Chapitre 2
Fanfreluches et autres niaiseries
Un palais. Un foutu palais. Hermione n'en revenait pas ! Mrs Rosburry ne lui en avait jamais parlé. A vrai dire, elle ne lui avait pas vraiment parlé d'elle, cherchant par tous les moyens d'en savoir le plus sur la jeune fille.
Elle avait tellement de questions à lui poser; qu'elle fut prise d'une migraine atroce.
On était dimanche, jour de visite de sa mère. Dans tout juste une semaine, elle reprendrait sa vie à Poudlard, pour la dernière année.
Ses parents sortaient ce jour là, pour laisser à Mrs Rosburry, un peu d'intimité avec sa fille. Leur fille.
Après avoir pris une potion, préparée par ses soins contre la migraine, elle alla ouvrir la porte à sa mère. Cependant, celle-ci ne s'était pas déplacée seule cette fois. Le jeune homme de l'autre fois, était derrière elle, le dos droit, l'air aux aguets.
_ Entrez, fit elle à ses invités. J'ai préparé du thé. Vous en voulez ?
_ Oui, merci Hermione. Répondit sa mère. Je dois te présenter ton cousin, Mathéo. Il nous accompagnera aujourd'hui.
_ Très bien. Où allons nous au juste ? Demanda alors la jeune sorcière, en s'asseyant, ayant fait asseoir ses invités au préalable.
_ Au chemin de Traverse. Il faut que nous achetions une robe de bal pour ton cousin, ainsi qu'une autre pour toi, et tous les accessoires qui vont avec bien sûr.
_ Quel bal ? Dit elle, surprise. Elle ne lui avait pas parlé de bal !
_ Un bal des débutantes, il aura lieu samedi prochain. Mathéo sera ton cavalier. Tu seras l'invitée d'honneur, puisque il est organisé au palais.
_ Euh...D'accord mais, je ne suis pas sûre de...
_ 'Mione chérie. Tu y arriveras à merveilles; je ne me fait aucun doute la dessus.
_ Ce que je voulais dire, c'est que je n'y connais absolument rien !
_ J'ai parlé avec tes parents la semaine dernière. Ils ont accepté que tu viennes vivre un peu plus tôt que prévu au palais. En fait, tu viens emménager dès ce soir.
_ Quoi ? Mais c'est trop précipité ! Je n'ai même pas le temps de leur dire au revoir convenablement ! Et puis mes affaires ne sont pas prêtes, et...
Hermione perdait sons sang froid. Au palais ? Dès ce soir ? C'était trop précipité, il y avait tellement de choses à faire, ses affaires à empaqueter, ses amis à prévenir... Non non non... Impossible. Elle ne pouvait pas partir ce soir, décidément pas.
_ Tes affaires sont déjà prêtes, tes parents au courant, on repassera ici avant de rentrer pour que tu voies tes parents, et pour tes amis, tu pourras leur envoyer un hibou dès ce soir ! Qu'en penses-tu ?
_ Je crois que de toute façon j'ai pas le choix, alors bon.
_ Je ne veux pas que ce soit une contrainte Hermione. Si je le fais, c'est pour que tu puisses te préparer pour le bal cette semaine.
_ Vous voulez dire, qu'il faut une semaine entière pour se préparer à ce genre de choses ?
_ Et bien, oui. Il y a un tas de choses que tu dois apprendre sur notre famille, il faut aussi que tu saches danser, et te tenir convenablement à table, il faudra que...
_ Je... Je crois que j'ai saisit. Fit elle, pâle tout d'un coup. Toutes ces choses qu'elle devait savoir,... Ça y est, sa migraine était revenue.
_ Bien ! Tu es prête ? Le portoloin part dans une minute.
_ Et mes affaires ?
_ Nous reviendrons ce soir 'Mione, pour tes parents tu te souviens ?
_ Oui oui...
_ Bien ! Allons-y, mettez votre index sur cette montre jeunes gens.
Hermione sentit alors comme une sorte de corde, qui la tirait par le ventre, sensation typique d'un voyage en portoloin.
Ils atterrirent dans une petite rue adjacente à l'allée du Chemin de Traverse, bondée de monde.
La jeune fille vit alors Mathéo et sa mère, avaler une potion dans une gourde opaque, chacune la leur, puis devinrent alors deux personnes totalement différentes, qu'Hermione ne connaissait pas. Du Polynectar !
_ C'est en camouflage, pour notre sécurité, tu comprends ? Lui glissa Mathéo à l'oreille, alors que sa mère était déjà devant, mêlée à la foule de l'allée la plus côtoyée du Londres Sorcier.
Hermione eût alors un frisson. Mais qu'est ce qui te prend Hermione ? C'est ton cousin !
Elle avança alors plus vite, afin de rejoindre sa mère qui se dirigeait vers une rue adjacente, où les magasins se faisaient plus ciblés, plus chics, donc plus chers.
_ Pourquoi n'ai-je pas de protection alors ? Demanda-t-elle à Mathéo.
_ Parce que les personnes susceptibles de nous causer des soucis, ne connaissent pas encore ton existence.
_ Comment ça « Pas encore » ?
_ Tu fais ton entrée dans notre monde que samedi Hermione.
_ Mais alors si ils vous causent des problèmes, pourquoi est ce que vous les invitez à la soirée ?
_ Pas le choix. Si on ne les invitait pas, ils seraient encore plus susceptibles de nous fourrer dans les problèmes.
_ Dîtes, vous deux, au lieu de jacasser dans votre coin, venez plutôt m'aider à vous dégoter une robe ! Fit Mrs Rosburry.
Cette femme étonnait Hermione de jour en jour. Quand elle était avec elle, seule à seule, Mrs Rosburry était gentille, peut être, mais avec une certaine retenue. Et là, voilà qu'elle leur parlait comme si elle les connaissait depuis toujours, qu'elle n'était plus la femme aristocrate qui devait faire bonne figure.
Elle était naturelle. Hermione se fit la remarque, qu'elle était bien mieux comme ça, sans ce masque d'impassibilité qui régnait d'ordinaire sur son visage.
Elle mit ça sur le compte de sa couverture, qui lui permettait d'être qui elle voulait.
Dans le magasin que Mrs Rosburry avait choisi, elle et Mathéo essayèrent toutes sortes de robes, plus hideuses les unes que les autres.
Quelques crises de fou rire, avaient eu raison des deux jeunes sorciers, à plusieurs reprise, tellement certaines tenues ne ressemblaient à rien.
Puis elle tomba sur La perle. Une robe bustier Bleu nuit, tellement longue qu'elle trainait un peu par terre. Elle descendait en une cascade de tissu léger, recouvert de tulle de la même couleur. Le buste quant à lui, était incrusté de diamants discrets, qui faisaient penser à une nuit étoilée. (1)
Hermione, restée dans la cabine jusque là, se fit la promesse de faire la surprise de sa tenue à son cavalier.
Dans la cabine de Mathéo, lui aussi avait trouvé sa robe, qui sans le savoir, s'accordait parfaitement à celle de la jeune fille.
Puis l'après-midi passa comme ça. Après avoir trouvé sa robe, Mathéo reparti pour le palais alors que Mrs Rosburry et Hermione firent le reste des magasins, à la recherche d'accessoires, tel que les bijoux, la pochette, les chaussures etc.
Elles rentrèrent alors chez les parents d'Hermione, afin de leur faire leurs au revoir, ainsi que pour prendre le reste des affaires de la jeune sorcière, soit un sac contenant ses affaires les plus personnelles. Toutes ses armoires avaient été vidées. Quand elle quitta sa chambre, elle ne reconnut plus la pièce qui l'avait vu grandir.
_ Tu pourras revenir quand tu voudras 'Mione, fit Mrs Granger. Tu seras toujours la bienvenue ici.
_ Merci maman, lui dit elle alors, en se jetant dans ses bras, pour cacher ses larmes, à celle qui l'avait élevée. Celle qu'elle considèrerait toujours comme sa mère.
_ Hey Mionette. Pleure pas. Fit son père qui était arrivé quelques minutes après et l'avait à son tour pris dans ses bras.
_ Vous allez me manquer...
_ A nous aussi ma chérie. A nous aussi...
En arrivant devant la porte de sa maison, Hermione vit avec une certaine excitation, des sombrals.
_ On voyage en sombrals ? Demanda la jeune curieuse.
_ Non non, c'est seulement l'attelage. Le carrosse ne devrait plus tarder. Fit Mrs Rosburry.
Et en effet, à peine quelques minutes plus tard, Hermione pu apercevoir un carrosse digne des plus grandes princesses, atterrir en douceur, devant la maison des Granger.
Les bagages furent installés magiquement, dans le coffre minuscule de l'appareil, et les deux femmes prirent place dans le compartiment que proposait le carrosse.
_ Ca ne craint rien que les moldus puissent le voir voler ?
_ Si, c'est pour ça qu'il est enchanté. Il devient invisible au décollage.
_ D'accord.
_ Tu peux te mettre à l'aise, voir te reposer un peu, c'est très confortable, et le voyage risque d'être un peu long.
_ Oh, bien.
_ Il y a des couvertures et des coussins sous ton siège. Il s'ouvre comme un coffre. Je te laisse cette banquette, une me suffit, dit elle avec un sourire.
_ Merci.
Une fois installée, Hermione s'endormit rapidement. Si bien qu'elle ne vit pas le voyage passer.
_ Hermione chérie, réveille toi nous sommes arrivées.
_ Mmh… Gémit elle dans son sommeil.
_ Mione…
_ Qu… Qu'est ce qui se passe ?
_ Tu t'es endormie, tu te souviens ? On est arrivées au palais.
Et quel palais c'était ! La demeure s'étalait sur plusieurs hectares, rien que pour l'allée privée qui menait à la bâtisse. Et d'après sa mère, il y avait de grands jardins, dignes de ceux de Versailles, avec de grandes fontaines.
L'allée en question, était bordée d'une longue rangée d'arbres, tous plus majestueux les uns que les autres. Et une pelouse remarquablement verte s'étendait derrière cette rangée, ponctuée de compositions d'art floral, qui donnait à Hermione, l'impression d'être tombée dans le jardin d'Alice au pays des Merveilles. Oui, c'est ça, elle était au pays des merveilles…
Le carrosse s'était arrêté devant le château où s'étendaient deux grands escaliers, un côté Nord, l'autre côté Sud. En haut des marches, là où se rejoignait les escaliers, trônaient fièrement deux immenses portes de bois certainement très lourdes, décorées de dorures, ainsi que des poignées à en faire pâlir un géant.
Heureusement que la magie facilitait la vie des sorciers et qu'on pouvait sans problème ouvrir ces portes…
A peine voulu-t-elle sortir du carrosse, qu'un valet lui proposait sa main pour l'aider à descendre. Troublée, elle accepta et sorti de l'engin.
Les deux immenses portes de bois s'ouvraient sur un grand hall, où étaient exposées diverses œuvres d'art des statues aux tableaux –sorciers bien entendu– en passant par les tapis.
Un grand escalier en marbre s'étendait alors devant ses yeux. Celui-ci montait d'un seul bloc majestueux, vers un semi étage, où il se séparait alors en deux. Une grande teinture était exposée sur le mur en face de l'entrée, au semi étage en question. Elle représentait les Rosburry, plus jeunes. Hermione pu remarquer que celle qu'elle supposait être Mrs Rosburry portait un bébé dans ses bras.
C'est moi… Pensa-t-elle.
Elle s'était abandonnée à sa contemplation, tant et si bien que sa mère la fît sortir de sa rêverie.
_ Hermione, viens je vais te montrer ta chambre.
_ J'arrive, dit elle, alors qu'elle n'arrivait pas à se soustraire à lâcher la teinture des yeux. Comme si le petit être qui reposait dans les bras de la grande Judith Rosburry, allait s'envoler.
Sa mère la conduisit à sa chambre, en empruntant un nombre incalculable de couloirs. C'était un tel labyrinthe qu'elle se demanda comment elle allait retrouver sa route sans demander le chemin à quelqu'un.
Arrivées devant deux grandes portes –bien qu'elles ne le soient pas autant que celles de l'entrée–, sa mère s'arrêta et lui annonça :
_ Voici ta chambre. Etant donné que tu n'es jamais venue au palais auparavant, j'ai demandé à Twinkie de te guider.
Elle désigna alors un petit elfe de maison, qui s'était courbé devant elle. Son nez touchait presque le sol.
_ Twinkie est très heureuse de servir Mademoiselle, fit la créature.
_ Elle apparaîtra dès que tu l'appelleras. C'est désormais ton elfe de maison personnel.
_ Oh, et bien c'est très gentil. Merci, fit Hermione gênée.
En effet, le projet de la S.A.L.E lui tenait encore très à cœur, et elle se promit de lui demander de l'aide le moins possible.
_ Pour rentrer dans ta chambre, il te suffira de choisir un mot de passe et les fées qui logent dans ces petites maisons que tu vois de chaque côté des portes t'ouvriront l'accès. C'est à toi de décider du mot de passe et tu peux le changer quand tu voudras. Les fées peuvent parler donc il n'y a pas incantation. Elles t'obéissent, mais si quelqu'un trouve ton mot de passe, elles se doivent de le laisser passer.
_ Ça veut dire que je peux donner mon mot de passe à des gens de confiance, les fées leur ouvriront ?
_ Si tu les autorises à le laisser entrer. Si tu n'es pas dans ta chambre par contre, les fées laissent automatiquement quelqu'un qui a le mot de passe, rentrer dans ta chambre. Je serais toi, je le communiquerais le moins possible, par sûreté. Les temps sont durs et il faut être prudent. Jusque dans sa propre maison.
_ Bien, merci.
_ Tu découvriras ta chambre toi même, tu peux changer la décoration si tu le veux, avec l'aide de Twinkie. Si tu as d'autres questions, pose-les lui elle saura te répondre. Bien je crois que je t'ai tout dit. Twinkie t'expliqueras le reste. A tout à l'heure pour le dîner.
_ A tout à l'heure.
Une fois que sa mère fut partie, Hermione se tourna vers les portes et s'adressa aux fées qui gardait sa chambre, et qui venaient d'apparaître sous ses yeux.
_ Bonjour princesse, quel honneur de vous servir, dirent les fées en parfaite synchronisation.
_ Bonjour mesdemoiselles.
_ Avez vous décidé d'un mot de passe pour votre chambre miss ? Fit l'une d'elle, celle aux ailes violettes.
_ Je crois que oui. Que dîtes vous de Utopie ?
_ Je pense que c'est un choix judicieux princesse. Lui répondit la seconde fée, les ailes d'une couleur bleue comme la nuit, avec des nuances écrues qui rappelaient les étoiles.
_ Bienvenue chez vous princesse. Dirent les deux petites créatures, d'une même voix.
Chez moi hein ? On est bien trop loin de chez moi… Pensa la jeune femme, des questions plein la tête, qui ne demande que d'avoir une réponse.
(1) Lien de la robe sur mon profil !
