Note d'auteur:

Konichiwa à tous!

Un nouveau chapitre comme promis, j'espère qu'il vous plaira!^^

Bonne lecture!

Chapitre 5 : Un oiseau de mauvais augure

Deux semaines s'étaient écoulées depuis la découverte du livre contenant le sortilège tant convoité. Les deux adolescents avaient retourné le contenu de la bibliothèque de Poudlard, et malgré leur acharnement, ils n'avaient pas trouvé le livre écrit par Borgan Gavilinzcic. C'était le scénario logique, puisque le corps professoral et le Ministère de la Magie n'auraient jamais permis de laisser un livre détaillant un sort aussi dangereux en libre consultation.

Cependant, les deux ennemis n'avaient pas pu s'empêcher de ressentir un énorme découragement. Néanmoins, il leur restait un mince espoir de trouver une nouvelle piste dans le contenu de la Réserve. Mais les chances de régler leurs ennuis dans de brefs délais s'étaient envolées en même temps que la frénésie des premières recherches.

Hermione et Drago avaient donc été contraints de continuer à s'immerger dans la vie du couple. La jeune femme n'avait ressenti que peu de difficulté. En effet, ses camarades se montraient protectrices et rassurantes, et bien qu'elles affichaient parfois un air soucieux en la regardant, Hermione avait réussi à les convaincre de ne pas parler de ses trous de mémoire, d'autant plus qu'elle gagnait en crédibilité grâce à la biographie publiée par Caleb Windson.

C'était une mine d'information qui lui était devenue indispensable. Elle l'avait lue en entier et s'était imprégnée de chaque détail de la personnalité de la verte et argent. La présence de Mable Wright se ressentait dans toute l'œuvre comme un fil rouge dans la vie du jeune Gryffondor depuis son entrée dans le monde des sorciers. Hermione n'avait pas pu s'empêcher d'être émue en découvrant la façon dont il la décrivait. Les superlatifs n'étaient pas rares, mais il savait dépeindre les côtés sombres de la personnalité de l'élève de Serpentard.

Ainsi, Hermione avait découvert que le couple s'était formé dès leur première année à Poudlard. Ils avaient été mis en binôme lors d'un cours de métamorphose et provenant de Maisons différentes, ils n'avaient pas échappé aux préjugés qui empoisonnent les relations entre Serpentard et Gryffondor. Néanmoins, leur goût commun pour les expérimentations mystérieuses les avait rapprochés presque instantanément. Caleb décrivait comment ils avaient tous deux surpassé leurs idées reçues, la rivalité entre leurs Maisons et la barrière de la pureté du sang.

La Gryffondor de cœur ressentait de l'admiration pour ce couple. Ils représentaient tout ce en quoi elle croyait : l'union des sorciers sous une bannière unique, dans un monde où la discrimination et la violence gratuite ne seraient pas permises.

Cette idée fit remonter les souvenirs de son époque. Dans son présent, en 1998, une guerre terrible était sur le point d'avoir lieu, et de nombreuses personnes qu'elle aimait et chérissait allaient risquer leurs vies alors qu'elle était prise au piège dans la spirale du temps. Jusqu'à maintenant, elle avait refoulé les souvenirs de ses amis, mais le temps commençait à devenir long. Il devenait de plus en plus difficile de supporter la présence permanente de Malefoy qui restait fidèle à lui-même : méprisant, condescendant, vicieux. Il n'était jamais à court de réflexions blessantes.

Elle savait à quoi s'attendre avec lui, mais ça ne rendait pas la situation plus supportable. Cette fois, elle était contrainte de jouer le rôle de sa petite amie, ce qui l'enchantait d'autant moins. Elle essayait de limiter le plus possible les moments où ils devaient jouer la comédie du couple atypique de l'école. Ils s'étaient d'ailleurs mis d'accord pour limiter les apparitions publiques, afin d'éviter de commettre une bévue qui ne manquerait pas d'éveiller les soupçons.

En outre, Hermione se réjouissait que le couple ne soit pas du genre expansif. En effet, même si leur relation suscitait un engouement exagéré auprès des élèves de l'école, les deux jeunes gens n'avaient pas pour habitude de se pavaner en public. Ils se montraient réservés, même si Caleb se laissait convaincre de raconter certaines de leurs excursions à ses meilleurs amis. Il avait un caractère plus volontaire que la jolie Mable, qui était plutôt du genre discret et prudent.

Drago, de son côté, avait de moins en moins de mal à accepter sa nouvelle condition. Même s'il ne supportait toujours pas d'être dans le corps d'un sang impur et d'être entouré en permanence de Gryffondor optimistes et pleins d'assurance, il devait avouer que son statut de vedette de Poudlard lui convenait. D'autant plus que Caleb n'était pas un Gryffondor ordinaire. Il avait un goût prononcé pour les expériences mystérieuses.

D'ailleurs, il tenait un journal qui rassemblait toutes les expérimentations qu'il avait opérées. Le carnet était très fourni, après l'avoir feuilleté, Drago avait vite compris que le jeune Gryffondor était un garçon téméraire et audacieux. Il cherchait à avoir un avis sur tout sans se donner de limites. Certaines des études qu'il avait menées seul ou avec l'aide de Mable se confondaient parfois avec de la magie noire. Pour lui, il semblait que la magie était unique et que toutes les manifestations de celle-ci étaient un bon sujet d'étude et d'observation.

De plus, malgré sa popularité, Caleb s'était entouré d'élèves en retrait et très adultes pour leur âge. Ses amis les plus proches étaient Aaron Bones et Stanley Applewick. Tous deux avaient vécu des histoires familiales compliquées et avaient dû mûrir plus rapidement que leurs camarades du même âge.

Aaron était un élève de Serdaigle, c'était un grand brun aux yeux sombres et très mince. Le style de garçon calme et posé qui réfléchissait avant d'agir. À tel point qu'on pouvait prendre son attitude pour de la froideur (parfois à juste titre), tandis que Stanley était un blond de taille moyenne et à l'allure sportif. En outre, il était gardien de l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Il aimait rire de tout et de tous, y compris de lui-même. Cela passait souvent pour de l'insolence auprès des Professeurs de l'école et pour du mépris auprès de ses camarades. C'est pourquoi il n'était pas aussi populaire que Caleb. Mais il savait se faire respecter et imposer ses idées. Ainsi, il avait obtenu le titre de préfet en chef pour son ultime année à Poudlard.

Drago se réjouissait d'être tombé sur des élèves qui préféraient rester en retrait. Aaron et Stanley se contentaient de rester dans leur coin et ne parlaient que si c'était important. Cela arrangeait les affaires du Serpentard de cœur, qui n'avait pas à faire beaucoup d'effort pour faire illusion auprès de ses nouveaux camarades. D'autant plus que cela lui changeait des deux colosses qu'étaient Crabbe et Goyle. Avec Aaron et Stanley, il pouvait avoir des échanges intellectuels intéressants, et il commençait presque à les apprécier. En fait, ils lui rappelaient un peu Blaise Zabini et Théodore Nott.

Cependant, il y avait une ombre au tableau, car la popularité de Caleb attirait une nuée de jeunes filles, dont une qui se montrait plus tenace et déterminée que les autres. Elle était une élève de Gryffondor et se prénommait Félicity Grunch. Elle se collait à lui aussi souvent que la situation le permettait et elle trouvait toujours le moyen de se placer à côté de lui lors des repas. En cours, elle s'amusait à lui envoyer des petits mots enchantés. Une fois, alors qu'il suivait avec attention une leçon de métamorphose avancée, elle lui avait fait passer un mot. Le morceau de parchemin s'était changé en bouche au contact de ses doigts et l'avait goulument embrassé sur les lèvres.

Les démonstrations de son amour sans limites faisaient beaucoup rire les autres élèves. Pour Drago, ce comportement tournait à l'obsession et devenait de plus en plus insupportable. Certaines conversations d'élèves lui avaient fait comprendre que l'obstination de la jeune femme s'était aggravée lorsque la relation de Caleb et Mable avait été révélée au grand jour à la fin de leur sixième année.

Drago faisait tout pour l'éviter. Mais la tâche était souvent difficile, parfois même impossible, d'autant plus qu'elle suivait les mêmes cours que lui. Le jeune homme était exaspéré, car elle lui faisait perdre une énergie précieuse. Il avait tenté de la repousser à plusieurs reprises, mais elle restait toujours accrochée à lui.

Pourtant, il lui était facile de trouver des répliques blessantes qui auraient fait fuir la plupart des jeunes filles normales. Cette fille était banale et n'avait rien d'une beauté fatale. C'était une brune au teint terne qui faisait preuve d'une maladresse quotidienne. Elle était très maigre et avait un rire de crécelle. Mais le plus étrange de ses traits était son addiction au jus de citrouille. Elle ne sortait jamais sans une fiole de son précieux nectar dans la poche.

L'exercice préféré de Drago, qui consistait à trouver les failles des autres et à s'en servir pour les rabaisser, se révélait inefficace. Cela devenait même une torture, car ça ne donnait aucun résultat. Et la jouissance qu'il avait pu tirer, dans le passé, de ce jeu s'était presque complètement évanouie.

Autant dire que les sentiments des deux ennemis n'étaient pas très positifs. Malgré tout, ils acceptaient de mieux en mieux leurs nouvelles identités et ne baissaient pas les bras en ce qui concernait les recherches, d'autant plus que la prochaine sortie à Pré-au-Lard prévue pour bientôt ne pourrait qu'être bénéfique pour leur moral.

Le matin de la sortie à Pré-au-Lard, Hermione s'était levée de bonne heure. Elle s'était rendue à la bibliothèque pour finaliser un devoir d'arithmancie. Le travail ne manquait pas pour les Septième année qui devaient préparer leurs ASPICs. Cela ralentissait considérablement leurs recherches pour retrouver leurs apparences originelles. Mais c'était aussi un bon moyen de rattraper la scolarité qu'elle avait mis de côté lors de son année de fuite auprès de Harry et Ron.

Une fois satisfaite du contenu de son parchemin, elle se rendit dans la Grande Salle pour saluer ses nouvelles amies. Une fois assise à la table des Serpentard, elle se servit un bol de porridge et essaya de suivre la conversation.

« Tu plaisantes, j'espère, Moheira ! s'exclama Tweenie. Je ne pourrais jamais aller le voir et lui dire ce que je ressens. Il n'est pas du genre abordable.

— Je ne comprends pas bien ce que tu lui trouves. Mais s'il te plaît autant, tu ne devrais pas hésiter et l'inviter tout de suite pour t'accompagner à la Nuit des Morts Sanglantes.

— C'est quoi, cette histoire de Nuit des Morts Sanglantes ? interrogea Hermione.

— Tu n'as pas lu l'affichage du tableau dans la Salle Commune ? lui demanda Moheira. Cette année, les préfets ont organisé une soirée spéciale pour Halloween. Ils veulent que l'on forme des binômes qui se promèneront dans le château. Il y aura plusieurs épreuves, durant lesquelles chaque couple devra résoudre des énigmes ou affronter leur plus grande peur. Une sorte de carte au trésor, sauf que le trésor à la fin c'est cent points pour la Maison des gagnants et accessoirement une nuit de cauchemar, termina-t-elle en plissant ses yeux avec mystère.

— C'est une idée intéressante, dit Hermione. Vous savez déjà avec qui vous y rendre ?

— J'y vais avec Auric Swanson. Il est complètement stupide, mais tellement craquant. Je sens que je vais beaucoup m'amuser dans les couloirs sombres de Poudlard, répondit Moheira. Tana et Calliste n'ont pas encore trouvé. Et Miss Tilt n'arrive pas à se décider à demander à Abraxas de l'accompagner.

— Abraxas ? répéta Hermione. Ce nom lui disait quelque chose.

— Oui, Abraxas Malefoy. Le beau et froid Prince de Serpentard, ricana Moheira.

— Arrête ! Il pourrait t'entendre, lui intima Tweenie en jetant un regard inquiet vers l'autre bout de la table.

— Le Serpent au regard de fer qui a réussi à séduire la pétillante Tweenie Ti...

— Bon sang ! Tu vas te taire à la fin ! » s'écria Tweenie en se jetant sur son amie et en lui scellant la bouche de ses deux mains, l'empêchant ainsi d'ajouter un mot de plus.

Hermione porta instantanément son regard en direction du bout de table et elle le vit. Une parfaite réplique de Malefoy petit-fils. Les cheveux blond presque blancs, le teint pâle, des yeux gris et surtout cet air supérieur inimitable. C'était indiscutable, il s'agissait bien d'un Malefoy.

Jusqu'à maintenant, Drago et elle n'avaient eu l'occasion de croiser que très peu de sorciers de leur connaissance : quelques Prewett et Bones. Ils avaient pu apercevoir des élèves provenant de familles notoires du monde des sorciers. Mais entre le temps passé à la bibliothèque, leurs devoirs, et le stress permanent qu'ils ressentaient, ils n'avaient peut-être pas remarqué Abraxas Malefoy. Cependant, elle n'en était pas convaincue, car après tout, un Malefoy était tout sauf du genre discret. C'est pourquoi elle fut étonnée de ne pas avoir noté sa présence plus tôt.

« Je ne me rappelle pas l'avoir vu avant aujourd'hui, dit-elle afin d'en savoir plus.

— C'est parce qu'il est arrivé hier soir, dit Tana. Il raconte à tout le monde qu'il a souffert d'une pneumonie suite à une excursion dans les plaines glacées de Sibérie. Pendant les vacances, il était parti étudier les Bigfoot avec son père. Son affaiblissement était tel qu'il a dû rester plusieurs jours à l'hôpital Ste- Mangouste. Ensuite il est resté cloitré pendant encore de longues semaines dans sa chambre du Manoir familial. C'est pour cette raison qu'il a manqué les premières semaines de cours. »

Hermione observa l'ancêtre de son pire ennemi. Il avait l'air en forme pour quelqu'un qui venait tout juste de sortir d'une convalescence de plusieurs semaines. Ses amis pouffaient de rire devant les exploits de leur chef. Abraxas tenait sa baguette tendue et luttait pour rester concentré et ne pas éclater de rire. Hermione suivit le point que fixait sa baguette et elle découvrit qu'il s'amusait à faire léviter un bol rempli de porridge au-dessus d'un élève assis à la table des Poufsouffle. Hermione se rappelait avoir croisé le jeune homme en cours de botanique. Il était un peu enrobé et portait des lunettes trop grandes pour son visage qui grossissaient ridiculement ses yeux sombres. Ses cheveux étaient de jais et un épi rebelle se dressait à l'arrière de sa tête.

Il tournait une cuillère dans une tasse, l'air absent, tandis que le bol au-dessus de lui oscillait au rythme des secousses d'Abraxas. Le Serpentard avait de plus en plus de mal à le maintenir en équilibre. Soudain il lâcha l'emprise de son Locomotor et le porridge se déversa sur le jeune homme de Poufsouffle. Ce dernier sortit instantanément de sa torpeur. Surpris, il tourna son regard vers le groupe de Serpentard qui ne se retenait plus d'exploser de rire. Un éclat de rancœur passa dans les yeux de l'étudiant de Poufsouffle. De nombreux autres élèves se mirent à s'esclaffer et le pointèrent du doigt. Le petit groupe de Serpentard encore euphorique commença même à entonner un petit refrain moqueur :

« Millard n'est qu'un ringard !

Millard pire qu'un cafard !

Millard rien qu'un gros lard !

Millard le binoclard !

Millard le vilain petit canard ! »

Henry Millard se leva et sortit précipitamment de la Grande Salle, ce qui eut pour effet d'aggraver l'hilarité des Serpentard.

« Malefoy ! gronda le professeur Chubby, de la table des professeurs. Vous viendrez me voir après votre petit-déjeuner ! ».

Malefoy et ses compagnons se calmèrent instantanément. Refroidis par les menaces tacites du directeur.

« Franchement, qu'est-ce que tu lui trouves, à cet abruti, Tweenie ? s'insurgea Moheira, qui était dégoûtée par le mauvais tour qu'Abraxas avait joué au jeune homme.

— Que veux-tu que je te dise, l'amour me rend aveugle. Et puis, c'est juste pour s'amuser. En plus, c'est aussi un peu de sa faute, il ne se défend jamais, alors Abraxas en profite, l'excusa-t-elle.

— Comment peux-tu dire une chose pareille ? s'emporta Hermione. Tu lui trouves des excuses alors qu'il agit comme un idiot. Rien ne peut permettre de justifier de telles moqueries. C'est blessant et mesquin. Cette méchanceté gratuite me révulse. En même temps, venant d'un Malefoy, ça ne devrait pas me surprendre. »

Ses jeunes amies la fixèrent avec étonnement. La Gryffondor de cœur commença à penser qu'elle en avait fait un peu trop jusqu'à ce que Calliste, qui était restée muette jusque-là, prenne la parole :

« Malefoy n'est qu'un prétentieux qui se croit supérieur aux autres. Il ne mérite pas qu'on use de la salive pour parler de lui, ça lui donne plus d'importance qu'il n'en mérite. Il s'en prend toujours aux plus faibles comme Henry Millard, juste parce qu'ils ne répondent pas à ses critères ridicules de pureté sanguine. ». Puis se tournant vers Hermione, elle ajouta : « C'est la première fois que je t'entends donner un avis aussi tranché, il faut croire que ce problème de mémoire a de bons côtés. »

Sans attendre de réponse ou de réaction, elle se leva et se dirigea vers le hall. Ses camarades restèrent silencieuses après son départ, même Tweenie ne chercha pas à la contredire. Un bruit de battement d'ailes mit fin au silence.

C'était l'heure de la remise du courrier. Un moment qu'Hermione redoutait, craignant de recevoir une lettre provenant d'un des parents de Mable. Elle avait appris qu'ils s'étaient séparés et que chacun avait refait sa vie de son côté. Selon ses amies, elle avait l'habitude d'être gâtée plus que les autres élèves étant donné son statut de fille unique.

Toutefois, depuis qu'Hermione avait emprunté le corps de Mable, elle n'avait rien reçu. Cela lui convenait, ainsi elle n'avait pas à leur répondre. Savoir qu'elle devrait leur mentir la répugnait. En fait, ça lui rappelait le douloureux choix qu'elle avait dû faire l'an passé en effaçant la mémoire de ses parents. Pour elle, sa famille avait une importance fondamentale. Et même si elle savait avoir agi pour leur bien, elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle leur avait menti par omission et qu'elle ne leur avait pas laissé le choix. Ce souvenir la faisait énormément culpabiliser et souffrir, d'autant plus que leur présence lui manquait cruellement.

Alors que la jeune femme était plongée dans ses pensées, une chouette épervier vint lui déposer un paquet rectangulaire accompagné d'une lettre soigneusement cachetée. La jeune femme sentit l'angoisse l'envahir. Drago avait bien prédit que ce moment arriverait.

« Ouvre-le vite, Mable ! dit Tweenie, toute excitée. Si c'est ta mère l'expéditeur, c'est sûrement de délicieuses confiseries ! »

Hermione s'apprêtait à s'emparer du colis lorsqu'elle s'aperçut qu'au lieu de s'envoler, la chouette la fixait d'un air scrutateur. Soudain, l'oiseau se mit à émettre une série de cris aigus. Les cris s'accentuèrent et la chouette commença à bondir sur la table en renversant tout sur son passage. L'animal dirigeait toute son excitation contre Hermione. Ses prunelles rouges et sévères ne lâchaient plus la jeune femme.

La chouette s'arrêta aussi soudainement qu'elle avait commencé. Mais au lieu de s'éloigner, elle fondit sur Hermione. L'attaque fut si vive que la Gryffondor de cœur n'eut pas le temps de se protéger des serres qui lui lacérèrent le cou. L'oiseau était complètement hors de contrôle. Sa rage était telle que les élèves qui se trouvaient à proximité prirent peur et se levèrent de table afin d'échapper à la fureur du rapace.

Hermione se leva et tenta de se soustraire aux griffes de l'attaquante. Elle voulut attraper sa baguette, mais la chouette s'acharnait avec une telle violence que l'objet lui échappa des mains et tomba sur le sol de la Grande Salle. L'oiseau battit des ailes et continua d'assaillir la jeune femme, cette fois à l'aide de son bec acéré. Elle s'en prit au visage de la jeune femme qui essaya de se protéger en utilisant ses bras comme bouclier. Hermione trébucha et tomba lourdement au sol. Elle se recroquevilla sur elle-même, priant pour que ce cauchemar se termine. Elle ressentait une douleur sourde à chaque coup de bec ou de griffes et des larmes de souffrances rendaient sa vision trouble.

Par Merlin ! Personne ne daignera m'aider ! pensa-t-elle intérieurement, au bord du désespoir, tandis qu'une grande quantité de sang s'écoulait de ses plaies. Lorsque la nausée commença à l'envahir, une ombre s'interposa entre elle et la cause de sa douleur.

« Confundo ! », s'exclama une voix masculine.

La chouette interrompit son attaque. Le sort de confusion l'avait déboussolée. Cependant, une fois l'enchantement évaporé, la chouette retrouva tous ses esprits et voulut de nouveau s'en prendre à sa victime. Cette fois, le sauveur d'Hermione fut plus radical.

« Stupefix ! », tonna-t-il d'une voix ferme.

Le rapace se figea en plein vol, tomba sur le sol et resta immobile. Cependant, la Gryffondor de cœur pouvait voir ses prunelles de prédateur briller d'une rage sans limites.

« Ces petites bestioles peuvent parfois se montrer très agressives quand elles sont contrariées », dit le jeune sorcier qui était venu en aide à Hermione.

La jeune femme se releva avec peine. Son cœur cognait vivement dans sa poitrine. L'adrénaline ne l'avait pas encore totalement quittée et ses effets se faisaient encore fortement ressentir dans son corps tout entier, corps qui était secoué de tremblement. La Gryffondor redoutait que la chouette pétrifiée ne puisse reprendre ses violentes attaques à tout moment. Finalement, elle leva les yeux sur son bienfaiteur et découvrit qu'il s'agissait d'un des deux garçons qui accompagnaient Malefoy partout dans ses déplacements.

Drago lui avait appris qu'il se nommait Aaron Bones et que c'était l'un des meilleurs amis de Caleb. Il semblait d'ailleurs l'apprécier, car il n'avait jamais rien dit de négatif à son sujet.

Néanmoins, la jeune femme ne pouvait s'empêcher de rester sur la réserve. Son instinct lui intimait la prudence, elle gardait un souvenir désagréable du regard qu'il lui avait lancé lors de sa première journée de cours. Un regard dérangeant qu'il avait d'ailleurs réitéré à plusieurs reprises. Pendant les repas, elle l'avait surpris en train de la fixer d'un air étrange. Mais ce sauvetage in extremis faisait naître le doute dans son esprit.

« Tu ferais mieux de te rendre à l'infirmerie, Wright, lui conseilla-t-il. Ce serait dommage que tu te vides d'un sang si précieux. », ajouta-t-il.

L'esprit d'Hermione était embrumé, ses pensées étaient de moins en moins claires. Ses plaies étaient profondes et elle avait perdu beaucoup de sang. Autour d'elle, le monde semblait tourner au ralenti.

Soudain, ses forces la quittèrent et elle s'écroula sur le sol. Elle sentait qu'elle était sur le point de perdre connaissance, mais avant de s'évanouir, elle entendit une agitation autour d'elle. Des bruits de pas précipités, des cris angoissés.

« Miss Wright, vous m'entendez ? lui demanda la voix grave du Professeur de Métamorphose. Miss Wright ? Miss Wright ? Ne vous inquiétez pas, nous allons nous occuper de vous, lui assura-t-il. Monsieur Bones, allez prévenir tout de suite le Directeur. Et maintenant, libérez le passage que je puisse la conduire à l'infirmerie ! »

Les sons lui parvenaient difficilement. Elle voulut lui répondre, mais son corps n'était qu'une masse de douleur qui refusait de lui obéir. Elle avait l'impression que la souffrance ne s'arrêterait jamais. Hermione, qui ne voyait plus qu'une obscurité opaque, se sentit soulevée, puis à bout de force, elle s'évanouit.

…..

La Gryffondor de cœur se réveilla dans un lit de l'infirmerie. Elle était encore assez faible suite aux graves blessures qui lui avaient été infligées par la chouette. Néanmoins, elle se força à se relever pour pouvoir se rendre compte de son état. La douleur encore bien présente lui arracha une grimace. Une fois en position assise, elle remarqua qu'on avait changé ses vêtements et qu'elle portait à présent un pyjama à rayures vertes. Elle leva les yeux et nota en regardant par les fenêtres qu'il faisait nuit. Elle en conclut qu'elle était restée inconsciente toute la journée.

Elle souleva les manches de son haut de pyjama. Ses bras étaient bandés sur toute leur longueur et les bandages dégageaient une odeur nauséabonde, probablement due à l'onguent qu'on avait appliqué sur les plaies. Elle porta ensuite ses mains à son visage et sentit de nombreux pansements sous ses doigts. Cette chouette ne l'avait pas épargnée. D'ailleurs, le souvenir de l'agression était encore vif dans sa mémoire. À présent, Hermione avait l'esprit assez reposé pour se demander pourquoi cet animal l'avait attaquée avec une telle violence.

Ses interrogations furent interrompues par des murmures qui se rapprochaient. La porte menant au bureau de l'infirmière s'ouvrit. Le professeur Chubby et l'infirmière firent leur entrée accompagnés du Professeur de Défense Vladimir Razimov, et du Professeur de Métamorphose Duncan Herzen. Le Directeur fut le premier à remarquer l'éveil de la jeune femme. Dès qu'il la vit, son regard s'illumina.

« Miss Wright, vous êtes enfin réveillée ! s'exclama-t-il avec soulagement. Je suis rassuré. Votre chouette Pépita vous a bien amochée, mais grâce aux bons soins de notre chère Madame Peachface, aucune séquelle ne sera à déplorer. Je vais de ce pas prévenir vos parents de l'amélioration de votre état. Inutile de préciser que vous serez dispensée de cours le temps de votre convalescence. Et vous êtes également libérée de vos obligations à la bibliothèque, dit-il avec un clin d'œil complice. Sur ce, je vous laisse. Reposez-vous bien Miss Wright, termina-t-il avec gentillesse.

— Je vous accompagne Alistair. Maintenant que Miss Wright est réveillée, je suis rassuré ». Puis s'adressant à la jeune femme, il chuchota : « Remettez-vous vite, sinon j'aurais vite fait de croire que je suis un mauvais enseignant, avec tous ces élèves incapables de transformer une simple allumette en aiguille, lui dit-il en souriant sous sa moustache noire et broussailleuse.

— Merci Professeur, je ferai de mon mieux. » promit Hermione.

Ils sortirent de la pièce, sauf le Professeur de Défense contre les Forces du Mal. Hermione lui jeta un rapide coup d'œil. Il portait un costume à veste longue dont le col remontait très haut sur sa nuque et la couleur noire de son habit faisait ressortir la pâleur intense de sa peau et de ses yeux bleus.

L'infirmière examina Hermione. Bien que pâle, la jeune femme se portait beaucoup mieux. Elle confia la surveillance de sa jeune malade au Professeur Razimov afin d'aller lui chercher un bon repas chaud.

Hermione ne se réjouissait pas de rester seule avec le Professeur de Défense, car c'était un vampire. Ses yeux d'un bleu pâle la fixaient avec suspicion. Une fois que l'infirmière eut fermé la porte derrière elle, il huma l'odeur de la pièce en fermant les yeux puis il prit la parole :

« Cette mésaventure est assez étrange. J'ai examiné votre chouette, Miss Wright, et je n'ai pu trouver aucune explication à son comportement. J'ai d'abord pensé qu'elle pouvait avoir subi un sort d'emprise, comme un Opugno. Néanmoins, mes tentatives pour révéler un enchantement n'ont mené qu'à des impasses. D'autant plus que dès que j'ai libéré la chouette de sa paralysie, elle s'est montrée d'une douceur extrême. Est-ce que vous auriez une idée de ce qui l'aurait poussée à vous attaquer de la sorte ? »

Le ton qu'il adoptait laissait croire qu'il considérait qu'elle était impliquée dans cette histoire.

— Non, je n'en ai aucune idée Professeur. Je n'ai rien à voir avec tout ça, répondit Hermione, agacée.

— Inutile d'être sur la défensive, je ne vous accuse de rien...»

L'infirmière pénétra dans la pièce accompagnée d'un elfe de maison qui tenait un plateau garni. Elle remarqua l'air renfrogné qu'affichait Hermione.

« Professeur, j'espère que vous n'avez pas ennuyé Miss Wright avec vos hypothèses loufoques, le sermonna-t-elle. Maintenant, disposez, la pauvre enfant a besoin de repos. »

….

Le lendemain, Hermione n'avait presque plus mal. Elle se sentait juste fatiguée, car elle avait perdu beaucoup de sang. Malgré les potions régénératrices de Madame Peachface, son corps avait du mal à s'en remettre.

En fin d'après-midi, alors que l'infirmière était sortie, ses amies lui rendirent visite. Elles lui avaient apporté les cours et les devoirs à faire. Elles s'excusèrent de n'avoir pas réagi lorsque le hibou l'avait attaquée, et elles lui expliquèrent que la stupéfaction qui les avait envahies devant la violence de l'agression les avait complètement paralysées. Même Calliste, d'ordinaire froide, lui avait exprimé sa compassion. Tweenie remarqua le paquet et la lettre qu'Hermione avait reçus, posés sur la table de chevet.

La Gryffondor de cœur ne les avait pas encore ouverts. Elle avait lu sur l'enveloppe que l'expéditeur était Dana Sprite. La lettre était courte, la mère de Mable lui souhaitait de passer une bonne semaine. De toute évidence, c'était raté. Tweenie la supplia d'ouvrir le colis et Hermione s'exécuta. Il s'agissait d'une boîte remplie de pâtes de fruits au goût immuable du confiseur Dermott Calendar.

« Servez-vous ! Je n'ai pas très faim pour l'instant, leur proposa-t-elle.

— J'ai eu l'occasion d'en goûter chez ma cousine d'Ecosse, elle en est folle, s'émerveilla Tweenie devant de telles gourmandises. Elle a même été jusqu'à vérifier qu'ils ne perdaient pas leur goût même après les avoir mis plusieurs fois en bouche. Elle m'a assuré qu'après deux ans, leur saveur et leur texture restaient identiques. J'ai voulu tenter l'expérience, mais je les mange dès la première dégustation. Je n'arrive pas à résister à leur saveur si exquise. Ceux à la framboise sont mes préférés ! acheva-t-elle, avant de se saisir d'une poignée entière de bonbons.

— Ta cousine tente des expériences vraiment écœurantes, Tweenie. Beurk ! Rien que d'y penser, ça me donne envie de vomir », dit Moheira en écartant la boîte remplie de confiseries que Tana lui tendait. « De toute façon, on va pas traîner, tu as une mine affreuse Mable, et en plus, nous ne sommes pas les seuls visiteurs, annonça-t-elle en lançant un regard appuyé à l'attention de Tweenie qui se gavait de bonbons.

Moui ! répondit celle-ci, la bouche pleine. À pluch Mable ! », lança-t-elle après avoir repris une poignée de pâte de fruits.

Une fois sorties, elle les entendit discuter avec quelqu'un. Leurs pas s'éloignèrent et la porte s'ouvrit. Drago fit alors son entrée. Hermione fut surprise. Se pouvait-il qu'il se soit inquiété pour son alliée ?

« Ne te méprends pas, Granger. Je ne suis pas là pour te souhaiter un bon rétablissement. Plutôt plonger nu dans le lac de Poudlard en plein hiver, annonça-t-il avec dédain. C'est juste que ça aurait paru étrange que le petit ami de Mable ne vienne pas lui rendre visite.

— Ça m'aurait étonnée ! Bon, tu restes, mais tais-toi parce que j'ai envie de dormir. Tu pourras partir dans cinq minutes, dit-elle tandis qu'elle se glissait sous les couvertures.

— C'est incroyable. Ce château n'a pas changé d'un millimètre. Chaque pièce, chaque détail, rien n'a changé, reprit-il tandis qu'il se baladait dans la pièce en traînant des pieds. Ils auraient pu au moins lui donnait un petit coup de jeune dans notre présent. ». Il marqua une pause puis ajouta : « Tu as eu l'occasion de croiser mon grand-père, Granger ? demanda-t-il.

— Visiblement, tu ne comptes pas m'ignorer, dit-elle en se redressant.

— Il est comme mon père me l'a décrit. Tu as vu comme il a humilié ce gros lard de Millard ? J'ai bien cru mourir de rire. Un vrai coup de génie.

Lol, mdr, ptdr ! répondit-elle avec emphase.

— Quoi ?

— Non rien ! Un truc de moldus, tu ne peux pas comprendre.

— Ouais, c'est ça. En tout cas, cette chouette a tout gâché. Elle a totalement éclipsé l'éclat de sa blague. Du coup, c'est de toi que tout le monde parle en ce moment. D'ailleurs, qu'est-ce que tu lui as fait à cette bestiole ?

— Mais rien du tout ! Je ne sais pas ce qu'il lui a pris. La chouette s'est juste jetée sur moi sans raison.

— Bon, c'est que ma deuxième hypothèse est la plus probable… dit-il, pensif.

— Quelle hypothèse, Malefoy ?

— Les hiboux ont une vue très développée. Ils aiment la nuit et sont capables de voir dans l'obscurité totale. Le hibou voit et sait ce qui l'attend. Il est impossible de le berner. Il perçoit la vérité sous le déguisement du mensonge. Peut-être t'a-t-il vraiment vu toi et pas Mable et a-t-il paniqué.

— Eh bien, je n'y avais pas du tout pensé. C'est un raisonnement qui tient la route. Espérons que personne d'autre ne sera capable de faire le rapprochement.

— Tu ne connaissais pas la symbolique du hibou ? ricana le jeune homme. Granger, tu n'es vraiment pas à la hauteur de ta réputation. », s'exclama-t-il.

Et alors qu'il prononçait ces paroles à voix haute, un bruit se fit entendre en provenance du couloir. Hermione et Drago tournèrent leurs visages en direction de la porte, paniqués.

L'écho de pas qui s'éloignaient précipitamment leur parvint. Drago émergea de sa torpeur et courut vers la sortie aussi vite qu'il le put, mais l'individu qui s'était trouvé derrière la porte quelques instants plus tôt avait disparu. Hermione observa le jeune homme ramasser un morceau de tissu. C'était un mouchoir blanc avec une bordure beige. Celui ou celle qui les avait espionnés avait dû le faire tomber dans sa précipitation. Drago tourna la tête vers Hermione et tous deux échangèrent un regard angoissé.

— Il y avait quelqu'un derrière cette porte. La question est de savoir qui, et surtout ce qu'il a eu le temps d'entendre… », dit Drago en serrant le mouchoir dans sa main.

Note:

Arigatô gozaimasu à vous lecteur d'avoir lu ce chapitre!

Je sais pas vous, mais moi j'ai remarqué que j'avais une faiblesse certaine pour les fins de chapitre. Je sais comment commencer, mais jamais comment conclure... Du coup j'ai toujours l'impression que ça fini en queue de poisson... Enfin c'est posté, je peux plus revenir en arrière. :p (mais je ne désespère pas de m'améliorer)

Pour le petit anachronisme que j'ai introduit quand Hermione dit "lol,mdr, ptdr", je m'excuse auprès des plus puristes d'entre vous (je sais bien qu'en 1998 c'était pas aussi utilisé qu'aujourd'hui). Mais quand j'ai écrit la fin de ce chapitre, j'avais en tête le sketch sur kévina d'élie Semoun , alors forcément mon cerveau a voulu l'introduire dans le texte...:p

Houlà! Je m'étale sur la note de fin! :D Bon il est temps de vous dire à bientôt pour un nouveau chapitre... :)