Auteur : Shiakän
Disclaimer : Hélas, tout ce petit monde ne m'appartient pas ! A part Marina, Allen, et quelques autres qui feront leur apparition au fur et à mesure de l'histoire ! Tout le reste est à J.K. Rowling.
Genre : Alors… il y aura de la romance, de l'humour, mais aussi des passages tristes, voir violents pour certains.
Rating : M ! Donc prudes et homophobes : dehors.
Couples : Oulah ! Une sacrée tripotée ! Bon, alors, commençons par les principaux : HPDM, SBRL, HGRW… Les autres, vous verrez bien au fur et à mesure :P
Spoilers : Tous les tomes, même si je ne prends pas en compte quelques morts dans le tome 7 et que j'en modifie une d'une tome 5, et ce pour des raisons évidentes, lol.
Petite remarque : Encore une fois, je tiens à m'excuser du temps que je mets pour poster mes chapitres, mais mon inspiration est en dents de scie et je suis plutôt occupée en ce moment. En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira, car il s'agit de l'avant dernier chapitre d'Open Your Eyes.
OooOooOooO
XV-Légilimens.
Harry se laissa tomber dans le fauteuil derrière lui, épuisé. Cela faisait des semaines que le Médicomage Lawrence lui apprenait à se servir de la Légilimencie. Des semaines que le Survivant s'entraînait jusqu'à l'épuisement le plus total, farfouillant dans l'esprit de l'homme en face de lui, épiant ses souvenirs sans que l'autre ne soit gêné. Il ouvrit un œil et constata que Lawrence lui tendait un verre d'eau bien fraîche. Il s'en saisit et le descendit aux trois quarts. L'homme était dur, extrêmement stricte et parfois même impitoyable lorsqu'il s'agissait d'enseigner à Harry. Mais dés que la séance s'achevait, il reprenait son rôle de Médicomage doux et conciliant.
« C'était votre dernière leçon, Mr Potter, » annonça Lawrence avec un sourire.
Harry leva des yeux écarquillés vers lui et manqua d'en lâcher son verre d'eau. « D-déjà ? » balbutia-t-il d'une voix rauque avant de se relever brusquement.
Il se mit à faire les cent pas dans le salon, les sourcils froncés.
« Je n'ai plus rien à vous apprendre. Vous êtes prêt. »
L'Auror s'immobilisa puis braqua son regard sur l'homme, l'air désespéré.
« Non ! Et si… et si je ne m'y prenais pas correctement… et si je faisais n'importe quoi…je ne veux pas risquer d'empirer les choses, de… »
Il ne réalisa que des larmes emplissaient ses yeux que lorsque les contours du visage de Lawrence se brouillèrent. L'homme s'avança vers lui et posa une main sur son épaule, un doux sourire aux lèvres.
« Tu vas te détendre, passer une soirée tranquille à ses côtés, te coucher de bonne heure et dormir correctement. Et demain, quand tu voudras, nous commencerons. Je serai là du début à la fin, ne serait-ce que pour vérifier son état. Tu n'empireras pas les choses, et tu t'y prendras très bien. »
Une larme dévala la pente de sa joue droite et il l'essuya aussitôt d'un revers de manche. Il hocha silencieusement la tête et Lawrence le salua une dernière fois avant de transplaner. Harry soupira longuement et prit le temps de se recomposer. Il quitta le salon et se mit à la recherche de Draco. Il ne tarda pas à le trouver, le jeune homme étant allongé sur la même chaise longue sur la terrasse la plupart du temps. Le Gryffondor l'observa un instant de loin, puis s'approcha doucement, le cœur battant.
Comment avait-il pu croire qu'il le haïssait ? Comment avait-il pu s'obstiner aussi longtemps, se persuader que Draco et lui ne pouvaient que se détester ? Le Serpentard l'avait toujours intrigué, leurs disputes étaient devenues vitales pour lui. Mais surtout, ces derniers mois, il avait découvert le véritable Draco Malfoy, un être plein de surprises, un homme à la fois puissant et faible. Et il en était tombé follement amoureux. Il s'en rendait encore plus compte maintenant que le Serpentard était absent. Il lui manquait tellement qu'il avait l'impression qu'on avait creusé un trou dans sa poitrine.
Harry posa une main sur l'épaule du blond qui tourna de grands yeux gris vers lui, un sourire paisible aux lèvres. Mais il ne dit rien, après tout, il ne parlait quasiment plus. Le Gryffondor fut un instant heureux que Draco soit aveugle et ne puisse pas voir l'air désespéré sur son visage. Il redressa légèrement son amant puis se glissa derrière lui sur la chaise longue avant de le laisser s'appuyer contre son torse, bien calé entre ses jambes. Puis il passa ses bras autour de son torse et nicha son visage dans sa nuque, s'enivrant de son odeur.
Habiter à Hawaï n'avait eu que peu d'avantages. La peau de Draco le rendait beaucoup moins cadavérique, même s'il demeurait tout de même très pâle, Harry refusant qu'il s'expose trop longtemps au soleil, de peur qu'il brule littéralement. Il resserra légèrement sa prise et constata légèrement surprit que le blond semblait avoir reprit du poids. Lui qui était si maigre quand ils s'étaient revus paraissait désormais plus adulte, plus masculin. Ses muscles avaient refait leur apparition, grâce au temps que Draco passait dans la piscine. L'ancien Serpentard avait l'air d'aimer nager, même s'il était difficile d'estimer ce qu'il aimait réellement ou pas désormais.
Cela faisait six mois qu'ils habitaient à Hawaï. Harry avait totalement démissionné de son poste à la BAM afin de se consacrer uniquement à Draco et aux séances d'apprentissage de la Légilimencie. Il avait mis du temps à se décider avant d'enfin faire appel à Lawrence, effrayé à l'idée de ne pas y parvenir. Mais vivre constamment aux côtés de son amant qui n'était plus lui-même avait fini par tellement le démoraliser qu'il avait finalement appelé le Médicomage. Heureusement, ses amis lui rendaient souvent visite. Il y avait eu Sirius et Remus, qui n'hésitaient pas à passer dés qu'ils en avaient l'occasion. Mais aussi Ron et Hermione ainsi que leur fils Daniel qui vouait toujours un véritable culte aux cheveux blonds de Draco. Seamus et Blaise étaient très souvent passés eux aussi, ce dernier supportant difficilement d'être loin de son plus proche ami. Harry s'était énormément rapproché du joueur de Quidditch professionnel. Les deux hommes attendaient désespérément la même chose.
Deux jours plus tôt, la Gazette du Sorcier lui avait annoncé une terrible nouvelle. Lucius Malfoy s'était fait assassiner par d'autres Mangemorts à Azkaban. Harry avait grimacé, conscient qu'il allait devoir annoncer la nouvelle à Draco une fois que ce dernier aurait repris ses esprits. Et il n'avait aucune envie d'apporter plus de mauvaises nouvelles à son amant. Seamus quant à lui était venu le voir afin de lui dire que Narcissa Malfoy avait repris ses esprits le temps d'une heure – étrangement, le soir même où son époux s'était fait assassiner. Elle avait bien évidemment demandé où elle se trouvait, puis des nouvelles de son mari. Elle se rappelait alors des images que Voldemort lui avait montrées et restait persuadée que Draco était mort. Seamus lui avait expliqué que son mari était en prison – pas encore au courant qu'il avait perdu la vie – et que Draco avait survécu mais qu'il n'était pas en état de se déplacer pour le moment. Narcissa avait pleuré de joie et avait agit normalement pendant encore plusieurs minutes avant de replonger dans la folie.
Seamus avait assuré à Harry que si Draco rendait visite régulièrement à sa mère une fois rétablit, cette dernière recouvrerait très certainement tous ses esprits un jour ou l'autre. Harry avait été heureux de constater qu'il aurait au moins une bonne nouvelle à donner au Serpentard. Le jeune homme redressa doucement la tête. Une de ses mains s'était glissée sous la chemise blanche et vaporeuse de Draco pour caresser tendrement son ventre. L'autre était machinalement posée sur son cœur.
« Tu as faim, Dray ? » murmura-t-il à son oreille.
Le blond sembla sortir d'une certaine torpeur et hocha silencieusement la tête, un léger sourire aux lèvres. Harry le regarda se lever, puis se tourner vers lui, l'air de l'attendre. Le Gryffondor se leva à son tour puis saisit la main de son amant afin de le mener jusqu'à la cuisine. Comme d'habitude, Draco s'installa au bar en face de lui, son menton appuyé dans la paume de sa main, comme s'il le regardait cuisiner. En vérité il ne pouvait que l'entendre mais Harry avait tout de même l'impression d'être épié. Cela ne le dérangeait pas, puisqu'il s'agissait du Serpentard. Il entreprit donc de préparer un repas simple et léger, la chaleur ne leur donnant jamais vraiment envie de dévorer un énorme dîner. Lorsqu'il eut terminé, il servit une assiette qu'il posa en face de Draco puis alla s'asseoir à côté de lui. Il mangea rapidement et attendit que le blond ait terminé. Il prenait toujours plus de temps que lui, gêné par sa cécité, mais surtout, souvent perdu dans la lune. Harry patienta donc sans le quitter du regard, puis entreprit de mettre les couverts et ustensiles sales dans le lave-vaisselle une fois qu'il eut terminé.
« Tu viens ? » demanda-t-il doucement en attrapant la main de son amant.
Ils allèrent jusqu'à la salle de bain où Harry décida de faire couler un bain. Il attendit que l'énorme baignoire soit bien remplie d'une eau ni trop chaude ni trop froide et se tourna vers le blond pour constater qu'il s'était déjà dévêtu. Le Gryffondor l'observa un instant. Il arrivait parfois comme ça qu'il prenne des initiatives, fasse ou demande des choses sans qu'Harry ne l'influence d'aucune sorte. Malheureusement, ces actions n'avaient aucune logique, il arrivait parfois que Draco ne fasse rien pendant plus d'une semaine, puis que toute une journée, il aille de lui-même où il souhaitait aller sans qu'on lui demande s'il voulait changer de place.
Le brun avait fini d'espérer que cela soit un signe d'un quelconque revirement de situation, et se contentait d'apprécier ces moments lorsqu'ils se produisaient. Il ne put s'empêcher de détailler le corps nu face à lui, et un frisson le parcourut. Oui, il s'était définitivement remplumé et pour ainsi dire embellit, ces derniers mois. Harry retira ses vêtements lui aussi, puis aida Draco à entrer dans le bain chaud avant de vouloir faire de même pour se glisser derrière lui, mais le Serpentard ne sembla pas d'accord. Il fronça les sourcils comme s'il réfléchissait à ce qui le dérangeait subitement, puis son visage s'éclaira légèrement. Il se retourna, et fit s'asseoir le Gryffondor dos à lui, inversant ainsi leurs rôles.
« Draco ? » appela doucement Harry d'une voix rendue rauque par l'émotion.
« Tu as transpiré, » répondit le blond avec une grimace avant de tâtonner le rebord de la baignoire et de s'emparer grosse éponge moelleuse dont il se servit pour frotter doucement les épaules et le dos du brun.
Harry ne sut pas vraiment s'il avait envie de rire ou de pleurer. L'émotion serrait sa gorge, si bien que ses épaules se mirent légèrement à trembler. Voir Draco prendre ainsi une initiative, faire quelque chose pour lui, lui donnait envie de pleurer comme un enfant. Mais d'un autre côté, il avait comme la légère impression que Draco Malfoy restait Draco Malfoy et qu'il ne supporterait pas qu'une personne ayant transpiré et ne s'étant pas correctement lavée partage son lit. Et cette pensée lui donnait envie d'hurler de rire.
Partagé entre deux extrêmes, il se contenta de garder les yeux écarquillés. Le Serpentard dut sentir que les épaules d'Harry tremblaient, puisqu'il cessa de le nettoyer afin de se glisser tout contre lui et de passer ses bras autour de son torse. Exactement comme le brun le faisait pour lui régulièrement. Le jeune homme ferma les yeux et se laissa aller à l'étreinte malgré lui.
Ils restèrent ainsi jusqu'à ce que l'eau soit froide. Harry finit par les rincer tous les deux, puis sortit du bain afin d'enrouler Draco dans une énorme serviette moelleuse afin qu'il ne prenne pas froid. Il en noua une autour de sa taille après s'être rapidement séché et les deux hommes prirent la direction de leur chambre. Il saisit sa baguette et leur jeta un sort afin que leurs cheveux sèchent et ne mouillent pas leurs oreillers, puis regarda son amant se blottir nu sous la couette après avoir abandonné sa serviette. Harry fit de même et passa automatiquement ses bras autour de Draco qui posa sa tête sur sa poitrine.
Le Serpentard s'endormit rapidement, mais Harry lui passa plusieurs heures à songer à ce qui risquait de se produire le lendemain et il sentit ses entrailles se nouer. « Je suis désolé, » murmura-t-il en prévision de ce que Draco allait devoir endurer dans quelques heures, puis déposa un baiser sur ses cheveux avant de fermer les yeux lui aussi.
OooOooOooO
Harry fut réveillé par un contact particulièrement délicieux. Il ouvrit les yeux et se rendit compte que Draco se trouvait presque sur lui et parsemait son cou de délicats baisers. Dans d'autres circonstances, ce genre de réveil l'aurait enchanté, mais Harry n'avait aucune envie de ça ce matin. Il glissa ses doigts dans les cheveux de son amant et ignora son excitation naissante pour l'embrasser doucement et en profita pour se redresser. Il aperçut très clairement l'air déçu et presque blessé qui passa sur le visage de Draco mais décida de faire comme s'il n'avait rien vu. « Bonjour, murmura-t-il doucement. Allons petit-déjeuner, d'accord ? »
Draco ne protesta pas. Ils se levèrent et Harry enfila un boxer avant d'aider son amant à en faire de même, puis ils allèrent dans la cuisine où il aida le blond à manger. Il ne prononça pas un mot, trop préoccupé pour faire la conversation avec quelqu'un qui ne lui répondrait pas, de toute manière. La matinée se déroula lentement. Le Gryffondor aida son amant à s'habiller, puis le laissa s'installer sur la terrasse comme il aimait le faire bien souvent et en profita pour aller se débarbouiller et s'habiller à son tour. Une boule s'était formée dans sa gorge depuis qu'il s'était réveillé et ne semblait pas décidée à partir. Alors il décida qu'il était temps de faire ce pourquoi il s'était entraîné depuis des semaines. De toute manière, il n'avait pas le choix. Il se dirigea vers la cheminée et passa sa tête dans l'âtre afin d'appeler Lawrence qui ne tarda pas à répondre, puis à apparaître à ses côtés.
« Vous êtes prêt ? » demanda-t-il en l'observant tranquillement.
Harry hocha la tête, il ne préférait pas parler, de peur que sa voix l'abandonne ou lui joue un mauvais tour. Ils allèrent chercher Draco qui leva vers eux un visage emprunt d'un air inquiet. D'habitude, Harry le laissait toujours sur la terrasse autant de temps qu'il le souhaitait… Le jeune homme affichait l'air d'un enfant apeuré qui meurtri le cœur du Gryffondor.
« Ne t'inquiètes pas, Dray, tout va bien, » dit-il d'une voix qu'il souhaita assurée et réconfortante.
Le blond le suivit jusqu'au salon où Harry l'aida à s'asseoir sur un fauteuil confortable. Lawrence sortit sa baguette et la pointa sur Draco, afin que des liens pas trop serrées viennent entourer ses poignets pour l'empêcher de bouger. Le Serpentard tira légèrement dessus, et la panique s'empara de ses traits d'ordinaire si calmes. De nouveau, Harry eut l'impression qu'une main broyait son cœur mais il s'agenouilla en face de l'homme qu'il aimait et posa une main sur la sienne.
« Doucement, calme-toi. Mr Lawrence et moi allons t'aider, d'accord ? »
Il le vit se détendre puis se redressa et jeta un regard guère assuré à Lawrence qui hocha doucement la tête.
« Vous commencez quand vous le souhaitez, Mr Potter. Je vous promets d'être là jusqu'à la fin. »
Harry inspira longuement et ferma les yeux un instant avant de les rouvrir et de pointer sa baguette sur Draco. Son cœur battait trop vite, comme s'il souhaitait s'échapper de sa poitrine, et une chape de plomb semblait tapisser son estomac.
« Légilimens, » dit-il d'une voix rauque en se concentrant sur le blond en face de lui.
Aussitôt, il se retrouva comme entraîné dans l'esprit de son amant.
Un enfant blond aux immenses yeux gris âgé d'environ six ans se trouvait dans un immense salon aux tons froids et neutres. Il était assis sur un large tapis d'apparence confortable et avait quelque chose entre les mains. Des étincelles s'échappèrent soudainement de l'objet et Harry comprit qu'il s'agissait d'une baguette magique. Aussitôt, la porte du salon s'ouvrit avec fracas et Lucius Malfoy pénétra dans la pièce en discutant vivement avec son épouse. Il s'immobilisa en voyant son fils jouer avec sa baguette magique. Le visage de Lucius se déforma brusquement et Harry comprit que c'était à cause de la peur. L'homme s'avança à grands pas et prit la baguette des mains de l'enfant avant de le gifler bruyamment.
« Plus jamais ! Tu m'entends Draco, plus jamais tu ne touches à ma baguette ! » s'écria-t-il.
Les yeux gris de l'enfant se remplirent de larmes et Narcissa accourut auprès de son fils. Elle s'agenouilla à côté de lui et le prit dans ses bras.
« Où est cette Elfe ? OU EST-ELLE ? ELVA ! » hurla-t-il en se retournant sur lui-même.
L'Elfe apparut aux pieds de son Maître, l'air terrifiée.
« Oui, Maître ?
« Ne t'avais-je pas demandé de veiller sur Draco ? NE L'AVAIS-JE PAS FAIT ? »
La pauvre créature se recroquevilla sur elle-même. « S-si, Maître, mais vous m'avez aussi demandé de… »
L'Elfe n'eut pas le temps de finir sa phrase car déjà, Lucius prononçait la formule interdite et un trait vert s'échappait de sa baguette pour frapper l'Elfe en pleine poitrine. « DOBBY ! »
Un autre craquement lui indiqua qu'un Elfe d'apparence plus jeune venait d'apparaître. Les traits de la créature se décomposèrent lorsqu'il vit le cadavre d'Elva qui n'était autre que sa propre mère. Derrière Lucius, les pleurs de l'enfant avaient doublé en voyant son Elfe se faire tuer sous ses yeux.
« Désormais, tu seras en charge de veiller sur Draco. Et ne t'avise pas de faire la moindre erreur, sinon tu la rejoindras, » siffla Lucius Malfoy avant de tourner les talons.
Narcissa avait observé la scène sans dire un mot. Elle était une femme et n'avait pas son mot à dire dans les décisions de son époux, même si elle trouvait celle-ci démesurée. Néanmoins, elle la comprenait. Dans ses bras, son fils sanglotait toujours et ses frêles épaules tremblaient. Elle resserra son étreinte et déposa un baiser sur les cheveux blonds de Draco.
« P-pourquoi… M-mère, pourquoi Père est-il aussi… m-méchant ? » sanglota-t-il dans le cou de Narcissa.
« C'est ainsi que ton père fonctionne, mon chéri. Il a eu peur que tu te blesses avec sa baguette, terriblement peur. Tu sais, tu es son unique fils et il tient énormément à toi. C'est juste que… il ne sait pas comment le montrer. Allons, sèche tes larmes. »
Elle le laissa pleurer dans ses bras encore quelques minutes, tout en jetant un regard désolé au pauvre Elfe de Maison qui pleurait la mort de sa mère.
Harry inspira et expira longuement, les yeux toujours fixés sur Draco qui s'était mis à trembler comme une feuille, l'air livide. Il dut faire appel à tout son courage pour ne pas s'arrêter maintenant et ne plus avoir à regarder son amant souffrir ainsi. Mais ce n'était que le début. Une autre image s'imposa brutalement à lui sans qu'il ait réellement à fouiller. Comme si les souvenirs de Draco n'avaient attendu que ça qu'on les aide à revenir à la surface.
Draco semblait désormais âgé de seize ans. Son visage avait perdu les rondeurs de l'enfance et s'était même légèrement creusé, déjà à l'époque. Des cernes soulignaient ses yeux, lui donnant presque l'air d'un cadavre et cette vision serra le cœur d'Harry. Oui, il se rappelait de cette époque. C'était pendant leur sixième année, alors qu'il avait reçu l'ordre de tuer Dumbledore. L'adolescent se trouvait dans une pièce assez large et le Gryffondor devina qu'il s'agissait de la Salle sur Demande. Il remarqua alors seulement que Draco pleurait, une main crispée au niveau de sa poitrine.
La vision sembla changer car l'image se brouilla, et Harry se retrouva dans les Toilettes de Mimi Geignarde. De nouveau, il vit Draco en train de pleurer, ses doigts crispés autour d'un lavabo. Puis il se vit entrer, et son cœur se serra. Il n'écouta même pas la dispute. Il ne s'en rappelait que trop bien. Mais il se vit très clairement lancer le sort de découpe à Draco. Puis le sang. Le sang partout, et la panique dans les yeux de Malfoy, la terreur.
Harry haletait désormais et tenait difficilement sur ses jambes. En face de lui, Draco se tordait de douleur en gémissant pitoyablement sous l'intrusion dans sa tête. Le Gryffondor sentit Lawrence se glisser derrière lui et poser une main sur son épaule afin de la serrer doucement. Il inspira un grand coup, et redoubla d'efforts. Aussi, tout s'enchaîna.
Draco était recroquevillé dans une pièce sombre. L'air y était humide et nauséabond. Il sanglotait bruyamment, un corps serré contre le sien. Harry vit des cheveux noirs et il lui suffit que le blond bouge légèrement pour reconnaître le visage de Pansy Parkinson. Il la serrait désespérément contre lui tout en se balançant, comme s'il la berçait doucement. Puis la porte s'ouvrit brusquement et la vive lumière aveugla le Serpentard qui gémit de douleur. Harry retint difficilement une exclamation en voyant le visage couvert de saletés et de sang de Draco, ses nombreuses blessures ainsi que ses vêtements déchirés. Deux hommes pénétrèrent dans la pièce et l'un d'eux saisit Draco pour le repousser tandis que l'autre s'emparait du cadavre de Pansy qui commençait déjà à se décomposer.
« NON ! hurla Draco, l'air dément ! Laissez-la ! Pansy ! Pansy ! Laissez la, laissez la, je vous en prie, non ! »
La porte se referma et Draco poussa un cri de pure agonie, jusqu'à ce que sa voix meure dans sa gorge, ses cordes vocales épuisées d'avoir été abusées pendant des heures depuis plusieurs jours.
Cette fois-ci, l'image s'effaça aussi rapidement que s'il avait s'agit d'un diaporama, et Draco se retrouva dans la même pièce, sauf que cette fois-ci, Flint se trouvait avec lui. Le jeune homme était étendu sur le sol, des mèches blondes masquant son visage, mais Harry comprit rapidement qu'il était en train de s'étouffer dans son propre sang. Bien évidemment, il aurait voulu faire quelque chose, mais il ne s'agissait que de souvenirs. Flint attrapa Draco par les cheveux et le releva, ignorant le gargouillis ignoble qui s'échappa de sa gorge, au lieu du gémissement de douleur qu'il aurait voulu pousser.
Draco tremblait tellement qu'Harry avait l'impression qu'il convulsait. Il sanglotait comme un enfant et se débattait en gémissant et en poussant des cris, suppliant qu'on le laisse tranquille, qu'on arrête de lui faire tant de mal. Harry faillit obéir, le cœur déchiré, mais Lawrence posa une main sur son épaule et lui fit signe de continuer. Le Gryffondor déglutit difficilement. Il réalisa qu'il pleurait lui aussi, des larmes brouillant sa vue. Mais il raffermit sa prise sur sa baguette et poursuivit.
OooOooOooO
J'avoue, c'est pas très cool de ma part de couper là, mais cette fanfiction traîne depuis bien trop longtemps, tellement longtemps que j'en ai honte, alors je préfère couper ce qui aurait du être un seul chapitre en deux afin de vous signaler que je suis toujours en vie et que cette fanfiction aura bel et bien une fin. Voilà, j'espère que ça vous aura plu, et sachez que la suite et fin de Open Your Eyes devrait arriver dans la semaine.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, et encore merci, mille fois merci de me suivre malgré le temps impardonnable que je mets pour écrire…
