Le cœur de Blair tambourinait dans sa poitrine. Elle savait qu'elle n'aurait que quelques minutes avec lui. Elle savait que les gens de Louis l'attendaient sur le toit pour l'escorter dans les Hamptons. Elle savait que le temps était compté et elle voulait en savourer chaque seconde.
Le charme de Nate avait fait son œuvre auprès des infirmières et il les avait convaincues de les laisser accompagner leur amie sur le toit lorsque le moment du départ serait arrivé. Il ne put s'empêcher de sourire en pensant que Chuck serait fier de lui, alors qu'il poussait le fauteuil roulant de Blair dans les couloirs de l'hôpital, Serena trottinant à ses cotés. Celle-ci laissait une main protectrice sur l'épaule de son amie, tandis qu'elle guettait le moindre signe de l'arrivée de Louis ou Sophie. Mais ils avaient été convaincus par le projet d'éloignement de Blair et la bonne volonté affichée de celle-ci avait endormie leur méfiance.
Chuck fixait nerveusement un point droit devant lui. Il ne tenait plus en place. Il savait qu'il allait avoir quelques instant avec Blair mais il ne savait pas quand. Il ne supportait pas son impuissance. Il avait hâte de retrouver ses moyens, et d'enfin pouvoir faire le nécessaire pour qu'ils puissent enfin construire la vie qu'ils méritaient tous les deux. Son esprit filait à toute allure. Tant de pensées, de projets fous qu'il avait pu imaginer devenaient possibles désormais. Une vie avec Blair chaque jour à ses côtés, le mariage qu'elle méritait plus que personne, le bonheur de enfin fonder une famille avec elle. Une famille. Absorbé par ses pensées, il ne fit pas tout de suite attention au bruit de poignée qui se fit entendre à la porte de sa chambre. Instinctivement son corps se tendit. Il tente de se redresser pour la voir dès que ce serait possible. Sa poitrine le lançait encore terriblement, et décidément, il se dit qu'il supportait très mal d'être diminué physiquement.
Blair avait l'impression que les secondes s'écoulaient avec une lenteur incroyable. Les couloirs de l'hôpital étaient sans fin, et elle pensait qu'ils n'arriveraient jamais.
Enfin Nate ralenti. Serena passa devant elle :
« Tu es prête ? Rappelle toi, il vient de se faire opérer, il n'est pas encore en mieux de sa forme mais concentre toi sur l'idée qu'il va bien d'accord ? »
« Ouvre cette porte Serena », s'impatienta Blair, « on a pas toute la journée ! ».
Chuck ne pu réprimer un sourire quand il entendit Blair houspiller Serena. Cela le rassura tout de suite. Si elle avait encore l'énergie de donner des ordres, c'est que tout allait bien.
Blair ne vit d'abord que le pied du lit. Au fur et à mesure que Nate l'avançait dans la chambre, Chuck apparaissait enfin devant ses yeux. Il était allongé, semblait relié à tant de machines effrayantes … Elle constata qu'il était en train de tenter de se redresser dans son lit, ce qui, vu l'expression de douleur sur son visage, n'était clairement pas une bonne idée.
« Chuck ne fait pas l'idiot ! Reste allongé j'arrive ! » lui dit-elle précipitamment.
Il sourit. « Tu n'aura pas attendu longtemps avant de me donner des ordres à ce que je vois … ». Son visage s'était proprement illuminé à la vue de Blair. Il était tellement soulagé de voir qu'elle avait repris des forces, et qu'elle ne se laissait pas abattre par la situation.
« Bon ne commencez pas tous les deux », les gronda gentiment Nate. Ses amis étaient incroyables. Même dans cette situation ils arrivaient à rester fidèles à eux même. « On vous laisse. Je vais attendre dehors avec Serena ».
« Merci pour tout Nate », glissa Chuck. Son regard en disait long sur la gratitude qu'il ressentait pour son ami. Celui-ci répondit sobrement par un hochement de tête et s'éclipsa. Et ils furent enfin de nouveau seuls.
Blair était tout près du lit Chuck. Elle ne pouvait s'empêcher de sourire en le regardant. Elle était soufflée d'émotion par la force de son regard. Comment ne pas croire qu'un être capable d'une telle intensité avait le pouvoir de déplacer des montagnes. Elle ressentit un frisson de bonheur parcourir son dos et elle tendit sa main vers la sienne. Leurs doigts s'emmêlèrent instantanément.
« Comment te sens tu mon amour ? » lui demanda-t-elle doucement. « Tu n'aurais jamais du te battre avec Louis. Qu'aurais-je fait s'il t'était arrivé quelque chose de plus grave ? Je ne me le serai jamais pardonné… ». Sa voix se brisa alors que l'image de son amour à terre, en train d'encaisser des coups pour elle s'installait insidieusement dans son esprit. Elle ne pu soutenir son regard et baissa les yeux.
« Blair, tu es ma vie désormais. Je ne pouvais rien te laisser arriver. J'ai fait ce que j'avais à faire, et je le referai ». Il sera sa main plus fort. Il ne pouvait pas la laisser se sentir coupable alors qu'il n'avait fait que son devoir. La protéger. « Regarde-moi », lui dit-il doucement. « Regarde-moi ».
Blair secoua la tête. « Je vais être forte. Pour nous, pour notre famille. Mais pour pouvoir faire cela j'ai besoin de savoir que tu vas bien, et que les jours qui passent ne font que me rapprocher du jour où nous serons réunis. Il n'y a que ça qui compte. ». Elle leva les yeux sur lui, et encore une fois l'intensité de son visage, sa gravité, la frappa comme si il la regardait comme cela pour la première fois. Un sentiment de plénitude l'envahit doucement.
« Je te promets de prendre soin de moi. Tu vas partir avec Serena et prendre soin de vous deux ». Il prit le temps de la regarder. De fixer dans sa mémoire son visage, son regard. Il ne voulait pas qu'elle parte. « Et nous nous retrouverons vite, je te le promets ».
Blair s'approcha davantage. Elle n'avait pas le droit de se lever, aussi elle plaça son fauteuil le plus près possible de son lit. Elle tendit le bras, et parvint à caresser son visage du bout des doigts. Sans un mot elle caressa la ligne de la mâchoire, les lèvres qui l'avaient embrassée tant de fois. Ses doigts courraient avec légèreté sur sa peau si chaude, si douce. Chuck ferma les yeux, comme pour arrêter le temps et que Blair reste ainsi près de lui pour toujours. Elle ne cessa pas. Elle continua sans relâche de caresser doucement le visage de l'homme qu'elle aimait. Elle ne voulait qu'une seule chose, s'installer dans ses bras, contre lui, et ne plus jamais le quitter. Doucement elle se souleva de son fauteuil, et s'approcha de Chuck. Elle s'assit au bord du lit.
Il ouvrit les yeux. Il voulait lui dire de retourner dans son fauteuil, mais il sentait désormais son corps contre le sien et il sentit une vague de chaleur fulgurante le traverser tout entier. Il ne pouvait détacher son regard de son visage. Il était comme hypnotisé. Leurs mains étaient toujours accrochées l'une à l'autre et rien ne semblait pouvoir les séparer.
Blair fixait Chuck de ses grands yeux sombres. Parler davantage semblait parfaitement inutile. Tous les deux avaient juste besoin de se rassasier de la présence, du contact de l'autre. D'y puiser la force dont ils auraient besoin pour les jours à venir.
Sans un mot Chuck saisit la main de Blair qui courrait toujours sur son visage. Il la porta doucement à ses lèvres et l'embrassa. Il ne pouvait plus la lâcher. Il resta ainsi quelques secondes, sentant contre son visage la chaleur et la douceur de sa peau, son parfum. Puis n'y tenant plus il l'attira plus près de lui. Leurs corps s'imbriquèrent étroitement. Ils étaient comme soudés l'un à l'autre. Ignorant la douleur il la serra plus fort contre lui. Ils restèrent ainsi de longues minutes. La main de Blair caressait doucement la poitrine de Chuck. Elle pouvait sentir sous le drap le pansement. Son cœur se serra alors qu'elle imaginait à quel point il avait été blessé par sa faute. Comment pouvait-elle se pardonner de l'avoir fait tant souffrir, uniquement pour la protéger.
Leurs esprits étaient comme liés, et Chuck ressenti la détresse de Blair. Il refusait de voir ce moment entaché par la culpabilité de la femme qu'il aimait tellement. Il pouvait sentir que l'émotion la gagnait. « Chut, je vais parfaitement bien ». Il murmurait doucement alors qu'il continuait de la serrer contre lui. Il pouvait sentir sa main s'accrocher désespérément à sa blouse d'hôpital. La tristesse était en train de la submerger. N'y tenant plus, ne pouvant supporter de la sentir malheureuse, il passa son doigt sous son menton et doucement leva son beau visage si triste vers le sien. « Blair, je t'aime plus que tout. Tu m'as sauvé tant de fois déjà, c'est grâce à toi que nous sommes là, ensemble, aujourd'hui. J'ai fait ce que j'avais à faire, et que je referai à chaque fois que cela sera nécessaire, pour toute notre vie. »
Les yeux de Blair s'embuèrent. Son cœur était partagé entre l'impression de vivre un cauchemar où Chuck était blessé, souffrait, et le bonheur si intense qu'elle ressentait alors qu'il lui disait qu'il l'aimait.
Leurs regards étaient plus intenses que jamais. Tous les deux sentaient que leurs deux corps s'accrochaient à celui de l'autre, instinctivement, sans que leur propre volonté semble avoir quoi que ce soit à y faire. Leurs visages se rapprochaient imperceptiblement mais sûrement. Une vague de chaleur les envahit tous les deux, alors qu'ils comprirent qu'ils étaient en train de se laisser vraiment aller, et qu'ils allaient perdre tout contrôle.
Blair pouvait sentir le souffle de Chuck sur son visage au fur et à mesure qu'elle se rapprochait de lui. Elle sentait l'émotion la gagner. Elle tentait désespérément de ne pas penser à leur séparation prochaine, mais de ne penser qu'a cet instant. Elle sentit la main de Chuck dans son dos, l'emprise de son bras devenir plus ferme, et elle se rapprocha encore. De sa main libre, elle agrippa plus fort la blouse de Chuck et acheva de se hisser jusqu'à son visage.
Chuck avait l'impression de perdre la tête, de vivre un rêve. Il sentait le corps chaud de Blair contre le sien, il ne pouvait penser à rien d'autre. Rien d'autre n'existait en cet instant. Il ferma les yeux au moment où il sentit ses lèvres toucher les siennes. Il voulait profiter, vivre pleinement, chaque seconde de ce moment avec elle.
Leur baiser était doux, respectueux, presque religieux, mais si intense. Leurs sensations semblaient démultipliées. Blair avait remonté sa main au visage de Chuck et la faisait courir dans son cou, sur sa joue, dans ses cheveux. Elle voulait l'attirer contre elle toujours plus près. Toujours plus longtemps. Elle se sentait partir, s'abandonner totalement au baiser de Chuck. Elle ne pouvait imaginer qu'il s'arrête. Le temps c'était comme suspendu, plus rien n'existait autour d'eux. Tous ses sens étaient tournés vers lui. L'odeur de sa peau l'étourdissait, ses épaules fortes et puissantes sous ses mains, les gémissements qu'il ne pouvait réprimer, faisaient battre son cœur à une allure toujours plus folle et lui coupait le souffle.
C'était un moment comme hors du temps pour tous les deux. Ils étaient sans aucun doute les personnes les plus fortes d'un monde pourtant impitoyable. Et leur seule faille était l'autre. Ensembles ils étaient invincibles. Le lien qui les unissait était plus fort que jamais, et ne devait plus faiblir.
Après un moment dont ils ne pouvaient évaluer la durée, Serena finit par taper discrètement à la porte. Ils se figèrent tous les deux, leurs corps tout entiers lutant. Chuck resserra encore son bras autour de Blair, encore. Alors qu'elle s'accrochait encore à lui, il déposa un baiser sur son front.
« Je te vois bientôt Waldorf », murmura t il du bout des lèvres.
« A bientôt Bass ».
Le regard qu'ils s'échangèrent alors que Serena emmenait Blair hors de la chambre disait tout.
A/N : Bonjour à tous !
L'histoire avance et la suite commence à se construire ! N'hésitez pas à me donner vos avis pour la suite !
C'est super motivant de savoir que ce qui est deja fait est apprécié et que ce qui reste est attendu :-)
Un grand merci par avance !
