Joyeux Noël ! (en retard, mais bon...)

J'espère que vous avez passé de belles fêtes. :) Pour ma part, j'ai terminé dans les délais mon projet d'animation alors je suis super contente ! Du coup, je me replonge à nouveau dans l'écriture ! :D

Juste comme ça, pour les intéressés, ma prochaine petite fic s'intitulera ''Sexumtentia'' et ce sera Rogue, le personnage principal (pas très original, je sais, mais c'est le second personnage avec qui je l'ai placé en ''couple'' qui est assez surprenant, je dois avouer... :p Bien que quelques-uns savent déjà de qui il s'agit, je n'en dis pas plus...)

Bref ! Voici enfin la toute finale de ma courte fic sur le pauvre Remus et la sadique Bellatrix. J'espère que ce dernier chapitre saura vous plaire — j'angoisse toujours — et que vous auriez passé un agréable moment avec moi, malgré tout.

Tout d'abord, merci beaucoup à Alienor-fantastic, Efahelle, Bouyachaka, Zaraelle et Guest (merci pour ta review) pour avoir commenté le chapitre précédent. Ce fut des commentaires qui m'ont fait très chaud au cœur, encore une fois ! Merci !

Et évidemment, je remercie tous les autres qui m'ont également lu jusqu'à la fin. :) Dont Euphie31 qui ne tardera pas à le faire bientôt, même si je sais qu'elle nourrit une véritable passion pour Bellatrix. :P

(Les personnages et ce monde magique appartiennent à J.K. Rowling)

Sans plus tarder, je vous souhaite une bonne lecture. :)

Gros bisous !

Neuvième chapitre ― Déchiré

Remus eut tout juste le temps d'apercevoir le terrible jet de lumière verte foncer droit sur lui avant de pivoter précipitamment sur sa jambe et de transplaner d'emblée.

Ses pieds heurtèrent un sol dur. Sous le choc, ses genoux fléchirent et il s'effondra à plat ventre sur le plancher poussiéreux du salon de son petit bungalow dans le Yorkshire. Son corps était parcouru de tremblements incontrôlables, comme lorsqu'il subissait le sortilège Doloris. Il avait de la difficulté à reprendre une respiration normale. Une boule, quelque part dans le fond de sa gorge, cherchait à exploser et les larmes jaillissaient de ses yeux à gros bouillons.

Il essaya de se relever, mais la peine douloureuse qu'il éprouvait lui était trop lourde. Il se laissa retomber dans la poussière, se recroquevilla sur lui-même. Serrant les mâchoires à se rompre les dents, il tenta de contenir sa souffrance, mais en vain. Le silence de la pièce se fit bientôt perforer par ses cris déchirants, ses gémissements de colère et ses sanglots effrénés. Il ne savait pas pourquoi le fait qu'il avait perdu Bellatrix le rendait si malheureux, mais c'était comme si un trou béant s'était formé dans sa poitrine. Il se sentait trahi, trompé, rejeté. Il avait si mal au cœur.

Pendant des heures, il resta là, sur le sol, à se tortiller dans ses émotions, seul dans la froideur de sa maison, à pleurer tout son soûl. Le salon devint de plus en plus obscur à mesure que la nuit déversa ses ténèbres dehors, puis Remus finit par sombrer dans un sommeil agité, toujours sur le plancher, couché sur son flanc au milieu de la pièce.

— o0O0o —

Le lendemain, Remus passa la journée comme un automate. Il commença par complètement guérir sa jambe en buvant une potion qu'il avait en stock sous le comptoir de la cuisine et dévalisa son propre réfrigérateur en quête de viande rouge. Il avait toujours cette sensation de vide poignant dans le ventre et essayait le plus possible de ne pas penser à Bellatrix. Cependant, il en était incapable. L'image de ses grands yeux foncés, à demi cachés derrière ses épais cheveux, ne cessait de le tourmenter. Mais comment en était-il venu à éprouver des sentiments aussi forts pour elle ? C'était ridicule ! On ne pouvait pas aimer cette femme ! Cette femme était démentielle ! On ne pouvait pas l'aimer, non ?

Quand le soir arriva, Remus était assis dans son fauteuil délabré depuis près d'une dizaine de longues heures déjà, immobile, dans l'ombre du coin de son salon. Le regard dans le vague, il fixait un point quelque part sur le tas de cendre dans la cheminée devant lui. À présent, il retournait dans sa tête la question suivante : l'avait-il vraiment aimée ou l'avait-il aimée simplement parce que elle l'avait aimé ?

Remus poussa un long soupir. Il avait honte d'avoir autant pleuré la veille comme un vulgaire gamin. C'était le choc, dans doute. Il avait failli mourir. Si on l'avait vu... D'ailleurs, il n'avait averti personne de son retour, n'ayant aucunement envie de raconter ce qu'il avait vécu. De plus, la peur n'être jugé le hantait. Il savait qu'il était en tort de s'être laissé avoir par ses sentiments. Bellatrix l'avait dupé.

Bellatrix...

Chaque fois qu'il évoquait son nom dans son esprit, une bouffée d'amertume se déferlait en lui, comme un fourmillement brûlant. Bien qu'elle l'eût torturé comme un diable durant quasiment toute la semaine, il se rappelait les moments où il s'était amusé avec elle, les moments où il l'avait trouvée belle, l'instant où ils avaient fait l'amour ensemble alors que maintenant, c'était comme si elle était morte. Il ne reverrait jamais plus cette Bellatrix et une grosse partie de lui le rendait fou de colère. De toute façon, à quoi avait-il pensé ? Il n'avait quand même pas cru qu'elle changerait par... amour pour lui ? La véritable Bellatrix Lestrange n'avait jamais eu qu'un seul et unique amour dans toute sa vie : le Seigneur des Ténèbres. Et Remus le savait, pourtant. Il avait été stupide de croire un instant en sa promesse. Elle ne s'était tout simplement pas doutée à ce moment-là que ses sentiments à l'égard de Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom étaient torrentiellement plus forts que tout ce qu'elle s'était imaginé.

Remus crispa ses mains sur les accoudoirs de son fauteuil. Il détestait Bellatrix, à présent, exactement comme auparavant. Mais plus tout à fait pour les mêmes raisons. Maintenant, en plus de lui reprocher amèrement son crime contre les Londubat, il lui en voulait d'avoir assassiné l'autre Bellatrix, la sienne, celle qui l'aimait et dont il avait espéré, juste un instant, qu'elle se repent. Il lui en voulait aussi d'avoir remarqué qu'il s'était attaché à elle malgré lui, alors que c'était l'abominable vérité. Sa propre déclaration d'amour, aussi infime qu'elle fût, lui nouait les entrailles chaque fois qu'il y repensait. Il avait tellement honte de n'avoir pu réprimer ces mots. C'était vrai qu'il avait fini par s'attacher à elle ― assez solidement, même ―, mais de là à l'aimer d'un amour sincère ? La question s'imposa alors une énième fois dans sa tête : l'avait-il vraiment aimée ou l'avait-il aimée simplement parce que elle l'avait aimé ?

Le grincement de la porte d'entrée le sortit brusquement de ses pensées. Quelqu'un venait d'entrer chez lui. Il entendait des pas s'avancer lentement dans le couloir. Remus se figea dans son fauteuil. Et si c'était Bellatrix qui revenait vers lui afin de retenter de le tuer ? Merlin savait à quel point elle devait bouillir d'un désir pressant de l'éliminer avant que tout le monde sache que son précieux sang pur avait été souillé par celui d'un hybride.

Mais ce n'était pas elle.

Dès qu'il vit sa silhouette pénétrer dans le salon, il l'a reconnue aussitôt : c'était Tonks. Sa démarche tranquille et son regard balayant calmement l'obscurité de la pièce donnaient l'impression qu'elle était entrée là par hasard. De toute évidence, elle n'avait pas encore remarqué la présence de Remus qui était resté immobile dans l'ombre du coin, l'observant avec curiosité.

Tonks fit lentement le tour du salon et s'arrêta devant la cheminée. Du bout du doigt, elle effleura les photos exposées sur le manteau. Quelque chose dans ses gestes laissait transparaître du chagrin, d'autant plus que sa chevelure qui, d'ordinaire, arborait une couleur rose vif était gris souris. Était-elle triste pour lui ? Sans doute. Il n'avait encore annoncé son retour à personne...

― Tonks ? murmura-t-il alors, d'une voix éraillée.

Tonks sursauta et se retourna si violemment qu'elle se heurta contre la cheminée. Trois cadres tombèrent et se fracassèrent sur le sol.

― Désolé, dit précipitamment Remus. Je ne voulais pas te faire...

Remus ! s'écria-t-elle, les yeux exorbités de surprise.

Et elle se rua sur son fauteuil pour l'enlacer vigoureusement, ses cheveux prenant subitement une couleur flamme. Maladroit, Remus lui tapota l'épaule, non sans une impression de papillons envahissant le trou dans son ventre. Puis, soudain, Tonks s'éloigna en faisant un bond en arrière, en sortant sa baguette.

― Quelle forme prend ton Patronus ? interrogea-t-elle brusquement.

― Un loup, répondit-il.

Tonks rabaissa immédiatement sa baguette en retrouvant un sourire rayonnant et retourna enlacer Remus qui étouffa dans le creux de son épaule.

― C'est bien toi, mais où étais-tu, pour l'amour de Merlin, Remus ? s'exclama-t-elle avec émotion, parlant très rapidement. Pas de lettre, pas d'avertissement, pas d'explication ni aucune nouvelle de toi. J'étais si inquiète ! Quand Rogue a dit qu'il avait retrouvé ta baguette près de chez lui alors qu'il venait d'avoir eu la visite de Mangemorts, j'ai craint le pire !

― Je vais bien, rassura Remus en la repoussa afin de pouvoir respirer à son aise. Je viens tout juste de revenir chez moi. J'allais vous écrire une lettre...

D'un coup de baguette, Tonks alluma toutes les lampes de la pièce. Remus cligna plusieurs fois des yeux devant la clarté éblouissante.

― Raconte-moi tout, exigea Tonks en allant chercher une vieille chaise qu'elle approcha très près du fauteuil. Je veux tout savoir. Ça concerne les Mangemorts ?

Elle s'assit le dos droit, les mains sur les genoux, l'air avide de tout comprendre enfin. Cependant, Remus hésita à lui révéler la vérité. Il n'avait aucune envie de le faire. Pourtant, il se devait de lui fournir des explications...

― J'ai... heu..., commença-t-il, évasif, tandis que le souvenir cuisant de Bellatrix en train de l'embrasser lui revenait en mémoire.

― Oui ? dit Tonks, tout ouïe.

― J'ai dû transplaner d'urgence, répondit enfin Remus, en expirant calmement, sur une île au milieu de la mer afin de ne tuer personne. C'était la pleine lune et Rogue avait oublié ce mois-ci de me fournir de la potion. C'est pour ça que je m'étais rendu chez lui. Mais avec les Mangemorts dans les parages, je n'ai pas pu cogner à sa porte. J'ai dû au lieu m'enfuir d'emblée.

― Je vois, dit Tonks. Mais pourquoi être resté là-bas aussi longtemps ?

― À cause de ma jambe, expliqua-t-il, tout en essayant de rester le plus près de la vérité possible. Quand je me suis réveillé le lendemain matin sur cette île, je me suis retrouvé avec une jambe mal en point. Je ne pouvais donc pas retransplaner pour retourner chez moi, d'autant plus que je n'avais plus ma baguette pour la guérir. J'ai dû attendre qu'elle désenfle d'elle-même.

― Tu es resté six jours coincé sur une île tout seul ? s'exclama Tonks, sidérée. Sans manger ? Sans boire ? Cela a dû être terrible !

Un cauchemar émotionnel, en effet, songea Remus en acquiesçant, mal à l'aise. Il se demandait si un jour il arriverait à oublier Bellatrix et les sentiments impulsifs qu'il avait eus pour elle.

― Mais qu'est-ce que le loup-garou a fait de toi cette nuit pour t'être réveillé avec la jambe blessée ? interrogea Tonks, les sourcils froncés.

― Je ne sais pas, répondit Remus en toute honnêteté. Sans doute qu'il est tombé en bas d'une grosse roche. Il y en avait beaucoup au bord de la rive...

― Tu es couvert d'ecchymoses, remarqua Tonks. Et tu as maigri. J'espère que tu t'es nourri tout de suite en arrivant.

― J'ai mangé les restes qui traînaient dans mon réfrigérateur, ça va.

― Tu as reçu ma lettre ?

L'estomac de Remus se contracta un peu.

― O-oui, répondit-il au dépourvu. Et j'allais te répondre, je t'assure, mais...

― Tu n'avais pas d'encre ni de baguette sur cette île, acheva Tonks d'un air compréhensif. Tu ne pouvais donc pas répondre...

― Oui, c'est ça...

Il y eut un silence. Tonks regardait à nouveau Remus avec une joie manifeste dans le regard. Ses cheveux avaient repris leur teinte rose coutumière. Elle était contente de voir qu'il était sain et sauf.

― Je vais avertir Sirius et les autres que tu es revenu, dit-elle. Ça apaisera leurs craintes. Sirius était dans tous ses états. Tu viens avec moi au quartier général ?

― Non, pas maintenant, répondit Remus d'un air fatigué. Je vais me reposer ici encore un peu avant d'y retourner. Je dois... heu... récupérer...

Et essayer de chasser le visage diabolique de Bellatrix de son esprit afin de ne pas devenir trop fou. Il n'arrêtait pas de repasser en mémoire l'instant où il lui avait fait l'amour derrière la roche.

― Oui, pas de problème, dit Tonks en tendant la main pour lui presser le bras dans un geste amical. Je comprends que tu puisses être épuisé.

Remus eut un faible sourire et contempla son doux visage pâle en forme de cœur. Il s'attarda soudain sur ses yeux sombres et brillants. Quelque chose dans ce regard évoquait étrangement celui de Bellatrix. Étant sa nièce, il n'était pas surprenant que Tonks puisse lui ressembler un peu ― sur le plan physique, bien sûr ; Tonks n'avait rien de fanatique. Néanmoins, c'était la première fois qu'il le remarquait et cela lui fit un drôle d'effet.

― Je peux faire quelque chose pour toi ? demanda Tonks avec douceur.

― Non, ça va aller, répondit Remus sans quitter ses yeux des siens.

Un désir de se pencher vers elle le submergea alors. De plus, mine de rien, Tonks s'était rapprochée de lui. Elle était maintenant perchée tout au bout de sa chaise, comme sur le point de s'envoler, et son regard s'était fait tout à coup ardent. Mais au moment où Remus baissa les yeux sur ses lèvres entrouvertes, il s'éloigna dans un soubresaut et retomba sur le dossier de son fauteuil.

Ce n'était pas Bellatrix, songea-t-il, son chagrin revenant lui écraser le cœur. Elle lui ressemblait peut-être, mais ce n'était pas elle. Bellatrix, il l'avait perdue. Elle ne reviendrait jamais. Il devait l'oublier, il...

Sa gorge se serra. Mais qu'était-il en train de penser ? Il haïssait Bellatrix ! Qu'importe s'il ne la revoyait plus ! Il avait été à deux doigts d'embrasser Tonks, la seule femme qu'il n'avait jamais aimée, et, lui, il pensait toujours à Bellatrix ! Ses mains se mirent à trembler. Il ne se comprenait plus. Pourtant, ce n'était pas Bellatrix qu'il aimait... C'était Tonks... Pas Bellatrix... Non, pas Bellatrix...

« Merlin, faites que je ne sois pas véritablement tombé amoureux de cette abominable femme... », pria-t-il mentalement, plus que terrifié.

― Remus, qu'est-ce que tu as, tu pleures ? s'inquiéta Tonks qui n'avait pas relâché son bras.

― N-non, absolument pas, dit-il aussitôt en essuyant la larme qui avait roulé indécemment sur sa joue sans qu'il n'ait pu la retenir.

― Si, tu pleures, dit Tonks. Il se passe quelque chose ?

― Non, répéta-t-il en évitant de croiser le regard qui ressemblait trop à la Mangemort. Il n'y a rien... C'est seulement la fatigue... Je crois que je ferais mieux d'aller me coucher...

Puis il quitta rapidement son fauteuil, en manquant de bousculer Tonks au passage, et traversa la pièce jusqu'au couloir. Son tourment allait passer, s'encouragea-t-il. Ce n'était que passager. Avec un peu de repos, ses sentiments rentreraient dans l'ordre.

― Mais attends, protesta Tonks en se levant à son tour afin de le suivre. Tu n'as pas l'air bien. Si tu veux, je peux rester avec toi cette nuit. Je ne voudrais pas te laisser seul...

― C'est bon, je vais bien m'en tirer, assura Remus qui continua son chemin vers sa chambre. Tu peux t'en retourner. Tu serais également aimable d'annoncer mon retour aux autres à ma place.

― Remus, qu'est-ce qui se passe ? demanda Tonks en le rattrapant avant qu'il n'ouvre la porte. Il s'est passé quelque chose sur cette île ?

Remus ne répondit pas.

― Qu'est-ce qui s'est passé ? insista-t-elle.

― Disons que j'ai beaucoup réfléchi, marmonna-t-il à l'improviste, toujours en fuyant son regard.

― Réfléchir à quoi ?

Remus poussa une profonde expiration. De toute évidence, il s'enfonçait de plus en plus dans ses explications nébuleuses. Il se demanda soudain si Bellatrix avait réussi à réchapper de Voldemort. Ce dernier l'avait-il tuée ou seulement punie d'un sortilège Doloris bien senti pour ne pas avoir répondu immédiatement à son appel ? Une certaine commisération douloureuse l'assaillit, mais il s'empressa de la réprimer d'emblée du mieux qu'il put.

― Réfléchir à quoi ? répéta Tonks, toujours insistante.

― Je suis dangereux..., murmura Remus. Tu ne devrais pas te retrouver seule avec moi...

― Dangereux ?

Tonks parut incrédule, presque amusée.

― Remus, la pleine lune est passée, au cas où tu aurais oublié...

Je reste quand même un monstre !

Les mots lui avaient échappé naturellement. Cette fois, c'était tout son corps qui était parcouru de tremblements. Le visage de Tonks d'abord étonné se rembrunit.

― Je vois que la solitude prolongée ne te fait pas, commenta-t-elle sombrement.

― Je suis sérieux, reprit Remus, la voix crispée. Je deviens un véritable monstre à chaque pleine lune, mais la bête reste en moi, tous les jours. Il peut m'arriver de perdre les pédales, de devenir subitement agressif. Et je peux contaminer quelqu'un à tout moment ! Vaut mieux qu'on s'éloigne de moi.

― Oh, arrête tes conneries ! coupa Tonks avec agacement. Alors quoi ? Tu vas aller te barricader dans le fond de ta maison afin d'éviter l'infime petit incident rare qui pourrait se produire par mégarde, c'est ça ?

Elle éclata d'un rire moqueur.

― Remus, tu es ridicule.

― Je ne suis pas ridicule ! Et je n'irai pas me cacher ! Seulement, j'éviterai qu'on s'approche trop près de moi.

― S'approcher dans quel sens ? interrogea Tonks. Comme ça ?

D'un air de défi, elle s'avança vers Remus qui s'accula précipitamment sur la porte. Son visage levé vers lui n'était plus qu'à quelques distances du sien, ce qui lui déclencha une avalanche de sensations électrisantes dans le creux de son estomac.

― C'est ça le genre de rapprochement que tu ne peux pas supporter ? Celui qui te rend nerveux parce que tu as peur de faire une bêtise ? Comme tout à l'heure, peut-être ? Tu ne feras jamais mal à tes amis, Remus, susurra-t-elle, encore moins à celle que tu aimes. Tu n'es pas un monstre. Je ne sais pas quoi ou qui t'a mis ça dans la tête, mais, crois-moi, tu n'as rien à voir avec la bête à poils qui prend possession de toi à chaque pleine lune.

― Je...

― Et je pèse mes paroles, ajouta-t-elle d'une voix ferme, catégorique. Cesse d'avoir peur de toi.

Ils échangèrent un regard pénétrant. La respiration de Remus s'était accélérée d'un coup. Leurs lèvres se touchant presque, leurs souffles se mêlaient. Hésitant, sa main s'approcha de la taille de Tonks et resta suspendue dans les airs, à quelques doigts de l'effleurer. Il pouvait sentir la chaleur qui s'en dégageait. Il était en train de se noyer dans ses yeux sombres et étincelants quand il revint immédiatement à lui. Prestement, il tourna la poignée, s'évada dans sa chambre et referma aussitôt la porte.

― Remus ! s'écria Tonks avec indignation. Espèce de lâche !

― Va-t'en, lança Remus en donnant un coup de pied dans un tas de vêtements sales au pied de son lit défait. Il vaut mieux que tu t'en ailles.

― Pourquoi ?

― Parce que !

― Parce que tu m'aimes ?

Parce que je tiens à toi !

Avec véhémence, il frappa du poing son oreiller avant de s'effondrer sur le matelas, les dents serrées. Il avait même l'impression d'entendre le rire mauvais et cinglant de Bellatrix dans sa tête. Tonks devait se moquer de lui maintenant qu'elle avait découvert qu'il l'aimait.

Parce que, oui, il l'aimait toujours... À présent qu'il avait le sentiment de la perdre, elle aussi, il sentait son cœur se faire tarauder. Pourtant, il ne l'avait jamais eue. Comment pouvait-il avoir l'impression de la perdre ? Et puis il avait toujours su qu'elle ne serait jamais à lui, de toute façon. Qui voudrait d'un monstre ? Une fois encore, il fut furieux que Bellatrix l'ait abandonné, elle qui avait été la seule à vouloir l'aimer...

― Remus, arrête ! cria Tonks de l'autre côté du panneau. Tu es pathétique ! Tu penses toujours me salir si tu poses tes mains sur moi, c'est ça ? Je crois que je commence à comprendre... C'est pour ça que tu es dans tous tes états. C'est à cause de moi. Pendant ces six jours passés sur cette île à ne rien faire d'autre que réfléchir, tu es venu à...

― Ce n'est pas à cause de toi ! interrompit Remus. C'est à cause de moi. Je...

― Mais oui, c'est ça ! reprit-elle, irritée. Tu te sens indigne parce que tu es un loup-garou. Mais si tu arrêtais un peu de t'apitoyer sur ton sort, tu verrais bien à quel point je me moque de ton état ! J'imagine que tu penses que je suis trop bien pour toi et que c'est pour ça que tu refuses d'admettre tes sentiments pour moi ?

Comme une ampoule qui grille, le rire de Bellatrix s'éteignit dans l'esprit de Remus. Tonks venait-elle d'insinuer cela ? Venait-elle de lui avouer que sa condition la laissait indifférente ?

Dans le couloir, Tonks s'était tue. Elle attendait sans doute que Remus ajoute quelque chose, mais il restait aussi silencieux qu'elle, les pensées en ébullition. Peut-être n'avait-elle pas vraiment voulu sous-entendre une telle chose, aussi. Il avait peut-être mal compris. Comment Tonks pouvait-elle partager les mêmes sentiments que lui, un loup-garou ? Elle n'était pas aussi folle que Bellatrix, tout de même.

― Remus ? dit Tonks d'une petite voix emplie d'espoir. Remus, tu es encore là ?

Les mots toujours coincés dans le fond de sa gorge sèche, Remus se redressa en position assise sur le bord de son lit en s'essuyant les joues. Dans un imperceptible grincement, la porte s'ouvrit et Tonks entra avec lenteur. Elle l'observa un moment, sans bouger dans l'encadrement, guettant l'expression de son visage, puis, sans cesser de le fixer, elle s'avança dans sa direction.

― Moi aussi, j'ai beaucoup réfléchi pendant ton absence, Remus, murmura-t-elle en s'arrêtant devant lui. Enfin, j'ai surtout eu peur d'avoir fait une erreur...

― Une erreur ? répéta Remus d'un air interrogatif.

― Oui... S'il t'était vraiment arrivé quelque chose, jamais je ne me le serais pardonné. J'aurais regretté toute ma vie de ne pas l'avoir fait...

― Fait quoi ?

Le regard plus ardent que jamais, Tonks prit alors place sur le lit, tout près de Remus qui fut parcouru de brusques frissons.

― Ça..., répondit-elle.

Et elle se pencha vers lui afin de lui déposer un baiser sur les lèvres.

Tout l'amour que Remus éprouvait pour elle explosa alors en lui comme un volcan. Au même moment, dans son esprit, Bellatrix Lestrange disparut en fumée. Cette fois, ses sentiments étaient sincères : il était amoureux. Il était amoureux d'elle seule. Un sentiment de bonheur, tel qu'il n'avait jamais ressenti auparavant, avait envahi tout son être.

Fébrile, Remus lui rendit son baiser en passant une main sur sa nuque. Leurs gestes étaient tendres, emplis de douceur, le cœur battant la grande chamade. C'était terriblement euphorique.

Mais, bien sûr, tout en continuant de l'embrasser langoureusement, Remus n'avait pas oublié qu'il n'avait aucun droit de la toucher de cette manière. Il n'avait pas oublié également qu'il s'était promis que même si leurs sentiments s'avéraient réciproques, il ne pourrait pas s'engager dans une relation avec elle, au risque de lui transmettre sa maladie honteuse. Mais, pour le moment, il ne pensait plus qu'à ses yeux détaillant son visage, ses mains glissant sur sa peau, ses lèvres caressant les siennes...

FIN


Bon, ce n'est pas exactement la fin, mais vous connaissez déjà la suite, non ?

En tout cas, j'espère que ça vous a plu. Merci d'avoir lu. J'attends vos avis finaux avec toujours un peu de stresse et on se dit peut-être à une prochaine fois ? :)

Je vous fais tous de gros bisous ! :3 Et merci encore !

Melfique