Bonjour ! :)

Oui, je sais, je suis vraiment très en retard, pardonnez-moi. Mais c'est parce que j'ai un gros projet d'animation 2D à terminer avant Noël et ça me prend tout mon temps libre, ces temps-ci. Avec tout ça, je n'ai que la nuit où je peux trouver un minimum de temps pour mes fics, et puisque je choisis souvent d'écrire au lieu de publier (ma nouvelle fic sur Rogue est vraiment prenante en ce moment ! 0_0 Enfin, pour moi...), j'ai tendance à négliger un peu mes publications. Aussi, quand on est fatigué, on est moins performant dans la correction, on s'entend. :P Mais je tenterai de faire plus d'effort pour le prochain, en espérant de finir mon projet d'animation bientôt.

Bref, c'était la petite note d'auteur. ^^ Puisque, moi, j'aime beaucoup lire les notes d'auteurs avant de lire une fic, je me dis que je ne devrais pas être la seule comme ça, non ? Et puis, sinon, au pire, on peut toujours passer ces paragraphes et aller directement au chapitre ci-dessous. :P

Bon, assez parlé ! Je vous souhaite une bonne lecture.

Oh et je tiens à remercier tout de même Evangeliade, Tam83, Alienor-fantastic, Clair-2-lune et Zaraelle pour avoir commenté dernièrement. Vous savez, les reviews me motivent beaucoup à me grouiller pour poster la suite, alors je vous remercie beaucoup de m'en laisser une. Ça me rend tellement heureuse. :) En plus, je reçois du constructif ! *o* J'adore le constructif ! Parce qu'à chaque faute relevée, c'est une faute de moins dans mes futurs écrits. ^^

Je vous fais des gros bisous ! Même à ceux qui me lisent sans laisser de commentaire. Vous laissez néanmoins une trace de votre passage dans mes statistiques et vous me faites plaisir quand même. ^^

(Les personnages et l'univers magique appartiennent à J.K. Rowling)


Sixième chapitre ― Vérité ou conséquence

Le lendemain matin, ce fut une délicieuse et merveilleuse odeur de nourriture qui réveilla Remus. Il ouvrit les yeux avec l'eau à la bouche. Dehors, Bellatrix était assise sur la grosse roche, la mine pensive, et observait quatre poissons en train de griller sur le feu.

Remus fut sur le point d'aller la rejoindre quand soudain, il sentit son cœur tomber comme une pierre dans sa poitrine. Comment avait-elle fait pour pêcher ces poissons ?

— Non..., gémit-il.

Fébrilement, il plongea la main dans sa chemise et, comme il l'avait redouté, n'y retrouva pas la baguette. Bellatrix l'avait récupérée pendant son sommeil. Mais comment avait-il pu être aussi stupide ? Il avait prévu de la cacher quelque part en prévision d'une telle éventualité, justement. Pourquoi avait-il oublié ?

Un sourire narquois naquit sur les lèvres de Bellatrix alors qu'elle observait Remus se relever tant bien que mal à l'aide de la branche solide. Il devait absolument essayer de transplaner maintenant, avant qu'elle ne se remette à lui infliger les pires souffrances. Sa jambe avait désenflé un peu plus, cette nuit. Peut-être y arriverait-il ?

Mais sa jambe était encore trop douloureuse pour qu'il se permette d'y transférer tout son poids, ni pour s'en servir pour donner le coup de talon nécessaire au décollage. Lorsqu'il tenta néanmoins un essai, il ne fit que s'effondrer sur le sol en hurlant.

Il n'était pas sitôt sur le sol que Bellatrix contourna le feu de camp et s'avança vers lui avec une lueur dangereuse dans les yeux.

― Non, supplia Remus qui s'éloigna en se traînant par terre, parmi les brindilles sèches et les feuilles mortes. S'il vous plaît, Bellatrix, non !

Elle se baissa lentement et continua à s'approcher de lui à quatre pattes. Elle avait l'air d'une chatte qui s'amusait à terrifier une petite souris acculée dans un coin. Une jubilation malsaine émanait de son regard.

― Bellatrix, je vous en prie, glapit Remus qui reculait toujours, effrayé. Je ferai tout ce que vous voudrez, mais ne me torturez pas.

Son dos heurta le tronc d'un arbre. Bellatrix allongea sa main vers lui et...

― Touché ! s'exclama-t-elle d'un air malicieux, en enfonçant son doigt dans la chemise de Remus. Tu es tellement plus mignon quand tu me crains, Ralf.

Et elle se releva avec légèreté pour retourner vers le feu.

― Tu as faim ? Les poissons sont cuits. Je t'attendais pour le petit-déjeuner.

Hébété, Remus finit de se rendre à sa place habituelle, au pied de son arbre, et regarda Bellatrix lui apporter à manger sur une roche plate. Ils mangèrent silencieusement, Remus jetant des regards suspicieux à Bellatrix, assise sur son banc de pierre, qui semblait très heureuse. De toute évidence, si ce n'était pas maintenant, elle envisageait d'ici peu de lui faire passer un mauvais quart d'heure.

― Tu as bien mangé ? s'enquit Bellatrix en revenant auprès de lui pour reprendre son assiette improvisée.

Remus acquiesça, l'estomac noué d'appréhension. Juste le fait qu'elle n'avait pas encore sorti sa baguette n'était pas bon signe. Prévoyait-elle de le faire au moment où il s'y attendrait le moins ?

Enfin, Bellatrix revint, s'agenouilla en face de lui en arrangeant sa robe noire déchirée autour d'elle et en sortit sa baguette. Le cœur de Remus se mit à battre à toute allure. Ça y était, c'était là que son enfer allait recommencer... Le regard transporté, Bellatrix leva sa baguette dans les airs à l'instant où il s'écriait : « Non ! » en se protégeant utilement le visage de ses bras. Les yeux étroitement fermés, il s'attendit à recevoir l'atroce douleur qui le transpercerait de partout.

Mais rien n'arriva.

― Tu veux un peu d'eau, Ralf ? demanda très calmement Bellatrix.

Remus la regarda, surpris. Elle souriait d'un air moqueur, visiblement délectée par l'effet qu'elle venait de lui faire.

― Alors ? reprit-elle en brandissant sa baguette. Tu veux de l'eau ?

― À quoi jouez-vous ? interrogea-t-il froidement. Si vous avez l'intention de me torturer, faites-le maintenant, sinon cessez ce jeu !

― Ce jeu ? répéta Bellatrix d'un air faussement innocent. Mais quel jeu ? Nous ne jouons pas encore, Ralf. Je veux juste te donner de l'eau un peu avant de commencer...

― De commencer quoi ?

― Avant de commencer à jouer, bien sûr, répondit Bellatrix d'une voix doucereuse avant de se pencher vers lui.

Elle pointa sa baguette à sa gauche et prononça en murmurant :

― Aguamenti.

Un jet d'eau bien plus abondante que faisait apparaître Remus s'écoula près de son épaule. Remus hésita, toujours méfiant, mais puisqu'il avait très soif, il osa boire un peu à la fontaine en tenant Bellatrix à l'œil, avant d'en profiter ensuite pour se nettoyer les mains. Lorsqu'il eut terminé, le jet d'eau s'interrompit et Bellatrix rangea la baguette sous ses robes.

― Bon, alors..., reprit-elle, désinvolte, en se rassoyant plus à son aise, en tailleur. C'est maintenant le temps de jouer.

Remus se passa une main sur la bouche avec angoisse.

― En jouant à tes jeux hier, des bribes de ma mémoire me sont revenues, continua-t-elle nonchalamment, Remus étant de plus en plus anxieux. Je me suis rappelé certains instants de ma jeunesse. J'ai une sœur. J'ai encore son nom sur le bout de la langue. J'imagine que tu dois la connaître ? En tout cas, je me rappelle qu'on jouait beaucoup ensemble. Enfin, il y a un jeu qui m'est venu en tête ce matin. Je ne sais pas si tu connais... Ça s'appelle : vérité ou conséquence. Je me souviens de certaines conséquences savoureusement horribles qu'on infligeait à nos amis. C'était vraiment amusant. Alors voilà. Je pensais qu'on pouvait peut-être jouer à ce jeu, toi et moi.

Ses yeux sombres brillèrent de malveillance et Remus soupira de découragement. Voilà ce qu'elle lui réservait ! Ce jeu ne serait guère différent de ses premières tentatives à le faire parler sous le sortilège Doloris.

― Alors, Ralf, reprit Bellatrix, goguenarde, tu connais ce jeu ?

― Je jouais à ça dans le temps que j'étais gamin, répondit-il. Mais notre version ne consistait pas à faire souffrir nos adversaires.

― Oh, nous n'avons pas besoin de nous faire souffrir, tu sais, dit Bellatrix en jouant distraitement avec l'ourlet de sa robe.

Remus fronça légèrement les sourcils.

Nous ? releva-t-il.

― Ben oui, nous, répéta Bellatrix en levant les yeux au ciel. Je te rappelle que ce jeu se joue à deux, Ralf.

― Vous voulez dire que j'aurai le droit, moi aussi, de vous infliger des conséquences ?

― Absolument, assura Bellatrix avec désinvolture. Si tu gagnes...

Remus resta sans voix.

― En fait, je ne me rappelle plus exactement comment se jouait ce jeu alors je me suis permis de le réinventer un peu à ma façon. Rien de bien compliqué, rassure-toi. J'ai pensé à jumeler ce jeu au tien : la torture de pouces...

― La bataille de pouces, rectifia Remus. Mais... attendez... Je ne suis pas sûr de tout saisir ce que vous...

― Je n'ai pas fini, interrompit Bellatrix d'un ton sec. Comme je le disais, étant donné que j'ai aimé ton jeu de torture de pouces hier, j'aimerais qu'on recommence, mais en intégrant cette fois le jeu de la vérité ou conséquence. En résumé, le perdant se voit contraint de répondre la vérité à une question au choix du vainqueur, ou alors subir une conséquence trouvée par le vainqueur. C'est pigé ?

― O-oui, répondit Remus qui n'en croyait pas ses oreilles.

Il devait y avoir un hic. Vaincre Bellatrix à une bataille de pouces était trop facile. Elle ne pouvait pas s'avérer stupide au point de penser le vaincre à chaque fois.

― On commence ? proposa Bellatrix en lui tendant la main, le pouce dans les airs.

― Oui, pourquoi pas...

Et il lui serra la main, les doigts en crochet, prêt à combattre.

― Mais ne triche pas, hein ? le prévint Bellatrix en lui décochant un regard avertisseur. Si tu joues, tu dois te plier aux règles. C'est-à-dire pas de mensonges et pas de réticences face aux conséquences. Tu obéis. Sinon c'est la punition au Doloris...

Puis elle lui sourit d'un air menaçant, comme si elle le défiait de fausser ses règlements. Lorsqu'elle se mit à compter jusqu'à trois, Remus était concentré comme jamais il ne l'avait été devant une simple bataille de pouces. La partie fut brève. Bellatrix n'eut même pas le temps de l'égratigner avec son ongle que Remus avait déjà coincé son fin pouce sous le sien.

― J'ai gagné ! s'exclama-t-il avec un enthousiasme exagéré. J'ai gagné !

― C'est très bien, Ralf, dit Bellatrix sur le même ton avec lequel on s'adressait à un enfant, c'est très bien. Maintenant, lâche-moi et pose-moi la question.

― La question ? répéta Remus d'un air interrogatif.

― Oui, la question : vérité ou conséquence, rappela Bellatrix avec agacement.

― Ah oui... heu... Vérité ou conséquence ?

― Conséquence, répondit-elle aussitôt, les yeux brillants.

Et un silence s'installa entre eux. Les flammes du feu crépitaient derrière Bellatrix et quelques moustiques bourdonnaient autour. Remus se rendit compte qu'elle n'était pas aussi stupide qu'il l'avait pensé. Elle savait très bien qu'il serait incapable de lui faire du mal.

― Alors ? le pressa Bellatrix. Quelle est ma conséquence ? Au cas où tu ne le savais pas, c'est toi qui la choisis.

― Je... heu...

Il réfléchit à toute vitesse, regardant le décor autour. Il n'avait jamais été très bon à ce jeu, de toute façon. C'était James et Sirius qui étaient les plus habiles. Ceux-ci n'avaient jamais manqué d'imagination lorsqu'il s'agissait de trouver les idées les plus ridicules pour faire rire.

Mais Bellatrix ne voulait pas rire, elle voulait de la barbarie.

― Cela peut être n'importe quoi, s'impatienta Bellatrix. Franchement, Ralf, tu es si nul que ça pour trouver quelque chose ?

― Je... je ne sais pas quoi...

Bellatrix soupira.

― Fais-moi sautiller à pieds joints autour du feu, fais-moi grimper dans les branches d'un arbre, fais-moi faire la roue, n'importe quoi !

― Vraiment ? s'étonna Remus. Ce n'est pas obligé d'être torturant ?

Bellatrix éclata de rire.

― Non, ce n'est pas obligé.

― Ah bon..., dit Remus d'un air incertain. Dans ce cas, votre conséquence est d'aller... heu... enlacer la grosse roche, là-bas.

Il la désigna d'un mouvement de menton et Bellatrix se retourna pour regarder l'endroit où elle avait l'habitude de s'asseoir tous les jours.

― C'est tout ? dit-elle d'un ton déçu. Rien que ça ?

― Heu... pour commencer, enfin...

― Ça va, j'y vais...

Elle se leva, marcha indolemment en direction de la roche sur laquelle elle s'allongea à plat ventre, les pieds relevés, et l'enlaça comme s'il s'agissait d'un énorme ourson de peluche. La scène avait quelque chose de ridicule et d'en même temps comique, d'une certaine manière. Si bien que lorsque Bellatrix revint reprendre sa place devant Remus, celui-ci ne put s'empêcher de sourire d'un air amusé.

― Attends, dit Bellatrix en affichant une étrange expression espiègle, ça vient de commencer... On recommence...

Elle lui fit signe de lui tendre la main et ils reprirent leur bataille de pouces. Cette fois, cependant, Remus n'eut pas de chance. Ce fut Bellatrix qui réussit à piéger son pouce avec le sien, dans une prise assez habile.

― Vérité ou conséquence ? demanda-t-elle en souriant d'un air triomphant sous les longues mèches qui lui tombaient devant le visage.

L'estomac de Remus se contracta. Il ne pouvait pas choisir la vérité. Il savait que Bellatrix en profiterait pour lui reposer sa fameuse question quant à celui pour qui elle travaillait. Mais s'il répondait qu'il préférait la conséquence, Merlin savait à quel point il allait souffrir.

Bellatrix l'observait d'un air malicieux, sa langue roulant à l'intérieur de sa joue.

― Vérité ou conséquence ? répéta-t-elle d'une voix mielleuse.

Remus se redressa contre le tronc avec anxiété. Il n'avait pas le choix.

― Je vais prendre la conséquence, déclara-t-il alors, avec une indéfectible hardiesse.

Le sourire de Bellatrix s'élargit un peu plus.

― Brave petit, commenta-t-elle avec ironie.

Elle réfléchit un moment, puis, au grand étonnement de Remus, elle dit :

― Raconte-moi une blague.

― Une blague ? répéta-t-il, déconcerté. C'est ça ma conséquence ?

― Ben, oui, une blague. J'ai envie de rire un peu. Quoi, tu aurais préféré souffrir ? dit-elle en esquissant le geste de sortir sa baguette.

― N-non, ça va, répondit aussitôt Remus. Je vais vous raconter une blague. Je vais juste... y penser un peu... Enfin, je ne connais pas vraiment de blagues...

― Pas vraiment signifie que tu en connais quand même, fit remarquer Bellatrix.

― Si, mais... Enfin, je ne connais que les blagues que racontait Sirius du temps qu'on était encore au collège... Et Sirius, vous savez, n'était pas très...

― Qui est Sirius ? interrompit Bellatrix, intéressée.

Remus poussa un juron dans sa tête. Il n'avait pas fait attention à ce qu'il disait. Pourvu qu'il n'ait pas fait sonner malencontreusement des cloches dans sa mémoire.

― Heu..., hésita-t-il, c'est mon meilleur ami... Le seul qui me reste, enfin...

Bellatrix hocha la tête.

― C'est triste, dit-elle sans pour autant avoir l'air désolé. Et il racontait quoi comme blague, Sirius ?

Remus éprouva du soulagement. Il était content qu'elle n'ait pas voulu en apprendre davantage sur son ami.

― Disons qu'il aimait beaucoup les filles, si vous voyez ce que je veux dire..., répondit-il, évasif.

― Je vois...

Le regard de Bellatrix s'enflamma. Remus fut mal à l'aise.

― Attendez, laissez-moi fouiller dans ma mémoire pour trouver une de ses blagues qui ne sont pas trop vulgaires... ce qui risque d'être compliqué, ajouta-t-il dans un murmure pour lui-même.

Il se caressa le menton dans un effort de mémoire. Après quelques minutes à tourner et retourner dans sa tête, avec réticence, toutes les plaisanteries de mauvais goût de Sirius, Bellatrix s'impatienta :

― Je n'ai pas envie d'attendre toute la nuit, hein ! Lance-moi la première blague qui te vient à l'esprit et laisse tomber tes idioties de pudeur !

Remus se frottait à présent le nez avec malaise.

― D'accord, mais...

― Lance-la, allez !

― Il faut que vous sachiez que je ne suis pas le genre de personne qui...

― Mais tais-toi et raconte ta sale blague, à la fin ! s'exclama Bellatrix en souriant à moitié d'un air incrédule. Ce n'est pas croyable comme tu es coincé, Ralf !

― D'accord, je raconte ! lâcha enfin Remus. C'est une devinette que disait tout le temps Sirius chaque fois qu'une fille répondait négativement à ses avances.

Il prit une profonde inspiration et posa :

― Quelle est la différence entre une fille et une clôture ?

― Dis-moi, dit Bellatrix qui sembla avoir deviné la réponse avant même qu'il ne la lui révèle.

― On n'est pas obligé de dire « je t'aime » avant de... de sauter la clôture..., déclara-t-il en marmonnant les derniers mots, ses doigts repliés pressés contre ses lèvres.

Bellatrix resta silencieuse durant un bref moment, comme si la plaisanterie avait pris du temps avant d'atteindre son cerveau, puis elle éclata de rire.

― Je sais, c'est une blague vraiment grossière, approuva Remus.

― Non, j'aime bien, assura Bellatrix. D'ailleurs, je suis sûre qu'on s'entendrait bien, ton ami et moi.

― Ah oui ? dit Remus en se gardant bien de lui révéler la vérité concernant la relation envenimée qu'elle entretenait avec son cousin. C'est drôle, je ne crois pas, moi...

― Mais si, affirma-t-elle. Je suis plutôt du genre clôture, si tu vois ce que je veux dire... Dommage que tu n'es pas comme lui...

Remus se raidit. Elle venait de lui caresser la jambe jusqu'à la cuisse. Au moment où il voulut retirer sa main, elle se pencha vers lui en exposant ostensiblement sa poitrine enserrée dans son corset de cuir.

― Tu n'as pas besoin de me dire « je t'aime », tu sais, Ralf, susurra-t-elle d'un air aguichant. Pour toi, c'est quand tu veux...

Remus eut soudain très chaud. Il détourna aussitôt les yeux de sur elle et déglutit.

― Heu... On reprend la partie ? proposa-t-il timidement, en lui prenant la main avant que ses doigts n'osent s'aventurer plus loin.

Bellatrix eut un petit rire désinvolte et s'éloigna en reprenant sa place.

― Oui, on reprend, dit-elle.

Et la partie fut relancée. Remus y mit encore une fois tout son cœur, si bien que pour un instant, il se sentit complètement ridicule. Si Sirius le voyait...

― Je t'ai encore eu ! s'exclama Bellatrix d'un ton réjoui.

― Je... j'ai manqué de concentration...

― Vérité ou conséquence ?

― Conséquence, répondit-il avec appréhension.

― Tu arrêtes de me vouvoyer.

― Quoi ?

― On reprend.

Quoi ? répéta Remus.

Mais Bellatrix avait déjà repris sa main et comptait déjà pour relancer une nouvelle partie.

― Mais... pour... pourquoi me demander de..., dit Remus en essayant d'immobiliser son pouce qui l'égratignait de plus en plus douloureusement avec son ongle. Enfin, qu'est-ce qui... Ça y est, je vous tiens ! s'exclama-t-il. Vérité ou conséquence ?

― Vérité, haleta Bellatrix.

― Tant mieux ! J'avais justement une question pour vous... je veux dire, se corrigea-t-il précipitamment sous le regard menaçant de Bellatrix, pour toi...

― Vas-y, dit-elle sur un ton de défi.

― Dans quel but jouez-vous à ce jeu avec moi ?

Bellatrix afficha un petit sourire arrogant.

― Pour m'amuser, répondit-elle comme s'il s'agissait d'une évidence. Et tu me vouvoies encore et je te lance un sort, Ralf. Tu es averti.

― Désolé, mais ce n'est pas naturel pour moi de vous... de te tutoyer. Et puis tu n'as pas fini de répondre à ma question. Tu ne m'as pas dévoilé toute la vérité.

― C'est vrai, dit Bellatrix d'une voix égale. Si je joue à ce jeu, ce n'est pas seulement pour m'amuser. C'est pour également passer le temps, en attendant que ta jambe guérisse.

― Ce n'est pas plutôt parce que vous... tu ― il grommela un juron ― espères obtenir de l'information de ma part afin de retrouver la mémoire ?

― Aussi, admit-elle sans réticence, si l'occasion se présente.

Remus fronça les sourcils, méfiant.

― Pourquoi tu ne me tortures pas au Doloris au lieu de jouer gentiment avec moi ?

― Ah non, ça c'est deux questions, Ralf, fit remarquer Bellatrix. Il va te falloir attendre un peu avant de me poser ta dernière.

― Ce n'est pas normal, poursuivit Remus, comme si elle ne l'avait pas interrompu. Vous... tu as récupéré ta baguette, tu as repris le pouvoir. Comment ça se fait que je ne suis pas en train de me tortiller de douleur à tes pieds comme ça aurait dû être le cas ?

Bellatrix inspira bruyamment une bouffée d'air en serrant les poings.

― Ne me tente pas, Ralf ! avisa-t-elle. Évidemment que tu aurais dû te torde de douleur à mes pieds. J'en brûle d'envie même ― ça serait si délicieux, si jouissif, de t'entendre hurler à te déchirer la gorge, une fois encore, sous moi ―, mais, comme tu vois, je fais des efforts.

Remus eut une expression mêlée d'incompréhension et de décontenance totale.

― Mais enfin, Ralf, tu me penses stupide ou quoi ? J'ai déjà essayé et je sais que tu ne parleras jamais sous la torture. Tu es un abruti têtu. Alors si je veux me sortir de là, il va bien falloir que je mette tous mes espoirs dans la guérison de ta jambe. Mais ne te réjouis pas trop vite, poursuivit-elle en le pointant d'un long doigt menaçant. Je me permets très bien de te punir à la moindre insubordination de ta part. En attendant, tu peux considérer ma... gentillesse de t'avoir épargné la souffrance pour cette fois, comme une preuve que j'ai vraiment du cœur. Redonne-moi ta main, Ralf, qu'on rejoue...

― Je... heu...

― Ta main !

― O-oui mais...

Et pendant que Bellatrix se remettait à lui érafler le pouce, Remus avait de la difficulté à croire qu'elle avait réellement décidé de ne pas le torturer. Elle ne s'imaginait quand même pas qu'il la ramènerait galamment chez elle, en transplanant dès que sa jambe irait le moindrement mieux ? C'est l'Ordre qui l'attendait pour la renvoyer tout droit à Azkaban.

― Aha ! s'exclama Bellatrix en écrasant le pouce de Remus entre ses doigts. Vérité ou conséquence ?

― Je... je n'étais pas concentré..., dit-il à nouveau.

― Vérité ou conséquence ? répéta-t-elle plus fortement.

― Conséquence...

Les lèvres de Bellatrix s'étirèrent alors en un horrible sourire. Les entrailles de Remus se ratatinèrent. Qu'allait-elle lui demander maintenant ?

― Embrasse-moi.

― Q-qu... Quoi ? s'étouffa Remus.

Il blêmit, sa mâchoire tomba. Le sourire de Bellatrix s'élargit. Lentement, sensuellement, elle lui attira la main vers sa poitrine, tout en se rapprochant de lui. Remus crispa ses doigts sur les siens et sentit le sang affluer dans son cerveau. À l'instant où le bout de ses doigts entrait en contact avec le cuir de son corset et qu'elle se penchait dangereusement vers sa bouche, il retira brusquement sa main et s'éloigna en s'écriant :

Non !

Bellatrix sursauta.

― Non, je regrette, mais je ne peux pas faire ça !

Il voyait à peine Bellatrix, à présent. L'image mentale de Tonks et ses cheveux rose vif lui brouillait la vue.

― Allons, Ralf, je te demande juste de me toucher un peu, dit Bellatrix d'un ton doucereux. Qu'est-ce que ce sera lorsque je te demanderai d'en faire plus ?

― Vous n'oserez pas ! s'indigna Remus, les yeux écarquillés.

― Oh que si, j'oserai, répliqua-t-elle. Tu as promis de te plier aux règles du jeu alors tu te soumets, peu importe les conséquences. Et cesse de me vouvoyer !

― Mais tu es mariée !

― Je m'en fiche, il ne le saura pas !

― Et si je lui disais ?

― Il viendra te casser la gueule ?

Remus se passa une main tremblante sur le visage.

― Et si je n'ai plus envie de jouer ? risqua-t-il enfin, d'une petite voix.

― Alors on changera le jeu pour : toi qui se tortille de douleur sous moi, répondit Bellatrix d'un ton détaché.

Remus soupira désespérément en se pinçant l'arête du nez.

― Mais pourquoi tenez-vous tant à vouloir me... me... ?

― Te baiser ? acheva-t-elle, narquoise. Pourquoi pas ?

Parce qu'on est ennemis ! s'emporta Remus. On est ennemis, à la fin ! Des ennemis ne font pas l'amour ensemble ! Nom de Dieu ! Ils se font la guerre !

Bellatrix éclata d'un rire suraigu.

Faire l'amour ? répéta-t-elle en hochant la tête. Mais je ne veux pas faire l'amour avec toi, Ralf. Je veux te baiser ! Ce qui est très différent. On n'a pas besoin de s'aimer pour ce genre de chose, non ?

― Moi, si, rétorqua Remus. J'ai... j'ai besoin d'aimer une femme avant de... de la...

J'ai besoin d'aimer une femme avant de la baiser et nya nya nya et nya nya nya..., l'imita grossièrement Bellatrix en grimaçant. Tais-toi et embrasse-moi, pauvre idiot ! Sinon...

Elle amorça le geste de s'emparer de sa baguette.

― D'accord ! lança alors Remus avec colère. Je vais le faire !

Bellatrix afficha un air satisfait, détestable. Puis elle se rapprocha de lui en passant ses mains de part et d'autre de sa taille, son visage tout près du sien.

― Vas-y, murmura-t-elle suavement, son souffle chaud caressant les lèvres de Remus qui sentit malgré lui un lent frisson lui parcourir l'échine. Je suis toute à toi...

Remus avala difficilement sa salive. Pourquoi devait-elle agir de cette manière avec lui ? Qu'est-ce qui lui prenait ? Lorsqu'elle retrouverait la mémoire, elle le tuerait à coup sûr, simplement par dégoût profond d'avoir embrassé l'un de ses pires ennemis ― un hybride, qui plus est. Et même si elle ne recouvrait jamais la mémoire, Remus se demanda s'il ne ferait pas mieux de subir les sortilèges de souffrance au lieu d'avoir sur la conscience le fait qu'il aurait accepté de poser ses lèvres sur celles de l'effroyable Bellatrix Lestrange...

À moins que...

Bellatrix attendait, toujours à quelques minces distances de son visage, les pupilles dilatées.

― Vas-y, répéta-t-elle, insistante. C'est toi qui dois te lancer le premier... C'est ta conséquence...

Remus hocha fébrilement la tête et baissa les yeux sur ses lèvres entrouvertes. Il avait presque l'impression d'entendre le cœur de Bellatrix battre la chamade. La baguette se trouvait sous ses robes. S'il arrivait à lui détourner suffisamment l'attention, il pourrait peut-être parvenir à la récupérer. Il fallait qu'il essaie.

Alors, lentement, réticent, prenant son courage à deux mains, il franchit les quelques centimètres qui les séparaient et pressa à contrecœur sa bouche contre la sienne. Son premier réflexe fut de s'éloigner aussitôt, mais il se força néanmoins à continuer.

« Tu es capable, Lunard, s'encouragea-t-il mentalement. Pense à quelqu'un d'autre. Ne pense pas à Bellatrix. Pense à... à... »

Il vit soudain Tonks. Son visage en forme de cœur et ses yeux sombres et brillants emplirent ses pensées. Remus passa alors une main sur sa nuque, dans ses cheveux rose vif, et approfondit le baiser auquel elle répondit d'abord doucement, avidement, puis férocement...

En une fraction de seconde, elle était déjà assise à califourchon sur lui, son corps frétillant de désir contre le sien, et déboutonnait frénétiquement sa chemise.

Une bouffée de chaleur l'envahit. Il n'arrivait plus à penser à Tonks, maintenant. C'était véritablement Bellatrix Lestrange, en chair et en os, qui couvrait de baisers exigeants sa poitrine qu'elle venait de dénuder à l'instant, lui égratignant les flancs de ses longs ongles acérés. Remus gémit de douleur et poussa un cri lorsqu'elle le mordit brusquement dans le cou. Ce n'était pas exactement comme ça qu'il avait prévu la suite des choses...

― Arrête, haleta Remus en essayant de la repousser, tu me fais mal.

― Je sais, murmura-t-elle avec plaisir, avant de revenir l'embrasser sur la bouche avec ardeur.

Remus avait les sens en ébullition. Il devait s'emparer de la baguette et vite, avant que tout ça ne prenne un tournant encore plus critique que ce le fût déjà.

Pendant qu'elle forçait l'entrée de ses lèvres pour y introduire sa langue, Remus se mit à lui tapoter maladroitement les cuisses, en essayant de trouver une ouverture dans l'amas de tissus que constituait sa robe.

Mais il s'immobilisa. Ses doigts se crispèrent dans ses jupons. Le baiser profond et torride de Bellatrix l'obnubilait malgré lui. Elle réveillait dangereusement le loup qui sommeillait en lui. Il perdait graduellement le contrôle sur ses instincts. Sa langue s'enroulait à présent avec tant de fougue autour de la sienne qu'il ne put s'empêcher d'éprouver une violente envie de la faire basculer sous lui et de la prendre à l'instant...

― NON ! paniqua Remus en écartant brutalement Bellatrix de lui. Non, arrête !

― Du calme, Ralf, on s'amuse..., roucoula Bellatrix d'un air diabolique.

Puis elle descendit lentement vers sa ceinture en laissant une fine trace de salive brûlante sur son ventre avec sa langue. Remus la regardait en tremblant, le cœur cognant furieusement entre ses côtes. Rendue à ses pieds, Bellatrix le tira brusquement vers elle, le faisant glisser le long du tronc pour atterrir durement sur le dos, la tête entre les racines de l'arbre, une douleur submergeant sa jambe enflée. Elle revient ensuite se repositionner sur lui en lui caressant le torse avant d'entreprendre de détacher sa ceinture.

― Non ! cria à nouveau Remus en lui saisissant les poignets. Ne fais pas ça ! Je ne veux pas !

Bellatrix s'esclaffa.

― Oh non, tu ne veux pas, répéta-t-elle d'une moue faussement compatissante, vraiment ? Pauvre petit Ralf qui est en train de se faire violer... Pourtant, une partie de ton corps aime ça, on dirait bien.

Elle désigna d'un regard moqueur la bosse qui s'était formée dans le pantalon de Remus, au grand dam de ce dernier.

― C'est... heu..., se justifia-t-il, au dépourvu. C'est parce que je ne contrôle pas... enfin, ça ne veut pas dire que... aaargh !

Bellatrix l'avait subitement plaqué contre le sol de tout son corps, les mains de chaque côté de son visage, le nez pressé contre le sien.

― Tu sais quoi, Ralf ? chuchota-t-elle d'un air provocateur. Cette fois, tu ne me résisteras pas.

Et elle écrasa ses lèvres chaudes sur les siennes dans un violent baiser. Remus sentit le goût du sang l'envahir et de fortes émotions ardentes l'étourdir tandis qu'elle bougeait sensuellement son bassin contre le sien. L'animal en lui hurlait à présent et grognait de désirs explosifs, de plaisir malsain, défendu. Il lui semblait qu'un sang brûlant inondait son cerveau, annihilant toutes pensées rationnelles. Il se sentait sombrer. La bête prenait le dessus.

Mais qu'est-ce qui se passait chez lui ? pensa-t-il avec affolement. C'était la première fois qu'il perdait autant le contrôle sur ses pulsions.

Bellatrix relâcha enfin les lèvres de Remus afin de reprendre leur souffle et, le regard plus enflammé que jamais, elle glissa une main vers sa ceinture dans une nouvelle tentative de la lui arracher.

Remus respirait avec difficulté. Tout ça devenait une torture. Il fallait qu'il se concentre sur la baguette. Uniquement la baguette.

Alors, férocement, avec toute l'agressivité du loup qui le dominait à présent, il jeta Bellatrix sur le côté, la retourna sur le dos et s'allongea sur elle. Soudain, il se rendit compte que ce n'était pas exactement ce qu'il voulait faire. Il se surprit de surcroît en train de l'embrasser et de la mordiller sauvagement dans le cou en même temps de lui caresser la poitrine à travers son corset de cuir, la faisant gémir de plaisir.

Dans un sursaut de conscience retrouvée, Remus s'écarta et cligna plusieurs fois des yeux pour essayer de revenir à lui.

« La baguette, imbécile, songea-t-il, ébranlé, afin de se refocaliser sur sa cible, la baguette ! »

Bellatrix ricana d'un air triomphant. Elle agrippa Remus par le collet de sa chemise déboutonnée et l'attira vers elle, le forçant à se caler entre ses jambes écartées. À ce contact, Remus eut la désagréable impression que le combat était perdu d'avance. Il n'en pouvait plus. L'horrible loup maudit en lui s'était déchaîné à un point tel qu'il ne pouvait plus du tout le contenir. Il se perdait.

« La baguette ! La baguette ! », répétait-il dans sa tête, désespérément.

Mais la main vibrante qu'il plongea sous la robe de Bellatrix, qui effleura sa jambe jusqu'à sa cuisse en sueur, continua plus haut en dépit de ses intentions, comme si ses doigts ne lui obéissaient plus. Comme hypnotisé, il poursuivit au-delà de la baguette et, dans un geste fiévreux, il retira sa petite culotte...


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