~ Une vie pas comme les autres ~

Arc 2

Chapitre 11

En enfer


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Vive les 50 fans !

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Du côté d'Alice

Les journées passent étrangement ici...

Trois mois. Cela faisait trois mois que j'étais partie. Pour eux. Comment avais-je pu accepter ce marché ? Comment avais-je pu les laisser en plan, même si c'était pour les sauver, sans aucune explication ? Une lettre. Juste une lettre, voilà ce que j'avais laissé derrière moi. Qu'en avaient-ils pensé ? Et que faisaient-ils maintenant ?

Trois mois. Depuis ce jour maudit et maussade d'octobre, il m'a été impossible de les voir, impossible de leur parler, impossible d'avoir des nouvelles, même par téléphone. Evidemment, cela aurait été trop beau. Ils ne m'avaient rien laissé, même pas le droit de sortir. Je n'avais pas vu le soleil depuis ce jour maudit d'il y a trois mois. Je n'avais pas souri non plus depuis ce jour maudit d'il y a trois mois.

Et une journée de plus.

Trois mois. Cela faisait aussi trois mois que j'avais cessé de me nourrir. Plus de force pour marcher depuis des semaines, même plus la force de me lever depuis quelques jours. A peine celle de bouger. Pourquoi faire de toute façon ? Jamais je ne les laisserai gagner sur ce terrain. Jamais je ne les laisserai me faire me nourrir de sang humain. Quand bien même j'avais dû assister à certains de ces massacres, résister à une odeur de sang si forte que mon corps en tremblait, je n'avais pas lâché. C'était la dernière partie de moi qu'ils ne m'avaient pas encore prise, alors je ferais tout pour la préserver, quitte à en mourir. Mourir ? Était-ce vraiment si malheureux pour moi maintenant ?

Et une journée de plus.

Trois mois. Et j'avais l'impression de sombrer dans la folie, au point de penser parfois, regretter de m'être sacrifiée, parce que je ne méritais pas d'endurer tout ce qui m'arrivait. Puis m'en vouloir pour de telles pensées, et souhaiter mourir à la place. En fait, ce n'était pas une impression. Mes moments de lucidité se faisaient de plus en plus rare. Je ne devenais que ce qui était dans ma nature, un monstre ne pensant plus qu'à se nourrir, et résistant à s'épuiser à ses instincts les plus primaires, alors que toutes les semaines, ce monstre pouvait entendre des dizaines d'hommes et de femmes se diriger, inconscients, dans une salle qui serait pour eux leur tombe. Et à chaque fois, Félix venait me redemander si j'étais sûre de ne pas vouloir manger. Chaque fois, je lui répondais que non, d'un ton si méprisant que je voyais automatiquement son regard s'assombrir sous l'atteinte. Alors la plupart du temps, il partait, laissant la porte de ma chambre déverrouillée, tout en restant devant au cas où j'aurais pensé à m'enfuir.

Car bien évidemment, j'avais déjà tenté de m'enfuir. Plusieurs fois. Jusqu'à ce qu'on me fasse comprendre que ça n'était vraiment pas dans mon intérêt. Jusqu'à ce qu'il me le fasse comprendre. Des frissons désagréables traversèrent mon corps de part en part, alors que je me recroquevillais sur moi-même. Plutôt mourir qu'un jour devoir affronter ce qu'il s'était passé ici devant lui...

Et une journée de plus.

Trois mois. Trois mois que je fais des « cauchemars » lors de mes phases d'absence. Ces phases, de plus en plus longues, qui me donnent l'impression que je m'endors. Comme si d'une certaine façon, je renouais avec l'humaine que j'avais pu être il fut un temps. Mais quelle manière de renouer… Cet enfer, la torture d'entendre des choses auxquelles je finis par m'habituer. Cette haine de moi quand parfois, je ne considère plus que ça comme un bruit de fond…

Et une journée de plus.

Je me sens incroyablement mal. Vouloir mourir, toujours ça, j'en reviens toujours à ça. Ne plus avoir à subir cette situation, ne plus avoir à me souvenir. Dire qu'il n'y a pas si longtemps, je me plaignais de ne pas avoir assez de vêtements. Je donnerais n'importe quoi pour remettre ne serait-ce que ma nuisette préférée, rien qu'une seule nuit, à la place de ce chiffon complètement déchiré dont l'on m'a revêtu... Une punition pour mon mauvais comportement apparemment. Comme si le fait de ne plus porter de vêtements tenant la route était ma préoccupation ici...

Et un jour de plus.

Dire qu'il n'y a pas si longtemps, j'avais un homme aimant à mes côtés continuellement. Aujourd'hui, j'aurais été prête à supplier à genoux pour le voir seulement quelques minutes. Lui parler. Le serrer dans mes bras. Et je l'aurais fait si je n'avais pas su que cela serait vain. Ils n'avaient aucune pitié.

Et une journée de plus.

Plus je pense à lui, plus j'en souffre. Et tout le monde sait que c'est lorsque l'on ne veut pas penser à une personne que celle-ci reste ancrée dans notre tête. Je ne le reverrai plus jamais. Et même si je le revoyais un jour, je ne pourrais plus jamais le regarder dans les yeux. Pas après ce que l'on m'a fait ici. Jamais je ne pourrais l'assumer. Jamais je ne pourrais risquer de lire le désarroi, la honte et la trahison dans son regard. Et si l'on avait pu m'accorder un dernier souhait, cela aurait été celui de passer une journée avec lui, avec eux. Tous ensemble. En ayant oublié tout ce qu'il se passe maintenant. Mais c'est impossible.

Et une journée de plus.

Avais-je trop goûté au bonheur pour que l'on me l'ait retiré d'un seul coup ? Où était-ce parce que j'avais été la plus heureuse des femmes que j'avais pu ainsi les abandonner pour les sauver ?

Et un mois de plus.

~...~

4 février. 4 mois de captivité. J'ai mal. J'ai froid. J'ai chaud. Je perds la tête je crois. Pour eux, j'étais devenue aussi résistante qu'une brindille. Face à mon état de fatigue extrême, Démétri et Félix, mes deux principaux gardes, avaient commencé à se faire plus complaisant. Je ne doutais pas que les ordres venaient de haut dessus, jamais ils n'auraient fait d'effort si cela ne tenait qu'à eux.

Je me mis à glousser. Aro, Caïus et Marcus ne devaient pas tenir à ce que je meurs de dessèchement. Ils me laisseraient peut-être même le droit de chasser, si j'avais un peu de chance. De la chance ? La chance de me sentir mieux ? Mon sourire s'effaça. En voulais-je vraiment de cette... Chance ?

J'aurais aimé oublier le monde qui m'entoure. Une fois. Rien que quelques heures. Pouvoir me déconnecter. Comme une machine. Et puis j'y ai pensé : la boîte. Prise d'un sursaut soudain, je l'ai sorti de sous mon lit. Ce n'est pas qu'ils n'étaient pas au courant de ce que j'y avais mis, c'était simplement que je ne voulais pas la laisser visible à l'œil nu. Comme si à l'ombre de mon lit, personne ne pourrait jamais l'atteindre et le soupçon de vie qu'il me restait encore serait épargné. Et j'en avais besoin. Je les sortis un par un.

Le bracelet qu'Edward m'avait offert pour mon quatre-vingt-dixième anniversaire.

Les boucles d'oreille préférées de Rose.

L'un des colliers d'Esmé.

La bague blanche de Bella.

L'une des montres d'Emmett.

L'écharpe de Carlisle.

Autant d'accessoires que j'avais pris le jour de mon départ et qui aujourd'hui avait autant de valeur que ma vie. Des accessoires qui me permettaient de ne pas oublier qui j'étais. D'où je venais. Tout ce par quoi j'étais passé. Tout ce par quoi je passerais encore pour les protéger. Et le plus important : Mon alliance. Une bague qui me permettait de ne pas oublier que j'avais été aimé, par un homme exceptionnel. Et bien qu'aujourd'hui, je ne méritais plus cet homme, il occuperait toujours mon cœur. Je la mis à mon annulaire gauche, la faisant tourner sur elle-même, observant le petit diamant discret qui semblait totalement détonner d'avec la pièce dans laquelle je me trouvais. Elle était magnifique.

Allongée sur le lit, je continuais d'observer les objets que j'avais empruntés à ma famille un par un. Ils me permettaient de me souvenir de moments de vie indispensables à la survie de mon âme ici. La demande en mariage de Jasper en premier lieu. La crise de Rose lorsque j'avais eu la mauvaise idée de mettre l'une de ses paires de boucle d'oreille sans lui avoir préalablement demandée l'autorisation. Ma rencontre avec Bella. Les repas de famille, les sorties shopping, la chasse...

Alors tu veux simplement l'abandonner ?

L'attaque.

Il nous faut de l'aide.

Ma famille.

Il faut les attirer en dehors de la ville pour protéger au maximum les humains.

Jasper.

Nous y serons dans trois jours.

Je me redressais subitement, les yeux écarquillés de terreur face à la vision sans équivoque que je venais d'avoir. Ils arrivaient. Ils venaient pour moi.

Et ils défiaient le plus puissant regroupement de vampires sur son propre territoire. Voltera.

Ils ne pouvaient pas faire ça. Ils ne pouvaient pas risquer de mourir, alors que j'avais accepté ma détention d'aujourd'hui pour que cela n'arrive pas. Je me mis à sangloter, sans qu'aucune larme ne puisse couler de mes yeux.

Nous y serons dans trois jours.

Pourquoi... Pourquoi devaient-ils venir ici ?

~...~

Je ne savais plus quoi faire, tournant en rond dans mon lit, désespérée. Ils viennent à Volterra.

Ils viennent à Volterra.

Effleurant doucement les objets, un sourire apparu sur mes lèvres. Mais disparu aussitôt. Je ne pouvais pas nourrir d'espoir dans leur venue. Je ne pouvais même pas espérer qu'ils viennent. Je devais à tout prix les protéger. Ils étaient des dizaines de vampires dans les bas fonds de Voltera. Jamais ma famille n'aurait de chance. Il fallait que je fasse quelque chose. Et je ne pouvais rien faire du tout, à part masquer au maximum mes pensées et mes émotions, de sorte à ce que personne ne se doute de cette attaque. Car si elle le découvrait, alors tout Voltera serait prêt à se défendre lorsqu'ils arriveraient.

Un bruit de fond particulièrement reconnaissable se fit soudainement entendre. Le festin de la journée venait d'arriver. Et pour une fois, je me moquais totalement de leur sort. Il y avait bien plus grave. J'avais l'impression qu'une boule dans l'estomac me comprimait au point que je manque d'air, alors qu'il était totalement impossible que cela arrive. J'étais en état de choc, je crois.

Un bruit soudain mais très proche me fit ouvrir les yeux. Félix venait d'entrer dans ma chambre et se trouvait juste en face de moi.

« Alors, toujours pas envie de boire ? Me demanda-t-il, un sourire hautain trop perceptible sur son visage.

- Le jour où tu crèveras peut-être... Lui crachais-je au visage. »

Je vis son air hautain disparaître totalement, son regard se faisant glacial.

« Bien, bien... Très bien même... »

Mon corps se crispa instinctivement. Je n'aimais pas son intonation. Pas du tout. Ce n'était pas à ma dernière insulte qu'il réagissait, alors que d'habitude, de telles paroles m'auraient au moins valu un coup au visage.

« Vois-tu, il y a un repas spécial qui t'attend à l'extérieur. Mais comme je me suis embêtée à aller le chercher, on m'a autorisé à recevoir ma paye... »

Mes yeux s'écarquillèrent alors qu'il s'approchait lentement de moi, me recroquevillant au maximum contre le mur. Merde, je n'avais plus de force... Et ma famille arrivait à Voltera...

Au moment où il arrêta sans ciller le poing que je m'apprêtais à lui envoyer dans la figure après que celui-ci est commencé à me toucher, je vis l'image de la biche qui m'attendait dans une pièce annexe. Cette vision aiguisa tous mes sens, mes crocs se dévoilant d'eux-mêmes alors que je feulais.

« Oh, on veut se la jouer sauvage ? »

Un sourire perfide s'afficha sur son visage alors qu'il m'attrapait la main. J'étais fichu et il le savait. De toute façon, j'avais à peine la force de me tenir assise alors me défendre... Il me leva d'un coup sec en me tirant le bras. A la vue de la force qu'il employa, un humain n'aurait pas survécu au coup. Moi, cela me projeta juste contre le mur. Et à peine une seconde plus tard, j'étais dos à celui-ci, lui devant moi. Il commença à me toucher, ne se retenant aucunement. C'est comme si je n'existais pas. Du moins, c'était comme si je ne vivais pas. Que mon corps était une coquille vide...

La biche. J'avais soif, tellement soif. Je pouvais bien endurer cette torture pour y avoir droit n'est-ce pas ? Si je ne me débattais, peut être que ça l'énerverait et qu'il renoncerait. Voilà c'est ça, plutôt que me débattre, autant le laisser se lasser tout seul. Aimerait-il autant violer une poupée plutôt qu'une furie ?

Il continua pourtant. Cette même volonté féroce qui le poussait à m'humilier le plus possible. Voilà la principale raison pour laquelle je ne pouvais pas le revoir. Revoir le seul homme qui compte véritablement pour moi. Le seul homme qui m'ait permis de trouver le bonheur... Car pendant qu'il arrivait ici, prêt à se battre contre des dizaines de vampires pour me sauver, j'étais en train de me faire violer par un autre homme. Je revins à la réalité au moment où je me rendis compte de mon absolue nudité devant son regard vicieux. Je voulais tuer cet homme. En le faisant bien souffrir.

Et alors qu'il faisait lentement glisser son boxer devant mes yeux révulsés, je savais d'ores et déjà qu'une longue journée commençait.

~...~

Plusieurs heures après, c'est dans la douche, la tête contre le mur, que je me remis à sangloter. J'avais eu la biche il y a un moment. Et je n'avais pas résisté à la soif dévorante qui m'avait prise alors que je venais juste de me faire violer. Encore une fois. Merde, à chaque fois que je prenais une bonne résolution, il parvenait à me faire redescendre en enfer. A me dégoutter de moi et de mon corps, corps que j'essayais vainement de laver de ses souillures sans y parvenir. Car ce n'était pas le genre d'action que l'eau pouvait effacer.

J'en avais même oublié le plus important. Et lorsque je m'en étais souvenue, je m'étais sentie tellement mal que j'avais dû rester amorphe pendant plusieurs heures. Ils arrivaient. Et je ne pouvais rien faire d'autre qu'espérer qu'ils renonceraient. Car même si j'étais toujours de leur côté, je ne pouvais pas croire en leur chance. Car alors j'aurai de l'espoir. Et qu'il soit brisé m'achèverait définitivement. Me séchant puis me rhabillant rapidement, c'est encore mouillée que je franchis le pas de la porte menant à ma chambre.

« Alors Alice, on aurait des choses à cacher ? »

Me stoppant net au pas de la porte, c'est lentement que ma tête se releva. Je savais déjà qui avait pénétré dans ma chambre. Voilà aussi pourquoi j'espérais que rien de cette histoire n'aboutirait. Ma famille risquait trop gros. Et il y avait des secrets bien gardés que moi-même aurait aimé ne jamais apprendre.

« Heidi... »


Stephenie's property.

Hello !

Me voilà de retour pour une partie plus courte que d'habitude et très narrative... Voire même répétitive... Vous m'en voyez désolée mais il fallait au moins ça pour comprendre la suite, de même que pour comprendre dans quel état se trouve Alice. Et comme je ne désirais pas m'attarder sur la captivité en elle-même, j'ai trouvé plus simple de m'y prendre de cette façon là.

J'espère en tout cas que vous serez toujours aussi nombreux au rendez-vous ! J'ai décidé de faire de cette fiction ma priorité numéro 1, les chapitres suivant arriveront donc plus rapidement que d'habitude ! [Prenez tout de même en considération que je suis étudiante salarié en deuxième année de droit s'il vous plait, je peux pas non plus passer énormément de temps à ça par semaine x)]

On se retrouve au chapitre 12 !

C. Kotomi