Bonjour ! ^^
Me revoilà déjà avec le second chapitre ! Alors premièrement, je veux remercier Euphie31, Alienor-fantastic, Evangeliade, Suna (Ha, ha ! Oui, c'est vrai que ce serait drôle qu'elle se moque du physique de Voldy XD Merci beaucoup pour ta review !), Bouyachaka, Suchi-story et Claire-de-plume pour avoir commenté le chapitre précédent. Vous êtes vraiment des cœurs ! ^^ Et bien sûr, je dis merci à ceux qui me lisent toujours. :)
Bon, sans plus tarder, je vous souhaite une bonne lecture. Et j'ajoute que je suis encore toute stressée. Remus en arrache beaucoup dans ce chapitre. :S
(Les personnages et l'univers magique appartiennent à J. K. Rowling)
Deuxième chapitre ― L'interrogatoire
Bellatrix revint vingt minutes plus tard, déconfite, en annonçant qu'elle n'avait trouvé d'eau potable nulle part. Remus, qui n'avait pas bougé depuis qu'elle était partie, n'eut aucune réaction. Il savait qu'elle ne trouverait rien. Il connaissait cette île mieux que quiconque.
― Nous allons donc mourir de soif, déclara-t-elle d'un ton tragique en s'arrêtant devant lui.
― Et moi, je mourrai sous la torture, enchaîna Remus dans un faible murmure, les yeux fixés sur les chaussures noires et boueuses de Bellatrix.
Celle-ci eut une exclamation agacée.
― Ne sois pas si mélodrame, Ralf, dit-elle. Je ne suis pas assez folle pour recommencer. Si je t'ai lancé ce sortilège, c'était parce que j'ignorais encore l'effet qu'il aurait eu sur toi. Maintenant que je sais...
― Vous allez recommencer, assura Remus, toujours sans remuer.
― Non !
― Si, affirma paisiblement Remus. C'est dans votre nature de torturer les gens...
― C'est dans votre nature de torturer les gens, répéta-t-elle en l'imitant.
Elle eut un soupir exaspéré et ses chaussures disparurent du champ de vision de Remus.
― Je vais essayer de faire du feu, informa-t-elle. Tu pourrais peut-être te rendre utile et aller ramasser des branches tandis que je rassemble des pierres ?
― Ha ! Ha ! fit Remus d'un ton ironique, sans broncher, la douleur ne cessant de pulser dans sa jambe.
Il se passa des heures alors que Bellatrix s'affairait un peu plus loin, sans que Remus parvienne à la voir. Ce dernier fixait le feuillage de l'arbre, qui s'étendait au-dessus de sa tête, écoutant les bruits des brindilles et des feuilles mortes qui craquaient sous les pas de Bellatrix et les autres sons qu'elle provoquait en laissant tomber une roche par-ci et en traînant une grosse branche sur le sol par-là.
Pendant ce temps-là, il réfléchissait. Comment réussirait-il à retourner chez lui si la baguette de Bellatrix refusait de lui obéir, s'il n'avait pas sa propre baguette non plus ni le pouvoir de transplaner avec sa jambe cassée ?
― Ralf ? appela soudain Bellatrix en revenant auprès de lui. J'ai besoin que tu m'enseignes comment faire un feu avec ma baguette.
― Pour que vous me lanciez ensuite des flammes afin de me brûler vif ? Non merci, refusa Remus d'un ton serein.
― Oh, Ralf, cesse de jouer au bébé ! s'irrita Bellatrix en s'immobilisant au-dessus de lui. Tu sais très bien que j'ai besoin de toi ― je n'ai pas pansé ta blessure pour rien, tout de même ! Et si je n'apprends pas comment faire du feu bientôt, on va se retrouver dans le noir total dans quelques heures d'ici. C'est ça que tu veux ?
Remus leva les yeux vers elle et scruta son visage pâle et mauvais.
― Premièrement, je ne m'appelle pas Ralf, dit-il d'un ton ferme. Deuxièmement, si vous voulez que je vous aide, il va vous falloir être plus polie envers moi.
Bellatrix releva alors le nez et l'observa un moment sans rien dire. Puis elle proposa d'un air désinvolte :
― Et que penses-tu plutôt de (elle approcha dangereusement son pied de la jambe douloureuse de Remus) : tu me dévoiles la formule pour faire du feu sinon j'appuie de toutes mes forces sur ta jambe ?
Remus sentit ses entrailles se ratatiner.
― Je dirai alors que la formule pour faire du feu est : Incendio, répondit-il alors, résigné.
― Merci, dit Bellatrix d'un air suffisant.
Et elle repartit la tête haute tandis que Remus se renfrogna, honteux d'avoir dû se plier à ses exigences afin d'échapper à une nouvelle torture. Pourquoi avait-il fallu qu'il se retrouve sur cette île avec elle ?
Le soir rendu, le doux crépitement d'un feu de camp résonnait dans le calme de l'île et un halo rougeâtre scintillait au loin, à travers les broussailles. Dans la pénombre au pied de l'arbre, Remus s'attendit à ce que Bellatrix revienne le voir d'un moment à l'autre et, effectivement, il entendit bientôt des bruits de pas annonçant son retour. Sa voix dure et sèche s'éleva au-dessus de sa tête :
― Tends-moi les bras, Ralf, que je te traîne jusqu'au feu.
Remus rejeta lentement la tête en arrière pour essayer de l'apercevoir dans la noirceur de la nuit.
― Pardon ? dit-il.
― Tends-moi les bras ! répéta-t-elle avec un geste impatient.
― Non, refusa calmement Remus. Je ne bouge pas d'ici. Ma jambe me fait trop mal pour qu'on me déplace.
― Oh, comme f'est trifte, ironisa Bellatrix en imitant une insupportable voix d'enfant. Le petit Ralf fouffre beaucoup et, à cause de fa, il ne peut pas se déplafer. Allez, grouille-toi, abruti, et cesse de jouer le faiblard en détresse !
― J'ai la jambe cassée ! protesta Remus, offusqué. Que voulez-vous que je fasse ? À moins que vous consentiez à la guérir, je ne... NE POINTEZ PAS VOTRE BAGUETTE SUR MOI !
Mais il était trop tard. Bellatrix avait déjà lancé la formule que Remus lui avait apprise contre sa volonté : « Petrificus Totalus ! » et un éclair rouge le frappa en pleine poitrine. Son corps fut instantanément paralysé. Le visage figé dans une expression d'horreur, les bras dans les airs, il n'arrivait plus à remuer un seul muscle et ne pouvait que regarder Bellatrix au-dessus de lui, qui lui adressa un large sourire diabolique.
― Intéressant, commenta-t-elle, les yeux étincelants. À présent, je vais pouvoir te transporter aisément sans que tu te remettes à râler comme un bébé. Allez, viens. Ralf.
Et elle l'empoigna par ses mains aussi dures que celles d'une statue de pierre et le tira tant bien que mal vers l'emplacement où elle avait allumé son feu de camp. Remus, impuissant, sentait le sol inégal et rugueux lui érafler le dos, et sa jambe, plus douloureuse que jamais, lui donnait l'impression qu'elle allait éclater. Enfin, elle l'installa au pied d'un nouvel arbre, devant le feu, et s'éloigna de lui de quelques pas pour l'examiner sous tous les angles.
Puis il arriva ce que Remus redoutait le plus : Bellatrix plaqua un doigt contre sa bouche d'un air embarrassé, les yeux écarquillés, tandis qu'elle se rendait compte qu'elle ne connaissait pas le contre-sort pour lui rendre sa mobilité.
― Heu... Ralf ? dit-elle d'une petite voix. Tu peux parler, dis-moi ?
Remus essaya alors de produire un son, ne serait-ce qu'un infime grognement, mais en vain. C'était impossible. Sa bouche entrouverte restait immobile, incapable de faire le moindre geste. Il ne pouvait que sentir la tiédeur du feu de camp sur son visage, dont les flammes dansaient derrière Bellatrix qui s'affolait.
― Ralf, réponds-moi ! s'écria-t-elle en se laissant tomber à ses côtés. Ralf !
Elle secoua son corps aussi raide qu'une planche, y mettant toutes ses forces, mais elle ne parvenait pas pour autant à le défiger.
― Ralf, je ne connais pas la formule pour te ramener comme avant ! Il faut que tu me la dises ! Tu ne peux pas rester comme ça ! J'ai besoin de toi ! NE ME LAISSE PAS TOUTE SEULE SUR CETTE ÎLE, ESPÈCE DE SALOPARD !
Furieuse, elle le tabassa de ses poings sur sa poitrine en continuant de hurler. Elle poursuivit ainsi pendant plusieurs minutes jusqu'à ce qu'elle s'effondre sur lui, à bout de souffle, des mèches de ses longs cheveux se glissant dans la bouche de Remus.
Ce dernier était anéanti. Bellatrix avait raison : sans lui, elle allait mourir et lui-même donc dans cet état. Comment avait-il pu se retrouver dans une situation encore pire qu'elle ne l'était déjà, avec une femme aussi stupide en plus ?
— o0O0o —
Au petit matin, Remus se réveilla encore paralysé dans la même position, les yeux terriblement secs, avec Bellatrix Lestrange blottie contre lui, profondément endormie, sa respiration calme et régulière soufflant près de son oreille. Durant la nuit, elle avait tout tenté pour essayer de le libérer du sortilège, au grand dam de Remus, mais sans succès ― évidemment ! Comme si le violenter avait pu fonctionner ! Après l'avoir frappé au visage, roué de coups de pied dans les côtes et mordu chacun de ses doigts, elle l'avait fait souffrir pendant encore de longues minutes en enfonçant ses ongles dans la chair de sa jambe tuméfiée à travers les pansements. Elle s'était même amusée à l'embrasser en introduisant la pointe de sa langue dans sa bouche et en jouant dans son pantalon. Remus avait été plus qu'indigné et avait presque cru qu'elle allait réussir à lui susciter une réaction de sa part. Si tel avait été le cas, il l'aurait étranglée sur place.
C'est seulement tard dans la nuit qu'elle s'était résignée à abandonner ses idioties insolentes et qu'elle s'était étendue près de lui avant de tomber de sommeil, complètement exténuée.
Le feu s'était éteint et l'on entendait quelques gazouillements se mêlant aux sons des vagues venant s'échouer sur les rives de l'île. Le soleil dégageait une grande chaleur et Remus éprouvait une soif dévorante. Si seulement il avait appris à Bellatrix le sortilège de l'Aguamenti. Elle aurait peut-être consenti à l'abreuver.
Bellatrix remua soudain contre lui. Elle s'étira en ne se gênant pas pour lui accrocher le nez dans son grand geste du bras et se retourna de l'autre côté, lui montrant son dos. Elle resta ainsi longuement, sans plus bouger, puis elle se redressa brusquement en se retournant pour regarder Remus.
― Alors ? dit-elle d'une voix rauque, ensommeillée. Tu es réveillé, maintenant ?
Bien entendu, elle n'eut pas de réponse. Elle fronça les sourcils.
― Je parie que tu entends tout ce que je dis, murmura-t-elle en se rapprochant de lui à quatre pattes. Tes yeux semblent être la seule partie de toi qui est restée vivante.
Elle s'installa à califourchon sur son corps et rapprocha une fois encore son visage près du sien. Les chauds effluves de son haleine matinale donnèrent à Remus la nausée.
― Ta face s'est figée dans une expression vraiment affreuse, tu sais ça ? se moqua-t-elle d'un ton doucereux. Je pourrais t'empaler dans un champ de blé en tant qu'épouvantail et je suis certaine que tu effraierais les oiseaux de la façon la plus efficace. Tu aimerais que je t'empale, dis ? Je pourrais aussi t'empailler. Avec un peu de fourrure, tu pourrais aisément ressembler à un ours.
Elle marqua une pause, le temps de détailler le visage de Remus sous ses paupières lourdes, puis poursuivit d'un ton dur :
― Si tu ne défiges pas bientôt, c'est ça qui va t'arriver, Ralf. Je vais faire de toi un épouvantail avec une branche dans le derrière. Ça sera de toute beauté. Alors ? Qu'est-ce que tu dis de ça ?
Bellatrix crispa les mâchoires en voyant que Remus n'eut toujours pas de réaction. Sans en avoir l'air, ce dernier avait le cœur qui s'affolait entre ses côtes. Il savait qu'elle était capable des pires atrocités lorsqu'elle voulait se venger. C'était Bellatrix Lestrange, bon sang ; ce n'était pas n'importe qui ! Mais Remus avait beau souhaiter de tout son être de retrouver sa mobilité, il savait qu'il resterait paralysé ainsi le restant de sa vie si l'on ne lui lançait pas le contre-sort... à moins qu'elle ne meure... ou qu'elle ne finisse par se souvenir d'elle-même du sortilège... ou bien qu'elle n'ait des facultés de Legilimancie...
Sur cette dernière pensée, il tenta néanmoins, désespérément, un essai. Pendant que Bellatrix continuait à le fixer d'un air sombre, il se concentra en pensant de toutes ses forces aux mots : « Finite Incantatem ! » qu'il répéta en boucle dans sa tête, et espéra de tout cœur qu'elle les perçoive.
Enfin, comme si le ciel lui avait accordé un fabuleux miracle, une lueur de compréhension s'alluma dans le regard de Bellatrix qui s'exclama :
― Finite Incantatem ! Oui, je viens de m'en souvenir ! Je suis sûre que c'est ça !
Précipitamment, elle se redressa, plongea la main sous ses robes pour en dégainer sa baguette magique et la pointa sous le nez de Remus.
― Finite Incantatem !
Aussitôt, les bras de Remus s'affaissèrent le long de son corps. Retrouvant enfin sa mobilité, il cligna plusieurs fois des yeux et, à grand-peine, essaya de se redresser. Mais Bellatrix, jubilante, se jeta sur lui pour l'étreindre vigoureusement.
― OUI ! s'écria-t-elle. Ça y est, tu es revenu à toi ! Tu es vivant ! Tu... tu... Tu n'es qu'un sale crétin, Ralf, pour m'avoir appris ce sortilège sans me refiler le contre-sort !
Elle le gifla et il retomba sur le dos.
― Abruti ! Imbécile ! Qu'est-ce que tu as pensé ?
― Mais quand arrêterez-vous de me frapper, pour l'amour du grand merlin ? s'écria Remus en lui saisissant les poignets avant qu'elle ne le gifle à nouveau. Je ne vous ai jamais appris ce sort ! Si vous avez été assez idiote pour vous en servir sans vous soucier des conséquences... Aargh !
Bellatrix lui assena un coup de coude, se libéra des mains de Remus avec brusquerie et se leva.
― Tu me fais une nouvelle connerie de ce genre, Ralf, et je mets le feu à tes vieux habits qui sentent le moisi ! C'est compris ?
― Je ne m'appelle pas Ralf !
― C'est compris ? répéta-t-elle en le frappant d'un violent coup de pied dans les côtes.
― OUI, J'AI COMPRIS ! hurla Remus avec fureur, recroquevillé sous la douleur qui n'en finissait plus de le torturer.
D'un pas rageur, Bellatrix s'en retourna, disparaissant entre les arbres au loin. Remus respirait bruyamment. Il n'en pouvait plus de cette mésaventure et s'il ne trouvait pas bientôt le moyen de se sortir de là, il deviendrait fou.
Il s'était redressé en position assise, le dos adossé sur le tronc de l'arbre, lorsque Bellatrix revient au camp un peu plus tard, avec deux oiseaux morts à la main.
― Je suppose que vous les avez torturés ? lança-t-il d'un ton amer, toujours en colère.
Sans répondre, Bellatrix alla s'asseoir sur une grosse roche en face de Remus, de l'autre côté du tas de braises fumantes, puis commença à plumer l'un de ses oiseaux.
― Est-ce qu'il existe un sort pour faire apparaître de l'eau ? demanda-t-elle après un moment, sans le regarder.
― Oui, c'est Aguamenti, répondit Remus, plus calme, en espérant qu'elle accepterait qu'il puisse en profiter lui aussi.
Jamais il n'avait eu la gorge aussi sèche.
― Et la nourriture ? interrogea-t-elle.
― Non, la magie ne se rend pas jusque là...
Bellatrix posa ses oiseaux à moitié plumés au pied de la roche et ressortit sa baguette.
― Aguamenti ! prononça-t-elle en visant devant ses chaussures.
Aussitôt, une eau claire et chatoyante au soleil émergea du bout de la baguette comme une fontaine. Remus regarda avidement Bellatrix se désaltérer, l'eau ruisselant sur le devant de son corsage noir. Après un moment, l'eau cessa de couler d'elle-même et, assouvie, Bellatrix rangea proprement sa baguette sous ses robes.
― Heu..., hésita Remus avant d'adopter une voix douce afin de demander le plus gentiment que possible : est-ce que je peux... ? Moi aussi... ?
Un petit sourire en coin apparut aux lèvres de Bellatrix qui resta silencieuse. Elle avait repris l'un de ses oiseaux et continuait à le plumer sans lever les yeux.
― J'ai très soif, informa-t-il inutilement. Bellatrix ? S'il vous plaît ?
Elle eut un petit rire et le regarda.
― Dis-moi, qu'est-ce que je fais comme métier ?
Remus fronça les sourcils.
― En quoi cela a-t-il rapport avec...
― Je veux en apprendre plus sur moi, interrompit-elle sèchement. Si tu réponds correctement à toutes mes questions, je consentirai peut-être à te donner de l'eau. Qu'est-ce que je fais comme métier ?
― Je ne sais pas, je ne vous connais pas, répondit Remus avec précaution.
― Mauvaise réponse ! Si tu ne me connaissais pas, tu n'aurais pas su mon nom.
― Connaître simplement votre nom ne signifie pas pour autant que je connaisse également toute votre vie en détail.
― Qu'est-ce que je fais comme métier ?
― Je ne sais pas !
Brusquement, Bellatrix se leva en laissant tomber ses oiseaux sur le sol dans un petit nuage de plumes et contourna le tas de braises d'un pas menaçant. Remus se sentit blêmir à son approche. Qu'allait-il devoir subir encore comme torture ?
― Tu as peur de moi, Ralf ! déclara-t-elle en venant s'asseoir sur lui, rapprochant ses yeux déments des siens. Tu as peur de moi parce que j'ai fait des choses dans le passé qui t'horrifie. Tu me connais, Ralf ! Ne dis pas le contraire !
― Non, mentit Remus, téméraire, d'une voix qu'il s'efforça de tenir égale, à quelques centimètres du visage de Bellatrix, je ne vous connais pas. Si je vous crains, c'est uniquement parce que vous n'avez pas cessé de me torturer depuis qu'on se trouve tous les deux sur cette île.
― Tu avais peur de moi dès ton réveil, hier matin, fit remarquer Bellatrix.
― Vous me menaciez.
― Avec une branche ?
Bellatrix éclata d'un rire rauque.
― Allez, Ralf, dis-moi... Qu'est-ce que je fais comme métier ? Tu le sais ! Réponds-moi !
Il y eut un silence. Pour rien au monde Remus n'allait lui révéler qu'elle était une Mangemort. C'était beaucoup trop risqué.
― Vous ne travailliez pas, répondit-il alors, sans tiquer.
Bellatrix vrilla ses yeux d'un air soupçonneux.
― Tu mens, déclara-t-elle, sûre d'elle.
― Pas du tout !
― Tu mens ! Je le vois dans ton regard, ça se sent, tu me mens !
Elle le gifla brusquement.
― Salopard !
Remus sentit alors la colère exploser dans le creux de son estomac. Cette fois, il en avait assez. Aussitôt, il l'empoigna par son épaisse tignasse brune, la fit gémir de douleur alors qu'il la força à rejeter la tête en arrière en tirant de toute ses forces, puis la fit basculer sur le côté.
― VOUS ALLEZ CESSER DE ME FRAPPER, NOM DE DIEU, SINON...
Mais il n'eut pas la chance de continuer. Indignée, Bellatrix avait poussé un grand rugissement en s'arrachant des mains de Remus et s'était ruée sur lui, pressée de se venger, le regard projetant des éclairs flamboyants. Elle serra ses doigts sur sa gorge tandis qu'il lui tirait à nouveau les cheveux. De son autre main, il explora à toute vitesse les dessous de ses robes dans l'espoir de récupérer sa baguette, mais il suffoqua bien assez vite. Au moment où il n'arrivait plus du tout à respirer et que des étoiles se mettaient à danser devant son regard, elle lâcha sa prise et il s'effondra sur le côté, râlant, cherchant son souffle.
― Espèce de sale pervers ! lança Bellatrix avec fureur en lui infligeant un violent coup de pied à sa jambe qui finit de l'achever.
La douleur l'aveugla et, rapidement, les ténèbres l'emportèrent.
— o0O0o —
Une eau glacée réveilla Remus en manquant de le noyer. Il se retrouva sur le dos, Bellatrix encore assise à califourchon sur lui, la baguette levée au-dessus de sa tête alors qu'elle lui versait de l'eau sur le visage. Assoiffé, Remus en avala plusieurs grosses gorgées. Lorsqu'il fut assouvi, il toussota et la fontaine s'arrêta au bout d'un moment.
Tous deux s'observaient sans dire un mot. Bellatrix avait l'air d'une enfant machiavélique qui s'apprêtait à jouer un jeu particulièrement amusant, ce qui n'était pas bon signe. Doucement, elle fit glisser le bout de sa baguette sur la joue ruisselante et enflée de Remus, qui respirait avec difficulté, et s'arrêta au niveau de sa poitrine. Là, elle appuya comme s'il s'agissait d'une lame de couteau et murmura :
― Qu'est-ce que je fais comme métier ?
Remus soupira. Elle n'abandonnerait donc jamais.
― Et je t'avertis, Ralf, si tu mens, je le saurai. Ça te dit quelque chose, la Legilimancie ?
Interdit, Remus ouvrit des yeux ronds.
― Co... comment... ?
― Je me suis aperçue tout à l'heure que j'avais un peu ce don, expliqua-t-elle, visiblement ravie de l'effet qu'elle avait suscité chez lui. Le mot m'est venu tout seul. Alors ? Qu'est-ce que je fais comme métier ?
Remus serra ses poings coincés sous la robe de Bellatrix. Il était une fois de plus pris au piège. Mais il n'allait pas continuer à se laisser prendre à ses jeux. Il n'allait pas lui donner cette satisfaction. Il devait parvenir à trouver un moyen pour qu'elle cesse de le violenter.
― Vous n'aviez pas de métier, répondit-il d'un ton dur. Vous avez été enfermée quatorze ans à Azkaban. Vous n'avez pas de vie. Vous n'êtes rien.
Le visage de Bellatrix s'assombrit, ses mâchoires se crispèrent, puis elle lança un brusque « Endoloris ! » qui fit se tortiller violemment Remus sous elle, hurlant à l'agonie. La cruelle douleur s'estompa, puis elle beugla :
― J'AI UNE VIE ! C'EST QUOI ! DIS-MOI QUELLE ÉTAIT MA VIE !
Elle se rua en avant, le prit par le menton et le força à la regarder droit dans les yeux, ses longs ongles crasseux s'enfonçant dans la chair de ses joues.
― J'ai commis des crimes, c'est ça ? interrogea-t-elle d'un ton vibrant. J'ai tué ton frère, peut-être ? Ta mère, ton père ? Ta femme ? C'est pour ça que tu me hais ?
― Non, gémit Remus, haletant. Vous avez... fait cela... à d'autres...
Bellatrix se rapprocha un peu plus de son visage. Leurs nez se touchaient presque.
― Pour quelles raisons ?
― Parce que vous aimez... tout simplement... la cruauté... vous êtes un monstre...
Bellatrix le dévisagea longuement, puis lui relâcha le menton en se redressant. Enfin, elle posa la redoutable question dont Remus priait pour ne pas entendre :
― Pour qui je travaille ?
Le cœur de Remus battit à toute allure dans sa poitrine écrasée sous le poids de Bellatrix. Il ne devait pas répondre à ça.
― Je... je n'ai pas le droit de prononcer son nom, balbutia-t-il à l'improviste.
― Puisque je te le demande !
― Vous ne le voudriez pas !
Elle le darda d'un regard assassin. Le bout de sa baguette s'enfonça plus profondément dans sa poitrine. Désespéré, Remus proposa :
― Et si vous prononcez la formule Episkey en visant ma jambe ? De cette façon, je pourrais enfin être en mesure de quitter cette île. Avec vous, ajouta-t-il en s'imaginant toujours l'assommer avec une lourde branche dès qu'il pourrait se relever debout. Ce n'est pas ce que vous souhaitez : quitter cette île au plus vite ?
― Ce que je souhaite ? répéta Bellatrix d'une voix suraiguë. Ce que je souhaite est de retrouver la mémoire, sombre abruti ! Alors, réponds à mes questions sinon je te fais souffrir sous le sortilège Doloris jusqu'à ce que tu en perdes la raison !
― Oui, comme Alice et Frank Londubat, c'est ça ? rappela machinalement Remus d'un ton amer.
Un silence s'ensuivit. Remus regretta aussitôt d'avoir laissé s'échapper cette information. Il espérait que ça ne l'ait pas aidé à retrouver quelques bribes de sa mémoire.
― Quoi ? dit Bellatrix, intéressée. Qui c'est, Alice et Frank Londubat ?
Remus hésita.
― RÉPONDS !
― De braves gens qui n'ont jamais parlé malgré la violente torture dont vous les avez soumis, répondit Remus avec colère. Depuis ils sont internés de façon permanente à l'hôpital Ste-Mangouste. Vous les avez rendus fous.
Bellatrix baissa les yeux dans un effort de mémoire, le front plissé.
― J'aurai autant de courage qu'eux, vous savez, poursuivit Remus avec défi. Vous pouvez toujours me torturer jusqu'à ce que j'en perdre la raison, comme vous dites, mais je ne parlerai pas. Vous finirez toute seule sur cette île sans personne pour vous aider. Vous allez pourrir ici et vous le mériterez.
Bellatrix eut un rire incrédule.
― Toi ? Aussi courageux ? se moqua-t-elle. Allons, Ralf ! Tu te soumets à la moindre torture depuis le début, pauvre idiot ! Allez, arrête ta comédie et dis-moi le nom de celui pour qui je travaille.
― Non !
― Tant pis ! Endoloris !
Et Remus se retrouva alors encore sous l'abominable torture du sortilège impardonnable. Il avait l'impression que sa tête allait éclater.
― Et là ? dit Bellatrix en interrompant le sort. Tu me dis son nom ?
― N-non, répondit Remus, hardi, le corps en feu. Je vous l'ai dit... je... je ne parlerai pas...
Bellatrix serra les dents et lui lança un nouveau sortilège de douleur atroce. Après vingt minutes de ce même manège, les muscles convulsés de douleur, la respiration saccadée, Remus refusa toujours de parler. Il savait qu'elle finirait par abandonner. Elle n'irait pas jusqu'à risquer de le perdre, lui, son seul espoir de la faire sortir de cette île. Il devait résister.
Et comme de juste, sans cesser de le regarder d'un œil noir et de le pointer de sa baguette, Bellatrix se releva dans des gestes tremblants de fureur. Une fois debout au-dessus de lui, il s'écoula plusieurs secondes pendant lesquels elle ne bougea pas, le regard calculateur, observant Remus sur le sol, couvert de sueur, le souffle sifflant. Elle paraissait réfléchir.
Enfin, elle dévia sa baguette vers sa jambe blessée et s'écria à contrecœur :
― Episkey !
Merci d'avoir lu ! ^^
Maintenant, j'attends de savoir si vous avez aimé ou non... *stresse, stresse*
