Après le départ hâtif de Louis, Blair était restée un long moment immobile, assise sur le même canapé ou s'était tenue leur terrible conversation.

Elle ne savait pas si elle devait pleurer, crier, rester calme, se laisser faire, contre attaquer. Elle se sentait vidée. Tout ce qu'elle considérait comme acquis était de nouveau en train de s'écrouler autour d'elle, et l'attitude à adopter était loin de s'imposer à elle.

« Blair, que c'est-il passé ? » demanda Serena en se précipitant vers son amie, donc le visage défait l'inquiéta immédiatement. Elle redoutait depuis le début cette entrevue avec Louis et clairement, cela était justifié. Blair avait sans doute présumé un peu trop vite que Louis s'éloignerait de lui-même …

« Serena je … je ne suis pas certaine de ce qui vient se passer. » Blair tremblait de tout son corps. Elle regardait son amie d'un regard totalement perdu. « Louis m'a demandé de rentrer avec lui à Monaco, de maintenir le mariage. Et que le cas échéant il prendrait mon bébé à la première occasion pour l'élever là-bas avec sa mère. » Verbaliser la situation lui en fit réaliser l'horreur. Quel choix lui restait-il vraiment ? Une vie sans son enfant ? Une vie sans Chuck à ses côtés ? Elle avait le sentiment que tout espoir de bonheur pour l'avenir venait de disparaître.

« Blair c'est fou, il ne peut pas prendre ton enfant et le ramener chez lui de cette manière ! » Serena n'imaginait même pas qu'une telle menace fut possible, et encore moins que Louis puisse la mettre en pratique.

« Serena il a raison. Il est le Prince héritier de Monaco, et c'est son enfant. Je ne pourrai jamais le tenir éloigné de mon bébé, jamais. Comment faire si à chaque fois que je lui laisserai notre enfant je dois craindre qu'il ne revienne jamais ? La situation serait intenable, sans compter que cela serait tellement injuste pour le bébé. Que suis-je supposée faire ? »

Serena sentit son cœur se serrer. Au fond elle savait que Blair avait raison. C'était une situation absolument impossible. Comment choisir entre l'amour de sa vie et son enfant ? Son amie ne devrait jamais avoir à faire un choix pareil mais malheureusement, le dépit et la jalousie de Louis l'y contraignait. Elle sentit un sentiment de révolte monter en elle, mais elle prit sur elle, ne voulant rien ajouter à la détresse de Blair. Elle prit doucement son amie dans ses bras, et tenta de l'apaiser, mais elle savait que rien de ce qu'elle ne pourrait dire ou faire dans l'instant ne pourrait donner même un peu de répit au cœur brisé de Blair.

Quelques heures plus tard, celle-ci avait trouvé l'énergie de remonter dans sa chambre. Et depuis cet instant, elle était restée prostrée, allongée sur son lit. Elle était tournée vers la porte fenêtre, et son regard était comme accroché à l'horizon. Il était totalement vide. Son visage était neutre. Elle semblait totalement ailleurs.

Elle ne bougea pas, ne réagit pas lorsqu'elle entendit toquer à la porte. Avait-elle seulement entendu ? Serena ignora l'absence d'invitation à entrer et poussa la porte sans bruit. La vision de son amie étendue, impuissante lui brisa le cœur. Elle s'approcha doucement, contourna le lit, et vint s'asseoir sur l'épaisse moquette, juste au niveau du visage de Blair. Elle prit doucement la main de son amie.

« Comment te sens tu ma belle ? Il y a-t-il quoique ce soit que je puisse faire ? Appeler ta mère ? Chuck ? De plus tu devrais manger quelque chose. Tu es toute pâle … » Ses mots faiblir d'eux même alors qu'elle réalisait que le regard de Blair semblait la traverser. Elle semblait totalement absente. Elle baissa doucement les yeux. Mécaniquement, sa main continuait de serrer la main de Blair, mais elle aussi commençait à décrocher. Elle voulait pouvoir se dire qu'il y avait quelque chose qu'elle pouvait faire, mais elle commençait à intégrer que non. Elle était totalement impuissante. Elle était témoin de ce que la situation était en train de faire à son amie, la femme la plus forte et déterminée qu'elle connaissait. Si cela mettait Blair dans cet état, si elle était convaincue d'être elle-même impuissante, que pouvait-elle faire elle-même ?

Elle commença à caresser doucement les cheveux de son amie. Blair restait parfaitement immobile, silencieuse. Elle était allongée en chien de fusil, et avait sa main libre posée avec tendresse sur son ventre. Attendre un bébé est supposé être un moment de joie intense, pas un outil de chantage. Elle devait faire quelque chose pour aider Blair à être de nouveau combative. Il était inimaginable qu'elle la laisse subir une vie qui la rendra malheureuse jusqu'à la fin de ses jours. Il y avait forcement quelque chose à faire. Après un dernier regard à Blair, elle prit une profonde inspiration, se leva, et quitta la chambre, bien décidée à trouver une solution.

La première chose qu'elle avait faite fut d'appeler Eleonor. Elle savait que celle-ci n'appréciait pas du tout la propension qu'avait Sophie à vouloir diriger la vie de Blair, déjà lorsque les sujets étaient bien plus superficiels. Elle ne doutait pas que celle-ci rentrerait dans une colère noire en apprenant la dernière manipulation de cette dernière, et effectivement, ce fut le cas. Elles convinrent toutes les deux qu'il était nécessaire de tenir Chuck informé, mais qu'il valait mieux lui expliquer de vive voix. Serena pris donc la décision de rentrer à New York dans l'après midi, afin d'aller voir son frère à l'Empire.
Blair était toujours allongée sur son lit. Elle ne sentait même plus son cœur battre. Elle ne ressentait plus rien. Elle était vidée. Elle se retourna doucement et fixa le plafond immaculé, tout en caressant doucement son ventre. Elle savait ce qui lui restait à faire. Il n'était même pas question d'un choix. C'était malheureusement une évidence. Une évidence qui allait provoquer un véritable cataclysme dans sa vie. Qui allait éloigner la personne qu'elle aimait jusqu'à ce jour le plus au monde. Mais désormais il n'avait plus cette place. Elle ne pouvait plus se permettre de faire passer Chuck en priorité comme elle l'avait toujours fait lorsque le moment de faire des choix arrivait.

Tel un robot, elle s'assit sur son lit, resta encore immobile quelques instants, se leva et avança doucement vers sa commode. Elle saisit son portable, et pressa la première touche jusqu'à ce que le nom de Chuck apparaisse sur l'écran, et leva l'appareil à son oreille.

Chuck décrocha à la première sonnerie. Il attendait son appel depuis des jours, et elle lui manquait terriblement. Il souhaitait tellement entendre sa voix.

« Blair, je suis tellement heureux que tu m'appelle enfin … », lui dit il d'une voix chaude et douce. Mais elle l'interrompit rapidement :

« Chuck, je suis désolée. C'était une erreur. M'enfuir avec toi était une erreur. Tu appartiens à mon passé, mon avenir est avec Louis. Je l'aime. Tu dois m'oublier, et continuer ta vie. Au revoir. » La voix de Blair était déterminée, et étonnamment ferme. Elle ne se reconnu pas elle-même. Comment avait-elle pu lui dire ces mots atroces avec autant d'aplomb. Elle avait l'impression qu'ils n'étaient pas sortis de sa bouche, qu'une autre version d'elle-même venait de planter un poignard terriblement affûté dans le cœur de l'homme qu'elle aimait.

Chuck était interdit. Il se tenait là, debout au milieu du salon de sa suite de l'Empire, son téléphone toujours contre son oreille. Son regard était totalement vide, et fixé sur un point au loin. Il était comme foudroyé. Il ne comprenait pas. Il tenta de repasser dans sa tête les mots de Blair afin de mieux en comprendre le sens, car il était incapable d'imaginer que ce qu'il avait d'abord compris était vrai. Il était impossible qu'elle revienne sur leur avenir. Ils devaient passer le reste de leur vie ensemble. Ils s'aimaient. Il était impossible qu'aujourd'hui, elle veuille réellement passer sa vie avec Louis. « Mon avenir est avec Louis. Je l'aime ». Non, c'était faux. Il se refusait à accepter cette idée.

Il rangea prestement son portable dans la poche de son pantalon, vida d'un trait le verre de scotch qui était toujours dans sa main gauche, et le posa sur le bar avec violence.

Son esprit fonctionnait à toute allure, examinant ses différentes options. Il devait la voir. C'était la solution. Il devait la voir et lorsqu'ils seraient tous les deux, tout s'arrangerai. S'il la prenait dans ses bras, il était impossible qu'elle maintienne cette décision folle de le quitter pour Louis. Il devait avoir confiance en eux, en leur histoire.

Il saisit à l'arrachée son manteau qui était resté sur le dossier du canapé, et entra précipitamment dans l'ascenseur, bousculant au passage un Nate inquiet de voir son ami dans un tel état. Chuck était tellement perdu dans ses pensées qu'il remarqua à peine sa présence.

Après avoir raccroché, Blair resta immobile pendant de longues minutes, s'accrochant désespérément au bord de la commode, alors qu'elle sentait ses jambes fléchir sous elle. Elle posa doucement le téléphone sur le plateau, et posa ses deux mains bien à plat. Elle se força à respirer profondément, et ferma les yeux. Heureusement que cela avait été rapide, et qu'il n'avait pas eu le temps de répliquer. Elle savait que si elle avait dû entendre davantage sa voix, elle aurait sans doute flanché. Sa tête commença à tourner. Elle s'appuya au mur, et se laissa doucement glisser au sol.

Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était là, assise sur la moquette. Au moment où elle reprit ses esprits, elle constata que le jour était tombé, et que la pénombre commençait à envahir sa chambre. Elle soupira. Sa vie ne lui appartenait plus. Son seul but était il n'y a encore pas si longtemps de trouver le bonheur, aujourd'hui il était de prendre soin de son enfant. Il ne lui restait que cela.

Elle prit appui sur le rebord de la commode pour parvenir à se relever, et fit quelques pas en direction du balcon. Prendre l'air lui ferait sans doute du bien.
Elle entrouvrit la porte fenêtre et se glissa à l'extérieur. Elle fut accueillie par une bourrasque iodée, et par le bruit des vagues qui se brisaient sur la plage en contrebas. Ce bruit était apaisant. Fort, régulier.

Elle s'appuya contre la rambarde et remplis ses poumons d'air frais, ce qui lui fit du bien.

Elle regardait les vagues qui arrivaient inlassablement. La plage était déserte, bien différente de celle qu'elle connaissait, au mois d'Août, remplie de touriste et de promeneurs. Personne ne semblait vouloir ce soir affronter la fraîcheur et les embruns à la nuit tombée. Tout était calme et serein.

Elle venait de s'habituer à ce paysage calme et tranquille quand son regard perçu une silhouette qui s'approchait sur la plage. Les seules personnes qu'elle avait pu voir sur la plage depuis le début de la semaine ne venait que dans la journée. Elle était étonnée qu'un promeneur ne s'y aventure à la nuit tombée.

La silhouette se rapprochait, et Blair était comme hypnotisée. Elle ne pouvait s'empêcher de fixer cette silhouette masculine qui continuait de s'approcher d'un pas ferme. Son cœur compris rapidement de qui il s'agissait, et même si son esprit lui intimait de rester calme, de ne rien faire, d'attendre, elle ne le quittait cependant pas des yeux.

Elle s'accrocha un peu plus fort à la rambarde du balcon, et baissa les yeux. Son cœur commença à lui faire mal. Physiquement. Elle ne se sentait pas capable de le voir. Elle n'en avait pas la force. Elle avait à peine pu lui dire au téléphone, comment pourrait-elle le faire s'il était en face d'elle. Elle leva de nouveau doucement les yeux et, comme prévu, il s'était encore rapproché.

Il était désormais en face de la maison, et regardait dans sa direction. Chuck.

Le trajet depuis Manhattan avait semblé durer une éternité à Chuck. Il s'était senti plus seul que jamais, assis à l'arrière de sa limousine, contraint à regarder en silence le paysage qui défilait, en ressassant les paroles de Blair qui résonnaient encore dans son esprit.

Il avait confiance en elle, confiance en eux, mais un mauvais pressentiment lui rongeait les tripes. Il était tenté bien sûr de se rassurer tranquillement, de se dire qu'elle ne pensait pas un mot de ce qu'elle avait pu lui dire. Mais dans ce cas-là pourquoi. Quelle raison assez impérieuse l'avait contrainte à le repousser ? Il commençait à craindre le pire.

Alors que la voiture s'approchait de la maison de Cece, Chuck se rappela les conditions négociées avec Louis pour le séjour de Blair. Il était inimaginable de se présenter à la porte de la demeure. Il choisit donc d'y accéder par la plage, et demanda à Arthur de le déposer à quelques centaines de mètres de la maison.

Alors qu'il s'approchait, indifférent au sable qui gênait sa progression et qui envahissait ses chaussures, il distingua une silhouette postée sur le balcon de ce qui semblait être la chambre principale. Un frisson parcouru son dos, cela ne pouvait qu'être elle. Le jour tombait, et la pénombre rendait tout le paysage plus flou, plus sombre. Mais en se rapprochant, son premier sentiment se confirma. C'était Blair, et elle l'avait vu.

Blair était restée quelques secondes interdites à regarder Chuck. Puis lentement, elle avait lâché la rambarde, et avait reculé jusqu'à la porte vitrée de la chambre. Elle était soulagée qu'il ne voit pas l'expression sur son visage, car sinon il ne serait jamais parti, il ne l'aurait jamais cru. De tout son être elle aspirait à courir vers lui, et à se jeter dans ses bras. Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait plus. Si elle s'autorisait à s'imaginer le rejoindre, elle ne s'en sortirait jamais. Elle avait pris une décision, et même si celle-ci la faisait souffrir au-delà de ce les mots pouvaient décrire, elle ne pouvait y déroger. Sans bruit elle rentra à l'intérieur de la chambre à reculons, et ferma la porte fenêtre. Un peu plus bas Chuck ne bougeait pas. Son regard ne se détachait pas d'elle.

Il était arrivé en face de la maison quand il constata avec stupeur que Blair, ayant remarqué sa présence, le fuyait en rentrant à l'intérieur de la maison. Il resta là immobile, incapable de la moindre réaction. Qu'avait-il pu se produire pour que Blair se comporte de cette manière ? Le repousser au téléphone était une chose, mais là c'était différent et il le sentait. Au cours de leur histoire ils avaient traversé de nombreuses crises. Mais Blair était une femme courageuse, et alors même que ce qu'elle avait eu pu avoir à lui dire était difficile, elle n'avait jamais reculé devant une confrontation. Elle faisait toujours face. Quelque chose n'allait pas. Il le sentait.

Blair se retrouva à l'intérieur de la chambre, seule dans la pénombre. Alors qu'elle avait fermé la porte fenêtre et que le bruit de l'océan s'était estompé, elle avança doucement. Elle ne savait pas quoi faire. Il était très rare pour elle de se retrouver dans cette situation. En règle générale elle gérait les choses de manières à ne pas avoir à l'être. Mais elle avait perdu le contrôle. Elle s'était trompé sur Louis et était allée trop loin, et désormais elle devait payer son erreur. Mais ce qui lui brisait le plus le cœur était que Chuck devait payer lui aussi. Et elle ne parvenait pas à se le pardonner, encore moins à le regarder en face. Elle resta ainsi debout au milieu de la chambre, incapable de faire quoique ce soit.

Lorsqu'elle reprit ses esprits, ce fut pour constater que plus d'une heure c'était écoulée. Elle avait décidément de plus en plus le sentiment de perdre contact avec la réalité. Chuck avait dû partir désormais. Lentement elle se retourna et fit face à l'océan. Elle se rapprocha du balcon, son regard posé sur l'horizon. L'océan et le ciel était sombre désormais. Tout était noir. Elle avait l'impression d'être dans un monde onirique, plus rien n'avait vraiment de sens, sa vie ne lui appartenait plus. Et cela ne devait plus changer. Elle mit longtemps à réaliser qu'une silhouette se tenait toujours sur la plage, en face de la maison. Elle secoua la tête. Cela ne pouvait être lui. Il avait dû partir, rentrer à Manhattan. Il était inimaginable que Chuck Bass se tienne toujours sur cette plage, en pleine nuit. Elle se figea, ne pouvant désormais détacher son regard de l'homme qu'elle aimait.

Avait-elle la force de le repousser une nouvelle fois ? Elle n'allait pas tarder à le savoir, et commença à craindre ses propres réactions. Les sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre étaient tellement forts, et elle savait tout comme lui ou cela les menait. Ils étaient incapables d'être indifférents l'un à l'autre, de résister. Mais elle devait être plus forte que cela cette fois. Au nom de l'amour qu'elle lui portait, elle devait trouver la force de le convaincre qu'il n'avait plus rien à attendre d'elle, qu'il devait passer à autre chose et vivre sa vie, heureux, sans elle. Elle serait incapable de vivre la sienne sans cela.

Elle prit une profonde inspiration et traversa sans bruit la maison endormie. Tout était calme, elle ne croisa personne. Elle traversa le salon en tentant d'ignorer le canapé ou Louis et elle se trouvait encore quelques heures auparavant, et ouvrit avec précaution la baie vitrée du salon. Elle resta quelques secondes immobiles, guettant une réaction des gardes du corps de Louis, mais aucun ne semblait trouver nécessaire de se priver d'une bonne nuit de sommeil après le calme de la dernière semaine. Elle s'avança sur la terrasse de la maison, après avoir pris soin de fermer la porte derrière elle. Le bruit de l'océan et les embruns iodés la prirent de nouveau par surprise. Elle se reprit et continua sa progression en direction de la plage, vers l'homme qui la regardait se rapprocher de son regard si troublant. Elle rassembla tout son courage.

Chuck était resté immobile, ne pouvant se résoudre à quitter la maison. Il se raccrochait à tous les moments que Blair et lui avait partagé il y a seulement une semaine, et dans la foi qu'il avait en eux. Ils avaient été capables de se retrouver après que tant de choses se soient passées, ils étaient le destin et le bonheur l'un de l'autre. Il devait avoir confiance en cela. Il était donc resté immobile sur la plage, ignorant le sable, le vent, le froid. Il avait fixé sans relâche cette fenêtre ou Blair était apparue, et attendait simplement qu'elle revienne à lui. Elle revenait toujours, il n'avait qu'une chose à faire : être là lorsque cela arriverait.

Blair traversa enfin le jardin de la maison et arriva sur la plage. Cette rencontre semblait hors du temps. Ils étaient comme seuls au monde, au milieu de cette nature si magnifique. Seul le bruit des vagues venait perturber la quiétude du moment, et la lune se reflétait sur la surface de l'océan. C'était magnifique.

« Bonjour Chuck, comment va tu ? » demanda Blair d'une voix douce et un peu éteinte, alors qu'elle arrivait près de lui. Elle l'avait quitté sur un lit d'hôpital, et elle était profondément heureuse de constater qu'il allait mieux. Elle avait devant elle le Chuck Bass impeccable qu'elle connaissait, soigné, élégant, beau, envoutant.

« Je vais mieux je te remercie. Et toi ? Le bébé ? » Chuck était interloqué par l'attitude de Blair. Calme, résignée. Il avait l'impression qu'elle était à peine là, que son regard passait à travers lui.

« Il va bien », dit-elle en passant instinctivement la main sur son ventre. Cette rencontre lui paraissait décidément surréaliste. Elle tenta de repousser de son esprit ce que son instinct lui dictait de faire, car elle sentait qu'elle commençait à perdre ses moyens. Elle était à chaque fois désarmée par la façon qu'il avait de la regarder.

« Blair que se passe-t-il ? » lui demanda enfin Chuck, brisant le silence qui s'était installé, en s'approchant d'elle, passant une main aimante sur son bras. « Que signifie ton appel de tout à l'heure ? Je sais que celui-ci n'était pas motivé par ton amour pour Louis alors parle moi je t'en prie ! Qu'a-t-il pu se passer qui t'amène à revenir sur ce que nous avons pu nous dire ? »

« Chuck je suis désolée, lui répondit Blair en se dégageant, et en reculant d'un pas. Mais j'ai été sincère avec toi tout à l'heure. Etre ici loin de Manhattan m'a permis de réfléchir à ce que je voulais vraiment, à la vie que je souhaitais avoir. Et je veux la passer avec Louis. » Elle fixait désormais avec détermination un point au loin, au-dessus de l'épaule de Chuck. Elle ne pouvait le regarder, elle ne pouvait pas voir ses yeux alors qu'elle était en train de lui briser le cœur. Elle n'avait pourtant pas le choix.

Chuck était sous le choc. Il ne pouvait croire que ces mots sortaient de sa bouche, c'était inimaginable. L'image de Blair dans la limousine, lui déclarant son amour et son souhait de passer toute sa vie avec lui passa devant ses yeux et lui redonna du courage. C'était impossible. Il y avait autre chose. Il ne pouvait pas renoncer à elle, pas encore une fois.

« Je ne te crois pas Blair. Je sais qu'il y a autre chose. Si tu t'attends à ce que je renonce, tu fais une grave erreur. Je ne renoncerais plus à nous c'est terminé. Notre amour vaut la peine de se battre, c'est ce que tu m'a appris, et c'est ce que je vais faire. Maintenant dis-moi ce qui se passe je t'en prie».

Sa voix était douce, grave et calme. Etonnamment calme étant donné le tourment qu'il subissait à cet instant. Il s'approcha de nouveau de Blair et doucement pris ses mains dans les siennes. Blair ferma les yeux. Elle sentait son cœur s'emballer follement et elle craignait de perdre le contrôle d'elle-même, de ne pas avoir assez de force, de courage. Les mains de Chuck étaient douces, chaudes, tendres et rassurantes. Elle inspira profondément en tentant de calmer les palpitations qui agitaient sa poitrine. Elle rassembla tout son courage et leva de nouveau les yeux vers lui. Il était tout près d'elle désormais, et son visage grave la contemplait avec tellement d'amour.

« Chuck je …. Ne rend pas tout ça plus difficile s'il te plait. » Elle sentait que les barrières qu'elle s'était posées commençait à faiblir. Elle ne se rendait même pas compte qu'elle tenait toujours ses mains tellement cela était naturels pour tous les deux. Elle était en train de se perdre dans ses yeux et elle était terrifiée. Allait-elle avoir la force de s'éloigner de lui désormais ?

Il s'approcha encore d'elle, et la senti tressaillir à son contact. Il profita de son trouble et la prit par la taille, la serrant étroitement contre lui. Blair sentit son cœur s'affoler encore un peu plus alors qu'elle sentait la chaleur du corps de Chuck contre le sien. Elle était incapable de faire le moindre geste. Elle tentait toujours de fixer un point loin derrière Chuck, la proximité l'empêchait désormais de soutenir son regard.

Mais Chuck était plus déterminé que jamais. D'un geste doux, il passa sa main contre sa joue et la força doucement à lui faire face. Ils étaient plus proches que jamais.

« Dis-moi que tu ne ressens plus rien pour moi. Dis-moi que ton cœur, que je sens battre à toute allure, ne bat plus pour moi. En es-tu seulement capable ? » lui-demanda-t-il d'une voix ferme.

Blair sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle était terrifiée par l'ampleur des sentiments qu'elle avait pour l'homme qui la serrait dans ses bras. Son cœur était à lui, et elle ne pourrait jamais rien faire contre cela. Le souffle toujours court, elle ne parvenait pas à retrouver ses esprits. Elle devait se reprendre. Et ne plus se perdre dans ses beaux yeux sombres, qui la fixaient avec une telle intensité. Elle sentit une larme se former au coin de son œil, et ne se sentit plus la force de lutter.