« Allons-y. » Hook aida la petite fille et Cora à monter dans la chaloupe « vous allez vraiment me faire ramer moi avec une main en moins ou la petite ? » dit-il sarcastiquement

Pour toute réponse, Cora remua sa main droite et la barque avança toute seule. La petite fille ne cessait de fixer les cotes s'approchant avant que Cora ne vienne près d'elle et ne lui murmure « Bien différent de notre monde n'est-ce pas ? »


« Maman, je vais chercher des champignons. »

« Mais il est tard, la nuit ne va pas tarder. »

« Ne t'inquiète pas, je ne tarderais pas. »

« Ne serais-tu pas généreuse simplement pour avoir une omelette aux champignons ce soir hein ? »

La petit fille d'environ 10 ans se précipita dans les bras de sa mère, blottissant son visage contre son ventre. Sa mère lui caressa ses longs cheveux châtains et ancra son regard dans celui noisette de la petite fille « Dieu bénisse la vie de m'avoir donné une fille comme toi. Allez va, et ne tarde pas. »

« Promis. Je t'aime. »

« Je t'aime aussi. »

Puis la petite partit, panier à la main, dans la forêt entourant sa maison faite des mains de son père, un solide bucheron. Elle connaissait ses bois par cœur, y ayant grandi, et c'est tout naturellement qu'elle se dirigea vers le seul endroit qui regorgeait de champignons comestibles. Mais sur le chemin, son attention fut attirée par quelque chose remuant derrière un bosquet. D'abord apeurée, elle fut curieuse et s'approcha jusqu'à séparer les quelques branches laissant apercevoir … « Oh un lapin ! Comme tu es beau ! Viens là … »

Elle tendit la main mais le lapin, d'un blanc immaculé, se déroba quelques mètres plus loin. « Dommage, j'aurais adoré te ramener à la maison, on a de quoi te nourrir tu sais, et j'aurais fais promettre à mon papa de ne pas te faire cuire ! » Mais voyant toujours le lapin immobile près à bondir dans la direction opposée, elle n'insista pas et s'éloigna … Jusqu'à ce qu'elle entende un chuchotement. Elle fronça les sourcils et se retourna, le lapin était juste derrière elle. Elle pencha la tête, il la fixait étrangement. « Tu veux venir ? »

Mais quand elle fit un pas vers lui, il bondit plus loin « Il faudrait savoir ce que tu veux ! Je vais être en retard ! Dépêche-toi. » Et alors qu'elle repartait vers sa maison, il lui sembla que le lapin l'appelait « psiit pssiit »

Elle se retourna une dernière fois et n'en cru pas ses yeux : Le lapin était sur ses 2 pattes arrière, semblant l'attendre. « Tu … Tu veux que je te suive ? » Et pour toute réponse le lapin fit quelques bonds avant de la regarder de nouveau « pssit ! »

Elle jeta un œil derrière elle : au loin elle distinguait le toit en chaume et la fumée s'échappant de la cheminée … Le soleil allait bientôt disparaitre, elle ne devrait pas tarder. Elle se tourna vers le lapin, qui l'attendait puis le suivit … Elle le suivit au travers des bosquets, faisant des détours, grimpant sur des rochers vermoulus ou des troncs d'arbre à terre … Puis le lapin s'arrêta devant un immense terrier que n'avait jamais remarqué la petite fille. Il leva son museau comme pour humer l'air avant d'entrer et de disparaitre dans le dit terrier. « Attends ! » lui lança-t-elle avant de comprendre qu'il ne ressortirait plus. Elle fit une moue boudeuse et était prête à rebrousser chemin quand elle entendit venant du terrier « psiit psiit ! » Elle fit volte face et s'accroupit devant le terrier « Tu viens de m'appeler ? » Un courant d'air venant du terrier fit se mouvoir les cheveux de la petite fille.

Elle s'approcha alors, encore et encore … Jusqu'à s'engouffrer entièrement dans le trou. Et au bout d'un mètre, la petite ne sentit plus rien sous ses mains et tomba, la tête la première, dans un trou sans fond, du moins c'est ce qu'elle pensa.

La peur au ventre, elle ne sortit même pas un cri de sa bouche tant la stupeur s'était emparée d'elle et alors qu'elle comprenait à peine ce qui venait de se passer, elle aperçut une étrange lumière venu d'en dessous. Et alors que son atterrissage aurait pu être violent, c'est lentement et doucement qu'elle se posa sur ses 2 pieds, au milieu d'une pièce circulaire avec plusieurs portes de différents styles.

Elle resta muette, complètement perdue dans ce lieu qu'elle ne connaissait pas. Elle leva le nez en l'air dans l'espoir de trouver une source de lumière mais rien si ce n'était le néant, le vide. Elle prit alors conscience des lieux : ici point de lapin, mais des portes toutes plus bizarres les unes que les autres. Et tandis qu'elle se dirigeait au hasard vers une porte aux allures d'énormes pain d'épice, un « psiit » ce fit entendre de l'autre coté, derrière elle. Elle se retourna et vit une porte différente des autres.

Si différentes d'ailleurs qu'il n'y avait pas réellement de porte mais une ouverture donnant sur un paysage coloré et inconnu de la petite fille : à cette heure-ci, le soleil devait être presque couché, hors ici, le ciel était d'un bleu éclatant.

Elle tendit fébrilement la main jusqu'à l'ouverture et l'image se gondola comme la surface de l'eau lorsqu'on la caresse. Puis, doucement, elle s'avança et traversa ce qui était, en fin de compte, un miroir.

Et ce qu'elle vit l'enchanta autant qu'elle lui fit peur : d'immenses brins d'herbe, des fleurs géantes chantantes et un chemin … Un chemin qu'elle suivit jusqu'à rencontrer une grosse chenille bleue sortant d'immenses ronds de fumée de sa bouche « Quiiiiii es-tuuuuuu ? »

« Moi ? »

« Toiiiiiii … »

« Je … Je m'appelle Alice. »


« Alice ! »

La petite sursauta alors, sortant de sa torpeur quand elle se rendit compte qu'ils avaient accosté sur la plage et que Cora et Hook l'attendaient. Elle sauta de la barque sur le sable et regarda les alentours : ces maisons et choses métalliques qui roulent étaient très surprenants.

« Que fait-on maintenant ? On joue en collectif ou séparés ? »

« L'union fait la force, mais je suis pour trouver ma fille seule, du moins avec Alice. »

« Et moi ? »

« Tu devrais rester sur ton navire, il ne passe pas inaperçu, je suppose que tu auras de la visite sous peu. »

« Saurais-je les tenir ? »

« Tu as l'effet de surprise pour toi. Aurais-tu peur de ces personnes ? »

« Non. Mais je n'ai rien pour me défendre que mon crochet. »

« De toute manière, je serais de retour vite et en compagnie de ma fille. »

« Tu ne doutes pas qu'elle puisse t'opposer hein ? »

« J'ai un argument de poids pour moi. De plus, elle a tout perdu ici. Elle n'a plus d'attache. »

« Et son fils, cet Henry ? Ne crois-tu pas qu'il pourrait être un frein ? »

« Si le sort a été brisé c'est que tous savent qui elle est à présent. Elle est maintenant seule contre cette ville qui lui en veut de les avoir plongés dans un sommeil de 28 années. Tous doivent être derrière Snow et Charming, ainsi que derrière leur fille, la Sauveuse. Oui, ma fille est à présent vulnérable et seule. Elle n'aura plus personne vers qui se tourner si ce n'est vers la seule personne qui lui tendra la main… »

« Vous. »

Cora sourit alors et leva les mains au dessus du sable, soufflant comme sur une bougie et, comme par magie, le sable se souleva et vint former une sorte de carte de la ville, dont un point rougeoyait. « Elle est là. » Cora lança un regard à Hook avant de tendre la main vers la petite fille qui l'attrapa, avant de s'éloigner tandis que Hook retourna à sa barque.

TBC