Chapitre 42

La mère rugit et claqua des dents. Toutefois, cela ne désarçonna pas Ciel qui avançait doucement sa main vers elle.

_ Tu ne devrais pas faire ça, conseilla le démon.

Mais le jeune garçon s'en foutait et ses doigts touchèrent d'abord le cou de la femelle. Cette dernière se crispa, sans pour autant lui bondir dessus. Au contraire, elle reposa sa tête sur la paille et Ciel la caressa. Son poil était rêche et gras, signe d'un animal malade. Sa main toucha ses masses et le jeune noble grimaça de dégout. La femelle était maigre, tellement maigre, en comparaison avec ses tumeurs.

Le jeune Comte la regarda, ne voyant que ses yeux jaunes sous cette espèce de heaume. Il caressa la zone de l'œil et la créature se détendit. Elle ouvrit même la gueule, dévoilant ses dents de fer rétractiles, sa véritable mâchoire et sa langue rose. Elle ne l'attaquait pas.

_ Elle sait, commença Ciel. Elle sait que je vais la tuer.

Tout en disant cela, de son autre main, il prit son arme et mit une balle. Il pointa le canon à l'emplacement du cœur, pas protégé. Il la caressa et la fixa un moment. L'œil jaune s'ouvrit et plongea dans le saphir de l'humain. Pendant quelques secondes, c'était comme si l'un et l'autre se parlaient. Ciel lui caressa encore le pourtour de l'œil puis, il appuya sur la détente. L'impact se répercuta en écho tandis que la créature lâcha un dernier soupir et laissa tomber complètement la tête en fermant ses yeux.

Ciel vint vers les petits et les caressa aussi. Ils n'avaient pas encore ouvert les yeux.

_ Michaelis, je veux que tu trouves les Lasthec et que tu les attrapes. Ils doivent payer pour leurs crimes.

_ Yes, My Lord.

Un moment de silence, puis, Ciel tourna la tête.

_ Pourquoi es-tu encore là ?

_ Qu'est-ce que tu comptes faire ? Les tuer ?

Le jeune Come déglutit et regarda de nouveau les petits.

_ Oui. Vu que j'ai tué leur mère, autant que je le fasse pour eux aussi. Surtout s'ils vont développer des instincts de tueur. Maintenant, pars sur le champ avant qu'ils ne s'échappent.

Le démon l'étudia un moment.

_ Bien, je reviens.

Il partit et le jeune garçon réarma son pistolet. Il caressa les petits. Eux, avaient un poil bien doux et soyeux. Toutefois, il constata que les Lasthec leur avaient déjà mis des excroissances métalliques, les rendant hideux et terrifiants.

_ Je suis désolé, murmura Ciel en pointant le canon sur le premier petit.

Un premier coup de feu retentit. Puis deux. Puis trois. Puis quatre.

Il resta plusieurs minutes ainsi, l'œil dans le vague alors qu'il venait d'abattre toute une portée. Il se leva de nouveau et se dirigea vers la Bête qui se vidait de son sang. Malgré tout, elle respirait encore et ses yeux essayaient de rester ouverts. A son approche, elle tenta de bouger la tête. Elle ne put seulement que de quelques centimètres tant elle s'affaiblissait. Elle produisait de petits rugissements, à la limite du couinement. Elle ouvrit sa gueule, faisant ciller ses crocs de fer. Son œil blessé était à moitié fermé.

Ciel resta à quelques mètres d'elle et mit de nouveau une balle. Comparé aux autres, il visa directement l'œil, vu qu'il n'y avait pas d'autre endroit découvert. Il déglutit et tira.

La Bête eut un sursaut et reposa sa tête immédiatement, mourant.

_ Avec ceci, l'affaire est terminée, murmura-t-il morne.

Il se dirigea vers Arthur, inconscient.


Une semaine passa.

Sebastian avait attrapé les Lasthec, enfin, les Chastel plutôt. Ils furent jugés. Toutefois, on ne sut pas le fin mot de l'histoire. L'Angleterre, en lien avec la France, avaient décidé de leur sort. On n'entendit plus jamais parler d'eux.

Arthur s'était retrouvé infirme. Il avait perdu l'usage de sa jambe, l'obligeant à marcher avec une canne. Toutefois, il était en vie.

Ciel, le Vicomte et le majordome démoniaque gardèrent le secret qu'il y avait eu plusieurs bêtes. Toutefois, ils durent dire qu'il y avait bien un animal. Grâce à l'autorité de Ciel, ils cachèrent leur véritable apparence monstrueuse. Le jeune Comte mit la Reine dans la confidence. Avec la France, cette affaire, tout comme au Gévaudan, fut gardée secrète et trafiquée.

Le tout resta dans le flou et le mystère…


Les voilà repartis en direction de Londres. Et c'était avec un certain soulagement que le jeune Comte voyait le chemin du retour.

Le fiacre les menait à la gare de Cambridge. Ciel et le démon étaient côte à côte. Ils se tenaient la main, discrètement, bien qu'ils fussent seuls.

De leur côté, ils continuaient leur début de relation de… couple ? Ciel ne savait pas encore comment définir ça. Néanmoins, et durant la dernière semaine passée à Suffolk, il assumait un peu plus que le démon vienne l'embrasser et d'autres choses qui étaient avant écœurantes pour le jeune Comte. De plus, ce n'était pas que charnel entre eux. Il y avait toutes ces petites intentions niaises et stupides qui faisaient que cela passait au dessus du désir. Par contre, il ne savait toujours pas s'il était heureux ou malheureux. Les mots d'Undertaker continuaient de le harceler. Après tout, il s'était engagé avec un démon, démon à qui il avait promis son âme en échange de sa vengeance. Cela ne pouvait que mal se finir.

Il verrait en temps voulu.

Ciel soupira et posa sa tête contre l'épaule du démon.

_ Veux-tu t'allonger plutôt ? Proposa ce dernier.

_ Non, je suis très bien ainsi.

_ Ciel, il faut que je te dise quelque chose.

Le jeune garçon leva ses yeux sur lui et redressa la tête.

_ Quoi donc ?

Il vit Michaelis se pencher et il chuchota à son oreille. Aussitôt, Ciel prit une teinte honorable et sortit de ses gonds.

_ Ne dis pas de telles choses !

Le démon sourit, narquois.

Ciel soupira une nouvelle fois et posa sa tête de nouveau contre son épaule. Il ferma ses yeux.

_ Moi aussi, Michaelis.

Le démon serra un peu plus sa main et cala sa tête* contre son compagnon. Ils fermèrent leurs yeux, bercés par le bruit des sabots.


PS : et là, un missile nucléaire s'abattit sur le fiacre et paf ! Plus de Sebastian, plus de Ciel ! Mouahahah ! Ben quoi ? C'était trop niais XD


* : Alouettes ! Je te plumerai !


FIN

Et bien voilà. Cette fic est terminée, j'espère qu'elle vous aura plu. En attendant, il reste "Pourriture" et "Son majordome, détruit" qui est toujours en cours d'écriture...