Note d'auteur:Désolé pour l'attente, vraiment! J'espère que cette suite vous plaira ;)
Marimarina: *o* *o* *o*... Mais que veux-tu que je répondes à une review aussi, aussi, aussi...j'en perds mon latin ! xD Merci, merci, merci ! Je suis vraiment hyper touchée par tes mots ! J'espère que la suite te plairas autant...ça me met un peu la pression du coup :P Et surtout ne t'arrêtes pas de laisser des review aussi longue, perso j'adore ;) Encore mille merci !
saphira7763: OOOOOH! /SBAF/ *en mode hiperventilation* xDDD une review des plus motivantes ! Merciiiiiiiii! Vraiment je suis contente si le dramione te convient, comme tu l'expliques, c'est clair qu'on voit les chose de la même manière ! ;) Pfou je sais pas trop quoi te rrépondre d'autre...MERCI. Pour la fin de l'histoire...je sais déjà comment ça se termine...Mais je ne dirai rien! L'avantage d'être l'auteur! Mouhahahahaha *reprend son sérieux* Breeeeef, encore merci, en espérant que cette suite te plaira :)
Juliiette : Un grand MERCi pour tes compliments et ton enthousiasme, tu ne sais pas à quel point ça me touche! des bises pour toi! ;)
Chapitre 15 : Un elfe de maison bien mystérieux
Drago avait passé toute l'après-midi et une bonne partie de la soirée en compagnie de l'elfe Poopsy qu'il avait déjà eu l'occasion de croiser lors de la soirée d'Halloween. Il avait récuré une bonne centaine de chaudrons et ses mains étaient rougies par l'effort. Il accomplissait sa punition avec mauvaise humeur, et ne comprenait pas pourquoi un incident aussi bénin avait pu donner lieu à une sanction aussi humiliante. Il aurait donné tout ce qu'il possédait pour échapper à un tel châtiment. Mais il désirait encore plus que l'être chétif qui l'observait depuis l'encadrement de la porte cesse de le fixer de ses grands yeux globuleux. Le jeune homme avait l'impression que l'elfe prenait un malin plaisir à le regarder s'abaisser à une aussi sale besogne. De temps en temps, Drago lui jetait des regards lourds de reproches et systématiquement le petit elfe drapé d'une taie d'oreiller soutenait le regard du jeune homme avec obstination.
Drago n'avait que du mépris pour ces êtres insignifiants qui n'avaient aucune volonté. Ce n'étaient que des bons à rien, qui attendaient toujours qu'on leur dise quoi faire. Par nature ils étaient des êtres dominés qui n'espéraient rien d'autre de la vie que du travail et un trou pour dormir. Le Serpentard de cœur n'avait connu qu'un seul elfe qui avait nourri d'autres ambitions. Dobby ! Dobby l'insoumis. Dobby le traître. Dobby l'allié de Potter ! Il avait toujours remarqué la lueur dans le regard du petit elfe de maison. Même lorsque son père le frappait, il continuait à se montrer revêche et démontrait une incroyable résistance aux mauvais traitements. Drago pensait que Dobby était unique en son genre, mais l'elfe qui le surveillait en ce moment même semblait posséder la même témérité. Un trait de caractère qui n'était pas permis aux êtres de leur rang inférieur.
Drago continuait de frotter la surface de bronze à la force de ses bras.
Il commençait sérieusement à ressentir des crampes douloureuses le long de ses membres et de son dos. Il espérait vraiment que le match de Quidditch se termine vite. Malheureusement il était bien placé pour savoir, qu'un match pouvait s'éterniser. Cependant il comptait sur un temps mort libérateur. Le jeune homme jeta un œil sur ses doigts crispés par l'effort. Ils étaient méconnaissables. Il n'avait pas l'habitude de réaliser de telles corvées et il n'avait jamais expérimenté la douleur du travail. Les chiffons usés et rugueux avaient eu raison de sa peau diaphane et satinée. Mais alors qu'il faisait cette constatation et redoutait de devoir passer au nettoyage d'un nouveau chaudron, une grande agitation se fit entendre. Des sons de sifflets, des cris de joies et des éclats sonores parvinrent aux oreilles du jeune homme.
Drago se tourna vers l'elfe Poopsy en affichant un air de triomphe et annonça :
« J'en ai fini avec cette punition ridicule ! Laisse-moi m'en aller maintenant ! »
Le Serpentard de cœur se leva et se dirigea vers la sortie, mais Poopsy s'interposa.
« Poopsy ne doit pas laisser monsieur passer ! Poopsy doit attendre que monsieur le professeur Maverick Murray vienne lever la punition ! »
L'elfe n'avait pas lâché le Serpentard des yeux pendant toute son intervention. Il se montrait sûr de lui et intraitable.
« Le match est fini, et le professeur Maverick m'avait dit de rester ici le temps du match, alors techniquement je suis libre. Ecarte-toi ! s'écria Drago
— Non, Poopsy doit suivre les instructions qu'on lui a données ! Poopsy doit vous demander de reprendre votre punition jusqu'à ce que monsieur le professeur vienne vous libérer de vos obligations. »
Finalement Drago se résigna car il connaissait le potentiel magique des elfes de maison. S'il le voulait ce Poopsy si fragile en apparence était capable de toutes les bizarreries en un claquement de doigts. Et l'air décidé de la maigre créature, associé à son œil scrutateur, finit par convaincre Drago de retourner à sa dure besogne. Il s'empara d'un chiffon usé et frotta énergiquement l'intérieur d'un nouveau chaudron. Mais quelques instants plus tard, la porte de sa prison fut ouverte avec fracas. Et une Hermione Granger en sueur et essoufflée fit son entrée dans la salle.
Elle observa un instant le Serpentard de cœur en train de nettoyer le chaudron et Drago crut apercevoir une fugace lueur de satisfaction dans son regard. Comme si la jeune femme gravait dans sa mémoire la scène à laquelle elle assistait. Il allait protester, mais la sorcière brune fut plus rapide et intervint en premier :
« Poopsy ? C'est bien ça ? demanda-t-elle à l'attention de l'elfe. Le professeur Murray m'a remis cette note, continua-t-elle en lui tendant un petit morceau de parchemin. Il donne sa permission pour mettre fin à la punition de Caleb. Il m'a remis lui-même cet ordre écrit. »
L'elfe s'empara avec prudence de la note et l'examina avec attention. Ses gros yeux bleus azur parcoururent avec minutie le papier noirci d'une écriture fine et régulière. Hermione restait tout près, à l'observer lire. Cela dura plusieurs minutes et Drago finit par s'impatienter.
« Par Merlin ! Il n'y a que deux lignes à lire, cela ne demande pas autant de temps pour déchiffrer le contenu de cette note ! »
Poopsy releva les yeux du parchemin, et commença à se tortiller, il semblait gêné.
« Que se passe-t-il cette fois ? demanda Drago. Pourquoi est-ce que tu te dandines comme un idiot ? On dirait qu'une armée de mites a envahi ta taie !
— Oh non monsieur, répondit l'elfe avec force. Poopsy a droit à des vêtements de premiers choix. Poopsy n'a pas de mites monsieur.
— Alors que se passe-t-il ? Pourquoi tu mets autant de temps à lire cette fichue note ?
— C'est-à-dire monsieur…Poopsy ne peut…bafouilla l'elfe avec hésitation.
— Bon sang ! Tu veux te venger sur moi, de tous les mauvais traitements que tu as subis jusqu'à aujourd'hui? C'est ça ? On dirait que ça t'amuse saleté de…
— Arrête, intervint Hermione en se postant entre l'elfe affolé et Drago. Laisse-le s'expliquer au lieu de t'énerver ! Dis-moi ce qui ne va pas avec cette note, dit-elle en s'adressant à Poopsy. Je peux te garantir que c'est le professeur Murray qui me l'a confiée. Il avait des obligations ailleurs. Mais il a signé de sa propre plume, regarde, juste là. »
Poopsy observa ce que lui désignait la jeune femme mais son malaise ne semblait pas s'estomper pour autant.
« Tu ne me crois toujours pas ? demanda Hermione.
— Oh ! Poopsy voudrait croire Miss, mais Poopsy en vérité ne sait pas…ne sait pas…
— Ne sait pas quoi ? s'énerva Drago. Au train où vont les choses, on va finir par se transformer en tas d'os qui servira de dîner aux rats du château.
— Poopsy…Poopsy ne sait pas lire monsieur. », finit par avouer l'elfe de maison, en abaissant son visage au nez pointu.
Les deux alliés restèrent figés par la surprise quelques instants. Puis Drago éclata de rire. Il ne se moquait pas spécialement de l'elfe, mais la situation lui semblait fatalement risible. C'était le comble de l'ironie, cet enquiquineur de professeur avait envoyé une note écrite que l'elfe ne pouvait même pas lire. Il avait besoin d'extérioriser toute sa frustration et le seul moyen qu'il trouva, fut de rire, même s'il devait en mourir. Hermione et Poopsy relevèrent le regard vers le jeune homme avec étonnement car ils ne comprenaient pas les raisons de sa soudaine hilarité.
« Arrête ça tout de suite ! Ne te moque pas de lui, il est assez gêné comme ça ! lui intima Hermione.
— Mais…je ne me…moque pas de lui, réussit à articuler Drago entre deux éclats de rire.
— Alors partage avec nous les raisons de ta soudaine bonne humeur !
— …Peut pas ! » dit Drago avant de repartir dans son fou rire.
Elle se tourna vers le petit elfe et lui prit la note des mains.
« Bon je crois qu'on l'a perdu pour un moment. Mais ce n'est pas bien grave, de toute façon il ne sert à rien la plupart du temps. Pour en revenir à nos hippogriffes, je peux t'assurer par un serment que le professeur s'engage dans cette présente note à libérer Caleb Windson de sa punition. »
Hermione continua de chercher à convaincre Poopsy pendant un long moment, tandis que tout près d'eux Drago s'était écroulé au sol, ressemblant à un épileptique secoué par une crise. Il se tordait littéralement de rire, affalé sur le sol. Et il fut compliqué pour la Gryffondor d'ignorer son manège, et de persuader l'elfe de sa bonne foi. Néanmoins, à force de persévérance et de douceur, elle réussit à le convaincre et ce dernier les laissa rejoindre les autres élèves.
« Je te souhaite une bonne fin de soirée Poopsy, dit Hermione avant de quitter la pièce remplie de chaudron.
— Poopsy vous souhaite une agréable soirée à vous aussi Miss Granger », annonça l'elfe avant de disparaître dans un « plop ».
Hermione sourit et tira Drago dans le hall vide.
« Alors qui a gagné ? demanda le jeune homme qui s'était finalement calmé.
— Poufsouffle ! Le match était serré, mais l'attrapeur a eu un coup de chance sur la fin de match.
— Oui, seul un coup de chance pourrait permettre à une équipe aussi médiocre de remporter la victoire.
— C'était un beau match, tu as manqué quelque chose, je t'assure !
— J'ai surtout pu éviter de te voir te pavaner aux côtés de Scott Hopkins ! s'exclama-t-il avec mauvaise humeur.
— Arrête de toujours tout rapporter à Scott ! Tu es fatiguant…Et puis de toute façon je n'étais pas avec lui…
— Quoi ? Comment ça tu n'étais pas avec lui ? demanda Drago en jetant un regard en coin vers la jeune femme.
— J'ai décidé de suivre ton conseil, avoua Hermione d'un air gêné. Je l'ai évité toute l'après-midi. Il a tenté de me poursuivre dans les gradins, mais je me suis appliquée à l'esquiver…
— Pourquoi ? demanda le jeune homme avec incrédulité.
— Parce que tu me l'avais demandé gros bêta !
— Je ne pensais pas que tu suivrais mon conseil ! Pourquoi est-ce que tu l'as fait ? »
Hermione ne voulait pas lui avouer qu'elle voulait rendre leur relation moins houleuse. Elle désirait pour cela arrondir les angles, le caractère du Serpentard étant parfois trop étriqué.
« J'ai simplement réalisé qu'il n'était pas prudent de tisser des liens trop importants avec des personnes de cette époque. Tu devrais te réjouir que je reconnaisse que c'était toi qui avait raison »
— Sache que Drago Malefoy a toujours raison ! Ne doute plus de ma capacité de discernement à l'avenir.
— Mais bien sûr cher maître de la vérité et du savoir », s'exclama-t-elle en faisant une révérence.
Puis elle marmonna pour elle-même :
« Petit prétentieux !
— Pardon ? Tu as dit quelque chose Granger ? » demanda Drago d'un air suspicieux.
Mais il n'obtint aucune réponse. Hermione avançait, imperturbable. Elle essayait tant bien que mal de conserver son calme. Mais l'exercice était dur, et la Gryffondor se rendait compte que ses bonnes résolutions seraient difficiles à mettre en œuvre sur du long terme. Puis, la vision d'un Drago Malefoy concentré en train de nettoyer un chaudron lui revint en tête. La jeune femme ne put contenir un sourire triomphant, car après tout, ce n'était pas chose courante d'avoir la chance de voir Malefoy dans une telle situation. Cette pensée la consola quelque peu et fit écho à une autre image dans son esprit. Elle revoyait Drago complètement hilare, vautré sur le sol, et parcouru de secousses, et surtout ce sublime sourire aux lèvres. Ce sourire si innocent et honnête qu'elle avait déjà pu observer l'autre jour dans les couloirs du septième étage. Un sourire qui provoquait un bien-être étrange chez la jeune femme. Un sourire qui éveillait en elle une envie irrésistible d'entrevoir la part d'insouciance du Serpentard de cœur. Cette humanité. Hermione aimait apercevoir cette facette de sa personnalité, complètement libérée des sombres influences qui peuplaient son quotidien en 1998.
En même temps que son esprit vagabondait d'une pensée à une autre, Malefooy et elle se dirigeaient vers la Grande Salle, où le dîner devait être servi avec beaucoup de retard. Le match s'était éternisé et étant donné que spectateurs et joueurs étaient tout absorbés par le match, aucun des organisateurs n'avaient proposé de temps-mort. Hermione n'avait pas cessé de penser à Drago pendant toute la rencontre. Elle s'était rappelée de son air froid et fermé lorsqu'il était parti. Elle avait regretté son sourire et sa récente bonne humeur. A présent, il avait retrouvé toute son arrogance habituelle. Elle lui jeta un coup d'œil alors qu'ils étaient sur le point d'entrée dans la Grande Salle. Hermione remarqua alors les mains rougies de Drago. Elle se stoppa net et attrapa avec douceur ses mains blessées.
« Qu'est-ce que tu fais Granger ? » demanda Drago, soudain mal à l'aise.
Drago ne voulait pas se l'avouer, mais il se délectait du contact des doigts fins de la jeune femme qui lui tenait la main. Une minute plus tôt il songeait justement à la douleur qu'il ressentait dans ses doigts engourdis, mais au contact de leur peau, la sensation de brûlure s'était évanouie au profit d'une chaleur diffuse et agréable. Drago appréciait l'inquiétude que la Gryffondor avait à son égard, car cela lui donnait l'impression d'être important à ses yeux. Cette simple réflexion le rendait euphorique et faisait naître un désir difficile à contenir. Cependant, il était conscient que tous ses égarements irrépressibles étaient dus à son appropriation du corps de Caleb Windson. Il ne fallait pas qu'il oublie que tous ces sentiments contradictoires et nouveaux n'étaient que le fruit de l'attirance qui unissait le couple atypique que formaient Caleb et Mable. Lui, Drago Malefoy, ne ressentait pas vraiment tout cela. Il respira donc profondément et essaya de reprendre une contenance digne de ce nom, mais lorsqu'il croisa le regard de la rouge et or, il comprit que son inquiétude n'était pas feinte et que la sincérité de son intérêt envers lui était réelle. Elle lui sourit faiblement.
« Tu n'as pas fait semblant dis-moi ! Regarde l'état de tes mains. Il faudrait passer un baume pour calmer les irritations. Madame Peachface doit avoir ce qu'il faut à l'infirmerie.
— Pas question que j'aille consulter cette vieille folle ! s'emporta Drago. Elle est aussi incompétente que cet idiot d'elfe de maison !
— Je ne sais pas ce que tu reproches à l'infirmière. Mais ne dis pas ça de Poopsy ! Il n'a simplement pas eu les mêmes chances que toi. Il n'a pas eu droit à un précepteur particulier pour lui apprendre l'écriture ou l'histoire de la Magie. C'est un être à qui on a seulement appris à se laisser dominer depuis son plus jeune âge.
— Ah oui ? Pourtant celui-là me semblait bien impertinent ! J'ai bien cru qu'il allait me lancer un sort pour m'empêcher de sortir de cette maudite pièce. Il avait le même regard que cet incapable de Dobby !
— Je t'interdis d'insulter Dobby ! s'écria Hermione dont la bonne humeur s'était envolée en une fraction de seconde à la mention du petit elfe qui s'était sacrifié.
— Oh oui ! J'avais oublié que cette vermine est votre ami, à toi et tes copains.
— Un mot de plus Malefoy et je te fais ravaler ton arrogance pour de bon !
— Du calme Granger. Je ne vais perdre mon temps à parler de cet imbécile. Même si je me demande ce qu'il est devenu. La dernière fois que je l'ai vu il vous aidait à vous échapper du manoir. Je pari qu'en ce moment même il doit être en train de cirer les pompes de Saint Potter. », lâcha le jeune homme avec dédain.
Et en même temps que Drago se souvenait de ce moment dans le manoir, l'image du pauvre Dobby transpercé par la dague de Bellatrix s'imprimait dans l'esprit de la jeune femme. Ce petit être gringalet les avait tous sauvés d'une mort certaine. Il avait fait preuve d'un courage et d'une loyauté sans pareille. Et il était mort à présent. Hermione se souvenait de l'enterrement dans le jardin de la Chaumière aux coquillages. La vive émotion que ce moment avait suscitée en chacune des personnes présentes. Aucun endroit en ce monde n'aurait été plus approprié, plus beau, plus doux, pour accueillir la tombe d'un être aussi merveilleux et pur.
« Qu'est-ce qui te prend Granger ? » demanda Drago.
Hermione releva les yeux sur Malefoy. Il affichait un air soucieux, des sourcils froncés et un regard dénué d'animosité. Elle sentit alors les larmes dans ses yeux et sur ses joues. Le souvenir de Dobby était encore douloureux. Même si elle savait qu'il ne serait pas le seul à mourir durant cette guerre qui les opposait à Voldemort, c'était l'une des plus pénibles pertes qu'elle avait eues à subir. Dobby lui avait inspiré cette tendance à vouloir combattre les injustices qui gangrénaient le monde dans lequel elle vivait. A présent qu'il était mort, elle se sentait dépourvu, découragée.
« Granger arrête tout de suite de pleurnicher. Ne me dis pas que ce paresseux te manque ?
— Il est mort, réussit à articuler avec difficulté la sorcière brune.
— Mort ? reprit Drago avec incrédulité.
— Oui ! Mort, à cause de ta fanatique de tante ! s'écria Hermione.
— Tu veux dire que…le couteau ? »
Hermione se contenta de hocher la tête pour lui répondre.
« Ce Poopsy me rappelle beaucoup Dobby, reprit-elle avec nostalgie. Il a la même façon de prononcer mon nom… »
A ces mots, une pensée qui flottait dans sa tête depuis leur séparation d'avec l'elfe, explosa dans sa boîte crânienne. Poopsy ne l'avait-t-il pas appelée par son nom avant de transplaner ? N'avait-il pas dit : Miss Granger ?
« Malefoy, l'elfe… qu'a-t-dit avant de nous quitter ?
— Il t'a souhaité une bonne soirée, en m'oubliant complètement, ce qui montre une fois de plus son manque de respect. C'était très malpoli de sa part de m'oublier ! La prochaine fois qu'il me provoque je…
— Non ! Je veux savoir comment il m'a appelée ?
— Par ton nom, pourquoi cette question ? »
Mais au même moment, le Serpentard faisait la même constatation que la jeune femme. Poopsy avait appelé la jeune femme par son vrai nom, celui qu'il connaissait si bien pour l'avoir entendu des centaines de fois dans la bouche de ses professeurs, lorsque ces derniers la félicitaient pour ses talents de Miss-je-sais-tout. Sa surprise était complète. Des tas de question se bousculaient dans la tête déjà pleine du jeune homme. Mais aucun mot ne parvenait à passer la barrière de ses lèvres pâles. Il pensait en avoir terminé avec les menaces, mais la liste s'allongeait à mesure que le temps passait. Il était vraiment urgent pour lui et Hermione de retourner dans leur époque. Surtout que cette dernière révélation était la plus dangereuse à laquelle ils aient dus faire face.
« Comment ? finit-il par demander encore sous le choc.
— Il n'y a qu'une façon de le savoir. Il faut qu'on l'interroge et qu'on lui fasse avouer ce qu'il sait ! »
Ils se dirigèrent d'un pas rapide en direction des cuisines de Poudlard. Une fois devant le tableau représentant la nature morte, Hermione chatouilla la poire qui se changea en poignée. Derrière, se trouvait la cuisine avec son sol de pierre, sa grande cheminée et ses murs remplis de casseroles et de marmites en cuivre. Autour des quatre grandes tables, identiques à celles de la Grande Salle située juste au-dessus du haut plafond, des dizaines de petites mains d'elfes s'afféraient à la préparation d'un énième festin. Ils levèrent leur regard de leur ouvrage pour observer avec étonnement les deux adolescents.
« Faites comme si nous n'étions pas là », dit la rouge et or.
Les elfes échangèrent quelques regards hésitants et se remirent doucement au travail. Ils avaient l'habitude de voir certains élèves descendre aux cuisines pour réclamer un encas, et plus rarement : pour venir se moquer d'eux. Cependant l'arrivée brusque des deux adolescents les avait quelque peu déstabilisés. Néanmoins, ils n'étaient pas destinés à se poser des questions, ils devaient simplement réaliser la tâche qu'on leur avait assignée. Une fois l'attention des elfes détournée, Hermione et Drago cherchèrent Poopsy, mais ils n'arrivaient pas à l'apercevoir dans la foule d'elfes qui se pressaient autour des fourneaux. Finalement un petit elfe recourbé passa devant eux, et Drago reconnut immédiatement la jeune elfe qui accompagnait Poopsy, lorsqu'il avait ouvert la porte du placard qui retenait prisonniers les deux alliés le soir d'Halloween.
« Hé toi ! intervint le jeune homme en agrippant l'elfe par son drap usé qui lui servait de vêtement. On a deux ou trois questions à te poser.
— Luce n'a rien fait monsieur ! Luce est innocente ! commença à paniquer l'elfe.
— Arrête de t'agiter comme ça ! lui ordonna Drago et instantanément elle arrêta de gigoter. Bien, maintenant il faut que tu nous dises où se cache ton copain dingo ?
— Je ne connais aucun Dingo monsieur. Non, aucun Dingo, Luce peut le jurer…
— Il voulait dire : Poopsy, rectifia Hermione en lançant un regard noir au jeune homme. Pourrais-tu nous dire où nous pouvons le trouver s'il te plaît ? »
Luce les observa avec méfiance, elle ne savait pas si sa réponse risquait d'attirer des ennuis à son ami. Et puis, elle se souvenait des deux élèves, qu'elle avait croisés la nuit d'Halloween. Ils devaient être mêlés à toutes ces histoires d'enlèvement, elle en était certaine. Le fait de les avoir retrouvés à l'endroit précis où la jeune élève de troisième année s'était faite kidnapper en disait assez long, pour justifier son attitude prudente en leur présence. De plus Poopsy lui avait souvent parlé des deux individus, et lui avait conseillé d'en rester éloignée. Elle lui avait bien demandé les raisons de cette méfiance, mais il s'était entêté à ne rien vouloir lui révéler. Maintenant, s'étaient eux-mêmes qui venaient à elle et elle ne savait pas comment réagir. Elle resta prostrée dans son silence un long moment.
« Ça ne va pas recommencer ! s'impatienta le sorcier blond. Vous fonctionnez tous au ralenti ou quoi ? On veut que nous dise où est Poopsy !
— Luce…Luce…ne sait pas monsieur…
— Ne me prend pas pour un idiot, et dis-moi tout ce que tu sais », ordonna Drago en fixant avec intensité la petite créature.
Le jeune homme ne plaisantait plus et affichait une détermination qui faisait froid dans le dos. Et Hermione était surprise par la démonstration de tant d'autorité. Elle pouvait constater toute l'agilité des Malefoy. Il s'émanait de Drago une impression de contrôle et de grandeur qui imposait le respect. Les années passées au sein de sa cinglée de famille avait formé un parfait pantin qui reproduisait les manières qu'on lui avait apprises à adopter. Pourtant, la sorcière brune devait avouer que, pour une fois, ses défauts allaient se montrer utiles et leur serviraient pour démêler le vrai du faux. C'est pourquoi elle s'abstint d'intervenir et le laissa poursuivre l'interrogatoire.
« Parle ! gronda le jeune homme, voyant que l'elfe hésitait encore.
— Luce vous demande pardon. Luce ne voulait pas vous mentir monsieur. Luce sait seulement que le Professeur Razimov a appelé Poopsy. Il a rejoint monsieur le directeur à l'infirmerie. Monsieur, ne punissez pas la gentille Luce », supplia-t-elle en larmes.
La scène était difficile à supporter pour la Gryffondor, car elle comprenait quel supplice endurait la pauvre elfe en trahissant un ami. Drago se dirigea vers la sortie sans un remerciement, nullement affecté par l'état de la fragile Luce. En chemin vers l'infirmerie, ils n'échangèrent aucun mot et se contentèrent de courir. Une fois arrivés dans un couloir adjacent à l'infirmerie, ils s'arrêtèrent. Ils échangèrent un regard, et Hermione voulut dire quelque chose, mais la porte s'ouvrit de l'autre côté du couloir.
Ils se cachèrent derrière un mur, par automatisme. Ils vivaient à chaque instant dans la hantise de se faire démasquer. Et même si leur présence dans les couloirs à cette heure de la journée n'était pas punissable, ils avaient eu le réflexe commun de se mettre à l'abri des regards, surpris par cette soudaine interruption. Les deux adolescents en profitèrent pour observer avec attention la porte de l'infirmerie s'ouvrir. Ils se penchèrent légèrement pour pouvoir apercevoir ce qui se passait sans être repérés. Drago pris appui sur le mur froid à l'aide de sa main et frôla sans le vouloir celle qu'Hermione avait collée à la paroi. Celle-ci l'enleva presque immédiatement au contact de la peau fraîche du jeune homme. Elle sentit ses joues s'empourprer et une chaleur envahir tout son corps. Mais elle se força à ignorer ces émotions et reporta son attention sur le couloir. Elle remarqua alors le directeur Alistair Chubby et le professeur Vladimir Razimov pénétrer dans le couloir qui leur faisait face. Ils discutaient avec animation :
« Non professeur Razimov ! Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'informer les élèves pour le moment. Cela ne ferait que provoquer une panique générale qui profiterait aux malfaiteurs. Et puis ils n'ont fait aucun mal cette fois. Toute cette mésaventure restera entre nous et Madame Peachface.
— Mais enfin professeur Chubby, s'ils ignorent le mal qui a frappé de nouveau l'école, ils seront de nouveau en danger. Ces ravisseurs ont l'intention évidente de recommencer. Cette dernière attaque pendant le match le prouve bien, expliqua le professeur de Défense contre les forces du mal, de sa voix caverneuse.
— Je sais, mais tant que nous n'en aurons pas informé le Ministère, aucune mesure ne sera prise. Il ne faut pas agir sous la pression. Il se pourrait que cet incident n'ait aucun rapport avec les autres attaques commises dans le monde sorcier. Inutile de céder à la panique.
— Vous faites une erreur monsieur ! rétorqua le vampire au yeux azur. Votre attitude n'est pas prudente. Tous les élèves seront…
— Ma décision est prise Vladimir ! Je ne reviendrai pas dessus. », conclut le directeur avant de tourner des talons et de s'éloigner, laissant le professeur Razimov sur place.
Les deux alliés se collèrent contre le mur de pierre pour éviter d'être vus au passage du directeur de Poudlard.
Le vampire soupçonneux resta un moment à regarder dans le vide. Il devait imaginer des complots et des manigances machiavéliques comme à son habitude. Puis, la porte de l'infirmerie se rouvrit et laissa le petit elfe Poopsy faire son apparition. Il heurta la jambe du professeur qui ne daigna même pas baisser son regard froid sur la créature.
« Poopsy s'excuse monsieur. Poopsy pensait ne pas recroiser le grand professeur Razimov…
— Assez de flatteries ! Et pendant que je t'ai sous la main, j'en profite pour t'intimer la plus grande discrétion sur tes récentes découvertes, reprit-il. Je me charge de tirer tous ces évènements au clair. Tu as compris ?
— Poopsy vous demande pardon, mais Poopsy pense que ce ne serait pas loyal d'agir ainsi.
— Tu feras ce que je te dis de faire ! Tu garderas pour toi, ce que tu m'as appris ce matin si tu ne veux pas retourner dans ce trou infesté de vermine qui te servait de domicile. Avant d'en parler avec qui que ce soit, je dois m'assurer de quelque chose. »
Sur ces mots mystérieux, le professeur de Défense Contre les Forces Du Mal s'éloigna d'une démarche altière et rapide. Cette fois ce fut l'elfe qui resta seul dans le couloir. Il semblait choqué par les ordres du professeur. D'ailleurs ces doutes que le vampire avait exprimés à l'égard du directeur surprenaient Hermione tout autant. Qu'est-ce qui pouvait inquiéter autant le professeur de défense ? Poopsy avait-il déjà vendu la mèche sur leur usurpation d'identité ? De plus, de nouvelles interrogations se greffaient à celle-ci. La mention d'une nouvelle attaque pendant le match et le détachement du directeur troublaient profondément Hermione. Les questions sans réponses s'enchainaient dans un tourbillon étourdissant. La Gryffondor ne comprenait plus rien et elle sentit que son esprit allait imploser si elle ne comblait pas les parts d'ombres.
L'elfe était toujours immobile devant l'infirmerie quand la jeune femme se jeta sur lui et le soumit au maléfice du saucisson. Le brave Poopsy qui ne s'attendait absolument pas à ce traitement, s'écroula sur le sol. Ses yeux roulaient dans tous les sens, comme une roue dévale une pente. Il était complètement terrorisé. Drago l'observa avec mépris, puis se pencha au-dessus de son visage creusé :
« A nous deux ! annonça-t-il avec un sourire mesquin. On va te cuisiner jusqu'à ce que tu lâches le morceau mon vieux. »
Les yeux globuleux de l'elfe se révulsèrent alors un peu plus, sous l'effet de la panique grandissante qui l'envahissait…
Note: Alors qu'en avez-vous pensé? J'espère que l'attente en valait la peine?...Mais j'ai des doutes ^^ Allez à la prochaine ! :D
