Bonjour ! Voici sans plus tarder la suite de l'histoire ! :)
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CHAPITRE 11
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POV Draco
C'est la première fois que j'ai peur de regarder la personne que je viens d'embrasser. Mes yeux sont encore fermés, mais je sens son souffle sur mon visage, je sais qu'il me regarde. Et moi je suis là, comme un con, j'ai peur de regarder la vérité en face. J'ai peur d'ouvrir les yeux et de voir que c'est bien Potter qui a encore sa main sur ma nuque, j'ai peur qu'il voit mon regard, qu'il comprenne que je suis à deux doigts de retomber dans ses bras comme une putain de midinette de Poufsouffle. J'en aurais honte. J'ai honte. Je sens le rouge me monter aux joues en y pensant. Manquait plus que ça…
J'ouvre les yeux et suis soufflé par le regard qu'il me lance. Je n'aurais jamais cru possible qu'il puisse me regarder de cette façon. Potter me contemple, je devrais me sentir honoré, mais à la place j'ai le trac, il me scrute, regarde chaque trait de mon visage comme s'il voulait le graver sur sa rétine. Il relève les yeux et les plantent dans les miens, son regard me paralyse. Des papillons volent dans mon estomac, je ne sais pas encore si j'aime ou pas cette étrange sensation. J'ai la gorge et les lèvres sèches, dans un geste se voulant innocent, je me les ré-humidifie avec la langue, mais réalise au moment où ses yeux se posent dessus le coté érotique de la chose. Il les regarde avec tellement d'envie qu'un gémissement qui me surprend moi-même en sort, bordel oui, j'ai envie qu'il m'embrasse à nouveau !
Ce son fut comme un signal, à peine l'envie émise, ses lèvres viennent se recoller contre les miennes. Cette fois, mes deux mains viennent se perdre dans ses cheveux, s'y agripper. Il me plaque contre le plan de travail, et moi, je le plaque contre moi. Son corps sous mes mains n'a absolument rien de féminin, la manière dont il me tient, dont il m'embrasse, rien n'évoque la femme. Je devrais être étonné d'aimer autant, mais mon cerveau s'est éteint, tout ce que je veux, c'est lui, ce contact, encore et encore.
Nous nous reculons à bout de souffle, les joues rougies, cheveux et habits en vrac, on se dévisage, étonnés de s'être laissés aller de la sorte. Une personne entrant à l'instant dans la cuisine n'aurait aucun doute sur ce qu'il s'est passé l'instant d'avant.
Je retire mes mains de son cou, et lui, ses mains de mes hanches. Je ne sais absolument pas comment réagir, lui non plus. Il se recule et se laisse tomber sur la chaise qu'il y a derrière lui, et moi je reste là, les bras ballants, mais bordel, dis quelque chose Potter !
« Heu…merci. »
Que… QUOI ? C'est quoi c'te connerie de merci ? Merci de quoi ? Genre sympa du service, j'étais tendu, maintenant ça va mieux ? Je prends le chiffon se trouvant à coté de moi d'un geste rageur et lui balance en pleine figure puis quitte la pièce, me pose devant la télé, bras croisés et sourcils froncés. Mais quel abruti…
« Désolé, j'sais pas pourquoi j'ai dis ça, je… fallait que je dise un truc et c'est la seule chose qui m'est venue à l'esprit. Une belle connerie, j'avoue. »
Il est appuyé au dossier du canapé sur le quel je suis assis, et me lance un regard tout penaud. Mais franchement, dites-moi ce que je lui trouve ? Je détourne la tête en faisant la moue puis dis :
« T'es un sacré crétin Potter, tu sais. »
« Oui je sais, me répond-il dans un petit rire gêné. J'ai toujours l'air du dernier des abrutis dans ses moments là. »
Sa phrase a le mérite de détendre un peu l'atmosphère, je lui réponds :
« Pas que dans ces moments là… »
Je lui rejette un petit coup d'œil, il sourit. Pfff
Je détourne le regard et essaie de me concentrer sur la télé, mais je le sens bien, lui, bras appuyés contre le dossier du canapé, en train de me regarder.
« Arrête Potter, assieds toi, et regarde la télé. »
Il vient donc me rejoindre et s'assoit à coté de moi, regardant bien sagement le reportage, jusqu'à ce qu'il me dise :
« Au fait, à 15h je dois aller quelque part, je ne sais pas quand je rentrerai… »
« Je ne veux être au courant de rien, je l'ai dit… »
« Oui je sais, c'est juste pour que tu ne m'attendes pas. »
Et dans un soupir de fatalité je lui répondis « D'accord. »
Nous sommes restés sur le canapé jusqu'à 15h. Mon petit doigt s'est retrouvé par je ne sais quelle magie enserré à l'index de Potter, mais dût se résoudre à le laisser partir lorsque son propriétaire se leva.
« A demain, Draco. »
« … à demain »
Alors qu'il était déjà sorti pour transplaner depuis 5 bonnes minutes, mon cœur battait encore la chamade. Ce qui s'est passé depuis qu'il est revenu ressemble à une scène d'adieu, durant la quelle j'ai embrassé deux fois Potter. Et à pleine bouche, tout a fait volontairement.
Mon cerveau fait un blanc, je m'inquièterais à ce point là ? Au point d'avoir eu cette envie furieuse d'avoir ses lèvres contre les miennes ? Pfff, soit je me suis jamais inquiété pour personne, soit c'est juste parce que c'est Potter. Et au fond de moi, très très très enfoui, je sais pertinemment que c'est justement parce que c'est lui. J'aimerais m'énerver, me révolter contre cette putain de révélation. Mais j'en ai même pas le courage, ou pas l'envie. Parce qu'en fait cette fameuse révélation m'a été faite depuis un moment déjà, c'est juste que je ne voulais pas y penser, pas la voir. Pas y croire. Et certainement pas l'envie que ça puisse être vrai.
Ce…ce qu'il vient de se passer je l'ai vu venir à dix kilomètres. J'ai eu de nombreuses sorties accompagné de mon caillou, et de longues soirées seul dans mon lit à me demander pourquoi. Mon cerveau cogite depuis un moment sur le changement de relation qu'il y a entre nous, je m'appliquais juste à le brider. Je suis très doué pour me voiler la face, vous savez ? J'en rirais presque.
Dire que depuis quelques mois, j'avais l'impression de commencer à reprendre ma vie en main. Si ce sentiment s'était avéré être juste, je n'aurais certainement pas choisi de m'enticher de Potter. Nan mais sérieux, MalfoyXPotter ? Sacrée connerie. Pourtant je me suis pris en flagrant délit, la main dans le sac, où plus précisément, la langue dans sa bouche. Difficile de continuer à nier. Ca tiendrait jamais devant un tribunal. Ma mauvaise foi légendaire, après un rude combat, vient de se faire mettre au tapis, vaincue par une sorte de clairvoyance m'irritant le cerveau.
Et puis de toute façon, ça change quoi ?
Une tornade de papillons apparut dans mon ventre. Oui, je sais pertinemment ce que ça va changer. Moi et Potter ne sommes plus des gosses, j'ai une vague idée de ce qu'il pourrait se passer. Je dis bien vague, parce que franchement, faire ça entre mecs, ça reste relativement flou, j'ai le concept de base mais bon. L'imaginer me dégoûte presque. Par contre, si je l'imagine avec Potter, là ça m'excite, bien que ça reste encore dur à se l'avouer. Oui, très difficile même.
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22h du soir
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Un grand bruit me fit sursauter alors que j'étais en train de regarder une super série à télé. Il m'a suffit de tourner la tête pour voir que Potter ainsi que Granger et Weasley venaient d'apparaitre par la cheminée. Un soupir de soulagement discret m'échappa. Granger avait dans les mains un gros rouleau de parchemin, apparemment, ils ont réussis leur coup. Moi qui ne voulais être au courant de rien, me voilà maintenant curieux.
« C'est le grimoire ? », leur demandais-je.
« Oui, recopié entièrement grâce à un sortilège. »
« Vous l'avez lu… ? »
« Pas encore, on va commencer maintenant, on se met où Harry ? »
« Dans la cuisine, ou dans le salon, ça dépend de… de Draco… »
L'emploi de mon prénom fit tilter tout le monde, moi y compris, me rappelant à quel point tout est différent d'avant. Potter me presserait-il, par ce mot, d'accepter ce fait ?
« … Si vous vouliez que je ne sois pas du tout au courant, fallait pas se ramener ici avec le contenu du grimoire sous le bras. Au point ou on en est, je m'en fiche, mettez-vous où vous voulez, je vais préparer à boire, vous voulez quoi ? »
« Merci Malfoy, café je pense, faut que je me dépêche d'étudier tout ça. »
Je partis donc chercher du café, tout particulièrement pour Granger qui elle, en aura vraiment besoin. Après tout, quand il s'agit d'étudier, mieux vaut compter sur elle que sur les deux autres…
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Le lendemain matin nous avons tous été réveillés par Granger venant de finir de lire son parchemin. Après une tasse de café pour chacun, nous étions prêts à l'écouter.
« Je vais vous expliquer les points importants que j'ai appris :
Premièrement, ce livre est bien ce que l'on avait imaginé. Il a été écrit par les fondateurs pour parler de la construction de Poudlard.
Et deuxièmement, c'est bien une source de magie qui a été scellée, qui fournit la magie nécessaire à son bon fonctionnement. Sa localisation y est également inscrite.
La question concernant comment le livre s'est retrouvé ici, est, comme on pouvait s'y attendre, pas marqué dedans. Pourquoi scellé en fourchelang non plus.
Je pense donc que le mieux, est d'aller voir Mcgonagall et de la mettre au courant de ce que l'on a découvert. »
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Dans Poudlard, bureau de Mcgonagall
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Mcgonagall, après être passé par la phase horrifiée, puis par l'étonnement et la curiosité, passa aussi par le soulagement puis fatalement, la colère. Petite colère certes, elle n'allait tout de même pas les acclamer d'avoir cambriolé le ministère. C'était juste pour la forme.
J'ai donc eu droit à quelques détails que je n'avais pas osé demander. Granger, après avoir réussi à chourer un cheveu à Percy Weasley, s'est faite passer pour lui et a donc pu aller dans la pièce où le grimoire était stocké, avec les deux autres la suivant sous cape d'invisibilité. Plus personne n'étant dans le ministère à cette heure-ci, Potter a pu tranquillement lancer le sortilège de copie. Bien que Mcgonagall ne l'avouera jamais, elle a plutôt été impressionnée par cette performance. Copier un grimoire de cette taille en 2h, sans pause, est plutôt pas mal.
Une fois leur entreprise finie, ils sont repartis par le même endroit que là où ils sont rentrés, c'est-à-dire, la cheminée personnelle de Percy Weasley.
Mais où était Mister Weasley pendant ce temps me direz-vous ? Granger avouera en rougissant qu'il s'était retrouvé drogué chez lui, dans son lit.
Bref, une soirée tout à fait normale pour des Griffondors, serais-je tenté de conclure, vue la légèreté à laquelle ils en parlent. Des fous furieux selon moi.
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Après avoir parlé plus sérieusement avec Granger du contenu du livre et avoir étudié les points concernant la source, Mcgonagall réunit un groupe de sorciers et ils descendirent dans des couloirs jusqu'alors inconnus dans les entrailles de Poudlard.
Heureusement, nous n'avons pas été autorisés à les suivre.
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« Fiou, j'pensais vraiment pas qu'on allait y arriver ! »
« T'insinues quoi, Ron ? »
« Nan Hermione ne me regarde pas comme ça ! C'est pas que je remette en cause ton super plan ! Il a réussi d'ailleurs, mais quand même quoi, le ministère ! Pis vous avez vu comment Mcgo elle nous a regardés ? Ca faisait peur… »
« Mais vous pensez qu'ils vont y arriver ? Qu'avec le grimoire ça va remarcher ? »
« C'est un outil non négligeable en tout cas Harry, mais concernant les sources on ne sait jamais. »
« … C'est quoi, les sources ? »
« Les sources existent partout à travers le monde, c'est une énorme quantité de magie concentrée en un point. Se servir d'elles est extrêmement difficile du fait qu'aucun sortilège ne marche dessus. Elles sont trop fortes, trop concentrées, leur puissance elle telle qu'un sorcier non aguerri se ferait tuer s'il tentait d'en tirer parti. »
« Pour compléter ce que tu dis Granger, je dirais même que quasiment plus personne ne sait les utiliser. Seuls les sorciers les plus puissants de l'histoire ont réussi à puiser directement leurs magies de celles-ci. Donc sans utiliser leur baguette. Elle se contrôle sans sortilège, seule ta volonté entre en compte. Si t'as pas la capacité de contrôler autant de puissance, en gros, tu te fais bouffer. »
« … Vous pensez que Mcgo va y arriver ? »
« Contrôler directement la source ? Non. Ne me regardez pas comme ça, ok elle est douée, mais pas assez. Faut vraiment être une personne d'exception. D'après ce qu'a dit Granger, y'a des installations autour de la source et avec un peu de chance, c'est juste une d'elles qui serait cassée. »
« Oui, il est expliqué qu'il y a des stèles marquées de Rhunes qui puisent la magie de la source, puis la concentrent en un point, le cœur de Poudlard. Si c'est lui qui est cassé, je n'ai pas beaucoup d'espoir. Tout, absolument tout, repose sur lui. La source ne fait que lui donner l'énergie nécessaire pour fonctionner par l'intermédiaire des stèles.
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Trois heures plus tard.
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Assis dehors, sur un banc dans le parc de Poudlard, nous pouvons réellement nous rendre compte de l'étendue des dégâts. Poudlard a toujours été resplendissant, on aurait dit que chaque pierre était brossée chaque matin à la brosse à dent. A présent, je trouve ça même dangereux de rester ici. Plusieurs sont déjà tombées, explosées au sol, alors que les fresques gravées sur les murs s'effacent, les gargouilles affichent à présent des faces grossières, usées par les vents qu'elles ont combattus pendant dix siècles.
Une personne faisant partit du groupe de prospection se dirige vers nous.
« Je viens de la part de Madame Mcgonagall, elle vous demande de rentrer chez vous, que réparer les choses va prendre du temps. »
« Ca se passe comment dessous ? »
« …Hé bin… C'est pas facile vous comprenez, tout est très complexe. »
« Mmmh bon, on repassera plus part d'accord ? »
Qu'il est lourd ce Potty! Il se rend pas compte que le mec essaie juste de se débarrasser de nous sans oser nous dire qu'ils sont franchement dans la merde ? Mais voir la gène du mec m'amuse, tout en m'inquiétant.
Alors que l'homme retourne dans le château, nous venons tous de comprendre que même avec le grimoire, rien n'est gagné.
« Bon, on reviendra demain. »
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A la semaine prochaine ! :)
