Vendredi, c'est ravioli !(selon ma béta) Mais c'est surtout, le jour ou la suite de "Pourquoi moi" est postée
D'ailleurs si quelqu'un connait cette expression quelque peu foireuse, qu'il se manifeste :p
C'est donc parti pour le prochain chapitre ! Toujours un grand merci à ma chère et tendre Béta, Nathdawn :) ainsi qu'a J K Rowling, of course
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CHAPITRE 9
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POV Draco
Un mois plus tard, vendredi soir.
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Un mois s'est écoulé depuis que les cours ont commencé, et aujourd'hui est le premier jour de vacances, ce qui veux dire que c'est le grand emménagement pour Potter, donc pour moi aussi.
Et oui, j'emménage chez Potter. Le monde ne tourne franchement pas rond. Heureusement, les travaux urgents de la maison ont pu être finis. Pas que je sois difficile hein, mais je la trouvais franchement glauque.
Maintenant que je suis sur le seuil de la porte, je peux vous dire qu'elle est plutôt pas mal. Pas encore totalement finie certes, mais on peut au moins y vivre sans avoir peur de se faire attaquer par je ne sais quels bestioles ou sortilèges. J'en aurais fait des cauchemars à y vivre je vous assure, c'était une maison qui puait l'insécurité.
« Potter, on fait comment avec les chambres ? Qui prend laquelle ? »
« Il y a les deux voisines au rez-de-chaussée. C'est le plus simple, comme l'étage n'est pas fini… Prends celle que tu veux, je m'en fiche. »
J'emmène les quelques affaires amassées au cours de ces derniers mois avec celles que j'ai réussi à récupérer de mon manoir dans une des chambres. Elles sont toutes les deux reliées par une salle de bain, belle, grande, et propre. Rien à voir avec l'horreur qu'i l'étage. Les chambres aussi sont bien. Une grande fenêtre nous montre le Londres moldu, bien qu'eux ne puissent pas nous voir.
« Tiens Malfoy, voici les draps et couvertures pour ton lit. »
« Merci Granger. »
Elle me le dit avec un grand sourire, comme beaucoup de chose ces derniers temps. Pourquoi veut-elle à tout prix être aimable avec moi ? Il y a eu un drôle de changement, pas bien gros, mais suffisamment pour que je le remarque.
Granger me regarde beaucoup, et Potter aussi. L'une sérieusement, comme s'il était écrit sur mon visage l'une des grandes réponses sur le fondement de l'univers, le pire c'est que j'ai l'impression que parfois elle trouve. Et l'autre dans la lune, il y a toujours été un peu, mais la différence c'est que là je suis quasiment sûr d'en être la cause. Bien qu'ils essaient d'être relativement discrets, ils ne le sont pas du tout. On peut pas trop en vouloir à des Gryffondors en même temps…
Je sens gros comme une citrouille qu'il y a eu une discussion entre eux me concernant. Et que cette discussion les faits réfléchir tout les deux. Parce que c'est moi qu'ils regardent, j'suis quand même pas en train de devenir parano !
Granger est loin d'être bête, elle a eu mainte fois l'occasion de me le prouver. Elle sait faire autre chose que la "miss je sais tout" en cours. Elle comprend les livres, mais aussi les personnes, bien que ça puisse être vexant d'être considéré comme un simple spécimen inconnu, dont il faudrait réussir à découvrir toutes les facettes de ses meurs et de sa personnalité.
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Je retourne dans le salon où les autres sont en train de parler.
« Vous êtes sûrs de ne pas vouloir rester ce soir ? »
« Oui oui Harry, on a quelques truc à faire. »
« Ah bon ? Quoi Hermione ? »
« Voyons Ron… Tu le sais très bien… Aller, bisous Harry, Malfoy, à plus tard. »
Encore un de leurs trucs bizarres.
Non, les Gryffondors ne savent pas jouer la comédie, surtout quand l'un des acteurs n'est vraisemblablement pas au courant, et n'a pas l'intelligence nécessaire pour rentrer dans le jeu.
En parlant de Weasley, lui aussi a quelque peu changé vis-à-vis de moi, maintenant, il arrive, parfois, à me parler. De courtes phrases, mais c'est déjà un grand avancement. Je lui en demande pas plus, en même temps.
« Bon bah… voilà, on est seuls. », me dit Potter.
Je tourne la tête et le regarde, il n'a pas bougé de place, regarde toujours la porte par la quelle ses deux amis viennent de sortir.
Essaie-t-il de meubler l'atmosphère ?
« Oui… »
Pourquoi je me sens mal à l'aise maintenant… C'est à cause de leurs histoires, leurs cachoteries sur mon dos, tout ça…
« On fait quoi, Potter ? On va pas rester plantés dans le salon quand même, non ? »
« Nan c'est vrai, tu veux faire quoi ? J'ai des jeux de société, la télé… Ou sortir même ? »
« Je veux bien sortir, manger un truc aussi. »
« Ok, t'as déjà mangé un kebab ? »
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C'est en effet la première fois que je mange un "Kebab". Sur le coup je me suis dis pas mauvais, mais au moment ou la sauce a décidé que finalement, elle serait sûrement mieux sur ma veste que dans le sandwich, j'ai beaucoup moins aimé.
Je n'avais jamais fait de balade "touristique" dans le Londres moldu, mes parents les ayant toujours méprisés au plus au point. Pour ma part je trouve ça plutôt agréable. Dire que je me fichais des mômes quand ils venaient tout juste de découvrir le monde magique, maintenant c'est Potter qui se fiche de moi à chacune de mes exclamations.
Je connais très peu le monde moldu en général. J'ai toujours vécu retranché derrière des barrières ou ils n'avaient absolument pas leur place. Mais c'est pas plus mal, car maintenant j'ai l'impression de revivre une deuxième enfance. Quand j'étais petit, je m'extasiais devant un sortilège où papillons, oiseaux et lapins sortaient d'une baguette, maintenant, c'est devant les affiches lumineuses et clignotantes, les feux de signalisation et leur rigueur à laquelle toutes ces voitures et piétons se plient.
« Un cinéma, ça te tente ? »
« Heu, c'est des salles ou on regarde des films, non ? »
« Ouais, y'a un super film d'action que j'aimerais voir. »
« Et c'est avec moi que tu veux le voir ? Pas avec la belette et Granger ? »
« Pourquoi ? Tu veux pas ?, me dit il dans une moue boudeuse, j'aime bien te voir t'extasier devant tout ça, je suis impatient de voir ta tête devant un film avec des explosions et tout. »
« En fait tu veux te foutre de moi, c'est ça ? »
« Mais non… Ca me fait plaisir de te voir comme ça, c'est tout. »
« Arrête de dire des trucs bizarres comme ça Potter, vous avez quoi tous, en ce moment ? »
« Ok ok, pas de film, on va rentrer, aller se poser chacun dans son coin en faisant la gueule jusqu'à demain, c'est ça que tu veux ? »
Il commence à s'éloigner appliquant vraisemblablement une des propositions qu'il vient d'énoncer, faire la gueule. On passait une bonne soirée et voilà qu'on s'engueule… Pourquoi faut toujours que ça dérape. Je le rattrape et l'arrête en le tenant par le bras.
« Mais attends Potter, pourquoi tu t'enflammes comme ça ? »
Il s'est arrêté mais fuit mon regard.
« Je…je suis désolé, j'sais pas pourquoi j'ai réagis comme ça. Il tourne la tête et me regarde en souriant à présent. Viens, y'a une petite fête foraine qui s'est installée par là-bas, ça va être marrant.
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Lendemain matin
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Après cette étrange dispute, on s'est bien amusés. Bon, j'ai vite compris que je n'aimais pas tellement les manèges qui tournent trop vite, ni ceux qui sont trop haut, j'ai pas assez confiance dans les moldus pour leur confier ma vie comme ça, nan mais oh! On a gagné plein de lots inutiles avec des machines à jetons, manger plein de barbes à papa, bu avec modération , rigolé, puis rentré en s'affalant chacun dans notre lit pour s'endormir dans les secondes qui ont suivies.
Première sortie seul avec Potter, réussie ! youhou !
Bon, mis à part cet enthousiasme débordant j'ai la dalle. C'est la seule chose qui me force à me lever, je resterais bien ici, sous les couettes… J'ai l'impression de vivre en couple avec Potter, j'imagine le trouver à table, avec les croissants et chocolat chaud fumant dessus…
Tout en me levant, j'espère sincèrement que ce ne soit pas le cas.
Potter dort toujours apparemment, je prends donc mon petit déjeuner, et vais me préparer. Une fois fait, je m'approche de la cheminée avec une poignée de poudre de cheminette dans la main, la lance, et prononce Prinsflow.
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Depuis la rentrée, je vais voir chaque semaine mon père dans sa nouvelle prison. Si on peut appeler ça comme ça. Les prisonniers sont seuls ou deux maximum par chambre, et de grandes fenêtres illuminent généreusement les murs clairs des différents couloirs. On peut voir à travers celles-ci le parc où les détenus peuvent sortir. Même les nombreux gardes semblent être de bonne humeur.
Qu'est-ce-que Potter a bien pu faire pour que mon père se retrouve dans un tel endroit ?
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Arrivé à l'accueil, je demande à voir Lucius Malfoy. Une fois mon nom marqué sur une fiche, j'avance ensuite vers une porte gardée, montre le pass que l'on m'a donné, puis me dirige seul vers la chambre que père occupe. Je toque, et entre sous son invitation. Il sait déjà que c'est moi, routine hebdomadaire à présent.
Il est assis sur une chaise, un livre posé sur les genoux et regarde par la fenêtre, comme à chaque fois.
« Bonjour père. »
« Bonjour Draco. »
Depuis que je suis enfant, je n'ai eu que peu d'occasions pour parler à mon père. Il se contentait de me demander chaque trimestre si j'avais "enfin" réussi à dépasser la sang de bourbe dans chacune des matières que l'on partageait. La réponse étant la plus part du temps non, je m'appliquais à l'éviter le plus possible, lui, ou son regard lors des repas. Bref, le genre de relation tendue quoi.
On parlait politique, codes et devoirs en tant que sang pur. Et c'est tout. On peut dire qu'on avait le contact super facile et que les sujets de conversations ne manquaient vraiment, mais alors vraiment pas, hein…
Depuis qu'il est ici, ses fameux sujets de conversations n'ont plus vraiment lieu d'être. La guerre pour ses idéaux étant perdue, et sa vie "aimablement" sauvée par le camp adverse, il l'a met en veilleuse. Pas qu'il ait changé de point de vue, il voit juste que ce n'est pas le moment.
« Comment s'est passée ta semaine, mon fils ? »
Je ne sais pas si c'est parce que le seigneur des ténèbres est irrémédiablement mort, mais en tout cas à présent, il y a assez de place pour aborder de nouveaux sujets de conversations.
Cette simple phrase n'avait jamais franchi ses lèvres avant qu'il soit ici. Tellement de personnes ne prêtent pas attention à ce genre de petites marques d'attentions, elles font sourire, voir exaspèrent, mais quand on n'en a pas, on se rend compte du manque que cela entraîne. Et cette simple phrase, prononcée à présent chaque semaine, agit comme une sorte de pansement sur notre relation, fissurée depuis longtemps.
Bien entendu, je sais qu'il faudra beaucoup de temps pour que l'on puisse nouer un lien, en espérant que ce ne soit pas trop tard. Mais chaque semaine j'essaie, je veux le voir me regarder, me sourire, qu'il me prête enfin l'attention qu'un fils attend de son père.
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Au milieu de la nuit.
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Je me réveille en sursaut au milieu de la nuit. C'est quoi ce bruit ? Quelqu'un marche.
« Malfoy, t'es réveillé ? » Entendis-je chuchoter à travers la porte.
Rah mais quel abruti ! Il m'a fait peur !
« Quoi ?! »
« T'entends pas du bruit ? »
« Je t'entends surtout toi, Potter. »
« … Je suis sûr d'avoir entendu du bruit vers la cuisine, je vais voir. »
Quoi ?! du bruit dans la cuisine, c'est quoi cette connerie ? Je me lève et entre-ouvre ma porte.
« Potter ! T'es sûr de vouloir aller voir au milieu de la nuit ? C'est p'tête dangereux ! », lui dis-je en chuchotant, un peu paniqué aussi. Je savais bien qu'il y avait quelque chose qui clochait avec cette baraque !
« Je te demande pas de venir tu sais. »
« Heureusement ! Mais attends, arrête d'avancer ! Si tu lâches une bête féroce et qu'elle te bouffe, j'fais quoi moi ?! »
« C'est pas une bête féroce, c'est un chuchotement, …, attends, écoute. … T'entends rien là ? »
Je suis toujours derrière ma porte avec la tête dans l'entrebâillement.
« Non, j'entends rien… »
« Moi j'entends, j'vais voir. »
« Att- Nan ! Potter ! »
Je reste en alerte, dans le noir, attendant une réponse ou un cri de sa part. Pourquoi rester dans le noir d'ailleurs ? J'allume la lumière de ma chambre, je ne me risque pas encore en dehors, on sait jamais.
Au bout de plusieurs minutes, n'ayant toujours rien entendu, je me risque à le rappeler.
« Potter ! T'es mort ?! »
« Nan, j'ai découvert une autre cache, viens voir. »
« T'es…t'es sûr ? »
« Ouais, j'pense pas que qu'il y ait un danger, elle à déjà été vidée. »
Traversant la salle à manger, puis la cuisine, j'arrive dans une arrière salle ou l'on stockait entre autre, la nourriture. Un pan de mur de la taille d'une porte a en effet disparu. Je m'avance, prudemment. Potter se trouve dans une petite pièce avec diverses étagères vides et en son centre, un pupitre vide, lui aussi. Il est posté devant celui-ci et le regarde en fronçant les sourcils.
« C'est quoi ? »
« On dirait qu'il y avait un grimoire posé ici. »
Après m'être avancé pour regarder, je remarque en effet l'empreinte d'un gros livre imprimée dans l'énorme couche de poussière.
« Oui, on dirait. »
« Ce qui est bizarre, c'est que j'ai aidé le ministère à en ouvrir un, et le seul moyen, était de prononcer la formule en fourchelang. »
« Doit y'en avoir des tonnes de grimoires qui parlent de magie noir, ça veut pas dire que c'était lui. Et puis quoi, de toutes façons ? Même si ça l'était, ça changerait quoi ? »
« Je ne sais pas… Je suis curieux du coup. »
« Sois pas trop curieux quand ça concerne la magie noire Potter, un conseil. Pis c'était quoi les chuchotements que t'entendais ? »
« Du fourchelang justement, je crois. »
Cette réponse me fit froid dans le dos. Il y a eu très peu de sorciers dans l'histoire à savoir le parler, et aucun ne me semble vraiment amical.
« Potter ça craint alors. On bouge. »
« Regarde, il y a des serpents là, ils me parlent. »
Je tourne d'un coup la tête, deux serpent sont gravés sur le mur, au milieu de ce qui semble être une écriture, la couche de poussière recouvrant le tout, empêche de bien voir. Je vois Potter s'avancer, levée la main dans le but évident de retirer la poussière. Mais il est taré !
« Ne touche à rien Potter ! T'es cinglé ou quoi ?! », lui dis-je en lui attrapant le bras, l'arrêtant dans son geste.
Il se met alors à parler dans un dialecte sifflant, semblable à des bruits de choses glissantes au sol, je ne sais pas si ça vient de l'ambiance angoissante ou bien de cette pièce, ou même si mes souvenirs du lord noir n'y jouent pas un rôle, mais j'ai l'impression que ces choses me grimpent dessus, glaçantes, qu'elles montent le long de mes jambes, s'enroulent autours, remontent le long de mon dos, de mon torse et m'enserrent la gorge. Je me mets à trembler, je le revois parlant à Nagini, je l'entends siffler de la même façon que Potter est en train de le faire. Ma main est toujours sur son poignet que j'avais attrapé, dès qu'il remarque que je me sens vraiment mal, il s'excuse, m'attrape la main et nous sortons de cette pièce. Je suis toujours dans un état second, et y resterai jusqu'à ce que nous arrivions dans le salon, là, il m'assoit sur le canapé, lui à côté de moi, ma main toujours dans la sienne.
Au bout de quelques secondes, j'arrive à me reconnecter au moment présent, mais me vois obligé de me lever d'un coup pour aller dans la salle de bain. Cette sensation glaciale, nauséabonde, toujours présente dans mon corps, j'ai l'impression de vider mes tripes dans la cuvette des toilettes.
Quelques minutes plus tard, après m'être rincé la bouche et passé de l'eau sur le visage, je me retourne vers Potter sur le pas de porte.
Je tremble toujours, les sueurs froides m'ont glacé jusqu'aux os.
« Excuse-moi, je n'avais pas remarqué que tu n'allais pas bien… T'as besoin de quelque chose ?»
« … Je vais prendre une douche, je crois. »
« D'accord, appelle-moi surtout, si t'as besoin. »
Il se retourne et sort tout en me regardant avec inquiétude.
Alors que l'eau chaude ruisselle sur mon corps, je me rends compte qu'elle n'arrivera jamais à me faire oublier cette sensation qui me tord les entrailles et me glace le sang dès que je repense à cette période de ma vie. Enchainé jusqu'à la mort. Cette révélation me démoralise à tel point que des larmes de dépit se mélangent à cette eau pas si salvatrice que ça.
Lorsque je sors de la salle bain, Potter est dans le salon, sur le canapé avec un chocolat chaud entres les mains. Je m'assois face à lui et me prends la tête entre les mains, accoudé sur la table.
« Tu veux un chocolat ? »
Je relève vaguement la tête et lui réponds d'une voix lasse :
« Pourquoi pas. »
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Quelques minutes passent dans un silence entrecoupé des bruits que l'on faisait on buvant notre boisson. Une fois celles-ci finies Potter reprend la parole.
« Tu veux jouer à la console ? »
Et puisque de toutes manières je n'avais pas envie d'aller me coucher, ni de parler, je lui réponds, pourquoi pas...
Je ne sais pas si vous connaissez Crash Team Racing mais c'est plutôt marrant et facile à prendre en main, heureusement pour moi. Ca se joue à deux et c'est assez difficile pour te garder concentré dessus. Exactement se dont j'avais besoin. On a joué jusqu'au matin, puis on s'est endormis chacun sur un canapé après que Potter ait ramené des couvertures. Je n'avais pas envie de dormir seul dans une chambre.
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Mais que se sont bien raconté Harry et les serpents ? Hahaha, réponse au chapitre suivant ! :)
Bizouilles !
