Note d'auteur:

Bonjour,

Voici un nouveau chapitre dans lequel Hermione et Drago commencent à se bouger un peu et entament les recherches. ^^ Le chapitre aborde pas mal d'évènements alors j'espère que vous réussirez à me suivre. ;)

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture! :)

Mama: Je ne dis rien sur la relation entre Hermione et le nouvel élève, tu en découvriras plus sur lui dans la suite de l'histoire et notamment dans ce nouveau chapitre ;) Et pour répondre à ta question, non Drago n'est pas jaloux. Il est juste très en colère, et vue dans quelle situation il se retrouve je pense que c'est assez logique. Il faut quand même rappeler qu'il se retrouve dans le corps d'un né-moldus...Et que les Malefoy détestent viscéralement ce genre d'individu. Disons qu'avec l'accumulation des coups du sort, il reporte sa fureur sur Hermione. Voilà j'espère t'avoir éclairé sur les sentiments de Drago.. Et n'hésite pas à me poser d'autre questions, je me ferais un plaisir d'y répondre :D

Chapitre 4 : Début des recherches et rivalité naissante

Le dîner s'était bien passé et c'était le ventre plein que le petit groupe de Serpentard était retourné dans son dortoir. Toutes les nouvelles amies d'Hermione l'avaient entourée et rassurée tout au long du repas. Néanmoins, la jeune femme s'était sentie mal à l'aise pendant toute la soirée. Elle s'était sentie épiée durant tout le repas, sans mentionner le regard furieux que Malefoy lui avait décoché. D'ailleurs, elle n'avait pas osé le regarder en face après ce regard glaçant.

Certes elle n'avait pas peur de ce prétentieux, mais quelque chose en elle lui intimait la prudence, car dans ce regard brillait une lueur inhabituelle qui avait fait trembler intérieurement la Gryffondor. Hermione ne savait pas comment interpréter cette énième attaque silencieuse du Serpentard. Cependant, ce dont elle était certaine, c'était que leur entente forcée était fragile et qu'elle devrait rester sur ses gardes à l'avenir. Dans la Salle Commune des cachots, ces sombres pensées se dissipèrent avec l'émulation que la venue du nouvel étudiant suscitait.

Ce bel apollon attirait toutes les sympathies des jeunes filles de Serpentard. Aucune n'avait échappé à son charme dévastateur et finalement la mission de guide qui incombait à Hermione fut prise d'assaut par d'autres élèves qui souhaitaient en apprendre davantage sur le jeune homme.

Toutefois il semblait garder ses distances. Il ne répondait qu'évasivement aux questions qui lui étaient posées. Son regard doré qui avait cloué sur place la jeune Gryffondor de cœur semblait s'être refroidi, comme si la chaleur de l'été avait laissé place à un automne vigoureux. Les autres étudiantes ne paraissaient pas troublées par ce détail et l'entouraient comme des groupies. Hermione ne souhaitait pas participer à ce joyeux rassemblement. Elle se dirigea donc vers son dortoir. Une fois à l'abri des conversations, son esprit s'apaisa aussitôt. Elle enfila sa chemise de nuit et alla se coucher.

Le lendemain, le réveil de la Gryffondor se fit tout en douceur. Elle avait dormi d'un sommeil de plomb. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas eu l'occasion de se reposer avec une telle insouciance. Elle n'avait pas été dérangée par des cauchemars ou d'autres rêves perturbants. En fait, elle avait sombré dans un profond sommeil jusqu'au matin. C'était un repos réparateur qui l'aiderait à appréhender cette journée dans un monde nouveau.

À son grand étonnement, elle avait pris ses marques rapidement et avait adopté la vie de Mable Wright avec enthousiasme. Bien sûr, elle se rendait compte des dangers que la situation impliquait. Néanmoins, la jeune femme sentait qu'une routine familière et rassurante se mettait en place. L'encadrement scolaire qu'offrait l'école de Poudlard était unique. Assurément, le temps que durerait leur mésaventure, Hermione comptait en profiter pour rattraper le retard qu'elle avait pris dans ses études.

Ce matin-là, elle avait un cours de Runes anciennes et de potion. Mable semblait avoir les mêmes préférences intellectuelles qu'Hermione ce qui la ravissait d'autant plus, car ainsi, elle n'avait aucun mal à donner le change.

Après avoir partagé son petit déjeuner avec ses nouvelles amies, elle les salua. Puis, alors qu'elle se dirigeait vers son premier cours, elle sentit une poigne la retenir avec douceur. Elle leva le regard vers la silhouette qui agrippait son bras et son regard croisa les prunelles mordorées du nouvel étudiant. Instantanément, Hermione se retrouva malgré elle, dans un état second.

« Tu m'écoutes ? », demanda le jeune homme, amusé.

Hermione secoua la tête. Se rendant compte qu'il avait dû lui demander un renseignement elle lui dit :

« Excuse-moi, je crois que je ne suis pas tout à fait réveillée ! Tu avais besoin de quelque chose ? demanda-t-elle alors qu'il lui souriait aimablement.

— En fait, j'aurais aimé que tu m'aides à trouver la salle de mon premier cours. Je suis censé avoir cours de Runes anciennes, mais la disposition du château est encore floue pour moi. Alors si tu pouvais m'y conduire ou tout simplement m'indiquer le chemin, ce serait gentil de ta part. »

Elle écoutait d'une oreille distraite ce qu'il lui disait, trop absorbée par l'examen approfondi de sa perfection. Mais elle nota tout de même que sa voix était ensorcelante. Une voix grave et mélodieuse. Décidément il avait tout pour plaire ! Hermione s'en voulait presque de le détailler avec une telle minutie, car elle avait horreur de mettre l'apparence sur un piédestal. Pourtant ses yeux ne pouvaient pas se détacher de ses lèvres fines et roses. Quand il eut fini de parler, elle dut faire un effort surhumain pour masquer son trouble.

« Euh… Bien sûr… Hum… aucun souci, bafouilla-t-elle. C'est mon rôle après tout. Et puis, c'est là où je me rends aussi. Alors il n'y a aucun problème ! »

Elle le guida à travers les couloirs du château. Une fois arrivée à la salle elle se dirigea vers son bureau habituel. C'était incroyable, rien n'avait changé. Un peu plus de soixante-dix ans dans le passé et tous les repères qu'elle connaissait étaient à la même place. C'était comme retrouver son lit douillet et familier. La journée commençait de la meilleure des manières.

Le jeune étudiant étranger vint s'asseoir à côté d'elle. Hermione fut d'abord surprise, puis pensa qu'il souhaitait simplement être au plus proche de sa source d'information. Elle n'y prêta pas plus d'attention. Le professeur fit son entrée, et le cours débuta.

Une heure plus tard, Hermione sortait de la salle de cours. Elle avait eu droit à une montagne de devoir ce qui la réjouissait. Elle adorait passer des soirées entières à déchiffrer les symboles et les dialectes anciens. C'était quelque chose de précis, qui ne faisait pas intervenir l'inattendu.

Alors qu'elle était absorbée dans ses pensées, quelqu'un derrière elle l'appela. Elle ne se retourna pas tout de suite. Puis elle se souvint qu'elle répondait désormais au nom de Mable Wright et pivota en direction de la voix. C'était Scott Hopkins qui l'avait suivi depuis la sortie du cours. Elle l'avait complètement oublié. Le jeune homme était resté silencieux pendant tout le cours et avait fait preuve d'une telle discrétion, qu'Hermione en était venue à oublier sa présence. Il se courba et appuya ses paumes contre ses genoux. La course pour rattraper la Serpentard l'avait essoufflé.

« Dis donc t'es… une rapide toi ! s'exclama-t-il à bout de souffle. J'ai eu à peine le temps de ranger… mes affaires… que tu avais… déjà disparu… termina-t-il péniblement.

— Excuse-moi, je ne m'étais pas rendu compte que tu m'avais suivie ! Tu voulais avoir un renseignement ?

— Le professeur Chubby m'a donné la liste des cours que je suis censé suivre », annonça-t-il en lui tendant un parchemin.

Hermione observa un instant le document.

« Mais attends, on dirait que nous avons le même emploi du temps, s'exclama-t-elle. Oh, je vois ! C'est logique, en effet. Pour pouvoir jouer mon rôle de guide, je dois pouvoir être à portée de main. Et bien ça veut dire que tu vas devoir me suivre vers les cachots pour un cours de potion », annonça Hermione en se dirigeant vers les escaliers.

Ils commencèrent leur descente en direction des sous-sols du château.

« Tu t'appelles Mable Wright, c'est bien ça ? demanda-t-il. Je te pose cette question parce que tu avais l'air d'être surprise quand je t'ai interpellé tout à l'heure.

— Oui, je crois que je suis un peu dans la lune en ce moment. Mais Mable c'est bien moi. Et toi tu es Scott Hopkins, si je ne me trompe pas, dit-elle en souriant.

— Tu as tout bon, répondit-il, lui rendant son sourire. Je te remercie de t'être portée volontaire pour me servir de guide. Je ne connais rien ici. Tout est nouveau, et c'est un peu déstabilisant pour moi.

— À qui le dis-tu ? », murmura Hermione pour elle-même. Puis elle ajouta à haute voix : « Je suis ravie de pouvoir t'aider.

— C'est rassurant de savoir que tu seras là pour me conduire dans ce dédale de couloirs et aussi d'avoir quelqu'un à qui parler. Enfin, si jamais je venais à t'ennuyer ou à être une gêne dans ton quotidien, il ne faudra pas hésiter à me le dire… » Il marqua une pause avant d'ajouter : « Je ne sais pas combien de temps ça prendra pour que je m'habitue. Mais j'espère que nous pourrons devenir amis, même lorsque j'aurais trouvé mes marques ».

À ces mots, Hermione sentit ses joues virer au rouge. Comment ne pas succomber au charme d'un être aussi aimable et adorable ? Mais elle se reprit, et essaya de chasser la chaleur qui s'était installée dans ses pommettes. Elle tenta donc de rediriger la conversation vers un sujet plus banal.

« D'où est-ce que tu viens, exactement ?

— D'un peu partout en Europe. Mes parents sont des observateurs acharnés du monde magique. Ils travaillent pour le compte de sorciers fortunés ou pour le Ministre de la Magie lui-même qui les sollicite pour établir des rapports sur des sujets divers. Ils aiment changer d'horizons aussi souvent que possible.

— Ça a l'air passionnant. Tu as dû visiter des tas de régions différentes et intéressantes.

— Oui, j'ai eu l'occasion de beaucoup voyager et de vivre des expériences plus ou moins enrichissantes. Mais sur le plan personnel, c'est une autre affaire. Bouger sans arrêt n'aide pas à approfondir suffisamment les relations avec d'autres personnes. La plupart du temps, je ne restais que quelques semaines dans une école. Lorsque j'avais le luxe d'être inscrit dans une école. Le contact avec des sorciers de mon âge est assez nouveau pour moi. Mais c'est plutôt agréable jusqu'à maintenant, dit-il en lui lançant un regard en coin.

— Euh, je crois qu'on est arrivé », annonça Hermione, ignorant sa dernière remarque.

En effet, les deux étudiants se trouvaient face à la porte de la salle de cours. Il n'y avait personne dans les couloirs sombres des cachots. Les autres élèves devaient être encore en chemin. Hermione pénétra dans la salle, Scott sur les talons. Une fois à l'intérieur, ils se rendirent compte que la pièce était aussi sombre que le couloir. La Gryffondor détestait de plus en plus ces cachots. Elle se choisit une table ni trop près ni trop loin du bureau du professeur. Scott reproduisit le comportement du cours précédant et vint s'asseoir aux côtés de la jeune femme. Un silence gênant s'installa.

Mais fort heureusement, le vide qui les entourait s'évanouit très vite, car les autres élèves firent leur entrée dans la salle de cours. Une animation bruyante remplit alors l'espace de la pièce. Des élèves de Serpentard s'installèrent, mais également des étudiants de la Maison de Gryffondor. Il s'agissait d'un cours commun.

Hermione fit signe à ses nouvelles amies de chambre lorsque celles-ci arrivèrent. Elles avisèrent aussitôt celui qui se trouvait aux côtés de la jeune Serpentard. Et elles se regardèrent toutes d'un air entendu. Tweenie ne put s'empêcher de lui envoyer des clins d'œil exagérés et de lui faire de grands signes pour lui faire part de sa jalousie.

Malgré le manque de discrétion flagrant de son amie, Scott ne parut pas se rendre compte de ses gesticulations, ou ne souhaita pas en tenir compte. D'ailleurs, Hermione remarqua qu'il avait repris son masque d'indifférence de la veille. Elle trouvait ce garçon étrange et se demandait pourquoi il agissait différemment en présence des autres élèves. C'était un nouveau mystère qu'elle se promit de résoudre, mais pour le moment, elle se contentait de l'étudier d'un œil attentif.

Alors qu'elle l'observait regarder dans le vide, un poing s'abattit violemment sur le bureau des deux élèves.

« Tu es assis à ma place ! » susurra une voix glaciale.

Scott fit glisser son regard le long du bras qui venait de s'abattre tout près de lui, et vit Caleb Windson qui lui décochait un regard noir.

« Dégage ton derrière de mon siège, le nouveau ! menaça le Gryffondor.

— À qui ai-je l'honneur ? Je ne pense pas que nous ayons été présentés, répondit calmement Scott.

— On t'a jeté un sort de surdité ou quoi ? Bouge de là avant que je décide de te donner un coup de main. »

Hermione observait la scène avec surprise et anxiété. Elle avait prié dès qu'elle avait aperçu Drago pour qu'il ne fasse rien qui puisse attirer l'attention sur eux. Visiblement, c'était raté. Tous les élèves avaient interrompu leurs conversations et avaient tourné leurs regards vers eux.

« Je suis Scott Hopkins. Ravi de… »

Le jeune homme n'eut pas le temps de finir sa phrase, car Drago envoya valser dans les airs les parchemins, l'encre et la plume posés sur son pupitre. Son encrier se déversa sur le sol, alors que ses feuilles retombaient avec lenteur.

Le regard du nouvel élève se transforma. Il se fit plus dur, toute amabilité semblait l'avoir quitté. Il porta ses prunelles incandescentes vers son agresseur.

— J'étais là le premier, alors cherche une autre place, annonça-t-il avec une rage contenue.

— Cette fille à côté de toi, c'est ma petite amie. Alors à moins que tu ne veuilles goûter à ton encre qui est par terre, je te demande une dernière fois de bouger de ma place. », dit Drago en pointant sa baguette sur Scott.

Scott parut sceptique, il porta son regard de Drago à Hermione, d'Hermione à Drago. La Gryffondor de cœur ne savait comment réagir pour faire retomber l'atmosphère pesante qui s'était installée. Soudain, les prunelles du nouvel étudiant s'adoucirent.

— Toutes mes excuses. Je n'étais pas au courant. Je te laisse la place », annonça-t-il.

Cependant, il le fit avec une lenteur insupportable, ses yeux ne quittèrent pas ceux de son rival, comme pour le défier davantage. Fort heureusement, l'incident se conclut sans que ça n'aille plus loin. Scott ramassa ses affaires et croisa le regard d'Hermione. Elle renvoya un regard contrit à l'attention du jeune homme qui s'éloignait et se tournant vers Drago, elle lui adressa un regard furieux, tandis qu'il prenait place sans délicatesse.

Mais avant qu'elle ait eu le temps de dire quoi que ce soit, le Serpentard posa sa main blessée sur le dossier de la chaise d'Hermione, et l'autre sur le bureau, de telle sorte qu'elle se retrouva prisonnière sur sa chaise. Cette proximité des corps dérangeait la jeune femme. Mais Drago ne semblait pas s'en soucier, son regard froid et violent s'était mué en un regard affolé de petit garçon.

« Il faut qu'on commence les recherches dès que possible. Je ne peux pas rester dans ce corps plus longtemps. Cette sale vermine est tout ce que je déteste. On doit aller à la bibliothèque et entamer les recherches au plus vite !

— Calme-toi Malef… Caleb, murmura Hermione, sentant le regard de certains élèves toujours posés sur eux. Tu vas nous attirer des ennuis à t'agiter comme un oiseau en cage. On ne peut pas se rendre à la bibliothèque pour le moment. Je te rappelle que l'on doit se fondre dans nos nouvelles existences.

— Je me fiche des conséquences ! Je veux me débarrasser de ce corps dans les plus brefs délais, quel qu'en soit le prix.

— Écoute, tu dois… »

Hermione fut interrompue par l'entrée du professeur de Potions. Une nouvelle mauvaise surprise arriva lorsqu'elle vit de qui il s'agissait. Habillée d'un tailleur carmin, le chignon parfaitement réalisé dans lequel trônait fièrement une plume noire : le professeur Hawthorne scruta d'un œil mauvais l'ensemble de la classe et son regard ambré sembla devenir plus sombre quand il se posa sur le couple d'adolescents.

« Oh non pas encore elle, murmura Hermione, qui se recroquevilla derrière sa table.

— Je sens que nous allons passer une heure de cours des plus intéressantes, mes chers élèves », annonça-t-elle d'un air mauvais.

….

En sortant du cours, Hermione était lessivée. Ça avait été un véritable enfer. Leur professeure s'était acharnée sur elle et Malefoy, leur posant mille et une questions. Elle avait gardé un œil sur eux en permanence, les observant sans ciller. Les deux adolescents n'avaient pas pu relâcher leur vigilance, contraints de rester en alerte toute la durée du cours.

Malefoy avait repris ses esprits à temps. Pendant un instant, Hermione avait bien cru qu'il avait perdu la raison, mais finalement le jeune homme s'était montré stoïque tout le long de l'heure de cours. Néanmoins, la jeune Gryffondor avait trouvé son comportement étrange.

C'était vrai qu'il avait l'habitude de se conduire comme un enfant gâté, qu'il cherchait souvent à attirer l'attention en pleurnichant. Peut-être n'était-ce simplement qu'une part de sa personnalité qui avait ressurgi. La pression était telle qu'elle se doutait qu'elle-même était à un cheveu de perdre les pédales. Une poigne ferme la sortit de ses pensées. Malefoy avançait, le regard vide, en direction des escaliers.

« Suis-moi, faut qu'on discute ! lui intima-t-il.

— Qu'est-ce qui te prends encore ? Bon sang, lâche-moi immédiatement ! s'énerva-t-elle.

— En effet, "bon sang", je l'étais il y a vingt-quatre heures. Mais maintenant je ne suis qu'une contrefaçon ratée. Il faut qu'on commence les recherches pendant l'heure du déjeuner. Il n'y a pas une minute à perdre.

— Et tu crois que je vais me laisser mourir de faim pour ton salut !

— Pas pour mon salut seulement, mais pour le tien aussi. J'y ai beaucoup réfléchi cette nuit. J'ai retourné le problème dans tous les sens et je ne suis parvenu qu'à une seule et unique conclusion. Les problèmes vont s'enchaîner sans qu'on ne puisse les arrêter. Qu'est-ce que tu feras quand tes nouvelles meilleures amies te poseront une question à laquelle tu ne pourras pas répondre ? Ou quand tu recevras une lettre des parents de Mable Wright ? Et que feras-tu quand arriveront les vacances de Noël et que tu devras retourner auprès de ta nouvelle famille ? Plus on passe de temps ici, plus nos chances de retourner chez nous s'amenuisent. Un jour, on se fera démasquer, et je ne compte pas attendre que ce jour arrive. Alors, s'il y a une chance pour qu'on trouve le moyen de regagner notre époque dans nos vrais corps, je veux la saisir avant qu'il ne soit trop tard. »

Hermione l'avait écouté avec attention. Il avait raison, chaque minute comptait. Chaque seconde gaspillée serait du temps en moins pour leur espoir de retour.

« C'est d'accord, se résigna-t-elle. Commençons les recherches. »

….

Une fois à l'intérieur de la bibliothèque, Hermione sentit son cœur s'alléger. Elle était heureuse de retrouver sa compagne de toujours. Les tables de travail en bois massif, les chaises austères mais confortables, les rangées de livres qui semblaient infinies, les odeurs des vieux ouvrages qui avaient été empruntés, feuilletés des centaines de fois et qui regorgeaient d'informations diverses s'entremêlant. Hermione s'avança vers une étagère et effleura du bout des doigts la reliure dorée d'un livre.

« On a pas le temps de contempler le mobilier, Granger. On a d'autres hippogriffes à fouetter ! », s'énerva Drago en l'entraînant dans les rangées de la pièce.

Il se stoppa devant la section des livres de potions.

« Bon, on devrait commencer par cette partie. Le problème le plus simple à régler est cette histoire d'échange, alors on devrait se concentrer là-dessus pour le moment. Cette Mable a bien dû chercher sa fameuse potion quelque part. C'est le meilleur endroit pour débuter les recherches, annonça Drago alors qu'il commençait à former une immense pile de livres sur son bras.

— Tu crois sérieusement qu'elle aurait trouvé une potion aussi complexe et dangereuse dans un livre en libre accès ?

— Bien sûr que non ! Je ne suis pas idiot ! Mais elle a bien dû commencer par le commencement. Ce n'est pas dans un livre ordinaire que l'on trouve ce genre de sortilège, mais au moins on peut y découvrir un indice. Si on suit son raisonnement, on pourra remonter jusqu'à la formule. »

Elle entreprit à son tour d'empiler les livres sur son avant-bras. Ils se dirigèrent vers une des tables de la bibliothèque et se mirent à chercher pendant toute l'heure du déjeuner. Ils enchaînèrent les livres de potions sans grand succès. Aucun d'eux ne traitait des échanges de corps. Drago commençait à s'impatienter. Il ne pouvait pas supporter de ne rien trouver. Il fallait qu'il sorte de ce cauchemar le plus rapidement possible, sous peine de devenir cinglé. Lorsque le signal de la reprise des cours retentit, il se sentit désemparé. Il envoya un coup violent dans la pile des livres, qui se renversa dans un bruit sourd sur le sol.

« Tu croyais que ce serait facile Malefoy ?

— Tu ne peux pas comprendre. Toi, tu n'as eu droit qu'à des améliorations de ta pauvre condition, cracha-t-il avant de s'éloigner rageusement vers la sortie.

— Hé ! Tu crois quand même pas que je vais ramasser tout ce bazar ? »

L'après-midi se déroula de la même manière que la matinée. Tout se passa de manière ordinaire pour les deux ennemis. Scott avait continué à suivre la Gryffondor dans ses déplacements entre chaque cours. Cependant, elle avait senti une certaine distance s'installer entre eux : le jeune homme avait gardé le silence tout l'après-midi. Hermione comprenait très bien son comportement après la scène de Malefoy. Après tout, pensa-t-elle, cela lui permettrait de ne plus être aussi troublée par sa présence.

Entre deux cours, elle eut l'occasion de croiser Drago dans les couloirs du château. Elle avait remarqué, hormis son regard toujours aussi méprisant, qu'il était accompagné de deux garçons. Ils l'entouraient comme ses anciens gardes du corps. La jeune rouge et or sentit un fou rire monter à ses lèvres. C'était comme si elle se retrouvait à son époque d'origine avec de nouveaux personnages, mais incarnant les mêmes rôles.

Cependant, un détail la chiffonna. L'un des étudiants qui suivaient Drago lui avait décoché un regard étrange. Hermione n'avait pas eu le temps de déchiffrer sa signification, car ils l'avaient dépassée avant qu'elle ne puisse comprendre. Elle avait décidé par la suite d'ignorer ses craintes et s'était focalisée sur la suite de sa journée.

….

Après le dîner, une convocation signée de la main du Directeur lui fut transmise. Elle lui rappelait les termes de leur punition, à elle et Malefoy. La missive indiquait que les deux élèves devraient se diriger vers la bibliothèque directement après le souper pour recevoir les instructions de la bibliothécaire. Hermione rejoignit alors son pire ennemi au quatrième étage.

Ils entrèrent ensemble dans la grande bibliothèque et furent accueillis par Madame Condry. Elle était installée à son bureau et détacha à contrecœur son regard du livre qu'elle tenait entre les mains. Elle n'avait rien du stéréotype de la bibliothécaire ordinaire vieille et aigrie. Elle était jeune, pas plus de la trentaine, et élégamment habillée d'un pantalon en toile marron et d'un cardigan beige. Ses cheveux blonds se répandaient en une cascade de boucles parfaitement dessinées sur ses épaules gracieuses, ses yeux noisette les observaient avec douceur.

« Je vous souhaite bien le bonsoir, commença-t-elle poliment. J'ai été chargé de vous assigner une punition. J'ai donc décidé de vous confier le rangement des documents laissés par les élèves peu consciencieux. Lorsque vous aurez fini, vous rangerez par ordre alphabétique les ouvrages, parchemins et quotidiens fraîchement arrivés et les installerez dans la section correspondant à leurs thèmes respectifs. Quand vous aurez rempli ces deux missions, vous viendrez me voir afin que je vous donne une autorisation écrite pour retourner dans vos dortoirs. Il ne faudrait pas qu'on vous imagine rôder tard dans les couloirs ! leur confia-t-elle avec malice. Maintenant, au travail ! »

Sur ces paroles, elle reprit la lecture de son livre et les deux ennemis commencèrent à faire le tour des tables à la recherche d'ouvrages attendant d'être rangés.

« On ferait mieux de se séparer pour que l'un de nous deux puisse poursuivre les recherches, déclara Drago.

— Et que ferait l'autre pendant ce temps ? l'interrogea Hermione.

— Tu es plutôt lente d'esprit Granger. L'autre, autrement dit toi, continuera à exécuter la punition.

— Mais oui, c'est d'une évidence ! ironisa la Gryffondor de cœur. Tu n'es quand même pas sérieux ? J'ai déjà dû ranger tous les livres ce midi. Cette fois, tu dois m'aider Malefoy !

— Je suis sûr que tu feras du bon boulot ! » ricana le jeune homme avant de s'éloigner.

Hermione fulminait. Ce prétentieux avait choisi de l'abandonner pour continuer les recherches seul. À présent, il lui incombait, à elle seule, de ranger les quantités astronomiques de livres oubliés sur les bureaux d'études. Elle se laissait toujours avoir par ce petit arrogant. Si au moins il lui avait proposé de changer à tour de rôle. Cependant, elle finit par reprendre son inspection des tables, poussant son chariot avec mauvaise humeur, afin d'éviter d'éveiller les soupçons de Madame Condry.

De son côté, le jeune Serpentard avait repris l'inspection des rangées bien fournies de la section des potions. Il y resta un bon moment, fouillant chaque ouvrage existant, chaque chapitre, chaque page, et lorsqu'il atteignit le dernier livre de la dernière étagère, la soirée avait déjà beaucoup avancé. Drago était fatigué et désespéré. Il crut qu'il ne trouverait jamais le moyen de s'arracher de ce corps abject. Il s'adossa contre la paroi de l'étagère et se laissa glisser au sol. Il croisa ses bras sur ses genoux et y enfouit son visage.

Les coups du sort lui étaient de plus en plus insupportables. Il voulut rire et pleurer en même temps en repensant à l'ironie de sa situation. Un Sang-Pur de la Noble Maison de Salazar qui se retrouvait dans le corps d'un orphelin né-moldu de Gryffondor. Il avait souvent haï Potter pour son histoire larmoyante d'orphelin qui avait survécu au Mage Noir. Il avait toujours considéré l'histoire exagérée pour rendre ce binoclard plus intéressant qu'il ne l'était en réalité. Toujours cherchant à attirer l'attention sur lui et à obtenir les faveurs de tous. Et aujourd'hui, il se retrouvait dans la peau d'un garçon au destin presque similaire. Caleb était aussi populaire que Potter au sein de l'école, et avait eu une histoire familiale difficile. Maintenant, Drago haïssait son propre corps.

Soudain, il entendit des bruits de pas précipités. Il pensa qu'il s'agissait de Madame Condry. Il se redressa et fit semblant de ranger des ouvrages.

— Mais qu'est-ce que tu fabriques Malefoy ? Je croyais que tu étais censé poursuivre les recherches ! s'exclama Hermione.

— J'ai cru que c'était la bibliothécaire qui venait inspecter. Et toi, t'es pas censée ranger des tas de livres et de parchemins ?

— C'est ce que je faisais quand je suis tombée sur un livre intéressant. Tu te souviens de l'hypothèse que j'avais avancé pour expliquer le fait qu'on se voie sous nos véritables apparences tous les deux ? Eh bien, en rangeant les livres, j'ai retrouvé l'ouvrage dans lequel je l'avais lue, annonça la jeune rouge et or, très enthousiaste.

— Je suis censé sauter de joie, là ? dit Drago plein de scepticisme. Non, parce qu'aux dernières nouvelles, il ne proposait aucune solution…

— Je l'ai feuilleté rapidement. Et en relisant certains passages, j'ai noté que le livre présente une version différente. Des mises à jour ont été opérées dans l'édition que j'ai eu l'occasion d'étudier. Dans cette impression de 1925, j'ai trouvé un chapitre qui a été supprimé dans la version plus récente ! ».

Hermione marqua une pause. Elle-même ne croyait pas à sa propre chance.

« Viens en au fait Granger ! s'impatienta le jeune homme.

— L'auteur précise qu'il existe trois sortilèges pour permettre l'échange des corps. Mais deux d'entre eux ont été perdus avec le temps. Cependant, l'un des sortilèges a été transcrit par écrit, Malefoy. Le seul et unique sort dont l'explication fut retranscrite se trouve dans un livre de Borgan Gavilinzcic, intitulé Le Miroir des âmes… » acheva-t-elle.

Note: Alors qu'est ce que vous en dites? C'est qu'il est tout paniqué mon petit Dragounet!^^ Je voulais un peu montrer le paradoxe de sa personnalité. C'est à dire faire apparaître son côté provocateur et son côté fils à papa pleurnichard. Mais je sais pas si c'est bien réalisé. En tout cas on en apprend un peu plus sur le nouvel élève qui n'est pas si lisse que ça...

Voili voilou! Je vous dit au prochain chapitre!

PS: je compte ralentir la publication à un chapitre par semaine. Dorénavant, je posterai un nouveau chapitre chaque mercredi. J'espère que vous serais quand même fidèle à cette histoire. Voilà, à bientôt ^^