfait. »

Il se retourna afin de lui faire face.

« Dis-moi, Draco… »

« Mmmh ? »

« Quand tes sentiments à mon égard ont-ils changé ? »

Draco sembla surpris qu'Harry lui pose une telle question, puis gêné. Ses joues s'empourprèrent légèrement. Il resta silencieux quelques secondes, puis prit enfin la parole.

« C'est l'heure des révélations, apparemment… Eh bien, en sixième année, je pense. Peut-être avant, mais c'est là que je m'en suis rendu compte. »

« Quoi ?! Ça fait si longtemps ?! S'exclama le Gryffondor, les yeux écarquillés. Merlin… »

« Tu m'obsédais. Tu m'as toujours obsédé. On m'a élevé en me disant que tu avais détruit Voldemort, celui que mes parents adulaient tant. Lorsque je suis entré en première année, mon père m'avait ordonné de me rapprocher de toi. Je devais devenir ton ami, coûte que coûte. J'ai échoué… murmura Draco en frissonnant, et Harry comprit que sa punition avait dû être pénible. Alors j'ai dû trouver autre chose. Je n'avais plus qu'à faire de ta vie un enfer. Je te détestais, parce que mes parents s'intéressaient plus à toi qu'à moi, tout ça pour satisfaire Voldemort. Mais je n'ai pas pu te haïr éternellement. Je ne sais pas pourquoi, j'ignore comment ça a changé… mais mon obsession a changé. Je voulais te voir, te frôler, te parler. Je voulais que tu me remarques. Même si c'était pour qu'on se batte ensuite. J'ai commencé à dépérir, à cette époque, je savais que je n'avais aucune chance. Je n'avais compris mes sentiments que trop tard, tu me détestais déjà trop. Je n'en parlais pas, pas même à Blaise, c'est lui qui a fini par comprendre. »

« T'as foutu le bordel dans ma tête, Malfoy. J'ai pris l'habitude de te haïr, parce que tu me pourrissais l'existence dès que tu en avais l'occasion. Mais depuis peu, je découvre un autre Draco. Et ce Draco là, je ne peux pas le détester. Tu m'attires, irrémédiablement, et je… j'ai conscience que ce n'est pas que physique. Je veux connaître cette partie de toi que tu m'as toujours cachée. Parce que je pense pouvoir en tomber éperdument amoureux. »

Le cœur de Draco manqua un battement et il sentit ses joues brûler. Harry franchit alors la distance qui les séparait afin de le plaquer contre la porte et l'embrassa fiévreusement. Draco s'accrocha à son cou tandis que le Gryffondor le serrait à la taille, le pressant contre lui. Il glissa une jambe entre celles du Serpentard qui étouffa un soupir contre ses lèvres. Harry mit alors fin à leur baiser, haletant, et s'attaqua à son cou, mordillant sa peau tendre et parfumée. Sa langue vint taquiner le lobe de son oreille, se glissant juste derrière, une zone particulièrement sensible et érogène, ce qui fit gémir le blond, doucement. Les doigts de l'Auror se glissèrent sous la chemise du blond, qui se mordit la lèvre inférieure et nicha son visage dans le cou d'Harry, s'enivrant de son odeur. Le brun remonta doucement sa main, effleurant la peau chaude de Draco, lorsque des coups frappés à la porte d'entrée les firent sursauter. Ils rougirent d'embarras et se séparèrent brusquement, chacun essayant de retrouver son souffle et son calme. Fébrile, Draco ouvrit la porte sur Sirius Black.

« Je suis désolé de te déranger, Draco… »

Si seulement il savait à quel point il le dérangeait.

« … mais nous avons retrouvé ton père. »

Draco tressaillit et écarquilla les yeux. Harry s'avança, les sourcils froncés. Il était redevenu l'Auror sérieux et volontaire. Black ne sembla pas surpris de le trouver là.

« Je pense que tu devrais venir. »

Draco acquiesça d'un signe de tête, incapable de parler. Harry s'empara du manteau noir du Serpentard et le mit sur ses épaules, puis fit venir le sien jusqu'à lui.

« Allons-y, Sirius. »

Le Gryffondor s'empara de la main du blond et transplana au Ministère, à l'étage de la Brigade Anti-Mangemorts. Draco refusa de lui lâcher la main, ses doigts étaient nerveusement repliés autour des siens. Sirius les mena alors jusqu'à son bureau.

« Je te préviens. Il n'est plus qu'une ombre. »

Le Serpentard ne dit rien mais il relâcha la main d'Harry, doucement. Sirius ouvrit alors la porte.

Au fond de la pièce, assis sur une chaise et surveillé par un Auror se trouvait Lucius Malfoy. Ou plutôt ce qu'il restait de lui. Ses longs cheveux étaient gris et emmêlés, une barbe mangeait son visage creusé par le désespoir et la faim, ses yeux gris semblaient vides et ses vêtements étaient sales et rapiécés. Lucius Malfoy était un fantôme. Draco ne vit pas son père dans cet état et Harry songea que c'était mieux ainsi. Mais le Serpentard sentit l'odeur qui se dégageait de lui. Une odeur de crasse, de nuits passées dehors, à même le sol. Il eut envie de vomir face à une telle déchéance.

« Draco…? » murmura Lucius d'une voix brisée.

« Oui, » répondit-il d'une voix glaciale.

« Merlin, Draco, tu es… il se tut brusquement, son fils venait de sortir sa baguette et de l'attraper par le col de sa veste, pour la coller sous son menton. Que…? »

« Tu as voulu me tuer ! » s'écria Draco, furieux.

« N-non, » répondit Lucius, sans comprendre.

« Ne mens pas hurla-t-il. Ta dague, la Goutte du Malfoy ! »

« C'est faux ! C'est Flint ! Il a menacé de tuer ta mère si je ne l'aidais pas ! Il m'a dit vouloir tuer un traître à Tu-sais-qui, je te croyais déjà mort ! »

« VOLDEMORT ! CE CONNARD S'APPELLE VOLDEMORT ! DIS-LE ! Une fois dans ta misérable vie ais le FOUTU COURAGE de le dire ! »

Harry n'avait pas bougé. Une boule nouait sa gorge. Il vit Malfoy père trembler, les larmes aux yeux. Merlin, cet homme était vraiment détruit.

« Draco… »

« Arrête ! Siffla le blond avant de se remettre à crier : pourquoi devrais-je te croire ? Où étais-tu ? Dis-moi ! TU N'AS JAMAIS ÉTÉ LA ! Tu m'as forcé à devenir un Mangemort, tu as laissé Voldemort me torturer ! TU L'AS LAISSÉ ME RENDRE AVEUGLE ! »

Ses jambes ne le soutenaient plus. Draco relâcha son père et se laissa tomber sur le sol, à genoux. Lucius écarquilla les yeux et regarda ceux de son fils. Aveugle. Il avai rendu son unique fils aveugle. L'homme sentit une douleur profonde s'insinuer en lui.

« Je ne savais pas, je… »

« Évidemment, puisque tu as fui l'Angleterre sans Mère et moi ! » cracha Draco.

« Je n'ai pas fui ! Draco, je te le jure ! Il m'a envoyé en France avec un groupe de Mangemorts sans que je puisse vous en parler. »

« Ça ne change rien, Lucius ! Tu n'as JAMAIS été là pour moi ! JAMAIS ! »

L'homme tressaillit.

« Je suis un lâche Draco? Je ne te demande pas de me pardonner, juste de me croire. Et de me croire quand je te dis que je t'aime. »

Ce fut au tour du jeune homme de tressaillir. Son père ne lui avait jamais dit de telles choses. On n'exprimait pas ses sentiments, chez les Malfoy, car c'était une preuve de faiblesse. Lucius s'agenouilla aux côtés de son fils et le prit dans ses bras. Draco se raidit brusquement, puis sentit les larmes couler sur ses joues. Il se mit à sangloter et noua ses bras autour du cou de son père.

« Je te déteste, » gémit-il faiblement.

Lucius ne dit rien et resserra son étreinte. Draco se laissa aller dans les bras de ce père qu'il ne pouvait se résoudre à haïr véritablement. Ce père qu'il aimait makgré tout. Lucius le relâcha lorsqu'il sentit que son fils s'était calmé, et essuya les sillons salés sur ses joues. Puis il se releva, et aida Draco à faire de même. Sirius s'avança.

« Lucius, tu n'as donc rien à voir avec les attaques portées contre Draco ? »

« Je suis un être abjecte, Black, mais je n'ai rien à voir là-dedans, du moins pas intentionnellement. Aurais-je dû le laisser tuer ma femme alors qu'il m'avait dit vouloir tuer un traître ? Je me fichais de savoir de qui il s'agissait, tant qu'on laissait Narcissa tranquille. Je pensais que Draco était mort depuis cinq ans. »

« Tu as conscience que tu vas devoir payer pour tous tes crimes ? »

Lucius acquiesça en silence. A vrai dire, il s'en fichait. Il avait assez fui. Harry se rapprocha de Draco qui s'appuya contre son torse.

« Ça va ? » murmura-t-il à son oreille.

« Oui. »

« Draco, dit Sirius, on doit attraper Flint. »

« Il ne se montrera que pour m'attaquer. Si vous le voulez, il faut que je sois accessible. »

« Tu parles de servir d'appât ? Pas question ! » s'exclama Harry. Draco esquissa un sourire amusé.

« Il n'y a pas si longtemps tu suggérais cette idée, Potter. »

« Oui ben j'ai changé d'avis «! » grommela-t-il.

« C'est la meilleure solution. Je ne l'envisageais pas car Draco était trop affaibli moralement pour supporter cela. Mais s'il désire le faire… »

« Je veux arrêter de me cacher. »

OooOooO

Draco se laissa tomber sur son canapé en soupirant. Il venait de quitter le Ministère, y laissant son père et Potter, qui devait remplir son devoir d'Auror. Harry… que se passait-il exactement entre eux ? Il rougit en repensant à ce qu'ils étaient en train de faire avant que Sirius ne vienne. N'allaient-ils pas trop vite ? Draco était sûr de ses sentiments, mais qu'en était-il du Gyffondor ? Cela lui paraissait tellement improbable qu'Harry réponde à ses sentiments qu'il était persuadé qu'un problème se terrait quelque part, attendant sournoisement de la poignarder. Il enfouit son visage entre ses mains. Il devait être plus fort, attendre que le brun soit sûr de lui avant de le laisser l'approcher ainsi. Car il avait besoin de certitudes, pas de « ça se pourrait ».

« Draco, tu devrais aller voir ta mère, » avait dit son père avant qu'il ne parte. Ce traître d'Harry avait approuvé en disant que Seamus pouvait le faire entrer à Ste Mangouste sans qu'on lui demande qui il était.

Sa mère… cinq ans qu'il ne l'avait pas revue. Elle était devenue folle après la défaite de Voldemort et malgré tout l'amour que Draco lui portait, il se savait incapable d'entendre sa mère babiller sur la puissance du Lord Noir. Mais il avait accepté. Son père l'avait supplié.

Draco soupira à nouveau et se releva afin de monter prendre une douche et se changer. Il opta pour un jean clair et un tee-shirt à manches longues blanc sur lequel il rajouta un tee-shirt bleu nuit. Il enfila une paire de baskets en toile noires et sa veste en cuir avant de nouer l'écharpe faite par Mrs Weasley autour de son cou. Lorsqu'il descendit, Seamus l'attendait dans le salon, en caressant ses chiens.

« Chouette maison. Tu es prêt ? »

« Pas vraiment. Mais j'ai dit que j'irais. »

Ils transplanèrent et Seamus posa doucement une main sur son bras afin qu'il ne se perde pas dans l'hôpital. Plus ils avançaient, plus l'angoisse s'emparait de lui. Allait-elle le reconnaître ? L'insulter de tous les noms ? Seamus s'arrêta.

« C'est ici. »

Draco hocha la tête et déglutit difficilement. Il posa la main sur la poignée, la tourna et entra.

« Bella ! S'exclama Narcissa. Bella, arrête un peu ! »

Seamus s'avança.

« Les médecins pensent qu'elle s'est réfugiée dans ses souvenirs d'enfance, pour se protéger, murmura-t-il. Tu veux que je reste ? »

« Non, ça ira. »

« Bien. Narcissa, vous avez de la visite, » dit-il avant de sortir.

Narcissa Malfoy tourna la tête vers le jeune homme qui s'avançait timidement vers elle.

« Lucius ? » demanda-t-elle tendrement, une candeur nouvelle brillant dans ses immenses yeux bleus.

« Non, c'est moi, maman. Draco. »

Elle sursauta, comme si on l'avait frappée, et quelque chose se brisa dans son regard.

« Mon fils… mon Draco est mort, » gémit-elle misérablement.

Draco sentit son cœur se serrer, il s'avança et chercha la main de sa mère à tâton. Il s'en empara et la pressa contre sa joue.

« Non, je suis là ! Maman, c'est moi, ton fils. Je suis toujours en vie. »

« NON ! Hurla-t-elle, hystérique. IL a torturé mon bébé ! Je L'ai vu ! IL me l'a montré ! Mon Draco, mon fils, il avait tellement mal ! Je LE suppliais d'arrêter, mais IL ne voulait pas ! Mon bébé ! Et Lucius n'était pas là, et j'étais si faible ! Mère indigne ! Mère indigne ! »

Elle commença à sangloter et Draco sentit son cœur se fendre. Voldemort avait rendu sa mère folle en lui montrant comment son fils était torturé. Ce n'était pas parce que le Seigneur des Ténèbres était mort, qu'elle avait perdu l'esprit. Une colère sourde monta en lui. Narcissa Malfoy avait perdu l'esprit à cause de ce monstre, tout était entièrement sa faute. La gorge nouée, il pressa doucement la main de sa mère dans la sienne.

« Je ne t'en veux pas, maman. J'avais mal, mais Blaise m'a aidé. Tu sais, Blaise Zabini, tu te rappelles ? Je vais bien, maintenant. Voldemort est mort, tu n'as plus à t'inquiéter. Maman, tu peux redevenir toi-même. »

Narcissa détailla le visage de son fils attentivement, et un sourire éclaira son visage.

« Lucius, mon amour, tu as coupé tes cheveux ? Tes cheveux si longs, si beaux… »

Draco eut envie de hurler. Il inspira longuement, et chercha un moyen.

« Narcissa, murmura-t-il d'une voix douce, prenant le même ton de voix que son père. Arrête de t'inquiéter. J'ai retrouvé Draco, Tu-Sais-Qui ne l'a pas tué. »

Elle sursauta.

« Tu ne mens pas ? Merlin, mon fils est en vie ? Où est-il ? S'écria-t-elle, où est Draco ? »

« Il a besoin de repos, et toi aussi. Je reviendrai demain avec lui, d'accord ? »

Un immense sourire orna les fines lèvres de Narcissa.

« Mon fils est en vie ! »

Draco se redressa et s'avança afin de déposer un baiser sur la joue de sa mère.

« Je vais te laisser. Je t'aime, ma-Narcissa. »

Elle sourit.

« Moi aussi, Lucius. »

Le jeune homme se retourna et se dirigea vers la porte. Il sortit et s'appuya contre le mur, les yeux clos.

« Ça va ? »

« Pas vraiment. Elle perd l'esprit, c'est Voldemort… il l'a rendue folle. »

« Elle n'avait jamais dit à qui que ce soit que Voldemort lui avait montré cela. On l'ignorait. Je pense que tu devrais la voir plus souvent. Je ne te garantis rien, mais cela lui donnerait plus de chances de se remettre. »

Draco acquiesça silencieusement, puis soupira longuement.

« Draco, j'aimerais… enfin, j'aimerais essayer quelque chose. »

« Quoi ? »

« Te rendre la vue. Tu ne me serviras pas de cobaye, Draco, je te le promets. Mais je… je considère que l'on te doit bien ça. D'après ce que Blaise m'a dit, c'est comme si tes yeux et les nerfs avaient été brûlés par la potion, c'est ça ? »

« Oui. Lorsqu'il m'a fait boire cette saloperie… c'est comme si mes yeux étaient en feu, j'ai cru mourir. »

« Il existe des potions pour soigner les organes et les tissus brûlés. Mais les yeux… »

« Alors c'est impossible ? »

« Je n'ai pas dit ça. Je pense que c'est réalisable, mais tu devras être patient. »

« En cinq ans, j'ai eu le temps de me faire une raison. »

OoOoOoO

Rendez-vous le plus tôt possible pour le prochain chapitre ! Encore désolée pour mon énorme retard x_x

Reviews quand même ?