Note d'auteur:

Buenos dias chers lecteurs! ^^

Voici le chapitre de la semaine, je ne sais pas trop quoi dire d'autre alors je vous laisse le découvrir.

Bonne lecture!

Chapitre 6 : Tête à tête aux Trois Balais

Hermione quitta l'infirmerie après une semaine. Elle portait encore quelques pansements aux bras où les blessures avaient été les plus profondes. Mais la majorité de ses plaies avait guéri. Le corps de Mable ne garderait aucune séquelle de l'incident grâce à l'onguent qui avait prouvé son efficacité. La jeune femme avait donc réintégré sa Maison (son dortoir?) et reprit les cours.

Néanmoins, le souvenir de l'intrus qui avait écouté aux portes de l'infirmerie ne la quittait plus. Hermione s'était même surprise à paniquer à chaque fois que quelqu'un poussait les battants de l'entrée de l'infirmerie. La crainte de voir débarquer un responsable du Ministère pour l'accuser de tous les maux de la terre et l'arrêter ne la quittait plus.

Hermione et Drago ne savaient pas exactement ce qu'il avait pu entendre. Mais le simple fait que l'individu se soit enfui en courant ne laissait rien présager de bon. Ils ne savaient pas vers qui tourner leurs soupçons et le mouchoir qu'ils avaient récupéré ne constituait qu'un mince indice. Leur situation devenait de plus en plus préoccupante. Si jamais ils étaient découverts, ils seraient confrontés à de plus gros soucis. Ils avaient donc décidé de tout mettre en œuvre pour récupérer leurs corps au plus vite.

Pour y arriver, il fallait qu'ils aient accès à la Réserve. Elle constituait l'unique piste qu'ils avaient pour faire avancer leurs recherches, qui stagnaient depuis un moment. Néanmoins, le jeune couple était connu pour sa tendance à enfreindre le règlement. Par conséquent, ils avaient perdu leur droit d'accès direct, même s'ils étaient en septième année et que Mable étudiait la défense avancée contre les forces du mal. Drago avait assuré à Hermione qu'il trouverait le moyen d'obtenir un laissez-passer.

Il ne pouvait obtenir ce droit que grâce à une note signée d'un Professeur. Le jeune homme paraissait confiant, mais Hermione était restée dubitative quant à ses chances de réussite. Malgré ses inquiétudes, elle fut contrainte de lui faire confiance, car elle était coincée à l'infirmerie à cause de ses blessures. C'était une position frustrante pour la Gryffondor de cœur, car elle ne supportait pas de rester inactive, sa participation passive était une réelle torture. Cependant, elle s'était armée de patience.

Drago n'était pas revenu lui rendre visite pendant sa convalescence, mais il lui avait fait parvenir des messages en passant par ses amies. Les petits mots se réduisaient à des phrases qui, sorties de leur contexte, n'avaient pas beaucoup de sens. Le premier jour,par exemple, elle avait ainsi reçu « Frileux, mais pas nuageux », puis, le second « Le serpent se rapproche de sa proie », une autre fois : « Le serviteur n'attend plus que les ordres », et d'autres messages du même genre. Les quatre élèves de Serpentard trouvaient parfois les messages énigmatiques, mais n'avaient pas cherché à comprendre, imaginant qu'il s'agissait d'un nouveau jeu du couple. Mais ces petites énigmes avaient irrité la Gryffondor de cœur. Malefoy réagissait avec un tel détachement qu'elle avait l'impression qu'il s'amusait de leur situation.

Lorsqu'elle fut enfin remise de sa mésaventure, elle entendait demander des explications sérieuses au jeune homme. Le lendemain de sa sortie de l'infirmerie, elle se rendit donc d'un pas décidé vers la Grande Salle, où tous les élèves étaient en train de prendre leur petit déjeuner.

Sans détour, elle se dirigea vers la table des rouges et or. Drago était en train d'écouter la conversation de ses camarades sans vraiment y participer, il affichait clairement son ennui. Et lorsque la jeune femme se posta près de lui et attira son attention, un sourire narquois se dessina sur son visage pâle. Il était visiblement amusé de voir Hermione dans tous ses états, car évidemment, les messages qu'il lui avait fait parvenir n'avaient eu d'autre but que de l'irriter. Elle lui demanda de la suivre, ce qu'il fit, après s'être longuement fait prier, sous les regards amusés des Gryffondor installés à proximité. Une fois dans le hall et à l'abri des regards, Hermione réclama des explications claires sur l'avancée de sa mission.

« Tu n'as pas reçu les petits mots que j'ai confiés à tes amies ? demanda Drago avec amusement.

— Je ne suis pas d'humeur à supporter tes plaisanteries Malefoy ! As-tu oui ou non obtenu la note d'accès à la Réserve ?

— Tu es tellement terre-à-terre Granger ! rit-il. Tu sais, il faut que tu apprennes à te détendre…

— Je n'ai pas le temps de me détendre, car il y a une triple menace qui plane au-dessus de nos têtes. Alors si tu as fini de t'amuser de la rigidité de ma personnalité, je réitère ma question : as-tu obtenu la note ? »

Finalement, le petit gag de Drago n'était pas aussi divertissant que prévu. Il savait parfaitement le genre d'ennuis qui les menaçaient et il n'avait pas envie de se le voir répété par cette Miss-je-sais-tout. Par conséquent, il poursuivit leur entretien avec plus de sérieux, mais toujours en restant un poil insolent.

« Je pensais devoir user de tous mes charmes pour l'obtenir, annonça-t-il avec un sourire en coin. Mais le Professeur "Barbiche" n'a eu finalement que très peu de réticences à me la donner. Cette créature étrange semble avoir un très gros faible pour Caleb. »

En effet, il s'était tourné vers le Professeur de Sortilège, Georgina Pimskitt. On la surnommait « Barbiche », car dans sa jeunesse elle avait eu le malheur de jeter un sort qui s'était retourné contre elle. Suite à quoi, une barbe fournie avait envahi son visage. C'était depuis ce jour qu'elle s'était intéressée plus spécialement à l'art du sortilège, puisqu'elle avait cherché à se débarrasser sans succès de cette barbe humiliante. Cependant avec le temps elle avait appris à s'en accommoder, comme c'était le cas de sa myopie prononcée et de sa petite taille exagérée.

Elle avait toujours eu une préférence pour Caleb Windson qui montrait beaucoup d'attention durant ses cours, même si dans la pratique il avait des lacunes indiscutables. Drago n'avait donc pas eu à fournir beaucoup d'efforts pour la convaincre de lui donner une autorisation.

« Elle te l'a confiée sans te demander ce que tu comptais en faire ?

— Non, en échange elle m'a simplement proposé des cours de soutien pour améliorer mon niveau en Sortilège.

— Au moins un détail qui a été réglé sans peine. Maintenant il faut qu'on en use avec intelligence.

— On a juste à se rendre à la bibliothèque et présenter la note à Mme Condry. On perdra moins de temps.

— Oui et comme ça, tout le monde aura le loisir de savoir sur quoi portent nos recherches ! s'écria la jeune femme. Non, il faut que l'on fasse preuve de prudence. On s'y rendra un jour où nous serons sûrs de n'y croiser personne.

— Bon courage Granger ! Dois-je te rappeler que cet endroit est le plus souvent rempli d'élèves ? Et à moins d'avoir une nouvelle punition qui nous autoriserait à nous y rendre tard dans la nuit, nous n'avons aucune chance de trouver le moment idéal que tu décris !

— Si ! Nous avons une chance. La soirée d'Halloween approche et je suis sûre que ce soir-là, aucun élève n'aura l'idée de s'aventurer dans la bibliothèque.

— Une minute, tu veux dire que j'ai fourni tous ces efforts pour obtenir cette note, alors que dès le départ tu envisageais de t'y rendre à l'insu de tous !

— Disons simplement que c'est une garantie, au cas où…

— Je me suis donc abaissé pour rien au final ! Je ne sais pas ce qui me retient de te...», s'énerva-t-il sans achever sa phrase.

Hermione savait qu'il ne pourrait pas nier le bon sens de cette proposition. Elle mit donc fin à leur discussion, sans oublier de lui rappeler qu'il y avait une sortie de prévue à Pré-au-Lard le même après-midi. Elle comptait, pour sa part, accompagner ses amies qui voulaient faire quelques emplettes en vue de la très prochaine Nuit des Morts Sanglantes. Il s'agissait d'une soirée déguisée, il leur fallait donc trouver un costume à la hauteur de l'évènement.

Cependant, ils se devaient de jouer le couple amoureux et par conséquent elle lui donnât rendez-vous en milieu d'après-midi aux Trois Balais. Il acquiesça avec mauvaise humeur. Il en avait assez qu'elle le traite comme un enfant. Il n'avait pas besoin que quelqu'un lui répète sans cesse ce qu'il avait à faire ou non. En la regardant s'éloigner, Drago appréhendait déjà l'après-midi en sa compagnie, qui s'annonçait des plus désagréables.

…..

Les élèves se préparaient pour leur sortie. Les moments de détente que procuraient les journées passées à Pré-au-Lard étaient toujours très attendus et appréciés. L'effervescence était à son comble et le petit groupe d'amies d'Hermione était tout excité à l'idée de trouver le déguisement parfait. Néanmoins, la plupart des élèves avaient reçu ou commandé leurs costumes par correspondance. C'était le cas de Moheira qui avait donc préféré aller faire un tour en compagnie d'un séduisant sorcier de sixième année, pendant que ses amies faisaient les boutiques.

Mais avant de pouvoir profiter de cette sortie, Hermione eut une mauvaise surprise en passant les portes du château. Les plus jeunes élèves devaient présenter leur autorisation signée et cette mission de contrôle incombait au Professeur de potion, Adélaïde Hawthorne. Hermione ne put passer la grille sans qu'elle ne s'interpose et ne lui demande son laissez-passer.

« Mais Professeur, je suis en septième année, est-ce vraiment nécessaire que je vous la présente ? », demanda Hermione avec incrédulité.

Elle s'étonnait de voir jusqu'où pouvait aller la haine que le Professeur Hawthorne vouait à la jeune Mable.

« L'accès à Pré-au-Lard n'est possible que si les parents ou le tuteur ont signé l'autorisation. Vous êtes toujours tenue de présenter celle-ci même en septième année. Et il me semble que vous ne me l'avez toujours pas remise Miss Wright », conclut-elle avec triomphe.

Hermione en avait vraiment assez de ce tyran au féminin qui abusait de sa position hiérarchique pour la tourmenter. Mais, résolue à lui faire ravaler son petit sourire, elle se montra plus insolente que l'exigeait sa position délicate. Et elle s'épargna donc l'aller-retour vers les dortoirsen pointant sa baguette vers le ciel et en prononçant d'une voix claire :

« Accio autorisation de sortie ! »

L'expression d'indignation du Professeur Hawthorne, qui se réjouissait d'avance de lui infliger un déplacement inutile, était une récompense bien suffisante pour Hermione. Et même si elle savait que cet affront lui couterait cher plus tard, elle se félicitait de lui avoir fait fermer son clapet. L'autorisation fut finalement présentée et le groupe d'amies se dirigea gaiement en direction du village. Leur mésaventure avec leur professeur de potion les avait mises de bonne humeur et ce fut l'esprit léger qu'elles arrivèrent à l'entrée de Pré-au-Lard.

Hermione reconnut immédiatement le style particulier de cet endroit. Les chaumières, la grande rue pavée, les boutiques colorées… Elle se sentait à l'aise autant qu'elle pouvait l'être à Poudlard. Et l'ambiance automnale rajoutait quelque chose de nostalgique au lieu.

Tandis que Moheira se séparait du groupe de jeunes filles pour rejoindre son rendez-vous galant, les autres se dirigèrent vers la boutique de mode. La célèbre chaîne de prêt-à-porter Gaichiffon était déjà installée à Pré-au-Lard. C'était une des institutions du village, avec le pub des Trois Balais, la boutique Scribenpenne, la Tête de Sanglier et bien d'autres encore…

…..

Elles passèrent un bon moment à choisir le modèle qu'elles souhaitaient. Finalement, elles optèrent pour des costumes sur-mesure. Elles avaient eu la chance d'arriver tôt ce jour-là, et ainsi être les premières à passer leur commande, car après leur départ, la boutique avait subi une invasion et la couturière avait croulé sous les commandes.

Après cette étape, elles allèrent faire un tour à la boutique Zonko pour éventuellement y chercher un objet original qui pourrait parfaire leur tenue d'Halloween. Le temps passa vite et l'heure du rendez-vous avec Malefoy arriva.

Hermione quitta alors ses amies à contrecœur et se rendit au pub des Trois Balais. Une fois entrée dans ce lieu familier, elle chercha du regard le jeune homme. Beaucoup d'élèves avaient eu la même idée qu'eux. La salle était tellement remplie que la Gryffondor de cœur eut du mal à retrouver Malefoy dans cette foule et dansle bruit ambiant. Mais finalement elle l'aperçut assis à une petite table dans un coin sombre du fond de la pièce. Dès qu'il la vit s'approcher, il ne put réprimer une grimace de lassitude à la pensée de devoir supporter la jeune femme tout un après-midi.

« C'est un plaisir de te revoir mon cher Malefoy ! ironisa-t-elle en voyant sa mine mécontente.

— Commandons vite ! dit-il en agitant sa main pour interpeller la serveuse. Cela nous évitera de nous infliger une discussion désagréable. »

La serveuse arriva enfin à leur hauteur les bras chargés d'un plateau rempli de chopes de Bièraubeurres vides. C'était une jeune femme aux boucles blondes et au physique très attrayant. Elle leur demanda ce qu'ils désiraient commander. Drago opta pour un choix audacieux : un brandy mandarine à la crème, et Hermione se cantonna à une Bièraubeurre. Classique, mais fiable. L'attente fut tellement longue que Drago eut le temps de recompter plusieurs fois le nombre de clients présents dans la salle.

Lorsqu'enfin la serveuse réapparut, il n'oublia pas de lui signaler qu'elle avait été trop longue pour les servir et que par conséquent elle ne méritait aucun pourboire. Ce à quoi elle répondit sèchement en lui faisant observer qu'il n'était pas le seul client de l'après-midi, d'où son débordement. Le jeune homme s'emporta en expliquant qu'une domestique ne devait pas manquer de respect à un client et il la menaça clairement en exprimant son désir de parler de ses mauvaises manières à son employeur. La serveuse le fixa avec irritation, se saisit du verre de brandy et le renversa sur Drago. Et avant de s'éloigner, elle lui indiqua que le propriétaire n'était autre que son oncle bien aimé, qu'elle désigna du menton.

Hermione ne put s'empêcher d'être prise d'un fou rire incontrôlable. C'était vraiment une situation des plus jouissives pour elle. Elle avait pensé que ce moment avec Malefoy serait d'un ennui terrible, mais grâce à la spontanéité de la serveuse, elle venait d'assister à l'un des moments les plus hilarants de toute sa vie. Malefoy quant à lui n'était pas dans les mêmes dispositions. Il était à présent complètement trempé et humilié. Il commença de s'éponger à l'aide du mince mouchoir qu'il possédait et Hermione ne put réprimer une réflexion moqueuse :

« Je crois bien qu'il te reste un peu de crème dans les cheveux, Malefoy ! », pouffa-t-elle.

Puis elle se remit à rire de plus belle. Face à tant d'hilarité, le Serpentard décida d'aller se nettoyer dans les toilettes. Il se leva et quitta la jeune femme qui cherchait à reprendre son souffle, en vain. Même longtemps après son départ, Hermione avait beaucoup de mal à se reprendre. L'image de Drago Malefoy noyé sous un verre de Brandy la rendait plus que de bonne humeur. Cependant, elle fut interrompue par une personne qui avait été attirée par ses rires.

« Bonjour Mable, commença Scott Hopkins, tu sembles de bonne humeur aujourd'hui. Puis-je te demander ce qui te rend si heureuse ?

— Bonjour Scott ! En fait, c'est juste une blague que Caleb m'a racontée. », répondit-elle en réprimant un sourire à la pensée d'un Drago surmonté de crème chantilly.

— Ah ! Tu es avec lui,grimaça-t-il. Je ne vais donc pas m'attarder. Je voulais simplement te dire que j'étais content que tu te sois si vite remise de l'agression. Je me suis fait du souci pour toi. Quand ils t'ont emmenée, ton état avait l'air préoccupant.

— Je vais beaucoup mieux grâce aux bons soins de Madame Peachface. C'est gentil de t'être inquiété pour moi.

— C'est normal après tout, ce n'est que le juste retour des choses. Tu t'es montrée si patiente avec moi lorsque je ne connaissais pas bien le château que je me sens redevable. Mais cette histoire d'attaque de hibou était étrange non ? Est-ce que tu as une idée de ce qui lui a pris ? ».

Hermione se sentait gênée, car elle ne savait pas quoi lui répondre sans lui mentir. Le jeune homme s'était montré d'une extrême gentillesse tout le temps qu'elle avait passé à l'infirmerie. Il lui avait fait parvenir les cours par ses amies et lui avait envoyé des friandises pour la réconforter et lui souhaiter un bon rétablissement. Cependant il n'avait jamais osé lui rendre visite. La jeune femme avait supposé qu'il voulait éviter de contrarier Malefoy.

Depuis leur première rencontre, la relation des deux adolescents était glaciale. Chaque fois qu'ils se croisaient, ils ne pouvaient s'empêcher de se fusiller du regard. Malefoy considérait que Scott avait une aura douteuse et le soupçonnait de duplicité. Il se fondait sur son instinct qui ne l'avait jamais trompé dans le passé. Pour le Serpentard de cœur, sa façon de traiter tout le monde avec tant de révérence cachait forcément quelque chose de louche. Hermione avait tenté de faire taire ses accusations. Elle considérait qu'il était le plus mal placé pour parler de duplicité, et que même s'il méprisait toute forme d'amabilité, il ne devait pas accuser ceux qui en faisaient preuve d'être des hypocrites ou des menteurs

En réponse à la question de Scott, Hermione se contenta de répéter ce que le professeur de potion lui avait communiqué. A savoir, qu'aucune explication magique n'avait poussé le rapace à l'attaquer et qu'il cherchait toujours une raison logique à toute cette histoire. Elle ajouta qu'elle préférait oublier cet épisode traumatisant et passer à autre chose. Le beau jeune homme eut un regard plein de compassion, il la salua en exprimant à nouveau la joie que son retour lui procurait, puis il se dirigea vers la sortie.

Pendant ce temps, Drago s'était débarbouillé. Il avait réussi à se sécher et à se débarrasser de la crème dans ses cheveux. Cependant, l'odeur de mandarine restait imprégnée dans ses vêtements. Il ne supportait pas de sentir ce parfum d'agrume, car cela lui rappelait l'humiliation qu'il venait de subir. Toutefois, il se décida à quitter les toilettes. Alors qu'il en sortait tout juste, une autre mauvaise surprise vint à sa rencontre. Félicity Grunch, un verre de jus de citrouille à la main, se précipita vers lui dès qu'il mit un pied dans la salle bruyante.

« Oh, Caleb ! s'exclama-t-elle. J'ai assisté à la scène de toute à l'heure. Cette serveuse a agi comme une petite écervelée. T'humilier de la sorte ! Mon pauvre tu étais complètement trempé, elle n'a pas pensé une seule seconde que tu pourrais attraper froid avec cette vilaine brise dehors. Son comportement est inadmissible. Elle ne connaît pas ta popularité et ta perfection sans faille. Sinon elle t'aurait traité avec plus de respect. Je sais bien que tu es assez intelligent et fort pour te défendre tout seul, mais si je pouvais lui faire payer son ignorance ! A cette petite prétentieuse de Mable aussi. Elle a osé rire de toi au lieu de te réconforter. Si j'avais été à sa place, moi, je n'aurais jamais ri à tes dépens.

— Oui, oui, c'est ça ! Bon, je dois rejoindre Mable maintenant, alors on se voit plus tard. », dit-il, puis il ajouta pour lui-même : « Plutôt jamais ! ».

Et il s'éloigna d'elle aussi vite que la foule le permettait.

Il croisa Scott Hopkins tandis qu'il se faufilait parmi les autres élèves pour rejoindre sa table. Il ne se priva pas de lui lancer un regard plein de suspicion et de mises en garde tacites. Puis, une fois assis aux côtés d'Hermione, il garda le silence. Les deux ennemis se contentèrent de formuler de temps à autres des banalités, afin de donner le change. Mais leur amitié forcée était de plus en plus difficile à tenir. Drago en voulait à la Gryffondor de s'être moquée de lui avec autant d'aplomb. Et Hermione ne comprenait pas quel plaisir il pouvait tirer à traiter les gens qui l'entouraient avec autant de condescendance.

Après cette sortie à Pré-au-Lard finalement moins reposante et divertissante que prévue, ce fut de mauvaise humeur que les deux adolescents retournèrent au Château de Poudlard.

…..

A la fin du dîner, Hermione fut interceptée par Abraxas Malefoy. Il l'avait attendue dans le hall avec son groupe d'amis. Lorsqu'il eut obtenu l'attention de la jeune fille, il indiqua d'un geste nonchalant à sa compagnie qu'il était temps de le laisser. Il dirigea ensuite ses prunelles grises vers la jeune femme.

« Bonsoir Mable ! susurra-t-il. Je n'ai pas eu le plaisir de te croiser à Pré-au-Lard cet après-midi. T'y es-tu bien amusée ?

— Je dirais que oui, dans l'ensemble.

— Je suppose que tu étais avec ce guignol de Windson ? », dit-il en affichant un air hautain.

Hermione ne répondit pas et attendit la suite.

« Après les révélations de juin dernier, j'avais imaginé que c'était juste une passade pour toi, mais on dirait que tu ne te lasses pas de ce gnome de jardin. Enfin, on a tous le droit à l'erreur. Je vais te donner une chance de racheter ta réputation et de rétablir un peu de ton honneur passé. Tu n'es pas sans savoir que nous devons nous trouver un partenaire pour la soirée d'Halloween. Eh bien, tu es l'heureuse élue.

— L'heureuse élue pour quoi Malefoy ? interrogea la Gryffondor de cœur qui voyait exactement où il voulait en venir.

— Ne joue pas les impertinentes Wright !Tu as très bien compris : je te permets d'être ma cavalière pour la soirée d'Halloween. En vertu des liens qui unissent nos deux familles respectables, je t'offre la possibilité de te remettre sur le droit chemin.

— Merci, mais non merci ! J'ai déjà un cavalier et c'est Caleb. Je suis certaine que tu sauras trouver une âme égarée qui aura plus besoin de ta générosité que moi. Sur ce, je te souhaite une agréable soirée. »

Et elle le planta là, abasourdi par la réponse de sa camarade. Après cet entretien avec Abraxas, Hermione comprenait mieux le comportement de Malefoy petit-fils. L'arrogance dont avait fait preuve le Serpentard avait excédé la jeune femme. Il avait présenté cette demande comme s'il lui accordait une faveur. Ils ne connaissaient décidément pas le sens des mots « respect » et « humilité » dans leur famille.

De retour dans la salle commune de Serpentard, elle décida de s'installer dans un des fauteuils capitonnés. Elle réfléchissait déjà à un stratagème qui lui permettrait de se faufiler discrètement dans la bibliothèque pendant la Soirée d'Halloween. La note leur servirait au cas où un professeur ou l'un des organisateurs déciderait de s'y aventurer. Il valait mieux être prudent et avoir de quoi justifier leur présence dans la Réserve.

Alors qu'elle était plongée dans ses réflexions, le souvenir de la tête d'un Malefoy trempé lui revint en mémoire. Elle ne put s'empêcher de sourire, car cette image agréable de Malefoy humilié s'ajoutait à toutes celles auxquelles elle avait assisté.

Cependant, elle devait se rendre à l'évidence que le jeune homme avait fait preuve de retenue et ne lui avait pas lancée l'un de ces regards froids remplis de haine, ni même traitée de « Sang de Bourbe » ou adressé une autre insulte. A cette pensée, elle se rendit compte que malgré la rancune mutuelle qui les animait l'un et l'autre, le jeune homme faisait d'énormes efforts pour ne pas la provoquer. Malgré sa tendance à lui lancer des petites remarques insolentes et pleines de sous-entendus, elle était forcée de constater que le Serpentard ne la considérait plus avec autant d'antipathie qu'au début de leur mésaventure, et cet état d'esprit apaisé s'appliquait à elle aussi.

Le contact forcé qu'ils entretenaient rendait Hermione plus tolérante qu'auparavant. Elle imagina un instant que Malefoy n'était peut-être pas aussi antipathique que ce qu'elle croyait. Soudain, la Gryffondor de cœur se rappela son silence sur l'identité d'Harry lorsqu'ils avaient été enfermés dans le manoir des Malefoy. Elle avait toujours trouvé étrange qu'il ait menti à sa tante, peut-être l'avait-elle mal jugé depuis le début. Peut-être que si elle cherchait à le connaître, et à comprendre qui il était réellement, en ignorant ses préjugés, serait-elle surprise de découvrir des côtés attrayants à sa personnalité ?

Mais cette simple possibilité effraya Hermione, qui se rappela instantanément les sept années durant lesquelles il s'était acharné à la mépriser et la violence que sa famille avait employée pour les livrer à Voldemort. Elle se promit de ne plus jamais en venir à imaginer une quelconque entente volontaire avec le Prince de Serpentard, puis des pensées plus nostalgiques emplirent son esprit. Ses amis lui manquaient, et plus spécialement un certain rouquin…

Drago Malefoy était allongé dans son lit décoré aux couleurs de Gryffondor. Les yeux fixés au plafond, il avait du mal à trouver le sommeil et appréhendait l'arrivée prochaine de la Soirée d'Halloween, où il devait se rendre avec Hermione Granger. Déjà qu'il devait passer près d'un tiers de son temps en sa compagnie (c'était plus que ce qu'il n'aurait pu tolérer quelques semaines plus tôt), maintenant il était forcé de passer une soirée entière à arpenter les couloirs du château à ses côtés.

Néanmoins, il s'était aperçu qu'il faisait de moins en moins d'efforts pour conserver son calme en sa présence, et la plupart du temps pour éviter de se quereller avec elle, il gardait le silence. Il avait observé que la jeune femme faisait également preuve de réserve envers lui. Elle qui avait l'habitude de toujours se montrer fière... Certes, il reconnaissait que c'était pour contrer les plaisanteries qu'il lui faisait à elle et ses amis. Cependant, il savait que son comportement était différent depuis peu. Et lui-même sentait au fond de lui que son propre calme n'était pas qu'apparent.

Leur relation changeait peu à peu. Ces idées étaient embrouillées et les rancunes passées étaient relativisées par cette proximité forcée. D'autant plus qu'il n'avait rien à prouver en tant que Caleb Windson. Il ne devait plus se montrer aussi condescendant et insolent que dans son présent. Le fait d'agir contre son gré avec humilité et gentillesse commençait à déteindre sur sa personnalité.

Surtout que le monde où il évoluait était dénué de toute pression. Il commençait même à trouver sa nouvelle existence de plus en plus agréable. Il s'en voulait d'ailleurs de ressentir quelque chose d'aussi minable. Mais les obligations et les devoirs qui reposaient sur ses épaules dans son époque étaient devenus si difficiles à gérer, que parfois il se surprenait même à souhaiter rester dans cet état de fait. Même s'il se sentait mal dans le corps du Gryffondor, il devait bien avouer que sa vie en 1925 était plus agréable.

Néanmoins, ses réflexions le ramenaient toujours vers sa mère. Elle lui manquait. Même s'il la trouvait parfois trop protectrice et étouffante, il savait qu'elle l'avait toujours épaulé. Son amour et son soutien indéfectible manquaient au jeune homme. Les mots tendres et les gestes affectueux qu'elle lui prodiguait n'étaient plus là pour le réconforter.

S'agissant de son père, il l'avait trop été déçu pour qu'il lui accorde autant d'importance qu'à sa mère. L'année passée, il avait pu se rendre compte de la réalité des choix de ce dernier. Bien entendu, il rêvait toujours de pouvoir et de domination, mais ces désirs étaient à présent empreints d'amertume. Il reprochait à son père, qu'il avait toujours admiré, d'avoir été incapable de protéger sa famille. Cependant, les années d'idolâtrie qu'il lui avait vouée étaient tenaces, et il ne pouvait s'empêcher de regretter un peu son absence.

Au final il se sentait pour la première fois de sa vie livré à lui-même. Dans le passé, il avait toujours pu compter sur l'appui d'un proche, il se rappelait l'abnégation et l'affection dont avait fait preuve Severus Rogue, durant sa sixième année. Et même si le jeune homme n'avait pas exprimé sa reconnaissance, il avait apprécié le support qu'il lui avait offert.

Drago tourna son regard vers la fenêtre qui laissait entrer la lumière de la lune. Il observa un moment le parc plongé dans les ténèbres. Il était obligé de reconnaître que l'emplacement des dortoirs des Gryffondor était impressionnant et offrait une vue incroyable. Au bout de quelques minutes, ses paupières devinrent lourdes et, épuisé, il les ferma doucement. L'image de sa mère qui souriait avec bienveillance fut la dernière qu'il eut avant de s'endormir.

Note:

Dîtes-moi ce que vous en pensez, je ne mords pas c'est promis (même si mon pseudo peut faire peur...ou sourire, c'est comme vous préférez :P). La relation de nos deux jeunes héros évolue doucement. Et on peut voir apparaître une légère faille. Mais la rancune est tenace... La soirée d'Halloween approche à grand pas, et en exclusivité je vous informe que dans le prochain chapitre il y aura un peu de Quidditch (mais ça reste entre nous! ;) )

Bon j'arrête de faire des teasers pourris et je vous dit à très vite! ^^