Note d'auteur:
Godag! ^^
Le chapitre de la semaine :) C'est un chapitre assez calme, qui se centre un peu plus sur le personnage de Stanley (mon chouchou ^^) et sur le cheminement des sentiments de nos deux héros. J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture à tous!
Ophdess: Je suis contente que l'épisode de l'infirmerie t'ait fait rire! Ce nouveau chapitre est un peu moins comique quoique...^^
Jenifael09, mama : Merci pour vos gentilles review, ça me motive vraiment.
Guest (revieweuse mystère! ^^): Oui Drago est long à la détente, mais en même temps il s'agit d'Hermione Granger! :) En tout cas je suis contente que le rapprochement t'ait plu ;)
Chapitre 13 : Cauchemars et interrogations
« Sort de ma tête ! », hurla Drago, se levant en sursaut.
Le jeune homme blond avait le souffle court et il était trempé de sueur. Il parcourut la pièce d'un regard affolé. Pendant quelques instants, il se demanda où il se trouvait. Son regard affolé avait beau parcourir la pénombre, il ne reconnaissait rien de ce qui l'entourait. C'est la voix de son camarade de chambre qui le tira de sa confusion.
« Caleb ? Qu'est-ce que tu as ? Un nouveau cauchemar ? demanda d'une voix ensommeillée, Stanley Applewick.
— Je…je ne sais plus…, bafouilla Drago en enfouissant son visage dans ses mains.
— Par la barbe de Merlin ! Vous allez vous taire à la fin ! Il y a des gens qui essayent de dormir ici ! s'énerva Benjamin Brighton, un brun au visage couvert d'acné.
— Il n'a pas tort, renchérit Simon Corback, tu fais un sacré boucan Windson. Retourne donc étudier les elfes de maison aux cuisines et laisse nous dormir en paix !
— Bon sang fermez-la tous ! tonna le capitaine de l'équipe de Quidditch, Andrew Phillips. Je ne veux plus entendre un seul chuchotement ! »
Tout le monde se plia à la volonté implacable du batteur des Gryffondor. Et le silence retomba vite dans le dortoir des cinq garçons. Drago se rallongea sur le dos et fixa le plafond. Il ne voulait plus fermer les yeux. Il refusait de se rendormir. Il ne voulait plus entendre sa voix… En effet, depuis le baiser qu'il avait partagé avec Hermione, il faisait de plus en plus souvent des rêves étranges. Et même lorsqu'il était éveillé, l'image de la Gryffondor s'imprimait derrière ses paupières closes. Elle l'accompagnait partout où il allait et Drago avait l'impression que moins il la fréquentait et plus elle le hantait de sa présence invisible. Sa vie était devenue un enfer. Il refusait toujours de croire aux paroles de l'infirmière. Un héritier Malefoy ne pouvait pas être tombé aussi bas. Un Malefoy ne pouvait pas avoir eut la faiblesse de tomber amoureux d'une Sang de Bourbe. C'était l'humiliation ultime ! Drago Malefoy n'avait pas le droit d'être attiré par cette erreur de la nature. Drago se trouvait pourtant dans une impasse.
Il devait admettre qu'il avait apprécié plus que de raison leur baiser. Il se rappelait encore avec précision la douceur des lèvres de la jeune femme. Sa peau satinée, le désir qui parcourait chaque parcelle de son être, le souffle tiède et irrégulier de la rouge et or, ses caresses… Drago se saisit de son oreiller et le colla sur son visage. Lorsqu'il fut à la limite de l'asphyxie, il desserra l'emprise de ses bras. C'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour s'empêcher de penser à Hermione. Il ne fallait pas qu'il repense à cet incident. C'était une erreur, non une faute, qui ne devait plus jamais se reproduire. Il était décidé à faire tout ce qui serait en son pouvoir pour éviter qu'une telle situation compromettante ne se reproduise pas. Il se jura de racheter le nom de sa famille illustre, et de lui faire honneur. Une Sang Impur comme Granger, ne pourrait jamais détruire la valeur du sang qui coulait dans ses veines. Jamais, elle ne serait capable de lui enlever la supériorité de son rang.
Pourtant, il ne pouvait pas empêcher son esprit de lui remémorer le désir réciproque qui avait animé la Gryffondor de cœur. Le souvenir de ses mains glissant le long de son torse ranima une vague de chaleur dans le corps du jeune homme. Il se sentait si impuissant face à sa propre faiblesse d'esprit. Ses réflexions s'enchainaient, passant d'une pensée à une autre, alternant les résolutions raisonnables et les fantasmes inappropriés. Il n'arrivait plus à être maître de lui-même depuis cette soirée dans le placard. Il s'était montré vulnérable sans savoir pourquoi, il s'était laissé envouter par Granger. Tout ce qu'il était capable de faire, c'était de se fustiger mentalement et se convaincre de résister un peu plus longtemps à son désir. Afin de se tenir à ses résolutions, il imaginait ce qu'il se passerait s'il lâchait prise sur ses pulsions, s'il ne réussissait pas à les contenir…
Pendant que Drago continuait son combat intérieur, Stanley observait son ami s'agiter dans le lit qui se trouvait juste à côté du sien. Il pouvait voir sans peine que son meilleur ami n'allait pas bien. Ils avaient sympathisé depuis leur première année. C'était une de ces amitiés dont on est sûr qu'elle durera pour toute la vie. Ils étaient tous les deux d'un caractère volontaire et téméraire, toujours prêt à élaborer des plans farfelus. Mais depuis le début de cette nouvelle année, il avait senti un changement dans l'attitude de Caleb. Ce dernier s'était montré plus distant et avait passé beaucoup de temps avec sa petite amie. Stanley comprenait que le jeune homme préfère profiter de la compagnie de Mable, mais il avait toujours cru que cela ne se ferait jamais au détriment de leur propre relation.
Stanley n'avait pas d'objection à cette liaison, tant qu'elle rendait heureux son ami. Et même s'il avait eu du mal à digérer qu'il fricote avec une Serpentard, Stanley l'avait finalement accepté car il avait appris à connaître la jeune fille. Et maintenant, il devait se rendre à l'évidence qu'il l'appréciait sincèrement. Mais ces derniers temps, elle accaparait tout le temps libre de Caleb, qui n'avait plus que les repas à passer avec le gardien des Gryffondor, ainsi que les rares cours qu'ils avaient en commun. Ensuite, ils passaient les derniers moments de la journée à travailler un devoir ou à réviser en vue des ASPIC.
En plus de ce manque d'attention évident, il avait perdu un autre ami depuis peu. En effet, le départ de son ami Aaron Bones avait profondément affecté Stanley Applewick. Aaron était un élève de Serdaigle, mais dès leur première année, ils avaient tissés une amitié solide, c'était en tout cas ce que Stanley avait pensé jusqu'au jour où il avait entendu les ragots de la bouche des autres élèves de sa maison. Il avait appris en même temps que les autres étudiants la vérité sur l'identité d'Aaron. Et il s'était senti trahi par son ami, qu'il croyait connaître. Les deux jeunes hommes, s'étaient d'autant plus rapprochés depuis que Caleb s'était progressivement détaché de leur trio.
Mais jamais il n'avait été au courant de son lien avec Mable. Aucun des deux jeunes gens n'avait mentionné le mariage de leurs parents. Stanley avait trouvé étrange que le jeune homme ait dû quitter subitement l'école au milieu de sa quatrième année, époque qui correspondait avec le décès de son père. Mais il avait cru en la version qu'Aaron lui avait contée. Il était censé être tombé malade, et avait dû être hospitalisé d'urgence. Lorsqu'il avait réintégré l'école, à la rentrée de leur cinquième année, Stanley s'était senti tellement heureux de retrouver son groupe d'ami au complet, qu'il n'avait pas posé plus de questions à Aaron.
Maintenant qu'il se retrouvait seul, délaissé par ses deux meilleurs amis. Caleb était présent physiquement, mais c'était comme si son esprit était toujours ailleurs. Ses réactions ne ressemblaient en rien à ce qu'elles avaient été. Et depuis peu, Stanley avait remarqué le trouble grandissant du jeune batteur. Cela avait commencé au retour de son excursion en pleine journée de cours. Quand il était revenu et qu'il leur avait raconté son expérimentation ratée d'une potion quelconque, Stanley avait senti que son comportement était différent. Mais il avait mis ses agissements sur le compte des effets secondaires du sortilège raté. Cependant, les évènements récents montraient bien que l'attitude du jeune homme différait singulièrement de celle qu'il avait toujours adoptée. D'abord, il y avait eu ce fameux match de Quidditch durant lequel il avait mis en danger la vie de nombreux élèves, dont sa petite amie…Puis il y avait eu cette soirée d'Halloween, durant laquelle il avait disparu au quatrième étage. Depuis cette soirée-là, Stanley avait décelé une agitation grandissante dans l'esprit de Caleb. Il l'avait trouvé plus irascible, moins ouvert, toujours à marmonner dans sa barbe et maintenant il y avait ces cauchemars à répétition… Tous ces détails juxtaposés donnaient matière à réflexion. Et Stanley, qui avait l'esprit vif, se posait des tas de questions. C'est pourquoi il décida que dès le lendemain il essayerait d'obtenir des réponses à ses nombreuses interrogations.
Le lendemain matin, Hermione avait l'esprit ailleurs tandis qu'elle prenait le petit déjeuner en compagnie de ses amies. La sérénité qu'elle avait ressentie deux semaines plus tôt avec la venue de Dana Sprite, s'était complètement évanouie. Elle regrettait que la cantatrice ne soit pas restée plus longtemps. La diva Dana et Hermione avaient échangé de rapides adieux à la fin du concert. Et la chanteuse avait promis à la jeune femme qu'elle ferait son possible pour arranger une entrevue dans son programme surchargé, aux prochaines vacances de Noël. Cette évocation des vacances avait fait naître une grande inquiétude dans l'esprit d'Hermione, car elle avait redouté d'être confrontée au sévère père de la Serpentard. Cependant le hasard en avait décidé autrement, car deux jours auparavant elle avait reçu une lettre de Jim Wright. Il expliquait à sa fille qu'il ne pourrait pas être présent pour les vacances de Décembre. Mais il lui indiquait que tout serait mis en œuvre pour l'accueillir au manoir familiale dans les meilleures conditions, et que Dulcy s'occuperait d'elle toute la durée de son séjour. Hermione s'était sentie soulagée mais ses camarades, et en particulier Tweenie, avaient critiqué le père de Mable en lui reprochant de faire passer son travail avant sa propre fille. En effet, il semblait récurrent pour la jeune Serpentard de passer les fêtes seule en compagnie des elfes de maison. Hermione avait eu un pincement au cœur en imaginant la peine que Mable avait dû ressentir durant ces moments de solitude. Pour sa part, la Gryffondor ne pouvait pas envisager que la jeune femme ait pu être privé de ces moments de partage et d'amour, car elle-même avait toujours était choyée par ses parents et sa famille. Mais même si elle plaignait Mable pour le manque d'intérêt que lui portait son père, elle ne pouvait que se réjouir d'être libérée de la lourde responsabilité de lui faire face.
Finalement, Hermione en eut assez de ruminer dans son coin. Elle détourna son intention de son bol de porridge encore plein et se mit à écouter la conversation animée de ses camarades de chambre. Elles discutaient de leurs petites histoires de cœur. Et Moheira leur racontait les raisons pour lesquelles elle avait finalement renoncé à fréquenter le beau Auric Swanson. Sa stupidité avait eu raison de la patience de la belle métisse. Et cette dernière était justement en train de leur raconter comment Auric l'avait ridiculisée une dernière fois, alors qu'ils étaient ensemble à la bibliothèque :
« On devait faire un exposé sur les Animagus et leur faculté à se transformer sur demande. Et cet idiot a eu l'idée d'essayer de se transformer. Le livre expliquait comment s'y prendre, mais vous savez toute que c'est interdit, je m'y suis donc opposée. Et j'ai également essayé de lui expliquer que la note qu'il avait obtenue à ses BUSE devait le décourager d'autant plus de réaliser une telle folie. Mais il n'a rien voulu entendre et il a tenté de se transfigurer. Il voulait m'impressionner en adoptant les traits d'un lion. Le résultat n'était pas beau à voir. Il a juste réussi à faire pousser une queue défraichit au bas de son dos, et des poils ont recouvert son corps tout entier. Je vous épargne les autres détails…, raconta Moheira avec dépit.
— Cette mésaventure t'apprendra à choisir avec plus de discernement tes petits-amis, lança Calliste avant de mordre une bouchée dans sa tartine couverte de marmelade.
— Pendant que tu y es, dit que je suis une fille facile et superficielle ! rétorqua la métisse.
— Tu es une fille superficielle… mais pas facile, ça c'est sûr. Avec un caractère de cochon comme le tien, ce serait mentir ! », se moqua aussitôt Calliste.
Hermione ne put s'empêcher de rire avec les jeunes femmes, tandis que Moheira affichait une moue contrariée. La Gryffondor de cœur savait parfaitement que Moheira n'était pas une jeune femme superficielle. Elle avait un caractère doux et attentionné. Et elle avait démontré plus d'une fois son intelligence et sa faculté de discernement. Mais dès qu'il s'agissait de garçons, elle changeait instantanément de comportement. Elle succombait à la beauté de ses prétendants et se laissait convaincre facilement par des yeux enjôleurs et charmeurs. Hermione ne comprenait pas pourquoi la belle métisse se contentait des plaisirs physiques. La rouge et or avait toujours pensé qu'il fallait ressentir des sentiments forts avant de laisser libre court à ses pulsions.
Cette réflexion la renvoya directement au baiser qu'elle avait échangé avec Drago Malefoy. A cette simple pensée elle se sentit rougir. Ses convictions s'étaient écroulées ce soir-là. Et la jeune femme n'arrivait toujours pas à faire taire son désir. Elle pensait souvent au plaisir qu'elle avait tiré de ce baiser, puis elle se giflait mentalement d'avoir de telles pensées. Elle se rappelait du baiser qu'elle avait partagé avec Ron, de l'amour qu'elle lui portait depuis tant d'années. Elle ne pouvait pas remettre en cause ce profond attachement pour une simple pulsion, un plaisir éphémère.
Cependant, même si dans son cœur elle avait l'impression d'avoir trahi Ron, elle ne pouvait s'empêcher de revivre avec la même intensité le moment passé dans les bras de Drago. Pendant les cours, elle essayait tant bien que mal d'ignorer sa présence, mais cela l'obligeait à fournir de gros efforts et commençait même à l'épuiser. Parfois, elle avait l'impression de perdre pied, après un simple frôlement de sa main en cours de botanique, ou bien suite à un simple regard du jeune homme en cours de potion. Dans ces moments-là, la logique l'abandonnait complètement et elle se retrouvait comme en flottaison au-dessus du sol. Lorsqu'ils s'embrassaient, Drago avait montré une grande habilité et un plaisir réciproque. Et cela était difficile à expliquer pour Hermione qui n'arrivait pas à concevoir que le Serpentard, fier et anti-nés moldus, pouvait avoir, ne serait-ce qu'une seconde envisager un rapprochement aussi intime.
Hermione fut tirée de ses réflexions par une question que Tana lui posa :
« Et toi Mable, comment ça se passe avec Caleb ?
— Euh, comme d'habitude, dit simplement Hermione en sentant ses joues s'empourpraient de nouveau.
— Je t'ai vu en compagnie de Scott assez souvent ces derniers temps, ajouta Tana. Tu ne serais pas en train de tomber amoureuse de lui, par hasard ?
— Bien sûr que non ! Scott est un ami rien de plus ! se défendit la Gryffondor de cœur.
— Je disais ça comme ça, pas besoin de t'énerver. C'est juste que vous faîtes un si joli couple toi et Scott, que je m'imaginais…
— Arrête d'imaginer alors, lui intima Tweenie en lui lançant un regard noir. Mable aime Caleb, il faut t'y faire. Même si ça ne m'enchante pas plus que toi qu'elle traine avec un Gryffondor, je pense que si ça la rend heureuse on se doit de l'accepter. ». Puis elle ajouta sur un ton plus léger : « Et puis, ça nous permet d'avoir des histoires croustillantes à écouter ! »
Les autres jeunes femmes acquiescèrent et le sujet fut clos. Elles se séparèrent dans le grand Hall, pour chacune se rendre au premier cours de leur journée. Ce matin-là, Hermione n'avait aucun cours en commun avec le Serpentard de cœur, c'était donc l'esprit apaisé qu'elle se rendit à son cours de Runes Anciennes. Sur le chemin elle croisa Scott Hopkins. Ce dernier semblait de bonne humeur, et la traitait de la même manière que dans le passé. Il avait comme oublié l'incident qui avait eu lieu dans la bibliothèque, même si on pouvait encore voir sur sa joue une trace laissée par les coups de Drago.
Comme à son habitude, Hermione se plongea corps et âme dans le travail scolaire, et le cours de Runes Anciennes lui offrit l'occasion de diriger son esprit vers des pensées plus pragmatiques. Scott l'accompagna aux deux cours suivant, puisqu'ils avaient le même emploi du temps. Et à l'heure du déjeuner, il l'accompagna comme à son habitude à la Grande Salle. Une fois arrivés dans la salle bruyante, ils se dirigèrent vers deux places encore libres de la table des Serpentard.
Drago était assis à la table des Gryffondor. Il guettait l'arrivée d'Hermione, sans vraiment s'en rendre compte. Et lorsqu'elle franchit le seuil des portes massives en compagnie de Scott, il sentit de nouveau une fureur dévastatrice envahir son être tout entier. Néanmoins, il contrôla son envie de meurtre en serrant ses poings avec force. Stanley, qui était tout près, remarqua le changement d'expression de son ami, ce qui lui rappela sa résolution de la veille. Il se décida donc enfin à aborder les sujets qui le tracassaient.
« Caleb, je voudrais te parler », commença-t-il avec prudence. Il voulait trouver les bons mots pour partager avec son meilleur ami le manque qu'avait créé son éloignement. « Je sais que ton histoire avec Mable est sérieuse, et je me réjouis que tu sois heureux avec elle… Mais il faut que je t'avoue que je la jalouse beaucoup ces derniers temps. Tu passes tout ton temps libre avec elle et du coup nous n'avons que très peu de moments pour discuter ensemble… Enfin ne va pas te faire des idées, hein ! C'est juste qu'avec le départ d'Aaron, je ressens plus ton absence. Et puis, tu es mon meilleur ami et…
— Ouais, ok. Mais ça te dérange, si on en parle plus tard ? J'ai un truc à faire là, le coupa Drago, tandis qu'il se levait maladroitement, le regard toujours fixé sur la table des Serpentard.
— Où est-ce que tu vas encore ? Attends ! Je dois te parler de choses importantes ! Je dois t'avouer ce que j'ai sur le cœur Caleb ! », s'époumona Stanley. Mais Drago était déjà loin du jeune homme.
Il envisagea un moment de le rattraper mais il remarqua que certains de ses voisins de table le dévisageaient, se faisant des idées sur ses véritables intentions. Stanley sentit les regards appuyés et les sourires moqueurs de ses camarades, et il préféra abandonner son entreprise. Le jeune homme décida d'attendre la fin de la journée pour forcer Caleb à l'écouter, et lui faire part de ses inquiétudes.
Pendant ce temps, Drago n'avait pas pu résister à l'envie de séparer Hermione de l'insupportable gnome au regard ambré qui était assis en face d'elle. Une fois arrivé à hauteur des deux adolescents il attrapa la sorcière brune par le bras et l'entraina de force dans le hall, sous les regards étonnés des autres élèves. Scott tenta de s'interposer mais il fut pris de vitesse par Drago, qui s'éloigna rapidement de la table. La jeune femme se laissa faire et, une fois dans le hall, le prince des Serpentard s'avança en direction de la porte située à droite de l'escalier principal du hall d'entrée. Hermione savait que ce passage menait aux cuisines et se demanda un instant pour quelles raisons obscures Drago la menait dans cette direction. Ils suivirent le couloir pendant un certain temps, puis Drago s'immobilisa.
Il ne savait plus quoi faire, et derrière lui il sentait le regard plein de reproches que lui décochait son alliée. Il avait suivi un itinéraire aléatoire poussé par sa rage. Mais maintenant que sa colère était redescendue d'un cran, il ne savait plus quoi dire ou faire pour expliquer son geste. Il se tourna vers la sorcière brune et ne put réprimer un sentiment de plaisir lorsqu'il croisa les prunelles sombres de la jeune femme.
« Tu comptes me regarder encore longtemps Malefoy ? Ou bien tu voulais juste me faire visiter les cuisines ? demanda avec irritation Hermione.
— Je…je, marmonna Drago incapable de trouver une excuse valable.
— Tu es insupportable, je n'en peux plus de tes sautes d'humeur ! Surtout que je ne te donne aucune raison d'agir ainsi…
— Figure-toi que tu me donnes des tas de raisons de t'en vouloir ! rétorqua Drago. En commençant par tes fréquentations douteuses, comme ce Troll de Scott Hopkins !
— Qu'est-ce que tu as contre Scott ? C'est un garçon très gentil et aimable. D'ailleurs tu ferais mieux de prendre exemple sur lui !
— Plutôt mourir ! cracha le Serpentard. Je t'ai prévenue plus d'une fois de mes soupçons à son égard. Il n'est pas clair et je n'aime pas sa façon de te regarder…
— Et comment me regarde-t-il selon toi ? ricana Hermione qui était exaspérée de constater à quel point Drago était borné.
— Peu importe. Je trouve juste que tu devrais éviter de le fréquenter !
— Je fréquente qui je veux, si je veux et quand je veux ! Je ne suis pas l'une de tes groupies qui se complait dans ton adoration. Je n'ai pas de temps à perdre, alors si tu voulais bien me laisser aller manger maintenant, tu ferais preuve d'intelligence pour une fois dans ta vie.
— Tu penses à remplir ton estomac alors que nous n'avons toujours pas avancé dans la résolution de nos problèmes. Le temps passe vite en 1925 Granger. Ça va faire bientôt trois mois qu'on est coincé dans ces corps et dans ce monde qui n'est pas le nôtre. Il faut se concentrer sur ces objectifs là et ne pas s'encombrer avec des relations qui nous ralentissent.
— Parle pour toi ! Moi je fais travailler mon cerveau sans prendre aucune pause. Si je me souviens bien, depuis le début c'est moi qui fait avancer nos recherches. Pendant que toi, tu n'arrêtes pas de te plaindre ! Maintenant, je te demande de me laisser tranquille au moins jusqu'à la fin de cette journée, si ce n'est pas trop te demander.»
Hermione commença à s'éloigner mais elle fut retenue par Drago qui la tira à lui. A nouveau leurs deux visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Et instantanément Hermione sentie une chaleur naître au creux de son ventre.
« Je ne sais pas ce qu'il m'arrive mais je compte bien trouver une explication logique à tout ça », murmura Drago.
Puis il s'éloigna avec précipitation de la jeune femme. Seule dans le couloir, Hermione resta immobile pendant un moment, cherchant la signification des paroles que le jeune homme venait de prononcer.
Hermione n'avait plus été ennuyée par Drago pendant le reste de la journée. Cependant ces paroles énigmatiques n'arrêtaient pas de la perturber. Elle ne savait pas comment interpréter ce qu'avait dit Drago. Elle fut seulement capable de s'en vouloir encore un peu plus d'être troublée à chaque fois qu'elle se retrouvait à proximité de lui. Elle n'en pouvait plus d'être incapable de se contrôler à chaque fois que le Serpentard de cœur la frôlait. Tous ces sentiments étaient indépendants de sa volonté, et elle avait l'impression qu'elle était sous l'emprise d'une autre. Comme si elle n'était qu'une spectatrice impuissante des évènements.
Même les cours n'étaient pas une échappatoire suffisante, et c'est la tête encore pleine d'interrogations qu'elle quitta la salle de son dernier cours. Elle fut attirée par une agitation grandissante dans le couloir. Un attroupement d'élèves s'était formé. Hermione se rapprocha, curieuse de savoir ce qui intéressait tout ce monde. Depuis, la soirée d'Halloween, chaque évènement étrange suscitait une certaine anxiété chez la jeune femme. Elle se sentait sans cesse obligée de comprendre. Elle redoutait d'autres disparitions et le souvenir de Margareth Simmons n'était jamais loin dans son esprit.
Quand elle fut à proximité de la ronde, elle monta sur ses pointes de pieds pour pouvoir observer ce qui se passait à l'intérieur de l'attroupement. Elle découvrit alors qu'il s'agissait de la bande d'Abraxas Malefoy qui s'en prenait de nouveau au jeune Jacob Millard. Le jeune homme enrobé se tenait face à Abraxas, la tête baissé, tandis que le sorcier blond arborait un sourire moqueur.
« Alors Millard, on se promène dans les couloirs ? interrogea Abraxas. Tu devrais faire attention. Depuis que cette Sang de Bourbe de Simmons a été enlevée, tu es en danger dans les murs de ce château. Mon père m'a appris que votre famille n'était pas aussi pure que ce qu'elle tente de faire croire. Alors fait attention à tes arrières Millard le ringard !
— Laisse-moi passer, murmura Jacob, le regard toujours abaissé sur ses chaussures brillantes de propreté.
— On ne fait que te conseiller. Tu devrais nous remercier au lieu de nous snober ! annonça Abraxas d'un ton menaçant.
— J'ai des révisions à finir…
— Etudie tant que tu veux crétin ! Mais au final, tu finiras comme ton père ! C'est-à-dire à la poste, à nettoyer les déjections des hiboux… »
Abraxas n'eut pas le temps de s'extasier de sa propre remarque, car Jacob se jeta sur lui. Il le renversa à terre et pointa sa baguette sur le jeune homme blond. Cependant, les acolytes d'Abraxas l'éloignèrent à temps. Deux d'entre eux le maintinrent immobile en le tenant par les bras, le menaçant de leurs baguettes. Pendant qu'un autre aidait Abraxas à se relever. Les spectateurs présents se réjouissaient de l'animation qu'offraient les deux élèves. Ils se moquaient du Poufsouffle et pariaient sur la victoire du Serpentard. Hermione était excédée d'assister à ce spectacle moyenâgeux. Elle ne comprenait pas pourquoi certains Sang Purs nourrissaient une telle haine envers les gens qui étaient différents d'eux. Elle sentit un vent de révolte s'emparer d'elle. Elle ne pouvait pas assister à une telle persécution et rester silencieuse. Elle se fraya un chemin dans la foule et s'interposa entre Abraxas et sa victime.
« Tu te crois malin Malefoy ? Laisse Henry tranquille, menaça Hermione.
— Sinon quoi Wright ? la défia le jeune homme.
— Expelliarmus ! », s'exclama la sorcière brune, en pointant sa baguette sur les deux gardiens de Jacob Millard.
Des murmures de stupeurs s'élevèrent dans l'assemblée qui les entourait. Les élèves étaient surpris de la tournure que prenaient les évènements. Et les agresseurs du Poufsouffle, à présent désarmés, reculèrent de quelques pas. Henry était à nouveau libre, mais garda son regard fixé sur le sol.
« Oh Millard ! On dirait que tu as une admiratrice secrète. Dis-moi, je savais que tu étais un abruti de gros lard, mais tu me surprends de jour en jour ! Je ne savais pas que tu avais besoin d'une fille pour te protéger…
— Arrêtes de te moquer de lui Malefoy ! Je suis intervenue parce que tu es allé trop loin. Il ne te donne jamais aucune raison de le maltraiter, et ton rang de Sang pur ne t'en donne pas plus le droit ! s'énerva Hermione.
— La ferme Wright ! Si je ne connaissais pas aussi bien ton père, je pourrais croire que tu es une traitre à ton sang ! Mais peut-être que tu as hérité de ta mère. Dis-moi c'est vrai ce qu'on raconte ? C'est elle qui aurait assassiné ce sorcier timbré pour hériter de sa fortune ?
— Tu ferais mieux de te taire Malefoy ! » s'écria Hermione en pointant sa baguette sur le visage angélique du jeune homme.
La panique s'empara d'Abraxas qui tira une fille qui était toute proche de lui pour s'en servir de bouclier.
La lâcheté des Malefoy n'avait donc aucune limite, constata Hermione.
Le jeune homme à la peau diaphane, exprimait une terreur intense et Hermione n'eut pas le courage de lui faire ravaler sa fierté en lui infligeant un sort. Son regard apeuré constituait une consolation bien suffisante. Elle abaissa donc son bras et se tourna vers Henry Millard qui était toujours immobile.
« Jacob ? le sollicita Hermione.
Le Poufsouffle ne lui donna aucune réponse. Pendant ce temps, Abraxas avait retrouvé quelques couleurs et affichait un rictus de haine. Il comptait bien se venger de cette prétentieuse de Mable Wright. Et il connaissait justement un sort qui la ridiculiserait au point de la convaincre de ne plus l'ennuyer dans l'avenir. Il pointa sa baguette sur la jeune femme qui lui tournait le dos.
« Cracbadaboum ! », s'exclama-t-il avec force.
Hermione se déporta sur le côté car un des élèves qui se trouvait dans la foule l'avait mise en garde. Elle retomba lourdement au sol, puis releva les yeux sur Henry qui se retrouvait à présent à moitié nu devant tous les autres élèves. En effet, le sortilège qu'Abraxas avait jeté avait fait craquer toutes les coutures et les attachements de son uniforme jaune et noir. Les rires et les moqueries fusèrent aussitôt, mais Jacob resta prostré dans une attitude impassible.
« Est-ce que tu vas bien Jacob ? demanda avec inquiétude Hermione.
— Laisse-moi tranquille ! » cria le jeune Poufsouffle avant de prendre la fuite.
La Gryffondor de cœur regretta de s'être mêlée de cette affaire. Elle avait aggravé la situation de ce pauvre Jacob, plus qu'elle ne l'avait arrangée. Au fond, Drago Malefoy avait sans doute raison quand il lui disait que dans certaines situations, on ne pouvait rien faire pour changer les choses. Autour d'elle la foule commençait à se dissiper, car l'un des principaux protagonistes venait de quitter la scène de ce pseudo spectacle. Hermione entreprit alors de se relever. Une fois sur ses deux pieds, elle sentit une poigne s'emparer de son bras.
« Qu'est-ce qui t'as pris Wright ? » demanda d'un air furieux Abraxas.
La jeune femme jeta un coup d'œil au couloir et se rendit compte qu'ils se trouvaient seuls à présent.
« J'ai simplement essayé de te faire comprendre que tu ne vaux pas plus que les autres élèves, Malefoy !
— Fais attention à ce que tu dis ou fait Mable, murmura le Serpentard. Je sais des choses…
— Quelles choses ?
— Ne me prends pas pour un abruti, tu veux bien ! Je vois bien que tu as changé d'attitude à mon égard depuis que tu fréquentes Windson. Tu me méprises et tu essayes de me rabaisser chaque fois que tu en as l'occasion. Mais j'ai bien repéré ton petit manège. Ne crois pas que je vais te laisser t'en tirer aussi facilement.
— Tes menaces sont vides de sens Malefoy ! Alors je vais être gentille avec toi et mettre fin à cette entretien avant que tu ne te ridiculises une nouvelle fois, annonça Hermione avec assurance. Mais le Serpentard la retint.
— Je sais ce que tu as pris dans la bibliothèque du manoir ! Tu te rappelles ? C'était la fois, où ton paternel était venu supplier mon père pour qu'il lui accorde des subventions. Tu t'es discrètement éclipsée. Je t'ai suivie et je t'ai surprise à voler un livre. »
Hermione était abasourdie par les révélations d'Abraxas. Peut-être que la solution à tous leurs problèmes se trouvait dans le livre que Mable avait dérobé au manoir des Malefoy. Il fallait qu'elle en apprenne plus sur ce grimoire.
« Quel était le titre de ce livre Malefoy ?
— Je n'en sais rien, répondit le jeune homme avec étonnement.
— Et l'auteur ?
— Je n'en ai rien à faire de tous ces détails ! Je te conseille simplement de te tenir tranquille à l'avenir, si tu ne veux pas que je révèle à mon père que tu lui as volé un livre ! »
Content de ses menaces, Abraxas Malefoy se dirigea vers les escaliers capricieux. Hermione resta un moment figée par l'excitation que cette nouvelle suscitait en elle. Et si la chance avait tourné ? Si ce fameux livre que Mable avait subtilisé au manoir des Malefoy était celui écrit par Borgan Gavilinzcic, intitulé : Le miroir des âmes ?Et si Mable avait conservé ce grimoire chez elle ?
Les hypothèses se multipliaient dans la tête de la rouge et or. Soudain elle se rappela de Drago, et elle se mit à courir. Malgré sa réticence à le retrouver, elle était pressée de lui annoncer la bonne nouvelle. A eux deux, ils pourraient mettre en place un nouveau plan qui leur permettraient de retrouver leur apparence originelle…
Note:
Voilà,voilà... J'espère que ce chapitre, malgré le manque d'action, vous a plu. Que pensez-vous de Stanley? Moi je l'adore, j'ai d'ailleurs écrit un OS sur lui dans lequel il est vieux et participe au réveillon du nouvel an organisé au ministère de la Magie, je pense le publier bientôt si ça vous intéresse ;)
Bref, je vous dis à la semaine prochaine, Ha det bra !(aujourd'hui on était en Norvège ^^)
