~ Une vie pas comme les autres ~

Chapitre 10

Le réveil


Annonce : Suite à de nouvelles idées quant au futur de cette fiction, j'annonce que ce chapitre correspond officiellement à la fin de l'Arc 1. Le suivant marquera donc le début du deuxième et dernier acte d'"Une vie pas comme les autres".

A bientôt pour le chapitre 11 centré autour d'Alice ;) !


Du côté de Bella

J'hurlais comme jamais je n'avais dû le faire. Il venait de me casser la jambe avec sa main.

Simplement avec sa main.

Son sourire glacial encore plus présent à chaque fois que je gémissais, sa peau aussi froide et dure que le marbre rendant les choses encore plus affreuses alors qu'une autre... qu'un autre monstre blond s'amusait simplement à m'érafler de ses ongles aiguisés.

Et le pire... Le pire était que je reconnaissais cette peau froide et glaciale, cette blancheur inhumaine... Oui, à travers eux, je reconnaissais les Cullen.

Ils n'étaient pas humains. A présent j'en étais persuadée.

« Ne compte pas sur ton cher et tendre pour venir te sauver, il est en train de faire de beau rêve. »

J'étais perdue. Je ne savais pas de qui elle parlait. A vrai dire, je ne pensais même pas comprendre ce qu'elle disait.

Je savais juste qu'ils leur ressemblaient, à la différence près des yeux. Leurs yeux. Leurs yeux d'un rouge sang. Des yeux qui m'avaient glacé à la seconde même où je les avais vus. Je ne savais pas pourquoi deux d'entre eux semblant particulièrement insistant, me regardant visiblement contrariés alors que j'étais seule contre vingt et totalement à leur merci.

Je n'étais pas morte. Voilà la seule chose que je savais. A la douleur qui arrivait de ma jambe, de ma tête, des griffures, je savais que je ne l'étais pas.

Je n'étais pas morte mais je savais que je n'allais pas tarder à sombrer. C'était pour bientôt. J'en avais la certitude à la vue de l'un d'entre eux s'approcher de moi, lentement, dangereusement, sadiquement, jusqu'à ce que nos visages soient si proches que j'aurais pu le toucher en bougeant ne serait-ce que d'un centimètre. Je n'avais pas la force de bouger mais j'avais la force d'hurler ; hurler véritablement pour la deuxième fois alors que ce... Ce monstre venait de s'asseoir sur ma jambe maintenant brisée.

J'avais mal. J'avais peur. Je n'attendais plus qu'une chose, m'endormir, ne plus avoir à souffrir, ne plus avoir à réfléchir, ne plus avoir à les voir. Et puis alors que j'allais fermer les yeux, je vis deux loups arriver. Comme si je n'avais pas assez de ses monstres, mes yeux s'étaient ré-agrandis d'horreur alors que j'en voyais un s'approcher de moi.

Je ne compris pas d'abord ce qu'il se passa quand je vis ce qui ressemblait à un loup roux mordre violemment le nouveau-né toujours assis sur ma jambe et le réduire en miette en quelques secondes, je ne compris pas immédiatement que le second, tirant sur le brun, s'était mis devant moi pour me protéger. Il me fallut du temps pour m'en rendre compte. Mais ces... Quoi qu'ils soient, ils étaient de mon côté.

Je me mis à pleurer. Je devais devenir cinglée. Pleurer parce que des loups mutants étaient en train de me protéger contre des monstres glacés...

Je ne vis pas vraiment ce qu'il se passait, l'une de ses bêtes, en même temps qu'elle me protégeait, m'empêchant de voir au-delà d'elle. La seule chose que je savais était que depuis leur arrivée, une fumée violette, âpre, désagréable et nauséabonde se dégageait à certains endroits.

A vrai dire, j'essayais simplement de me battre contre l'inconscience, la douleur ayant depuis longtemps dépassée le stade du supportable. On me protégeait, je ne pouvais pas simplement me laisser glisser, de peur de voir ou de vivre à nouveau des choses qui me terroriseraient.

Je ne le voulais pas. Je n'étais pas le genre de personnes prêtes à abandonner. Je n'abandonnerais pas, même dans cette situation... Impensable.

Je me concentrais autant que cela m'était possible sur le combat des "loups OGM" contre les "poupées de cire" comme j'avais décidé de les renommer faute de pouvoir trouver mieux. J'étais peut-être devenue folle mais cela me permettait d'éviter de trop réfléchir à la situation pour le moment. Je vis vite qu'il y avait clairement un problème de nombre, les « poupées de cire » semblant bien plus puissantes notamment en nombre et faisant se tordre de douleur lorsqu'ils le voulaient, le loup me protégeant.

Malgré le peu de lucidité qu'il me restait et la situation dans laquelle je me trouvais, je ne me mis pas à paniquer plus que je ne l'étais déjà lorsque celui qui m'avait brisé la jambe se rapprocha à nouveau de moi ; je savais que les loups n'avaient aucune chance de se battre, de me protéger et de survivre. Et à dire vrai, je leur étais déjà reconnaissante de ce qu'ils avaient fait pour moi et il était plus qu'hors de question qu'ils se sacrifient pour me protéger.

Je fermais les yeux, ne souhaitant pas voir ce qui allait m'arriver, ne souhaitant pas lui donner le plaisir de voir la terreur empreindre peu à peu mon visage.

Ainsi, je ne vis pas tout de suite un nouveau débarquement de personnes énigmatiques arriver. Je ne le vis que lorsqu'en attendant un choc inévitable avec le monstre qui s 'approchait de manière certaine de moi, ce choc n'arriva jamais et qu'incertaine j'avais à nouveau ouvert les yeux. Je ne discernais quasiment plus rien, je ne savais même plus si ce que je voyais était vraiment possible ou purement inventé d'une manière bien trop réaliste à mon goût. Et pourtant malgré mon état, je reconnus immédiatement la plupart de ces personnes. Je le reconnus. Incapable de réagir que j'étais, je savais pourtant que cette image ou plutôt ce contour incertain resterait gravée dans ma tête.

J'étais incapable de bouger, me battant pour ne pas montrer de signes de faiblesses plus éloquent alors que j'étais déjà allongée et recouverte de sang, sans même réussir à articuler quelque chose de compréhensible. Je ne vis pas comment la fin du combat se déroula. Peu à peu incapable de me focaliser sur un point, j'étais comme morte et pourtant consciente des choses qui se passaient autour de moi. Beaucoup se battaient, d'autres me soutenaient, me défendaient voire essayaient de me soigner. Je crois que ce qui me permettait de me raccrocher à la conscience était l'odeur dégagée par la fumée violette que j'avais déjà eu l'occasion de voir quelques minutes auparavant.

La conversation de fin, je n'en entendis pas un seul mot. Je ne sus d'ailleurs qu'il y avait une conversation qu'au son qui me parvenait sans pour autant aller jusqu'à en comprendre les mots. Edward était là. Edward était là... Devais-je en être heureuse ou apeurée ? A l'instant même, j'aurais été incapable de le dire.

J'eus le temps de me rendre compte que ma jambe avait été immobilisée à la douleur que je ressentis alors qu'on me la décalait légèrement. Ma tête avait beau avoir été recouverte d'une pâte visqueuse, elle continuait de saigner abondamment et j'avais tellement froid que pour moi le zéro absolu n'aurait pas été un problème. De toute façon mon corps ne répondait plus... Un pantin. Voilà ce que j'étais. Il me sembla apercevoir des cheveux cuivre semblable à ceux d'Edward sans pour autant en être sûre. Mon visage, ma peau, mes vêtements étaient recouverts d'une quelconque substance chaude à l'odeur non alléchante. Peut être mon sang... A vrai dire, c'était bien la seule chose dont j'avais encore conscience : l'état de mon corps. J'avais affreusement mal au dos. On essayait de me déplacer. Ma voix semblait coincée dans ma gorge alors que j'avais envie de crier ma douleur.

La dernière chose que je vis, en me battant pour entre-ouvrir mes yeux, fut l'homme qui me portait...

~...~

Je me rappelle m'être sentie totalement désorientée en me réveillant. J'étais... Et bien... Quelque part.

Je sus immédiatement que je n'étais pas dans un hôpital au vu de la pièce, spacieuse et décorée dans laquelle je me trouvais, de même qu'à l'absence total de l'odeur typique d'hôpital à laquelle j'étais malheureusement bien trop habituée.

Grommelant et remuant doucement, les yeux encore embués, je vis pourtant immédiatement la personne qui se trouvait à côté de moi... Edward.

Celui-ci ne bougeait pas du tout et si ses yeux n'avaient pas été ouvert, j'aurais pu croire qu'il dormait.

Et tout d'un coup, de manière flou et avec quelques incertitudes, je me rappelais de tout ce qui m'était arrivé. Ces espèces de loup bien plus grands que la normale, ces... Choses... Et eux. Alice, Rosalie, Emmet, Jasper.

Edward.

Cinq minutes et je repensais déjà à eux. Leur peau froide, leurs yeux, leur blancheur... A quoi il fallait ajouter le fait que je ne les avais jamais vus manger, leur vitesse incroyable, leur force tout aussi incroyable... Dire que je le réalisais seulement aujourd'hui...

Des vampires.

Le fait de le penser me paraissait déjà tellement énorme que je n'envisageais même pas de pouvoir le dire à voix haute pour le moment. Pour autant, je n'avais aucun doute. Qu'auraient-ils pu être d'autre de toute façon ?

Et puis... Ces loups de la taille d'un ogre... Eux non plus n'était pas des loups... Ordinaire... Mais ils m'avaient défendu. Je ne les connaissais pas et il m'avait défendu.

« Isabella, vous souvenez-vous de ce qu'il s'est passé ? »

Tournant la tête vers celui qui venait de parler, des images me revinrent en tête, réminiscences douloureuses de moment que je ne pourrais jamais oublier. Ma mère. L'accident. Le médecin. Moi, seule survivante.

Le médecin.

« Impossible... C'est tout simplement impossible... Je me souviens de vous... Comme ça... Là... Impossible... »

Le même qui m'avait annoncé la mort de ma mère, le même qui m'avait soigné quand Mike m'avait agressé. Le même médecin depuis le début. Le même physique depuis le début...

« A quoi réfléchissez-vous ?

- Je suis en train de calculer l'âge que vous êtes censés avoir et j'avoue que j'ai un peu de mal là. »

Je vis du coin de l'œil Edward esquisser un sourire sans pour autant y prêter plus attention que ça, toujours en pleine réflexion.

« On t'expliquera tout un peu plus tard Bella, mais avant raconte-nous ce dont tu te souviens. »

Je regardais Edward, peinant à sortir de mon mutisme et de cette soudaine découverte, tellement évidente finalement et pourtant si désappointante.

« Il y avait des... Des... Des animaux et des... Des... Poupées de cire. Des dizaines de poupées de cire ! »

Je n'avais pas osé dire mon point de vue sur ce dernier point. Tout ça paraissait tellement surréaliste... Je sais, il y avait de quoi me prendre pour une tarée bonne pour une cellule dans un asile psychiatrique. Mais prononcer "loups" et "vampires" était vraiment... Vraiment beaucoup trop compliqué pour moi pour le moment. Après tout, je n'étais qu'une humaine à qui on avait cassé la jambe après bien sûr m'être fait éjectée facilement contre un rocher... Il n'y avait vraiment rien de plus banal pour une fille telle que moi...

Alors que je discutais avec moi-même, les actes inconsidérés de ces "vampires" me revinrent en mémoire. Je pris alors seulement conscience de ce qu'ils m'avaient fait.

« Il m'a cassé la jambe ! Merde, mais il l'a fait en souriant ! D'une seule main ! Mais qu'est-ce qui s'est passé putain ? »

Je continuais, ignorant leur regard inquiet, trop absorbée par le flot de souvenirs qui me submergeait soudainement.

« Puis, j'ai vu d'autres poupées blanches mais... Mais… Mais c'était vous ! Vous tous ! »

Je relevais soudainement les yeux, pas tant choquée par ma prise de conscience, mais pour observer les réactions qu'ils auraient. Et je ne vis rien qui aurait pu m'indiquer que je divaguais ou qu'au contraire, je disais la vérité. Rien du tout. Ils ne bougeaient pas, me laissant le loisir de les regarder, chose dont j'aurais profité s'il n'y avait pas eu... Tout ça.

« Et puis il y avait cette fumée violette... Quelle horreur en y repensant... Jamais sentie une odeur aussi nauséabonde. Je pensais même pas que ça pouvait exister un truc pareil. »

Je me rendais compte de leur raideur de plus en plus importante au fur et à mesure de mes paroles. Ils étaient immobiles. Comme figés. Mais cela ne me faisait rien, je n'arrivais même pas à m'arrêter de parler. Il fallait que je parle, quoi qu'il puisse sortir de ma bouche. Je remarquais d'ailleurs qu'Alice n'était pas présente. Dommage, j'aurais vraiment aimé la revoir.

« On va te laisser te reposer. On reviendra plus tard, expliqua le docteur Cullen d'apparence similaire à celle d'il y a douze ans. »

Je me rappelle m'être demandée s'il se rappelait de moi, une patiente parmi tant d'autre d'il y a douze ans...

~...~

Je ne me suis même pas sentie m'endormir. Aussi ne savais-je pas, en me réveillant, combien de temps cela faisait-il que je m'étais assoupie. Mais je savais deux choses. De une, je me sentais beaucoup mieux, mentalement parlant, ce qui, au vu de mes dires de tout à l'heure, n'était pas le cas à ce moment-là. De deux, je pouvais affirmer que l'engourdissement de mes jambes, me dérangeait sérieusement. Prenant les béquilles posées à côté du lit, je décidais donc de me dégourdir un peu, ne pouvant plus supporter de rester simplement allongée dans un lit.

Voulant rejoindre le reste de la maisonnée, je me rendis compte que le chemin allait se corser lorsque je vis se dessiner un escalier, très beau certes, mais dans lequel je me voyais déjà perdre l'usage de ma seconde jambe. Autant dire que j'avais prévu d'y aller très doucement. Pas que l'idée d'avoir un porteur si jamais je me cassais les deux me dérangeait plus que ça, mais la perspective de devoir rester coucher la plupart du temps suffisait à calmer mes ardeurs.

J'allais entamer la descente des escaliers quand une tache cuivre attira mon regard sur ma gauche. Sursautant, je me rendis compte que cette tâche n'était rien d'autre qu'Edward, qui se trouvait maintenant juste à côté de moi.

« Je vais t'aider à descendre. »

Je n'eus même pas le temps de lui répondre que je me retrouvais dans ses bras, en bas des escaliers, avec mes béquilles. J'aurais pu faire la fière et au moins lui dire que j'aurais pu descendre toute seule, même s'il était trop tard, mais je ne pensais qu'à profiter au maximum de l'instant présent. J'avais survécu, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, à une attaque d'êtres que je ne pensais pas existant il y a une semaine. Me retrouver dans les bras de mon petit-ami, même si celui-ci était probablement un vampire également, me faisait me sentir... Bien. Il continua à marcher lentement cette fois-ci, moi contre lui portant mes béquilles, sans que nous ne nous quittions des yeux.

Il finit par me poser à terre cependant, une fois arrivée au salon. Je sentis la brulure de mes joues faire surface aux yeux qui se portèrent instinctivement sur nous. J'aurais dû penser plus tôt à l'effet que cela aurait forcément de débarquer dans les bras d'un Cullen à l'intérieur d'un salon remplie de Cullen. J'aurais aimé qu'Alice soit présente, elle aurait trouvé quelque chose pour me faire rire... Il ne manquait plus qu'elle pour qu'il ne manque personne dans cette pièce.

« Il vaudrait mieux que tu te mettes assise Bella, me conseilla la femme du docteur Cullen. »

Et même si la période de mon accident était floue par instant, je n'aurais pas pu ne pas la reconnaitre. Je me rappelle encore très bien des fondants délicieux qu'elle me faisait alors que j'étais encore à l'hôpital, fondants que jamais personne n'a encore égalé à ce jour.

« J'aimerais rester debout, même lors des grandes nouvelles, répondis-je en lui souriant. »

Ne délivrant rien de mes précédentes pensées pour le moment, je fis en sorte de bien montrer au Cullen que je n'étais plus à ménager, que j'allais mieux qu'à mon premier réveil, que d'ailleurs, je savais déjà plus ou moins ce qui m'attendait au détour de cette conversation. Cela en étonna toute la famille, même si je pus à nouveau percevoir le mince sourire s'étirant sur les lèvres d'Edward.

Je vis la mère d'Edward hocher la tête juste avant que le docteur Cullen n'enchaîne :

« Ce que nous avons à te dire risque de te choquer. Mais à la vue des récents évènements, il me semble que nous ne pouvons plus l'éviter. J'aimerai toutefois que tu me promettes que jamais tu ne parleras de ce qui va être dit à qui que ce soit...

- Carlisle ! Répondis Edward, visiblement indigné.

- C'est nécessaire d'en être sûr Edward ! Répondit son père. Et tu sais pourquoi. »

Je ne saurais probablement jamais ce qu'il s'est passé entre eux à ce moment-là. Pourtant, je sus que les paroles du père avaient fait mouche dans l'esprit d'Edward. Passant au-delà de ma curiosité, je repris :

« Je ne dirais rien, je vous le promets. Vous savez, je me pose des questions sur vous depuis pas mal de temps et je n'en ai jamais parlé non plus. Votre secret est bien gardé, soyez-en sûrs.

- Nous te croyons tous Bella, répondis Edward en fixant un par un chacun des membres de sa famille.

- Dans ce cas, j'aimerai vous faire part de mon raisonnement. »

Je n'avais pas peur. Aussi fou que ma situation puisse paraitre, je n'avais pas peur de l'idée de me retrouver dans une pièce d'êtres qui auraient probablement pu me tuer sans même que j'ai le temps de m'en rendre compte. Je les connaissais tous et jamais leurs agissements n'avaient trahi la moindre hostilité envers moi, simple humaine. La moindre des choses était de leur rendre la pareille. Car j'aimais d'ores et déjà cette famille pour ce qu'elle était.

Toute la famille hocha la tête. Il me sembla qu'ils s'étaient tous plus ou moins redressé, mais je n'y fis pas plus attention. Après tout, il ne fallait pas être devin pour savoir qu'ils ne devaient pas entendre souvent ce que je m'apprêtais à leur dire.

« Vous êtes incroyablement... Beau, votre peau est froide... Trop froide... Et elle a la dureté du marbre. Votre force et même je pense votre vitesse sont extraordinaires. Je ne vous ai jamais vu manger, vos yeux sont d'une couleur dorée qui n'existe pas chez les humains... »

Je vis l'étonnement se refléter dans plusieurs regards. A mon avis, personne chez les Cullen ne pensait avoir laissé autant d'indices. S'ils avaient été humains, je suis sûre qu'ils auraient eu droit aux caractéristiques sueurs chaude et froide auxquelles nous sommes habituées.

« Mis bout à bout, tous ces indices ne m'ont pas vraiment laissé de place pour douter... »

Aussi étrange que cela puisse paraître, j'aimais la sensation que me procurait cet instant. Toutes les personnes présentes étaient totalement suspendues à mes lèvres, attendant la suite de mes paroles. Attendant la conclusion de mon raisonnement.

« Vous êtes des vampires... N'est-ce pas ? »

Malgré le fait que j'en aie douté depuis quelques temps, énoncer à voix haute mes suspicions les plus importantes eut pour effet de me refroidir partiellement. Dit comme ça, tout semblait beaucoup plus réel. J'étais amie avec des êtres hors du commun. Des êtres qui auraient pu me tuer mille fois. Des êtres qui m'avaient en fait sauvé plusieurs fois.

Ils n'eurent pas besoin de confirmer, leur absence de réponse suffisant amplement. J'avais raison.

Ils m'expliquèrent tour à tour leur histoire. Pourquoi ils avaient été transformés lorsqu'ils s'en souvenaient. J'appris ainsi qu'une simple morsure suffisait à la transformation. Transformation qui s'avérait extrêmement douloureuse. C'était dingue. Personne sur terre ne soupçonnait l'existence de ces êtres qui en une seule morsure, pouvait à jamais faire passer un mortel au statut d'immortel. Ce simple fait m'arracha des frissons. Se trouver en présence de vampires étaient déjà assez rare comme ça, s'il fallait y ajouter la manière de le devenir et la souffrance occasionnée par cette manière, cela devenait tout bonnement un peu trop fantastique pour moi d'un coup.

Carlisle expliqua ainsi par la même occasion à sa famille que c'est par peur des représailles qu'il avait demandé aux loups de seulement repousser et non tuer les Volturis.

Décidant finalement de m'asseoir pour la fin du récit, je fus rejointe par Edward, celui-ci posant ouvertement sa main sur ma taille, me déconcentrant par la même occasion l'espace d'un instant.

« Je me rappelle de toi quand tu n'étais encore qu'une petite fille. Tu es devenue une magnifique jeune femme, Bella... Enonça soudainement Esmé. »

Les paroles de la mère adoptive d'Edward me touchèrent beaucoup. Elle se souvenait donc de la petite fille d'il y a douze ans... Un sourire sincère étira mes lèvres avant que je ne lui réponde :

« Je me souviens encore de votre fondant au chocolat...

- Je pourrais t'en faire un si tu veux, me répondit-elle en souriant également.

- Un seul ? J'espère que ce n'est que pour aujourd'hui alors ! »

~...~

Je suis rentrée chez moi deux jours plus tard. Mon père toujours à l'hôpital, Alice toujours pas de retour, j'eus beaucoup de mal à les convaincre de me laisser regagner la maison. Mais ils ne pouvaient pas me retenir éternellement et je n'avais pas l'intention d'abuser de leur hospitalité plus longtemps.

Si j'avais su ce que j'y trouverais, je serais rentrée plus tôt. Si j'avais su, je serais venue avec Edward. C'était tellement difficile de voir ça toute seule, de lire ça toute seule, de devoir réagir seule.

La feuille en question se trouvait sur mon lit. Ne m'en étant d'abord même pas rendu compte, il était évident qu'elle avait été mise suffisamment en avant pour être trouvée rapidement. Avant même que je ne commence à lire ce qu'il y était marqué, ma tension devait avoir chutée dangereusement. Cette écriture, je l'aurais reconnu entre mille.

Alice.

Bella,

Sache que je suis désolée de te mettre dans cette situation. Mais je n'avais que chez toi pour poser cette lettre, de sorte à être sûre d'avoir un peu de temps avant que ma famille ne se rende compte de ce qu'il se passait réellement.

Je n'ai pas eu le choix, c'était moi ou vous... Toi, Jasper... J'ai vu ce qui allait arriver, je ne l'aurais pas supporté. Tout aurait été de ma faute.

Je ne perds pas l'espoir de vous revoir un jour. Je trouverais un moyen. En attendant, ne me cherchez pas. Et surtout toi Jasper. Je tiens trop à toi. Plus que ma propre vie d'immortelle.

Je t'aime, je vous aime tous, n'en doutez jamais.
Alice.

Les larmes coulaient. Comment aurais-je pu les retenir ?

Alice...


Stephenie's property.

Et enfin, voilà le chapitre 10 ! Avouez que nous n'aviez plus d'espoir hein ? Mais non, il est là et en pleine forme !

Je remercie tous ceux qui me lisent, me suivent et me reviews. J'espère que vous serez nombreux à apprécier ce chapitre autant que les autres !

Bonne lecture,

C. Kotomi

Ps : Je prends toujours des propositions de résumé. Si vous avez une idée, n'hésitez pas !