Et bien, voici l'acte 4. C'est plus un délire que les précédents, voire un peu parodique.
Bonne lecture.^^
Acte 4
Ils étaient tranquillement en train d'écouter le- il faut le dire, beau- discours de Bilbon Sacquet, leur cambrioleur dans l'affaire de récupérer un trésor et leur demeure, quand des hurlements sinistre se firent entendre.
-Après la peste, grogna Thorïn en repensant aux gobelins desquels ils venaient de réchapper et Gandalf, qui suivait la même pensée que le chef Nain, la finit à voix haute :
-Le choléra. Fuyez !
Et c'est ainsi que treize Nains, un Hobbit et un Magicien se mirent à courir de toutes leurs forces, zigzaguant entre les pins, sautant au-dessus des rochers, ne remarquant ni la pente qui annonçait une prochaine falaise ni le fait que les Wargs devaient courir bien plus vite qu'ils ne le feraient jamais.
Alors qu'ils couraient pour sauver leur vie, Kili sentit un besoin impérieux de détendre l'atmosphère et un vieux souvenir lui revint en tête. Sûrement car la situation y ressemblait…en beaucoup plus dramatique. Le jeune Nain se rapprocha de son frère et lui lança :
-Hey ! Fili ! Dis, tu crois que s'ils nous attrapent, ils voudront bien respecter les règles et attendre vingt minutes avant de reprendre la chasse ?
-De quoi tu parles ?, grogna Fili dont la fatigue et l'anxiété l'empêchait de saisir le sens des paroles absurdes de son cadet. Encore moins quand ce dernier rajouta :
-Parce que je vois mal un Warg faire la proie alors, pour échanger les rôles, ça ne va pas être facile.
Fili faillit se prendre une racine tant il était plus occupé à dévisager Kili avec de grands yeux qu'à regarder sa route, ce qui était assez dangereux dans leur course.
-Mais de quoi tu parles ?, lui redemanda-t-il en rétablissant son équilibre. Kili eut un regard exaspéré et lui dit sur le ton de l'évidence :
-Le jeu !
Le haussement de sourcil de son frère lui indiqua que Fili ne comprenait toujours pas de quoi il parlait. Il leva les yeux au ciel et évita de justesse un pin qui venait d'apparaître sur sa trajectoire. Puis il cria à Fili :
-Attrape-Warg !
-Ah !
La compréhension se fit jour sur le visage de Fili et un sourire légèrement tremblant vint orner ses lèvres. Kili devina que son frère essayait d'éviter de rire. Ce n'était pas très conseillé dans leur situation. Il était sûr que quand ils s'en seraient sortis, car ils étaient certains que cela arriverait, cette histoire leur ferait s'écrouler de rire. C'était tellement saugrenu de faire un rapprochement entre la chasse des Wargs d'Azog et leur jeu d'enfance.
Et Kili ne s'arrêta pas là. Après qu'ils eurent presque envoyé Nori et Gloïn dans le précipice en leur rentrant dedans, les deux Nains plus âgés étant en tête, et qu'ils furent assis sur les branches de l'un des pins, le prince aux cheveux noirs lâcha d'un coup :
-Maintenant, c'est plutôt chat perché.
Fili faillit en tomber de la branche, d'étonnement et de rire, et Bilbon les regarda avec de grands yeux stupéfaits. Que racontaient les deux Nains ?
La suite n'arrangea rien.
Quand ils furent obliger de sauter de pin en pin pour éviter de se retrouver dans la gueule des Wargs, les arbres ne supportant pas les assauts des grands loups, Kili jeta à son frère, avec un demi-sourire, mi amusé, mi crispé :
-Je n'aime pas trop l'acro-branche. C'est plus un jeu d'Elfes.
Fili lui renvoya le même air guère rassuré. Ce n'était pas une affaire de Nains que de sauter d'arbre en arbre !
Et quand Gandalf leur donna les pommes de pins enflammés à jeter sur les Wargs, Kili regarda son frère et lui dit, cette fois avec un grand sourire :
-Balle aux prisonniers !
Fili en ricana tellement que sa pomme de pin lui échappa des mains et alla se fracasser, poussée par le destin ou la chance, sur le crâne d'un des Wargs qui glapit et couina avant de tourner les coussinets, s'éloignant autant qu'il le pouvait de ces Nains lanceurs de feu.
-Attention !, renchérit alors Kili en lançant sa propre pomme de pin, faisant tout aussi mouche que son frère. Les règles stipulent que la balle est en fait une pomme de pin et qu'on a tout à fait le droit de l'enflammer. Gare aux brûlures, les prisonniers ! Il vaudrait mieux vous rendre !
Et les deux frères bombardèrent avec une joie plaisante à voir les pauvres Wargs qui se demandaient bien ce qu'il se passait. Mais ils furent obligés de s'arrêter quand leur pin craqua, grinça et commença à s'abaisser vers le sol. Leur situation s'aggrava nettement et tourna au drame lorsqu'Ori faillit passer par-dessus bord, ne devant son salut qu'à la jambe de Dori sur laquelle il put s'accrocher.
Cette fois-là, Kili ne chercha même pas un lien avec un jeu.
Il se mit plutôt à supplier Mahal pour que Dori ne lâche pas la branche, qu'Ori ne lâche pas la jambe de son frère, que l'arbre ne lâche pas le sol…En fait, qu'ils ne tombent pas. La falaise était vraiment haute.
-Et si on daignait leur laisser gagner au jeu, ne put-il pas s'empêcher de demander à Fili pour tenter de calmer la panique montante, tu crois qu'ils laisseraient tomber ?
-Je crains, lui répondit Fili sans même le réprimander de plaisanter, que nos ennemis soient de bien mauvais joueurs.
-Quelle tristesse.
Puis les jeunes Nains ne turent. Et quand leur oncle s'élança pour aller combattre Azog et que sa Warg le serra dans son étau puissant, ils ne pensèrent qu'à une seule chose. Sauver Thorïn. Ce n'était plus attrape-Warg mais tue-Warg. Ce n'était plus un jeu ou une plaisanterie mais un combat mortel et sans pitié.
Avec un hurlement de guerre, ils bondirent sur les grands loups, Dwalïn à leurs côtés, et les autres Nains suivant derrière. Et quand les Aigles vinrent leur prêter main-forte, ce furent des cris de joie qu'ils poussèrent. Avec ces alliés, ils ne pouvaient pas perdre.
Les Wargs en vinrent presque à regretter de ne pas avoir été bons joueurs.
Bonus
Sur le dos de l'Aigle, Fili regardait son oncle inconscient dans les serres du grand oiseau plus avant, l'inquiétude se lisant parfaitement dans ses yeux bleus. Ils n'avaient même pas pu regarder ses blessures avant que les Aigles ne les prennent sur leurs dos ou dans leurs serres pour les emmener il ne savait où.
-Fili ! Fili ! Fi ! Li !
Le jeune Nain percuta enfin que son frère s'époumonait à l'appeler depuis un bout de temps. Il lui accorda son attention et demanda :
-Qu'y a-t-il ?
-Je viens de réaliser quelque chose, lui dit son frère d'un air sérieux. Air qui ne dupa pas Fili. Il connaissait cette étincelle dans le fond des yeux et ce petit rictus sur ses lèvres. Kili allait dire une bêtise. Mais il l'invita tout de même à le faire.
-On joue beaucoup dans cette quête. On a déjà eu attrape-Warg, chat perché, acro-branche, balle aux prisonniers.
Avec un petit sourire, Fili dû en convenir. Vue sous cet angle, leur quête s'avérait plus amusante que dangereuse. Il reporta son regard sur l'avant mais Kili le fit se retourner vers lui et reprit :
-Et dans la caverne des Gobelins, Gandalf a fait tomber un gros rocher qu'on a fait rouler pour écraser des Gobelins.
-Oui, acquiesça lentement Fili qui essayait de deviner où son frère voulait en venir. Kili se rapprocha de lui et murmura avec un grand sourire :
-Et bien, là, on a joué au jeu de quilles.
Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Malgré la fatigue due aux derniers évènements, malgré son inquiétude pour Thorïn, malgré le fait d'être sur un Aigle géant à des mètres au-dessus du sol, le prince blond fut pris d'un fou rire incontrôlable qui l'aurait envoyé dans le vide si son frère n'avait pas pensé à l'agripper et à s'accrocher aux plumes avant d'être lui-aussi secoué par des rires puissants.
-Et ensuite, demanda Kili entre deux éclats de rire, ça sera quoi ? Balade en tonneau sur une rivière ?
S'il savait que ce n'était pas juste des paroles en l'air, peut-être se serait-il tu.
Et voilà cette mini-fic est finie. Je suis allée plus loin que je ne le pensais. :)
