Chapitre 5

Cohabitation périlleuse

Les deux préfets en chef avaient découvert avec beaucoup d'engouement (bien qu'il soit plus discret chez le Serpentard) ce qui leur servirait s'appartement pour leur septième année.

Derrière le tableau de la licorne bleue se trouvait un petit couloir qui lui, débouchait sur un vaste salon éclairé par un immense lustre. Les murs du salon étaient peints en marron, pour garder toute neutralité entre les maisons. Il y avait cependant deux grands fauteuils installés devant une cheminée qui couvait un feu confortable. Il y avait également un grand canapé qui semblait nous inviter à s'y asseoir tant il paraissait moelleux. Il était d'un marron un peu plus clair que les murs alors que les deux fauteuils étaient respectivement rouge et vert. Au centre de la pièce sous le lustre se nichait une grande table qui pouvait facilement accueillir huit personnes. La première chose à laquelle pensa Hermione en voyant la taille de cette table, fut à toute la place qu'elle aurait pour travailler.

On pouvait voir au fond, un escalier qui montait très certainement aux chambres, alors qu'une porte donnait sur la cuisine, en bas.

La salle de bain quant à elle, était située entre les deux chambres : un couloir donnait sur une porte qui aboutissait à la salle de bain immense des préfets en chef. Une baignoire de la taille d'une piscine trônait au centre, agrémentée d'une dizaine de leviers qui crachaient des sels de bains de toutes les couleurs. Il y avait aussi deux lavabos surmontés d'étagères où les deux préfets pouvaient y installer leurs affaires de toilette.

La jeune gryffondor était tombée sous le charme de sa chambre. Les murs étaient peints en rouge, alors que l'écusson de sa maison était gravé sur sa porte en bois. Elle avait un lit à baldaquins comme dans son ancien dortoir, sauf que celui-ci était deux fois plus grand. Son bureau était à droite en entrant et ses livres avaient déjà été rangé sur une étagère au dessus de ce dernier. Quant à ses affaires, elles étaient rangées bien soigneusement dans une grande armoire en bois.

Hermione était aux anges. Elle était surtout épuisée. Tant et si bien qu'elle eu tout juste la force d'écrire à son cousin et à sa mère. Elle se dit qu'elle aurait le temps le lendemain soir, d'écrire à ses parents adoptifs. Elle s'écroula alors sur son lit, et s'endormit à peine sa tête posée sur son oreiller moelleux.


_ Bonjour Mione, bien dormi ? Demanda Harry une fois qu'il eût rejoint son amie à la table des rouges et ors pour déjeuner.

_ Comme un bébé ! Dit elle, baillant encore. Oh Harry si tu pouvais savoir comme cet appartement est génial !

_ En voyant ta tête je n'en doute pas une seule seconde, rit il.

_ Douter de quoi ? Demanda Ron qui arrivait à ce moment là.

_ De rien en particulier, Hermione me parlait de son appartement.

_ Ah oui, alors il est comment ? Tu crois qu'on pourrait y venir ?

_ Il est superbe ! Mais Ron, je suis pas sûre que vous puissiez venir, enfin c'est surtout que ça sous entendrait que Malefoy puisse ramener des Serpentards et je suis pas sûre de pouvoir les supporter. Mais s'il en invite sans m'en parler au préalable, vous pourrez venir.

La journée se passa sans incident majeur, jonglant entre les cours et les remarques incessantes des Serpentards. Hermione les trouva agités ce qui l'inquiéta. Quand il y a de l'agitation chez les verts et argent, ce n'est jamais bon présage.

Et il se trouve que ses soupçons étaient fondés quand elle fût cernée par un groupe de Serpentards de septième année, alors qu'elle se rendait à la Grande Salle pour y prendre son dîner.

Elle se maudit d'avoir dû laisser ses amis partir manger, pour aller chercher un livre à la bibliothèque. Livre dont elle avait besoin si elle voulait travailler ce soir.

_ Tiens tiens mais qui voilà ? Fit Millicent Bullstrode de sa voix criarde et insupportable. Ne serais-ce pas notre insupportable Miss-Je-Sais-Tout de Granger ?

Ainsi ils ne savaient pas qui elle était vraiment ? C'était quelque chose d'étonnant quand on savait que tous étaient des sangs purs. Ils auraient dû être là au bal. Mais en remontant un peu dans sa mémoire, elle ne se rappelle pas avoir croisé l'un d'entre eux.

_ Alors Granger, tu n'es pas avec tes colle-aux-basques de « Pot-de-fleur » et « Weasmoche » ? Continua-t-elle.

En regardant autour d'elle, Hermione parvint à les compter. Ils étaient six : Millicent Bullstrode, Pansy Parkinson, Blaise Zabini, Théodore Nott et Crabbe et Goyle. Elle fut surprise de ne pas y trouver Malefoy dans le lot. Lui qui n'en ratait jamais une quand il s'agissait de s'en prendre à elle…

_ On peut savoir ce que tu me veux Bullstrode ? Répondit Hermione sans la moindre trace de peur palpable dans sa voix.

_ Moi ? Rien de bien méchant. Seulement nous amuser un peu. L'été a été long Granger, tu nous à beaucoup manqué, finit la jeune serpentarde sur un rire affreusement sadique.

Les six Serpentards se rapprochaient lentement de leur victime, le regard menaçant. La jeune Gryffondor raffermit sa prise sur sa baguette mais elle n'eu pas le temps de faire le moindre geste que tout se bouscula en mois d'une minute.

Un grand éclair surgit devant Hermione, la protégeant des attaques de ses adversaires qui s'acharnaient sur elle.

Les Serpentards furent tellement surpris qu'ils stoppèrent leurs attaques le temps d'une dizaine de secondes. Temps largement suffisant à la rouge et or de contre attaquer. Elle réussit à tous les immobiliser d'une seule attaque. Chose qui la surpris car d'ordinaire, une seule attaque immobilisait seulement une personne.

Elle envoya ensuite son patronus au professeur McGonagall qui apparut quelques minutes plus tard accompagnée de gardes du royaume, dont celui qu'elle avait croisé dans le train.

« Oh non pas eux… »

« Ils sont là pour te protéger je te signale »

« On peut pas dire qu'ils fassent très bien leur boulot vu comment j'ai faillit finir en chair à pâté »

« Qui te dit qu'ils n'ont pas agit à couvert pour protéger ta couverture ? »

« Roh tais toi à la fin stupide petite voix ! »

_ Miss Rosburry, pouvez vous m'expliquer ce que tout cela signifie ? Demanda la directrice.

_ Je me suis faite attaquée par ces élèves professeur. J'ai réussit à les immobiliser avant qu'ils ne m'atteignent.

_ Est ce en raison de votre appartenance à la famille royale Miss ? Questionna l'un des deux gardes, celui qu'elle n'avait pas encore croisé. Probablement celui qui était censé sécuriser le secteur de la gare de Pré au Lard quand ils étaient encore dans le train.

_ Je ne pense pas non. Ils n'y ont pas du tout fait référence et ils m'ont appelé « Granger ».

_ Bien Miss Rosburry vous pouvez y aller, nous nous chargeons de ceux là.

_ Bien professeur.

Ce que tous ignoraient, c'est que l'éclair qui surgit ce soir là devant Hermione et qui la protégea, était le même que celui qui apparut au bal, quand la princesse et Drago Malefoy furent transportés dans les airs lors de leur danse.

Quelque part dans le château, alors qu'Hermione rejoignait ses amis dans le Grande Salle, Drago Malefoy s'évanouit dans le salon des préfets en chef, alors que le même éclair l'avait entouré quelques minutes plus tôt.


Hermione rejoignit son appartement, après avoir dîner avec ses amis qui bien évidemment la bombardèrent de questions. Elle leur expliqua sans rechigner car elle savait pertinemment que ça ne servait à rien de vouloir les tenir à l'écart.

Cependant quand elle arriva dans son salon, elle eu la triste surprise de voir la corps inconscient de son colocataire. Elle perdit un peu de ses couleurs et se précipita vers Malefoy. Elle chercha son pouls et vit qu'il était faible. La jeune princesse prit son courage à deux mains, oublia ses vieilles rancunes envers son ennemi, et transporta son corps en lévitation jusqu'à l'infirmerie.

_ Oh mon dieu mais que s'est il passé ? Demanda l'infirmière en voyant arriver Hermione et son homologue inconscient derrière elle.

_ Je n'en ai aucune idée, il était déjà inconscient quand je suis arrivée dans notre appartement. Il était seul et allongé par terre, lui rapporta la jeune préfète.

_ Bien je vais voir ce que je trouve, en tout cas il n'y a aucune marque visible. C'est déjà bon signe. Enfin, plus ou moins car ça peut signifier qu'il a subit un sortilège puissant, au point d'utiliser trop de ses ressources magiques. Merci Miss Rosburry, vous pouvez disposer je m'en occupe.

Mais Hermione ne bougeait pas. Elle était comme statufiée, comme si son corps refusait de bouger, de s'éloigner de celui de Malefoy.

_ Miss Rosburry ?

_ …

Les yeux perdus dans le vague, elle tourna la tête vers son homologue inconscient, et s'avança de lui, comme une automate. Elle vint s'asseoir près du lit dans lequel il était allongé, et pris sa main dans les siennes. Là, elle ferma les yeux et n'eu plus aucune réaction.

L'infirmière avait beau l'appeler, elle restait sourde à tout appel. Pui peu à peu, la vieille femme assista à un phénomène très rare. Cette même lueur blanche enveloppa le couple, puis au bout d'une dizaine de secondes, elle s'estompa.

Mrs Pomfresh prévint alors tout de suite la directrice pour la mettre au courant des derniers évènements. Laissant les deux élèves toujours inconscients, derrière un rideau blanc, les deux femmes discutèrent à voix basse de ce qui s'était passé.

_ Vous croyez que ce sont des…

_ Oui je le crains Pompom'. Et si cela s'avère être vrai, la vie de nos deux élèves va être bousculée à tout jamais. Vous imaginez ? Des aeternam amatores à Poudlard ! Ça va faire plus de 1000 ans que nous n'en avons pas eut…


Ça faisait plus de trois jours maintenant que Hermione et Drago étaient à l'infirmerie. Toujours dans un profond coma. Si on pouvait l'appeler comme ça. Hermione avait été allongée dans un lit. Mais leurs mains restaient indétachables. On avait donc dû rapprocher leur lit respectif. La lueur blanche qui les avait enveloppé quelques jours auparavant n'était pas revenue. Mais un sortilège lancé par l'infirmière avait appris qu'une source magique puissante circulait entre leurs deux corps. Mrs Pomfresh avait alors pensé, que Drago Malefoy avait dû utiliser une trop grande dose de ses ressources magiques pour une raison obscure, et que ça l'avait plongé dans un profond sommeil. Quand à Hermione, elle serait en train de l'alimenter en magie. En fait, ils étaient tout les deux en train de produire de la magie, afin de remplir leur corps de la dose dont ils étaient jusqu'alors démunis.

C'était juste extraordinaire. Mrs Pomfresh était fascinée par leur cas. Cas très rare qui plus est, alors pourquoi se priver de pouvoir étudier des aeternam amatores alors qu'on en a deux, juste sous les yeux ?

XXX

Harry Ron et Ginny s'inquiétait beaucoup pour leur meilleure amie. Ils passaient toutes leurs heures de libre à venir voir Hermione, qui était toujours dans son sommeil, tenant la main de leur pire ennemi. Ça faisait maintenant une semaine jour pour jour, que les deux préfets en chef étaient endormis. C'était d'ailleurs la source d'inquiétude chez les trois Gryffondors qui espéraient que la jeune princesse reviendrait vite. Lorsqu'ils virent tous trois la main d'Hermione dans celle de Malefoy, ils se posèrent tous beaucoup de questions. Est-ce que Hermione et lui entretenaient une relation dont ils n'étaient pas au courant ? Est ce qu'il avait ensorcelé leur amie afin de la faire tomber amoureuse de lui pour mieux la détruire par la suite ? Plein de questions restées sans réponses.

C'est à l'heure du dîner, ce jour là, que l'infirmière leur appris le réveil des deux préfets en chef. Ils laissèrent leur dîner pour se précipiter à l'infirmerie. Jusqu'alors, ils n'avaient croisé aucun Serpentard venu voir Malefoy. Probablement parce que tout ceux qui étaient susceptibles de venir lui rendre visite avaient été virés de l'école suite à l'attaque qu'ils avaient entrepris contre la préfète. Pourtant, en entrant dans l'infirmerie, les trois Gryffondors eurent la surprise d'y trouver les parents de Malefoy, ainsi que le roi et la reine de Rosburry, les parents d'Hermione. Ils voulurent faire demi tour et revenir plus tard, mais la mère d'Hermione les aperçus et les appela :

_ Non, restez je vous en prie, nous allions partir de toute façon.

_ On ne voudrait pas déranger…

_ Vous ne nous dérangez absolument pas, répondit le père d'Hermione. Vous la connaissez mieux que nous…

Son ton presque désolé intrigua les trois Gryffondor. Ils se doutaient bien que le roi et la reine n'avaient pas abandonné leur fille de plein gré, mais ils ne pensaient pas que ça pèserait autant sur leur conscience.

Ils avancèrent prudemment du lit d'Hermione et de Malefoy, et serrèrent leur amie dans leurs bras, quand ils la virent assise dans son lit, en bonne santé.

_ Ne me fais plus jamais ça Hermione Rosburry ! Fit Ginny tout en la serrant, bien que prudemment, dans l'étau de ses bras.

_ J'essaierai, lui répondit elle avec un sourire.

La jeune fille rousse n'insista pas parce qu'elle savait que sa meilleure amie ne contrôlait pas tout, y compris ce qui lui était arrivé.

_ Ça fait du bien de te revoir parmi nous Mione ! Fit Harry en la serrant à son tour.

_ Tu nous as fait peur ! Lui reprocha Ron.

_ Désolée les garçons…

Les parents de Malfoy assistaient à cet échange mielleux avec une grimace de dégout, mais à cause de la présence de la reine et du roi, ils ne dirent rien, se contentant de parler à leur fils avec beaucoup de discrétion.

Le professeur McGonagall fit son entrée dans l'infirmerie, et Mrs Pomfresh demanda à Harry Ron et Ginny de sortir un moment, le temps que la directrice puisse parler aux deux malades et à leurs parents. Ils sortirent donc, avec cependant peu de volonté.

_ Vos altesses, Mr et Mrs Malefoy, j'aimerais parler avec vous de la raison pour laquelle vous êtes ici.

_ J'espère que vous avez une bonne raison Minerva, j'ai dû rater une réunion importante au ministère pour pouvoir venir.

_ Je peux vous assurer Mr Malefoy, que votre présence ici est bien plus importante que votre réunion, aussi importante soit elle. Il s'agit de votre fils, ainsi que de la princesse Rosburry.

_ Qu'y a-t-il Minerva, je vous en prie ne soyez pas si secrète, demanda Mrs Rosburry.

La directrice se tourna vers ses deux élèves et leur annonça :

_ Mr Malefoy, Miss Rosburry, j'ai une nouvelle à vous annoncer qui risque bien de changer votre vie à tous les deux. Vous êtes des aeternam amatores.

Un grand silence accueillit la nouvelle du statut des deux élèves de Poudlard. Puis le père de Drago Malefoy brisa ce silence insoutenable.

_ Qu'allez vous encore inventer ? Vous m'avez fait venir pour des sornettes !

_ Il ne s'agit pas de « sornettes » Mr Malefoy comme vous semblez l'affirmer. Je suis tout à fait sérieuse. Votre fils est l'aeternam amatore de Miss Rosburry.

Les autres parents quant à eux, restaient silencieux suite à l'annonce de la directrice de Poudlard. Ils ne savaient pas s'ils devaient croire à tout ça mais leur présence ici ainsi qu'à celle de leurs enfants dans cette infirmerie, les poussaient à y croire.

_ Lucius je t'en prie, calmes toi. Tu vois bien que personne ne plaisante. Laisse Minerva s'expliquer. S'il te plaît. Fais le pour Drago, implora Narcissa Malefoy à son mari.

Ce à quoi il répondit par un grognement sourd. Toute fois il se tût. Sa femme le remercia d'une pression sur la main.

_ Professeur, intervint Hermione, qu'est ce que c'est des aeternam amatores ?

Après un regard en direction des parents, le professeur McGonagall entreprit de raconter la légende des aeternam amatores.