Chapitre 30
Au bout d'une heure, le petit déjeuner touchait à sa fin. Chuck commençait à redescendre de son nuage, et à se rappeler que le monde existait en dehors de la salle à manger des Waldorf, et indiqua qu'il devait prendre congé pour la journée. Il était en train de reposer sa serviette sur la table lorsqu'il entendit la voix de sa fille lui demander avec une inquiétude mal dissimulée :
« Est-ce que je te revois bientôt ? »
Chuck fut surpris par sa propre réaction. Il fut touché à un point qu'il n'imaginait pas possible à ce stade de leur relation. Fixant les yeux interrogateurs de sa fille, il formula la seule réponse possible : « Oui, je te le promets ».
Dorota arriva dans la pièce afin d'emmener Audrey dans sa chambre. Celle-ci déposa en passant un baiser sonore sur la joue de Chuck, avant de faire un signe de la main à sa mère, et se laissa enfin entrainer à l'extérieur de la pièce.
Blair fixait son verre de jus d'orange avec détermination. Le manque de sommeil commençait à produire son effet, et elle était émotionnellement épuisée par la matinée qu'elle venait de passer. Elle ne put s'empêcher de sursauter lorsque la voix de Chuck se fit entendre dans la pièce.
« Et maintenant ? », lui demanda-t-il simplement.
Blair leva silencieusement les yeux sur lui. Depuis qu'elle avait découvert la paternité de Chuck, sont seul et unique objectif avait été de provoquer sa rencontre avec Audrey. Elle s'était tellement inquiétée de leur réaction possiblement négative à tous les deux, et de tous les obstacles pouvant encore se présenter, qu'elle n'avait absolument pas pensé à la suite.
Chuck était donc le père d'Audrey, mais ensuite ? Comment cela allait-il se matérialiser dans leur quotidien, comment allait se traduire son investissement ? Quel allait même être son investissement ?
« Et bien maintenant nous tachons avec Audrey d'organiser notre vie ici. Le reste t'appartient. »'
« Quelle est la prochaine étape ? »
« Nous avons presque terminé de nous installer. La prochaine étape est donc de la scolariser … »
« Je m'en occupe déjà. Tom a du contacter la responsable des admissions de Constance ce matin à la première heure. »
Blair ne put s'empêcher de sursauter en entendant cette information.
« Sans m'en parler ? »
« Tu ne souhaitais pas l'inscrire à Constance ? », releva Chuck, étonné.
« Ce n'est pas la question, tu n'avais pas à prendre cette initiative sans m'en parler avant. »
« Ecoute Blair, tu as pris les décisions concernant l'éducation de notre fille depuis 3 ans, tu viens jusqu'ici pour m'annoncer que je suis son père, et maintenant tu regrettes que je prennent des initiatives – bonnes au demeurant – en ce qui la concerne. Qu'attends-tu de moi exactement ? »
Chuck commençait à se sentir usé par la situation. Le manque de sommeil commençait aussi à lui peser. Son esprit lui rappelait inconsciemment les différentes échéances qu'il allait devoir gérer à BI au cours de la journée, et la perspective de retrouver Rose le soir même n'était plus aussi simple et réjouissant qu'il ne l'aurait souhaité.
« Audrey et moi sommes aussi victimes dans cette histoire je te le rappelle. Pendant ces 3 ans, tu t'es construit une vie, tu as avancé. De notre côté nous n'avons fait que vivre un mensonge. Et aujourd'hui nous devons repartir de zéro. » Blair sentait sa voix plus brisée qu'elle ne l'aurait souhaité. Voir Chuck assis en face d'elle, sa voix, sa présence, sa froideur envers elle, tout cela était trop. « J'attends de toi que tu sois son père, si c'est ce que tu souhaites. Mais Audrey a deux parents, et tu ne peux pas projeter de rattraper le temps perdu en prenant ma place Chuck ! »
Epuisée par sa tirade, Blair se tut enfin, et fixa son regard sur le tableau qui surplombait le buffet. Elle ne voulait pas que Chuck voit que son regard se remplissait de larmes malgré elle. Tous ses sens étaient en éveil, et elle retenait son souffle en attendant sa réaction. Elle l'entendit repousser sa chaise, et se lever. Puis sa voix ferme se fit entendre.
« Bien. Si cela te convient, je laisserai Tom te tenir informée du rendez-vous d'admission qui doit être fixé rapidement, afin que nous puissions y être ensemble. De plus, si cela te convient, je passerai demain après le bureau pour voir Audrey. Peut-être pour l'emmener manger quelque part, je te laisse y penser. »
La fin de son discours ne sonnait pas comme une question, mais il semblait avoir terminé. Blair finit donc par tourner la tête vers Chuck qui, debout derrière sa chaise, la regardait d'un air interrogatif. Moins fermement qu'elle ne l'aurait souhaité, Blair s'entendit simplement répondre : « Très bien, à demain Chuck. »
Sans un mot de plus, celui-ci tourna les talons, et quitta l'appartement. Blair resta encore plusieurs minutes sans bouger sur sa chaise, très droite. Elle tentait d'intérioriser ce qui venait de se passer. La rencontre entre Audrey et son père semblait s'être passée aussi bien que possible, et c'était le plus important. Mais la perspective de devoir désormais organiser sa vie en accord avec Chuck lui donnait le vertige. Elle commençait à prendre la mesure de l'intimité qui allait devoir s'installer de nouveau entre eux, des décisions qu'ils allaient devoir prendre ensemble, des moments qu'ils allaient partager, qu'ils ne le veuillent ou pas.
Blair posa les coudes sur le rebord de la table, et reposa quelques seconde son visage dans ses mains. De ses doigts, elle massa doucement ses tempes, tentant en même temps de réfléchir, de se calmer, de s'apaiser. Les sentiments, les impressions, les réflexions fusaient dans son esprit et elle n'arrivait pas à les canaliser. Et dire que ce n'était que le début.
Chuck venait à peine de s'adosser au siège de sa limousine, et d'être de nouveau surpris par l'amoncellement de paquets emballés qui lui faisait face, quand son portable sonna. Machinalement, il le sorti de la poche intérieur de son costume, et chercha du regard l'identité de l'appelant.
« Rose, bonjour, dit-il simplement d'une voix neutre.
- Est-ce que tout va bien ? J'étais étonnée de ne pas te voir ce matin…
- Je suis désolé, j'avais beaucoup de chose à gérer au bureau, j'ai préféré ne pas te réveiller. Tout va bien de ton coté ?
- Très bien oui, la routine. Je te vois ce soir à l'appartement ?
- Bien sûr. Bonne journée d'ici là.»
Rose était dans son bureau, porte fermée, face à la fenêtre qui surplombait la skyline de Manhattan. Chuck avait l'air de se comporter comme d'habitude, mais elle sentait pourtant que quelque chose n'allait pas, sans pouvoir identifier le problème. Elle hésitait sur la conduite à tenir. Devait-elle le confronter ? Ignorer ce changement et attendre que la situation revienne à la normale ?
Mais la situation allait elle jamais revenir à la normale ? Cela ne faisait que quelques jours et déjà le retour de Blair semblait chambouler tout son monde, sans qu'elle n'ait rien à y faire. Son petit ami se met à disparaitre, ses amis semblaient plus que perturbés par ce retour … tout son quotidien, sa vie, était en train de lui échapper.
Tentant de balayer de son esprit les pensées négatives qu'elle espérait infondées, elle se leva de son bureau, prit son sac et quitta la pièce, espérant qu'un déjeuner en solitaire à Central Park lui ferait du bien.
Serena vit Rose passer devant son bureau, le visage sombre et la démarche rapide. Elle ne pouvait s'empêcher de plaindre la jeune fille qui n'avait aucune idée des changements monumentaux qui arrivaient dans sa vie. Blair lui avait dit que ce matin-là, Chuck devait rencontrer Audrey pour la première fois. Et, se basant que le fait que Rose ne lui avait rien dit, et ne semblait que modérément perturbée, elle était convaincue que Chuck ne lui avait toujours apprit qu'il était le père de la fille de Blair.
Serena avait encore beaucoup de mal à imaginer ce qu'allaient devenir leurs vies. Ils avaient tous connu un bouleversement massif lors du départ de Blair, et au final avait mis plusieurs années à retrouver un semblant d'équilibre. Qui pouvait penser que son retour s'apprêtait à ébranler encore plus fortement leurs existences. Serena nourrissait une affection sincère et profonde pour Rose, tout comme Nate. Mais il s'agissait ici du bonheur de Blair, et de Chuck. Le NJBC. Malgré ses bons sentiments et ses qualités indéniables, Rose n'allait pas faire le poids.
Saisissant à son tour son sac, Serena choisit d'aller surprendre sa meilleure amie pour le déjeuner. Elle se doutait que celle-ci aurait l'envie et le besoin de parler de la rencontre entre Chuck et Audrey, et elle-même mourrait d'envie de savoir comment cela s'était passé. Elle héla un taxi en bas de son immeuble, et profita du trajet pour passer commande de leur déjeuner. Italien semblait de circonstance, même si elle était certaine que Blair ne mangerai pas la moitié de son plat de pâtes. Avec un peu de chance elle aurait davantage de chance avec Audrey !
Le hasard faisant en général bien les choses, elle arriva en bas de l'immeuble de Blair en même temps que le livreur, qu'elle régla donc directement, avant de s'engouffrer dans le bâtiment.
Comme il l'avait fait des milliers de fois, le tintement de l'ascenseur annonça son arrivée dans le foyer. Elle vit tout de suite Blair sortir du salon et venir à sa rencontre, un franc sourire aux lèvres.
« Serena, quelle bonne surprise ! » Elle avança vers son amie, et la prit dans ses bras. « Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je me suis dit qu'après ta mâtiné plutôt bien remplie, tu ne serais pas contre un déjeuner entre fille … Italien ? » Ajouta-t-elle en souriant avec en enthousiasme, et en montant le sac rempli de leur déjeuner à hauteur de son visage.
« Bien sûr, avec plaisir, lui répondit Blair en souriant. Mais italien ? Vraiment ? Je peux sentir les calories qui arrivent rien qu'en sentant tout le parmesan contenu dans ce sac ! »
« Pas de discussion, opération comfort food ! Dorota ? » Serena dépassa Blair sans ménagement, et appela à tue-tête la gouvernante afin que celle-ci l'aide à dresser la table avant que Blair n'ai le temps de commander des sushi.
« J'espère qu'Audrey est là ? »
Blair ne put s'empêcher de sourire. Son amie n'avait pas changé. C'était toujours un véritable tourbillon, et sa bonne humeur était toujours aussi communicative.
« Bien sûr, nous étions en train de dessiner dans le salon lorsque tu es arrivée. Audrey ? », appela-t-elle tout de suite, « ta tante Serena est là pour déjeuner avec nous ! ».
Elle avait à peine terminé sa phrase que déjà la petite fille accourait à leur rencontre.
« Tante Serena ! » s'exclama Audrey en arrivant. Avisant rapidement le sac que portait la jeune femme, elle le pointa du doigt et l'interrogea tout de suite : « Tu nous as amené à manger ? »
Attendrie, Serena s'agenouilla devant elle. « Mais oui, que pense tu de la meilleure assiette de pate que tu n'aies jamais gouté ? »
« Super !...
- On ne dit pas super, à moins d'être une serveuse de diner qui obtient enfin un pourboire correct, la reprit tout de suite Blair.
- Maman qu'est-ce qu'un diner ?
- Rien qui ne te concerne chérie, » éluda distraitement Blair, sous le regard amusé de Serena.
« J'en déduis donc que tu n'as pas prévu d'aller lui faire visiter Brooklyn dans les jours qui viennent ? », glissa Serena à l'oreille de Blair alors qu'elles progressaient toutes les trois vers la salle à manger.
« Non pas vraiment, » lui confirma Blair le sourire aux lèvres.
Chuck était repassé à son bureau, pour comprendre rapidement qu'il était incapable de se concentrer, et qu'il ne produirait rien de constructif ce jour-là.
Tout aussi rapidement, il ramassa donc son trench et quitta BI, indiquant à Tom d'annuler tous ses engagements de la journée. Alors que le jeune homme s'exécutait sans discuter, Chuck s'engouffrait à l'arrière de sa limousine.
Il prit quelques secondes pour souffler et apprécier la tranquillité de l'endroit, et se résolu à indiquer à son chauffeur de le conduire chez Lily. Même si il redoutait le moment, surtout pour les conseils que celle qu'il considérait aujourd'hui comme sa mère n'allait pas manquer de lui donner, il savait qu'il ne pouvait attendre davantage.
Après un trajet qu'il trouva bien trop court, sa voiture s'immobilisa au pied de l'immeuble qu'il connaissait si bien. Rapidement, il se trouva dans l'entrée de l'appartement de sa mère. Sans surprise, celle-ci était attablée, seule, devant une salade et un exemplaire de Vanity Fair. Elle se leva dès qu'elle entendit des pas dans le salon, et vint à sa rencontre. Son visage s'illumina lorsqu'elle reconnut son fils.
« Charles ! », l'accueilli-t-elle chaleureusement en le serrant contre elle. « Comment vas tu ? Tu te joins à moi pour le déjeuner bien entendu ? »
« Avec plaisir Lily, » répondit Chuck en prenant place à coté d'elle, alors qu'une jeune femme s'affairait déjà à dresser un couvert devant lui.
« Alors, cette visite surprise aurait-elle quelque chose à voir avec le retour soudain de Blair ? » lui demanda ouvertement Lily, tout en lui servant un verre d'eau fraiche.
Chuck la regarda, surpris par son approche plus directe qu'à l'accoutumée. Lily l'observait avec bienveillance et curiosité, mais aussi un peu d'inquiétude. Elle avait vu son fils passer des moments extrêmement difficiles, et même si elle avait toujours nourri une affection particulière pour Blair, elle était loin d'être certaine que son retour soit une bonne nouvelle.
« Que sais-tu déjà ? », lui demanda prudemment Chuck.
« Très peu de chose en réalité. Après le départ de Blair j'ai recommandé Dorota à une amie. C'est elle qui m'a apprise qu'elle la quittait car son ancien employeur revenait à New York. Cela mit bout à bout avec les allers retours récents de Serena en Europe, j'en ai tiré les conclusions qui s'imposaient», expliqua Lily en piquant distraitement quelques feuilles de salade sur sa fourchette. Elle reposa l'ensemble, et prit la main de Chuck dans la sienne. « Donc, comment vas-tu ? »
Il inspira profondément. Jusque-là seuls Serena et Nate étaient au courant. Etant eux même bouleversés par le retour de Blair, ils ne se permettaient pas encore de lui prodiguer le moindre conseil, du moins pour l'instant. Mais annoncer sa paternité à Lily allait rendre tout cela bien réel. Elle ne lui laisserait pas le choix, avec raison certes, d'assumer ses responsabilités.
« Et bien, cela ne s'arrête pas là. Blair est en train de divorcer de Louis car elle n'avait plus de raison de rester mariée avec lui.
- Que veux-tu dire par là ?
- Elle a découvert que Louis n'était pas le père de sa fille.
- Oh mon Dieu Charles », s'exclama Lily, portant une main à sa bouche.
Plongeant son regard dans celui de sa mère, il prit quelques secondes avant de formuler cette réalité qu'il avait toujours du mal à réaliser.
« Audrey est ma fille. »
Chuck avait rarement vu Lily sans voix. Il aimait à penser qu'elle n'était pas femme à se laisser surprendre, mais il sentit que cette fois, c'était au-dessus de ses forces. Au bout de quelques secondes, il vit ses yeux se remplir de larmes, et soudain elle réagit. Elle passa rapidement ses mains sur ses joues et secoua la tête pour se donner une contenance. Elle avait réalisé qu'aussi grand fut le choc pour elle, il était incomparablement plus grand pour Chuck, et qu'elle se devait de le soutenir.
« Mais comment est-ce possible ?
- La mère de Louis a falsifié les résultats du premier test de paternité que Blair a fait ici à New York. Elle n'a plus eu qu'à laisser les choses se faire toutes seules. Son fils a tout fait pour pouvoir avoir son enfant près de lui, et Blair a suivi pour le bien de sa famille. L'honneur des Grimaldi était donc sauf.
- Et comment Blair a-t-elle découvert la vérité ?
- A priori, elle a appris par hasard le groupe sanguin de Louis, et a compris tout de suite qu'il était incompatible avec celui d'Audrey. Elle a donc fait venir Serena en urgence pour lui confier des cheveux afin de faire faire un test ADN ici, à New York. D'où le premier voyage de ma sœur. Une fois les résultats connus, elle s'est enfuie en pleine nuit du palais, pour aller se réfugier à Paris, ou ses parents ont fait signer une renonciation de paternité à Louis. Et elle est rentrée.
- Depuis quand le sais-tu ?
- Hier.
- Et …
- Je l'ai rencontrée ce matin. »
Le silence s'imposa de nouveau entre eux.
« Et comment te sens tu Charles ? », ne put s'empêcher de demander Lily.
« Je ne suis pas certain de réaliser réellement. Je veux dire … cela va à l'exacte inverse de ce que j'ai mis 4 ans à construire. Blair, une famille, un enfant. On m'a forcé à renoncer à tout cela. Nous avons perdu quelques choses de tellement précieux avec Blair, et maintenant la voilà de retour avec notre enfant. Je n'arrive pas très bien à voir comment tout cela va pouvoir fonctionner.
- Est-ce que Rose est au courant ?
- Pas encore …
- Charles …
- Je sais. Mais pour Rose ce n'est pas seulement lui annoncer que je suis père. C'est que désormais nous sommes parents, ensemble, avec Bair »
Chuck savait pertinemment quelles questions, quelles inquiétudes son annonce allait soulever auprès de Rose, et il ne se sentait ni la force ne l'envie d'y répondre. Ils avaient ensemble construit un couple qu'il pensait pouvoir qualifier de solide, mais il réalisait qu'ils n'avait en fait jamais parlé de Blair et de son départ. Depuis le début, ils se projetaient uniquement vers l'avenir. Ils avançaient, certes, mais sur quelles bases ? Et Chuck ne se sentait tout simplement pas la force de faire face à ces questions tout de suite. Tout changeait si vite autour de lui. Il ne maitrisait rien. Les faits se présentaient, exigeaient qu'il remette tout en cause, et il ne savait plus à quoi il pouvait se fier, sur quoi il pouvait compter. Il avait besoin de Rose. Il avait besoin de son amour, de son calme, de sa pondération. Il avait besoin de savoir que ce soir, elle serait dans le salon en train de l'attendre lorsqu'il rentrerait. Elle serait sur le canapé, ses escarpins enlevés à la va vite encore devant elle, un plaid sur les genoux, un verre de vin rouge à la main, en train de lire un livre. Il avait besoin de ce repère plus que jamais.
« Je vais lui dire Lily, j'ai juste besoin de quelques jours.
- Je comprends que tu ais besoin de temps… », lui répondit Lily avec un doux sourire. Serrant toujours la main de son fils dans la sienne, elle ne put s'empêcher d'ajouter : « Alors, je suis grand-mère ? »
Chuck ne put retenir un sourire en coin. Il attendait cette question. « Mais oui. Une jeune grand-mère bien sûr, mais une grand-mère tout de même ».
« Bien entendu ! Alors, que peux-tu me dire sur elle ? »
Chuck laissa échapper une grande expiration. Il ne savait pas par où commencer. Alors il lui dit la seule chose qu'il voyait dans son esprit depuis sa rencontre avec sa fille. « Elle a les yeux de Blair ».
