Salut ! ^^
Je vous reviens avec le nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Tout d'abord, je remercie Euphie31 (qui est toujours le première à reviewer :P), Zaraelle, Alienor-fantastic, Clair-2-lune, Bouyachaka, Bouyachaka, Bouyachaka (cette fois-ci, je fais sûr de ne pas oublier de te citer ;) et tous les autres qui me lisent toujours.
(Les personnages et l'univers magique appartiennent à J.K. Rowling)
Bonne lecture ! :)
Quatrième chapitre ― Affrontement
Sur le dos, les bras en croix, les yeux grands ouverts à fixer les branches nouées au-dessus de lui, Remus se concentrait sur sa respiration, les battements de son cœur, l'odeur des épines, et tout ce qui pouvait l'aider à oublier que Bellatrix Lestrange se trouvait blottie contre son corps et qu'il ne la repoussait pas, malgré la hargne qu'il éprouvait pour elle. Il se souvenait à quel point il avait été dégoûté qu'elle le touche de cette façon alors qu'elle l'avait paralysé l'autre nuit. Mais maintenant, tandis qu'il sentait son souffle chaud, écœurant, dans son cou, il avait le sentiment que c'était encore pire. Cette fois, il pouvait la repousser, mais il ne le faisait pas. Il se devait de l'endurer parce qu'il savait que la situation ne ferait qu'empirer s'il n'arrivait pas à se contrôler. Maintenant qu'elle connaissait l'anti-sort, elle pourrait avoir l'idée de le paralyser à nouveau, par exemple, ou encore, l'attacher à l'aide de l'Incarcerem...
— Ralf ? susurra Bellatrix à son oreille.
Remus serra les dents et resta silencieux.
― Ralf, à quoi tu penses ?
― Au jour où je pourrais enfin fuir cette île, répondit-il sans la regarder.
Nouveau silence. Bellatrix passa le dos de ses doigts sur la poitrine de Remus, le caressant doucement à travers sa chemise, et ce dernier se raidit en fermant les yeux.
― Est-ce que je suis belle, Ralf ? demanda-t-elle soudain et Remus rouvrit aussitôt les paupières.
― Q-quoi ?
― Est-ce que je suis belle ? répéta-t-elle en lui caressant à présent la joue. Si je te pose la question, c'est parce que je ne sais pas. Je ne me souviens pas de mon visage. Et quand je te sens... mal à l'aise tandis que je te touche, comme en ce moment... Enfin... peut-être que tu ne me trouves pas jolie ?
Remus tourna alors lentement le regard vers elle. Dans la pénombre de l'abri, elle faisait peur avec ses grands yeux abondement maquillés de noir, sous les mèches de son épaisse tignasse sombre également.
― Ben quoi ? dit Bellatrix sur un ton de défi.
― Vous ne vous posez pas sérieusement cette question ?
― C'est une question comme une autre !
― Alors je vais vous répondre que, non, ce n'est pas simplement parce que je vous trouve affreuse que je répugne à ce que vous me touchiez, répliqua Remus. Je vous rappelle que vous avez commis d'horribles crimes dans le passé, ce qui fait de vous un monstre, peu importe si vous vous en souvenez ou pas. Même en ayant perdu la mémoire, vous êtes restée telle que vous êtes : une affreuse vipère qui aime se nourrir de la souffrance des autres.
Brusquement, Bellatrix l'empoigna par le cou avec ses longs doigts hérissés d'ongles pointus.
― Je ne suis pas un monstre ! cracha-t-elle, outrée.
― Non et c'est pour ça que vous me sautez constamment à la gorge à la moindre occasion ? ironisa Remus, la voix étouffée. Si vous n'êtes pas un monstre, prouvez-le-moi donc, alors.
― Pas question ! J'en ai déjà assez de te prouver que je suis digne de confiance, pas la peine d'en rajouter !
― Vous n'avez rien prouvé du tout, contesta Remus, vous êtes encore en train de me torturer !
Les doigts de Bellatrix se resserrèrent un peu plus sur son cou, sa mâchoire se contracta, puis elle le relâcha en poussant un grognement d'irritation.
― Je ne te torturais pas, marmonna-t-elle en revenant se blottir contre lui, comme si rien ne s'était passé. Je ne faisais que te secouer un peu. Serre-moi dans tes bras, Ralf, j'ai encore froid.
― Non mais allez vous faire..., commença Remus en se frottant la gorge, mais ravala aussitôt ses paroles.
Il devait retrouver son calme. Mais un bruit sourd palpitait à ses tympans. Il avait envie, justement, d'enlacer Bellatrix dans ses bras, mais pour la tordre avec hargne jusqu'à la faire hurler de douleur.
― Serre-moi dans tes bras ! répéta Bellatrix d'un ton autoritaire. Tout de suite !
― Non ! s'emporta Remus avec colère. Non, Bellatrix Lestrange ! Vous vouliez ma chaleur ? Eh bien, c'est tout ce que je peux vous offrir ! Ne me demandez pas de vous serrer dans mes bras en plus, vous me dégoûtez trop ! Aïe !
Remus se redressa dans un soubresaut et se prit la jambe à deux mains en expirant lourdement.
― Je n'ai pas fait exprès, affirma Bellatrix avec froideur. Mon pied a frappé tout seul ta jambe sans que j'aie pu le retenir.
― Sale... maudite... espèce de..., siffla Remus alors qu'une douleur lancinante lui parcourait la jambe.
― Je n'ai pas fait exprès, je te dis !
― LA FERME ! s'écria Remus en lui dardant un regard furieux. Si vous continuez comme ça, ma jambe ne finira jamais par guérir et nous resterons alors indéfiniment sur cette saleté d'île !
― Pas si je retrouvais la mémoire, fit observer Bellatrix avec désinvolture. Si tu m'aidais à la re...
― NON !
― ... nous ne serions pas obligés d'attendre que ta jambe gué...
― J'AI DIT NON !
― ... et je serai en mesure, moi, de transplaner...
― NOOOON !
― Tu es têtu, Ralf ! s'emporta Bellatrix à son tour. Je t'ai déjà dit que je ne te tuerai pas si tu acceptais de...
― JE N'AI AUCUNE CONFIANCE EN VOUS !
Un lourd silence tomba sous les branches de sapin. Une dangereuse lueur s'alluma alors dans les yeux de Bellatrix, qui n'avait rien à voir avec la lumière rougeoyante du feu qu'on apercevait crépiter par l'ouverture de la tente d'épines.
― Dans ce cas, si je comprends bien, ça ne sert à rien d'essayer de te prouver que je suis une personne digne de confiance ? murmura-t-elle.
Le cœur de Remus se mit à battre à tout rompre dans sa poitrine. Il sut immédiatement où elle voulait en venir. À présent, il regrettait d'avoir perdu son sang froid. Il fut sur le point de reprendre la parole d'une voix plus calme quand Bellatrix avait déjà ressorti sa baguette qu'elle pointa droit sur lui.
― Très bien alors, dit-elle. Si je perds mon temps... Endoloris !
― Aaaaaaargh !
Remus retomba sur le dos et se convulsa dans tous les sens dans le fond de l'abri. Il avait l'impression de se faire brûler vif. C'était insupportable. Horrible. Et la douleur atroce continuait. Tous ses os allaient exploser d'un moment à l'autre. Il allait mourir. Il voulait mourir ! Pourquoi ne le tuait-elle donc pas ?
Enfin, la douleur cessa. Recroquevillé en boule sur le côté, secoué de violents tremblements, Remus sentait le goût du sang et il avait de la difficulté à retrouver une respiration normale.
Doucement, Bellatrix le retourna sur le dos, lui trop faible pour résister, et monta une fois de plus sur lui en se mouvant comme un effroyable fauve.
― Nous allons recommencer du début, Ralf, veux-tu ? susurra-t-elle en glissant le bout de sa baguette le long de son cou.
Elle avait l'air démente, animée d'une excitation malsaine.
― Pour qui je travaille ?
Remus étouffa un sanglot.
― Pour qui je travaille ? répéta-t-elle.
La respiration de Remus s'accéléra.
― Non..., gémit-il. Non...
― Endoloris !
― AAAAAAARGH !
Jamais Remus n'avait poussé de tels hurlements déchirants dans sa vie. Se métamorphoser en loup-garou n'était pas aussi torturant. Bellatrix se pencha sur lui en s'agrippant fermement d'une main à sa chemise pour ne pas basculer sur le côté, tant il était agité de violentes convulsions.
― Pour qui je travaille ? beuglait-elle.
Elle leva sa baguette magique et la douleur s'interrompit.
Remus était désespéré. Soit il se taisait et la laissait le torturer jusqu'à ce qu'il meure, soit il l'aidait à retrouver la mémoire pour qu'elle le torture ensuite jusqu'à ce qu'il meure. Peu importe le choix, le résultat restait le même. Néanmoins, s'il se taisait, il y avait toujours la chance qu'elle ne parvienne jamais à retrouver d'elle-même la mémoire, venant alors à périr sur cette île.
Remus choisit donc courageusement de continuer à se taire.
― Allez-y... tuez-moi..., haleta-t-il avec hargne. Je ne parlerai jamais et vous mourrez alors toute seule ici près de mon cadavre !
Bellatrix brandit sa baguette magique.
― ENDOLORIS !
Remus ne sut pas pendant combien de temps il avait hurlé à se casser la voix, à sentir que des milliers de couteaux lui mutilaient chaque parcelle de son corps tandis que Bellatrix riait comme une démente au-dessus de lui. Le temps s'était comme figé, les minutes s'étaient éternisées, puis la douleur était devenue un tel supplice qu'il avait fini par perdre connaissance.
— o0O0o —
Le lendemain matin, Remus avait le corps terriblement raide, sa tête lui faisait mal et il sentait sa jambe plus enflée que jamais. Il était encore sur le dos, les bras en croix, et il fut surpris de constater que Bellatrix avait passé toute la nuit collée sur lui, une main reposant sur sa poitrine, une jambe lui entourant la taille. Une bouffée de rage étrangla Remus. Comment pouvait-elle se permettre de dormir innocemment contre lui alors qu'elle avait pris plaisir à le torturer la veille durant toute la soirée ?
Elle était vraiment malsaine, pensa Remus.
D'un geste excédé, il la repoussa et elle roula sur le dos. Bellatrix émit un petit gémissement ensommeillé, mais ne se réveilla pas. Remus contempla son visage paisible sous les longues mèches de ses épais cheveux bruns, sans plus aucune trace de démence, ni de sadisme. Sa poitrine enserrée dans son corset se soulevait au rythme de sa respiration tranquille. Remus pensa qu'elle devrait toujours être en train de dormir. C'était les seuls moments où elle avait l'air d'une simple femme inoffensive, vulnérable, angélique... et belle, tout de même...
Remus continua ainsi à l'observer dans son sommeil avec une étrange curiosité, jusqu'à ce qu'il prenne soudain conscience qu'il fallait absolument qu'il l'assomme, ou quelque chose d'autre du genre, avant qu'elle ne rouvre les yeux et recommence à le martyriser.
Jetant des regards autour de lui, il chercha une pierre assez grosse pour lui faire très mal. Une fois qu'elle serait inconsciente, il pourrait alors s'emparer de sa baguette et la cacher quelque part où elle ne la retrouverait plus. Cependant, il ne trouva que des petits cailloux sous l'abri. Il fallait donc qu'il sorte dehors et, pour cela, il allait devoir passer par-dessus Bellatrix sans qu'elle se réveille.
Remus soupira à l'idée, mais décida néanmoins de rassembler son courage et de s'approcher d'elle.
Lentement, avec toutes les précautions du monde, il souleva son membre blessé à l'aide d'une main et le fit passer par-dessus les jambes de Bellatrix en prenant garde de ne pas la toucher au passage. Il amena ensuite sa main près de son visage endormi pour y prendre appui, repoussant délicatement ses cheveux avant pour ne pas les accrocher, puis, une fois au-dessus d'elle, son autre main appuyée de l'autre côté de sa tête, les yeux fixés sur ses paupières closes noircies de maquillage, il transféra doucement son poids sur sa jambe enflée pour tenter de retomber silencieusement du côté de la sortie.
― Oh, Ralf...
Remus se figea sur place, son sang ne faisant qu'un tour. Il l'avait réveillée !
― Ralf, laisse... laisse-moi te...
Mais ses yeux étaient restés fermés. Profondément soulagé, Remus constata qu'elle marmonnait simplement dans son sommeil. Il expira donc avec lenteur et poursuivit son déplacement.
― Laisse-moi encore te faire mal, Ralf..., continuait Bellatrix d'une voix faible, en remuant mollement la tête de gauche à droite. Laisse-moi... oui... j'en ai envie... laisse-moi te faire... mal... encore...
― Dans vos rêves, ne put s'empêcher de chuchoter Remus d'un ton acide.
Soudain, la douleur de sa jambe s'exacerba d'un coup à cause d'une trop grande pression exercée malencontreusement sur son genou et il retomba alors sur ses coudes, le nez à quelques millimètres de celui de Bellatrix qui ouvrit aussitôt ses grands yeux.
Remus fit alors résonner un immense juron dans sa tête.
― Ralf ? dit Bellatrix d'un air surpris. Mais qu'est-ce que tu fais... ? Pourquoi es-tu sur... ?
Remus réagit à la vitesse de l'éclair. Précipitamment, il se saisit de ses minces poignets et lui immobilisa les mains de part et d'autre de son visage. Bellatrix poussa un cri. Ils se regardèrent ensuite dans les yeux durant de longues secondes, sans que Remus sache vraiment ce qu'il convenait de faire par la suite, puis Bellatrix esquissa un mouvement pour se libérer. Aussitôt, Remus resserra sa prise et s'assura de la tenir bien clouée sur le sol. Bellatrix parut plus contrariée qu'effrayée. Elle le regarda en serrant les poings, puis elle se mit à se démener comme un diable sous Remus qui s'écrasa sur elle de tout son corps pour ne pas la lâcher. Naturellement, elle lui donna un tas de coups de pied sur sa jambe blessée. Remus hurla de douleur, mais n'abandonna pas la partie. Le souvenir cuisant du supplice du Doloris, largement plus douloureux, était toujours très présent dans son esprit.
Enfin, il se redressa un peu et lui assena un puissant coup de tête sur le front afin de la sonner, mais...
― Aaaaaaïe ! crièrent-ils en chœur en portant la main simultanément à leurs fronts.
Pendant un instant, Remus ne voyait plus que des étoiles.
― Espèce de crétin ! s'exclama Bellatrix qui avait cessé de s'agiter un instant. Tu m'as complètement bousillé le crâne ! Je ne vois plus rien !
Les étoiles finirent par s'estomper devant le regard de Remus et il aperçut alors Bellatrix, des étincelles meurtrières dans les yeux, se redresser d'un bond en rugissant de fureur. Elle fut sur le point de l'empoigner par la gorge, mais Remus fut le plus rapide et le fit avant elle. Elle retomba alors durement sur le dos, étouffée sous les doigts fermes de Remus à son cou.
Tandis que Bellatrix, râlant, se débattait pour lui faire lâcher prise, le visage passant du rouge au violet, Remus s'empressa de son autre main de retrouver sa baguette magique dans ses robes. Il fouilla rapidement les dessous sombres des multiples jupons à la recherche d'une poche ou autre cachette du genre, et lorsqu'il en vint à passer ses doigts sur la peau nue des jambes de Bellatrix, puis sur ses cuisses, il ne put s'empêcher d'avoir la désagréable impression d'être en train de la violer... Sur le coup du malaise, il desserra légèrement sa main sur sa gorge, permettant à Bellatrix d'inspirer un peu mieux. Il trouva ensuite la baguette rangée dans un étui fixé à l'une de ses cuisses et s'empressa de la dégainer d'une main tremblante. Une fois, la baguette entre ses doigts, il relâcha Bellatrix, s'ôta de sur elle en grimaçant sous la douleur de sa jambe et se laissa tomber contre le mur d'épines, épuisé.
― Sale... salopard..., haleta Bellatrix, les mains à son cou, qui essayait de retrouver son souffle.
Son visage avait pris des teintes bleuâtres. Fébrile, elle roula à plat ventre, se redressa sur ses coudes et tourna son regard noir vers Remus.
― Rends-moi ma baguette, Ralf ! ordonna-t-elle d'un ton menaçant.
Remus se contenta de la regarder sans répondre en faisant rouler la baguette entre ses doigts. Bellatrix poussa un grognement furieux.
― Rends-moi ma baguette ! répéta-t-elle.
― Non, répondit calmement Remus, un sourire en coin.
Il avait la situation bien en main, maintenant.
― Et qu'est-ce que tu vas faire avec ma baguette, Ralf, hein ? cracha Bellatrix en rampant de quelques centimètres vers lui. Tu ne peux même pas t'en servir !
Le sourire de Remus s'effaça. Il observa la baguette un instant, la pointa vers Bellatrix en hésitant et tenta un essai :
― Stupéfix !
Bellatrix poussa un petit cri, mais rien ne se produisit.
― Ah ! s'exclama-t-elle en affichant un air de triomphe. Qu'est-ce que je disais ! Peut-être que tu n'es même pas un sorcier, après tout, dit-elle avec sarcasme. Peut-être que tu es... comment dit-on, déjà ? J'ai comme un mot qui me survient à l'esprit, tout à coup... Ah oui ! Un Moldu... ?
Et sur ces mots, Bellatrix se rua sur Remus qui se saisit précipitamment de la baguette à deux mains.
― NE TENTEZ RIEN SINON JE LA CASSE EN DEUX ! hurla-t-il.
Il sentit les ongles de Bellatrix lui frôler le visage, mais elle s'immobilisa devant lui, les mains retombant par terre, et ne continua pas sur son élan. Une lueur d'appréhension s'était allumée dans son regard.
― Tu ne feras pas ça, Ralf..., dit-elle d'une voix qui avait soudain perdu sa sécheresse coutumière.
― Oh que si, je le ferai, assura Remus avec douceur. Elle ne m'est pas utile, justement...
Bellatrix pâlit. Ses yeux allèrent de ceux de Remus à la baguette qu'il tenait au-dessus de sa tête, hors de sa portée. Il s'écoula quelques secondes, puis elle osa s'élancer de nouveau sur lui. Il y avait maintenant quatre mains sur la baguette que Bellatrix tirait vers elle de toutes ses forces.
― Rends-moi ma baguette !
Cependant, lorsque Bellatrix s'aperçut que Remus se mettait à forcer vigoureusement sur la baguette dans le but de la briser, elle la relâcha aussitôt comme si elle s'était brûlée.
― NON ! s'écria-t-elle d'une voix aiguë. NE LA CASSE PAS, RALF, NON !
Elle retomba en arrière, sur les fesses, et se prit la tête à deux mains en regardant sa baguette dans les doigts de Remus, comme si une bombe était sur le point d'éclater à tout moment.
Remus avait cessé la pression sur le bout de bois. Il observait Bellatrix avec une telle joie sauvage que ça faisait du bien. Enfin, il pouvait la contrôler un peu. Elle ne ressemblait plus qu'à une petite fille terrifiée à l'idée de perdre son jouet préféré.
― Ne la casse pas..., répéta-t-elle d'une voix assourdie, à peine audible, les doigts crispés dans son épaisse chevelure ébouriffée.
― Je ne la casserai pas si vous faites tout ce que je vous demande, dit Remus très calmement.
Le regard de Bellatrix se durcit. Manifestement, de devoir se soumettre ne la réjouissait vraiment pas.
― Tu vas le regretter, Ralf, grinça-t-elle.
― Sortez de là et allez jouer plus loin, ordonna Remus. Je vous ai assez vue.
― Que vas-tu faire avec ma baguette ? demanda Bellatrix qui ne bougea pas.
― J'ai dit : sortez de là et allez jouer plus loin, répéta Remus sans hausser le ton.
― Je veux savoir ce que tu vas faire avec...
― Ce n'est plus vous qui donnez les ordres à présent, coupa Remus, toujours d'un ton calme. C'est moi. Et je t'ai demandé de sortir. Sinon...
Il esquissa le geste de briser la baguette en deux.
― D'accord, je m'en vais ! s'exclama Bellatrix avec énervement. Je m'en vais !
Elle se retourna vers l'ouverture entre les branches épineuses et sortit de sous l'abri à quatre pattes. Dès qu'elle disparut dehors, Remus s'empressa de réfléchir au moyen de cacher la baguette quelque part. S'il la laissait sur lui, il pourrait venir l'envie à Bellatrix de le fouiller la nuit alors qu'il dormait. Elle pourrait même l'assommer. Remus savait qu'elle serait prête à tout pour récupérer sa précieuse baguette.
En attendant de trouver une solution à son problème, il essaya quelques sorts pour voir si les plus faciles d'entre eux fonctionneraient. Le Lumos n'émit qu'une minuscule lueur. Il arriva à peine à faire léviter un caillou de quelques centimètres et eut toutes les peines du monde à l'attirer vers lui. C'était comme s'il avait la main de quelqu'un d'autre au bout de son bras. La Baguette refusait de lui obéir convenablement, et cela même s'il l'avait arrachée de force à sa propriétaire. Il n'arrivait même pas à produire un simple Patronus. Au moins, l'Aguamenti lui offrait un très mince filet d'eau, ce qui était toujours mieux que rien. Autrement, il se serait retrouvé dans de beaux draps : la baguette leur offrait la seule source d'eau potable sur cette île.
Des bruits de pas indiquèrent que Bellatrix n'était pas allée bien loin. Remus la soupçonnait de manigancer déjà un mauvais plan. Lentement, il s'approcha de la sortie en cachant la baguette dans une poche sous ses haillons, là où il rangeait d'habitude sa propre baguette, et émergea la tête dehors pour voir ce que Bellatrix faisait.
Au premier coup d'œil, il ne la vit nulle part. La braise du feu de camp fumait et elle ne se trouvait pas autour. Cependant, en tournant la tête à sa droite, il l'aperçut soudain, tout près de lui, les yeux comme deux charbons ardents, avec un grand et long bâton qu'elle s'apprêtait à abattre sur lui. Le cœur de Remus rata plusieurs battements et il rentra aussitôt sous l'abri en évitant de justesse de se faire frapper. Le bâton heurta le sol devant l'entrée avec un lourd bruit.
― Bellatrix, ne jouez pas à ça avec moi ! gronda Remus dont la jambe l'élança une fois encore à cause du mouvement précipité qu'il avait dû faire. J'étais sérieux, vous savez ! Je casserai volontairement votre baguette si vous...
― Donne-moi ma baguette, Ralf !
La tête hirsute de Bellatrix en furie apparut à l'entrée de l'abri.
― Donne-la-moi !
Elle allongea sa main aux ongles pointus vers la chemise de Remus. Celui-ci lui empoigna le poignet et la repoussa en arrière. Elle n'abandonnerait donc jamais ?
― D'accord ! s'exclama-t-il. Comme vous voulez ! Puisque vous ne voulez pas m'écouter, je la casse !
Et il plongea la main sous sa chemise. Bellatrix, par terre, écarquilla les yeux de terreur.
― Non ! s'écria-t-elle en tendant la main. Non, Ralf, je la veux ! Elle est à moi ! Ne fais pas ça !
― Alors, tenez-vous tranquille, bon sang !
Remus s'approcha d'elle vers l'ouverture et sortit dehors en rampant par terre. Bellatrix, le visage renfrogné, se recula pour le laisser passer, les doigts serrés sur sa longue branche.
― Merci pour le bâton, dit Remus. Il va m'être bien utile, finalement.
Il tendit la main vers Bellatrix qui éloigna aussitôt la branche de sa portée.
― C'est à moi ! cracha-t-elle.
Remus émit un petit rire sans joie en hochant la tête. Puis il reprit son déplacement pénible en direction du tronc auprès duquel il avait passé toute la journée de la veille. Il n'eut pas tout à fait le dos tourné quand il entendit soudain le vent siffler. Une vive douleur pointa à son épaule. Remus poussa un cri et se retourna au moment où Bellatrix fendait de nouveau l'air de son bâton. Remus saisit ce dernier en vol, tira dessus de toutes ses forces afin de le lui arracher et Bellatrix tomba à côté de lui.
― AARGH ! hurla-t-elle avec rage.
Elle donna un coup de genou dans les côtes de Remus avant de se relever en chancelant. Remus se plia en deux, mais ne lâcha pas le bâton. Il vit alors Bellatrix ramasser une grosse roche par terre. Elle s'apprêta à la lui lancer à la figure quand Remus réagit aussitôt par réflexe : violemment, il abattit le bâton sur la poitrine de Bellatrix qui hurla en laissant tomber la roche à ses pieds. Elle se courba vers l'avant, puis se laissa tomber à genoux sans cesser de crier.
Remus se sentit alors mal à l'aise...
― Est-ce que ça va ? s'inquiéta-t-il en se redressant sur le sol. Je ne vous ai pas trop fait mal, j'espère ?
Bellatrix avait le souffle court. Ses yeux étaient plus noirs que jamais lorsqu'elle leva le regard vers Remus qui s'excusa instinctivement :
― Je... je suis désolé... Je ne voulais pas...
Mais il se fit interrompre d'emblée par une flaque de salive écumeuse que Bellatrix lui cracha au visage.
― Gros CRÉTIN ! assena-t-elle.
Puis elle se releva avant de s'éloigner à grands pas furieux. S'essuyant le visage d'un revers de manche, Remus la regarda disparaître à travers les arbres. Qu'est-ce qu'il lui avait pris de s'excuser ? Elle avait largement mérité ce coup de bâton. Remus espéra même que ça lui serve de leçon.
Après s'être aidé de la branche solide pour se rendre jusqu'au tronc en clopinant, il s'assit sur le coussin de mousses et but un peu d'eau de la baguette. Il examina sa jambe. Avec tous les coups qu'il avait reçus, elle était encore loin d'avoir désenflé. Mais s'il arrivait à tenir Bellatrix à distance, d'ici peu, il pourrait bien tenter un nouvel essai pour transplaner.
Peu après, il aperçut Bellatrix dans les fougères au loin, l'observer d'un air mauvais.
Merci d'avoir lu ! ^^
Maintenant, j'attends impatiemment de savoir ce que vous en avez pensé. Je suis toujours un peu stressée alors rassurez-moi. :)
Gros bisous !
