Chapitre 17
Le ciel grognait de nouveau et il commençait à pleuvoir.
Ils étaient quand même rentrés avant qu'un nouvel orage éclate. Durant tout le trajet, Arthur et Ciel avaient parlé de la bête et de la prochaine battu qui devait avoir lieu dans deux semaines.
Une fois au château, le jeune Comte avait pris congé, suivi de Sebastian.
Ciel s'assit sur le lit et délaissa ses chaussures. Une fois fait, il s'allongea et enfouit sa tête dans les oreillers. Il soupira.
_ Cette journée m'a complètement lessivé, marmonna-t-il.
_ Mon Jeune Maître est souvent exténué quant il voit trop de monde, renchérit Sebastian.
Le jeune garçon tourna la tête vers lui et l'observa. Il soupira de nouveau et bailla à s'en décrocher la mâchoire.
_ As-tu jeté un coup d'œil au cahier ?
_ Oui et je dois vous montrer quelque chose.
Ciel se redressa malgré lui et s'assit sur le lit. Sans surprise, il vit Sebastian s'assoir à côté de lui et lui montrer la carte où toutes les attaques avaient été répertoriées.
_ Regardez donc les dates qui ont lieu vers Sutton et Ufford.
Ciel plissa son œil et prit le cahier des mains de Sebastian. Leurs doigts se frôlèrent un peu trop mais le jeune garçon était trop fatigué pour s'en rendre compte. A la place, il se concentra sur la carte et les dates. Au début, il ne percuta pas puis…
_ La plupart des premières attaques ont eu lieu à Sutton, fit-il.
Sebastian hocha la tête.
_ Oui. Je pense que cet animal doit être tapi là-bas.
Ciel le regarda.
_ Je te préviens, je n'ai pas envie de traquer cette bête en plein orage !
Comme pour interpréter ses paroles, un éclair déchira les nuages et bruit de tonnerre s'en suivit.
Sebastian regarda le temps où la pluie commençait à tomber, puis, il fixa son contractant.
_ Il me semble que votre chien va encore dormir avec vous, cette nuit, lança-t-il froidement.
Ciel tiqua.
_ Quoi ? Tu n'es pas content ? Oh mais Sebastian, je trouve cela assez marrant de dormir au pied du lit avec toi, tu ne trouves pas ?
Le démon haussa un sourcil.
_ Marrant ? Il y a de quoi de marrant ?
_ Je ne sais pas, avoua Ciel, je trouve ça juste marrant.
Il se redressa, posa le cahier sur le lit et se mit à califourchon sur le démon. Il releva son menton d'une main et vint se coller contre lui, sensuellement.
_ Et puis, tu pourras de nouveau me prendre dans tes bras, fit Ciel soudain séducteur.
Sebastian sourit vicieusement.
_ L'air étranger vous donne de bonnes idées, Bocchan ! J'ai presque envie qu'on reste ici en fin de compte.
Ciel eut un faux sourire et se dégagea, se rallongeant de nouveau.
_ Ne te fais pas de fausses joies, Sebastian. Néanmoins, choisis-moi une autre tenue pour ce soir. Je ne tiens pas à souper avec des vêtements qui ont vu ces gens à l'hôtel et après des cadavres pourrissants. En plus, j'ai encore l'impression de puer.
_ Ce n'est pas qu'une impression.
_ Oh, génial, merci Sebastian.
_ Mais je le sens car je suis un démon. C'est normal que vos vêtements aient pris un peu l'odeur des cadavres. Redressez-vous que je vous enlève cela.
Ciel soupira de nouveau et se redressa.
_ Et sans soupirer, lança Sebastian.
_ Ouais ben non. Je suis crevé, chaque effort me coute énormément. Je ne sais même pas comment je vais faire pour manger tout à l'heure.
_ Pauvre Bocchan, se moqua Sebastian. Souhaitez-vous que je vous mâche la nourriture ? Comme ça, vous n'aurez qu'à l'avaler.
Ciel le fixa un moment tandis qu'il se retrouvait torse nu.
_ Non mais ça ne va pas. C'est dégueulasse de dire ça, n'imagine même pas faire ça !
Le démon ricana et lui enleva son corsaire.
Un autre coup de tonnerre retentit et Ciel eut un soubresaut.
Sebastian fit comme s'il n'avait rien vu, sachant qu'il devait éviter d'embêter plus son contractant.
_ Bien sur que non, rassura le démon. Je ne vous ferai jamais ça car vous préfériez mettre fin à vos jours directement au lieu de ça.
Ciel lui envoya un regard noir et le majordome vint vers l'armoire.
_ Etant donné que le temps se rafraichit, commença-t-il, vous porterez un pantalon et une chemise longue.
Le jeune garçon l'observa.
_ Il est si rare que tu décides à me mettre en pantalon. Ma foi, c'est tout aussi bien, et je préfère d'ailleurs être en pantalon qu'en corsaire.
_ Pourquoi donc ?
_ On voit trop mes genoux, mes jambes et les mi-bas que tu m'enfiles.
_ C'est l'effet voulu, gratifia le majordome. Vous savez bien que c'est la mode pour les jeunes garçons.
_ Mais je suis le dirigeant de la fabrique Phantomhive ! De plus, je suis à la tête de la famille ! Je suis un homme respecté et respectable !
Sebastian le regarda en coin.
_ Par accident, lança-t-il. S'il n'y avait pas eu ce drame, vous serez encore un petit garçon vivant comme tous les enfants de votre âge. Vous avez grandi trop vite. Mais vous avez quand même raison. Sauf sur un point : vous n'êtes pas un homme, seulement un adolescent pré-pubère.
Ciel afficha une mine outrée.
_ Je te signale que tu aimes batifoler avec ce gamin ! Cracha Ciel. Et là, tu ne me considères pas comme tel ! Au contraire !
_ Je reformule : vous avez l'apparence d'un adolescent pré-pubère, avec quelques traits de caractère d'ailleurs, mais vous avez l'esprit d'un homme mûr. Est-ce que cela vous sied mieux ?
_ Qu'à moitié.
_ Cela m'aurait étonné du contraire, se blasa le majordome en s'approchant de son Jeune Maître avec les vêtements sur un bras.
Il commença à l'habiller pour le repas.
_ Néanmoins, reprit Sebastian, j'aime avoir des rapports intimes avec vous, et non pas que vous soyez un homme ou un enfant. Parce que vous êtes juste mon contractant et que j'aime votre esprit. Bien que, je dois l'avouer, votre apparence juvénile et androgyne pimente les choses.
Ciel l'observa et plongea son œil bleu dans le regard carmin.
_ J'ai faim.
