Chapitre 7
Il était minuit passé depuis déjà de nombreuses heures, dans la chambre de la préfète en chef de Poudlard. Mais le sommeil ne semblait vouloir ni d'Hermione ni de Mathéo. Bien que les prémices de celui ci ne se fassent plus sentir chez le cousin de la princesse, que chez elle même.
Les larmes de la jeune fille s'étaient taries après environ une heure d'explication intensive et ininterrompue de la part d'Hermione. Elle déversa à cœur ouvert son chagrin, ses inquiétudes, ses doutes, et malgré elle ses sentiments pour le prince de Serpentard.
C'est ainsi que le jeune homme quitta le château de Poudlard au petit matin, dans une envolée de Sombrals.
C'est en réfléchissant à sa nuit blanche passée en compagnie de son cousin, qu'Hermione se dirigea vers la Grande Salle. Elle était d'ailleurs tellement dans ses pensées, qu'elle se retrouva sans savoir comment, étalée sur un buste sombre et ferme, rattaché à une tête blonde qui ne pouvait appartenir qu'à une seule fichue personne : Drago Malefoy.
Pourquoi diable fallait elle qu'elle tombe sur la seule personne au monde qu'elle ne voulait pas croiser ce matin ? Et puis tomber dessus, au sens littéral du terme ! C'était encore pire que ce que la jeune fille aurait pu ne serais ce qu'imaginer.
_ Oh… Euh Excuse moi Hermione, je ne t'ai pas vu arriver…
Par tous les Merlins en chaussettes roses à pois orange ! Pourquoi fallait il qu'il soit gentil et poli avec elle, en plus d'être foutrement canon ?
« Mon Dieu Hermione mais tu deviens folle ! Mais qu'est ce qui t'arrive ! Alors tu sais que Drago ne te laisse pas indifférente et tout de suite tu montes sur tes grands hippogriffes mal coiffés ? »
_ … Euh
« Très éloquent Hermione. Bravo. Alors là chapeau ! »
« Roh toi la ferme ! »
_ Tu as mal quelque part ?
_ N… Non non ça va aller, merci.
La jeune fille fila à toute vitesse, les cheveux au vent, les joues aussi rouges qu'une fraise en direction de la Grande Salle, pour finalement prendre ce fichu petit déjeuner.
Une fois assise près de ses amis, elle commença à remplir son assiette avec tout ce qui lui passait sous la main. Ron, Harry et Ginny eurent tous les trois les yeux grands ouverts pendant au moins trente secondes, à la vue de leur meilleure amie. Jamais au grand jamais elle n'avait mangé autant au petit déjeuner. Ginny se donnait d'ailleurs un mal de chien pour lui faire avaler un toast, un seul chaque matin pour ne pas que la jeune fille ne tombe de faim au bout de deux heures.
_ Hermione, tu es sûre que tu vas bien ? Demanda Ginny à sa voisine de table.
_ Ben oui pourquoi cha n'irai pas ? Répondit l'intéressée la bouche pleine de bacon aux œufs.
_ Oh non rien juste comme ça…
Après un lourd silence à la table, la jeune gryffondor daigna lever les yeux de son assiette.
_ Qu'est ce qu'il y a ? J'ai de l'encre sur le front ou quoi ?
Ce fut Harry qui se lança dans la cage aux lions :
_ C'est que… Tu ne manges rien le matin d'habitude. Si on compte en plus le fait que tu sembles normale, enfin plus normale que ces derniers jours je veux dire…Tu sembles bien. Tout va bien tu es sûre ?
Hermione sut qu'elle ne pouvait plus leur cacher son secret plus longtemps. Surtout qu'elle n'était pas vraiment d'une loquacité exemplaire ces derniers jours. Elle leur devait des explications et se dit que le plus tôt serait le mieux. Comme ça, tout serait réglé le plus rapidement possible et elle pourrait enfin souffler.
_ Je dois vous parler. Mais pas maintenant, ni ici. Ce soir dans mes appartements.
_ Et pour Malefoy ? Tu en fais quoi ? Il sera là aussi non ? Ce sont aussi ses appartements ? Fit Ron, un ton de colère dans la voix.
_ Ça le concerne aussi de toute façon mais il sait déjà tout ce que j'ai à vous dire.
_ Comment ça se fait qu'il soit déjà au courant et pas nous ? On est tes meilleurs amis non ? S'agaça le rouquin.
_ Ron je te l'ai dit, ça le concerne aussi. Il est forcément au courant de ce qui lui arrive !
Seul Harry qui jusque là était resté silencieux, semblait soucieux. Hermione qui le remarqua, lui dit :
_ Ça ne va pas Harry ?
_ Rien d'important. Fait attention à toi d'accord ?
_ Oui bien sûr mais…
_ Ne t'inquiète pas.
Sur ce il se leva et quitta la Grande Salle, suivit par Ron, quelques minutes plus tard.
_ Mince Ginny, on va être en retard en cours ! J'ai deux heures de potions en plus… La poisse !
_ Vite viens ! Enchéri la rouquine.
La journée s'était passée sans encombre et c'est le soir que nos trois gryffondors rejoignirent leur meilleure amie derrière le tableau de la licorne bleue. En entrant dans la salle commune des préfets en chefs, ils ne purent qu'être statufiés par la magnificence des lieux, aussi tombèrent ils lourdement sur le canapé, les yeux toujours accrochés au moindre bibelot exposé dans la pièce.
_ Mione, je savais que tu disais que c'était magnifique, mais quand même je pensais pas que c'était à ce point… Dis Harry, une fois sa langue retrouvée.
_ Je te l'avais dit. Hum bon vous voulez quelque chose à boire ? Un thé, un jus de citrouille n'importe ?
_ Moi je veux bien un thé, lui répondit la rouquine.
_ Non moi ça va.
_ Moi aussi merci. Bon, enchaina Harry, qu'avais tu de si pressant à nous dire pour nous inviter dans tes appartements alors que tu n'étais pas sensée avoir le droit vis à vis de Malefoy ?
_ Si je vous autorise à poser vos fesses sur mon canapé Potty, c'est parce que ce qu'a à vous dire Hermione est important. Du moins pour elle et moi, et qu'elle tient à vous mettre au courant. Répondit le dit Serpentard à la réplique du Survivant en levant les yeux au ciel.
Ce dernier descendait nonchalamment les marches qui menaient aux chambres et à la salle de bain des préfets.
Une fois arrivés près des quatre Gryffondors, il s'assit sur ce qui devait être son fauteuil personnel : un fauteuil d'un velours vert sombre, aux motifs en relief argentés. « Typique de Serpentard » pensèrent les rouge et or.
Quand elle remarque que cinq paires d'yeux la regardaient fixement, la jeune princesse se décida à s'asseoir et à expliquer la situation à ses trois meilleurs amis.
_ Voilà… Je ne sais plus si je vous avait parlé du soir du bal, où Drago nous sommes retrouvés inexplicablement à plus de cinq mètres de haut, en train de danser, sans qu'aucun de nous deux ne voyions ce qui se passait autour de nous ?
Elle reçu des hochements de têtes que guise de réponse.
_ Et quand je me suis retrouvée à l'infirmerie aussi ?
_ Oui d'ailleurs on ne sait toujours pas ce qui t'est arrivé cette fois là…
_ Euh… En fait je m'étais faîte agresser par des Serpentards. Ils n'ont rien eu le temps de me faire parce qu'une lumière sortie d'où je ne sais où est apparue et à distrait les Serpentards. J'ai eu largement le temps ensuite de les stupéfixer.
_ Mais je ne comprends pas pourquoi tu étais à l'infirmerie si tout allait bien ? Lui demanda Ginny.
_ Et ben, quand je suis arrivée dans nos appartements, Malefoy était étendu sur le carrelage, inconscient. Je l'ai emmené à l'infirmerie en le faisant léviter. Et quand je suis arrivée vers Mrs Pomfresh et qu'elle eu mit Malefoy dans un lit, je ne pouvais pas sortir, il y avait comme une force invisible qui m'emmenait vers le lit de Malefoy. Sans savoir pourquoi, je lui pris la main et là, la même lumière nous a enveloppé et je suis tombée inconsciente à mon tour.
Ginny commençait à comprendre. Elle adorait les légendes sorcières et avait lu des tas de bouquins sur le sujet.
Hermione qui vit le regard de compréhension de Ginny, l'encouragea à dire son hypothèse à tout le monde, ce qu'elle fit.
_ Vous êtes des aeternam amatores pas vrai ?
_ Oui, répondit Malefoy à la place de son homologue.
Tous s'étaient retournés vers lui. Ils l'avaient presque oublié tant le récit d'Hermione les avait laissés perplexes.
_ Moi j'ai rien compris, lâcha Ron.
_ Moi non plus, ajouta son voisin.
Ce fut Ginny qui leur expliqua ce qu'elle savait, avec une trace d'émotion perceptible dans la voix :
_ Ce sont en quelque sorte des âmes sœurs. Malefoy… Pardon, Drago et Hermione sont liés magiquement depuis leur naissance par les liens des aeternam amatores. On raconte que les liés on une marque en forme de lune dans le dos et que leur magie s'unie pour protéger l'un ou l'autre. Ce qui s'est passé quand tu as été attaquée Hermione. Mais cette magie est parfois inconsciente. Par contre, vous pourrez la faire évoluer en vous entrainant. En plus, cette magie est tellement ancienne qu'elle dépasse les pouvoirs de notre magie actuelle elle est bien plus puissante.
Pendant le monologue de Ginny, les deux préfets en chef ne s'étaient pas lâchés des yeux. Hermione pouvait lire si facilement l'amour de Drago à son égard dans ses prunelles qu'elle en fut légèrement déstabilisée bien qu'elle n'en laisse rien voir. Il fallait qu'elle ait une discussion avec lui. Ça devenait très urgent. Aussi se promit elle de l'apostropher une fois ses amis partis.
Quand aux deux autres garçons présents dans la salle, maintenant qu'ils mesuraient l'amplitude des liens entre Hermione et leur ennemi de toujours, ils en restèrent cois, regardant tour à tour les deux préfets en chef qui ne s'étaient toujours pas lâchés du regard.
Harry sorti de sa torpeur le premier et demanda à la jeune princesse :
_ Hermione il y a quelque chose que je ne comprends pas, pourquoi tu étais si dévastée quand tu es sortie de l'infirmerie ? Pendant des jours tu semblais être un fantôme !
_ Euh… Rien de grave tout est réglé, répondit elle en baissant les yeux, les joues rouges comme une tomate.
_ Tu es sûre ?
La jeune fille lui lança un regard dur, et Harry compris qu'il avait dépassé les limites.
Ginny lança alors :
_ Bon ben on va rentrer si on ne veut pas louper l'heure de couvre feu. Vous venez les garçons ?
Les trois Gryffondors se levèrent et après avoir salué leur amis, leurs pensées toujours penchées sur leur conversation d'il y a quelques minutes, s'éclipsèrent. Hermione qui les avait raccompagné, revint vers le vert et argent et se rassit sur le canapé que ses amis venaient de quitter à l'instant. Elle pris place le plus près de Malefoy. Elle n'était pas certaine de pouvoir avoir le courage de lui parler de ce qui la pesait depuis plus d'une semaine aussi préférait elle rester discrète bien qu'elle était certaine que son homologue l'entendrait.
Les yeux toujours baissés vers le tapis qui recouvrait le sol devant la cheminée, où ils s'étaient installés, Hermione entama son discours :
_ Je… S'il te plaît ne m'arrête pas, c'est suffisamment dur à avouer comme ça.
Drago ne dit rien, la regardant toujours, attendant qu'elle continue.
_ J'ai bien réfléchi pendant cette semaine et… Malefoy, je crois…
_ Drago.
_ Pardon ?
_ Drago, tu peux m'appeler par mon prénom Hermione il n'est pas toxique, dit il doucement, un petit sourire aux lèvres.
Le jeune homme soupçonnait la raison de tant de stress de la part de son homologue. Tout du moins pensait il savoir de quoi elle voulait lui parler et il appréhendait énormément la portée de ses mots. Ils pouvaient signer aussi bien son arrêt de mort que sa joie la plus extrême et son bonheur pour le reste de sa vie. Il était nerveux. Très nerveux.
_ Continue je t'en prie.
_ Hum oui donc euh ce que je voulais te dire c'est que… Euh… Drago, je crois que je…
Elle n'arrivait pas à dire deux petits mots de rien du tout. Elle leva les yeux en direction de Drago, essayant de lui faire passer son message par un regard. Et quand elle vit tout l'amour et la joie du jeune homme, elle en fut soulagée. Pour autant elle ne quitta pas ses yeux une seule seconde. Tous les deux s'étaient rapprochés Drago était finalement venu s'asseoir à côté de la jeune fille, sur le canapé. Il se rapprocha encore d'elle et dans un éclair blanc, leurs lèvres s'unirent pour la première fois. Comme lors de leur danse, ils s'élevèrent dans les airs puis redescendirent bientôt sur le canapé rouge de leur salon.
_ Si tu savais comme je suis désolé pour ce que je t'ai fait pendant tout ce temps je…
_ Chut, Drago c'est oublié, le coupa-t-elle en posant un doigt sur sa bouche.
Leur baiser devint plus pressant, plus passionné et bientôt, Drago fit allonger Hermione sur le dos, pour mieux la surplomber. Et d'une demande silencieuse, à laquelle la jeune femme répondit subrepticement par l'affirmative, ils disparurent dans la chambre du Serpentard, d'un éclair blanc.
Leur sommeil fut de courte durée cette nuit là alors qu'ils profitaient de leur bonheur trouvé dans les bras l'un de l'autre, sous le regard d'une pleine lune, plus brillante que d'ordinaire.
Les vacances de Noël approchaient à grands pas. Cela faisait maintenant un peu moins d'un mois que les deux préfets en chef vivaient leur amour au grand jour et cela leur avait d'ailleurs valu plus d'une remarque de la part de Gryffondor, mais surtout des menaces des différents Serpentards qui ne comprenaient pas comment leur prince pouvait s'être entiché d'une sang de bourbe.
Seulement, Hermione et Drago étaient formel sur ce point. Pas question de révéler la vraie identité d'Hermione. C'était bien trop dangereux dans les circonstances actuelles.
Hermione attendait les vacances avec une certaine appréhension. Elle allait revoir son cousin Mathéo et ses parents aussi, ainsi que les Granger qui lui manquaient horriblement. Mais cela signifiait qu'elle allait devoir être séparée de Drago pour deux semaines, bien qu'ils se reverraient au bal de Noël donné au palais où les Malefoy étaient bien sûr conviés.
Elle devenait vraiment greluche avec Drago. C'était de la guimauve en veux tu en voilà entre les deux et Harry et Ron avaient parfois du mal à se faire à la vision de leur meilleure amie dans les bras de leur ennemi de toujours, bien que leurs querelles ne soient plus d'actualité. Mais c'était toujours dérangeant de voir ces deux là se « manger le museau », comme le disait si bien Ron, juste devant leur nez.
Hermione eu la joie de pouvoir inviter ses trois meilleurs amis au bal de Noël que donnaient ses parents et ils furent enchantés de cette nouvelle. Ils avaient adoré le palais lors de leur dernière visite et étaient impatients de pouvoir y retourner.
Ils étaient en train de prendre leur petit déjeuner lorsque quelqu'un brisa la quiétude de la Grande Salle. Un des gardes d'Hermione arrivait en trombe, essoufflé et boiteux alors qu'il boitillait vers la table des professeurs où siégeait le professeur Dumbledore.
Le garde fit signe au directeur de se pencher et lui dit quelque chose dans le creux de l'oreille. Une fois leur conversation finie, le directeur leva les yeux vers la jeune princesse, qui assistait à la scène impuissante. La jeune fille fronça les sourcils et s'apprêtait à se lever pour les rejoindre avant que Dumbledore ne le lui fasse signe de ne pas bouger. Elle pourrait indiquer son identité trop facilement et vu la tête des deux interlocuteurs qui sortaient de leur conciliabule, son identité devait être plus que jamais tenue au secret.
Le directeur et le garde royal sortirent alors de la Grande Salle jusqu'alors silencieuse qui peut à peut se remplit d'un brouhaha insoutenable. La jeune femme ne tenant plus, se rua hors de la salle et fila à toute vitesse vers le bureau directorial.
