Auteur : Shiakän
Disclaimer : Hélas, tout ce petit monde ne m'appartient pas ! A part Marina, Allen, et quelques autres qui feront leur apparition au fur et à mesure de l'histoire ! Tout le reste est à J.K. Rowling.
Genre : Alors… il y aura de la romance, de l'humour, mais aussi des passages tristes, voir violents pour certains.
Rating : M ! Donc prudes et homophobes : dehors.
Couples : Oulah ! Une sacrée tripotée ! Bon, alors, commençons par les principaux : HPDM, SBRL, HGRW… Les autres, vous verrez bien au fur et à mesure :P
Spoilers : Tous les tomes, même si je ne prends pas en compte quelques morts dans le tome 7 et que j'en modifie une d'une tome 5, et ce pour des raisons évidentes, lol.
Petite remarque : Vous êtes allés voir HP 7, première partie ? Il était temps, bon sang ! ENFIN un film HP fidèle au livre ! C'est sûrement le meilleur de tous les films ! Et comme promis, le chapitre 14 sans trop vous faire attendre !
Une fois de plus, je ne ferai pas de réponses aux reviews « personnalisées » si j'ose dire, mais sachez que je vous remercie tous très fort. Pour votre patience et vos commentaires encourageants. N'hésitez jamais à me laisser un message, que ce soit parce que je mets trop de temps, pour un compliment ou une critique. C'est comme ça qu'un auteur s'améliore. Je vous fais de gros bisous.
OooOooOooO
XIV- Libre.
Draco crispa la mâchoire et continua d'avancer dans les ruelles sombres de l'Allée des Embrumes. Il avait envie de vomir depuis qu'il s'était levé ce matin-là et maintenant qu'il se trouvait dehors, seul, c'était encore pire. Il savait néanmoins qu'il n'avait pas le choix. S'il voulait que Marcus Flint soit enfin arrêté et qu'il paie pour ses crimes, il devait servir d'appât. Le Serpentard le savait assez stupide pour foncer tout droit dans le piège que les Aurors lui avaient tendu. Mais Draco ne pouvait s'empêcher d'être terrifié. Il avait confiance en Harry et son parrain, mais une erreur était vite arrivée. Le jeune homme avait oublié cette affreuse sensation d'être traqué, en danger. Il avait d'ailleurs espéré ne jamais la revivre mais malheureusement, il savait qu'il devait passer par là s'il voulait être débarrassé de Flint. Alors il inspira longuement.
On avait soi-disant aperçu Flint une heure plus tôt à cet endroit précis. Draco pensait qu'il était déjà parti, mais rien n'était sûr, aussi continua-t-il d'avancer. C'est alors que l'éclair vert fonça droit vers lui, provenant de sa droite. Le blond eut juste le temps de se jeter à plat ventre en sentant la chaleur d'un sort qui filait vers lui. Il se tourna vers la ruelle sombre sur la droite, agacé de ne rien voir. Mais il était sûr d'une chose, il s'agissait de Flint. Il était tombé dans le piège. Draco esquissa un sourire en entendant Harry arriver, prêt à capturer le Mangemort, mais ce dernier transplana. Le jeune homme écarquilla les yeux en le sentant réapparaître juste devant lui et l'attraper par le bras, avant de transplaner à nouveau. « DRACO ! » s'exclama la voix d'Harry. La dernière chose qu'il entendit avant de sombrer.
C'est le contact glacé d'un aguamenti en plein visage qui le réveilla. Draco ouvrit faiblement les yeux, mais son monde était toujours aussi noir. Il remarqua néanmoins la respiration sifflante de Flint et imagina sans peine le rictus triomphant qui devait défigurer son visage plus qu'il ne l'était déjà grâce à la folie qui le rongeait depuis des années. Il remarqua également qu'il était attaché, les bras au-dessus de sa tête.
« Tu croyais vraiment que j'allais me faire avoir comme ça, Draco ? » susurra Flint à son oreille avant d'enfoncer son poing dans l'estomac du blond qui se courba en deux sous la douleur.
Le Mangemort ricana tandis que la peur s'emparait du Serpentard. Il allait le torturer à nouveau, c'était certain. Draco déglutit, tandis que les souvenirs des évènements qui avaient brisé son esprit cinq ans plus tôt s'emparaient de lui. Ils avaient tout préparé, rien ne devait lui arriver, alors pourquoi se retrouvait-il ici ? Il sentit la main de Flint saisir son visage pour le forcer à avancer un peu la tête avant d'envoyer son crâne s'écraser contre le mur, derrière lui. Draco ne put retenir un cri de douleur tandis que malgré sa cécité, il était capable de voir des étoiles danser devant ses yeux morts. Il sentit immédiatement un liquide chaud et poisseux couler le long de son crâne en même temps que des larmes de douleur et de terreur dévalaient la pente de ses joues pâles. Flint l'attrapa ensuite par la gorge et serra, empêchant Draco de respirer.
« Cette fois-ci, tu vas crever, Malfoy. Je te jure que tu vas crever. Et fais-moi confiance pour prendre tout mon temps. »
Il leva sa baguette et relâcha sa prise sur la gorge du jeune homme, avant de murmurer d'une voix rauque : « Endoloris ! » Draco eut beau serrer les dents, il ne parvint à tenir que quelques secondes avant qu'un cri ne s'échappe de sa gorge. Il voulait se tordre de douleur, s'effondrer sur le sol, mais les liens le maintenaient solidement attaché au mur. Ses genoux lâchèrent et il se retrouva à pendre par les poignets, la corde sciant sa peau fragile. A nouveau, du sang s'écoula de ses plaies, le long de ses avant-bras. Draco pleurait comme un enfant. S'il avait eu la force cinq ans auparavant de résister plusieurs jours avant de craquer, il l'avait définitivement perdue désormais. Il ne pouvait plus supporter tout cela. Moralement, c'était trop, aussi oublia-t-il sa fierté une fois de plus. Il ne retenait plus ses cris, hurlant sa douleur et son désespoir au visage de Flint qui se délectait d'un tel spectacle.
Draco ignora combien de temps les tortures durèrent. Une heure, plusieurs, quelques jours… le temps défilait, et il n'avait absolument aucun repère sur lequel se baser. Flint ne s'arrêtait jamais, ni pour faire une pause, ni même pour boire ou se nourrir. Le Serpentard n'avait aucune idée de l'heure qu'il était. Sa voix s'était comme brisée d'avoir trop crié, et il n'était plus capable que de gémir de douleur. Il n'était même plus capable de pleurer. Son corps était agité de soubresauts et le summum de la honte avait été atteint lorsque Flint avait compris qu'il se tortillait pour se retenir d'uriner, et l'avait frappé par surprise, le forçant à relâcher sa « concentration ». Ses vêtements étaient désormais troués, tâchés de sang et trempés.
Il entendit vaguement la respiration hachée de Flint se rapprocher de lui. Il était à bout de souffle. Evidemment, il n'avait pas cessé de le frapper et de le torturer à l'aide de sorts. « Tu es pitoyable, Malfoy, » dit-il d'une voix glaciale. Il enfonça sa baguette dans l'abdomen de Draco qui tremblait toujours.
« Tiens, je vais t'offrir un petit souvenir de ton cher Parrain, cette pensée rendra peut-être ton agonie un peu plus douce, » ricana-t-il. « Sectumsempra ! »
Le cri resta bloqué dans la gorge de Draco, tandis que du sang s'échappait en grande quantité des plaies béantes que le sort venait de faire apparaître sur son torse pâle. Il sentit alors sa vie s'échapper en même temps que son sang. Il allait mourir ici. Tué par ce sort qui avait déjà failli lui coûter la vie en Sixième année. Harry… ses dernières pensées se tournèrent vers lui. Il l'avait tant aimé. Il aurait tant voulu qu'ils aient une vie, ensemble. Qu'ils essayent d'être heureux. Ses paupières devinrent alors trop lourdes pour qu'il puisse les maintenir ouvertes…
Flint quant à lui esquissa un sourire satisfait en voyant Malfoy mourir lentement. Il se mit alors en place pour Transplaner, lorsqu'un bruit attira son attention. Il se retourna et écarquilla en voyant Potter apparaître devant lui. « Avada Kedavra, » lâcha-t-il d'une voix plus froide que jamais. Le corps de Flint s'effondra sur le sol, sans vie, et Harry se précipita vers le Serpentard. Il défit immédiatement les liens et le rattrapa au creux de ses bras. « Draco, excuse-moi, je t'en prie, accroche-toi ! » supplia-t-il avant de transplaner.
OooOooOooO
Incapable de tenir en place, Harry faisait les cent pas dans un des couloirs de Ste Mangouste. Cela faisait maintenant cinq jours que Draco était dans cette chambre, inconscient, et que les Médicomages l'empêchaient de le voir. Il n'avait pas bougé de ce couloir depuis cinq jours, aussi Seamus et Blaise s'étaient-ils mis d'accord pour lui apporter régulièrement de quoi se nourrir et lui tenir un peu compagnie. Malheureusement, le Gryffondor était exécrable. Le désespoir le rendait insupportable et les deux amants avaient fini par se mettre d'accord pour le laisser seul.
Harry sursauta en entendant la porte de la chambre de Draco s'ouvrir sur une Médicomage qui le regarda, les lèvres pincées. « Il vient d'ouvrir les yeux. Ses blessures sont presque un lointain souvenir, mais mentalement… Il vous a réclamé. Mais attention ! Pas longtemps, il a besoin de repos. » Le Gryffondor se précipita dans la pièce, manquant de renverser la vieille femme au passage. Il le vit alors, étendu sur son lit d'hôpital, aussi blanc que les murs et les draps. Il alla immédiatement s'asseoir à ses côtés, la gorge nouée.
« Draco ? Draco, comment vas-tu ? » murmura-t-il.
« Harry… » fit la voix faible du Serpentard.
L'Auror vit des larmes perler aux coins de ses yeux aveugles et son cœur se serra immédiatement. Le corps faible de Draco se mit alors à trembler et Harry ne supporta pas cette vision plus longtemps. N'écoutant qu'une sorte d'instinct, il redressa doucement le blond qui grimaça légèrement, puis se glissa derrière lui, sur le lit, avant de l'aider à s'appuyer contre son torse. Puis il referma ses bras autour de lui. Immédiatement, les tremblements semblèrent se calmer.
« C'est fini, Draco, je te jure que c'est fini. Il est mort, plus rien ne pourra jamais t'arriver. Excuse-moi, murmura-t-il d'une voix rauque. Je t'ai laissé tomber… nous ne pensions pas qu'il aurait deviné. Par Merlin, j'ai eu si peur, si peur… »
Il plongea son visage dans les cheveux blonds de son amant afin de se rassurer lui aussi. Il sentit alors Draco saisir sa main.
« Comment… ? comment m'as-tu… »
« Retrouvé ? Grâce à la bague que tu m'as offerte. Elle a commencé à me bruler le doigt peu de temps après ton enlèvement. J'ai compris qu'elle devait être liée à toi, d'une quelconque manière. Alors j'ai immédiatement fait venir un expert en objets ensorcelés. Je lui ai demandé de retracer ce lien, afin de te retrouver. »
Draco appuya alors sa tête trop lourde à son goût contre l'épaule du Gryffondor et ferma les yeux. Il ne voulait plus penser à ce qui s'était produit. Juste à ces bras passés autour de lui, à cette chaleur réconfortante.
« Je te jure que ça n'arrivera jamais plus, dit alors Harry. J'ai eu si peur. Quand je t'ai vu, dans cet état… j'ai bien cru que mon cœur allait cesser de battre. Je t'aime, Draco. Je t'aime tellement. »
A son tour, sa voix se brisa. Draco quant à lui sentit son cœur battre un peu plus vite. Des larmes coulèrent le long de ses joues. Potter ne pouvait imaginer à quel point ces simples mots étaient importants pour lui. Il voulut lui répondre, mais la fatigue s'empara un peu plus de lui. Alors il se laissa aller contre le Gryffondor. « Ne me laisse pas… » furent les derniers mots qu'il prononça avant de se laisser entrainer par Morphée.
OooOooOooO
Harry soupira et croisa ses bras devant son torse avant de s'appuyer contre le mur, derrière lui. Blaise posa alors sa main sur son épaule. Une main chaude et réconfortante. « Il s'en sortira, » dit-il d'une voix assurée. Harry le regarda avant de reposer ses yeux sur la silhouette assise dans une chaise longue, le soleil se reflétant dans ses cheveux blonds. Voilà maintenant plusieurs semaines que Draco était sorti de l'hôpital. Il avait bien évidemment du prévenir Marina et Allen que le Serpentard n'était pas en état de faire nouvel an avec eux. Ce n'était même pas que Draco déprimait… non, il était juste ailleurs. Comme prisonnier d'un cocon. Il souriait, s'adressait à lui avec douceur et s'absentait régulièrement… tout en restant à ses côtés. Etrangement, Draco lui rappelait Luna Lovegood. Les Médicomages avaient immédiatement suggéré que le fait de prendre un peu de vacances au soleil ferait sûrement du bien à Draco. Cela faisait désormais trois semaines qu'ils étaient à Hawaï, et absolument rien n'avait changé. Le Serpentard n'était plus lui-même. Harry avait rapidement compris pourquoi, ayant fréquenté plusieurs personnes atteintes de lourdes séquelles après la guerre. Ce qu'avait vécu son amant avait simplement été beaucoup trop dur pour lui. C'était comme si sa mémoire et ses facultés intellectuelles s'étaient déconnectées. Il ne restait plus rien de Draco Malfoy. Harry sentit sa gorge se serrer et se tourna vers Blaise. Le meilleur ami de Draco ne le supportait plus, lui non plus. La souffrance se lisait clairement sur son visage à chaque fois qu'il regardait le blond, perdu dans la lune.
« Oui, il s'en sortira, » balbutia-t-il pour lui-même avant de rentrer à l'intérieur de la maison.
Harry ne pouvait pas lui en vouloir. Lui-même avait parfois le désir de fuir loin de toute cette souffrance. Il avait enfin été capable d'admettre ses sentiments pour Draco, avait enfin espéré une vie heureuse aux côtés d'une personne qu'il aimait. Et on lui avait arraché tous ses rêves, en volant la raison de cet être qu'il ne pouvait s'empêcher d'aimer. La seule chose qui rassurait un peu le Gryffondor, c'était le fait que Draco ne supporte pas qu'il soit trop loin de lui. Lorsque l'Auror s'en allait sans le prévenir, il se mettait immédiatement à sangloter. Le jeune homme délaissa son mur pour rejoindre l'ancien Serpentard qui l'entendit arriver et tourna son visage vers lui. Il esquissa alors un sourire et se leva pour enlacer Harry tendrement.
« Blaise va partir, Draco. Tu vas lui dire au revoir ? »
Le jeune homme haussa les épaules et se dirigea d'un pas léger jusqu'à la maison, où il déposa un baiser sur la joue de Blaise. Le joueur de Quidditch salua Harry d'un signe de la main et transplana.
« Tu as faim, Draco ? » demanda Harry d'une voix douce.
Le Serpentard se tourna vers lui et alla de nouveau l'enlacer.
« Fais-moi l'amour, » murmura-t-il d'une voix rauque.
Harry sentit une certaine chaleur s'emparer de ses reins. C'était la seule fois où il entendait à nouveau la véritable voix, quelque peu traînante, de Draco. La seule fois où il semblait redevenir un peu lui-même. Lorsqu'il demandait à Harry de le faire sien. Au début, l'Auror avait été réticent, mais la réaction du blond l'avait tellement effrayée qu'il avait oubliée ces stupides considérations. Et ces moments d'intimité étaient le seul moyen pour Harry de retrouver un peu de Draco. Un tout petit peu. Il s'empara donc de ses lèvres, gémissant lorsque son amant répondit avec une passion et une fougue incroyable. N'y tenant plus face au jeune homme qui l'embrassait tout en se frottant contre lui, il posa ses mains sous ses fesses et le souleva afin de l'asseoir sur le plan de travail de la cuisine. Là, il entreprit de le dévêtir, tandis que Draco faisait de même pour lui. Ils se retrouvèrent enfin nus et tremblants de désir l'un pour l'autre.
Harry l'embrassa à nouveau, puis déposa une traînée de baisers dans son cou, puis sur son torse. Il mordilla sa peau pâle, se délectant des soupirs de son amant, avant d'enfin prendre son sexe durci par le désir en bouche. Il sentit Draco se cambrer sous lui et s'appliqua à lui faire perdre la tête, imprimant un mouvement de va-et-vient sur sa verge douloureusement tendue. Puis, lorsqu'il sentit le blond prêt à craquer, il s'arrêta. Il humidifia ses doigts et voulut préparer son amant, mais Draco l'arrêta.
« Non. Prends-moi. Je t'en prie. Prends-moi. »
Son ton suppliant aurait pu exciter d'avantage Harry, dans d'autres circonstances. Mais cela ne fit que l'attrister d'avantage. Néanmoins, il se positionna entre ses jambes écartées, et le pénétra enfin. Le cri mêlé de douleur et de plaisir du Serpentard l'électrisa. Il lui laissa le temps de s'habituer à sa présence en lui, puis amorça un langoureux va et vient. Tantôt tendre et lascif, puis rapide et sauvage, il entreprenait de faire tout oublier à Draco, puisque c'était ce qu'il demandait. Sous lui, le jeune homme murmurait son nom, telle une litanie. Puis ils jouirent ensemble, dans un gémissement rauque pour Harry et un long cri pour Draco.
Il sentit alors le blond l'attirer contre lui. « Je t'aime. Je t'aime. »
Harry ferma les yeux pour empêcher les larmes de couler. Il s'en voulait tellement. Tout était de sa faute. S'il n'avait pas suggéré cette idée d'appât, s'il l'avait protégé plus qu'il ne l'avait fait, s'il ne cédait pas à chaque fois que Draco lui demandait… mais comment pouvait-il résister à l'envie de retrouver l'homme qui l'aimait un peu, rien qu'un tout petit peu, pendant quelques minutes ? Il sentit alors le poids du jeune homme dans ses bras se faire plus lourd et comprit qu'il s'endormait. Alors il le porta et le conduisit jusque dans la chambre, où il l'étendit sur le lit. Ses yeux verts plein de tristesse, il rabattit la couette sur le corps frêle de Draco et sortit de la pièce, silencieusement.
OooOooOooO
Sirius hocha lentement la tête avant de saluer son interlocuteur et de le raccompagner jusqu'à la porte. Il retourna au salon en soupirant et glissa ses doigts dans les cheveux d'Artemis qui jouait silencieusement sur le tapis.
« Alors, il a trouvé une solution pour aider Draco, le monsieur ? » demanda le garçon en levant ses prunelles vers lui.
Sirius esquissa un sourire rassurant. « Peut-être, oui, » murmura l'Auror.
Il alla s'asseoir au moment où la cheminée s'activait pour laisser entrer Remus. Artemis se leva immédiatement afin de serrer son père adoptif dans ses bras. Le loup-garou lui sourit et le souleva pour l'enlacer tendrement avant de le reposer délicatement sur le sol. Il s'avança alors vers Sirius et alla s'asseoir à ses côtés après s'être débarrassé de sa lourde cape.
« Tu as passé une bonne journée ? » lui demanda son amant avant de déposer un baiser chaste sur ses lèvres. Remus esquissa une légère moue.
« Ca peut aller. Néanmoins les Quatrième année sont un peu turbulents. Mais je m'y fais. Disons qu'on était pire que ça à leur âge, donc je ne m'inquiète pas vraiment. »
« On ? James et moi, tu veux dire. Toi tu passais ton temps à nous sermonner. »
Remus esquissa un sourire amusé. Sirius avait raison, il avait toujours été le plus sage des quatre. C'est d'ailleurs pour cela que Dumbledore l'avait nommé Préfet du temps de leurs études, espérant qu'il pourrait raisonner ses camarades de temps en temps. Malheureusement sa tentative avait lamentablement échoué. Remus se glissa contre son amant et posa sa tête contre son épaule. Sirius l'accueilla avec un sourire, caressant ses cheveux avec douceur.
« Je viens de voir l'homme qu'Hermione m'a conseillé de contacter, pour Draco… »
« Ah ? Alors, il a une solution pour le soigner ? »
Sirius grimaça légèrement.
« Il semblerait, oui… mais je pense que la solution ne va pas vraiment ravir Harry. Le Médicomage Lawrence pense que la Légilimencie pourrait aider Draco à s'en sortir. »
« La légilimencie ? » s'étonna Remus.
« J'ai expliqué le cas de Draco. Il pense qu'il faut le confronter à ses souvenirs, parce qu'il semble avoir tout oublié pour ne se souvenir que de ses sentiments pour Harry. Il faut qu'il affronte tout son passé à nouveau. Et Lawrence pense que l'idéal serait bien évidemment qu'Harry utilise la Légilimencie. »
« Il va donc falloir qu'il apprenne à l'utiliser… »
« Oui, et c'est bien ce qui pose problème. »
Les deux amants soupirèrent puis Remus se leva après avoir déposé un baiser sur les lèvres de Sirius afin d'aller préparer le dîner. L'Auror se leva à son tour, préférant aider son amant plutôt que de rester assis à ne rien faire. Il n'avait pas vraiment envie de penser à la nouvelle qu'il allait devoir annoncer à son filleul.
OooOooOooO
« Tu n'es pas sérieux ? » balbutia Harry, les yeux écarquillés.
« J'ai peur que si, Harry, » répliqua son parrain d'un air navré.
Harry déglutit avec difficultés et posa son regard sur le jeune homme blond assoupis dans le fauteuil à côté de lui. On ne pouvait pas lui demander une chose pareille… il était hors de question qu'il fasse revivre tout ça à Draco.
« Mais Sirius… »
« Ecoute, Harry, maintenant que j'y réfléchis, ça me paraît évident. Si Draco est dans cet état, c'est parce qu'il agit comme si rien ne s'était produit. Comme s'il avait tout oublié. Ce qui est peut-être le cas ! Tu sais à quel point le mental est fort lorsqu'il s'agit de se protéger. Draco ne se rappelle que d'une chose : ses sentiments pour toi. Ce n'est pas bon ! Pas bon du tout. Il se détruit plus qu'autre chose et tu le sais. Le Médicomage Lawrence a raison, Harry. Il doit être confronté à ses souvenirs. Les accepter et vivre avec. Et pour cela, la légilimencie est le meilleur moyen. »
Le Gryffondor se mordit la lèvre inférieure, tandis qu'une envie de pleurer s'emparait de lui. Néanmoins, il parvint à se retenir et inspira longuement.
« Alors… selon toi, je dois apprendre la légilimencie ? » demanda-t-il avec précautions.
« Parce que tu laisserais quelqu'un d'autre que toi faire subir cela à Draco ? »
Harry dut admettre que son parrain avait raison. Il prit son visage entre ses mains tandis que ses épaules tremblaient. Il était inquiet et épuisé de toujours devoir veiller sur le Serpentard. Il était temps de prendre une décision, de l'aider, véritablement. Même s'il devait le faire souffrir pour cela. Sirius posa une main réconfortante sur l'épaule de son filleul.
« Les choses vont s'améliorer, Harry. Draco est quelqu'un de fort. Il saura faire face, j'en suis certain. C'est à toi de croire en lui. »
Le Gryffondor se blottit alors contre son aîné.
« C'est juste que… j'ai peur de ne pas en être capable. De me tromper et d'empirer les choses. De… »
« Lawrence s'est lui-même engagé à t'apprendre la Légilimencie. Il est prêt à se déplacer jusqu'ici pour cela afin que tu n'aies pas à quitter Draco. Tu dois avoir confiance en toi. Je sais que tu en es capable. »
« S'il ne redevient pas lui-même, je ne me le pardonnerai jamais, » murmura Harry d'une voix rauque.
OooOooOooO
Voilà, je préfère faire un court chapitre pour ne pas traîner plus que je ne l'ai déjà fait. Comme ça, vous savez ce qui attend Harry et Draco et je me réserve tout un chapitre pour l'apprentissage d'Harry & les « séances de légilimencie » qui guettent Dray. )
REVIEEEEWS ?
