Note d'auteur:

Anyonghaseyo! (coréen aujourd'hui! Et oui je suis fan de la corée et des dramas locaux :P)

Le chapitre de la semaine, comme d'habitude, j'espère qu'il vous plaira. Il est un peu plus calme que les précédents. Mais en même temps il s'est passé tellement de chose avant qu'il faut qu'ils se reposent nos deux héros! ^^

Bonne lecture !

ophdess: Hey! Contente que ce petit moment dans le placard t'es plu, ça leur a permis de se rendre compte que le monde n'est pas tout noir ou tout blanc. Leurs motivations au final ne sont pas si éloignés. Aaaaaah Drago, Drago, Drago, une vrai petite énigme celui-là ! Têtu comme il est, je peux te dire qu'il lui faudra être au bord du gouffre pour ce rendre compte de ses sentiments...il y a encore un sacré chemin ^^ Ces mystérieux agresseurs masqués...avant gardiste des Mangemorts? Je ne crois pas. Pour moi, les "vilains" sont en général des lâches, qui doivent conserver leur identité secrète, du coup rien de mieux que des masques. Et puis ça renforce la crainte des victimes selon moi. Merci beaucoup pour ta review et ta fidélité, j'espère que cette suite te plaira. Bisoux :D

Jenifael09 : Waouh, merci pour ta gentille review. Contente que tu ais apprécié ce rapprochement. Bon ça va doucement mais surement, nan? ^^ En tout cas, il fallait qu'ils se rendent compte de leur "point commun", histoire d'enclencher la romance à proprement parlé. Tous plein de bises pour toi! ;) et bonne lecture.

mama: Coucou mama! Contente de lire une nouvelle review de toi ^^ Alors pour ce qui est de savoir à quand le premier baiser...je ne dis rien pour ne pas gâcher l'effet de surprise ;) Mais ça arrive, ça arrive! Quant à savoir qui fera le premier pas...je crois qu'il faut juste que tu sois un tout petit peu patiente ^^ Pour ce qui concerne la publication des chapitres, je ne poste qu'une fois par semaine, le mercredi, afin de pouvoir conserver une avance sur mes chapitres déjà écrit. Voilà, j'espère que ce nouveau chapitre ne te frustrera pas trop, à bientôt! :D

marjsafi: Youhou! Une nouvelle revieweuse, ça fait plaisir! ;) Merci beaucoup pour tes encouragements, ça me motive pour la suite! ^^ J'espère que ce chapitre te plaira tout autant, à bientôt! :D

katiiie-hp : Coucou Katiiie! Oui c'est vrai que la fin du chapitre 9 laissait penser qu'il y aurait plus d'action...mais bon il fallait que je rapproche nos deux héros et que j'introduise cet enlèvement. Niveau action, il n'y en a toujours pas dans ce nouveau chapitre, mais j'espère que ça te plaira quand même. Merci beaucoup de partager tes impressions sur chaque chapitre, c'est toujours un plaisir de te lire! Bisous :D (PS: est-ce toi l'auteur de ennemis en privée, mariés en public? Parce que je suis tombée dessus sur Hpfanfiction et j'ai reconnue le pseudo...et comme je suis curieuse, forcément j'ai pa pu m'empêcher de demander ^^ )

Chapitre 11 : La venue de la diva Dana

Un peu moins d'une semaine s'était écoulée depuis la soirée d'Halloween et Hermione n'arrêtait pas de se poser des questions sur les ravisseurs de la jeune Margareth Simmons. Elle s'en voulait encore d'avoir été incapable de lui venir en aide et n'arrivait pas à se sortir de la tête qu'elle aurait pu intervenir pour l'empêcher de connaitre un sort plus terrible. Mais en même temps, elle reconnaissait qu'elle n'aurait peut-être pas été capable de combattre un groupe de sorciers expérimentés. Elle l'admettait cependant difficilement et tentait de noyer sa culpabilité dans le travail.

Elle voulait s'échapper de ce monde qui n'était pas le sien et qui ne lui avait offert aucune réjouissance. Mais le temps passé en 1925 semblait s'allonger à vue d'œil et cela faisait bientôt deux mois qu'elle et Drago Malefoy avaient été envoyés à cette époque par le sort de Crabbe. Et ils n'avaient pas beaucoup avancé dans la résolution de ce problème. Dans ses moments les plus mélancoliques, elle s'imaginait le sort de ses amis. Quelques soixante-dix ans dans le futur, elle les voyait afficher un sourire radieux après s'être débarrassé de tous les horcruxces et de Voldemort et cette idée lui redonnait un peu d'espoir. Puis une image plus douloureuse s'imposait dans son esprit, elle voyait tous les gens qu'elle aimait morts ou réduits à l'esclavage suite à la victoire du Seigneur des Ténèbres. Et elle se demandait s'il était possible que son absence entraine la défaite de son camp. Elle savait parfaitement que se donner une telle importance n'avait aucun sens, et elle ne le faisait pas par manque de modestie mais plus par inquiétude. C'était comme si son esprit cherchait à l'accabler davantage, alors que les circonstances se suffisaient à elles seules.

Voilà où en étaient ses réflexions pendant qu'elle se dirigeait à son cours de botanique. Elle était seule dans l'allée de terre battue et marchait la tête et les épaules basses. Elle n'envisageait pas avec beaucoup d'enthousiasme cette nouvelle journée de cours et la pluie froide ne fit qu'aggraver sa morosité. Une fois arrivée à la serre, elle s'installa à une des tables du fond et espéra qu'une activité intellectuelle l'empêcherait de se remettre à avoir de tristes pensées. La majorité des élèves de la classe étaient présents dans la petite serre, et une bruyante animation se faisait entendre. Elle se détourna du spectacle pathétique qu'offrait deux étudiants qui pariaient sur leur capacité à avaler la feuille d'une plante visqueuse et préféra reporter son attention sur le parc gris. Elle vit alors Malefoy courir sous la pluie en direction de la serre numéro 3. Une fois à l'abri de l'averse, il entreprit de se placer près de la Gryffondor de cœur.

Depuis leur conversation dans le placard du quatrième étage, Hermione ne savait plus comment se comporter en sa présence. Il lui avait fait des aveux troublants sur les raisons de son alliance avec Voldemort. Et elle avait compris que derrière les actions du Serpentard de cœur ne se cachait pas seulement de la haine et une soif de pouvoir illimitée. Elle avait l'impression de mieux le comprendre et même de lui excuser certaines attitudes passées. Il avait fait preuve d'ouverture et avait répondu à ses interrogations avec beaucoup de sincérité. Il l'avait touchée dans un sens et à présent il lui semblait que Malefoy n'était plus à ses yeux un ennemi viscéral. Mais elle ne pouvait néanmoins pas le considérer comme un ami. Au mieux elle acceptait plus facilement son alliance avec lui, mais ses considérations à son égard s'arrêtaient là.

« Cette fichue pluie ne s'arrêtera jamais ! maugréa Drago en se débarrassant de sa robe trempée.

— Mm, mm. », répondit simplement Hermione.

Drago osa un regard en direction de la jeune femme. Il se sentait idiot de sortir des banalités dès qu'il se retrouvait en sa présence. Mais c'était la seule attitude qu'il était apte à adopter lorsqu'il était près d'elle. Il se sentait mal à l'aise et tentait de camoufler son manque de contenance en parlant de la pluie et du beau temps. Drago avait remarqué que la Gryffondor de cœur ne prêtait pas beaucoup attention à ses paroles et se contentait de répondre évasivement à ses imprécations. Après tout, c'était normal, car ce qu'il disait n'avait pas tellement d'importance.

Néanmoins, le fait qu'elle agisse comme si la nuit passée dans le placard n'avait jamais eu lieu lui paraissait étrange. Dans son esprit cette soirée était encore très précise et il se souvenait lui avoir dévoilé ses faiblesses sans se poser de questions. Il s'était senti léger et en confiance dans cet endroit confiné, et Hermione lui avait posé des questions auxquelles il avait répondu sans trop de réticence. Il ne savait pas pourquoi il avait ressenti un tel apaisement près d'elle, mais cela lui avait permis de se confier, chose qu'il n'avait jamais faite auparavant. A part se vanter et raconter ses exploits de Prince de Serpentard, il n'avait jamais partagé le fond de sa pensée avec quiconque. C'était donc une chose inédite, une chose qu'un Malefoy ne devait jamais faire. C'est à dire, lever le voile sur ses véritables sentiments. Son père considérait qu'un tel comportement ne faisait que renforcer la faiblesse d'un homme. Un Malefoy se devait d'avoir un port de tête parfait et ne jamais se montrer vulnérable.

Il observa la jeune femme brune du coin de l'œil, et remarqua qu'elle arborait un air triste. Il pensa alors qu'elle devait se remémorer l'enlèvement de l'attrapeuse de Gryffondor. En effet, cet évènement avait bouleversé toute l'école et la panique s'était emparée de tous les élèves. Les professeurs s'entretenaient souvent à voix basse et de nombreuses visites de responsables du Ministère de la Magie s'étaient enchainées. Drago, fidèle à lui-même, n'en faisait pas grand cas, car cela ne le touchait pas directement. Il était passé à autre chose, puisqu'en plus de leurs problèmes liés au bond temporel, d'autres soucis accaparaient ses pensées. Notamment les sentiments contradictoires qui le tenaillaient depuis quelques temps. Finalement, les deux alliés gardèrent le silence, chacun plongé dans ses réflexions intérieures.

Enfin, le professeur de Botanique fit son entrée. Séraphine Pommela était une femme filiforme et apathique, qui avait de longs bras et de longues jambes. Elle portait une frange qui n'avait pas été taillée depuis très longtemps, si bien qu'elle lui cachait presque la moitié du visage et le reste de sa chevelure trainait sur le sol. S'agissant de son apparence vestimentaire, elle n'était pas plus flatteuse, car sa robe était couverte de terre et de substances visqueuses et ses chaussures usées étaient bien trop grandes pour ses pieds. Mais, en dépit de son allure négligée et trainante, c'était une sorcière au caractère très doux et attentionnée pour ses élèves. Elle cherchait toujours à intéresser ses auditeurs mêmes si sa voix ne dépassait pas souvent le murmure.

Elle tira un chariot rempli de pots de fleurs et salua les élèves de sa classe :

« Bonjour à tous ! Aujourd'hui est un jour joyeux mes chers élèves, car la pluie nous fait le plaisir de nous tenir compagnie. Les passiflores que je viens de mettre en terre seront ravies sous cette pluie torrentielle. Mais ne nous attardons pas en discours inutile et passons directement à l'étude du spécimen du jour. »

Elle entreprit de distribuer un grand pot souple à chaque binôme de la classe, puis elle retourna près d'une grande plante posée sur la table au centre de la serre, cette plante avait une forme d'urne et présentait des reliefs autour de son ouverture.

« Aujourd'hui nous allons étudier une plante que j'affectionne tout particulièrement mais qui demande beaucoup d'attention. Je vous demanderai d'être vigilant lorsqu'il s'agira de manipuler la fleur. Vous avez pu vous rendre compte de son élégance naturelle. Cependant il ne faut pas se fier à sa forme, car il s'agit en réalité d'une plante carnivore. Plus exactement : de la Cephalotus follicularis. Une espèce très rare et délicate qui nécessite des soins spécifiques et un climat humide pour s'épanouir. Etant donné que sa croissance est lente, cela nous donnera l'occasion au cours de cette année d'étudier son évolution, de la bouture à la naissance d'une urne juvénile. Pour ce qui est de la séance d'aujourd'hui, je vous propose de réaliser une bouture à partir d'une des feuilles de la plante, ce qui nous permettra d'enclencher le processus de multiplication. Ainsi chaque binôme aura sous sa responsabilité une fleur pour le restant de l'année. »

Hermione avait concentré son attention sur la fleur verte et rouge qui s'épanouissait près du professeur de botanique. Malgré le fait que cette matière n'était pas la discipline qu'elle affectionnait le plus, elle était contente de pouvoir détourner ses pensées du souvenir angoissant lié à Margareth Simmons. Elle observa avec minutie la grande plante majestueuse et il lui sembla se souvenir d'une discussion qu'elle avait eue avec son ami Neville. En effet, ils leur arrivaient souvent, lorsqu'Hermione était encore à Poudlard, de partager des discussions ensemble sur divers sujets et notamment celui que le jeune Gryffondor affectionnait le plus, la Botanique. Hermione avait toujours été surprise par l'enthousiasme dont le jeune homme faisait preuve lorsqu'il parlait de fleurs aquatiques, de bourgeon, d'environnement favorable à la croissance de certaines plantes, des effets bénéfiques ou nocifs de certaines d'entre elles, etc… Et son esprit vif lui avait permis d'assimiler la plupart des conseils et astuces que Neville avait partagés avec elle. Par conséquent, il ne lui fut pas difficile de répondre à la première question du professeur Pommela.

« Avant que nous ne débutions, je voudrais savoir si l'un d'entre vous connait le contenu du substrat générique pour les plantes carnivores ? »

Hermione leva instinctivement la main car elle connaissait la réponse. Drago qui était à côté émit alors un soupir dédaigneux. La jeune femme s'en rendit compte, mais continua de remuer la main pour attirer l'attention du professeur, bien qu'elle fût la seule à participer. Lorsque le professeur de botanique lui donna la parole, la jeune femme répondit :

« Le substrat générique pour les plantes carnivores doit être constitué par un mélange de 2/3 de tourbe blonde de sphaigne pour 1/3 de sable non calcaire. Mais je crois me souvenir que s'agissant de la Cephalotus follicularis, il faille modifier cette base et opter pour une quantité égale de tourbe et de sable et rajouter de la perlite ou des morceaux de charbon.

— Tout à fait exacte Miss Wright ! Grâce aux indications précises de votre camarade, nous allons pouvoir passer à la réalisation de la base nourrissante qui visera à remplacer le sol peu nutritif et marécageux dans lequel la plante s'épanouit d'ordinaire. Vous trouverez ce dont vous avez besoin dans la réserve. Veuillez respecter les dosages, car cette étape sera décisive pour la survie de votre bouture. »

Après avoir écoutés ses instructions, tous les élèves se levèrent et allèrent se servir dans la réserve située derrière la salle de cours. Drago et Hermione firent de même, et tandis que le jeune homme s'occupait de doser la quantité de sable, Hermione ne put s'empêcher de lui demander la raison pour laquelle il avait soupiré lorsqu'elle avait répondu à la question de leur professeur.

« Pourquoi t'es-tu moqué de moi tout à l'heure ?

— Je ne me suis pas moqué de toi Granger ! La paranoïa te monte à la tête, répondit Drago.

— Tu as pourtant lâché un soupir lourd de sous-entendus.

— Oh ! Tu parles de ça. Eh bien, j'ai juste trouvé que cette réaction te ressemblait tout à fait. La Miss-je-sais-tout qui cherche à se faire remarquer en donnant les bonnes réponses. C'est juste plus fort que toi, hein Granger ? l'interrogea-t-il avec un sourire narquois.

— Je ne vois pas où est le mal dans le fait de vouloir donner une réponse correcte.

— Je n'ai jamais dit qu'il y avait quelque chose de mal là-dedans. J'ai juste souligné ton incapacité à rester tranquille pendant tout un cours. Tu me traites d'égocentrique à longueur de temps, mais quand tu es dans une salle de cours tu ne vaux pas mieux que moi sur ce point. La seule différence c'est que moi je l'assume !

— C'est complètement faux, rétorqua la Gryffondor de cœur. Il m'arrive de ne pas participer ! J'en suis tout à fait capable.

— Prouve-le alors ! la défia Drago.

— Très bien, même si je trouve ce genre de pari stupide, je veux bien le relever. Ça sera une nouvelle occasion de te faire ravaler ta fierté.

— Marché conclu, mais il faut décider de ce qu'on y gagnera, sinon le jeu n'aura pas beaucoup d'intérêt…

— Si je gagne, tu m'aideras à comprendre ce que le directeur et les professeurs nous cachent sur l'enlèvement de Margareth Simmons !

— Et si je gagne, tu ne m'ennuieras plus avec cette histoire idiote ! », rétorqua Drago avec agacement.

L'accord fut scellé par une poignée de main, puis ils retournèrent dans la serre. Une fois que tous les binômes furent installés à leur bureau, le professeur Pommela posa une série de questions concernant la spécificité du piège en urne de la fleur, ou en rapport avec la démarche à suivre pour réaliser une bouture idéale… A chaque nouvelle question, Hermione se forçait à maintenir son bras collés contre ses côtes. L'exercice que Drago lui avait imposé était plus difficile à mettre en œuvre que prévu. Elle avait toujours eu l'habitude de donner les bonnes réponses, même si durant ces dernières années, elle avait fait preuve de plus de retenue. Elle se rendait compte qu'au final, cette aptitude à tout connaître lui servait également à se faire bien voir en société. Bien entendu, cela n'avait jamais été sa vocation première, et elle s'intéressait réellement à tous les sujets qu'elle avait étudiés. Cependant, au fond d'elle, elle ressentait le manque d'attention des autres élèves et du professeur comme une punition. Elle voulait qu'on la regarde et qu'on la félicite. En tant que fille unique, toute sa vie durant, elle avait connu la considération permanente de ses parents et le fait de se sentir aimée et entourée était comme un moteur pour elle.

Finalement, cette recherche d'attention l'avait toujours desservie et constituait l'un de ses plus gros défauts. Malgré tout, elle avait réussi à se faire une place au sein de Poudlard et avait lié des amitiés profondes et sincères du fait de son caractère attentionné et de sa capacité d'écoute. Pourtant, Drago avait raison, elle se montrait envahissante lorsqu'elle cherchait à partager ses connaissances, elle se montrait même égoïste en ne laissant pas la possibilité à ses autres camarades de se tromper ou simplement en les décourageant de participer. C'était pourtant plus fort qu'elle, elle ne pouvait pas rester tranquille plus de quelques minutes. C'est pourquoi, à seulement quelques instants de la fin du cours, Hermione craqua et ne put s'empêcher de lever la main pour donner une nouvelle bonne réponse. Drago leva les yeux au ciel et décocha un sourire amusé à la Gryffondor de cœur. Ses yeux pétillant de malice semblaient lui dire : « Je te l'avais bien dit ! ». Hermione se reprocha instantanément sa propre faiblesse.

La cloche de fin de cours retentit et tous les élèves se mirent à ranger leurs affaires, tandis que le professeur Séraphine Pommela leur donnait un sujet de dissertation à rendre pour le prochain cours. La pluie continuait de tomber à grosses gouttes et la plupart des jeunes sorciers se hâtèrent de rejoindre le hall du château. Alors que la serre se vidait complètement, Hermione prit son temps pour ranger ses affaires. Elle avait perdu une occasion de se taire et avec elle, l'aide que Drago aurait pu lui apporter pour découvrir ce que dissimulaient leurs professeurs. Néanmoins, elle se résigna et décida qu'elle n'avait besoin de l'aide de personne, elle était tout à fait capable de lever seule le voile sur tous ces mystères. Elle rangea sa plume puis se dirigea vers le parc. Elle aperçut alors Drago, qui l'attendait à l'entrée de la serre.

« Pourquoi est-ce que tu n'es pas rentré avec les autres ? lui demanda Hermione. Tu veux peut-être me rappeler à quel point je suis une Miss-je-sait-tout, incapable de garder le silence plus de deux minutes?

— J'attends que l'averse passe, répondit-il simplement, le regard fixé sur le rideau de pluie.

— Sauf qu'elle n'est pas prête de s'arrêter Malefoy ! Enfin, tu fais ce qui te plaît… »

Le regard du Serpentard de cœur était soucieux. Cependant Hermione l'ignora et s'apprêtait à affronter le déluge d'eau qui empêchait de voir à plus d'un mètre de distance, quand le jeune homme la retint par le bras.

« Pourquoi c'est si important pour toi de connaître le sort de cette fille ? l'interrogea-t-il en braquant ses yeux gris sur elle.

— Quoi ? dit Hermione avec surprise.

— Tu ne la connaissais même pas, je parierai toute ma fortune que tu ne lui as jamais adressé la parole. Et pourtant tu t'inquiètes de ce qui pourrait lui arriver. Explique-moi pourquoi vous vous fatiguez, toi et tes amis, à protéger des personnes qui n'ont aucune importance pour vous ? »

Son expression traduisait une sincère envie de comprendre, il avait la volonté de mettre à jour les motivations qui étaient à l'origine de l'engagement de tous les revendicateurs, de tous les insurgés qui s'étaient battus, se battaient ou lutteraient pour leurs idéaux et la protection d'anonyme. Hermione ne savait pas quoi répondre, ou plutôt elle ne savait pas comment réagir face à cette soudaine question. Malefoy avait de drôle de réaction depuis la soirée d'Halloween, elle assistait à une métamorphose de sa personnalité. Mais finalement, peut-être que c'était l'idée qu'elle se faisait de lui qui était erronée ? Peut-être que les choses n'étaient pas aussi simples qu'elle les avait imaginées ? Rien n'était tout blanc ou tout noir, la frontière entre le bien et le mal était mince pour les deux camps… Après un moment de réflexion, elle se décida à parler :

« C'est vrai je ne connaissais pas bien Margareth Simmons, mais le fait d'apprécier ou non ceux que l'on cherche à protéger n'a aucune importance, ou très peu en vérité. On se bat pour protéger une idée, on s'indigne contre l'injustice parce qu'elle ne devrait pas exister, on lutte pour éviter la souffrance gratuite. Même si notre combat est perdu d'avance, même si les chances de gagner sont minces, la volonté de se battre reste intacte. Ce n'est pas la victoire mais l'alliance qui nous y mène qui est la véritable récompense. Ce que je veux dire, c'est qu'on cherche à conserver notre liberté, la liberté de penser ce qu'on veut, d'aller où l'on veut, d'aimer ce qu'on a envie d'aimer. On refuse de se plier à une logique qui ne convient qu'à un petit nombre, à des bourreaux qui se nourrissent des inégalités et du malheur de ceux qui sont différents. Mais au fond Malefoy, la différence c'est ce qui fait notre force, c'est la base de la vie, et même de la magie, sans elle nous ne sommes rien, car l'uniformité nous volerait notre âme. C'est pour ça que je me bats, c'est pour cette raison que je veux protéger ceux qui souffrent, quels qu'ils soient : un parent, un amis, un elfe de maison, une inconnue. Pour moi, l'amour n'a pas de frontière… Est-ce que tu comprends ce que j'essaye de te dire ? »

Les mots d'Hermione résonnait dans la tête du jeune homme, il comprenait très bien son point de vue même s'il était incapable de l'adopter. Pour lui, il suffisait de faire profil bas, de profiter des avantages que la vie lui offrait et de s'assurer de ne jamais être privé de ses privilèges. Il resta silencieux un moment, puis sans prévenir, il s'engouffra dans le déluge extérieur. Hermione fut surprise par ce changement de comportement, et l'observa s'éloigner, jusqu'au moment où elle ne distingua plus qu'une forme au contour flou.

Le soir même, l'arrivée de la diva Dana devait avoir lieu. Et c'est peu de temps avant le dîner qu'elle fit une arrivée sans extravagance. En effet, elle était parvenue au château dans une des diligences tirée par les Sombrals. La mère de Mable Wright descendit avec beaucoup d'élégance de la diligence, elle était habillée d'une longue robe noire pailletée et arborait un collier de perles autour du cou. Ses cheveux blonds étaient ramenés sur le côté de sa tête en une coiffure complexe et un sourire lumineux ne quittait pas ses lèvres. Avant qu'elle n'ait posé un pied sur le sol, le professeur Chubby se précipita et lui offrit son aide pour descendre le marchepied. Il se montra d'une extrême délicatesse et l'accueillit avec un plaisir sincère. La cantatrice fut touchée par toutes ses attentions et le remercia, puis ils se dirigèrent vers la Grande Salle sous le regard de tous les élèves de l'école, pour débuter le souper.

Hermione redoutait les retrouvailles qui devraient suivre le dîner. Elle ne savait pas comment réagir en présence de la mère de Mable et appréhendait le moment où elle serait face à la chanteuse. Si elle se montrait trop différente de la Serpentard, cela risquerait d'éveiller les soupçons. C'est pourquoi, la Gryffondor resta dans l'ombre de ses camarades lors de l'arrivée de la diva Dana. Puis elle alla s'installer à la table des verts et argent en compagnie de ses amies. A la table des professeurs, on accueillit Dana Sprite avec autant de joie que celle exprimée par le professeur Chubby. Hermione osa jeter un regard en coin à la belle cantatrice, fort heureusement cette dernière était absorbée dans une discussion animée qu'elle entretenait avec le directeur de Poudlard. La rouge et or put alors noter que Mable tenait sa beauté de sa mère. Et en plus de son charme, elle semblait être une personne aimable et lumineuse. Elle souriait tout le temps et avait un mot gentil pour tous ses interlocuteurs.

Lorsqu'Hermione détourna ses prunelles de la table des professeurs, elle croisa le regard de Drago. Ce dernier l'observait depuis un petit moment, car il appréhendait lui aussi la confrontation de la sorcière brune et de la mère de Mable. Il ne fallait pas se faire remarquer, surtout qu'ils avaient prévu de profiter du concert du lendemain pour se rendre à la Réserve en toute discrétion. Et quand les yeux noisette de la Gryffondor de cœur croisèrent ses prunelles de fer, il perçut l'angoisse de la jeune femme, qui partageait ses craintes. Il fut alors pris d'une soudaine envie de se lever et de la rassurer.

Mais la seule réaction qu'il fut capable d'adopter fut le dégoût. Il supportait de moins en moins ses réflexions contradictoires et le questionnement intérieur que lui inspirait la proximité d'Hermione. Il se demanda s'il ne souffrait pas d'un virus ou d'une fièvre quelconque, car pour lui, les symptômes caractéristiques qu'il ressentait en présence de la jeune femme ne pouvaient avoir qu'une seule explication. Selon lui, le trouble et la chaleur qui embrasaient son corps tout entier pouvaient seulement s'expliquer d'un point de vue médical. Il décida donc d'aller consulter l'infirmière dès le lendemain, au cas où le voyage temporel n'ait eu finalement des conséquences en différé.

Après le repas, Hermione fut invitée à rejoindre la chambre qui avait été choisie pour accueillir Dana Sprite. Elle était située dans l'aile ouest du château, au cinquième étage. Une fois devant la porte des appartements de la cantatrice, Hermione prit une profonde inspiration, puis elle toqua à la porte. La voix douce de la diva la pria d'entrer et une fois à l'intérieur, la jeune sorcière fut frappée par la beauté du lieu. On avait installé autour du grand lit en bois sculpté des draps de soie, le tapis couleur ocre arborait des finitions sublimes au fil d'or. Enfin la coiffeuse immense remplie de flacons colorés et le petit secrétaire verni renforçaient l'élégance de la chambre. Après l'émerveillement de la découverte de la pièce, Hermione reporta son attention sur Dana Sprite. Elle était assise près de la coiffeuse et brossait doucement ses cheveux dorés. Dans le miroir, la Gryffondor de cœur aperçut la chanteuse lui sourire avec bienveillance. Elle se retourna sur son petit siège rouge, se leva et rejoignit Hermione qui était restée près de l'entrée.

« Bonsoir Mable, dit-elle avec douceur. Je suis si contente de t'avoir près de moi. Avec tous ces concerts ces derniers temps je n'ai pas eu l'occasion de te voir très souvent. J'ai donc profité de mon passage dans les environs pour te rendre visite. C'est une belle surprise n'est-ce pas ?

— Oui, une bonne surprise en effet, articula avec difficulté la jeune femme.

— Tout à l'heure, je n'ai pas voulu t'embarrasser devant tes amis, mais maintenant que nous sommes toutes les deux, je peux te prendre dans mes bras. »

Dana Sprite joignit le geste à la parole en prenant tendrement Hermione dans ses bras. La jeune femme fut d'abord décontenancée, mais elle répondit bientôt à ce geste tendre. La chaleur des bras d'une mère lui avait manqué et elle en profita autant que le permit la cantatrice. Lorsqu'elle desserra son emprise, la rouge et or le regretta.

« Le concert aura lieu demain, puis je m'en irai pour la ville voisine directement après. Mais nous avons toute cette nuit pour discuter et profiter l'une de l'autre. Dis-moi, comment se passe cette dernière année ? J'espère que ton père ne te met pas trop la pression ! »

Hermione secoua doucement la tête, ne sachant pas quoi répondre. Dana Sprite ne s'en rendit pas compte et reprit la conversation.

« Je sais que tu as tes ASPICs à préparer, mais il ne faudrait pas oublier de prendre le temps de vivre Mable. D'ailleurs en parlant de profiter de la vie, était-ce ce fameux Caleb, le beau brun musclé que j'ai remarqué à la table des Gryffondor ?

— Oui, il s'agit bien de Caleb », répondit Hermione avec surprise. Elle pensait que les parents de la jeune Mable ne connaissaient pas l'existence de la relation du couple. Visiblement, elle s'était trompée, en tout cas concernant la mère de la Serpentard.

« J'ai tout de suite compris qui il était, grâce à la description que tu m'en avais faite dans tes lettres. Et je dois avouer que le regard qu'il portait sur toi était éloquent. Il avait l'air de te porter tellement d'affection ma chérie ! Tu as de la chance d'avoir quelqu'un qui t'aime autant.

— Il ne… non… Il ne me regardait pas… avec affection ? Tu exagères, il jetait juste un coup d'œil à la salle… oui c'est ça…un coup d'œil, rien de plus… », bafouilla la jeune femme, se sentant soudain mal à l'aise suite aux propos invraisemblables de Dana Sprite.

On parlait de Drago Malefoy, il ne fallait pas l'oublier. Même si aux yeux de la cantatrice, il avait les traits de Caleb Windson, Hermione savait qui il était en réalité. Et pour elle, Drago Malefoy ne pouvait pas ressentir de l'affection sauf pour lui-même. Il n'avait surement pas pu avoir de telles pensées, il n'était pas capable d'exprimer autre chose que de l'inimitié à l'égard de la jeune sorcière. C'était une idée absurde que d'imaginer un seul instant qu'il se montre attentionné à l'égard d'une Sang Impur. Même s'il s'était livré dans le placard du quatrième étage, il n'en restait pas moins un Malefoy imbu de sa personne et fier de son statut social. Un Malefoy ne s'abaisserait jamais à s'intéresser de près ou de loin à une né-moldue, même si elle devait être la dernière personne au monde.

Elles discutèrent un long moment de tout et de rien, et toute la durée de leur entretien, Hermione tenta d'éviter les sujets qui étaient délicats, notamment concernant son père. Elle s'en sortit plutôt bien et profita de la compagnie agréable de la chanteuse. Et plus elle l'écoutait et moins elle pouvait croire aux accusations qui avaient pesées sur elle, car elle donnait l'image d'une bonne mère et d'une personne sensible. Hermione se demandait comment une telle histoire de meurtre avait pu être associée à une femme aussi douce.

La nuit s'écoula vite et il était presque trois heures du matin quand Dana Sprite décida qu'il était temps pour elle de prendre du repos, afin d'être en forme le lendemain et offrir à ses spectateurs un concert inoubliable. Elles se séparèrent après de longues embrassades.

Finalement l'entrevue n'avait pas été aussi difficile que ce qu'Hermione avait imaginé et elle retrouva sa chambre au sous-sol, l'esprit léger. L'espoir de trouver le lendemain de quoi faire avancer la résolution de leur problème d'échange de corps lui remplit la tête et elle s'endormit rapidement.

Note:

Voilà, voilà! Alors qu'est-ce que vous dites de ce chapitre... Allez une petite, toute petite review, même pour vous lecteurs fantôme qui passez telles des ombres et disparaissez aussitôt x) Non toujours pas convaincu? Bon vous ne me laissez pas le choix, je vais devoir employer les grands moyens et me mettre à réaliser la danse de la review, je vous préviens c'est pas beau à voir! Bon, imaginez un Voldemort en danseuse vahiné (ça vous rapelle quelque chose?... Oui c'est normal! XD) Bref, il ondule son corps au rythme endiablé des percussions, le regard dans le vague, les senteurs marine non loin de là, le feu rougeoyant... là vous y êtes, il n'y a plus qu'à cliquer sur laisser une review et laisser l'inspiration du moment guider vos doigts.

Bwahahaha... la fille qui assouvie ses délires perso! Bon allez, passons, je suis une vrai attardée, mais bon je me marre bien avec mon moi-même! o_O (quoi comment ça tout le monde s'est enfui !^^) En tout cas merci à TOUS de suivre cette fic, ça remplie de joie mon petit coeur d'artichaut ^^

Anyongkaeseyo! ( ah! le coréen et ses mystères! :-) )