Chapitre 28
Chuck venait d'appeler Arthur afin que celui-ci passe le chercher en bas de l'immeuble de Blair, et profitait de ces quelques instants de solitude, debout dans la nuit new-yorkaise. Il sentait le vent souffler doucement autour de lui, et faisait de son mieux pour garder une posture assurée. Il gardait obstinément les mains enfoncées dans ces poches, et regardait droit devant lui, ne cessant de se répéter en boucle ce qu'il avait appris ce soir, comme pour le rendre plus réel à ses yeux. Il restait parfaitement immobile, comme pour se convaincre que la nouvelle dévastatrice qu'il avait apprise ce soir ne pouvait atteindre Chuck Bass. Rien ne le pouvait. Que pouvait-il faire à ce stade à part se répéter cela comme un mantra, presque frénétiquement. Il tentait en vain d'ignorer le violent frisson qui commençait à parcourir son corps lorsque sa limousine se matérialisa devant lui, et qu'Arthur se présentait pour lui en ouvrir la porte.
Chuck réalisa que son fidèle employé le fixait d'un regard interrogatif, attendant une indication, une direction de sa part.
« Contentez-vous de rouler. »
Arthur hocha de la tête en silence, et referma en silence la porte de la voiture après que Chuck se fut installé sur la banquette arrière. Il avait accumulé assez d'expérience auprès de son patron pour comprendre rapidement qu'il était inutile d'insister.
Il regagna en silence le siège conducteur, et se résigna à une nouvelle nuit de conduite solitaire dans Manhattan.
Les tempes de Chuck semblaient vibrer. Vibrer au rythme fou des battements incontrôlés de son cœur, alors que sa mémoire présentait devant ses yeux les images de Blair, les mots fous de Blair. Il tentait en vain de mettre le doigt sur le sens de ses paroles, et échouait lamentablement. Instinctivement, il actionna l'ouverture du bar de sa limousine, et fut soulagé de constater que celui-ci était toujours approvisionné. D'un geste qu'il n'avait pas fait depuis longtemps, il saisit un verre un cristal d'un petit casier, sortit la carafe de son logement, et se servit un large verre. Il considéra l'idée d'y ajouter de la glace, mais abandonna rapidement celle-ci.
Il se laissa aller en arrière, et fit reposer son dos sur la banquette de cuir. Il se sentit légèrement glisser, peu à peu s'affaler, et ne trouva pas la force de se redresser. Il tentait vainement de trouver une cohérence à ce qu'il avait appris ce soir, mais n'y parvenait pas. Son esprit semblait faire barrage. Les mots de Blairs raisonnaient dans son esprit, sans qu'il puisse y trouver un sens. Audrey. Sa fille. Leur fille.
Il évita soigneusement de penser à la rencontre qui l'attendait le lendemain matin, et se rappela les mots de Nate. Il devait rentrer chez lui. Rose l'attendait et en dépit de sa résistance à l'admettre, il lui devait une explication.
Plusieurs heures plus tard, Chuck se trouvait enfin dans l'ascenseur qui menait à son appartement. Il sursauta vaguement à l'ouverture des portes coulissantes, et se dit pour se rassurer que raisonnablement, les effets de la fatigue devaient commencer à se faire sentir. Il avança lentement dans la vaste pièce, et ne fut pas surpris de trouver un tasse sur le comptoir de la cuisine, là ou Rose avait dû prendre un thé avant d'aller se coucher. Continuant sa progression, il trouva sur le canapé le plaid en cachemire qu'elle préférerait, et dont elle avait dû se servir pour se réchauffer alors qu'elle regardait un film toute seule. Quoi qu'il puisse en dire, il aimait qu'elle laisse des traces de sa présence disséminées dans son appartement. Apres tant d'année passée à vivre dans un hôtel, il était enfin parvenu, avec son aide, à fonder ce qui se rapprochait beaucoup d'un foyer. Ce n'était certes pas le foyer qu'il s'était un jour autorisé à espérer, mais il s'y sentait bien, en confiance, en sécurité, et plus que tout, aimé.
Il réalisa qu'il avançait sans filets. Il ne savait pas ce qu'il allait dire à Rose. Elle connaissait bien entendu l'existence de Blair, pour ce qu'elle avait pu en lire à l'époque dans la presse, mais cela était resté entre eux un sujet tabou. Le jour ou Chuck s'était rapproché d'elle, la jeune femme s'était contentée de l'accueillir, se doutant, connaissant la complexité du personnage, qu'il était inutile de le forcer à la confidence. L'engagement de Chuck envers elle se trouvait dans ses actes. Elle faisait aujourd'hui partie de sa famille, vivait pratiquement chez lui, et c'était déjà beaucoup.
Laissant ses pensées s'enchainer d'elles même, il continua sa progression dans l'appartement, et approcha enfin de la porte de la chambre principale. Il l'ouvrit doucement, et ne pu s'empêcher de sourire doucement à la découverte de la vision qui s'offrait à lui.
Comme à son habitude, Rose dormait ramassée d'un côté du lit, comme impressionnée par la taille du matelas. Elle portait une nuisette en soie grise toute simple, mais féminine.
Clairement il était attendu, car à peine avait-il fait quelques pas dans la pièce que Rose se relevait vivement dans le lit, repoussant le drap qui lui couvrait le buste. Elle le dévisageât en silence pendant quelques secondes. Dans son regard, Chuck lut dans un premier temps la surprise, puis le soulagement, et assez rapidement la colère et l'incompréhension.
« Où étais tu ? », demanda-t-elle d'une voix lasse et presque résignée.
Chuck prit le temps d'inspirer profondément et de s'approcher doucement de son lit avant de répondre. « Loin. J'avais besoin d'espace pour quelques temps. » Il leva les yeux sur Rose et comprit tout de suite que sa réponse était loin de lui avoir apportée le réconfort qu'elle attendait.
« Où étais tu Chuck, et pourquoi ? »
Chuck devait rapidement décider quoi lui dire. Suffisamment pour l'apaiser, mais rien qui ne puisse l'amener à lui poser des questions auxquelles il était incapable d'apporter une réponse, même pour lui-même.
« Lorsque Nate m'a appris le retour de Blair, j'ai eu un moment de panique, je ne m'y attendais pas et ne m'y étais pas préparé je … ». Secouant doucement la tête, il prit la main de Rose dans la sienne, et reprit son explication. « J'avais juste besoin d'un peu de temps pour intégrer la réalité de son retour à New York, qui il y a encore quelques jours était inenvisageable. Tu connais les conditions de son départ, tu dois comprendre que son retour est une sorte de choc, pour nous tous. »
« Surtout pour toi à priori », répondit doucement Rose. Elle s'en voulait d'insister sur ce qu'il semblait à ce stade facile d'ignorer, mais un pressentiment lui serrait la gorge. Bien sûr que le retour de Blair était un choc pour Chuck, mais de là à disparaitre au milieu de la nuit …
Chuck lisait dans les yeux de Rose une inquiétude lancinante, et là dans l'instant, il ne parvenait tout simplement pas à exprimer ce qu'elle avait envie d'entendre. Il voulait la rassurer, lui déclarer son amour, mais la seul chose qui hantait son esprit était l'image de Blair lui annonçant qu'il était le père de sa fille, et il n'était absolument pas prêt à lui confier cela. Il avait besoin de se répéter cette réalité comme un mantra, d'arriver à en comprendre les tenants et aboutissants. Il avait besoin de la rencontrer, de la voir, de chercher dans ses yeux une ressemblance, quelque chose qui puisse rendre la nouvelle réelle.
« Bien sur surtout pour moi, lui répondit-il plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu. J'ai aimé cette femme, nous devions passer notre vie ensemble, et tout s'est arrêté si brusquement …. ».
Chuck réalisa que Rose s'était raidie dans le lit à la brutalité de son ton. Elle semblait chercher à maladroitement à ravaler ses larmes et il se sentit soudain minable. Minable de lui imposer tout cela, d'avoir disparu, et maintenant de lui rappeler en pleine nuit que Blair était l'amour de sa vie. Etait.
« Je suis désolé, je n'aurai jamais dû partir comme ça. N'y vois pas un signe de quelque chose qui n'existe plus, j'ai juste paniqué. J'aurai du te dire que je partais, j'aurai du te donner des nouvelles, je n'ai pas d'excuse »
Il se rapprocha vivement d'elle, et la prit dans ses bras. Rose enfouit son visage contre l'épaule de Chuck, respirant doucement l'odeur rassurante de son parfum qui s'échappait de sa chemise entrouverte. Se laissant aller, elle s'accrocha doucement au tissu et le serra davantage contre lui. Elle était épuisée, l'inquiétude et l'absence de sommeil avait eu raison de sa patience et elle s'en voulait.
« Viens te coucher, » lui répondit-elle simplement d'une voix douce.
Il embrassa doucement ses cheveux, et lui répondit dans un murmure : « Dans une minute ».
Chuck la serra un peu plus fort quelques secondes, puis desserra son étreinte. Il se leva doucement du lit, et se dirigea vers la salle de bain, sentant le regard de Rose dans son dos. Il s'obligea à agir posément, et ferma lentement mais fermement la porte de la vaste pièce. Il s'appuya contre la porte close, et ferma les yeux. Au bout de quelques instants, il passa ses mains sur son visage, comme pour se ramener à la réalité. Sans vraiment réfléchir, il sortit son portable de sa poche, et envoya un message rapide à Tom, lui demandant de faire ouvrir le magasin FAO Swartz une heure plus tôt le lendemain matin. Il pensa un instant que son assistant allait sans doute être assez perplexe de recevoir ce type de message de sa part au milieu de la nuit, et cette réflexion le remit face à l'ampleur de la nouvelle qu'il avait apprise il a quelques heures.
Sans réfléchir il retira l'ensemble de ses vêtements qui tombèrent à ses pieds un à un, et entra dans la grande douche à l'italienne. Il prit d'une main appui sur le mur qui lui faisait face, et de l'autre ouvrit le robinet au maximum. Il laissa pendant de longues minutes l'eau brulante dégouliner sur son corps, tentant de s'empêcher de penser, de mettre des mots sur sa nouvelle paternité. Sans s'en rendre compte, il se déconnecta lentement de la réalité. Chuck s'appuya alors contre le carrelage réchauffé par la vapeur d'eau, et se laissa lentement glisser le long de celui-ci. C'est ainsi qu'il reprit conscience, assis sur le sol de sa douche, les genoux remontés devant lui, supportant ses coudes, et le visage enfoui dans ses deux mains.
Il releva lentement la tête et avisa la situation. C'était le milieu de la nuit. Blair. Rose. Audrey. Rose qui devait toujours l'attendre dans on lit. Depuis combien de temps était-il là ? il n'en avait aucune idée, mais il devait à tout prix se ressaisir. Il n'avait pas fait tout ce chemin pour se laisser submerger par la situation. Une étape à la fois et il allait bien y arriver. Prenant appui sur le sol, il se releva aussi prestement que possible, et coupa l'eau. Il sortit de la douche et saisi une épaisse serviette. Il se sécha rapidement et noua le linge autour de ses hanches. Fixant quelques instant son reflet dans le large miroir, il termina ses ablutions avant d'enfiler un simple pantalon de pyjama et de rejoindre Rose dans sa chambre.
Il avança en silence, dans le noir, mais il sentait qu'elle ne dormait pas. Sans un bruit, il souleva la fine couette et se glissa à côté d'elle. Il sentit simplement sa main effleurer la sienne, puis la serrer doucement. Il ne dit rien. Il ne la repoussa pas, mais ne se tourna pas vers elle, ne la prit pas dans ses bras. Son esprit était déjà ailleurs, en train de se remémorer d'autres moments.
Chuck n'entendait plus que les battements assourdissants de son cœur qui battait à toute rompre. Il craignait que ses sens ne le trompent, qu'elle ne se trouve pas réellement juste devant lui, que ses mains ne soient pas réellement dans les siennes à cet instant. Comment était-il arrivé là ? En face d'elle ? Il rentrait simplement de son diner, marchait sur une plage au bout du monde, et la femme de sa vie venait de toute simplement se matérialiser devant ses yeux ?
Blair fixait avidement le visage de l'homme qui se trouvait devant elle. Elle ne pensait plus. Il était apparu au milieu de nulle part, il était là, et c'était la seule chose qui comptait. Elle ne se demandait pas comment, pourquoi, pour combien de temps. Il était là, ils étaient là ensemble, et rien ni personne ne pourrait leur voler ces moments. Si elle avait bien appris une chose de sa vie à Monaco, c'est qu'il était vital de profiter de tous les bons moments que la vie lui envoyait, si elle voulait tenir et rester une bonne mère pour sa fille. C'était instinctif. Son corps réagissait de lui-même, et elle ne ferrait strictement rien pour le freiner.
Elle libera doucement ses mains des siennes, et baissa les bras de Chuck le long de son corps. D'un pas, elle réduisit la distance qui les séparait encore et, sans s'arrêter, avec assurance et certitude, avec passion et détermination, elle passa ses mains derrière la nuque de Chuck et scella leurs lèvres dans un baiser.
Chuck la vit agir au ralenti. Il vit une étincelle s'allumer dans son regard, une fois la surprise passée, et su ce qu'elle allait faire sans doute avant qu'elle ne le sache elle-même. En dépit de cela, il ne put s'empêcher d'être surpris par l'ampleur de sa réaction. Les sensations qui l'assaillirent le subjuguèrent par leur intensité. Il sentit comme une décharge électrique sur le devant de son corps, quand il réalisa que Blair se pressait contre lui. Il sentit une chaleur intense autour de son coup, là où les bras et les mains de la femme qu'il aimait au-delà de la raison s'accrochaient avec passion. Apres avoir vaguement réalisé tout cela, il se rendit compte qu'il avait déjà commencé à rendre son baiser à Blair. Ses bras s'étaient déjà noué autour d'elle, de sa taille, de son cou, se perdait dans ses boucles brunes, ne faisait rien d'autre que de la serrer au plus près de lui.
Ni Chuck ni Blair ne réalisa à quel point il était improbable que deux personnes ne s'étant pas vu depuis plusieurs années puissent agir aussi instinctivement, naturellement, passionnément, en totale harmonie et sans qu'aucun mot ne soit jamais échangé. Ils étaient au-delà de ça. Leur relation, leurs sentiments étaient hors norme et chacun en avait conscience. Rien chez eux n'était normal, et leur relation était à leur image.
Au bout de quelques minutes, Chuck prit le visage de Blair entre ses mains et s'éloigna doucement de son visage. Il appuya son front contre le sien et la regarda intensément dans les yeux. Il y lu rapidement ce qu'il y cherchait et se baissa pour passer un bras sous ses genoux et la soulever du sable. Il sentit avec bonheur les bras de Blair se nouer autour de lui, et sa bouche déposer des baisers brulants dans son cou et le haut de son torse. Il passa sans effort la végétation qui séparait la villa de Blair de la plage, et atteignit la terrasse. Il avisa rapidement l'emplacement de sa chambre, et s'y dirigea sans hésitation. Chuck se fraya un chemin entre les voiles blancs qui laissaient passer un peu de la lumière de la lune, et s'avança jusqu'au lit, ou il déposa Blair avec délicatesse.
Il se redressa et prit le temps de l'admirer. Même dans l'obscurité, elle se détachait vivement sur les draps blancs. Ses longs cheveux s'étaient d'eux même étalés sur les nombreux oreillers, sa robe noire moulante qui laissait entrevoir la respiration rapide qui faisait palpiter son buste, ses longues jambes dorées qu'elle repliait sous elle. Il accrocha son regard, et ne le quitta plus. Sans un mot, il défit un à un les boutons de sa chemise, qu'il jeta au sol sans un regard. Blair contemplait sans un mot l'homme sublime qui lui faisait face. Il avait changé, imperceptiblement. Il paraissait plus endurcit, plus fort. Et son désir pour lui n'en fut que décuplé.
Lorsqu'enfin il posa un genou sur le lit et s'allongea sur elle, elle se contenta de passer ses mains derrière son cou pour mieux se perdre en lui, et cessa de penser.
Chuck sentit d'abord une légère brise lui caresser le visage. Avant qu'il ne prenne même conscience de l'endroit où il se trouvait, une succession d'images se précipita dans son esprit, à toute allure. Elles s'enchainaient toutes jusqu'au moment où il s'était enfin allongé sur le lit de Blair, serrant la femme qu'il aimait contre lui, et qu'ils avaient ensemble cédé à la fatigue. Et la seconde d'après un électrochoc le parcouru alors qu'il réalisait qu'il était seul dans le lit.
Il se redressa instantanément, et balaya la vaste pièce du regard. Il ne se permit de respirer qu'après avoir avisé Blair, installée dans un profond fauteuil qui faisait face au lit.
« Hey », lui dit-elle doucement, le sourire aux lèvres.
Sans un mot, il se leva et en quelques pas fut devant elle. Il lui prit la main et la fit se lever. Il porta son autre main à son visage, lui caressant doucement la joue. Le regard de Blair trahissait un léger manque de sommeil, mais mise à part cela, elle resplendissait.
« Est-ce réel ? », lui demanda-t-elle.
Chuck ferma les yeux et pris une longue inspiration. Il secoua doucement la tête. « Quelle importance ? », et il l'embrassa.
Plus tard dans la matinée, Chuck et Blair étaient étendus sur le lit défait, leurs corps entremêlés. Sans un mot, Chuck caressait doucement les cheveux de Blair, dont la tête reposait sur son torse. Tous les deux avaient le regard tourné vers la large baie, et profitaient pensivement de la vue magnifique.
Blair décida de rompre le silence dans lequel ils s'étaient tous les deux réfugiés. Bien sûr elle aurait souhaité ne rien en faire, s'octroyer le droit de profiter de ces moments hors du temps, mais comment le pouvait-elle ? A chaque fois qu'ils se posaient enfin, les éléments de sa vie à Monaco la rattrapaient. Elle était mariée à un autre homme, et était malheureuse. Et elle était maman.
« Que sommes-nous en train de faire ? » demanda-t-elle simplement.
Chuck savait qu'il n'était qu'une question de temps avant que l'un d'eux ne pose enfin les questions qui fâchent.
« Nous sommes nous. Chuck et Blair. Blair et Chuck. Nous ne savons pas faire autre chose qu'être ensemble. Deux ans et un océan entre nous et voilà, rien n'a changé. » Il ne pouvait que constater l'inévitable, il était encore incapable de pousser la réflexion au-delà, ne serait-ce qu'au lendemain.
« Nous ne devrions pas », murmura Blair en se relevant sur le lit.
Chuck lui posa une main sur l'épaule et la força à lui faire face. « Es tu heureuse ? »
« Aujourd'hui oui. Lorsque je suis avec Audrey oui. Mais le reste du temps je ne sens que le vide Chuck. » Elle porta instinctivement la main sur son cœur, comme pour saisir la peine lancinante qui l'habitait depuis son départ. Le regard qu'elle leva sur lui portait toute la douleur de sa vie, de son quotidien. Le poids du sacrifice qu'elle avait fait pour sa fille. «Tu me manque, chaque jour. »
Chuck sentit les mots de Blair couler en lui et y propager une douce chaleur. Il s'approcha d'elle, et la prit doucement dans ses bras.
« Nous sommes là tous les deux. Je ne sais pas comment c'est possible, et cela m'est totalement égal. Mais nous sommes là. Nous n'avons peut être que quelques jours, mais es-tu prête à y renoncer ? »
Blair ferma les yeux, et se serra encore davantage contre le torse de l'homme qu'elle aimait. Elle sentait tout. Le bonheur, le désir, l'excitation, son odeur, le son de sa voix, la douceur de sa peau. Elle se sentait vivre de nouveau. Et non, elle n'était pas prête à y renoncer.
Sans un mot, elle l'embrassa avec passion, et de nouveau, ils laissèrent parler leur amour.
