Note d'auteur:

Bonjour chers lecteurs!

Un chapitre plein de nouveauté. L'histoire se construit progressivement. Les éléments de l'intrigue s'installent peu à peu. Même si je pense qu'il faudra encore deux chapitres avant qu'ils soient tous réunis. J'espère que ce chapitre vous plaira, personellement j'ai pris plaisir à l'écrire.

Bonne lecture à tous! :)

Merci pour vos gentilles reviews!

Lilarose12: Merci pour tes gentils compliments, j'espère que tu apprécieras tout autant la suite :)

Mama: Et oui Hermione est devenue une Serpentard...Mais elle n'en reste pas moins une Gryffondor de coeur. La transition risque d'être compliquée...enfin je te laisse découvrir comment va évoluer l'histoire ^^ Merci pour ton enthousiasme! :D

Reviewer anonyme: Voici la suite tant attendue, j'espère qu'elle te plaira ;)

Chapitre 3 : L'apprivoisement d'un nouveau monde

Après avoir parcouru en silence le chemin menant à l'entrée du bureau du directeur, la femme autoritaire — qui devait être un professeur de l'école — prononça le mot de passe donnant accès à l'escalier en colimaçon.

« Cheval à bascule ! », s'exclama-t-elle.

La gargouille s'ouvrit sur un petit vestibule coquet. Le trio se dirigea vers l'escalier et monta jusqu'au bureau du directeur. Arrivés en haut, le professeur Hawthorne frappa trois coups sonores contre la porte sculptée et une voix guillerette les invita à entrer.

Derrière un bureau magistral, placé sur une petite estrade était installé un homme grassouillet au sourire chaleureux. Il portait une robe de sorcier orange, décorée d'une bordure bordeaux sur laquelle étaient brodés d'élégants ornements au fil d'or, ce qui donnait un aspect plus traditionnel à l'ensemble. Quelques boucles blondes s'échappaient de son chapeau orné d'un pompon doré. Ses joues étaient rebondies et roses, son nez rond, ses mains immenses et dodues, son ventre proéminent. Enfin, ses yeux n'étaient que deux petites fentes vertes. Il ressemblait à un énorme bébé joufflu.

Hermione ne put retenir un sourire, non pas parce qu'elle le trouvait ridicule, mais parce que ce personnage haut en couleur dégageait une bonne humeur communicative.

« Professeur Hawthorne, dit le directeur de Poudlard d'une voix presque chantante. Que me vaut l'honneur de cette visite ?

— Professeur Chubby ! commença le professeur Hawthorne. J'ai l'immense plaisir de vous ramener deux élèves que vous connaissez bien ! Miss Wright et mister Windson, annonça-t-elle en poussant en avant les deux adolescents. Figurez-vous qu'ils ont récidivé. Ils ont délibérément manqué les cours pour s'adonner, une fois de plus, à des actes de sorcellerie interdite. »

Le professeur Chubby observa les deux étudiants avec attention. Ses prunelles vertes étaient remplies d'une malice éclairée.

— Ce sont là de graves chefs d'accusation, Adélaïde, dit le professeur Chubby d'un air faussement solennel. Avez-vous des preuves de la réalisation des actes présumés ? », demanda-t-il en se penchant au-dessus du bureau autant que sa bedaine le lui permettait.

Son attitude étonna Drago qui sentait derrière les paroles du directeur, un amusement qu'il avait du mal à dissimuler.

« Monsieur le Directeur, êtes-vous en train de remettre en cause ma bonne foi ? s'insurgea le professeur Hawthorne en portant une main sur son cœur.

— Loin de moi cette idée, Adélaïde. Je ne suis pas là pour vous accuser de quoi que ce soit. J'essaie simplement de rester aussi impartial que possible, la rassura-t-il. Vous dites donc les avoir surpris en train de pratiquer des actes de sorcellerie défendus par le règlement de l'école ? poursuivit-il.

— Eh bien… Pas exactement Professeur, répondit-elle avec hésitation. Disons qu'ils erraient dans les couloirs avec des intentions douteuses évidentes.

— Des intentions douteuses, dites-vous ? Vous ne les avez donc pas pris en flagrant délit ?

— Quand je les ai attrapés, ils chuchotaient tels deux conspirateurs…

— Répondez simplement à la question professeur Hawthorne, la coupa-t-il. Avez-vous, oui ou non, pu constater de vos propres yeux l'utilisation de magie répréhensible par le règlement ? »

Le directeur affichait à présent un sérieux surprenant. Le professeur Hawthorne se sentait mal à l'aise sous le regard inquisiteur du directeur de Poudlard. Alors qu'elle était censée amener ces délinquants pour qu'ils soient gravement punis, c'était elle qui se retrouvait à devoir se justifier. Le monde tourne vraiment à l'envers, songea-t-elle.

« Non, répondit-elle simplement, mais la rage se lisait aisément sur son visage.

— Bien, me voilà rassuré. J'ai pensé un bref instant que ma chère école était un repère de criminels en puissance. Cependant, continua-t-il en se tournant vers les adolescents, vous vous promeniez dans les couloirs pendant les heures de cours. Cela mérite une punition. ». Il se tourna à nouveau vers le professeur Hawthorne et ajouta :

« Vous pouvez disposer Adélaïde. Je me charge de trouver une sanction proportionnelle à leur manquement au règlement.

— Bien professeur Chubby, se résigna-t-elle à contrecœur. Mais n'oubliez pas que ce sont des récidivistes et des manipulateurs entrainés. Ne vous laissez pas attendrir par leurs paroles vides de sincérité.

— Je tâcherai de m'en souvenir, répondit le directeur. N'hésitez pas à revenir me rendre visite », la salua-t-il alors qu'elle quittait le bureau, furax.

« Bien, bien, bien ! s'exclama-t-il une fois seul avec le couple d'adolescents. Vous êtes de jeunes sorciers bien indisciplinés, vous deux, leur dit-il en leur adressant un clin d'œil complice. Toujours à vous trouver là où on ne vous attend pas. Vous vous attirez des ennuis dans les moindres recoins de ce château. Mais vous me redonnez espoir pour le futur du monde des sorciers. Un Gryffondor qui se laisse charmer par une élève de Serpentard ! C'est une idée réconfortante. »

Il les contempla d'un air satisfait, avant d'ajouter avec entrain :

« Ah ! La jeunesse d'esprit. Toujours le cœur en revendication, dit-il songeur. Ça me rappelle mon jeune temps. J'étais un sacré révolutionnaire à une époque, leur dit-il sur le ton de la confidence. J'ai même été à l'origine du règlement 287 bis : qui interdit aux élèves faisant usage de leur liberté d'expression, de manifester dans des tenues inappropriées. Avec mes camarades nous avions fondé une confrérie. Quel en était le nom déjà… dit-il les sourcils froncés. Ah oui ! La confrérie des sans robe. Je vous laisse imaginer sa signification. », acheva-t-il avant de partir dans un fou rire tonitruant.

Soudainement, il se leva d'un bond, submergé par l'émotion que ranimait ce souvenir de désobéissance scolaire. Déplaçant l'imposant bureau de son ventre et repoussant son siège dans un grincement sonore, il leva le poing en l'air, puis entonna un chant :

« A bas les barrières de la bienséance !

Prenons, les armes de la résistance… »

Il s'interrompit en apercevant les deux élèves le fixant avec effarement. Il se ressaisit et retrouva sa place sur sa chaise. Il toussota pour se redonner un peu de contenance, puis reprit avec un peu plus de sérieux :

« Comme je le disais, il faut savoir contenir ses ardeurs d'adolescents et apprendre à respecter les recommandations des adultes. Adultes que vous deviendrez bientôt vous-même. Ne perdez pas de vue les ASPICs que vous devez préparer. Je vous invite donc à réfléchir sérieusement aux conséquences de vos absences répétées aux cours et pour vous aider dans cette réflexion je vous contrains à aider Madame Condry à la bibliothèque. Cette punition prendra effet dès demain soir. ».

Ses prunelles vertes se fixèrent sur le bandage improvisé de Drago.

« Monsieur Windson je pense qu'un petit tour à l'infirmerie ne sera pas du luxe. Sur ce, retournez dans vos Maisons. J'ai une partie d'échec à termin... commença-t-il avant de se reprendre, confus. Je veux dire, j'ai un tas de parchemin à examiner. »

…..

Une fois de retour dans les couloirs du château, les deux ennemis sortirent enfin de leur mutisme. Ils n'avaient pas osés prononcer un seul mot durant leur entretien avec le Directeur de Poudlard. La peur d'être démasqués, mais aussi, une certaine surprise les avaient bloqués lors de cette entrevue.

« Je crois que je n'ai jamais assisté à spectacle aussi pitoyable de toute ma vie, lâcha Drago complètement ahuri. Cette espèce d'opossum ne peut pas avoir sérieusement été élu Directeur de Poudlard.

— Il se nomme Alistair Chubby ! le reprit Hermione avec exaspération. C'est un des plus célèbres Directeurs de Poudlard. Si tu avais étudié l'histoire de l'école avec plus d'attention tu le saurais et tu le traiterais avec plus de respect. Moi je le trouve sympathique. Il est plus averti et intelligent qu'il ne le laisse transparaître. Il faut savoir qu'il a beaucoup œuvré pour l'entente entre les élèves au sein de l'école. Il était contre les revendications haineuses des stupides arrogants de ton espèce, lâcha-t-elle.

— Exactement ce que je disais : un utopiste qui croit que le mélange des races est bénéfique. L'idiot ! ricana Drago. Il faut qu'il se rende à l'évidence, cette Mable Wright a dû être soumise à un charme puissant pour accepter de traîner avec ce guignol musclé. Et puis si on va plus loin, jamais un Sang de Bourbe ne pourra faire le poids face à un Sang Pur. Notre noblesse coule dans nos veines et votre médiocrité coule dans les vôtres.

— Tu es un être méprisable Drago Malefoy ! s'exclama Hermione. Comment peux-tu être aussi aveugle. Quantité de sorciers d'origines moldus qui ont surpassé les exploits d'autres issus de famille de sorciers depuis des générations. Les Sangs Purs, comme tu aimes les nommer, ne sont pour la plupart connus que pour leur insensibilité et leur mesquinerie. Mais heureusement que ton exemple n'est pas le modèle suivi par tous. Certains sorciers de première souche acceptent la fibre magique chez des non-initiés, comme le Professeur Chubby par exemple. Ça me rassure sur l'état d'esprit du monde des sorciers qui ne se laissera jamais gangréner par des aristocrates prétentieux.

— Tu es forte pour les beaux discours, Granger. Mais il faut te rendre à l'évidence, le Seigneur des Ténèbres l'a fait.

— Sur ce point tu as tout faux, Malefoy ! Voldemort n'a réussi à soumettre que les plus faibles esprits. Ceux qui ont cru à la puissance d'un lâche, mais en ce moment même des centaines de personnes luttent pour préserver ce qu'il reste d'humanité et de courage dans ce monde. »

Le répit qu'avait établi leur alliance, s'était finalement évanoui. Hermione ne comprenait pas comment le jeune homme pouvait être aussi borné. Voldemort était lui-même un Sang Mêlé et par conséquent il ne correspondait pas à l'image de la pureté que Malefoy se faisait d'un sorcier. Il se contredisait lui-même. De toute façon, elle savait qu'il ne changerait pas d'avis. Il était inutile d'espérer un assentiment de Malefoy. Il avait choisi son camp depuis longtemps, celui des lâches et des assoiffés de pouvoir.

« Tenons-nous-en au plan établi, tu veux bien ? reprit-elle plus calmement. Nous sommes toujours coincés dans des corps inconnus et un monde qui n'est pas le nôtre. Alors le mieux que l'on puisse faire c'est d'oublier nos divergences d'opinion si l'on veut optimiser nos chances de retour à la normale !

— Mouais, maugréa-t-il en regardant à côté comme s'il ne l'écoutait pas.

— Je suis sérieuse ! J'ai le sentiment que notre seule chance de réussite réside dans notre collaboration. Alors essaye d'y mettre du tien Malefoy ! insista la Gryffondor.

— J'ai compris ! Ne me prends pas pour un abruti. Tes anciens petits copains étaient peut-être longs à la détente, mais moi j'ai des neurones en parfait état de marche ! rétorqua-t-il.

— Très bien ! Alors maintenant retournons dans nos dortoirs et tâchons de nous imprégner de nos nouvelles vies », acheva une Hermione excédée.

Sur ces mots, excédée, elle planta Drago au milieu du couloir pour rejoindre sa nouvelle Maison.

….

Après avoir suivi le chemin des cachots, Hermione s'était retrouvée face à l'entrée de la Salle Commune de Serpentard. Elle était bloquée depuis un bon moment déjà. Et pour cause, elle n'avait pas pensé au problème du mot de passe. A présent, elle était coincée devant le mur de pierre, attendant un miracle. Alors qu'elle était sur le point d'envoyer un violent coup de pied dans l'entrée, elle entendit un cri strident derrière elle.

« Mable ! s'écria une jeune fille habillée d'une robe de sorcier vert et argent. Alors ça a fonctionné votre petit tour de magie clandestin ? demanda-t-elle dans un murmure.

— Euh… » répondit Hermione.

Elle ne savait pas comment réagir. Visiblement la nouvelle venue semblait la connaître, en tout cas la Mable Wright qu'elle était devenue. Elle avala sa salive cherchant à gagner du temps. Tout en réfléchissant à une réponse digne d'une élève de Serpentard, elle examina la jeune femme : ses cheveux noirs étaient séparés en deux chignons, son nez pointu était constellé de taches de rousseur et ses yeux bleu azur brillaient de malice.

— Tout bien réfléchis, ne dis rien ! Je ne veux pas être complice de vos expériences de tordus ! annonça-t-elle en secouant ses mains devant elle. Mais je veux bien savoir s'il t'a embrassé ou plus ! Alors dis-moi tout ! », gloussa-t-elle.

Elle s'avança vers le mur et prononça le mot de passe.

« Naja Nigricollis ! »

Le mur s'ouvrit alors dans un bruit de pierre s'entrechoquant. Elles pénétrèrent alors dans la salle et Hermione découvrit pour la première fois la décoration toute serpentarde du lieu. Harry et Ron avaient eu l'occasion d'y pénétrer durant leur deuxième année et ils lui avaient décrit quelques détails, mais rien n'aurait pu la préparer à ce qu'elle vit.

C'était une salle au plafond bas, des fauteuils verts étaient disposés un peu partout et des tentures arborant l'emblème de la Maison étaient accrochées aux murs de pierre. Il n'y avait pas de fenêtres. Elle se souvint avoir lu quelque part que la Salle commune de Serpentard était située sous le lac, ce qui ne manqua pas de faire naître en elle un sentiment d'étouffement. Au plafond, des lampes pendues à des chaînes diffusaient une lumière verte diffuse.

Les élèves de Serpentard devaient apprécier le manque de luminosité. Ce qui expliquait leur teint blafard pour la plupart, songea la Gryffondor de cœur. Le sol était fait de grandes dalles grises et ternes sur lesquelles résonnaient lugubrement chacun de leur pas.

La pièce ressemblait vraiment à un cachot, ses amis n'avaient pas exagéré. Les salles communes étaient censées constituer un lieu de repos. Mais ici l'atmosphère était oppressante. Néanmoins, le lieu qui ne manquait pas de raffinement. En effet les fauteuils et la cheminée étaient élégamment sculptés, et bien que les motifs de serpent et de crâne fussent de mauvais goût, la recherche du détail était d'une grande finesse.

Sa nouvelle amie l'attira vers un escalier qui semblait s'enfoncer plus profondément encore dans le sol. Elles longèrent un long couloir éclairé par des torches et lorsqu'elles arrivèrent au bout de celui-ci, Hermione se laissa guider dans l'une des nombreuses chambres. Elle découvrit les dortoirs qui adoptaient la même décoration que la salle commune à l'exception faîte des lits à baldaquin. Ils étaient habillés de draps de soie verte et brodée de fil argenté. Son amie s'assit alors sur un des lits et tapota de sa petite main celui qui se trouvait juste à côté. Hermione s'assit et attendit que l'autre élève entame la discussion.

« Bon tu vas te décider à parler oui ou non ? s'impatienta-t-elle. Tu sais très bien que je peux me montrer coriace quand il s'agit de récolter des potins croustillants ! Je crois bien que je pourrais me tourner vers une carrière d'enquêtrice au sein du Ministère de la Magie. Qu'est-ce que tu en penses ? ». Malgré la question, elle poursuivit sans temps mort. « Oui, je m'y vois déjà. Fouiller le passé des suspects, déterrer des sales histoires de famille, mettre en lumière le côté obscur qui sommeille en chacun de nous ! Rien ne résisterait à la Grande Tweenie Tilt ! », conclut-elle dans une attitude triomphale.

Tweenie continua ce monologue enthousiaste pendant un long moment sans qu'Hermione ait l'occasion de pouvoir placer un seul mot. Cela l'arrangeait, car elle apprit quantité d'informations sur sa nouvelle amie et ses autres camarades de chambre et surtout sur sa nouvelle identité.

Mable Wright était fille unique et issue d'une famille de sorcier respectée du côté de son père. Apparemment ses origines magiques étaient « pures » c'est pourquoi Tweenie se demandait pourquoi une fille aussi intelligente et prospère avait choisi de fréquenter un Gryffondor né de parents moldus et sans-le-sou (Hermione sourit en imaginant la réaction de ce crâneur de Malefoy dès qu'il découvrirait que dans son nouveau corps coulait un sang qu'il rejetait depuis toujours). Tweenie considérait cette relation comme inappropriée car le père de Mable, Jim Wright, était un homme important qui n'accepterait jamais cette relation hors norme. Mais sur sa mère, elle n'obtint aucune information.

Alors que Tweenie commençait à lui narrer le cours qu'elle avait manqué, elle fut interrompue par l'entrée de trois jeunes filles.

L'une d'elles avait les cheveux mi-longs, de couleur auburn. Ses yeux étaient de jais. Elle semblait froide et distante. La deuxième Serpentard, en revanche, semblait plus amicale. C'était une métisse, ses cheveux coupés à la garçonne mettaient en valeur son visage et plus particulièrement ses yeux d'un vert émeraude. Elle dégageait une confiance en elle sans limites. La troisième de ses camarades de chambre pénétra dans la pièce. Elle était plus petite que les autres, et portait des lunettes. Ses cheveux étaient ramenés sur le côté en une longue natte. Elle sourit à Hermione qui remarqua l'écart entre ses incisives.

« Hé ! Mable, où étais-tu passé ! Tu as manqué un cours mémorable, s'exclama la jolie métisse aux yeux verts.

— Oh oui, c'était fantastique ! renchérit avec excitation la fille aux lunettes. Ce nouveau Professeur de Défense contre les Forces du Mal est fascinant, n'est-ce pas Calliste ? » demanda-t-elle à la glaciale Serpentard qui était restée en retrait du groupe. Cette dernière ne répondit pas et se dirigea vers son armoire.

« Toujours aussi bavarde, ma chère amie ! » s'écria Tweenie, à son attention, et elle se tourna vers le petit groupe. « Ça tombe bien que vous soyez toutes là, Mable était sur le point de me raconter ce qui s'est passé pendant cette heure à vagabonder dans l'école. »

Elles formèrent un petit cercle autour d'Hermione. La panique commençait à l'envahir sérieusement, elle ne savait pas quoi dire. Nom d'une Plume en sucre, il fallait qu'elle trouve un moyen de se sortir de ce piège. Réfléchis Hermione, réfléchis, réfléchis… se pressa-t-elle. Soudain, une illumination arriva enfin.

« Je… je ne me souviens pas, dit-elle, hésitante.

— Comment ça tu ne te souviens pas ? l'interrogea Tweenie.

— Eh bien, je crois que la potion a eu des effets secondaires, et maintenant j'ai des pertes de mémoire. Par exemple, poursuivit Hermione, je ne me souviens plus de vos noms ! »

Les trois étudiantes n'en crurent pas leurs oreilles. Elles demeurèrent tout hébétées, et même celle restée à l'écart se rapprocha du groupe.

« Ne recommence pas avec tes blagues stupides Mable ! reprit Tweenie. L'angoisse perçant dans chacun de ses mots.

— Ce n'est pas une blague. Néanmoins, je pense que c'est provisoire. Je commence déjà à me souvenir de quelques détails », mentit Hermione pour les rassurer.

Elle espérait qu'elles ne poseraient pas des questions trop précises.

« Qu'est-ce que tu as oublié exactement ? demanda la fille aux lunettes.

— Ne l'ennuie pas avec tes questions, Tana ! s'énerva la jeune métisse. Voici Tweenie Tilt, reprit-elle en désignant la jeune fille aux chignons. Et Tana Dawkin, dit-elle en pointant de son doigt fin la fille aux lunettes. La muette, là-bas, c'est Calliste Foster, quant à moi, je m'appelle Moheira Pumpkin. Est-ce que ça te dit quelque chose ? acheva-t-elle avec douceur.

— Oui… partiellement, mentit la Gryffondor de cœur.

— Je t'avais dit que ces petits tours de magie clandestins t'attireraient des ennuis. Je t'avais prévenue. Comment on va pouvoir cacher ça maintenant ! Il faut qu'on en parle au Directeur, il n'y a que lui qui saura quoi faire, annonça Tweenie.

— Non, non, surtout pas ! Mon père sera tellement en colère, implora Hermione. Non, il faut me promettre de ne le dire à personne. Je vous assure que je sens que ma mémoire est toujours là. Il faut juste laisser le temps à mon esprit de reprendre ses marques. ».

Hermione improvisait totalement. Enfin, ce n'était pas comme si elle avait le choix. Il fallait qu'elle explique le changement de comportement, car elle ne pourrait pas être Mable Wright avant d'avoir réuni assez de renseignements. En fait, elle espérait en finir avec le problème d'échange de corps assez vite pour éviter toute cette mascarade.

« Très bien, calme-toi May ! reprit Moheira. On ne dira rien pour l'instant. Mais si tes souvenirs ne reviennent pas vite, on sera obligées de demander de l'aide, d'accord ? demanda-t-elle à l'assemblée.

— D'accord ! » répondit Hermione.

Du temps, rien qu'un peu. C'est tout ce dont elle avait besoin pour le moment.

Les autres filles acquiescèrent, excepté la dénommée Calliste qui la fixait, l'air soupçonneux. Elle n'était apparemment pas prête à se satisfaire de l'histoire qu'Hermione lui avait servie.

…..

L'heure du dîner arriva assez vite et tous les élèves se dirigèrent vers la Grande Salle. Hermione avait réussi à convaincre ses camarades de chambre, du moins pour un temps. Tweenie l'avait aidée à se rappeler la montagne de devoirs à faire et l'emploi du temps de Mable. Elle était en septième année. Au moins, pensa-t-elle, elle pourrait finir en partie sa scolarité qu'elle avait mise entre parenthèses cette année. Ensuite Tweenie l'avait laissée se reposer. Pendant ce court répit, la Gryffondor avait espéré que Malefoy se soit aussi bien débrouillé et qu'il ne s'était pas immolé quand il avait appris ses origines moldues.

Hermione suivit ses nouvelles amies dans les couloirs des cachots puis dans le hall de Poudlard jusqu'à la Grande salle. Une fois à l'intérieur elle put admirer la pièce. Elle était la même que dans son souvenir. Le plafond représentait un ciel étoilé recouvert de légers nuages gris qui masquaient la demi-lune. Les chandelles éclairaient toute la pièce d'une lumière chaleureuse. Elle se dirigea vers la table des Serpentard et s'assit entre Moheira et Tweenie. Elle avait donné rendez-vous à Malefoy pour le lendemain midi seulement, mais elle était impatiente de savoir comment il s'en était sorti. Elle le chercha du regard.

…..

Quand Drago atteignit les portes de la Grande Salle, son corps frémissait de fureur. Après s'être séparé d'Hermione, il ne s'était pas rendu à l'infirmerie comme le lui avait conseillé le Directeur car la douleur provenant de ses blessures lui permettait de canaliser sa colère. Une fois qu'il avait atteint le portrait de la Grosse Dame, il avait été bloqué ne sachant pas le mot de passe. Il avait attendu comme un idiot pendant une bonne demi-heure, durant laquelle la Dame du tableau s'était moquée de lui avant qu'un membre de la Maison n'arrive et ne lui ouvre l'entrée.

Dès son entrée dans la salle commune, il avait été interpellé par des camarades désireux de connaître les détails de son escapade avec la jolie verte et argent. Il s'était arrangé pour que ses nouveaux compagnons de chambre croient que lui, c'est-à-dire un Sang de Bourbe répugnant nommé Caleb Windson, et Mable Wright avaient partagé un moment d'une intense intimité. Ils n'avaient pas cherché plus loin et s'étaient contentés du récit détaillé qu'il leur avait conté.

Drago s'était rendu compte qu'il serait difficile de jouer la comédie. En effet, le personnage de Caleb était aux antipodes de sa personnalité. Qui plus est, il était né moldu sans le sou. Le corps du jeune homme le répugnait. Cette pimbêche de Granger avait hérité de la meilleure partie du couple aux dires de ses camarades.

Drago avait réussi à tirer un certain nombre d'informations cruciales sur la vie du Gryffondor. Il n'avait presque pas eu à poser des questions. En effet, le jeune homme était une vraie célébrité dans sa Maison.

Un des élèves de première année l'avait interpellé pour qu'il lui signe un livre. Il s'agissait de l'autobiographie de Caleb Windson. Ce prétentieux avait écrit un livre relatant sa misérable existence. Drago le trouva d'autant plus pitoyable. Il feuilleta un exemplaire du bouquin trouvé dans les affaires de Caleb avant le dîner et apprit que les parents du jeune homme étaient décédés. Il était donc un orphelin qui avait découvert l'existence du monde magique le jour de ses onze ans, lorsqu'il avait reçu la traditionnelle lettre de l'école. Il avait vécu jusque-là dans des orphelinats.

Mais une fois que ses pouvoirs avaient été révélés, un sorcier généreux et bienveillant l'avait pris sous son aile. Ce dernier lui avait assuré une rente annuelle raisonnable pour couvrir ses frais d'étudiant et lui avait offert le logis. C'était un vieux professeur de Poudlard à la retraite qui n'avait jamais eu le temps de fonder une famille. Alors quand il avait vu arriver ce jeune garçon volontaire, il avait vu une chance de remédier à cet état de fait. Le Gryffondor était reconnaissant de la nouvelle vie que son tuteur lui avait offerte. Cependant, Caleb était un jeune homme peu doué en cours, mais qui rattrapait ses lacunes par ses talents de batteurs au Quidditch. Un chapitre entier était d'ailleurs dédié à son amour de ce sport.

Drago avait eu envie d'arracher les pages de ce navet. La rage avait envahi tout son être pendant cette lecture. Par la barbe de Merlin ! Il devait vraiment trouver un moyen de quitter ce corps.

En pénétrant dans la Grande Salle, il remarqua la Gryffondor assise à la table des Serpentard, entourée de plusieurs élèves. C'était une épreuve de plus à supporter pour le vert et argent. Devoir se contenir en présence de l'esclave de Potter. Par habitude, il se dirigea vers la table des Serpentard, mais un de ses nouveaux amis le tira par le bras et le ramena rapidement vers la table des Gryffondor, ce qui ne fit qu'augmenter sensiblement son état de rage.

….

Avant le dîner, le Professeur Chubby se leva et prononça un discours :

« Bonsoir, bonsoir ! chantonna-t-il à l'assemblée bruyante. Je vois que vous ne manquez pas d'enthousiasme ce soir ! Le repas sera bientôt servi, ne vous énervez pas. Mais j'aimerais auparavant vous présenter un nouvel élève qui nous vient du vieux continent. Et j'aimerais que vous lui accordiez un accueil chaleureux ! » s'exclama-t-il en frappant vigoureusement dans ses mains.

Au même instant, la Grande Porte de la salle s'ouvrit et un jeune sorcier fit son entrée. Il marchait avec assurance sous le regard des élèves surpris. Il était grand, arborant une carrure athlétique, et se déplaçait avec la grâce d'un félin. Ses cheveux châtain clair étaient coupés court, ses lèvres étaient fines et bien dessinées, tout comme l'était son nez droit et harmonieux. Hermione remarqua que sa robe de sorcier était d'un raffinement extrême. Toute l'école applaudit son arrivée avec enthousiasme, déjà sous le charme de ce séduisant jeune homme. Assurément sa présence au cours de l'année ajouterait du piment dans la routine scolaire.

« Voilà, voilà ! dit le Directeur Chubby avec bonhomie. Voici monsieur Scott Hopkins. Il intégrera la maison de Serpentard. Je demande à présent à l'étudiante qui s'est portée volontaire pour lui servir de guide de se lever. »

Personne ne bougea. Les secondes passèrent et un silence pesant s'installa. Les élèves se regardèrent, interloqués.

« Bon sang, lève-toi Mable ! C'est toi la volontaire ! », s'exclama Tweenie, en lui donnant un coup de coude dans les côtes.

Un frisson parcourut l'échine d'Hermione. Elle pensait que toute cette histoire ne pouvait pas s'aggraver, mais voilà qu'elle se retrouvait à devoir aider ce nouveau venu alors qu'elle-même se retrouvait perdue dans un monde presque inconnu. Néanmoins, elle se leva précipitamment, sous le regard moqueur de certains élèves.

Le jeune homme s'avança dans sa direction et tandis qu'il se rapprochait, elle fut saisie par son regard ambré qui la fixait avec intensité. La Gryffondor fut hypnotisée par ces deux prunelles mordorées. Plus rien n'existait autour d'eux. C'était comme si par un simple regard, elle s'était sentie emportée dans les airs. Il lui sourit et elle vit la fossette qui se creusa dans sa joue. Il était la beauté incarnée. Il lui tendit la main, qu'elle saisit et se rendit compte que même le contact de sa peau était parfait. Douce et satinée. Elle sentit son cœur accélérer dangereusement.

« Très bien ! Maintenant prenez vos places, dit le directeur. Et je vous souhaite un bon appétit à tous ! », annonça-t-il en claquant des doigts. Les tables de la grande Salle se chargèrent de nombreux mets plus succulents les uns que les autres.

Une fois le contact rompu, Hermione sortit instantanément de sa torpeur et retrouva sa capacité de réflexion. Elle se retourna et son regard croisa les prunelles d'aciers de Drago Malefoy, assis à la table des Gryffondor. Elles étaient pleines d'une haine glaciale…

Note: Alors que pensez vous de ce directeur et de ce nouvel élève craquant et troublant pour Hermione. J'espère que l'introduction de l'histoire de Caleb et Mable n'est pas trop abrupte, mais bon fallait bien entrer dans le vif du sujet! ;) J'espère que ça vous a donné envie de lire la suite! ^^

Je vous dis à la prochaine! :)