~ Une vie pas comme les autres ~
Chapitre 6
Revenant
Du coté de Jacob
Je peux affirmer que je dormais paisiblement quand mon téléphone se mit à vibrer, me tirant de mon sommeil brutalement. Ma journée avait été parfaite bien qu'épuisante et s'il avait fallu une seule nuit où je voulais pouvoir dormir en paix, c'était bien celle-là et aucune autre. Il fallait croire que la chance n'était pas avec moi. Je regardai mon réveil non sans retenir un juron lorsque je vis l'heure qu'il était. Trois heures du matin. Mais qui pouvait être le cinglé qui m'appelle à cette heure-là ? Les gens ne sont pas censés dormir à trois heures du matin ? Et même s'ils ne dorment pas, n'ont-ils pas mieux à faire que d'appeler quelqu'un en train de dormir ?
C'est dans ce doux état d'esprit que je pris mon téléphone, non sans me dire que si j'avais à faire aux personnes auxquelles je pensais, ils allaient en prendre pour leur statut.
Je décrochais lentement, totalement motivé à l'idée d'engager une conversation à une heure pareille alors que je pourrais être en train de dormir tranquillement.
« Mmmh... »
Je décidais de faire comme si je dormais encore, ce qui soyons clair, n'était pas du tout le cas. Incroyable comme le simple vibreur d'un téléphone portable peut vous faire sortir du sommeil.
« Jake ? »
Une voix féminine venait de se faire entendre à l'autre bout du fil. Je rectifiais ma question: "quelle est LA cinglée qui m'appelle à cette heure de la nuit ?". La réponse était évidente. Bella, ma meilleure amie, celle que j'ai aimé, celle que j'aime sûrement encore mais celle dont je ne me suis pas imprégné.
« Désolée si tu dors mais… J'ai besoin de parler.
- Mais.
- "Mais" quoi ? Me demanda-t-elle. »
Sa voix était bizarrement cassée ce qui eu pour conséquence de me faire deviner la raison de son appel. Préférant attendre qu'elle ne me le dise clairement elle-même, j'enchaînais.
« Je dormais ! Expliquais-je. Tu vois, on utilise l'imparfait lorsque l'action que l'on était en train de faire n'est plus possible puisqu'un évènement est venu la perturber. Et mon évènement perturbateur en l'occurrence… Et bien c'est toi ! »
Elle se mit à rire. Moi aussi. Notre relation avait toujours été ainsi. Jamais de disputes, les haussements de voix finissaient toujours en grand fou rire. Je dois avouer que même si cela m'allait parfaitement, s'en était presque flippant. Après tout, qui ne s'est jamais disputé avec une personne qu'il connait depuis douze ans ?
« Désolée pour ça… »
On aurait pu croire comme ça qu'elle s'excusait vraiment. Mais non, son ton était tout autre. Il semblait que le fait de m'avoir réveillé en plein milieu de la nuit l'amusait plus qu'autre chose. Et à mon avis, ma réaction y était pour quelque chose. En tout cas, elle semblait vachement intéressée par ce qui se passait dans ma vie. Sincèrement. Je crois que je ne m'étais jamais senti autant aimé. Ca faisait toujours plaisir.
Je fis mine de grogner.
« Jake ? »
Un sourire se dessina sur mes lèvres. Voilà qu'elle s'inquiétait de ma réaction maintenant. Pourquoi cela me donnait-il envie de rire ? Elle qui aidait toujours les autres avant elle-même, j'aurais dû m'en douter pourtant… Enfin non, rectification. Elle qui aidait toujours les autres après avoir passé sa journée en ville à ruiner son père en s'achetant des tonnes de vêtements.
Je reprenais la parole.
« Tu ne peux pas appeler comme les gens normaux ? Je sais pas moi, mais pas à trois heures du mat' !
- Encore désolée, dit-elle avant d'exploser de rire.
- Ouai, je sais je sais…
- Jake... C'est juste que... J'ai refait ce cauchemar...»
Sa voix ne prêtait plus du tout au rire. Et à vrai dire, elle n'avait pas besoin de m'en dire plus, je savais de quoi elle parlait. Le cauchemar. Ce cauchemar. Elle avait besoin de me parler, comme à chaque fois qu'elle le faisait. Et encore, il semblait qu'aujourd'hui elle ne pleurait plus… Une nuit, il l'avait tellement traumatisé qu'elle était venue à pied jusqu'à la Push pour que je la réconforte. Et c'est quand je repense à ce genre de moment que je me dis que Bella est censée être une humaine normalement constituée mais qu'elle a des réactions qui dépassent tout ce que j'ai pu voir jusque là chez n'importe quelle humaine. A croire qu'elle était faite pour être entourée de gens comme nous sans même le savoir. Rien que sa folie du shopping dépasse l'entendement. Vous avez jamais vu une furie pareille, je peux vous l'assurer.
attendant, il fallait que je change de sujet, que je lui sorte ce cauchemar de la tête pour qu'elle puisse se rendormir paisiblement. Comme à chaque fois. Et justement, le sujet était déjà tout choisi puisque je n'avais eu presque aucune nouvelle depuis son déménagement.
« Alors ma belle, tu t'es fait des amis ?
- Oui ! Ils sont géniaux. Alice est super marrante et en plus elle adore le shopping alors forcément. En plus ils sont tous magnifiques, je savais même pas que ça pouvait exister des gens comme ça. Mais j'ai aussi d'autres amis que je fréquente et qui ont des prénoms étrangement ressemblant à ceux de mes amis de Forks comme par exemple Jessy qui ressemble à Jessica où encore Erika qui... »
Je la coupai aussitôt ayant l'impression que ma tête allait exploser, me demandant pourquoi j'avais eu la stupidité d'engager la conversation sur ça, pour lui expliquer que finalement, je n'étais pas aussi bien réveillé que ce que je pensais et que du coup elle parlait bien, bien trop vite !
Et alors là, blanc à l'autre bout du fil et alors que je commençais à croire que je l'avais perdu, une réponse me parvint à l'autre bout du fil.
« Désolée ! Donc-je-me-suis-fait-des-amis. Ils-s'appel-lent : Alice Rosalie-et-Edward Cullen. Ils-sont-frère-et-sœur. Et-on-va-faire-du-shopping-samedi. Et-comme-je-te-disais-il-y-a-un-instant, il-y-a-aussi-les-autres…
- Bella, j'ai beau encore dormir à moitié, je ne suis pas un demeuré ! »
Et là elle explosa de rire. Et alors que j'aurais dû protester en lui disant qu'après tout, il était normal à trois heures du matin de ne pas avoir toutes ses facultés mentales, mon rire suivit le sien. Cela avait toujours été comme ça. Notre lien, même s'il n'était pas d'amour au sens propre du terme, était incassable.
Pourtant, dès que ses paroles s'insinuèrent en moi, mon rire se stoppa net. Cullen. Quelle chance y avait-il pour qu'en deux déménagements, elle se lie d'amitié avec de prime abord des loups-garous et ensuite des vampires ? C'était tout simplement… Impensable. Et pourtant vrai. Mon regard se durcit alors que je me demandais le plus sérieusement du monde si elle était au courant qu'ils étaient vampires.
« Tu connais les Cullen ? Demandais-je.
- Oui je viens de te le dire ! Pourquoi ? Ne me dis pas que tu les connais aussi ? Ce serait tellement incroyable ! »
Au fond de moi, j'avais juste envie de lui répliquer "tu crois pas si bien dire". Pour autant je ne le fis pas, ce n'était pas le moment d'envenimer les choses.
« Et que sais-tu sur leur famille ?
- Attend, ça veut dire que tu les connais vraiment ! Comment est-ce que c'est possible ? »
Aïe. J'étais crispé comme un roc. Le savait-elle ou pas ? Après tout, feindre l'ignorance n'était pas compliqué, surtout au téléphone. Mais en même temps, il lui arrivait tellement de choses en une journée quand elle habitait encore à Forks que trainer avec une bande de vampires sans s'en rendre compte pourrait très bien lui correspondre. Je soupirais. Un peu trop lui correspondre même.
« Bella, répond à ma question s'il te plaît.
- Et bien, ils sont tous très gentils. Ils ont tous été adoptés. Alice et Jasper sortent ensemble tout comme Rosalie et Emmett. Sans vouloir donner mon avis, je trouve ça trop romantique les rencontres du destin comme ça, pas toi ? De plus, ils sont issus d'un milieu très aisé. Et... Je crois que c'est à peu près tout ce qu'il y a de vraiment important. Sauf notre passion pour le shopping évidemment. »
Je respirai à nouveau. Elle n'était donc pas au courant de l'essentiel.
« Ce sont des amis.
- Jake, je viens de te dire que nous étions amis ! Tu n'es vraiment pas réveillé hein ?
- Non Bella, tu n'as pas compris. Ce sont des amis pour moi aussi. Je les connais très bien. Tu pourras leur demander si tu veux.
- Ah… Mince… C'est moi qui ne suis pas réveillée, c'est ça hein ? »
Et nous nous mîmes à rire encore une fois. Elle m'avait manqué et même si la conversation avait été engagée à cause de quelque chose de beaucoup moins gai, j'étais heureux qu'elle tourne ainsi car je savais au moins que notre discussion l'avait apaisée et c'était le plus important.
« Si tu veux tout savoir, notre famille et la leur se connaissent depuis très longtemps.
- Et tu ne m'en avais jamais parlé ?
- A quoi cela aurait-il servi ? Ils ne sont jamais passés par Forks.
- Ouai… C'est vrai… Je dois vraiment être en train de me rendormir là… »
Je rigolais.
« Chanceuse va, moi tu as mis un point définitif à mon cycle du sommeil ! »
Elle allait répliquer lorsque j'entendis l'appel de Sam. Sans lui laisser le temps de terminer ce qu'elle disait, sans même essayer de comprendre ses paroles d'ailleurs, je lui disais au revoir et raccrochais. Même si cela pouvait se révéler énervant, l'appel de l'Alpha était prioritaire sur tout. Je rejoignis la meute en cinq minutes, le vent fouettant ma fourrure et me prodiguant une sensation de bien-être que seule cette forme pouvait m'apporter. Leah à une dizaine de mètres de moi me mit soudainement au défi. Je la regardais en biais. Imaginez un loup-garou blasé si c'est possible. Je n'avais absolument pas envie de faire quoi que ce soit avec elle.
« Que se passe-t-il ? Demanda Quil aussitôt toute la meute arrivée.
- Nous avons sentis des vampires, nous expliqua Sam.
- Super, le retour des Cullen ! Répliqua Leah sur un ton on ne peut plus clair.
- Impossible, ils sont à Juneau ! Enchaînais-je sèchement.
- Et comment tu le sais ? Cracha-t-elle. »
L'envie de lui sauter dessus pour mettre un terme à sa misérable existence me prit subitement alors qu'au même moment, Seth venait de s'interposer, s'excusant pour le comportement de sa sœur tout en me demandant de ne pas exécuter les mille et une tortures que j'étais en train de passer en revue dans ma tête. Evidemment. Tout le monde voyait ce que je pensais, j'avais tendance à l'oublier. Je me retournais donc vers Sam, prenant le parti de totalement faire fi de Leah et de son caractère.
« Bella vient de m'appeler. Elle est devenue amie avec eux. »
J'ignorais également le commentaire de Quil, se résumant à "Bella vient de t'appeler ? Genre juste avant ? A trois heures du matin ?". Faire apprendre la signification du présent à un loup-garou de quinze ans ne me disait rien du tout.
« Donc Bella est en sécurité, répondit Sam avec un calme presque étonnant étant donné les remarques incessantes que faisait Quil, surtout depuis mon 'attaque' à son intellect -si l'on peut qualifier ça d'attaque. Incroyable comme on peut se vexer pour n'importe quoi quand même- et Leah qui continuait d'embêter son monde. Maintenant que cela est dit, que ce soit clair pour tout le monde, ce ne sont pas des vampires comme les Cullen que nous avons sentis. »
La nouvelle fut rapidement intégrée dans tous les esprits. Des grognements s'échappèrent de toutes les gorges aux alentours. Nous savions très bien ce que cela voulait dire.
« En ce qui concerne Bella, elle ne se doute en rien de leur nature. »
Sam me regarda, approbateur, voyant que j'avais répondu à l'une de ses questions silencieuses. Pour lui, soyons clair, cette situation était très bien ainsi. Pour moi, ça l'était moins. Beaucoup moins même. Car si elle avait été au courant pour les vampires alors j'aurais pu l'informer pour les loups-garous et ainsi il n'y aurait plus eu ce secret lourd à porter entre nous.
« Pauvre choux… Je te plains sincèrement. »
Continuant de faire comme si Leah ne faisait pas partie de la meute, je continuais ma discussion avec Sam.
« Est-ce que je dois prévenir les Cullen ? Après tout, des vampires errants dans le coin, c'est suffisamment rare pour qu'ils méritent de le savoir.
- Je ne pense pas, rétorqua Sam. Attendons de voir ce qu'il se passe avant. Inutile de les alarmer outre mesure.
- Bien. »
Suite à ça, Sam nous fit signe de rentrer chez nous. Nous nous relierions pour la garde trois par trois et c'était lui, Leah et Seth qui s'occupait de la première ronde. Malgré ma répugnance innée pour la seule louve de la tribu et malgré le fait que j'aurais aimé ne pas la voir chargée de la première ronde, il me restait une chose à demander à Sam.
« Oui tu peux, mais seulement si tu emmènes quelqu'un de la meute avec toi, on ne sait jamais. »
Surpris, je ne pus me retenir d'exprimer ma surprise, dû à la prise rapide de la décision. Pour autant, il ne me fallut pas longtemps pour me reprendre. Pour le choix, ce ne fut pas trop dur, Seth sautait déjà partout et me suppliait avec ses grands yeux de loup-garou battu -imaginez un loup-garou battu, c'est aussi surprenant qu'un loup-garou surpris. Bref, imaginez quelque chose-. Lui qui s'était aussitôt lié d'amitié avec elle ne demandait que ça. Pire, on aurait dit à ses rebonds qui s'enchaînaient Bella quand elle apprend qu'elle va faire du shopping qui n'était pas prévu. Et à la réflexion, les mini tremblements de terre en moins, c'était exactement l'état de Bella lorsqu'elle s'apprête à aller faire du shopping.
Sans plus réfléchir et après que Sam est explicitement demandé à Seth de se calmer sous peine de rétracter sa décision -ce qui eu un effet bien plus radicale que celui escompté-, nous partîmes donc aussitôt avec la promesse que nous rappliquerions si un problème survenait. L'avion destination Juneau, même s'il nous avait fallu attendre plus de quatre heures pour l'avoir, était parti à l'heure. Sachant que le samedi, elle faisait toujours une sortie shopping, je savais que nous avions le temps d'arriver. Encore plus si Alice et Rosalie étaient avec. Aussi, lorsque Seth, n'y tenant plus avait voulu se transformer pour s'y rendre, j'avais aussitôt répliqué que s'il faisait ça, il se rendrait quelque part mais sûrement pas là où il voulait aller et qu'en plus, c'est l'avion qui arriverait en premier. Il avait acquiescé et s'était finalement assis, légèrement contrarié. Autrement dit, du Seth tout craché.
Du côté de Bella
Deux heures que l'on faisait les boutiques avec Rose et Alice. Deux heures magnifiques où ma vie m'avait paru étincelante, tant les vêtements qui se trouvaient dans chacun des magasins où nous allions me faisaient rêver. Me certifiant que pour elles, l'argent n'était pas un problème -ce qui n'en était pas tellement un pour moi non plus-, Alice et Rosalie m'avaient quasiment acheté la totalité de ce qui se trouvait dans les sacs que je portais actuellement et ce, malgré ma désapprobation.
Mais il y a une chose que je pouvais vous affirmer envers et contre tout.
Que je porte ou non des sacs.
J'étais toujours une catastrophe ambulante.
En effet, mon compte de gaffes en une journée était à son point culminant. Dès le premier magasin, j'avais réussi à glisser et à m'étaler sur toute une rangée de vêtements très bien pliés qui sur le coup sont évidemment tombés à la renverse. Puis, mes bottes noires à talon aiguilles avaient trouvé le moyen de se coincer dans la grille d'une bouche d'égout. Obligée de casser le talon pour m'en sortir, je leur disais adieu... Et enfin, alors que je marchais tranquillement dans un magasin de sous-vêtements, une quantité de sacs déjà conséquente dans les bras, j'avais violemment heurté quelqu'un et le soutien-gorge que je tenais alors s'était retrouvé sur sa tête.
Expliquez-moi comment de telles choses peuvent arriver à la même personne en une journée ? En fait… Faudrait déjà m'expliquer comment ça peut arriver à quelqu'un.
En plus, j'avais faim.
« Je vais m'acheter quelque chose à manger, je reviens.
- On t'attend ici ! »
Il ne me fallut pas beaucoup de temps pour repérer un stand vendant des crêpes. Pour autant, je ne me pressais pas, les filles trouveraient très bien un magasin où flâner en m'attendant. Et si elles avaient la gentillesse de n'en faire aucun en mon absence, elles ne manqueraient pas de cœurs à briser car autant vous le dire, une sortie avec Rose et Alice ne manque pas de piments. A nous trois, c'était quatorze déclarations que nous avons dû refuser. Et inutile de préciser qui arrivait en pôle position. C'est donc sur ses pensées que je me rendais au stand de crêpes. Ou plutôt que je comptais me rendre jusqu'au stand de crêpes.
Car avant même que je ne l'ai atteint, je sentis une main, ferme, m'attraper le bras. Et alors que je ne comprenais pas encore ce qu'il se passait, cette main me fit faire volte-face.
Horreur.
« Bella, il faut que je te parle. »
Mike Newton.
Mes yeux s'agrandirent. N'importe qui aux alentours aurait pu voir la panique dans mon regard pour peu qu'ils aient fait attention à moi. Je voulais partir. Je voulais m'enfuir.
« Bella, reviens je t'en supplie ! »
Mais ce n'était pas la volonté de cet homme apparemment. Bien au contraire.
Je voulais lui exposer mon point de vue, lui dire tout ce que j'avais sur le cœur. Peut-être que cela m'aurait libéré ne serait-ce qu'un peu. Ce poids dans ma poitrine, je voulais l'évacuer. De n'importe quelle manière, depuis très longtemps. Alors pourquoi au moment où je me retrouvais face à lui, je ne pus dire qu'un seul mot ?
« Mike ? »
Tellement dérisoire. Tellement… Facile. Tellement tout ce que je n'aurais pas voulu dire.
« Reviens à Forks ! Reviens avec moi ! »
Je le regardai avec des yeux ronds. Il était cinglé ou quoi ?
« Il en est plus qu'hors de question ! Dis-je d'une voix glaciale.
- Mais j'ai changé ! Je regrette de t'avoir frappé, si tu savais… »
Alors qu'il fit un pas vers moi, je faisais un pas en arrière.
« Quand bien même tu aurais changé Mike, je ne t'aime plus ! »
Ma voix était ferme et définitive et elle eut chez lui une réaction que j'aurai bien le temps de regretter plus tard. Je le vis plisser les yeux et alors que je me disais qu'il était vraiment temps de prendre la poudre d'escampette, il agrippa ma main encore plus fermement et m'entraîna dans la première ruelle qu'il vit. Et je peux vous dire que même s'il ne s'était pas enfoncé loin, j'étais terrifiée. J'étais contre le mur. Il m'avait coincé et il le savait. J'avais été tellement naïve ! Comment peut-on aimer un homme comme lui ?
« Tu en aimes un autre ?
- Quoi ?
- Tu as très bien compris ! »
Passé la surprise, je réfléchissais à sa question. A vrai dire, j'y réfléchis longuement. Aimais-je quelqu'un d'autre ? Avais-je vraiment développé ce genre de sentiments ici ? Et la réponse s'imposa à moi presque naturellement.
Oui.
J'aimai Edward. Irrévocablement.
Et sincèrement, je ne sais pas ce qui m'empêcha de pleurer. Moi qui m'étais promis de ne jamais retomber amoureuse il y a à peine un an. Que cela n'en valait pas la peine. Que tous les moments de bonheur resteraient de toute façon bien moindre comparés aux moments de tristesse, de peine et de douleur. J'étais là maintenant, follement amoureuse du garçon le plus gentil, le plus sexy et sûrement le plus intelligent du monde !
Et super fort en musique en plus...
« Oui ! Admis-je en baissant les yeux. J'aime quelqu'un. »
Sa réponse fusa immédiatement.
« Ce n'est pas possible Bella ! Tu ne peux pas t'être remis de notre rupture aussi vite ! J'étais tout pour toi ! Hurla-il. »
J'aurais aimé lui répondre avec le ton glacial que j'avais préparé il y a des mois de ça au cas où une telle situation puisse se présenter. J'aurais aimé lui répondre sarcastiquement « Et les chevilles ? En forme ? ». Mais impossible. Son ton était atroce, aussi atroce qu'une intonation dans la voix pouvait l'être. Aussi tranchant que la glace. A cet instant, il me faisait peur. J'étais tétanisée sur place. Et si ça n'avait pas été le cas, son emprise sur mes poignets me le rappelait constamment.
« Bella ? Tu as un problème ? »
Je tournais brusquement ma tête vers la gauche alors que la tension dans mes épaules se relâchait. J'aurais pu reconnaître ce doux ténor entre mille. Mon cœur s'emballa au moment même où je rougissais, la situation amplifiant encore le phénomène. Autrement dit, c'était la cerise sur le gâteau. Et quand nos regards se croisèrent, une myriade de sensations me prirent au dépourvu, m'emmenant loin de l'agitation ambiante. Il était incroyablement beau. Comme d'habitude à vrai dire.
Dire que je ne regardais que son visage.
« C'est lui ? »
Je détournai mon regard d'Edward pour faire face à Mike dont j'avais com-plè-te-ment oublié l'existence. Il était tout simplement impressionnant de savoir qu'une personne était capable de nous accaparer comme ça, même si elle ne le voulait pas. Je savais maintenant que Mike n'était plus rien comparé à Edward. Qu'à vrai dire, l'affection que je lui ai un jour porté n'était même pas comparable à celle qui me prenait lorsque je le voyais Lui. Mike n'était plus qu'une infime particule de poussière sur un des livres de la plus grande bibliothèque au monde. Et c'était effrayant. Car j'avais aimé cet homme malgré tout. Et qu'il m'avait fallu des mois pour me remettre de son acte et de ma rupture.
« De quoi ?
- C'est lui que tu aimes ? »
Je me sentis rougir encore plus. Que pouvais-je faire d'autre ? Edward ne cessait de me fixer et Mike ne cessait de me et de le fixer. Me retrouver face à mon ex et la personne que j'aime avec une question comme celle-ci était la chose la plus embarrassante qu'il puisse m'arriver. Je voulais dire quelque chose mais rien n'émanait de ma bouche. Je crois que je ne savais pas quoi dire. D'autant plus que Mike s'était dangereusement rapproché de moi.
« C'est lui que tu aimes ? »
Je ne compris pas tout de suite ce qu'il se passait. C'est lorsque ma tête entra une première fois violemment en collision avec le mur que je me rendis compte que Mike était en train de me secouer comme un prunier, hurlant des "C'est lui que tu aimes ?" à répétition. La panique ré-afflua de manière plus violente. Ma tête rencontra violemment le mur une seconde fois. Je voyais Edward protester, ses yeux s'étant d'une manière inexplicable, totalement obscurci. Alors je me rendis compte que je me laissais maltraiter sans rien dire.
« Mike ! Lâche-moi ! »
Je repris le dessus, retournant dans la réalité, sonnée par les coups reçus.
« Mike ! Lâche là !
- Toi, ne fais pas un pas de plus ! »
Il venait de s'adresser à Edward qui s'arrêta net et ferma les yeux, se parlant à lui-même. De loin, j'aurai pu avancer qu'il s'exhortait au calme bien que ne pouvant pas le vérifier. Je n'entendais quasiment rien. A vrai dire, tout semblait aller au ralenti. Je vis Mike approcher ses mains de ma tête. Je vis Edward relever la sienne. Et je ressentis le choc de ma tête contre le mur jusqu'à mes pieds. Je me rappelle avoir entendu un son tout en me demandant d'où il venait.
Toute la suite fut alors extrêmement floue. Il me lâcha brusquement, comprenant sûrement ce qu'il venait de faire. Quelques secondes plus tard, un liquide chaud dégoulinait de mon crâne. Il passait par mes oreilles, mon cou et finissait sur mes vêtements. Et alors que mes jambes m'abandonnaient petit à petit, je ne doutais pas de la trace laissée par mon sang sur le mur au fur et à mesure que je glissais. Car je souffrais horriblement. Je n'entendais plus rien, ne voyais presque plus rien. Tout était brouillé. N'étais-je finalement pas inconsciente ? Que se passait-il ? C'était une bonne question. Je n'en avais pas la moindre idée.
Je sentis seulement le sol s'éloigner de moi. On me portait. Qui ? Aucune idée. J'avais beau me battre contre mon corps, pour que celui-ci bouge, ou au moins que j'ouvre les yeux, il ne voulait rien entendre. Tout se passait par intermittence. Au bruit de vrombissement du moteur, je compris que je me trouvais dans une voiture. Au souffle saccadé qu'il me semblait percevoir, je compris que je ne devais vraiment pas avoir bonne mine. Mon esprit était tiraillé entre les ténèbres portés par l'inconscience et la lumière de la conscience. Je ne parvenais plus vraiment à réfléchir, seulement à écouter ce que je pouvais entendre. Alors que tout semblait m'abandonner petit à petit, seule mon ouïe semblait résister. Et encore, résister était un bien grand mot.
« Que s'est-il passé ? »
Je ne reconnaissais pas cette voix.
« Je suis dés... »
Mais celle-là si.
Je m'étais fait battre par cet homme. Le même homme. Comment pouvait-il se présenter ainsi ? Je n'en voulais pas ici ! Je ne voulais plus jamais en entendre parler ! Comment pouvait-il alors que… "J'ai changé !". Tu parles de belles paroles ! Tu parles de… On me déposa sur un brancard à l'instant même où des sueurs froides me prenaient violemment. Je n'en pouvais plus, comme si le fait de sortir des bras confortables bien qu'extrêmement dures qui m'avait accueilli pour une durée que j'aurais été incapable de déterminer m'avait complètement vidé de mes forces.
Je ne me sentis pas partir.
~...~
Il me fallut du temps pour me rendre compte que j'étais en train de reprendre contact avec l'extérieur. Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais dans cet état-là mais ce que je savais, c'est que la personne que je souhaitais le plus voir actuellement se trouvait à côté de moi. Et je le savais simplement à sa voix. Je voulais ouvrir les yeux, vérifier que tout cela n'était pas un mauvais rêve, que ce que j'avais vécu s'était véritablement passé. Que ce que je vivais se passait véritablement. Mais je n'y arrivais pas. Foutu paupière.
« Bella, je… »
Je ne compris pas d'abord. Qu'il ne termine pas sa phrase, qu'il n'arrive pas à la terminer ou même à la formuler était une première.
Et il m'embrassa. De ses lèvres glacées sur ma peau brûlante il m'embrassa. Il m'aimait. Je l'aimais. Des frissons me parcoururent le corps.
Peut-être bien que cela était un rêve finalement. Mais pas un mauvais. Loin, très loin de là.
Propriété Stephenie Meyer -except Céleste obviously-
Et là, question fatidique, qui n'est pas choqué par la relation Cullen/Quileute ? =D. *Se reprend*
Un nouveau chapitre, un ! Cette fois-ci, plus de promesses, je publierais au rythme de mes pauses, une année où celles-ci sont rares malheureusement pour ne plus décevoir personne ! Prenez aussi en compte que ce chapitre par exemple fait onze pages Works… Peut-être que je devrais réduire la taille de mes chapitres en fait Oo. En tout cas, merci de votre patience.
Merci également pour tous vos encouragements, j'espère que vous serez encore au rendez-vous pour celui-là ! Alors… Reviews ? **-**.
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture.
Bonnes vacances pour ceux qui comme moi ont la chance d'y être.
A la prochaine !
C. Kotomi
