~ Une vie pas comme les autres ~
Chapitre 3
Le cauchemar
Musique: Même si - Grégory Lemarchal et Lucie Silvas ou Memory - Madeleine
Ecoutez en une des deux en même temps que vous lisez ce chapitre, nous trouvons que ça fonctionne bien ;).
Du côté de Bella
Tout se passait bien, j'étais à l'arrière de la voiture, celle de ma mère et nous écoutions la radio à un volume de musique tellement élevé que même en hurlant, nous n'étions pas sûres de nous entendre. Nous roulions calmement sur une petite route sinueuse mais goudronnée qui nous mènerait à destination, dans notre station de vacances.
Le voyage avait été prévu à la dernière minute. En effet, c'était la première fois que je refusais d'aller chez mon père. Qu'aurais-je fais là-bas si ce n'est m'ennuyer ? Ma mère n'avait émis aucune protestation, trop heureuse que je reste avec elle, elle avec qui je ne m'ennuyais jamais, elle, une mère drôle et très forte en blagues. Oui, vraiment très très forte. Je me rappelle encore qu'il m'arrivait de rigoler au point de ne plus pouvoir respirer, ce qui, elle, la faisait rire. Encore aujourd'hui, je me demande comment les souvenirs que j'ai de ma mère et moi sont si clairs et précis. Même les souvenirs de ce jour-là. Nous étions vraiment heureuses toutes les deux... Avant...
Maman s'arrêta pour faire le plein d'essence dans une petite station, isolée, loin de tout, et qui finalement, pouvait étonner plus d'une personne. Nous étions la seule voiture, tout était calme et nous nous amusions encore plus, profitant des échos de nos voix dans les montagnes. Quelques minutes plus tard, elle alla payer et nous reprenions la route.
Un peu plus d'une heure après, nous nous arrêtions pour aller manger une glace. Nous n'avions pas forcément faim, c'était juste le principe de manger une glace devant un paysage de carte postale qui nous attirait. Mon parfum préféré était la vanille et elle le chocolat. J'adorais la montagne quand elle préférait la mer. Tout le monde le disait, nous étions comme le Yin et le Yang et pourtant, je ne m'étais jamais aussi bien entendue avec quelqu'un. J'étais la meilleure amie de ma mère et elle était ma meilleure amie. Oui, était…
Nous avons repris la voiture peu de temps après, totalement rassasiées, prêtes à entamer la dernière ligne droite pour arriver à notre destination de vacances. Je me rappelle m'être endormie rapidement. Derrière les montagnes, le soleil se couchait et malgré moi, cette journée sur la route m'avait autant épuisée qu'amusée. De toute façon, si je dormais maintenant, cela voulait dire que je pourrais veiller plus longtemps ce soir. A choisir, c'était autant dormir dans la voiture et me faire réveiller par ma mère devant notre chalet.
Le réveil ne fut cependant pas vraiment ce à quoi je m'attendais…
Un hurlement. C'est la première chose que j'ai entendu lorsque j'ai émergé du pays des rêves. Ou plutôt, c'est ce hurlement, ce « Attention Chérie ! », crié d'une voix désespérée, qui m'avait fait sortir du pays des rêves. Car cette voix désespérée, cette voix qui peut-être, était empreinte de terreur, je ne sais pas, je ne sais plus, était celle de ma mère.
Je me rappelle du choc, du très gros choc qui avait suivi ce cri. J'avais été propulsée vers l'avant tellement violemment que ma ceinture m'avait marqué jusqu'au sang dans le cou, preuve de la virulence du choc. Ce premier choc fut suivi de près par un deuxième, d'autant plus fort qu'il en était terrifiant. Je vis, devant mes yeux d'enfant ébahit, l'avant de la voiture se faire progressivement broyer, ma mère se trouvant juste après. Ma mère mettant ses mains devant la tête pour se protéger de l'impact imminent. C'était inutile, je le savais. J'étais une enfant particulièrement précoce pour mon âge et mon point fort était que je comprenais très rapidement les choses. Alors oui, là, je savais. Quelque part dans ma tête, quelque chose s'était déclenché. Nous allions mourir, c'était une certitude, je pouvais l'affirmer de la même façon que je pouvais affirmer que j'avais mangé une glace à la vanille il n'y a pas longtemps.
Seulement je ne le voulais pas.
« Je ne veux pas mourir ! ». Une seule phrase qui pourtant ne cessait de se répéter dans ma tête. Je ne pensais plus qu'à ça, ne voulant plus que cela au point que ces paroles m'échappèrent. Etait-ce également pour évacuer la peur qui m'accaparait ? Je ne le sais plus moi-même, mais j'avais crié ces mots. Fort, très fort. Autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Et à mesure que je criais cette phrase, le plafond de notre voiture se rapprochait de moi, de nous, dangeureusement. Maman… Depuis combien de temps ne l'avais-je pas regardé pour voir comment elle allait ? Quelques secondes ? Je voulais tourner la tête. Je le voulais tellement... Mais c'était impossible, je n'y arrivais pas, mes yeux étant totalement accaparés par ce plafond qui se rapprochait un peu plus chaque dixième de seconde qui passait, ne pouvait pas se détacher de ce spectacle si terrifiant.
Je m'allongeais sur le siège arrière avec précipitation avant de me mettre dos au plafond en fermant les yeux. Je ne pouvais plus supporter ça. Je voulais que ça s'arrête, j'aurais été prête à n'importe quoi pour ça. Mais il faut croire que j'étais la seule à le vouloir. Que ma mère et moi étions les seules à le vouloir.
Boum.
C'est l'explosion qui avait suivi mes pensées. Explosion qui avait été suivi par quelque chose se brisant, un cri et un bruit qui me fit froid dans le dos mais que je ne reconnaissais pas. Et à vrai dire, je m'en moquais. Elle avait crié, crié de douleur. Moi-même, je sentais quelque chose ma lacérant la jambe mais qu'était-ce à côté de la terreur de ne plus entendre ma mère ?
Tout se calma brusquement, enfin, mais bizarrement, il n'y avait rien de rassurant à ne rien entendre. Ma jambe me faisait mal et j'étais tellement choquée que je ne me rappelle plus de ce qu'il s'est passé après, car quand j'ai enfin ouvert les yeux, j'étais dans un hôpital.
Je le savais avant même d'ouvrir les yeux. Le bip du moniteur, la perfusion dans mon bras gauche, autant de signes qui assuraient mon jugement. Je n'avais pas besoin de me rappeler pourquoi j'étais ici car, à vrai dire, je ne pensais qu'à ça, même inconsciemment. Et dans mon inconscient, ce souvenir avait des allures de cauchemar effroyable.
Lorsque j'ouvris les yeux, les deux premières choses que je vis furent d'un qu'il n'y avait personne dans ma chambre et de deux qu'un plâtre recouvrait toute ma jambe de petite fille. Une immense douleur me déchira le cœur. Depuis quand étais-je là ? Et maman ? MAMAN ? Elle était... Les larmes ravageaient mes joues car je connaissais la réponse. Oh oui, je la connaissais mais il m'était impossible de l'admettre. Je ne le pouvais pas autant que je n'arrivais pas à garder toutes ses émotions à l'intérieur de moi. Car ce « maman », je l'avais hurlé et ce hurlement avait été ampli de désespoir. J'aurais tellement voulu la voir devant moi, me racontant une blague pour me faire rire en me disant que tout allait bien. J'aurais tellement voulu qu'elle soit là, juste devant moi, à me sourire tout simplement.
J'étais déchirée car plus que ma mère, je savais que j'avais perdu ma meilleure amie ce jour-là. Ce jour-là… Depuis quand étais-je dans ce lit ?
Je me roulais en boule autant que la perfusion sur mon bras me le permettait. J'étais jeune et pourtant tellement adulte… Etait-ce pour cela que je devais déjà souffrir autant ? Je me doutais que l'issus de ce que j'avais vécu n'avait pas été aussi bonne pour elle que pour moi et pourtant j'étais attentive aux bruits de la chambre, persuadée de la voir arriver devant moi. Je m'en doutais mais moi… Pourquoi avais-je survécu ? A part ma jambe dans le plâtre et ma coupure dans le cou, d'un point de vue physique, je n'avais rien, strictement rien. Alors comment elle…
D'un point de vue moral, j'étais morte avec elle et jamais plus je ne pourrais revivre.
Un bruit de porte qui s'ouvre me tira de mes pensées, des murmures se firent entendre. Il y avait deux personnes. Je reconnus mon père sans le moindre problème, la personne l'accompagnant étant probablement un médecin. Cet homme avait une si belle voix qu'elle m'apaisa instantanément, calmant un peu mon corps meurtri mais n'aidant en rien à sécher mes larmes.
Je les entendis se rapprocher doucement. Je me souviens m'être demandé l'intérêt de cette démarche. Ce n'est pas en dormant que je risquais de les entendre...
Je me relevais un peu car j'étais au milieu du lit, ce qui les fit aussitôt se taire et accélérer. Ils avaient entendu du bruit et cela les intriguait, redonnant à mon père un espoir qui avait probablement commencé à disparaître. En quelques secondes, je vis un jeune et beau médecin à la peau blanche, au visage d'ange et aux yeux pure et dorée allant parfaitement avec ses cheveux blonds émerger du couloir qui séparait l'entrée de la chambre proprement dîtes. Mon père n'en émergea que quelques secondes après, portant des vêtements plissés de toute part, les yeux exorbités, rouge et gonflés. Il avait pleuré, beaucoup pleuré.
Et au fond de moi, encore une fois, j'en connaissais la raison.
Cela me confirmait aussi une deuxième hypothèse. Cela faisait plusieurs jours que j'étais dans cet état d'inconscience.
« Bella ? Bella, comme je suis content ! »
Mon père me prit doucement dans ses bras et lâcha un soupir de soulagement, je compris qu'il respirait vraiment pour la première fois depuis un petit moment. Il était heureux, enfin et n'aurais-je pas dû être heureux pour lui ?
Mais je ne l'étais pas, loin de là. Je restais stoïque, regardant ce docteur dont je ne me souvenais pas du nom, dont la plaque restait flou, qui restait un peu en retrait pour nous laisser à nos retrouvailles. Il souriait. Il semblait heureux de la tournure des événements et je me rappelle l'avoir détesté pour cette raison. Comment cet homme pouvait-il être heureux de ce qu'il se passait ? Maman... Cela aurait dû être elle… Maman... Les larmes jaillirent à nouveau alors que j'essayais d'étouffer mes sanglots. A chaque fois que je pensais à elle, je savais que je ne la verrais plus jamais, qu'il ne me restait plus que le souvenir des moments passés ensemble pour ne pas l'oublier, et rien qu'à cette idée, mon cœur se tordait de douleur.
Non, en fait, je n'avais plus de cœur.
Le docteur avait baissé la tête un bref instant. Je lui en voulais également terriblement de ne pas être capable de supporter mon regard. Autant que je m'en voulais de penser ainsi. Il était beau et intelligent, il n'y pouvait rien, mais je le détestais, car lorsqu'il me regardait, il semblait comprendre ma souffrance, la partager avec moi alors qu'il ne comprenait rien, rien du tout.
Je repris la parole, contenant mes larmes autant que possible.
« J'ai dormi longtemps ?
- Cela fait une semaine que tu dors. »
Je le regardais, éberluée. Une semaine ? J'avais été telle la Belle au bois dormant durant une semaine ! Je regardais à nouveau ce médecin toujours en retrait et celui-ci compris aussitôt ce que je lui demandais. S'il avait été plus jeune, nous aurions pu être amis, j'en étais persuadée. Autant que le fait qu'en sa présence, toutes mes souffrances et tous mes torts aurait disparu. A la place, il s'avança jusqu'au pied du lit.
« Une voiture ne roulant pas du bon côté vous a percuté violemment. Le chauffard ivre est mort sur le coup. »
Je le regardais encore. Je n'avais plus de larmes, j'avais trop pleuré. Mon père, après s'être écarté de moi, était maintenant affalé sur un fauteuil, les yeux fixant le sol. Pleurait-il ? Je m'attardais sur le haut de son buste, attendant de savoir si une larme y passerait mais à la place, c'est un son, une parole émise faiblement qui émana de lui. Il me sembla entendre qu'il encourageait le médecin à dire quelque chose, mais je ne le saurais jamais, même si l'attitude du médecin, qui lui, semblait avoir parfaitement entendu les paroles de mon père, ne fit que confirmer mes doutes.
Je les vis se regarder un instant, je le vis me regarder un instant, juste avant qu'il ne prenne la parole.
« Ta mère est morte... »
Je me réveillais brutalement, hurlant de toutes mes forces, pleurant toutes les larmes de mon corps.
L'ensemble des personnages est à Stephenie Meyer sauf Céleste, même si c'est pas vraiment un cadeau :D
Et nous revoilà pour un nouveau chapitre quelque peu différent des précédents ! -ah bon, vous n'aviez pas remarqué ?- Il est probable que certains d'entre vous se demandent comment une petite fille peut se rappeler d'un accident avec autant d'exactitude alors qu'elle est si jeune. Pour ça, la réponse est très simple, Bella ne se souvient que de ce passage de son enfance, qui est une scène qui hante son esprit et réapparaît sous forme de cauchemars. Mais je suis sûre que ça, vous l'avez remarqué ;).
Dans le prochain chapitre, un personnage bien connu de twi light fera sa première apparition, mais ça, c'est au prochain chapitre -non non, nous ne sommes pas sadique-.
Grazie et Yayalia, nous vous remercions chaleureusement de nous lire et de donner votre avis sur notre fiction. N'hésitez pas à nous faire part de toutes vos impressions =).
Merci également à toutes les personnes qui suivent notre fiction même si vous ne vous exprimez pas. Quant à celles qui ne s'expriment plus, nous espérons avoir votre avis prochainement.
En vous souhaitant une agréable lecture.
C. Kotomi
